Je ne possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.
Faisant suite à « L'histoire d'un roi » et « L'histoire d'un prince », voici une série de plusieurs moments s'attachant aux combats menés par les Elfes d'Imladris et de Vertbois alors que le danger se fait de plus en plus présent. Après avoir consacré ces deux premières tomes à Thranduil et Legolas, j'avais envie de parler un peu plus de la famille d'Elrond, ce sera chose faite dés le 1er chapitre de cette fic.
On s'approche doucement de la fin de ce tome 3
Après plusieurs mois, Legolas décide de rentrer chez lui.
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.
L'HISTOIRE DE DEUX ROYAUMES
Chapitre 36 : Reprendre la route de la forêt noire
L'hiver avait été long, rude et glacial, comme si lui aussi avait envie de marquer le fait que l'avenir serait sombre et douloureux. Legolas n'avait pas pu reprendre la route de la Forêt Noire avant le début du mois de mars, et encore, Elrond avait tenté de le retenir un mois de plus, tellement la météo était peu clémente. Au final, le prince des elfes sylvains avait gentiment décliné la proposition, cela faisait bien trop longtemps qu'il était loin de chez lui. Il avait voulu voir autre chose, se changer d'air, mais maintenant il aspirait surtout à rentrer chez lui le plus rapidement possible.
C'était quand même totalement fou de se rendre compte que ce qu'il voulait fuir était en fait la seule chose à laquelle il aspirait ! Il voulait retourner chez lui et maintenant ! Il voulait revoir son père.
Elrond ne l'avait pas retenu. Il l'avait serré doucement dans ses bras, lui murmurant qu'il était comme un fils et qu'il serait toujours la bienvenue, lui rappelant une dernière fois ce qu'il savait déjà pour lui faire comprendre qu'il serait toujours là pour l'accueillir, l'aider et le soutenir.
Legolas avait répondu à son étreinte, profitant des encouragements de celui qu'il avait toujours considéré comme un oncle. Après tout, même s'il avait décidé de rentrer chez lui, il doutait encore de l'accueil qu'on lui réserverait, alors tous les encouragements étaient les bienvenus. Puis, ils s'étaient quittés…
D'un pas rapide, sans chercher à se retourner par peur de perdre une partie de sa volonté, Legolas franchit les portes de la cité, sursautant quand deux voix l'interpellèrent.
- C'est qu'il s'en va comme ça, sans rien dire !
Legolas sursauta et se retourna pour tomber nez à nez avec Elladan et Elrohir qui lui souriaient. Les jumeaux se rapprochèrent et ensemble, ils lui donnèrent une accolade. Legolas les réceptionna avec douceur, se laissant serrer tendrement par les bras de ses amis en murmurant :
- Je ne suis pas bon pour les « au revoir ».
- Je crois qu'on l'a compris, répondit en riant un peu Elrohir qui pressa sa nuque.
Les trois elfes avaient presque le même âge. Legolas avait une petite vingtaine d'années de plus que les jumeaux, mais pour un elfe, cela était à peine un battement de cils. Ils s'étaient entendus naturellement dés leur plus jeune âge et il était touché de voir qu'ils l'avaient attendu pour qu'il ne parte pas sans leur dire quelques mots.
Legolas se recula, notant à cet instant précis qu'ils portaient tous les deux armures et armes.
- Vous partez en patrouille ?
- Nous te raccompagnons, répondit Elladan en souriant.
- En venant tu as été attaqué lors de ta traversée des Monts Brumeux, lui rappela Elrohir.
- Les orcs ont des trolls ces derniers temps, nous n'arriverions pas à trouver la paix en te sachant seul dans ces montagnes, ajouta Elladan.
- Alors, nous avons décidé de t'accompagner une partie du chemin, conclut son jumeau.
Le regard de Legolas alla de l'un à l'autre. Il était touché que ces amis soient inquiets pour lui et il trouvait aussi amusant la manière qu'ils avaient de finir les phrases de l'autre. Cette complicité lui fit penser à celle qu'il avait avec son frère… son frère qu'il avait perdu… Alors Legolas leur sourit et posa une main sur l'épaule de chacun.
- Cela me touche, mais vous n'êtes pas obligé de faire cela. Je connais ce chemin et les montagnes suffisamment bien pour pouvoir éviter les pièges tendus par les orcs. Ne vous en faites pas pour moi, je n'ai pas besoin de grande du corps.
