Chapitre 42 : Last ride of the day


P.D.V de Shū :

Encore une journée ennuyeuse. Je ne comprendrais jamais pourquoi Reiji insiste pour que nous allions dans cette école. Quoique, sans cela Laito n'aurait jamais rencontré Soliana.

Quittant la voiture, je vais directement dans ma chambre. Moins je vois Reiji, mieux je me porte. C'est bien la seule chose ou nous nous accordons lui et moi. De toute façon, je préfère être seul quand Ruki m'appellera. Nous avons convenu qu'il me tiendrait informé de leurs observations, à lui et ses frères.

Je serais plus tranquille dans ma chambre. J'ouvre ma porte, et descends les quelques marches qui sont à l'entrée de la pièce. Enfin, mon cher matelas. Une symphonie de Mozart dans les oreilles, je m'y laisse tomber en pensent à toute cette histoire.

Personnellement, je ne pense pas avoir remarqué quoi que ce soit d'inhabituel. Toujours le même ennui qui pourrait sans doute me tuer si je n'étais pas immortel. Cette pensée me fait sourire ce serait si simple.

Certains vampires aimeraient sincèrement pouvoir mourir, alors que la plupart des humains craignent là morts et voudraient vivre éternellement. Quels idiots. Ont-ils seulement pensé qu'une vie sans fin signifier une éternité de souffrances ? Combien de fois j'aurais voulu en finir ? Je ne compte même plus…

Même si je dois reconnaître que ces derniers temps, j'ai peut-être trouvé une raison de vouloir vivre encore. Et cette raison, elle s'appelle Soliana.

Je ne suis pas réellement amoureux, mais j'ai tout de suite ressenti une forte attirance pour elle. Et c'est pour ça que Laito à la priorité sur elle. Et si un jour, même si c'est peu probable, je devais tomber amoureux, je laisserais entièrement Soliana à mon frère.

C'est sur cette pensée que je sens une vibration près de moi. Me redressent, je prends mon téléphone et décroche.

_Bonsoir, Shū, fit la voix de Ruki.

_Bonsoir. Alors ? Vous n'avez rien remarqué ?

_Non, et toi non plus je suppose.

_Effectivement. Personne n'avait l'air surpris de tous nous voir.

_Ce n'est pas pour autant qu'il faut abandonner cette piste. Plusieurs élèves étaient absents cette nuit.

_Si c'est l'un d'entre eux, il y a peu de chance qu'il ou elle revienne.

Les humains sont parfois idiots, mais pas au point de revenir là où ils ont le plus de chance de se compromettre.

_Au contraire, répondit l'aîné des Mukami. En fuyant, il ou elle ne ferait que confirmé sa culpabilité.

Je dois admettre que je n'avais pas vu les choses sous cet angle.

_As-tu les noms de ces absents ? demandais-je.

_Oui. Il y en a cinq. Deux filles et trois garçons, tous humains.

C'est déjà un bon début. Les choses auraient était plus compliquer si un autre vampire avait était impliquer.

_Bien. Nous verrons s'ils reviennent demain. Et si l'un ou plusieurs d'entre eux sont encore absents, nous iront voir chez eux pour être sûr.

Ruki reste silencieux. Il doit réfléchir à quelque chose.

_Non, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

_Et pourquoi cela ?

_Parce que s'il vous était arrivé quelque chose, ça aurait fait du bruit. Même parmi les humains, votre nom est connu. Si le coupable s'aperçoit qu'il ne s'est rien passé, il ne sera pas troublé en vous revoyant. C'est maintenant qu'il faut aller voir, pendant qu'on peut encore profiter de l'effet de surprise.

Son argument se tient. Ça me fait sourire malgré moi.

_Ruki, tu peux me dire depuis quand les demi-sang disent aux vampires de sang pur ce qu'ils doivent faire ?

_Ce n'était qu'un simple conseil. Contrairement à moi et mes frères, tu n'as jamais eu à survivre par toi-même.

Il n'a pas tort.

