Le chemin du retour est périlleux et long. C'est donc avec joie que je retrouve le parc de l'école. Je m'étire et suis le groupe de gens vers le château.
Puis, la lune apparaît, éclairant de sa lumière le parc. Je lève les yeux vers l'astre et admire sa rondeur. Soudain, je réalise que Remus n'a pas bu sa potion ce soir. Mon estomac se serre à cette pensée. Je tourne la tête vers le professeur et le vois se transformer en loup-garou. Pendant quelques instants, je l'observe avec de grands yeux.
Sirius cri aux enfants de courir et cela me sort de ma torpeur. Je sors ma baguette alors que Black se change en chien. Il fonce sur le loup pour l'éloigner des jeunes. Je lance quelques sorts pour aider Black. Lupin se tourne vers moi et fonce. Je recule un peu, mais l'énorme chien l'empêche d'aller plus loin. J'en profite pour m'approcher de Harry, Ron et Hermione afin de mieux les protéger.
Je peux voir que Black est grièvement blessé. Ses attaques sur le loup-garou sont plus lentes. Lupin en profite pour aller vers sa prochaine proie: Severus. Je cours vers la créature en lui lançant divers sortilèges. Un en particulier le blesse plus sérieusement. Il hurle avant de se diriger vers moi.
Je continue mes attaques, mais sa furie est si grande que je ne suis pas capable de l'arrêter. Il saute et j'esquive ses crocs de peu. Je tombe au sol et roule pour me relever le plus rapidement possible. Dans le processus, ma baguette a glissé de mes mains. Je n'ai pas le temps de la chercher.
Une nouvelle attaque du loup est interrompue par Black. D'un coup de patte, Remus fait voler le chien dans les airs. Il s'écrase lourdement au sol. Je peux voir qu'il est a bout de souffle.
Avant de pouvoir réagir, Lupin fonce sur Harry. Sans penser à ce que je fais, ni aux conséquences, je cours le plus vite que je peux et saute sur le dos du loup-garou. Il se secoue violemment tout en grognant de plus bel. Je finis par tomber au sol. En colère, la créature veut m'éliminer. Il me donne plusieurs coups de griffes. Je me protège avec mes bras du mieux que je peux. Toutefois, ses griffes acérées me lacèrent la peau avec une grande facilité.
Puis, il essaye de me mordre. Je réussie à éviter l'attaque. Sa mâchoire se referme sur les lambeaux de vêtements qui pendent de mes bras. Furieux, il essaye de nouveau. Avant que ses crocs puissent me toucher, Black le pousse avec force.
Les deux canidés se battent encore un peu avant qu'un hurlement provenant de la forêt se fait entendre. Lupin tourne la tête en direction du bruit et s'y dirige.
Le danger étant passé, je dépose la tête au sol et cherche mon souffle. Mon cœur bat très vite. Surtout, mes bras me font affreusement mal. J'essaye d'en bouger un et je grimace de douleur. Je tourne la tête vers Severus. Il est toujours suspendu dans les airs et inconscient. Je regarde de l'autre côté et vois que les enfants n'ont pas été blessé durant ce combat. Ron est toutefois par terre et ne bouge plus. Seuls les mouvement de sa respiration m'indique qu'il est vivant.
Black s'approche de moi et penche sa tête de chien vers moi. Malgré sa forme animale, je peux voir de l'inquiétude dans son regard.
-«Merci, dis-je simplement avant de fermer les yeux.»
Je ne sais pas ce qui se passe par la suite.
Lorsque je me réveille, le soleil est levé. Je suis couchée dans un lit. J'ouvre les yeux et remarque que je suis dans l'infirmerie. J'essaye de changer de position, mais une vive douleur au niveau de mes bras m'en empêche.
À ma droite, il y a du mouvement. Severus s'est levé d'un bond et se penche vers moi. Il est très inquiet. Puis, il appelle madame Pomfresh. L'infirmière s'approche rapidement, puis m'observe.
