Bonjour à tous !
Merci pour toutes vos reviews !
C'est le dernier chapitre que je posterai avant les fêtes : le prochain sera début janvier, soit le 9 si je trouve un moment pour le finaliser pendant mes vacances (ce qui n'est vraiment pas sûr), soit le 16.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 35 – Juillet 1996 – Août 1996
Voldemort s'arrêta net, ses yeux fixés sur l'homme qui était en train de discuter à l'autre bout du couloir. Il ne ressemblait pas à Harry Potter. Evidemment pas. Mais il saurait reconnaitre son Horcruxe n'importe où. Et lorsqu'il remarqua les robes du Magenmagot qu'il portait il comprit soudainement. Alistair Jones. Bien sûr que Alistair Jones était Potter. Il aurait dû s'en douter. Un personnage discret, n'apparaissant que peu en public, mais montant petit à petit en importance dans les ragots du ministère, et s'arrangeant pour s'opposer discrètement à ses propres propositions.
– Ah mon cher Monsieur Morrello, venez ici, fit Tiberius Ogden, l'actuel président-sorcier du Magenmagot qui était précédemment en discussion avec Potter. Cela faisait un moment que je voulais vous présenter Alistair Jones. Un jeune homme brillant.
Potter lui fit un sourire poli dans lequel il décela un léger rire, et Voldemort eut soudain des envies de meurtre.
– Je suis enchanté Monsieur Morrello. C'est un réel plaisir.
– De même, répondit Voldemort d'un ton tout aussi faux.
Ils se serrèrent la main, chacun tentant de broyer discrètement celle de l'autre, et Voldemort se rapprocha légèrement de Potter.
– Tu es une véritable épine dans le pied Potter, siffla-t-il en Fourchelang de façon presque inaudible.
– C'est ma plus grande qualité, répondit Potter dans la même langue.
Cela faillit surprendre Voldemort, et il était sûr que Potter l'avait remarqué puisque son sourire s'accentua. Même s'il savait depuis longtemps que Potter était Fourchelang, c'était la première fois qu'il l'entendait utiliser la langue des serpents. La première fois qu'il entendait un autre humain la parler, à part bien son oncle indigne – mais pouvait-il vraiment le mettre dans la catégorie « humain » ? –.
– Et sérieusement, continua Potter en anglais mais de façon toujours inaudible pour les personnes autour d'eux, David Tom Morrello ? Je ne pensais pas que tu t'abaisserais à utiliser le prénom que tu déteste tant, même en deuxième prénom. Tu n'as pas trouvé mieux comme anagramme ?
Ce n'était plus des envies de meurtre que Voldemort ressentait maintenant, mais des envies de génocide. Voir d'extermination de l'entièreté de la population. Par Merlin, pourquoi fallait-il donc que cet insupportable quatuor se retrouve toujours sur son chemin ?
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– Aurais-tu l'amabilité de me servir un verre Horace ? demanda Albus Dumbledore. En souvenir du bon vieux temps ?
Horace Slughorn grommela quelque chose d'indistinct avant de sortir sa baguette et de faire apparaitre deux verres d'un whisky Pur Feu passable.
– Alors, comment va ta santé, Horace ? demanda Albus.
– Pas trop bien, répondit Horace. Que voulais-tu Albus ? Tu m'as envoyé au moins une dizaine de lettres pour que j'accepte ce rendez-vous.
Il n'avait pas l'air heureux de la situation, et Albus se résigna à entrer directement dans le vif du sujet.
– Je voulais avoir une occasion de parler de Tom Riddle avec toi Horace.
Horace se tendit visiblement.
– Vraiment Albus ? demanda-t-il.
– Vraiment.
– Humf. Sur quel sujet en particulier ?
– Je voulais savoir s'il avait déjà discuté avec toi d'Horcruxes.
Après tout Horace Slughorn avait été l'un des plus grands admirateurs du jeune Tom Riddle, persuadé qu'il irait très loin, et Dumbledore était certain que le jeune Voldemort s'était plusieurs fois sorti de situations délicates grâce à son aide. N'était-ce pas d'ailleurs une photo du jeune Tom qu'il pouvait apercevoir du coin de l'œil sur le manteau de la cheminée ? Mais la réaction incrédule de Horace n'allait pas vraiment dans ce sens.
