Bonjour à tous !
Merci pour toutes vos reviews :)
Voici le chapitre 34, marquant la fin de la cinquième année.
Bonne lecture,
Perhentian
oOoOoOo
Chapitre 34 – Juin 1996
Hermione était toujours furieuse lorsqu'elle rentra dans la salle commune de Gryffondor. Cependant, elle s'arrêta net lorsqu'elle vit que Harry, Ron et Ginny étaient tous les trois avachis dans des fauteuils, l'air à moitié réveillés.
– Vous m'avez attendue, commenta-t-elle d'une voix lasse. Il ne fallait pas.
– Tu y as passé quasiment toute la nuit, fit Ron d'un ton inquiet.
Hermione haussa les épaules, ne souhaitant surtout pas s'attarder plus sur le sujet et se sentant particulièrement coupable.
– Il avait raison, expliqua-t-elle plutôt. Ce sont les fondateurs eux-mêmes qui ont causé l'instabilité de la source. Ils se sont servis de sa puissance pour les assister dans la construction de Poudlard et alimenter les protections. Et ensuite ils ont utilisé les reliques et le rituel de Njörd pour essayer de réparer les dégâts.
Sa voix était montée dans les aigus pendant son discours, et elle prit quelques inspirations pour se calmer.
– Et vous savez le pire ? reprit-elle. C'est Godric Gryffondor qui a eu l'idée d'utiliser la source au départ. J'entends déjà l'autre abruti nous déclarer à chaque fois qu'on viendra chercher de l'aide que puisque tout ceci est de la faute de Gryffondor, c'est à nous de nous occuper de corriger ses bêtises !
Pourquoi est-ce que cela ne pouvait pas venir de Serpentard, hein ? Cela aurait été bien plus facile de pouvoir tout blâmer sur Serpentard.
– Les fondateurs sont peut-être ceux qui ont utilisé la source, mais ils ont corrigé leur erreur eux, fit remarquer Ginny. Alors que Voldemort a détruit trois des quatre reliques des fondateurs avec ses Horcruxes. C'est lui qui devrait s'occuper de ce problème, pas nous !
– Ce n'est pas pour autant qu'il va le faire, soupira Hermione.
Ron se leva, et elle sursauta lorsqu'il posa son bras sur son épaule, la serrant doucement contre lui.
– Ne t'en fais pas Hermione, fit-il. S'il ne t'aide plus avec la source, nous ferons en sorte de lui en faire voire de toutes les couleurs, et ça il ne peut pas se le permettre. Tu es la sorcière la plus brillante de ta génération, Harry est increvable, Ginny est la personne la plus teigneuse que je connaisse, on va s'en sortir !
Cela amena un sourire sur le visage de Hermione, alors que Ginny faisait mine d'envoyer un sortilège à Ron.
– Tu oublies de dire que tu es le meilleur stratège dont nous pouvions rêver, fit-elle.
– Bah, vous pouvez au moins être certains d'une chose, répondit Ron. Si jamais nous retournons en camping, je m'assurerai que nous ayons suffisamment de nourriture pour survivre pendant dix ans !
Hermione entendit Ginny grommeler quelque chose qui ressemblait à un « mon frère est un imbécile » affectueux, avant que Ron ne la relâche en lui tapotant maladroitement le dos. Cela avait eu le mérite de détendre légèrement Hermione.
Si cela l'ulcérait de savoir que Voldemort avait eu raison, elle devait admettre que cela faisait du sens que Poudlard soit alimentée par la puissance de la source de magie. Cela résolvait au moins le mystère de la solidité de ses défenses qui, au-delà d'être impressionnantes, n'avaient surtout jamais eu besoin d'être renouvelées au cours des mille dernières années. Des théories plus farfelues les unes que les autres avaient été établies depuis la construction de Poudlard pour tenter d'expliquer cela, mais Hermione savait maintenant qu'aucune n'était vraie.
– Bon, de toute façon, nous ne résoudrons ni le problème des sources, ni le mystère de l'estomac infini de Ron ce soir, alors je vous propose que nous allions nous coucher, fit Harry.