-«Comment te sens-tu?, demande t-elle.
-Fatiguée, un peu étourdie, en douleur et j'ai incroyablement envie de changer de position.»
Aidée par Severus, elle m'assoit. Cela me fait un grand bien.
-«Tes blessures aux bras sont assez sérieuses, m'apprend madame Pomfresh. Elles prendront plusieurs jours à guérir. Toutefois, je dois te dire que les lésions faites par un loup-garou ne disparaissent jamais. Tu vas malheureusement garder de vilaines cicatrices pour le restant de tes jours.»
Je baisse les yeux sur mes bras. Ils sont complètement couverts par des d'épais bandages.
-«J'ai aussi traité tes blessures avec un mélange de poudre d'argent et de dictame puisque je ne savais pas si tu as été mordue ou pas, continue l'infirmière.
-As-tu été mordue?, questionne Severus prestement.
-Non.»
Severus recule et garde le silence. Madame Pomfresh, soulagée de ma réponse, m'examine encore un peu avant de changer mes bandages. J'en profite pour examiner ma peau. Il y a des marques de griffes un peu partout. Ça ne saigne pas, mais les plaies sont toujours ouvertes.
Lorsqu'elle termine, madame Pomfresh s'éloigne pour que Severus et moi ayons un moment seuls.
-«Black s'est enfuit, m'apprend mon ami les dents serrées. Nous ne savons pas comment, mais il a disparu.»
Je hoche doucement la tête. Puis, il se penche vers moi.
-«J'ai vraiment eu peur pour toi, avoue t-il à voix basse. Lorsque je t'ai vu par terre, ensanglantée, j'ai paniqué.
-Je ne me rappelle de rien de ce qui s'est passé après mon combat contre Remus.
-J'ai repris conscience et il y avait des centaines de Détraqueurs qui fuyaient le lac. Je m'y suis dirigé et j'ai trouvé Potter, Granger et Black. J'ai fait apparaître des civières et j'ai transporté tout le monde jusqu'au château. Bien entendu, j'ai vu Weasley et toi par terre un peu plus loin. Black a été enfermé dans le bureau de Flitwick, mais s'est échappé avant qu'il reçoive le baiser du Détraqueur.»
Je hoche de nouveau la tête avant de lever tranquillement la main vers la blessure de mon ami. Je déplace une mèche de cheveux et vois la coupure entourée d'une ecchymose. Délicatement, Severus prend ma main et la dépose sur moi.
-«Repose ton bras, dit-il en caressant doucement mes doigts.»
La porte de l'infirmerie s'ouvre et Jeff, Shawn et Jack entrent. Ils regardent tout autour d'eux et, lorsqu'ils m'aperçoivent, se dirigent vers moi. Severus reprend alors sa main et se recule dans son siège. Mes amis jettent un coup d'œil au professeur et sont mal à l'aise d'être en sa présence.
-«Salut, me disent en chœur les garçons.
-On te dérangera pas longtemps, m'assure Jack.
-On a entendu parlé de ce qui s'est passé hier soir et on s'est inquiété, continue Jeff.
-On voulait juste voir si tu allais bien, lance Shawn.
-Je vais bien, les rassuré-je.
-Plusieurs personnes disent que tu as peut-être été mordue, me conte Jeff. Est-ce vrai?
-Non. Mais, attendez un peu. Qu'est-ce que vous savez exactement?
-Que tu as été attaqué par le professeur Lupin alors qu'il était transformé en loup-garou.»
Mes yeux s'écarquillent. S'ils sont au courant, toute l'école l'est certainement. Pourquoi est-ce qu'ils savent cela?
D'un coup, ça me frappe. Severus était probablement en colère et il a mis tout le monde au courant. Remus va avoir beaucoup de problèmes. Il faut que j'aille le voir et vite.
D'un bond, je suis sur mes pieds et me dirige vers la sortie. Jeff, Shawn et Jack se regardent sans trop savoir quoi faire. Severus se lève à son tour.