– D'Horcruxes ? répéta Horace. Albus, tu ne penses tout de même pas que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom aurait pu faire quelque chose d'aussi… d'aussi radical ! Un Horcruxe c'est une magie bien plus noire que tout le reste de la magie noire…
Une pointe de legilimancie apprit à Albus que Horace était sincère. Bien qu'il ne le montrât pas, c'était une petite défaite pour Albus. Il aurait cru que dans sa jeunesse Voldemort aurait été suffisamment arrogant pour discuter de ce genre de magie avec son professeur, mais visiblement non. Horace ne lui serait donc d'aucune aide…
Une dizaine de minutes plus tard, Albus Dumbledore ressortait de chez son ancien collègue sans n'avoir effectivement rien appris. Il se sentait impuissant. Voldemort était insaisissable, et si ses mangemorts n'avaient pas encore réussi à faire beaucoup de victimes, ils n'en restaient pas moins eux aussi insaisissables. Severus ne lui apprenait plus grand-chose, sans qu'il ne sache vraiment si c'était parce que Voldemort ne lui faisait plus confiance, ou si c'était parce qu'il avait une fois de plus retourné sa veste, malgré le souvenir de Lily Evans. Et les quelques personnes de l'Ordre qu'il avait chargé d'espionner les résidences connues de Voldemort n'étaient pour le moment pas parvenues à identifier une quelconque faille dans leurs protections.
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Harry suivait les différents débats avec ennui. Il détestait la politique. Il était un homme d'action, pas un politicien. Et Ginny, Hermione et Ron avaient beau lui répéter que lorsqu'il le voulait il pouvait parfaitement se fondre dans le rôle, cela ne lui rendait pas la tâche moins pénible pour autant. C'était à peine la troisième fois que le Magenmagot se réunissait depuis le début de l'été, et il en avait déjà marre.
La première session il avait au moins pu se distraire en regardant Voldemort fulminer à chaque fois qu'il lui envoyait un regard narquois, mais après cela Voldemort n'avait même plus pris la peine de le regarder. Il aurait presque échangé sa place avec celle de Hermione qui passait son été chez ses parents plongées dans des bouquins sur les sources de magie. Tout plutôt que la politique.
– … et c'est pour toutes ces raisons que j'aimerais aujourd'hui déposer une motion pour demander à Monsieur Ogden de céder sa place en tant que président-sorcier du Magenmagot à Monsieur Malefoy.
Harry sortit immédiatement de sa rêverie. Le fait que David Morrello prenne la parole aurait dû le maintenir un peu plus alerte, mais cela faisait déjà dix minutes que celui-ci parlait et les quelques premières n'avaient eu absolument aucun intérêt. Il entendit des murmures d'approbation tout autour de lui et fronça les sourcils. Si Lucius Malefoy devenait président-sorcier du Magenmagot, c'était certain qu'il serait particulièrement bien placé pour prendre ensuite la suite de Fudge.
Or il était presque certain que la plupart allaient approuver la destitution de Tiberius Ogden, sous prétexte que la situation avec les mangemorts ne faisait que s'enliser depuis un an.
– Parmi ceux qui souhaitent s'opposer à la motion, quelqu'un veut-il prendre la parole ? demanda Amelia Bones qui faisait office de maître de cérémonie.
Harry se leva immédiatement, augmentant le niveau sonore du brouhaha autour de lui. Après tout il était en plein milieu des sang-purs, qui soutenaient presque tous Lucius Malefoy. Mais avec un peu de chance cela allait donner plus de poids à ce qu'il allait dire.
– Silence ! ordonna Amelia Bones. Monsieur Jones vous avez la parole.
Maintenant David Morrello le regardait avec un sourire suffisant, comme s'il était certain que Harry ne pourrait rien faire contre lui.
