Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : le Trio d'Or, Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34.


RàR : Christine, j'ai repris ton idée de la réaction de Harry.

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Voilà, on arrive tout doucement à la fin de cette fic. Encore un chapitre après celui-ci et un épilogue.

Bonne lecture !


Mythic Interim - La Crète

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Pour Severus et Harry, les heures qui suivirent leur départ de Skerya ressemblèrent beaucoup à celles de leur arrivée la veille. Sauf que la donne s'était inversée. C'était le Gryffondor qui se morfondait, ne mangeait plus et son Serpentard de père qui angoissait et ne savait que faire : un chagrin d'amour, cela ne se soigne pas avec une Potion, ni même quelques gouttes de Sang de la Méduse, surtout dans ces temps antiques où Aphrodite régnait en Maîtresse des Cœurs. Son Pouvoir était bien trop fort.

En désespoir de cause, le Potionniste alla dans la cabine d'Alistair parler avec le portrait de Lily.

"Cela passera, Sev, il lui faudra juste du temps pour que la douleur de la perte devienne mélancolie et ensuite un souvenir auquel on pense avec tendresse."

Je n'ai jamais pu y arriver quand je t'ai perdue, Lily, comment pourrais-je croire cela possible pour Harry ?

Il ne l'avait pas dit à voix haute, bien sûr, mais la Gryffondor n'avait pas besoin de paroles pour le comprendre. Après un sourire triste elle reprit :

"Sois là pour lui, c'est tout ce qui importe. Et si, quand vous serez rentrés au Dix-Neuvième Parallèle, tu le surprends à regarder des films à l'eau de rose tout en mangeant de la crème glacée à même le pot, , tu pourras commencer à t'inquiéter.

- Quelle horreur !

- Oui, la crème glacée en excès est mauvaise pour...

- Je parlais des films !

- Ça m'étonnait, aussi.

- Sois sans crainte, Lily, je lui éviterai cette déviance. En attendant, je vais lui proposer de brasser quelques potions, cela lui changera les idées."

Et tel un Ninja, le Potionniste se glissa dans le couloir et sur le pont ensuite. Un calme inhabituel y régnait, car plusieurs personnes manquaient à l'appel :

Peeves avait regagné Poudlard, bonne nouvelle.

Mauvaise nouvelle, Hélène l'avait suivi.

Bonne nouvelle, Ron et Hermione étaient restés là-bas.

Mauvaise nouvelle, les jumeaux étaient restés ici.

L'absence de ses amis pesait aussi sur le moral de Harry, mais Severus était confiant, s'il avait son mot à dire, son fils n'allait pas devenir la victime de son incorrigible roma... roman... ro-man-tis-me.

Beurk !

Cependant, la vision qui accueillit le Serpentard lui fit perdre contenance : encore en pyjama, Harry mangeait de la confiture de citrouille à même le pot et lisait un roman à l'eau de rose de la Collection Lockhart-Lequin, intitulé Comment j'ai brisé le cœur de Ron W., par Lavande B.

Ni une ni deux, la cocotte-minute SEV entra en ébullition : sous la pression, sa soupape de sécurité fusa dans le ciel et la vapeur lui sortit par les narines, les oreilles et d'autres endroits non conventionnels. Il agrippa le Gryffondor par le col et l'expédia dans le carré des officiers, transformé pour le voyage en labo de potions.

"Voilà, tu as un chaudron et un large éventail d'ingrédients, ici, gronda-t-il, je te laisse le choix de la potion, mais tu vas me faire le plaisir d'en brasser une !"

Harry ne regimba pas, mit de l'eau à bouillir et balaya du regard le contenu des flacons. Severus pensa que c'était gagné, qu'il pouvait le laisser sans surveillance...

Ah ouiche !

Quand il revint, bien plus tard, le Gryffondor humait à plein poumons la vapeur qui montait en spirale de son chaudron où mijotait un liquide nacré caractéristique.

De l'Amortentia.

Vaincu, le Serpentard laissa son fils divaguer en respirant les parfums combinés de rose, de biscuits aux amandes et de pain d'épices, senteurs à jamais associées à son amour perdu.

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"Terre !"

Le cri simultané des jumeaux réveilla l'équipage, et la fraîcheur de l'aurore vit se former un attroupement à la proue du bateau. Tous étaient présents. Même Alistair. Surtout Alistair. Il avait une bonne raison pour cela.

"Est-ce que c'est... commença Severus.

- ... la Crète ?! Oui, je la reconnais, c'est bien l'île natale du Minotaure des origines, celle où nous avons fait les quatre-cents coups.*

- On n'était pas les bienvenus, à l'époque.

- On ne le sera pas plus aujourd'hui. D'après la légende, on devrait affronter un Géant de bronze, Talos.

- Taloche ?

- Non, Messieurs Weasley, Talos. Un cadeau qu'Héphaïstos fit au Roi Minos pour l'aider à défendre son île.

- C'est vrai, dit le Dieu-Forgeron, je le lui avais offert pour son accession au trône.

- Mais c'est quoi ? Une sorte de robot ? Un Golem ?

- Un mélange des deux. Il est chargé de neutraliser tout étranger qui se permettrait de venir sur le sol crétois sans autorisation... et il est invincible.

- J'étais sûr que tu dirais ça, Phapha.

