Bonjour à tous !

J'espère que vous avez passé de merveilleuses fêtes de fin d'année :)

Il m'a fallu plusieurs jours pour m'en remettre de mon côté, mais je suis de retour avec un rythme de publication hebdomadaire, et une histoire quasiment finie !

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 36 – Septembre – Novembre 1996

– Ces soirées d'anniversaire sont de plus en plus hors de contrôle, commenta Hermione.

– Bah, ce n'est pas pire que les soirées après les matchs de Quidditch, répondit Ginny.

– Je viens de voir passer une caisse de whisky Pur Feu Ginny, une caisse !

Ginny haussa simplement les épaules et but une gorgée de son verre.

– Ne fais pas cette tête Hermione, reprit-elle finalement quelques secondes plus tard. Si ce n'était pas ton anniversaire, ils auraient tous trouvé une autre raison de boire. Et au moins là nous pouvons contrôler tout dérapage.

– C'est la plus mauvaise excuse que je n'ai jamais entendue pour justifier que des mineurs boivent de l'alcool, répondit Hermione.

Elle souriait cependant, probablement parce qu'elle avait elle-même déjà bu quelques verres.

– Ah, si McGo savait que sa meilleure élève participait à ce genre de soirées elle en ferait une syncope ! commenta Ginny.

– Ce serait la deuxième en peu de jours… fit Hermione avec un soupir.

– Vraiment ?

– Elle a failli fondre en larmes lorsqu'elle a vu sur nos emplois du temps que nous n'avions gardé que le strict minimum pour notre sixième année. Défense, Métamorphose, Runes et Arithmancie pour moi. Défense, Sortilèges et Métamorphose pour Harry et Ron. Nous allons passer tout le reste en candidats libres bien sûr, mais elle est persuadée que nous n'allons jamais y arriver et que nous sommes en train de gâcher notre avenir…

Cela eut le mérite de faire rire Ginny alors que Hermione chassait de ses pensées le regard plus que déçu de Minerva McGonagall. Ce n'était pas comme si les cours leurs étaient utiles de toute façon, et si elle pouvait éviter les regards noirs de Rogue en potion – William Burke ayant continué à enseigner la Défense grâce à la promesse qu'elle avait arrachée à Voldemort l'hiver dernier de lever la malédiction –, elle n'allait pas s'en priver.

– Regarde, Daphné est encore en train de tenir la jambe à Ron, pointa Ginny.

Hermione pouffa, avant de regarder Ginny avec un peu plus de sérieux.

– Pourquoi est-ce que Daphné s'intéresse à lui ? demanda-t-elle. Pas que je dénigre les nombreuses qualités de ton frère, mais Daphné ne s'est jamais vraiment intéressée à lui avant et les Greengrass ont toujours été plutôt traditionalistes.

– Traditionalistes ? Oui, surement, mais pas bigots non plus. Et Ron reste un sang-pur. Désargenté, et traitre à son sang, mais un sang-pur, et peut-être que c'est juste le bon ratio pour que Daphné s'y intéresse, sans être freinée par l'opposition marquée entre Gryffondor et Serpentard que nous avons vécu la première fois.

– Ron ne laissera rien se passer avant un certain temps, nota Hermione. Ce serait trop malsain.

– Evidement, fit Ginny. Au fait je ne sais pas si Harry t'a dit, mais Tonks et Remus se sont enfin mis ensemble. Harry et Sirius ont fini par convaincre Remus de lui donner une chance.

– C'est bien, approuva Hermione.

C'était étrange voir se reformer certains couples. Remus et Tonks à qui elle souhaitait cette fois-ci de pouvoir profiter un peu plus longtemps l'un de l'autre. Bill et Fleur qui elle l'espérait vivraient une relation aussi soudée que celle qu'ils avaient eu avant. Et puis il y avait aussi tous les autres à venir, Neville et Hannah, Luna et Rolf…

Même si pour certains Hermione se demandait vraiment ce qui allait se passer. Angelina allait-elle finir avec Fred si celui-ci restait vivant ? Et Sirius allait-il un jour réussir à rester plus d'un mois avec la même jeune fille ?