– Madame Bones, je vous remercie, commença Harry. Mesdames et Messieurs membres du Magenmagot, je vous remercie d'avance pour votre attention. Je n'ai que peu siégé au Magenmagot ces dernières années, et encore moins participé. Les lois n'étant pas mon point fort, j'ai souvent préféré me remettre à l'avis des experts que vous êtes pour prendre les bonnes décisions. Cependant le sujet que Monsieur Morrello a soulevé me fait aujourd'hui réagir. Monsieur Ogden, je m'excuse par avance, mais ce n'est pas à votre destitution que je vais m'opposer.
Il y eut de nouveau de nombreux murmures dans la salle et Amelia Bones dut une nouvelle fois demander le silence. Voldemort le regardait maintenant avec suspicion et Harry lui fit un sourire. Que pensait-il donc ? Qu'il allait s'opposer frontalement à lui et s'aliéner une partie de Magenmagot par un comportement trop impulsif ? Il n'était pas si idiot que cela.
– Merci Madame Bones, continua Harry. Je m'oppose cependant au fait de nommer Lucius Malefoy comme son remplaçant. Monsieur Malefoy, veuillez être bien assuré que je n'ai rien contre vous, et que je vous considère comme parfaitement apte à occuper cette position. Mais la décision de qui doit remplacer Monsieur Ogden me semble simplement être trop cruciale pour pouvoir se décider aussi rapidement.
Harry vit plusieurs sorciers et sorcières approuver d'un hochement de tête ses paroles, et le visage de David Morrello se ferma très légèrement, presque imperceptiblement.
– Notre pays doit actuellement faire face à de nombreuses menaces, et je pense qu'il est de notre devoir d'avoir une véritable réflexion sur qui sera le plus à même d'aider notre nation à faire face. Je vous enjoins donc, estimés membres du Magenmagot, à prendre le temps de réfléchir à cette question cruciale plus profondément, pour être bien sûrs de prendre la meilleure décision pour l'avenir de la Grande-Bretagne magique. Je vous remercie de m'avoir accordé votre attention.
Lorsque Harry sortit du Magenmagot une heure plus tard il avait l'impression que sa tête allait exploser à cause des houleux débats qui avaient suivi. Mais au moins, sa suggestion avait été prise en compte et Lucius Malefoy n'avait pas été nommé président-sorcier du Magenmagot. Pour le moment.
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– Que devons-nous faire de cet Alistair Jones, maître ? demanda Lucius.
Lord Voldemort le foudroya du regard, et vit avec satisfaction Lucius se reculer instinctivement. S'il avait pu faire quoi que ce soit de Alistair Jones, il s'en serait déjà occupé lui-même.
– Discréditez-le autant que possible sur la scène politique, répondit-il. Mais ne tentez pas de lui faire quoi que ce soit. Ce serait trop suspicieux.
Ou plutôt, ce serait une complète catastrophe incluant surement la mort des mangemorts suffisamment stupides pour tenter de s'en prendre à Potter, la colère du quatuor, et potentiellement la fin du Royaume-Uni magique dans une bataille sanglante entre lui, ses mangemorts, le quatuor, Dumbledore et l'Ordre du Phénix.
– Ce sera fait maître, fit Lucius.
Avery, Yaxley et Nott acquiescèrent, et Voldemort se retint de lever les yeux au ciel. Cela lui coutait de l'admettre, mais Potter était surement suffisamment malin – et suffisamment teigneux – pour ne pas se laisser décrédibiliser facilement.
– Nous devons faire en sorte de sécuriser la position de Lucius, fit Voldemort. Nott, occupe-toi des cercles les plus traditionalistes, ils ne devraient pas poser de problème. Yaxley, assure-toi que Lucius ait l'appui de cet imbécile de Fudge et des ambassadeurs étrangers. Avery, il faut que l'opinion publique supporte Lucius. Je m'occuperai moi-même de convaincre Amelia, Rufus et leur clique. Lucius, cela te laisse les membres du Magenmagot traditionnellement neutres : Abbott, Macmillan, Fawley et Shafiq. Cette situation doit-être réglée d'ici la fin de l'été.
De nouveau, ses mangemorts acquiescèrent, et Voldemort les congédia tous à l'exception de Lucius.
