Bonsoir à tous! Décidément, j'arrive à tenir le rythme de parution, c'est dingue! J'espère pouvoir le tenir pour la semaine prochaine aussi! En tout cas, le prochain chapitre est déjà dans les presses!

Pour ce chapitre, on délaisse un peu les scènes précédentes! Bonne lecture!


Chapitre 43 - Un sale dérapage.


Il avait fallu attendre le lendemain matin suivant pour être sûr que tous les agents soient rentrés de leur ronde, ou qu'ils soient sur le point de partir en patrouille, pour débuter le plan d'Hijikata.

Shinpachi et Kagura étaient rentrés chacun chez eux la veille, non sans une certains appréhension.

Juste après que Gengai eut fini de désamorcer les bombes planquées sous le sol de la cafétéria, une discussion assez sérieuse avait eu lieu.

Hijikata avait alors exposé son plan pour le lendemain, indiquant que toutes les possibilités devaient être couvertes. Mieux valait être prudent au possible, surtout au vu du nombre de charges explosives restant à déclencher en ville, si les choses tournaient mal. Mais le vieux ingénieur avait déjà pu leur enlever un doute, après examen des affaires des taupes qui avaient été neutralisées. Il avait été retrouvé sur eux, en plus du matériel réglementaire du Shinsengumi, un second communicateur de fabrication Amanto, ainsi que sur l'un d'entre eux un dispositif pas plus gros qu'un briquet.

-Mes capteurs m'indiquent qu'il s'agit d'un appareil de fabrication identique aux engins que nous avons déjà trouvé, avait alors dit Tama.

Rapidement, l'objet avait été tendu à Gengai, à peine ressorti du nouveau trou qui avait été creusé dans le plancher. Puis, après plusieurs minutes interminables, ses lunettes de protection vissées sur les yeux et plusieurs outils dans les mains, il avait presque entièrement démonté le petit objet, qui sous l'apparence d'un banal briquet, cachait en réalité une sorte d'interrupteur et de transmetteur.

-Si je me trompe pas, renifla bruyamment Gengai, ce truc est une télécommande à distance pour faire sauter les bombes… Heureusement que vous les avez arrêtés, sans quoi ils auraient pu tous nous faire sauter sur le champ, et tout le bâtiment avec.

Puis, reposant les composants électroniques sur le sol où il était assis en tailleur, il ajouta :

-Mais je pense que ces idiots ont fait une erreur.

-Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? Demanda Kondo, intrigué.

Le Commandant du Shinsengumi était on ne peut plus sérieux. Il affichait à présent un air grave, et montrait à nouveau un aspect de lui que les gamins des Yorozuya n'étaient pas habitués à voir. C'est à dire aucun sourire lubrique ni position fâcheuse ou humiliante à devoir dissimuler aux yeux du public.

Il était à présent pleinement dans son rôle de Commandant, et attendait à présent d'avoir des informations pour prévoir la marche à suivre pour les événements à venir.

-Si j'en crois les trois bombes que j'ai désamorcées, elles ont toutes exactement la même fabrication et la même structure. En revanche, je ne peux pas en dire autant des bombes agrémentées de poison. Je ne les ai pas vues en personne. Mais à ce que j'en ai vu, il ont équipé leurs appareils de deux récepteurs, un à ondes courtes, l'autre à ondes étendues. Du genre ondes sub-spatiales.

-Donc, ils ont même pas besoin de foutre les pieds sur Terre pour nous faire disparaître, en gros ? Conclut Hijikata tout en tirant une cigarette.

-Hé, garde ta fumée loin de moi, pesta Kagura. J'veux pas sentir le vieux.

Une veine apparut sur le front d'Hijikata, mais il sut se contenir, et grinça des dents.

-Qui tu traites de vieux… Hein ? Maugréa-t-il.

-Du calme Toshi, de toute façon c'est pas bon pour toi de fumer, ajouta Kondo.