– Et toi tu vas faire quoi ? demanda Ginny. Avec lui ?

Hermione se tourna brusquement vers elle.

– Rien, répondit-elle.

Ginny la regarda avec un air clairement dubitatif.

– Il a pris la peine de t'envoyer quelque chose ce matin non ? fit Ginny. Un cadeau d'anniversaire.

– Comment sais-tu cela ? demanda Hermione, surprise.

– J'ai reconnu son écriture…

Hermione poussa un soupir.

– C'est un livre sur des rituels de magie noire aztèques, Ginny. Je ne pense pas ouvrir un jour une telle horreur, alors je n'appellerais pas cela un cadeau. Et notre relation n'a aucun avenir. C'est le grand méchant mage noir et je suis la parfaite petite sang-de-bourbe… que veux-tu donc qu'il se passe…

– Peut-être que c'est la seule façon dont cela peut se passer au contraire, répondit Ginny. La seule façon que tout cela ne finisse pas avec Voldemort prenant un jour le pouvoir par la terreur. Je ne parle pas d'amour hein, mais du fait que Harry ou toi soyez toujours suffisamment sur son dos pour l'empêcher d'assouvir ses pulsions les plus violentes.

Cette fois-ci c'est Hermione qui regarda Ginny avec un air dubitatif. Si jamais Voldemort décidait d'assassiner toute la population sorcière sur un coup de tête elle doutait que Harry ou elle puissent le convaincre d'arrêter.

– Ron pense qu'il manigance quelque chose en Europe de l'est, fit-elle pour changer de sujet.

– C'est les lettres de Viktor c'est cela ?

Hermione acquiesça. Après le tournoi il y a un an et demi de cela ils avaient tenu à tenter de maintenir le contact avec Viktor, ne sachant si cela marcherait ou non. C'était Harry qui avait envoyé la première lettre, le duel d'attrapeur qu'ils avaient partagé lui donnant un prétexte. À leur grande surprise Viktor avait été plus que ravi d'échanger plus ou moins régulièrement des lettres avec eux, et la dernière leur avait en toute innocence laissé entendre que Voldemort était en train de bâtir une solide réputation à David Morrello dans les pays d'Europe de l'est…

– Il veut minimiser l'opposition dans le cas d'une prise de pouvoir, commenta Ginny. Que ce soit ici ou dans les pays alentours. Mais nous interviendrons dès qu'il fera le moindre mouvement menaçant en direction de Fudge.

– Ron prévoit quelque chose pour la fin de l'année scolaire, rappela Hermione. Potentiellement Beltane, vu que Voldemort a toujours aimé la symbolique.

– On verra bien, conclut Ginny. Dans l'immédiat, ce qui m'inquiète c'est plutôt l'autre blond décoloré. On dirait presque qu'il lui fait du charme.

Hermione suivit le regard de Ginny, et tomba sur Drago Malefoy et Harry. Elle leva immédiatement les yeux au ciel.

– Voldemort est un abruti, commenta-t-elle.

– Tu as pu lui en toucher un mot ? demanda Ginny.

– Est-ce que j'ai pu lui en toucher un mot ? Oui. Est-ce que cela a servi à quelque chose ? Bien sûr que non, répondit Hermione. Je crois que cela l'amuse bien trop d'ennuyer à la fois Harry et Malefoy pour arrêter.

Ginny grommela quelque chose d'indistinct en jetant un regard noir à Malefoy, ce qui fit rire Hermione.

– Tu sais qu'il n'y a aucune chance que Harry te quitte pour lui, fit-elle avec un sourire amusé.

– Je sais, répondit Ginny. Je n'en peux juste plus de l'entendre se plaindre des tentatives de Malefoy pour se rapprocher de lui.

Elles restèrent un instant silencieuses avant que Ginny ne reprenne la parole.

– On peut dire ce que l'on veut sur Dumbledore, mais il a le mérite de laisser les élèves vivre leur vie. Il sait forcement qu'il y a la moitié de Poudlard ici ce soir pour fêter ton anniversaire…

– Je suis sure que la moitié de cette moitié ne sait même pas pourquoi il y a une soirée ce soir, fit remarquer Hermione.