– Dis-moi Lucius, ton fils a-t-il eu des résultats satisfaisants à ses BUSES ?
Lucius se tendit imperceptiblement, faisant apparaitre un sourire narquois sur le visage de Voldemort. Ce que Lucius pouvait tenir à sa copie miniature…
– Oui, maître, répondit Lucius.
– Merveilleux. J'ai un travail pour lui.
Lucius devint tellement blanc qu'il aurait presque pu être transparent.
– Il est encore très jeune maître, tenta Lucius.
– Sottises Lucius, à son âge j'avais déjà accompli de nombreuses choses, répondit Voldemort.
Notamment l'ouverture de la Chambre des Secrets et le meurtre de sa famille paternelle.
– Et je ne lui demande rien de compliqué, simplement de devenir très proche de Harry Potter, bien plus que ce qu'il a pu faire il y a deux années de cela. Je ne veux pas simplement des informations sur Harry Potter, je veux que Harry Potter considère ton fils comme l'un de ses plus proches amis.
– Ce sera fait maître, fit Lucius.
Voldemort sentit un sourire mesquin étirer ses lèvres. Il se fichait absolument que Malefoy junior réussisse sa mission, qu'il savait d'ailleurs être impossible. Mais cela aurait le double bénéfice d'ennuyer royalement Potter d'une part, et de motiver Lucius à être encore meilleur pour compenser les échecs de son fils d'autre part.
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Lorsque la sonnette sonna Hermione n'y prêta pas attention. Elle était en train de rassembler des notes venant de plusieurs livres trouvés au palais de Memleben, et elle essayait désespérément de comprendre la théorie que ces livres tentaient d'expliquer. Elle n'en revenait toujours pas que ce soit aussi complexe. Mais en même temps, elle devait admettre que si c'était moins complexe, beaucoup plus de sorciers auraient tenté de comprendre et d'utiliser les sources de magie. Sans compter qu'il était encore plus difficile d'essayer de corriger les erreurs des fondateurs tout en évitant que Poudlard ne s'effondre.
Elle ne bougea pas non plus lorsqu'elle entendit au loin des bruits de voix, ses parents ayant surement été ouvrir à qui que ce soit qui pouvait bien avoir sonné. Elle se figea cependant lorsque parmi les différentes voix il lui sembla en reconnaitre une.
L'instant d'après elle avait sa baguette dans la main et rentrait d'un pas vif dans la maison.
– Je vous remercie grandement Madame Granger, c'est vraiment très aimable à vous.
C'était indiscutablement la voix de Voldemort, même si elle avait une consonance légèrement étrange. Qu'est-ce qu'il était venu faire chez elle en plein milieu du mois d'août ? Et surtout, comment avait-il pu rentrer ? D'un geste de baguette, elle sonda les protections autour de la maison, et celles-ci étaient toujours intactes. Voldemort était donc venu sans avoir l'intention de faire du mal à qui que ce soit. Ce qui était encore plus intriguant.
– Ah mais je vous en prie. Venez par ici, Hermione doit être dans le jardin, fit sa mère.
Hermione déboucha à ce moment-là dans l'entrée, faisant sursauter sa mère. Hermione l'examina rapidement pour vérifier qu'elle était en parfaite santé, avant que son regard ne tombe sur l'autre occupant de la pièce. Tom Riddle. Pas Voldemort, le mage noir d'une trentaine d'années à la beauté affirmée qui respirait l'importance, non. Mais Tom Riddle, le jeune homme au charme ravageur que Voldemort avait été à la fin de sa scolarité à Poudlard. Et il avait effectivement un sourire à faire fondre toutes les femmes plaqué sur son visage.
– Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle d'un ton un peu trop agressif.
– Hermione, jeune fille ! s'exclama d'ailleurs sa mère.
Hermione remarqua à ce moment-là que sa mère tenait un bouquet de fleurs dans les mains.
– Bonjour Hermione, fit Voldemort avec un faux sourire charmeur. Je m'excuse de…
– Est-ce que tu as apporté un bouquet de fleurs? le coupa Hermione avec incrédulité. À ma mère ?