-Désolé Kondo-san, mais j'en ai trop besoin, là. Répondit le Vice-Commandant.

Hijikata était visiblement tendu et sur la défensive. Certes, il avait failli se faire exploser par une grenade, et potentiellement deux bombes à la puissance peu connue en dessous de lui, sans parler du fait que plusieurs types avaient failli le taillader… Mais tout cela, il s'en fichait bien. C'était déjà derrière lui. Ce qui l'inquiétait le plus, était de savoir si le plan qu'il avait trouvé pouvait leur enlever une énorme épine du pied. Il était plus que stressé, et imaginait déjà dans sa tête toutes les possibilités face à un ratage monumental.

Saito Shimaru lui avait dit qu'il ne restait que 3 personnes à arrêter. Il avait déjà leurs noms, et il s'agissait de recrues d'i peine 6 mois, 8 pour la plus ancienne. Ce n'était donc pas des gens auxquels il était attaché, mais ce n'était pas non plus des gens qu'il connaissait sur le bout des doigts.

Parmi ces trois cibles confirmées, se trouvaient…

Oh Teruki. Un type d'allure mince, assez diligent dans les tâches qu'on lui confiait, et réglé comme une horloge. Jamais en retard, même pour l'entraînement. C'était quelqu'un d'exemplaire même. Un peu trop. Il n'était pas très malin en revanche. Du moins, c'est ce que les ragots de couloir lui avaient rapporté. Ça pouvait très bien être une façade, comme son comportement irréprochable l'avait été. Il était d'ailleurs surpris d'avoir trouvé ce nom là dans la liste que lui avait fourni Saito, et se demandait bien ce qui avait pu éveiller les soupçons du Capitaine de la division du silence.

Nemukawa Hayato. Un gars un peu fort, mais surtout parce qu'il avait du muscle. Celui-là, Hijikata en était sûr, ne se coucherait pas aussi facilement que ça au sol. Il était assez brute, et maniait bien le sabre qui plus est. Il avait été recruté i mois, lors d'une campagne de la police métropolitaine pour augmenter ses effectifs. Le Shinsengumi s'y était vu participer pour trouver également de nouveaux membres, et c'est à ce moment là qu'il avait été repéré.

Aizawa Teru. Le dernier suspect. Un type d'allure moyenne, de taille moyenne. On aurait pu dire une copie carbone de Yamazaki façon type passe partout. Ils se ressemblaient tellement que même Kondo ne savait jamais à qui il s'adressait à moins d'y regarder de plus près. Mais mis à part leur physique en général, ils avaient des yeux bien différents, et quand on s'y attardait, leur coiffure n'était pas exactement la même non plus. Ils avaient surtout cette propension à passer inaperçus quelles que soient les circonstances. De ce fait, Hijikata redoutait fortement que ce type puisse s'éclipser sans qu'ils n'y voient rien.

Trois individus bien différents donc, mais qui faisaient tous partis de ce complot, selon Saito. Il les avait observés longuement, et ce qui les avait trahis avaient été les messages envoyés entre eux. Le timide à la coupe afro avait réussi à en intercepter certains, qui bien que codés, ne laissaient présager rien de bon. Il avait suffisamment écrit dans sa vie pour savoir déchiffrer certaines choses sans avoir besoin de clé de déchiffrage. Et au vu de la ponctuation et de la force qui avait été mise dans le stylo pour écrire certains termes codés, il s'était concentrés sur ceux-là en priorité.

En un sens, Hijikata se sentait rassuré de pouvoir mettre un nom et un visage sur les trois derniers éléments à appréhender… Mais de l'autre…

Le vieux Gengai l'avait alors sorti de son intense réflexion en faisant une remarque qui avait attiré son attention.

-Ces types ont apparemment aussi prévu un deuxième transmetteur pour déclencher les bombes en personne si ça ratait, dit le vieil ingénieur.

-Donc… Ils peuvent très bien d'eux même déclencher les bombes, avant même le jour J ? Avait questionné Shinpachi, pour confirmer.