-«Où vas-tu?, me questionne t-il.»
Je le foudroie du regard et il fige. Il sait que j'ai compris ce qu'il a fait. Ses yeux se baissent.
Alors que je passe la porte, j'entends madame Pomfresh qui m'ordonne de retourner dans mon lit. Je l'ignore et continue mon chemin.
Avant même d'atteindre la porte du bureau de Remus, elle s'ouvre par magie. J'entre doucement et vois le professeur dos à moi, la tête penchée vers l'avant. J'avance et remarque qu'il tremble un peu.
-«Remus?, dis-je, inquiète.»
Je m'approche rapidement et touche son bras. Il tourne la tête pour que je ne vois pas son visage.
-«Parles-moi, s'il te plait. Dis-moi ce qu'il y a dans ta tête.
-Tu t'inquiètes pour moi, même après ce que je t'ai fait.
-Bien entendu! Tu es mon ami après tout.
-Tu as vu tes bras? Ça aurait pu être pire. J'aurais pu te mordre ou te tuer!»
Cette fois, il se tourne brusquement vers moi. Il est très triste et s'en veut énormément.
-«Je ne t'en aurais pas voulu, l'assuré-je. Tu n'étais pas en contrôle. Ça aurait été qu'un accident.
-Tu sais que tu vas garder ses horribles cicatrices toute ta vie?
-Oui et je vais pouvoir les regarder et penser à l'homme formidable que tu es.»
Un mince sourire se dessine sur ses lèvres. Ses tremblements ont arrêtés.
-«Je m'en veux tellement. Tu n'as aucune idée comment je suis désolé.
-Je n'ai même pas besoin d'utiliser la legilimancie pour savoir cela. Et je te jure que je ne t'en veux pas. En fait, lorsque je pense aux événements de la soirée, je suis simplement impressionnée par la force qu'un loup-garou possède.
-Terrifiant tu veux dire.
-Non, pas du tout. En fait, oui. Mais, wow! Je te lançais des sorts et, à part te mettre en colère, ça n'avait pas l'air de te faire quoi que ce soit.
-Je peux te garantir que j'ai mal partout, que j'ai plusieurs ecchymoses et que l'un de tes sorts m'a blessé au niveau du dos.
-Désolé, mon cher.
-Tu n'as pas à être désolé! Tu as sauvé la vie de plusieurs personnes.
-Black et moi avons fait un bon duo.»
Il sourit de nouveau. Sa bonne humeur commence à revenir. Je décide de le prendre dans mes bras. Du moins, je dépose délicatement mes bras autour de lui. Pour sa part, Remus me tient fort contre lui. Pendant plusieurs minutes, nous restons là, sans bougés.
-«Merci de m'accepter comme je suis, me chuchote t-il à l'oreille avant de reculer.»
Il se tourne et range ses effets personnels dans des valises.
-«Tu t'en vas, c'est ça?, demandé-je, triste.
-C'était une année merveilleuse, mais j'ai trop peur qu'il arrive un accident. Eh puis, maintenant que tous les élèves sont au courant, les parents de ceux-ci ne voudront pas qu'un être comme moi enseigne à leurs enfants.
-Mais tu es le meilleur professeur de défense contre les forces du mal qu'on a eu! Si Severus n'avait pas été aussi stupide aussi.
-Ne soit pas en colère contre lui.
-Je ne peux pas ne pas l'être. Il doit être si heureux d'avoir conté les événements de la soirée à tout le monde. Il doit certainement se pavaner dans les couloirs en disant à qui veut l'entendre comment il nous a tous sauvé d'un meurtrier et d'un loup-garou.
-Je ne lui en veux pas. J'aurais sûrement agit de la même manière si les rôles avaient été inversés.
-Tu as plus de bon sens que lui pour agir de cette façon.»
Il sourit.
-«Mais s'il te plait, Séléna, ne détruit pas la relation que vous avez pour ça. Les élèves auraient finit par découvrir mon secret. Ce n'était plus qu'une question de temps.