– Ah non, cela ne peut pas se passer comme cela ! s'écria Ginny.

Elle se releva d'un bon sous le regard éberlué de Hermione et s'appliqua un Sonorus.

– Jeunes demoiselles, jeunes damoiseaux, fit-elle.

Les conversations s'arrêtèrent immédiatement et toutes les têtes se tournèrent vers Ginny, qui était entre temps montée sur une chaise, au plus grand dam de Hermione.

– Portons tous un toast aux 17 ans de Hermione, la sorcière la plus brillante de sa génération !

Il y eut de nombreuses acclamations, et Hermione se retrouva à finir son verre cul sec à l'insistance de la foule. La suite de la soirée fut une succession de danses et de toasts, et Hermione ne dut qu'à Ginny de regagner son dortoir à la fin.

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Voldemort feuilletait avec intérêt les pages de « Un rêve étrange », le livre de Helga Poufsouffle. Il se souvenait encore de ce que Hermione avait dit. « Il y a des choses qui ont un accent de vérité, et d'autres qui sont complètement tirées par les cheveux ». Elle ne devait pas savoir que Helga avait la réputation d'avoir été une voyante. À moins qu'elle ne considère cette réputation comme infondée, ou inintéressante. N'avait-elle pas dit que la seule matière qu'elle n'avait pas passée aux BUSES était la divination ? Quelle étroitesse d'esprit…

La divination était une matière vague, il devait le reconnaitre, mais parfois les informations en ressortant étaient infiniment précieuses. Et si Helga Poufsouffle avait effectivement été une voyante, alors tout ce qu'il y avait dans ce livre avait plus qu'un accent de vérité. Ce qui le rendait inestimable. Il y avait des indices pour trouver des lieux légendaires, des notions sur des sortilèges maintenant disparus, et même des pistes sur l'immortalité, comme le passage suivant :

« Et avec ses trois alliés, l'homme se dressa face à la Mort. L'un protégeait son corps, l'autre lui donnait sa force, et le troisième le liait à ses ancêtres. »

Et parce qu'il y avait une chance non nulle pour que ce soit vrai, Voldemort ne pouvait laisser passer cela.

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– Pourquoi ne pas vouloir nous aider face à Voldemort ? demanda Harry.

La Mort prit le temps de boire une gorgée de son thé avant de répondre.

– Ce n'est pas mon rôle. Je ne me mêle pas aux humains.

Harry lui lança un regard dubitatif avant de faire un geste de la main entre lui et la Mort.

– Ce n'est pas pareil, fit la Mort. Nous sommes liés par mes reliques. Et tu me divertis. Pour le moment.

– Mais justement, ne vous êtes-vous pas mêlée aux humains pour donner les reliques aux trois frères ?

La Mort leva les yeux au ciel avant de le regarder comme s'il était stupide.

– Ce n'est qu'une légende, fit-elle. Et si les frères Peverell ont effectivement possédé mes reliques, je ne les leurs ai en aucun cas offertes.

– Mais alors d'où viennent ces reliques ? demanda Harry avec une curiosité non feinte. Comment sont-elles apparues ?

Et là, pour la première fois, la Mort sembla légèrement mal à l'aise.

– Je m'ennuyais, finit-elle par répondre en haussant les épaules. C'était il y a des dizaines de milliers d'années, et il ne se passait rien d'intéressant. Les gens vivaient et se tuaient, comme toujours, sans grande différence. Alors j'ai mis en place cette quête. Quiconque avait le pouvoir de réunir les trois reliques aurait l'immense honneur de me rencontrer.

– Vraiment ? s'étonna Harry. Mais alors pourquoi avoir réagi aussi violement lorsque nous vous avons convoquée ?

– Parce qu'il y a eu un bon nombre de maîtres des reliques avant toi Harry Potter. Et que tous n'avaient qu'une envie : se servir de mes pouvoirs. Mais si les reliques permettent d'obtenir un souhait lors de la première mort, je n'ai aucune autre obligation. Et pourtant cela n'a pas empêché de nombreux maîtres des reliques de me convoquer continuellement dans l'espoir de me faire changer d'avis, et cela m'a très rapidement fait regretter d'avoir mis en place cette quête.