-A priori oui. Ginnoji a vraiment bien fait d'éviter d'ébruiter l'affaire. Ces types auraient sûrement déclenché pas mal d'explosifs avant même qu'on ait eu le temps de réagir. Mais tout système a des limites. Tama ?

L'androide s'était alors approchée, et fixant son regard sur le récepteur de poche puis les bombes désossées, avait commencé à les scanner.

Puis, sortant de son intense concentration sur la tâche, elle avait dit :

-Selon mes estimations, la portée des émetteurs portables est d'environ une cinquantaine de mètres, avec une marge d'erreur d mètres.

-Donc ces types doivent être à moins de cinquante mètres pour déclencher les explosifs ? Constata Kondo. C'est vraiment une plaie. Si ces types partaient avec des voitures de patrouille, ils pourraient littéralement tout faire sauter sur leur chemin…

Toutefois, Hijikata avait bien compris une information cruciale de tout cela, s'il avait bien cerné les hommes qui les avaient infiltrés.

Quand il avait dit avoir trouvé un plan, il avait déjà les grandes lignes. Mais il avait besoin juste de confirmer une information, ce que Tama et le vieux ingénieur venaient de faire sans s'en rendre compte. Et à présent, il était sûr que le plan pouvait être mis à exécution sans encombres. Seule sa résolution, encore incertaine, inquiétait encore le Vice-Commandant. Mais avec des renforts, sous forme des Yorozuya, il n'avait pas trop de soucis à se faire.

Il avait alors rapidement fini d'exposer son plan à la petite assemblée, provoquant tour à tour des regards surpris, étonnés, terrifiés mêmes, ou encore pleins d'admiration face à ses capacités de réflexion.

Et à présent, soit le lendemain…

Tout le monde était en position.

Shinpachi à la porte au Sud de la pièce, armé de son bokuto, Saito au Nord Est, prêt à agir, Kagura à l'Est avec Sadaharu qu'elle avait récupéré la veille en retournant à l'agence des Yorozuya. Ce dernier était d'ailleurs fou de joie de revoir un de ses maîtres, ayant été délaissé à l'étage du bar d'Otose. La vieille avait d'ailleurs piqué une crise de nerfs en hurlant que si le chien avait fait ses besoins à l'intérieur, la gamine devrait nettoyer après son gros cabot.

Et dans la pièce, Kondo et Hijikata, calmement debout, sabre à la ceinture, face à tous les membres du Shinsengumi, dans la salle de réunion du quartier général. Kondo n'était pas très à l'aise et la nervosité se lisait aisément sur son visage. Mais au vu de la situation, tous pensèrent que ce qu'il avait à leur annoncer était très grave, d'où cette réunion extraordinaire.

Quelques minutes auparavant, Kondo avait en effet fait sonner l'alarme pour une réunion d'urgence, à laquelle tous les membres du Shinsengumi sur base devaient assister. Et comme prévu, la majorité du personnel était venue, jusqu'à ce que les locaux soient entièrement vides, et la pièce de réunion pleine à craquer d'officiers. Seuls manquaient à l'appel les quelques hommes en patrouille. Mais selon Saito, aucun membre à purger ne se trouvait parmi les absents.

Ce qui voulait dire… Qu'ils étaient forcément dans la pièce.

Mais même si le plan d'Hijikata s'était donc mis en marche, les conséquences pouvaient être terribles en cas de loupé.

Les informations de Saito étaient de premier choix, et pourtant, Hijikata se méfiait. Si le Capitaine de la 3eme division avait fait une erreur, une des taupes pouvait toujours se balader librement à l'extérieur.

Il balaya du regard la pièce, son regard acéré s'arrêtant momentanément sur les trois cibles, qu'il avait pu reconnaître de loin. Il les vit pour deux d'entre eux avoir l'air mal à l'aise, et il les comprenait.