Elle vit du coin de l'œil sa mère afficher sa gêne devant son comportement mais c'était le cadet de ses soucis.
– Bien sûr, fit Voldemort avec un air contrit qui ne lui allait pas du tout. Je voulais m'excuser de passer à l'improviste.
– Il ne fallait vraiment pas Tom, dit sa mère.
Hermione manqua de s'étrangler de surprise. Voldemort s'était présenté à sa mère comme étant Tom. Le prénom Moldu qu'il détestait par-dessus tout. En plus d'avoir pris la peine de boire une potion de rajeunissement pour venir ici et faire croire qu'ils étaient amis.
– Mais bien sûr que si Madame Granger, c'était de toute façon un plaisir pour moi, fit Voldemort d'un ton charmeur. Hermione, est-ce que nous pourrions discuter quelque part ? De notre projet scolaire ?
– Peut-être pourrions-nous aller ailleurs ? répondit Hermione.
– Hermione voyons, pour une fois que l'un de tes amis passe à la maison, intervint sa mère.
– Et en plus je serais ravi de découvrir ta maison Hermione, ajouta Voldemort avec une incroyable mauvaise foi.
Hermione se força à sortir de sa stupeur, et lui fit un sourire suave.
– Dans ce cas ce sera avec plaisir Tommy, fit-elle en s'attardant légèrement sur le surnom moqueur. J'étais justement en train de travailler sur notre projet dans le jardin.
Sa mère arrêta finalement de la fusiller du regard après cette réponse qu'elle pensait polie, et s'éclipsa en lui faisant un clin d'œil. Elle pensait quoi, que Tom était son petit ami peut-être ? N'importe quoi. Hermione entraina Voldemort vers le jardin, et jeta un Assurdiato dès qu'ils se furent un peu éloignés.
– Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle sèchement à Voldemort.
– Tu m'évites Hermione, alors je suis venu te rendre visite. Et tu ne voudrais pas rendre tes parents suspicieux n'est-ce pas ?
Hermione se laissa tomber dans la chaise qu'elle occupait depuis le début de l'après-midi. Evidement qu'elle l'évitait. Il lui avait proposé plusieurs fois de passer au château de Serpentard pour qu'ils travaillent ensemble sur les sources de magie, mais elle savait que si elle passait au château de Serpentard ils ne feraient pas que travailler. À croire que lui ne voyait finalement plus de problèmes à leur relation un peu trop proche.
Mais elle, elle n'avait que moyennement envie que ce genre de chose se reproduise. Enfin non, elle ne pouvait mentir là-dessus, elle avait incroyablement envie de coucher de nouveau avec Voldemort, mais elle savait que c'était une très mauvaise idée. La situation était déjà suffisamment complexe sans cela.
– Je profite de l'été pour passer un peu de temps avec mes parents, merci bien, répondit-elle.
– Tu es plus âgée qu'eux. Deux fois plus âgée qu'eux, pointa Voldemort. Et tu as déjà passé une vie entière avec eux avant.
Evidement qu'il ne comprenait pas comment elle pouvait vouloir passer du temps avec sa famille.
– Je t'ai dit que mes parents avaient survécu à la guerre, expliqua-t-elle cependant, mais ils n'en sont pas sortis indemnes. Pour éviter qu'ils ne deviennent des cibles durant notre septième année je leur ai effacé la mémoire et je les ai envoyés en Australie. Je leur ai rendu leur mémoire après la guerre. Mais je n'avais que 17 ans lorsque j'ai lancé le sortilège, et je ne comprenais encore rien à la magie à ce moment-là. Du coup le sortilège a laissé des traces.
– Pertes de mémoires ?
– Oui. Elles sont restées stables pour mon père, mais ma mère a fini par tout oublier. Jusqu'à mon existence. Elle est morte avant mes trente ans.
Voldemort se contenta de hausser les épaules, mais Hermione ne lui en tint pas vraiment rigueur. Elle ne s'attendait surement pas à de la compassion de sa part. D'un mouvement de baguette il fit apparaitre un deuxième siège identique au sien et s'assit dedans élégamment. Il allait ouvrir la bouche lorsque la mère de Hermione sortit de la maison et se dirigea vers eux, un plateau dans les mains. Hermione se retint de lever les yeux au ciel.