Ils acquiescèrent tous, et après avoir salué les garçons Hermione et Ginny remontèrent en silence l'escalier vers le dortoir des filles. Ce ne fut que lorsqu'elles furent à l'embranchement entre le dortoir des quatrièmes et des cinquièmes années que Ginny prit la parole.
– Dis-moi Hermione… j'avoue que je me suis toujours demandée… il vaut quoi au lit ?
– P… Pardon ? balbutia Hermione.
Elle s'était figée complétement, refusant de comprendre ce que Ginny demandait.
– Tu couches avec lui, n'est-ce pas ? insista Ginny.
– Quoi ? Mais pas du tout ! répondit Hermione. C'est complétement absurde !
– Hermione…
Ginny lui lançait un regard perçant et Hermione se ratatina légèrement. Ginny avait toujours su la lire parfaitement. Peut-être parce que si Hermione avait été proche de Harry et Ron pour beaucoup de choses, c'était Ginny qui avait toujours été sa confidente lors des situations délicates, et vice-versa.
– Je ne vois pas d'où cela sort Ginny, c'est ridicule, fit-elle cependant.
Elle était fière du fait que sa voix n'avait pas le moins du monde sonné défensive. Mais le regard de Ginny se fit étrangement amusé.
– Tu sens son parfum Hermione, fit-elle. Cette odeur musquée qui lui va tellement bien qu'on pourrait limite croire que c'est son odeur naturelle. On dirait presque que tu t'es roulée dedans.
Hermione ouvrit la bouche pour se défendre, sans pour autant ne rien trouver à dire. Cela sembla accentuer l'amusement de Ginny.
– Cela ne t'aurait servi à rien de nier de toute façon Hermione, fit la rousse. Cela fait des mois que je m'en doute, depuis que Harry et moi avons surpris Voldemort discutant avec toi dans ton lit. Et tout l'automne il y avait cette étrange tension entre vous, quelque chose entre trop de familiarité et une réaction un peu trop vive lorsque vous vous touchiez sans le faire exprès, ces regards que vous vous lanciez de temps en temps… et puis ce bracelet qu'il t'a offert qui doit valoir une petite fortune. Tu l'as remarqué n'est-ce pas au moins, que la finesse des gravures est telle que c'est forcément de la haute joaillerie gobeline ?
Hermione jeta un coup d'œil étonné au bracelet, et remarqua avec surprise que ce qu'elle pensait être simplement des brindilles argentées entrelacées étaient en fait des dizaines de minuscules serpents ciselés avec une incroyable précision.
– Hermione… insista Ginny.
Hermione soupira avant de s'adosser avec résignation à l'un des murs.
– C'est vrai, j'ai couché avec lui, avoua-t-elle.
– Depuis combien de temps cela dure ? demanda Ginny avec curiosité.
– Une première fois au réveillon du nouvel an, fit-elle. Et une deuxième fois cette nuit.
Ginny leva un sourcil intéressé, et son comportement étonna une fois de plus Hermione, qui elle avait plutôt envie de se jeter d'une falaise pour avoir cédé à Lord Voldemort. Et avoir apprécié.
– Tu as l'air moins en colère que ce que j'aurais imaginé, fit remarquer Hermione.
– S'il y a bien quelqu'un qui peut comprendre, c'est moi, fit Ginny avec une pointe de tristesse, avant de se reprendre. Merlin Hermione, il est beau à damner un saint, beau comme il ne devrait pas être permis de l'être. Et il est brillantissime. Tout ce qu'il faut pour séduire n'importe qui.
– C'est un psychopathe sans aucune moralité, répondit Hermione d'un ton plat.
Ginny haussa simplement les épaules.
– Ce n'est pas parce que tu couches avec que tu cautionnes ses actions. Et s'il y a bien quelqu'un à qui je fais confiance pour garder la tête sur les épaules c'est toi Hermione. Fais juste attention à toi s'il te plait.
Hermione hocha la tête.
– Est-ce… commença-t-elle. Est-ce que Harry et Ron savent ?
– Non, répondit Ginny. Tu sais bien qu'ils sont parfois complétement aveugles à ce qui se passe autour d'eux, surtout si cela touche à ce genre de choses… et ce n'est pas par moi qu'ils l'apprendront.