« Vous êtes piégés juste au dessus d'une de vos créations. Y'a de quoi avoir les jeton, hein ? ». Avait alors pensé Hijikata, souriant mentalement.

Un petit brouhaha flottait encore dans la pièce, jusqu'à ce que Kondo se racle la gorge.

-Votre attention s'il vous plaît… avait-il commencé, timide.

Hijikata se demandait vraiment si le gorille allait tenir le choc. A ce train là, c'était la crise cardiaque assurée avant même d'avoir fini le discours qu'il devait tenir.

Mais il vit le Commandant se reprendre, et d'une voix assurée, continuer :

-Je vous ai tous fait venir ici car j'ai eu des informations très inquiétantes. Nous avons affaire à un complot terroriste de grande envergure. Aussi, je vais avoir besoin de tous vous mobiliser !

Hijikata vit Oh Teruki afficher une expression de mécontentement, avant de rapidement reprendre un visage inexpressif. Ses deux compagnons avaient aussi l'air encore plus mal à l'aise.

Nul doute qu'ils se sentaient découverts, mais ne savaient pas pourquoi on les avait conviés au lieu de directement leur passer les menottes. Peut être que le Shinsengumi ignorait leur implication ? Ou peut-être…

-Écoutez bien ! Reprit Kondo. Des bombes ont été placées partout dans Edo, alors je vais avoir besoin de tout le monde sur ce coup, nous devons les récupérer au plus vite pour les désamorcer !

Des expressions choquées ou abasourdies s'affichèrent un peu sur tous les visages dans la pièce. Yamazaki émit un cri de surprise. Des membres qui savaient leurs familles au dehors commencèrent à paniquer et à sortir leurs téléphones.

-Du calme ! Tonna alors Hijikata, voyant que le choc s'était propagé entre tous les membres. Ne prévenez personne à ce propos, ça risque de créer une panique monumentale dehors ! Vous êtes complètement idiots ou quoi ?

Kondo lui envoya un regard soulagé. Également une invitation à ce que ce soit le Vice Commandant qui continue la déclaration.

Fronçant les sourcils, Hijikata reprit :

-Et les coupables sont dans cette pièce ! Hurla-t-il.

Il entendit un cri étouffé de la part de Kagura, qui hurla « Il n'y a qu'une seule vérité! »(1) depuis l'extérieur de la pièce.

Encore plus de confusion s'en suivit. Il vit deux des complices blêmir à vue d'œil, mais Oh Teruki garda son calme. Comme il s'en doutait, c'est celui qui devait être le plus malin des trois en réalité. Celui qui allait leur causer le plus d'ennuis.

-Les coupables sont dans cette pièce, et je vais vous demander votre coopération à tous pour les arrêter ! Ordonna Hijikata.

Aussitôt, une certaine hardeur s'empara de l'assistance. Il y avait de nouveau des traîtres au sein du Shinsengumi, et des familles, des amis, des amants et amantes étaient menacés. Il était hors de question qu'ils s'en tirent.

-Bien… Personne ne sortira de cette pièce. Pas même vous, les trois coupables. Vous ne pouvez rien faire, alors rendez-vous gentiment. Menaça Hijikata.

Le Vice Commandant parlait avec assurance, et pour cause. Il se savait en sécurité, du moins plus que les taupes qui lui faisaient face. La menace d'une bombe sous leurs pieds avait forcément dû les agiter. Aussi, il savait qu'ils ne se risqueraient jamais à déclencher la bombe sous leurs pieds pour s'enfuir.

En effet, ce qui était ressorti des informations découvertes par Gengai et Tama, était que s'ils devaient se trouver à moins de 50 mètres pour déclencher les explosifs, cela voulait aussi dire qu'ils ne devaient pas se trouver à moins de 10 à 15 mètres, soit le rayon d'action de ces appareils, sous peine de perdre la vie ou de se blesser gravement.

Hijikata afficha un sourire carnassier. Il les testait, tous les trois. Qui serait assez idiot pour tenter de se faire exploser, ou au contraire se rendre ?