– Hermione, Tom, je vous ai apporté de quoi vous rafraichir. Comme je ne savais pas ce que vous aimiez Tom j'ai pris du jus de pomme, de poire, de pêche et de raisin. J'espère que cela vous ira, fit sa mère en déposant deux verres et les différentes bouteilles de jus sur la table.
– Merci beaucoup Madame Granger, remercia Voldemort.
– Mais de rien, fit sa mère avec un grand sourire. Tu feras en sorte de les maintenir au frais Hermione, n'est-ce pas ?
Hermione fit quelques mouvements précis de baguette.
– C'est fait maman, fit-elle.
– Merveilleux, allez, je vous laisse discuter maintenant.
Elle s'en alla rapidement, et Voldemort se lança immédiatement dans l'explication des dernières théories qu'il avait découvertes sur le sujet des sources de magie. Etonnant comment maintenant qu'il y avait véritablement de la matière à étudier Voldemort s'intéressait de plus en plus au sujet, pensa ironiquement Hermione. Elle savait qu'au fond il n'étudiait le sujet que pour ses propres objectifs, mais elle devait aussi avouer qu'elle n'aurait pu trouver mieux comme partenaire de travail.
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La main de Voldemort s'enroula instinctivement autour de sa baguette lorsque la mère de Hermione revint dans le jardin. Cela le répugnait de se trouver aussi près de Moldus, et surtout de devoir jouer le rôle d'un jeune homme. Il ne parvenait pas à comprendre comment Hermione et les autres pouvaient avoir la patience de faire cela.
– Hermione, Tom, il commence à se faire tard, fit la mère de Hermione lorsqu'ils furent à portée de voix.
Et effectivement il était quasiment vingt heures. Les quelques heures qu'il avait passées à discuter avec Hermione semblaient s'être évaporées en quelques minutes. Probablement parce qu'ils étaient tous les deux en train de lutter pour donner un quelconque sens aux différentes théories sur le fonctionnement des sources de magie qu'ils trouvaient.
– Est-ce que vous souhaitez rester dîner avec nous Tom ?
La mère de Hermione s'était tournée vers lui avec un grand sourire qui donna à Voldemort l'envie de la torturer pour oser s'adresser à lui sans autorisation préalable.
– C'est très aimable Madame Granger, mais…
– Cela nous ferait vraiment plaisir, le coupa la mère de Hermione.
La torturer et la tuer.
– N'insiste pas maman, intervint Hermione. Tom est généralement très occupé.
Elle semblait avoir encore moins envie qu'il reste que lui-même et cela l'énerva. De quel droit l'évitait-elle ? De quel droit pensait-elle pouvoir se débarrasser de lui ? C'était normal que lui ne veuille pas se trouver en sa présence puisqu'elle n'était qu'une sang-de-bourbe. Mais elle ? Elle aurait dû se sentir honorée de son attention !
– Eh bien, il se trouve que je n'avais rien de prévu ce soir en réalité Hermione…. fit-il avec une lenteur délibérée.
– Alors c'est décidé ! s'exclama Madame Granger. Je dois cependant vous prévenir Tom que ni moi ni mon mari ne sommes sorciers, alors ce sera surement moins raffiné que ce à quoi vous pouvez avoir l'habitude.
– Je n'ai aucun doute sur le fait que ce sera délicieux Madame.
Le visage pincé de Hermione était un plaisir à voir.
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– Tu as vraiment décidé d'être pénible jusqu'au bout ? lança Hermione alors qu'ils se dirigeaient vers la salle à manger à la suite de sa mère.
Elle n'en revenait pas que Voldemort se soit imposé au dîner. Elle n'aurait pas hésité à le mettre dehors si elle n'avait pas su qu'il aurait indubitablement mal réagi, probablement en faisant quelque chose de particulièrement embêtant. Comme par exemple dévoiler un peu trop de choses sur elle à ses parents.