Hermione la remercia. Harry et Ron seraient furieux s'ils l'apprenaient. Mais Ginny balaya ses remerciements d'un geste, comme s'il n'y avait pas besoin. Comme si elle ne venait pas de lui prouver que son amitié pour elle était bien plus immense que tout ce que Hermione aurait pu imaginer. Bien plus que ce qu'elle méritait en tout cas.
– Au fait, fit Ginny juste avant de disparaitre à l'angle du couloir. Tu ne m'as pas répondu.
– À quelle question ?
– Il vaut quoi au lit ?
Il y avait un sourire joueur sur les lèvres de la rousse, et Hermione se surprit à le lui rendre.
– Il se débrouille, répondit-elle avec un clin d'œil.
Cette fois-ci, Ginny éclata véritablement de rire.
oOoOoOo
Hermione parcourut du regard la foule devant elle. Il y avait presque la moitié de Poudlard dans la salle de classe qu'ils avaient due agrandir au fur et à mesure. Et elle était quasiment certaine que chaque élève à Poudlard était venu au moins une fois à l'Association d'aide aux Devoirs. Même la Gazette du Sorcier avait un jour fait un article dessus. Un article fade dans les dernières pages louant l'esprit d'entraide des élèves de Poudlard que peu de personnes avaient surement lu, mais tout de même.
De leur année, tout le monde était là. C'était surement parce que l'AD était devenue au fil de ces deux dernières années bien plus qu'une simple association de défense comme ce qu'elle devait être à l'origine. Certains venaient effectivement là pour les cours de duels que Harry, Ron, Ginny et plus rarement Hermione donnaient, mais il y avait aussi de nombreux élèves qui venaient juste pour pouvoir réviser en groupe, ou simplement regarder les duels en discutant avec des amis.
Même les Serpentard étaient tous là, y compris Drago Malefoy qui était surement le seul à vraiment avoir interagi avec Lord Voldemort. À moins que Theodore Nott n'ait été impliqué par son père, mais Hermione en doutait. Voldemort n'avait que faire d'enfants dans ses rangs, et s'il avait tourmenté Drago, c'était simplement pour punir son père pour ce qu'il avait fait avec son précieux Horcruxe. Les Serpentard cependant devaient tout de même savoir que Voldemort était véritablement de retour, soit via leur famille, soit via Drago.
Mais comme la quasi-totalité de leur année venait régulièrement aux séances, et qu'ils avaient eux-mêmes commencé à y venir alors que le retour de Voldemort n'était pas du tout connu, ils ne pouvaient pas vraiment ne plus venir sans que ce ne soit suspicieux. Drago Malefoy, ainsi que Theodore Nott, Crabbe, Goyle et Pansy Parkinson restaient cependant souvent dans leur coin, observant simplement ce qui se passait sans participer, alors que Blaise, Daphnée, Millicent et Tracey Davis suivaient toujours les cours, les deux premiers plus assidument que les autres. Harry, Ron, Ginny ou Hermione avaient souvent dû intervenir pour calmer l'animosité que leur présence engendrait parfois, les relations entre Serpentard et Gryffondor devenant de plus en plus tendues à cause de l'inefficacité du ministère concernant la capture des mangemorts en fuite.
Hermione avait souvent noté les regards attentifs que Drago Malefoy portait au quatuor, et surtout à Harry, comme s'il tentait d'en apprendre plus sur eux en les observant, et parfois Hermione pouvait y déceler une brève lueur de mépris mêlée à de la résignation qu'elle ne savait trop comment interpréter. Malgré sa présence, Drago Malefoy les évitait autant que possible, ne leur adressant la parole que s'il y était vraiment obligé, et toujours d'un ton trainant. Surement était-il persuadé que leurs jours étaient comptés…
Mais pour cette dernière séance, quasiment tout le monde participait, et des dizaines de sortilèges sifflaient dans tous les sens alors que la plupart des étudiants étaient engagés dans des duels amicaux. D'autres révisaient des sortilèges, notamment certaines septièmes années, Cédric Diggory en tête, qui conjuraient des patronus de plus en plus imposants dans un coin. Hermione tentait de garder un œil sur le quart de la salle qui lui était attribué, et elle dévia quelques sortilèges perdus d'un geste nonchalant de la main.