Finalement, deux des complices jetèrent un petit boîtier au sol, qu'Hijikata reconnut comme étant une télécommande à distance, et se mirent à genoux, sur le sol. Le Vice Commandant démoniaque leur décocha un regard perçant.

Nemukawa Hayato et Aizawa Teru étaient des lâches. Ils tenaient plus à la vie qu'autre chose. Hijikata les avait bien cernés.

Aussitôt, les deux hommes se firent passer les menottes, mais personne n'osa plus bouger. Ils se demandaient si c'était fini, ou s'il y avait encore des traîtres à arrêter dans la pièce.

Le Vice Commandant tourna son regard vers Oh. Ce dernier se contenait à peine d'exprimer sa frustration face à leur plan qui tombait à l'eau, et il sortit discrètement un objet de sa poche.

Ce type était donc de cette espèce… Prêt à se faire sauter…

Hijikata serra les dents, son regard croisant celui du dernier coupable. Les deux hommes se fixèrent intensément. Puis Oh sourit encore plus, libérant une expression de sadisme et de contentement.

Il appuya sur la télécommande qu'il avait dans la main… Et rien ne se passa.

Hijikata prit alors un sourire aussi ignoble que celui du Patron des Yorozuya, et tout en penchant légèrement sa tête en arrière sans rompre le contact visuel, dit avec un ton méprisant et moqueur :

-Idioooooot ! T'as vraiment cru qu'on allait laisser une bombe en état de fonctionner sous nos pieds ? Faut vraiment pas avoir deux neurones alignés pour penser qu'on les découvrirait pas en même temps qu'on vous as trouvés !

L'assistance s'étonna et quelques étouffements de rire se firent même entendre, face au ton inhabituel qu'avait pris le Vice Commandant. Gengai, dans la pièce voisine, sourit de toutes sens dents, avant de se curer le nez de plus belle.

Oh Teruki était hors de lui, et regardait avec horreur des membres du Shinsengumi commencer à s'approcher de lui pour le maîtriser.

-Comme si j'allais rester sans rien faire ! Hijikata ! Ça va se payer ! Hurla alors Oh.

Il s'en suivit alors une détonation, accompagnée d'un énorme nuage de fumée noire, qui emplit toute la pièce. Aussitôt, on se crut en pleine nuit, et des toussotements d'inconfort retentirent de part et d'autre de la salle.

Et merde… C'était le dérapage qu'Hijikata avait mentionné. Il regrettait à présent d'avoir agi avec autant de confidence, et tout en toussant, chercha du regard l'ennemi. Un gros fracas retentit, puis plus rien.

Les trois portes de la salle de réunion s'ouvrirent presque en même temps, dévoilant Shinpachi, Kagura, Saito et Sadaharu.

« Que se passe-t-il ?! » écrivit Saito sur son bloc notes.

Shinpachi ne put s'empêcher de se sentir lasse, fatigué.

-On peut pas vous lire si on y voit rien ! Rétorqua-t-il, jouant l'homme sérieux de la situation. Mais personne n'est sorti non plus, donc ce type doit être encore là !

Les trois individus de garde n'avaient en effet eu affaire à personne, mais même en cherchant rapidement du regard dans la pièce où on ne voyait pas à un mètre devant soi, ils n'arrivaient pas à voir des mouvements indiquant que le suspect avait été attrapé.

-Oi Pattsuan ! S'exclama alors Kagura. Ce type il est où ?! Il s'est enfuit ?!

Elle jeta un regard dans la pièce, mais même avec toute la fumée, elle se doutait que le type en question n'était plus là. Elle le sentait. Enfin, pas un pressentiment, mais plus à l'odorat. Ça lui fit d'ailleurs bizarre de voir que ce sens là était un peu plus développé que les autres, elle n'y avait pas vraiment fait attention.