-Je suis quand même fâchée contre lui.»
Il y a un silence pendant lequel Lupin continue de remplir ses valises.
-«Remus, crois-tu que je devrais dire la vérité à Severus à propos de Black et de Pettigrew?
-C'est à toi de voir, répond-il en me regardant. Mais il va finir par la savoir. Donc peut-être est-ce mieux si c'est toi qui lui dit et non quelqu'un d'autre.
-Il va être en colère de savoir que j'ai une dette envers Sirius qui m'a sauvé la vie et que j'ai des émotions mitigées envers cet homme. Je le déteste et, en même temps, il a laissé de côté son aversion pour moi afin de me porter secours. Bref, je vais y penser.»
Je baisse les yeux et remarque que la carte des Maraudeurs est ouverte sur le bureau. Je m'avance et vois que mon nom de famille est embrouillé. Seul mon prénom peut être lu.
-«Merci, dis-je.»
Il me sourit et me fait un clin d'œil. Puis, je vois sur la carte que madame Pomfresh est dans le couloir et marche rapidement vers le bureau.
-«Je suis dans le trouble, lancé-je.»
Remus se tourne vers moi, les sourcils froncés. La porte s'ouvre alors avec fracas et l'infirmière entre. Subtilement, je me mets devant la carte pour ne pas qu'elle la voit.
-«Séléna!, hurle t-elle. Tu vas immédiatement retourner dans ton lit! Je ne t'ai pas donné l'autorisation de quitter l'infirmerie et tu n'es pas en état pour te balader dans les couloirs!
-Me donnez-vous quelques instants?, tenté-je.
-Non!»
Je roule des yeux alors que Remus essaye de cacher un petit rire.
-«Très bien, je vous suis, dis-je finalement.»
La tête haute, madame Pomfresh se dirige vers la sortie et m'attend à la porte. Je me tourne vers Lupin.
-«On va s'écrire, n'est-ce pas?, demandé-je.
-Bien entendu!, répond t-il presque surpris de ma question.
-Et on va se revoir?
-Promis.
-Bientôt?
-Je t'écrirai pour te dire l'endroit où nous pourrons nous retrouver.
-D'ici là, prends soins de toi, Remus.
-Et toi de même.»
Je tourne des talons et rejoins l'infirmière qui tape impatiemment du pied.
De retour dans l'infirmerie, madame Pomfresh me menace de m'attacher à mon lit si je me lève une nouvelle fois. Je m'assois et me couche tranquillement. Puis, je remarque que ma baguette est sur une petite table à mes côtés. Je suis soulagée qu'elle ne soit pas perdue.
Plus loin, j'entends madame Pomfresh donner congé à Harry, Ron et Hermione. Le trio me jette des regards. Ils semblent vouloir me parler. Je leur fais signe d'approcher.
-«Ça va ta jambe?, demandé-je à Ron.
-Ouais, ça va.»
Je vois alors que Hermione est sur le point d'exploser. Je me tourne vers elle. Avant même que j'ai le temps de lui demander ce qu'il y a, elle se jette dans mes bras. Surprise, je reste là sans bouger. Lorsqu'elle recule, ses yeux sont plein d'eau.
-«Tu as été vraiment courageuse hier, me dit-elle, la voix tremblante.
-Ce n'est rien.
-Tu as été sévèrement blessée et c'était complètement horrible. Je n'ai pas été capable de dormir, je revoyais sans cesse cette scène. Et tout ça pour nous sauver.
-Je sais parfaitement que vous auriez fait pareil. Vous avez tous un grand cœur et jamais vous ne laisserez une personne dans le besoin se débrouiller seule alors que vous pouvez aider.
-Merci pour tout, lance Harry.»
Je lui souris.
C'est alors que madame Pomfresh sort de son bureau et dit aux enfants de me laisser tranquille pour que je puisse me reposer. Je les salue et les suis du regard pendant qu'ils se dirigent vers la sortie.