- Regardez !"

Le cri de Harry les fit lever les yeux et ils le regrettèrent aussitôt.

Une masse gigantesque enjambait la colline sur l'horizon, une forme humanoïde en bronze, de cinquante mètres de haut.

"Il n'a pas l'air commode."

Doux euphémisme ! La seconde d'après, des rochers lancés par le Géant pleuvaient sur l'Argo et ils durent se mettre hors de portée.

"Je pensais pas dire ça un jour devant un adversaire, chuchota Fred, mais... on pourrait pas refuser le combat et partir ?

- Non. Nos cales sont vides, il nous faut débarquer et faire des provisions pour la dernière étape de notre voyage.

- Et si on jeûnait ?"

Alistair le regarda comme s'il avait dit la pire énormité au monde.

"Il est heureux que votre frère Ron ne soit plus là, fit doucereusement le Minotaure, sinon il vous aurait expliqué pourquoi ça n'aurait pas été possible."

Oui, et il aurait sûrement en plus taxé la part de son frangin, pour le punir d'avoir dit une bêtise.

"Estomac" et "vide" n'allaient pas ensemble chez Ron Weasley.

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"C'est bien beau, ces réflexions, mais cela ne nous aide pas beaucoup, soupira Harry.

- Je sais, fiston. Et la séquence telle qu'elle est racontée par le récit des Argonautes est hors de portée.

- Quelle est-elle, au fait ?

- "Médée" aurait invoqué Hadès, le Dieu des morts, et aurait demandé qu'il lui envoie les Chiens des Enfers, pour qu'ils attaquent le Géant et le mettent en pièces...

- ... et comme Hélène, qui incarnait la Magicienne, est retournée à Poudlard, nous n'avons pas de moyen de les avoir, continua Severus.

- Ouah !

- Là, nous sommes impuissants.

- Ouah!

- Je ne vois pas comment...

- OUAH !

- Massacre, ferme-là ! T' iras faire tes besoins plus tard. AÏE !... L'enfoiré, il m'a mordu !"

Le Minotaure fusilla du regard la Créature qui se frappait le poitrail avec sa patte.

"Pourquoi fait-il ça ?

- Voyons, papa, tu aurais oublié ?! Massacre est un Chien des Enfers. Il peut appeler ses frères à la rescousse."

Eh ben si, il l'avait oublié. Il faut dire qu'avec sa dégaine de mouton doré, il ne rappelait que de loin un sanguinaire Chien Infernal. Mais à toison donnée...

"Okay, carpette, téléphone maison et fais venir tes copains !"

Massacre ne se le fit pas dire deux fois, il franchit les dimensions et revint avec plein de ses congénères, à la tête desquels se tenaient ses parents, Perce-Bedaine et Casse-Trogne.

"A L'ATTAQUE !" hurla Alistair.

Les Créatures bondirent sur la plage et de là sur le Géant. Malgré leur hargne, ils ne purent entamer la surface de bronze et se replièrent à l'abri des pierres énormes qui leur étaient envoyées.

"C'est pas la bonne méthode.

- Tu as une meilleure idée ?

- Peut-être, Sev. Phapha, tu as bien dit que Talos était comme un Golem ?

- En partie, oui.

- Grâce au nom "TALOS" écrit sur son front, je suppose ?

- Il conditionne ce qu'il peut faire, ou être, via celui-ci.

- Et si on l'effaçait ?

- On ne peut pas. J'y ai veillé."

Alistair blêmit. Son compagnon, au contraire, commençait à entrevoir une solution.

"Est-ce qu'on peut, par contre, modifier les lettres ?" dit celui-ci.

Héphaïstos haussa les sourcils, jusqu'à ce que le Potionniste murmure à son oreille.

"Vous avez souvent des idées tordues, Sorcier, mais celle-là est bien trouvée !"

Severus ne l'écoutait déjà plus, il rameuta les troupes, humaines ou non et leur exposa son plan.

Casse-Trogne grogna. Ce Sorcier était particulier. Pas étonnant que Massacre, son fils, l'apprécie autant.

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"Lancez l'assaut," dit calmement le Potionniste aux Chiens Infernaux.

Ils obéirent, sans chercher le contact, le but était d'occuper le Géant sans se faire prendre.

"Ça roule !

- Bien. La suite, maintenant."

Concentré sur les assaillants devant lui, l'Homme de Bronze ne vit pas Fred qui, sur son balai, plongea sur la tête métallique, là où était écrit son nom, Talos, en lettres majuscules.

Le rouquin s'écrasa dessus, parvint à ne pas glisser et sortit sa baguette.

Scribulus !

Il fut dégagé d'un soubresaut, mais, comme il tenait encore son balai, il put s'éloigner sans dommage.

"Ça marche, regarde !"

Eh oui, la silhouette gigantesque commençait à se transformer.

Fred Weasley avait transformé le nom TALOS en TAD'OS, et le Géant s'effondra sur lui-même, en une multitude d'humérus, radius et autres métacarpes, au grand bonheur des Chiens Infernaux qui les avalèrent jusqu'au dernier.

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Après cela, remplir les cales fut une formalité. L'équipage sentait venir la fin du voyage et ils ne voulaient plus qu'une chose : rentrer chez eux.

...


* Voir la fic Le Collier de Minos.