Des exclamations d'énervement et d'effroi parvinrent alors du centre de la pièce. Pressentant le pire, Hijikata se précipita vers l'endroit des plaintes, laissant un Kondo à la peau noircie par de la suie en train de se plaindre qu'il n'y voyait plus rien et qu'il pouvait très bien se transformer en Noiraude.(2)

Le Vice Commandant commença à paniquer, pour de vrai cette fois.

Au centre de la pièce, des tatamis retournés. Un gros trou avait été fait à travers le plancher, juste à côté de la dernière bombe, que Gengai avait désamorcée la veille sous les ordres d'Hijikata.

Cet enfoiré ! Il s'était enfui par là pendant que plus personne n'y voyait, évitant ainsi les portes gardées. Il se sentait bête de ne pas avoir pensé à cette possibilité. Mais encore une fois, il était doué pour prévoir des batailles, pas pour analyser le comportement des gens. C'était plutôt la spécialité de Sougo, pour cette dernière. Il en vint à regretter l'absence du Sadique, qui n'avait pas donné signe de vie depuis sa disparition la veille.

Encore sous le coup de la stupeur, et l'agitation régnant dans la pièce, il aperçut que la jeune fille des Yorozuya se dirigeait vers l'extérieur de la pièce, suivie de près par son énorme chien. Pris d'un pressentiment, il leur emboîta le pas.

Le trio sortit juste à temps dans la cour pour voir une voiture de patrouille du Shinsengumi démarrer en trombe et forcer une barrière en bois placée en travers de la porte d'entrée.

-Merde ! Il se fait la malle ! S'exclama Hijikata, en courant jusque dans la rue.

-Où est-ce qu'il va comme ça ?! Renchérit Kagura, lui emboîtant le pas et s'arrêtant juste à l'extérieur du complexe.

Il virent la voiture aller jusqu'au bout de la rue pour tourner dans un violent crissement de pneus vers la droite.

-J'ai peur de savoir, dit-il. Si j'en crois la direction qu'il a prise, il se dirige vers le palais !

Un éclair d'effroi traversa les yeux de la jeune Yato.

-Soyo… Lâcha-t-elle.

Ce type allait se rapprocher du palais, suffisamment pour déclencher les 4 bombes qui s'y trouvaient, mettant en danger immédiat Soyo et son frère le Shogun.

Mais Kagura n'allait pas le laisser faire. Oh non. Il faudrait lui passer sur le corps !

Hijikata cherchait frénétiquement dans ses poches d'éventuelles clés de voiture qu'il y aurait laissé, en vain. Il allait perdre du temps à devoir retourner à l'intérieur du complexe pour pouvoir prendre un autre véhicule et se lancer à la poursuite de ce type.

Mais la Yato était déterminée.

Rapidement, elle monta sur le dos de Sadaharu, et le regard intense et ferme, tendit une main vers le Vice Commandant.

-Dépêche Tosshi! Ordonna-t-elle.

Le geste pris de court Hijikata. Elle lui demandait de monter sur l'Inugami ? Elle avait perdu la tête ou quoi ?

-Bouge ! Réitéra-t-elle, encore plus insistante.

Hijikata ne la fit pas répéter une troisième fois. C'est lui qui était stupide à avoir hésité de la sorte, bien que la proposition soit totalement inédite.

Il empoigna la fine et pâle main qui lui était tendue, et aussitôt, fut projeté comme un fétu de paille derrière la jeune fille.

Décidément, cette force était inhumaine. Mais en même temps, elle n'était pas Terrienne.

Et presque aussitôt, il sentit l'énorme musculature du cabot se mouvoir, et fut pris de surprise, manquant de basculer en arrière. Un vrai démarrage en trombe.

Kagura, voyant qu'il allait basculer, le rattrapa de justesse par le col.

-Accroche toi sinon tu vas dégager ! Dit-elle sans même lui lancer un regard, trop concentrée à diriger le chien et à dégager les éventuels obstacles avec son ombrelle de l'autre main.