- Leggy, murmura Elladan sur un ton sincèrement inquiet. L'avenir de tous est si sombre en ce moment.
Legolas lui sourit, amusé par le surnom qui le ramena à leur enfance.
- J'ai appris à mes dépends, mais surtout aux siens qu'il fallait mieux écouter les pressentiments d'Ell'd, ajouta Elrohir. Laisse-nous t'accompagner. Ce n'est pas un corps que nous voulons ramener à ton père.
- Ne dramatisez pas, tout ira bien.
- Je suis d'accord. Avec une petite escorte, nous éviterons un drame inutile, mais assez de discussion, ce n'est pas le moment de perdre du temps, autant ne pas rajouter la Nuit au piège que peut représenter les Monts Brumeux !
Devant l'assurance de cette voix, les trois jeunes elfes se retournèrent. Glorfindel les dépassa en souriant, donnant une tape amicale sur l'épaule de Legolas qu'il dépassa sans ralentir.
- En plus, je connais un raccourci !
Comme si ces propos ne pouvaient être objectés, le grand elfe à la chevelure dorée s'engagea sur le chemin, appelant une dernière fois les trois jeunes guerriers.
- Vous venez ?
En souriant, Elrohir et Elladan furent les premiers à lui emboîter le pas. Legolas les regarda s'éloigner en soupirant. Il se tourna vers eux, écartant un peu les bras en signe d'incompréhension et lança avant de les suivre.
- Dites donc, de nous tous je suis le seul à devoir rentrer je vous rappelle !
OoooO
Malgré le temps morose, le chemin du retour fut bien moins pénible que Legolas l'avait imaginé. La présence des jumeaux, leurs rires communicatifs malgré la noirceur de leur environnement et le flegme décontracté de Glorfindel, l'aidèrent à faire disparaître assez rapidement une partie de ses craintes et de la pression qu'il ressentait le ronger.
Les quatre elfes marquèrent une halte aux pieds des Mont Brumeux pour ne pas avoir à les traverser de nuit et Glorfindel se proposa pour assurer la garde. Aucun ne jugea bon de le contester, car tous savaient combien l'ancien capitaine de Gondolin accordait de l'importance aux rôles qu'il se confiait.
Legolas en avait donc profité pour s'allonger sur un lit de mousse fraîche. Il n'avait nullement l'intention de dormir, mais prendre du repos était important. Il avait laissé ses yeux se fermer pour réfléchir, mais les avait rouverts en sentant de l'agitation autour de lui. Elladan et Elrohir l'avaient rejoint, s'allongeant de chaque côté de leur ami en marmonnant.
- Les nuits sont froides.
Legolas n'avait rien dit, les laissant s'installer contre lui tout en refermant de nouveau les yeux, ne réalisant même pas que le sommeil avait fini par le rattraper avant que Glorfindel ne secoue doucement son épaule à l'aube. Sa fatigue nerveuse était sans doute bien plus grande qu'il ne l'avait pensé.
Le petit groupe s'était donc remis en route, traversant les Monts Brumeux sans heurts, ce qui les surprit. Glorfindel montra même une certaine inquiétude que tous finirent par partager.
- Il est étrange que les orcs désertent un point aussi stratégique, c'est qu'il est en train de se passer quelque chose. Notre ennemi se déplace et ses forces le suivent…
- Il se déplace ? Mais pour où ? S'étonna Legolas…
- Un lieu où il peut accroître sa puissance à l'abri de nos regards, avaient sombrement répondu l'ancien capitaine de Gondolin avant de reprendre la route, laissant les trois jeunes elfes à la fois inquiets et perplexes.
De l'autre côté des montagnes, le petit groupe s'était séparé. Les jumeaux et Glorfindel avaient fait demi-tour pour retourner à Fondcombe et Legolas avait prit seul le chemin qui le mènerait au cœur de sa forêt. Un léger frémissement d'inquiétude l'avait assailli, mais il avait tenté de le chasser rapidement. Pourquoi son père lui ferait-il mauvais accueil ?
OooooO
D'un geste vif, Legolas trancha la gorge du dernier orc qui lui faisait face. Ce dernier émit un étrange gargouillis avant de s'écrouler lourdement sur le sol. Le jeune elfe le suivit du regard avant de s'assurer qu'il n'y en avait plus, puis, il fit tournoyer ses dagues entre ses doigts et les remit au fourreau. Voilà quelque chose qui n'avait pas changé, sa forêt était toujours autant infestée par ces monstres répugnants.