_Dans ce cas, autant en finir avec cette affaire. Venait, toi et tes frères. Je m'occupe de prévenir les miens. Prends la liste de ces absents avec toi.


P.D.V de Ruki :

Je coupe la communication puis me tourne vers mes frères. Nous sommes tous les quatre dans le salon. Je leur avais dit de rester prêts à repartir, juste au cas où.

_Alors on y va ? demande Yuma.

Il est prêt, je le sens. Cette histoire à l'air de bien le divertir, et il ne serait pas contre un peu d'action.

_Nous y allons, dis-je. Kou, tu as bien la liste ?

_Liste, avec noms, adresse, et la photo de chaque élève qui n'était pas en cour cette nuit, déclare-t-il fièrement.

_Bien. Ne perdons pas un instant de plus.

Sans un mot de plus, nous quittons notre manoir pour rejoindre les Sakamaki. La porte est ouverte quand nous arrivons. Reiji nous attend dans l'entrée.

_Au moins vous ne vous faites pas attendre.

_C'est là moindre des choses, répliquais-je.

Le sang pur ne dit rien. Il n'apprécie pas notre présence. Et il apprécie encore moins que ce soit son frère qui lui donne des ordres. Quelque chose me dit qu'il va pourtant devoir s'y faire. Shū est peut-être un fainéant, mais il sait se faire obéir quand il le juge nécessaire.

Les Sakamaki sont tous dans le salon, de même qu'Amara. L'humaine nous sourit, mais reste debout près de Subaru. Il ne manque que Eve et la compagne de Laito.

_Bonsoir, saluais-je.

Pas de réponse. C'était prévisible. Derrière nous, Reiji referme les doubles portes de la pièce. J'en conclus que les deux autres filles ne se joindront pas à cette conversation. Tant mieux.

_Et maintenant, si vous nous expliquiez pourquoi vous êtes ici ?

Je me tourne vers Shū.

_Tu ne leur as encore rien expliqué ?

_C'est vous qui êtes arrivaient trop vite, répond nonchalamment le blond.

_Tss, la bonne excuse, fit Yuma.

_Nous sommes au moins d'accord là-dessus, dit Laito avec un petit rire. Alors, Shū-san, pourquoi nous as-tu tous fait venir ?

_Tous simplement pour en finir avec l'ex-fiancé de Soliana. Ou du moins, avec celui qui l'a renseigné.


P.D.V externe :

Là tentions était monté d'un cran. Chacun attendait la suite. Finalement, Shū se redressa de son bien aimé canapé, et parcouru la pièce du regard.

_Tu as la liste ? demanda-t-il à Ruki.

Ce dernier se tourna vers Kou. Le blond retira son sac de cour, duquel il sortit un tas de fichier. Sans attendre, il se dirigea vers Shū et les lui donna.

_Je crois que tous y aient, fit-il.

_Et on peut savoir s'que c'est ? demanda Ayato avec une pointe d'agacement.

Kou se tourna vers lui avant de répondre :

_Çà, c'est les dossiers des cinq élèves qui étaient absents ce soir en cour.

_Si un ou plusieurs élèves ont donné au tueur des renseignements sur nous, continua Shū, c'est très certainement l'un de ceux-là.

_Ou les as-tu eus ? demanda Reiji.

_Oh, je les ai empruntés à l'école.

_Fais voir, fit Ayato en se levant de son fauteuil.

Le rouge prit l'un des dossiers des mains de Shū et l'ouvrit. Laito arriva derrière lui, de même que Kou.

_Et maintenant ? fit Subaru.

_Le mieux serait d'aller voir dès maintenant si ces élèves se sont bien absentés pour les motifs qu'ils prétendent, dit Ruki.

_Hum… Pourquoi ne pas simplement envoyer nos familiers les surveiller ? demanda Laito.

_Non, il faut mieux voir par nous-même, dit Shū.

_Dans ce cas, faisons des équipes, dit Reiji.