Il y eut un bang sonore, et Hermione se tourna vers son origine. Harry se tenait face à la salle, sa baguette envoyant des étincelles rouges au-dessus de la foule. Les conversations et les duels s'arrêtèrent et rapidement toute l'attention fut sur lui.
– Merci de votre attention, commença-t-il. C'est bientôt le couvre-feu, alors nous allons devoir terminer cette séance ici. Merci à tous pour votre présence à cette dernière occurrence de l'AD pour cette année.
Fred et George sifflèrent fortement, et il y eut un brouhaha confus d'acclamations et de remerciements.
– Merci, merci, fit Harry pour ramener le calme. Nous reprendrons bien sûr l'année prochaine, mais en attendant, bonne chance à tous pour vos BUSES et vos ASPICS !
Il y eut de nouveau des acclamations, puis la plupart des élèves se pressèrent pour venir personnellement remercier Harry, Ron, Hermione et Ginny. Il était déjà bien après le couvre-feu lorsqu'il ne resta finalement que le quatuor et Neville et Luna dans la salle. Ils ne les avaient que peu vus durant la fin de l'année, trop occupés entre la recherche des livres sur la source, le ministère, et tous leurs autres sujets en cours, et Hermione se sentit un peu coupable de ne pas avoir pu leur consacrer plus de temps.
– Vous avez besoin d'aide pour ranger ? proposa Neville.
Hermione jeta un coup d'un œil à la salle. Il y avait des chaises et des tables dans tous les sens, ainsi que des poufs, des matelas et diverses structures en bois servant de cible.
– Non, pas besoin, fit-elle avec un sourire.
Elle leva sa baguette, et quelques secondes plus tard la salle était immaculée, comme s'il ne s'était rien passé.
– Tu y as été un peu trop fort Hermione, tu as enlevé le rose pâle que j'avais ajouté sur les murs la dernière fois, reprocha Ginny.
– Oups, je suis vraiment, vraiment désolée, répondit Hermione d'un ton satisfait. Mais Ombrage m'a à tout jamais dégouté de cette couleur.
Elle remarqua alors que Neville s'était figé, ses yeux fixés sur la salle maintenant parfaitement rangée, et Hermione enregistra alors qu'elle avait utilisé des sortilèges bien plus impressionnants que ce qu'une cinquième année, même très douée, pouvait connaitre.
– Merlin, souffla Neville. Je ne sais pas pourquoi mais j'oublie parfois qui vous êtes vraiment…
– Parce que c'est plus facile ainsi, commenta Luna d'une voix chantante. Plus facile que de savoir que dans un certain futur nous sommes morts, et que pour éviter cela nos amis se sont alliés avec Lord Voldemort.
Le détachement avec lequel Luna parlait de la situation jeta un froid sur l'assemblée.
– Mais nous ne pouvons que vous en remercier en réalité, continua Luna comme si elle n'avait rien remarqué. De faire ce sacrifice pour nous et pour tous les autres, pour que nous puissions vivre une belle vie sans voir nos amis et nos enfants mourir. Pour tout ce dont vous nous protégez.
– Tu nous donnes plus de crédit que nous n'en méritons Luna, fit Ginny. Nous essayons juste de faire du mieux que nous pouvons avec une situation que nous ne maitrisons qu'à moitié.
– Je ne vous connais certainement pas aussi bien que ce que mon ancien moi vous connaissait lors de votre ancienne vie, répondit Luna, mais je n'ai pas de doute que vous êtes les mieux placés pour prendre les bonnes décisions.
Elle avait fini avec un franc sourire, et Hermione ne savait pas vraiment comment réagir face à cet aveu de confiance dit d'un ton aussi léger, comme si cela allait de soi. Cela fit aussi finalement sortir Neville de sa stupeur.