Je suis maintenant seule dans l'infirmerie et je m'ennuis. J'ai l'impression que je suis assez en forme pour aller profiter de ma journée à l'extérieur, mais je ne veux pas avoir l'infirmière sur mon dos. Je soupire et essaye sans succès de dormir.
Ce n'est que trois jours plus tard que je peux m'en aller et c'est avec joie que je me dirige vers la Grande Salle. Tout au bout de la pièce, Severus m'observe. Je l'ignore. Je suis toujours en colère contre lui. Je vais alors m'asseoir avec Jeff et Shawn à la table de Gryffondor.
Ce n'est qu'à la fin de la semaine que madame Pomfresh enlève pour de bon mes bandages. Les blessures sont encore rouges, mais elles sont toutes fermées.
Nous recevons aussi les résultats de nos examens. Mes amis et moi avons réussis chacun de nos cours. C'est donc avec joie que nous allons au festin de fin d'année où la Grande Salle est décorée de rouge et d'or.
Le lendemain matin, c'est le retour à la maison. La plupart des jeunes sont heureux de pouvoir retrouver leur famille. Pour ma part, j'aurais aimé rester à Poudlard.
Il est tard dans l'après-midi lorsque quelqu'un cogne à la porte de mon compartiment. Shawn, qui est le plus près, l'ouvre. C'est Harry, Ron et Hermione qui sont là.
-«Salut à vous trois!, lancé-je avec bonne humeur. Entrez, on va vous faire de la place.
-En fait, nous sommes là pour te donner cette lettre, dit Harry.
-Une lettre? Vous pouvez me parler directement si vous voulez, pas besoin de passer par une lettre.
-C'est de la part de Patmol.»
Pendant quelques secondes, je les regarde sans bouger. Puis, je me lève et sors. Harry me tend le bout de parchemin que je lis immédiatement.
Salut Séléna,
j'espère que tes bras sont maintenant guéris et que tu vas bien. Tu étais mal en point lorsque je t'ai vu la dernière fois.
Bref, je veux simplement te dire un énorme merci d'avoir sauvé Harry. Sauter sur le dos de Remus était à la fois stupide et courageux. Mais tu n'as pas hésité à aider mon neveux et, pour ça, je te suis éternellement reconnaissant.
Passe un bel été, tu le mérites bien,
Sirius.
Je plie la lettre et sa range dans mes robes.
-«Eh puis?, demande Ron, curieux.
-Il ne fait que me remercier d'avoir sauvé Harry, réponds-je.»
Je réfléchie alors, hésite, puis prends une décision.
-«Harry?
-Oui?
-La prochaine fois que tu écris à Patmol, peux-tu lui dire que s'il a besoin que quoi que ce soit, il peut m'écrire? J'ai, après tout, une dette envers lui.
-D'accord, je ferai ça.
-Merci.»
Le trio retourne dans leur compartiment et je vais continuer ma conservation avec mes amis.
À la gare, je prends dans mes bras chacun de mes amis avant qu'ils partent. Puis, je transplane devant la maison de Severus. Je prends mon courage à deux mains et entre à l'intérieur.
Severus est déjà plongé dans un livre. Il lève les yeux vers moi pour s'assurer que c'est bien moi qui est là avant de retourner à sa lecture. Je monte à ma chambre et vide mes valises. Lorsque je termine, le repas est prêt.
Je mange en silence et je suis mal à l'aise. Je déteste ce froid entre Severus et moi. Je sais toutefois que c'est moi qui l'a créé. Mais je ne suis pas prête à lui parler de nouveau.
Après une semaine, je ne suis plus capable d'endurer cela. Je dois régler le problème. C'est donc au soir que je m'assois près de lui dans le salon. Severus devienne que je veux lui parler. Il met alors son livre de côté et attend. Il me laisse le temps de formuler ce que j'ai à partager. Malgré tout, je ne sais pas quoi lui dire. Je soupire.