Et il en fut ainsi : Reiji avec Azusa, Laito avec Kou, Ayato avec Yuma, Shū avec Ruki, et Subaru avec Kanato.

_Et toi, ma petite sauvage, tu gardes le manoir, déclara Laito. Veille bien sur nos princesses.

Amara aurait voulu les accompagner, mais elle savait que c'était impossible. Aucun humain n'aurait pu suivre des vampires en chasse. Et puis, l'ébène s'estima heureuse que Subaru l'ait laissé les rejoindre. Elle regarda donc à regret les deux familles de vampires quitter le manoir.

Chaque équipe avait pris l'un des dossiers, avec pour consigne de simplement vérifier s'il n'y avait rien de louche.

_Si tout vous semble normal, dit Reiji, alors revenait ici sans attendre.

_Vous êtes sûr que les filles ne risquent rien ? demanda Ruki.

_Le manoir est entouré de familiers, répondit Shū. Même si quelqu'un vient, ils s'en occuperont avant même d'avoir atteint la porte.

_Amara le sait ? questionna Kou.

_Non. Elle se serait sentie vexer, sourit le blond.

Là-dessus, les cinq équipes partirent chacune de leur côté.


P.D.V de Subaru :

Nous ne tardons pas à trouver l'adresse de cet élève. Kanato me suit en silence, son Teddy dans ces bras. Il n'a pas eu trop de mal à suivre, même s'il n'a pas encore retrouvé la totalité de ces capacités. Au moins, je ne me suis pas retrouvé avec l'un des Mukami. Quoique, avec Azusa je n'aie pas trop de mal, mais si ça avait été Kou…

_Aller, dis-je. On jette un œil et si y'a rien on rentre.

Sans un bruit, j'entre par une fenêtre mal refermer. Franchement, les humains ne sont pas asse prudent avec ce genre de chose. Si encore ils pouvaient se défendre comme nous, mais non.

Je ne tarde pas à trouver là chambre. D'après le dossier, c'est une jeune fille de deuxième année qui n'est pas venue en cour à cause d'une forte fièvre. Et apparemment, elle n'a pas menti. Je m'avance jusqu'à la tête de lit pour mieux m'en rendre compte. Elle est bien malade.

Je ressors aussitôt, inutile de rester plus longtemps. Kanato m'attend dehors, toujours avec son ours dans les bras.

_Ce n'est pas elle. On rentre.


P.D.V de Reiji :

_C'est là bonne adresse.

Je suis presque obligé de le dire à haute voix pour y croire. J'ai beau savoir que tous les élèves de notre école ne roulent pas forcément sur l'or, mais à ce point…

Sans être à proprement dit mal famé, ce quartier ne me semble pas des plus recommandable pour autant.

_Devons-nous… entrer… ou simplement… regarder ?

Mon regard se tourne vers Azusa. Il ne semble pas perturber par ce radical changement de décor. D'un autre côté, peut-être en a-t-il connu de semblable dans sa vie humaine.

_Hum… commençons par nous approcher. Ensuite, nous aviserons.

L'instant d'après, nous sommes sur le toit d'un petit immeuble de deux étages. L'adresse qui nous intéresse se trouve au rez-de-chaussée. Il s'agirait d'un élève de première année qui à manquer les court sous prétexte qu'il s'était senti malade toute là journée. Une excuse bien bancale selon moi.

_D'après le dossier… Il vit seul…

Un point à notre avantage. Et qui ne me semble pas clair, aussi. Il est rare qu'un jeune humain de cet âge vive sans ces parents, dont ces mortels sont plus longtemps dépendants que les vampires.

Il y a bien quelque exception, mais en ce qui concerne notre affaire ça fait beaucoup de coïncidences en une seule soirée.

Nous sommes maintenant dans un couloir, regardent les numéros des portes. Enfin, nous trouvons le bon appartement.

_Maintenant, silence, dis-je au jeune Mukami.