Legolas enjamba le cadavre et reprit sa route. Avec un peu de chance et s'il ne tombait pas sur d'autres embuscades ou sur quelques araignées, il pourrait atteindre l'enclave elfe avant la nuit. Ce serait une bonne chose, parce qu'il ne se voyait pas rester sous le couvert des arbres à l'heure où les descendantes d'Ungoliant sortaient de leurs nids en masse !
...
Legolas pressa donc le pas, se hâtant le plus possible pour et arrivant aux abords de l'enclave juste à temps. Alors que son regard se posa sur la frontière entre les bois et le territoire des elfes, le jeune prince se figea. Un étrange frisson remonta le long de son échine et une appréhension assez brutale lui noua la gorge. Ses terres étaient là, mais les orcs étaient toujours aussi présents et une question douloureuse s'imposa dans son esprit : lui restait-il seulement une personne à retrouver là-bas ?
Le jeune elfe expira bruyamment et secoua la tête pour chasser ses idées noires. Si l'enclave était tombée, il l'aurait ressenti… Son père n'était pas le seul à ressentir cet étrange lien qui les unissait.
Au dessus de sa tête, le soleil continuait à décliner, alors Legolas se remit en route, pressant un peu plus le pas.
Aux abords du poste de surveillance, il se demanda quelles nouvelles allaient lui donner les sentinelles, mais ce fut un cri qui accueillit ses derniers pas.
- Legolas !
Au soin de cette voix qu'il reconnut assez vite, Legolas redressa la tête et un sourire se dessina sur son visage. Gohenlass sauta lestement de son poste de surveillance et courut dans sa direction. Sans ralentir, il lui sauta littéralement au cou et attira un peu brutalement le jeune elfe, qui était comme son frère, dans ses bras. Ce dernier se laissa faire, se blottissant même de lui-même dans les bras de ce frère adoptif qu'il aimait et pour qui, il s'inquiétait. Au final, en partant comme il l'avait fait à la fin de la Bataille des Cinq Armées, il n'avait même pas su s'il avait survécu. Alors sentir ses bras se refermer autour de lui, était une délivrance. D'ailleurs, il ne put retenir un frisson et murmura doucement.
- Tu es vivant…
Gohenlass comprit son inquiétude. Les batailles de Dale et des Cinq Armées avaient été sanglantes. Sans doute parmi les plus coûteuses en vie depuis Dagorlad. L'elfe de bois ne lâcha pas son petit frère de cœur et murmura en retour.
- Bien sûr que je suis vivant. Qui veillerait sur ton père autrement ?
A la mention de Thranduil, Legolas eut un sursaut et se retira un peu des bras de son ami.
- Est-ce qu'il va bien ?
- C'est compliqué. Il s'en veut pour toutes les vies qui ont été perdu. Il est là sans être là. Il a pleuré ton départ pendant des jours…
- Quoi ? S'exclama Legolas ému, mais pourquoi il ne m'a pas retenu ? Je serai resté s'il me l'avait demandé… s'il avait juste prit ma main. Alors pourquoi il ne me l'a pas fait comprendre ?
- Pour toi…
- Moi ?
- Regarde autour de toi… Sortir de cette forêt maudite doit faire du bien, ajouta Gohenlass d'une voix triste. L'atmosphère est si morbide, le silence si violent, la mort si présente…
- Tu as l'air fatigué.
- Je le suis. Regarde autour de toi. Cela ne s'arrêtera jamais.
- Gohenlass…
Sans rajouter un mot, Legolas se pencha et vint reprendre son ami dans ses bras pour le serrer contre lui.
- Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve, mais je refuse de croire que nous soyons voués à disparaître. Tant que nous serons ensemble, que nous serons tous là les uns pour les autres, tout ira bien.
- Je suis heureux que tu sois revenu.
- Cette forêt est sombre, malade, remplie d'ennemis, mais c'est chez moi. Il n'y a nulle part ailleurs où je pourrais être. Alors hanar[1], ramène-moi chez nous…
OoooO
Même si Legolas avait affirmé qu'il était chez lui au cœur de Taur-e-ndaedelos, il ne put réprimer un tremblement en arrivant devant l'étroit pont qui menait à la forteresse souterraine des elfes sylvains. Oui, il était chez lui et Gohenlass lui avait dit que son père avait souffert de ces quelques mois d'absence, mais cela ne l'empêchait pas de se demander ce qu'il allait dire en le voyant remettre un pied au palais et surtout… il se demandait si elle était là… s'il allait la revoir et comment il allait réagir en la voyant…
Son hésitation se trahit par une immobilisation brutale qu'il ne réalisa que lorsque Gohenlass pressa son épaule. Les deux elfes se connaissaient par cœur et il comprit en une fraction de secondes ce qu'il redoutait.