-«Je ne sais pas par où commencer, lui avoué-je.»
Mon ami ne dit rien et ne bouge pas. Seuls ses yeux sont fixés sur mon visage.
-«Bon, d'accord, je me lance, dis-je après un court silence. Je n'ai pas envie de passer tout l'été avec cette tension entre nous deux. Avant que tu dises quoi que ce soit, je suis au courant que c'est de la faute. Toutefois, tu dois comprendre que Remus est mon ami et que je l'apprécie énormément. Je sais que tu le détestes, je sais que tu préfères que je ne sois pas en bon terme avec lui, mais il y a quelque chose qui m'attire en lui. Son calme? Sa personnalité? Sa gentillesse? Je ne sais pas. Mais c'est comme s'il comble un élément en moi que je savais pas qu'il me manquait. Bref, j'aimerais seulement que tu acceptes le fait que je veux passer du temps avec lui.»
Severus ouvre la bouche pour parler, mais je l'arrête. Je sais déjà ce qu'il veut me dire.
-«Oui, Remus est de nouveau en bons termes avec Sirius et il est de nouveau son meilleur ami. J'aurais fait exactement comme lui si j'avais été dans sa situation.»
Les sourcils de mon ami se froncent de colère. Il ouvre une nouvelle fois la bouche, mais je l'empêche encore une fois de parler.
-«Sev, Sirius est innocent.»
Severus change enfin de position. Il est prêt à exploser de colère.
-«S'il te plait, j'aimerais qu'on parle sans qu'on lève le ton, lancé-je rapidement.»
Il me regarde sévèrement.
-«J'ai beaucoup hésité à te conter toute histoire, tout ce que tu as manqué pendant que tu n'étais pas conscient. Mais, je suis décidée à le faire et ça serait très apprécié qu'aucun de nous deux monte le ton ou peu importe. Ça serait bien de pouvoir discuter d'un sujet plus sensible sans se chicaner. Peux-tu faire cela?»
Severus se calme, mais ses sourcils sont toujours froncés. Je lui tends la main. Après une petite hésitation, il la prend.
Je lui montre alors tout ce qui s'est passé dans les moindres détails les événements de la soirée où nous étions tous dans la cabane hurlante. Severus regarde mes souvenirs en silence. Lorsqu'il arrive au moment où je menace de torturer Sirius, une forte émotion s'empare de mon ami. Il m'observe les yeux brillants. Ses lèvres forment un petit sourire.
Pendant quelques instants, le reste de mes souvenirs n'a plus d'importance pour lui. Je décide de prendre une petite pause. Le regard de Severus est intense. J'ai l'impression qu'il me dévore des yeux. Mal à l'aise et les joues rouges, je baisse la tête. Mon ami change la façon dont il tient ma main et entrecroise ses doigts avec les miens. Puis, j'ai l'impression qu'il veut voir la suite. C'est avec difficulté que je me concentre pour lui montrer le reste de la soirée.
Je termine au moment où je perds connaissance. À ce moment, Severus est calme et perdu dans ses pensés. Il fixe nos mains tout en caressant doucement la mienne avec son pouce. J'essaye de voir à quoi il pense, mais il utilise l'occlumancie pour m'en empêcher.
Au bout de moment, il se lève. Il me dit qu'il a besoin de prendre l'air. Il quitte la maison. Je me retrouve seule à me demander si j'ai bien fait de tout lui conter.
Une heure passe avant que la porte d'entrée ouvre. Il s'approche de moi et me prend dans ses bras. Je suis un peu surprise, mais heureuse de son geste. Puis, il me pousse doucement vers le divan où il se couche avec moi toujours dans ses bras. Je souris et ferme les yeux. Je peux entendre son cœur battre fort et rapidement contre sa poitrine.
-«Tu sais que je vais continuer de détester Black?, me chuchote t-il à l'oreille.
-Oui, mais pour des raisons différentes cette fois.»