– Qu'est-ce qui est arrivé aux autres maîtres des reliques ? demanda Harry. Parce qu'ils étaient aussi immortels non ? Et je n'aurais jamais pu devenir le maître des reliques s'ils étaient encore vivants.

La Mort eut alors un sourire carnassier qui lui fit froid dans le dos.

– J'ai pu à chaque fois les convaincre que mourir était une bonne idée lorsqu'ils m'ont lassée.

C'était assez peu rassurant.

– Mais pourquoi ne pas avoir récupéré les reliques à ce moment-là ?

– Je ne peux pas, répondit la Mort. Connais-tu la loi de l'équilibre magique de Ptolémée ? C'est le fond du problème.

Harry n'avait aucune idée de ce que cette loi pouvait bien être, et cela dut se lire sur son visage car la Mort enchaina.

– Il faut que le porteur me rende les reliques volontairement, pour que je puisse définitivement détruire celles-ci. C'est le contre coup pour moi d'avoir introduit ces objets dans le monde des vivants.

Harry resta silencieux quelques instants, avant de revenir au sujet de départ.

– Mais je ne comprends toujours pas pour Voldemort, fit-il. Cela devrait vous ennuyer qu'il soit immunisé contre vous, non ? Qu'il essaye de vous doubler ?

La Mort éclata de rire.

– Il ne me double pas. Je ne perds pas mon temps à tuer les humains mon petit maître des reliques, je me contente de guider les âmes des morts. Les Horcruxes empêchent Voldemort de mourir selon le processus classique, mais si je me décidais à le tuer, rien ne pourrait le protéger de moi, ni ses Horcruxes, ni quoi que ce soit d'autre. À part bien sur mes reliques, mais tu en es actuellement le maître.

– Attendez, vous pourriez vraiment tuer Voldemort à l'instant si vous le vouliez ? s'insurgea Harry. Mais pourquoi ne l'avez-vous pas déjà fait depuis des années ? C'est un criminel, responsable de centaines, voire de milliers de morts !

La Mort secoua la tête avec une sorte d'étrange exaspération bienveillante.

– Mourir est une part naturelle de la vie, fit-elle. Les êtres naissent, vivent, et meurent. C'est un cycle dont les menus détails n'ont que peu d'intérêt. Le bien, le mal, ce sont des notions humaines Harry Potter, des notions qui m'importent peu. Je suis la Mort et je guide les âmes des morts, le reste n'est pas de mon ressort.

Evidement. Que représentait la vie de quelques humains pour un être dont l'existence avait comme début et comme fin celles de l'univers ?

– Et si je vous rendais vos reliques ? proposa-t-il. En échange de sa mort ?

Cela fit visiblement réfléchir la Mort.

– Seulement si tu meurs aussi, accepta-t-elle finalement.

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Voldemort appréciait grandement la brise fraiche de fin octobre qui effleurait son visage, ainsi que l'odeur forestière de l'automne qui régnait dans le petit village allemand de Reimershagen. Le château de Salazar Serpentard était splendide, et il s'y sentait véritablement chez lui. Mais entre les plans politiques qu'il mettait en place avec Lucius et ses autres fidèles, toutes les fausses attaques qu'il devait coordonner, et le temps qu'il perdait à aider Hermione, cela faisait trop longtemps qu'il ne s'était pas lancé en quête de quoi que ce soit.

Et là, il avait un objectif qui servait à la fois ses intérêts de domination, et son envie de mettre la main sur des artéfacts légendaires. Il avait fini par comprendre à quoi Helga Poufsouffle pouvait bien faire référence dans son ouvrage lorsqu'elle traitait de trois alliés contre la mort. Les légendaires reliques de la mort. Et maintenant il était sur leurs traces.