– Je m'assure simplement que la prochaine fois que je te propose de venir tu ne trouves pas une excuse pour ne pas être disponible, répondit Voldemort d'un ton hautain.
Mais elle avait comme la suspicion qu'il s'amusait de son malaise. Quel culot. Venir dîner chez des personnes qu'il n'avait pas hésité à torturer deux années plus tôt.
Et pour couronner le tout, il mit un point d'honneur à être absolument charmant durant tout le repas, alors que Hermione devait de plus en plus lutter pour se retenir de lui éclater violement la tête contre la table. Et la situation ne s'améliora pas quand ses parents semblèrent décider qu'ils appréciaient suffisamment Voldemort pour essayer de mettre leur fille en valeur devant lui.
– Je ne sais pas si Hermione vous a dit Tom, mais elle a obtenu onze BUSES, avec onze O, fit sa mère d'un ton transpirant de fierté.
– Ah non, je ne savais pas, répondit Voldemort en feignant parfaitement l'intérêt. Laquelle n'as-tu pas passée ?
– Divination, répondit Hermione à contrecœur.
Qu'est-ce qu'elle avait fait au destin pour devoir subir cette horrible soirée ?
– Vous avez passé vos BUSES cette année aussi Tom ? demanda alors son père.
– Non, il y a un peu plus longtemps que cela, répondit Voldemort avec un sourire. J'ai obtenu de bons scores aussi.
Hermione manqua de s'étouffer devant tant d'euphémismes. Voldemort avait passé ses BUSES il y avait cinquante-trois années de cela, et si ses souvenirs étaient bons, il avait lui aussi eu onze O, passant divination mais négligeant études des moldus.
– Oh vraiment ? s'étonna sa mère. Mais vous êtes toujours à Poudlard n'est-ce pas ? Puisque vous travaillez ensemble sur un projet avec Hermione.
– Tout à fait, répondit Voldemort. Même si je dois avouer que nous travaillons sur un projet extrascolaire. Votre fille est brillante Madame Granger, alors j'ai accepté de lui donner un coup de main dessus.
– Oh, vous pouvez m'appeler Catherine Tom, fit sa mère.
Le reste du repas se passa de la même façon, son père restant réservé mais somme toute bienveillant envers Tom, et sa mère entretenant joyeusement la conversation, visiblement ravie d'entendre Voldemort lui raconter des banalités sur sa scolarité.
Et lorsque, enfin, Voldemort fut sur le point de partir, il lui planta un dernier couteau dans le dos.
– Tu pourrais passer chez moi demain Hermione ? demanda Voldemort. Enfin si tes parents sont d'accord bien sûr.
Hermione lui lança un regard noir. Comme s'il ne savait pas déjà que sa mère allait accepter, et que son père allait se ranger à l'avis de sa mère.
– Cela ne dérangera pas vos parents Tom ? demanda tout de même sa mère.
– Il n'y aura aucun problème, assura Voldemort.
Forcément, puisqu'il avait tué son propre père. Et qu'il avait en réalité 69 ans. Et elle 75. Merlin ce que cette situation était inconfortable.
– Alors cela ne pose pas de souci, accepta sa mère. Si vous restez sages bien sûr.
Hermione n'avait jamais autant eu envie de disparaitre de la surface de la planète, alors que le sourire narquois que Voldemort lui lança prouvait que lui au moins s'amusait.
– Très bien, je viendrai demain, lâcha-t-elle à contrecœur.
Tout plutôt que Voldemort remette les pieds dans sa maison. Elle vit du coin de l'œil sa mère rayonner de joie et s'éclipser discrètement en entrainant son père, pensant surement leur laisser un minimum d'intimité.
– Tu t'amuses bien ? demanda Hermione avec acidité.
– Voir ta fureur est effectivement particulièrement divertissant.
– Heureuse d'avoir pu illuminer tes mornes journées… maintenant si tu voulais bien partir.
Voldemort s'apprêta effectivement à partir, avant de se retourner vers elle.