– Bien dit Luna ! approuva-t-il. Mais j'ai une remarque à faire. Si nous étions vraiment de si bons amis que cela, comme vous le dites à chaque fois, pourquoi vous ne nous laissez pas vous aider ?
Son ton s'était fait accusateur à la fin, et lorsqu'il s'en rendit compte il sembla perdre un peu de son assurance, ce qui fit ricaner Ginny et Ron. Neville leur lança un regard noir, avant de raffermir sa posture.
– Arrêtez de rire de moi, fit-il avec force. Je ne suis peut-être qu'un médiocre élève de cinquième année, mais ce n'est pas pour autant que je ne peux pas vous aider !
Sa tirade fit sourire Luna d'un sourire tellement lumineux qu'il bloqua un instant Hermione, alors que Ginny et Ron faisaient des signes d'excuse, essayant de calmer leur incontrôlable hilarité. Si seulement Neville savait à quel point il deviendrait un homme sûr de lui et compétant dans le futur.
– Ils ne rient pas de toi Neville, expliqua Harry. Nous savons tous ici que tu es un excellent sorcier.
– Alors laissez-nous vous aidez ! répondit Neville, apparemment toujours un peu remonté.
– Hermione ? demanda Harry.
Les regards expectatifs de Neville et Luna se tournèrent vers elle, et Hermione résista à l'envie de lancer un sortilège à Harry pour lui avoir refilé le problème. Elle réfléchit un instant à ce qu'elle pourrait demander à Neville et Luna. Surement pas quelque chose de dangereux, cela était hors de question. Mais cela laissait toujours beaucoup de choses à faire, et puisqu'ils voulaient tant aider, Hermione n'allait pas se priver.
– Très bien, fit-elle. Vous vous souvenez de notre problématique première, l'instabilité de la source de magie du Pays de Galles ?
Neville et Luna hochèrent la tête.
– Nous sommes en train de chercher un rituel qui permette de corriger cela, continua Hermione. Je ne rentrerai pas dans les détails, parce que c'est un peu complexe.
– Mais… protesta Neville.
– Laisse tomber Neville, le coupa Ron. Ce n'est pas un peu complexe, c'est tellement démesurément complexe que même Hermione et cet abrutit de Voldemort estiment qu'ils en ont pour des années avant de parvenir à quoi que ce soit. Cela fait longtemps que Harry, Ginny et moi avons abandonné l'idée de pouvoir comprendre quoi que ce soit à ce qu'elle nous raconte.
Neville perdit un peu de sa superbe à la mention de Voldemort, alors que Hermione levait les yeux au ciel devant la tirade de Ron.
– Nous n'avons pas besoin de tout comprendre pour pouvoir vous aider de toute façon, n'est-ce pas ? intervint Luna.
– Non, effectivement, répondît Hermione. Neville, si tu le veux bien, cela m'aiderait grandement d'avoir un recensement de toutes les plantes et herbes qui peuvent absorber ou rediriger de la magie, en grande quantité. Je vais te passer les notes que j'ai déjà sur le sujet. Elles viennent de ce dont je me souviens de tes recherches sur le même sujet, avant que la source n'explose.
Cela sembla perturber un peu Neville, mais il acquiesça tout de même, les bras croisés dans une posture résolue.
– Et toi Luna, si tu pouvais me lister toutes les créatures pouvant de près ou de loin contrôler des flux de magie, ce serait super. J'ai de même déjà quelques notes, mais qui sont probablement très incomplètes.
– Ce sera fascinant de travailler à partir d'informations venant de moi, sans pour autant que je n'ai aucun souvenir d'avoir déjà travaillé là-dessus, répondît Luna.
– Parfait, fit Hermione. Maintenant, si vous le voulez bien, il faut que j'aille réviser mes BUSES.
– Hein ?
– Quoi ?
– Pardon ?
Harry, Ron, Ginny, et même Neville et Luna, la regardaient avec incrédulité.
– Mais tu n'as aucun besoin de réviser tes BUSES ! s'exclama Ron. Tu connais absolument tout par cœur ! Tu as même passé des maitrises dans la plupart des matières juste par plaisir lors de notre première vie !
Hermione lui lança un regard exaspéré.