- Elle aussi est partie.
- De quoi ?
- Thranduil lui a proposé de revenir et de lever son bannissement, mais elle a choisi de ne pas rentrer. Elle ne lui a pas pardonné leur dispute. C'est… qu'elle a du caractère mon feu-follet…
Gohenlass baissa la tête et son ami se rapprocha de lui.
- Tu sais où elle est ?
- Non… Je l'ai cherché, mais contrairement à elle, je ne l'ai retrouvé pour le moment. Je me suis inquiété tout l'hiver.
Les larmes naissantes au coin de des yeux de l'elfe des bois ne passèrent pas inaperçu. Tauriel était comme sa petite sœur. C'était lui qui l'avait élevé, éduqué… Il l'aimait et Legolas comprenait sa douleur.
- Je suis désolé.
- Ne le soit, ce n'est pas de ta faute. Viens…
Gohenlass entraîna Legolas par un bras et ensemble, ils traversèrent le pont pour gagner l'intérieur du palais.
OoooO
Cette fois, Legolas ne pouvait plus faire demi-tour. En suivant Gohenlass, il s'était rendu dans la grande salle du trône, mais Galion lui avait appris que son père n'était pas sorti de son appartement aujourd'hui. Legolas s'était tout de suite inquiété et il avait abandonné son grand frère adoptif et son ancien précepteur assez rapidement, se glissant dans les couloirs du palais.
D'un pas pressé, il se retrouva en quelques secondes devant la porte de son père, tapant doucement à sa porte. Sans réponse, il s'autorisa ce que peu d'elfes dans le palais pouvait faire et pénétra dans la pièce.
Son regard balaya la chambre et il frémit. La pièce était plongée dans une obscurité morbide et inquiétante et une grande silhouette voûtée, un verre de vin à la main était assise sur un tabouret, penchée en avant. Legolas frémit. Il la connaissait cette habitude. Quand tout allait mal, quand le sol s'ouvrait sous ses pieds, Thranduil avait prit cette manie d'essayer d'oublier ses douleurs au fond de plusieurs bouteilles de vins. Les vertues assommantes du breuvage n'étant plus à démontrer.
Le jeune elfe se rapprocha doucement.
- Ada[2] ?
Mais son père, les yeux dans le vague, fixés sur la fenêtre ne réagit pas. Alors, il finit de se rapprocher, se glissant à ses côtés pour lui prendre le verre qu'il tenait des mains et le poser sur la table à sa droite. Puis, il s'assit en face de lui et murmura doucement.
- Ada ?
Thranduil ne réagit pas plus et Legolas frémit avant de tendre les mains pour serrer les siennes. Cette fois, son père s'arracha à la contemplation de la forêt par la fenêtre et à la nuit qui était en train de l'engloutir. Il découvrit le visage de la personne qui se trouvait en face de lui et prit un air incrédule.
- Legolas ?
- Oui, je suis rentré ada.
- Legolas !
Si le premier murmure était une question, le deuxième sur un ton plus affirmatif, déclencha un tremblement incontrôlable de ses mains, Legolas les serra plus fort et amorça le geste de se pencher vers lui pour poser sa tête sur son épaule, un geste qui fut complété par son père qui lâcha ses mains pour le prendre par les épaules et le serrer dans ses bras.
- Ion nín[3], tu es rentré, ma petite feuille… Je pensais ne plus te revoir.
- Pourquoi je ne serai pas rentrer ada ? Le combat n'est pas fini et c'est chez moi ici.
Thranduil ne répondit rien, mais s'accrocha au corps de son fils comme pour s'assurer qu'il était bien vivant. Legolas se laissa faire et se blottit dans ses bras, lui qui aurait tant voulu qu'il le fasse plus tôt. Un peu fatigué, il ferma les yeux en écoutant les battements réguliers du cœur de son père, s'endormant dans ses bras sans s'en rendre compte.
Thranduil ne bougea pas, enfouissant son visage dans la chevelure blonde de son fils… Il était revenu… Il était là avec lui… L'espoir pouvait renaître un peu. Il avait de nouveau une raison de se battre.
[1] Frère.
[2] Papa.
[3] Mon fils