– Au fait Hermione, plus je progresse dans les ouvrages que tu as ramenés, plus je me pose la question… Comment as-tu fais le lien entre les quatre reliques des fondateurs et Njörd ? Ce n'est que dans les livres que nous avons récemment trouvés que ce lien a été explicité.
– Un livre de Poufsouffle, répondit-elle en espérant se débarrasser de lui. Je l'apporte demain si cela te convient ?
– Parfait.
Elle referma avec un peu trop de force la porte derrière lui.
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– S'il y a bien une chose que je déteste plus que les Moldus, c'est la religion, fit Voldemort avec dédain. Pourquoi n'as-tu pas récupéré le livre lui-même ? Au lieu d'en faire une copie faiblarde qui avait toutes les chances de disparaitre ?
Hermione ne prit pas la peine de répondre. Lorsqu'elle avait cherché la copie du livre « Un rêve étrange » qu'elle avait effectuée il y avait presque deux années de cela elle s'était rendue compte que tout le texte s'était effacé. De toute évidence, et malgré le fait qu'elle n'avait pas pu le détecter, il avait dû y avoir un sortilège empêchant la copie sur le livre de Helga Poufsouffle.
Autant dire que cela faisait deux jours que Voldemort se moquait d'elle à ce sujet. Et maintenant elle se retrouvait à de nouveau s'introduire dans les archives du Vatican, Voldemort à ses côtés, pour récupérer le fameux livre de Poufsouffle.
– Tu vois, c'est votre problème les Gryffondor, reprit Voldemort, il faut toujours repasser derrière vous parce que vous avez fait les choses trop hâtivement.
Hermione l'ignora et continua d'avancer entre les étagères remplies de livres, avant de s'arrêter.
– C'est ce livre-ci, pointa-t-elle du doigt. Un rêve étrange.
Voldemort le fit soigneusement voleter en dehors du rayonnage, le déposant dans ses mains. Il le feuilleta rapidement, et elle put lire sur son visage la même confusion qu'elle avait dû afficher lorsqu'elle avait eu le livre entre les mains pour la première fois.
– Il y a des choses qui ont un accent de vérité, et d'autres qui sont complètement tirées par les cheveux, expliqua Hermione. Et parmi tout cela il y a une mention sur les sources qui parle aussi des reliques des fondateurs. « Et ils dansèrent tous les quatre pour fêter leur réussite, autour de la source de magie. Le chevalier et son épée. La sage et son diadème. Le politicien et son médaillon. Et la dernière les fit tous boire à sa coupe. »
Voldemort hocha distraitement la tête, sa concentration toute entière tournée vers les différents textes s'étalant sur les pages.
– C'est intéressant, fit-il finalement.
– Une idée de comment le copier sans que la copie ne s'efface ? demanda Hermione.
Voldemort lança plusieurs sortilèges sur le livre, avant que son visage ne se ferme visiblement et qu'il ne range l'original dans sa robe.
– Tu vois, c'est votre problème les Serpentard, se moqua Hermione. Vous vous vantez de pouvoir tout faire mais au final vous ne faites pas mieux que les autres.
Elle dut cependant admettre au fond d'elle-même, quasiment une heure plus tard, alors qu'elle se relevait péniblement du sol des archives du Vatican, qu'il faisait l'amour bien mieux que tout ce qu'elle avait connu jusque-là.
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Lorsque Harry revint avec un air abattu de la dernière séance de l'été du Magenmagot Hermione, Ron et Ginny se doutèrent immédiatement de ce qu'il allait leur annoncer.
– Lucius Malefoy a été voté président-sorcier du Magenmagot aujourd'hui, fit-il.
– Cela veut dire que Voldemort ne va pas tarder à destituer Fudge, commenta Ron. Pas tout de suite, puisqu'il voudra attendre que Malefoy ait une certaine forme de légitimité, mais d'ici une ou deux années surement.
Ils échangèrent tous les quatre un regard inquiet. Pour le moment Voldemort évitait de faire des actions trop radicales, pour ne pas déclencher les hostilités avec eux. Mais plus il approchait de son but, plus le risque était fort qu'il se décide à un moment de tenter le tout pour le tout.
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AN : Bonne fêtes à tous :)