Il paniqua un peu moins face à la poigne de la jeune fille, et avec une pointe de gêne et précipitation, ne trouva pas mieux que de mettre ses bras autour de la taille de la jeune fille.

Elle ne lui en tint pas rigueur, encore une fois trop concentrée sur son trajet. Ils allaient vraiment très vite, ce qui ne rassura pas le policier.

-Sadaharu est bien plus rapide qu'une voiture ou qu'un scooter, surtout avec cette circulation ! Ajouta-t-elle. On devrait arriver juste à temps pour l'arrêter !

Elle criait en même temps qu'elle parlait, pour que le Vice Commandant puisse l'entendre, malgré le bruit du vent dans ses oreilles. Et vrai de vrai, il ne se souvenait pas avoir déjà voyagé à une telle allure dans les rues d'Edo. Il se demanda même combien de feux rouges ils avaient grillé, et combien de kilomètres/heure au dessus des limitations de vitesse ils se trouvaient. Est-ce qu'ils pouvaient aller aussi vite que le Shinkansen ?(3) Il se posa sérieusement la question avant de revenir à la réalité.

-Pourquoi tu m'as embarqué ? Hurla-t-il alors pour qu'elle l'entende.

-Faut bien un laisser passer pour rentrer dans le palais, non ? Avait-elle répondu.

« Pas faux » pensa-t-il.

Mais ce que Kagura ne dit pas, c'est que cela la rassurait d'avoir un des voleurs d'impôts avec elle. Certes, il était le seul à proximité qu'elle avait pu embarquer sur le moment, mais elle espérait aussi pouvoir calmer les choses une fois arrivée sur place. On risquait en effet de ne pas la croire du tout, étant une Amanto, quand elle leur livrerait la menace en approche. S'ils arrivaient avant ce type, toutefois…

Mais elle avait confiance en Sadaharu. Il était rapide. Très rapide. Tellement rapide qu'ils étaient déjà sur la voie rapide et le périphérique. Ils étaient au moins une dizaine de mètres au dessus des rues en contrebas, la circulation dense autant sur la voie d'autoroute suspendue qu'aux pieds des immeubles.

Le chien bondit au dessus d'un camion pour passer un échangeur, et elle sentit alors les bras du policier se resserrer autour de sa taille, remarquant enfin la position dans laquelle ils se trouvaient.

-Hé Tosshi, t'as pas intérêt à te coller plus que ça contre moi, lança-t-elle non sans avoir du rose aux joues.

-Je fais ce que je peux pour pas tomber, hein ! Répliqua-t-il, lui aussi embarrassé par la situation.

-Espèce de lolicon… Lâcha-t-elle. Je vais appeler la police !

-C'est moi la policeAaaah !

Il n'eut pas le temps d'en rajouter plus, l'Inugami accélérant encore plus que ce qu'Hijikata pensait possible. Le château du Shogun était déjà en vue au bout de la rue, et ils étaient si proches.

C'est alors que sans prévenir, une explosion retentit sur leur droite. Et quelques secondes après, le tablier du pont de l'autoroute commença à basculer dans le vide, entraînant voitures, motos, camions, et Inugami vers le sol dix mètres plus bas.


A suivre…


Notes de références :

(1) « Il n'y a qu'une seule vérité ! » : Référence à Détective Conan/Meitantei Conan. C'est la phrase fétiche d'Edogawa Conan.

(2) Noiraude : petits esprits de la suie dans les films Ghibli, notamment Le voyage de Chihiro et Mon Voisin Totoro.

(3) : Shinkansen : train « bullet », c'est comme un TGV, mais en plus beau, moins sale, plus performant et encore plus rapide. C'est le train le plus rapide de tout le Japon.


Et voilà, on est retournés du côté de la Kagura de cette époque, et du Shinsengumi. Les choses ne se passent pas forcément comme prévu. Vont-ils arriver à temps au chateau? Vont-ils déjà réchapper à cette chute vertigineuse, aussi? Oui... Les cliffhangers sont de retour LEL