– Evidement que je connais tout Ron, fit-elle. Mais c'est bien pour cela qu'il faut que je révise rapidement deux trois petites choses. Sinon, je vais utiliser un théorème dont je ne devrais pas avoir connaissance dans l'un des devoirs théoriques, et cela peut potentiellement attirer l'attention du ministère. Voire pire, me faire perdre des points.
Ron sembla consterné, et Hermione sortit de la salle en pinçant les lèvres. Ce n'était pas parce c'était sa deuxième vie qu'elle ne devait pas avoir des résultats parfait à ses BUSES.
oOoOoOo
– Monsieur Potter.
Harry se tourna vers la droite, et remarqua rapidement Minerva McGonagall marchant d'un pas déterminé vers lui.
– Je vais vous demander un instant s'il vous plait, fit la directrice adjointe.
– On se retrouve plus tard, lui fit Ron.
Harry hocha la tête et Ron et Hermione s'éloignèrent en direction de la salle commune de Gryffondor.
– Comment s'est passée votre dernière épreuve des BUSES Potter ? demanda McGonagall.
– Bien professeur, répondit Harry. Que puis-je pour vous ?
– Le directeur vous demande de passer à son bureau dès que possible. Le mot de passe est Crèmes Canari.
– Très bien, j'y vais de suite professeur.
Dix minutes plus tard, il frappait à la porte du bureau de directeur. Les portes du bureau s'ouvrirent, et Harry salua Dumbledore alors qu'il rentrait. Le directeur affichait son éternel sourire bienveillant, mais Harry le connaissait suffisamment bien pour deviner l'inquiétude derrière la façade. S'il avait souvent échangé avec le directeur lors de sa première scolarité, il le connaissait cette fois-ci encore mieux suite aux cours particuliers en duel que l'homme lui donnait.
– Assis-toi Harry, assis-toi. Un bonbon au citron ?
– Non merci, répondit Harry.
– Ah, dommage, fit Dumbledore avec une certaine tristesse qui alerta Harry.
Il n'allait tout de même pas…
– Je souhaitais aborder avec toi un sujet délicat Harry, continua le Directeur. Il ne me semble pas que tu aies pris Divination comme option, mais as-tu déjà entendu parler de prophéties ?
Harry dut se retenir pour ne pas fermer les yeux de dépits, et il repensa brièvement à un monologue particulièrement barbant de Hermione il y avait plusieurs mois de cela sur ses théories concernant les déformations possibles de l'espace-temps, et la résistance variable des évènements au changement, indépendamment de l'importance visible que pouvait avoir l'évènement. Et voir Dumbledore sur le point de lui apprendre l'existence de la prophétie juste à la fin de la cinquième année était un véritable rappel d'à quel point Hermione avait toujours foutrement raison.
Maintenant, il allait juste devoir bien jouer la surprise devant Dumbledore, et lui assurer qu'il ferait tout ce qu'il faut pour être à la hauteur de la tâche pour que le directeur pense pouvoir être en mesure de se servir de lui si besoin. Par Merlin, c'était triste de constater à quel point Dumbledore se démenait pour faire quelque chose dans cette guerre, sans n'avoir en réalité aucune idée de ce qui se passait vraiment.
oOoOoOo
Lord Voldemort n'eut aucun mal à passer les différentes protections autour de l'imposante maison, et il se retrouva rapidement dans le salon principal, sans que l'occupant des lieux ne se soit le moins du monde rendu compte de sa présence. Celui-ci était d'ailleurs occupé à lire un journal, un verre d'un alcool douteux posé sur la table à côté de lui.
– Bonsoir Igor, fit Voldemort d'une voix moqueuse, révélant sa présence.
Igor Karkaroff sursauta violement, et il se releva précipitamment, sa main se dirigeant vers sa baguette, jusqu'à ce qu'il reconnaisse qui il avait devant lui, et qu'il ne se fige complétement. Avant de tomber à genoux.
– Maître, salua Karkaroff d'une voix légèrement tremblante.
– Debout Karkaroff, ordonna-t-il sèchement.
L'autre sorcier se releva avec empressement.