Et tel des ombres, nous nous glissons à l'intérieur. C'est un petit appartement, qui pourrait tenir dans le hall d'entrée du manoir, mais il faut admettre qu'il est correctement entretenu. La seule source de lumière vient de là cuisine. Azusa est le premier à s'avancer jusqu'à la porte, qui est entrouverte.

Un jeune garçon y est assis, et il est visiblement préoccupé. Vu d'ici, il semble un peu pâle, mais pas malade. En tout cas, son mal-être n'est pas physique. Ça vaut peut-être la peine de lui poser quelques questions. Et si ce n'est pas lui, il sera toujours possible d'effacer ça mémoire.

Mais au moment où je tends la main vers là poigner, quelqu'un frappe à la porte.

P.D.V externe :

Perdu dans ces pensées, Simon sursauta à en tomber de sa chaise. Il faut dire que les coups sur la porte étaient asse forts pour réveiller tout le bâtiment.

Sachant très bien de qui il s'agissait, le jeune homme alla vite ouvrir. Il n'avait pas osé aller en cours, sachant très bien ce qu'il y entendrait. Et maintenant, c'était Max qui venait lui raconter comment il l'avait si bien aidé à organiser le massacre de six frères et de deux jeunes filles. Et comment une troisième avait été rendue à son bourreau.

Simon en était malade, mais qu'y pouvait-il maintenant ? Tout ce qui compter à présent, s'était que Max aller lui donner sa part d'argent, même s'il n'en voulez pas, et pouvoir partir loin. Il avait même là ferme intention de quitter le pays. Mieux valait ne pas le dire, cependant.

C'était bien Max, mais il ne semblait pas aussi enthousiaste qu'il aurait dû l'être. Il entra en trombe dans l'appartement, bousculant Simon au passage. Tout de suite, il eut peur. La colère de Maxime n'aller jamais sans quelques dégâts. Déjà, il était assis dans la cuisine, attendant que Simon l'y rejoigne.

Ce qu'il fit à contrecœur.

_Ils s'en sont tirés, fit Max d'une voix sombre. Ils étaient tous en cours, ce soir. Comme s'il ne s'était rien passé. Et mon gars n'est pas rentré d'sa mission.

Simon ne cacha pas son étonnement. Au fond de lui, il ressentit comme un soulagement.

_Tu y étais, non ? Ce soir, dans cette école de friqué ?

_Non, fit timidement Simon. J'ai été malade toute la journée, alors…

Max ne dit rien tout de suite. Il avait déjà déchaîné sa colère un peu plus tôt et avait attendu d'être plus calme pour venir, mais il avait encore les nerfs à vif.

_J'ai envoyé un de mes gars pour voir pourquoi je n'avais pas de nouvelle de la mission. Tu sais ce qu'il à trouver ?

Ne se sentant pas capable de parler, Simon fit non de la tête.

_Il à retrouver mon tueur, dans sa voiture, un peu plus loin du manoir de ces cibles. Il était mort.

Simon ne savait pas quoi dire. Il ne s'attendait pas à entendre ça.

_Tu n'as pas une idée de ce qui a pu se passer ?

_Heu… Eh bien, c'est une famille au moins aussi influente que celui qui t'a engagé pour ça… Leur père est un politicien influent après tout. Et ce n'est peut-être pas la première fois que quelqu'un leur en veut…

Maxime le regarda dans les yeux. Simon retient son souffle.

_C'est à peu près ce que mes gars on pensait, eux aussi. Et je sais que toi, t'aura jamais l'idée d'me mentir. T'es pas asse con pour ça. Demain, tu observes encore. Et cette fois, je veux un truc un peu plus complet : leurs heures de cours, les heures où ils arrivent et quand ils repartent. Si on peut pas les attaquer chez eux, il peut toujours y avoir un accident.

Puis, Max s'en alla en laissant un Simon désemparé. Il allait encore devoir attendre avant de pouvoir partir se construire une nouvelle vie.

À condition qu'il puisse vivre assez longtemps pour cela, car tapis dans l'ombre, les deux vampires n'avaient pas raté une miette de ce qui avait été dit.