– Qu'as-tu pour moi sur les grandes familles d'Europe de l'est et sur leurs enfants ? demanda Voldemort.
Karkaroff s'agita, légèrement mal à l'aise, et Voldemort sentit un sourire cruel étirer ses lèvres. Il serait bientôt temps que le pouvoir lui revienne en Grande-Bretagne, et il se devait de sécuriser aussi les pays alentours. Pour ne pas qu'un quelconque pays ne vienne en aide au camp adverse, et pour pouvoir ensuite s'emparer de l'Europe avec aisance.
– N'avez pas déjà repris contact avec toutes les familles qui vous soutenaient maître ? demanda Karkaroff.
– Evidement, répondît Voldemort, sa voix suintant le mépris. Ce sont les autres qui m'intéressent Karkaroff. Mais pour cela j'ai besoin d'informations sur elles. N'oublie pas que c'est pour cela que je t'ai laissé la vie sauve Karkaroff, alors que tu tentais de fuir comme un lâche. Ne te souviens-tu donc pas de notre discussion lorsque j'ai pris la peine de venir te retrouver il y a quelques mois ? Ta vie, en échange de suffisamment de matière pour faire pression sur les puissants de l'Europe de l'est. Tu as déjà trahis mes mangemorts pour te tirer d'affaire il y a quinze années de cela. Il ne te reste plus qu'à trahir les amis que tu t'es fait depuis. Je déciderai ensuite si ces informations sont suffisamment intéressantes pour me priver du plaisir de finalement te tuer.
oOoOoOo
Bondé était un faible mot pour décrire leur compartiment du Poudlard Express. Non seulement Harry et Ginny étaient de véritables prodigues de Quidditch – visiblement cela suffisait pour être adulé – mais en plus l'AD leur avait à tous les quatre apporté une popularité auprès de quasiment tous les élèves de Poudlard. Et c'était sans même compter que Harry était le Survivant.
Résultat, en plus de Luna et Neville que Harry, Ron, Hermione et Ginny avaient trainé pour s'assoir avec eux durant tout le trajet – Neville avait été prêt à céder sa place à la première personne lui demandant gentiment et Luna lui aurait surement tenu compagnie dans ce cas là – il y avait actuellement avec eux Fred, George et Lee, ainsi que Padma et Terry de Serdaigle et Hannah et Susan de Poufsouffle.
Hermione avait fini par lancer un charme d'extension pour leur procurer plus de places assises, en ayant marre de se retrouver à moitié écrasée contre la vitre. Devant l'air ébahi de ceux qui savaient à quel point ces sortilèges étaient complexes elle avait prétendu que c'était une fonctionnalité cachée du Poudlard Express et qu'ils n'avaient qu'à chercher dans l'édition de 1854 de l'histoire de Poudlard s'ils voulaient savoir cela. Cela avait arrêté les questions.
En plus des occupants du compartiment, de nombreux autres élèves étaient passés leur souhaiter de bonnes vacances, et les derniers visiteurs en date, Dean et Seamus, venaient juste de passer la tête par l'embrasure de la porte.
– Eh bien, il y en a du monde ici ! fit Dean.
– Hello Dean, hello Seamus, salua Padma.
– Vous voulez qu'on se serre un peu ? proposa Ron.
– Pas besoin, on ne reste que quelques minutes, répondit Seamus. On passait vous souhaiter de bonnes vacances ! Et au fait, Fred, George, Lee, vous allez faire quoi l'année prochaine ?
– Moi je vais m'orienter dans le journalisme, fit Lee.
– Quant à nous, nous allons ouvrir un merveilleux… commença Fred.
– … incroyable… continua George.
– … stupéfiant… reprit Fred.
– … magasin de farces et attrapes ! finit George.
Il y eut un véritable tonnerre d'applaudissements de la part des personnes présentes et Fred et George firent ensuite exploser l'un de leurs pétards en plein milieu du compartiment, remplissant celui-ci de fumée et faisant lever les yeux au ciel de Hermione devant tant d'inconscience… Au moins cette fois-ci les jumeaux avaient fait l'effort de passer leur ASPICs.
oOoOoOo
AN : À la semaine prochaine.