Il ne savait pas où se trouvaient la cape d'invisibilité et la pierre de résurrection. Mais il avait par contre une très bonne piste concernant la baguette. Il avait été rendre une petite visite à Ollivander pour savoir s'il avait entendu parler d'une baguette légendaire, et ce qu'il avait extrait de force de ses pensées ne pouvait que le satisfaire. Lord Voldemort était sur la piste de la baguette de sureau, et la prochaine étape était Gregorovitch.

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– Qu'est-ce que tu fais encore là ? demanda Voldemort.

Hermione releva la tête du livre dans lequel elle était plongée et cligna plusieurs fois des yeux.

– Pardon ? fit-elle.

Le visage de Voldemort refléta son exaspération.

– Tu restes dîner ici ce soir ? demanda-t-il sèchement.

– Non, répondit Hermione avec étonnement. Non, non, je dîne à Poudlard, comme toujours.

– Dans ce cas, qu'est-ce que tu fais encore là ?

Hermione jeta un rapide Tempus et se rendit compte qu'effectivement, elle n'avait qu'une dizaine de minutes pour rejoindre la grande salle à temps. Elle rassembla en vitesse les parchemins et les livres qu'elle avait étalés avant de se relever et de se diriger vers la cheminée. Elle était la seule en dehors de Voldemort à être directement enregistrée sur la cheminée de son bureau, le mage noir ayant fini par en avoir marre qu'elle se retrouve à ridiculiser ses mangemorts à chaque fois que ceux qui ne connaissaient pas encore sa persona de Hélène tentaient de questionner sa présence dans les couloirs du château.

– Merci, fit-elle. Je repasse ce soir.

Elle aurait pu passer bien moins de temps au château de Serpentard. Elle n'avait besoin de l'aide de Voldemort que de façon ponctuelle – il n'était de toute façon pas prêt à offrir plus – et cela l'obligeait en plus à toujours faire attention à ne pas se faire surprendre lorsqu'elle rentrait à Poudlard.

Mais l'avantage d'avoir Voldemort sous la main lorsqu'elle avait une question, et l'atmosphère calme qui régnait lorsqu'ils travaillaient compensaient les désagréments. En plus du fait que passer une partie de ses nuits avec Voldemort était particulièrement plaisant.

– Merveilleux, commenta Voldemort avec ironie alors qu'elle disparaissait dans les flammes.

Lorsque Hermione arriva dans la grande salle le dîner était déjà commencé, et quelques regards se tournèrent vers elle alors qu'elle s'asseyait lourdement entre Ron et Neville.

– Tout va bien ? demanda Ron.

– Tout va bien, répondit-elle. Je n'ai simplement pas vu le temps passer.

– Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas… grommela Ron.

Hermione se contenta de lever les yeux au ciel avant de se servir. C'était un samedi du milieu du mois de novembre et pourtant les plats commençaient déjà à avoir un petit air de repas de Noël, comme pour tenter de leur faire oublier que les jours étaient de plus en plus courts, et le temps de plus en plus froid.

À la fin du repas, alors qu'elle s'apprêtait à retourner au château de Serpentard, Harry l'entraina légèrement à l'écart.

– Je viens de faire une rapide vérification Hermione, et il semble être hors de lui. Tu ne devrais pas y aller.

Ce cher Harry qui ne pouvait s'empêcher de toujours s'assurer de sa sécurité…

– Hors de lui ? releva Hermione. Il n'était pas d'une plus mauvaise humeur que d'habitude lorsque je suis partie.

– Je n'en sais pas plus, fit Harry en haussant les épaules avec fatalisme. Je vois juste qu'il est en train de faire des allers-retours dans son bureau avec des envies de meurtre, mais je ne peux pousser plus loin dans ses pensées sans risquer de me faire détecter.

– C'est d'autant plus une raison pour que j'aille voir ce qui se passe, répondit Hermione. C'est peut-être quelque chose d'important.

– Mais…

– Rien de ce que tu diras ne me fera changer d'avis Harry. De toute façon, je lui ai dit que je reviendrais ce soir, ce serait suspicieux si je ne revenais pas.

Harry pinça ses lèvres, mais finit par hocher la tête brusquement.

– Soit prudente, et n'hésite pas à envoyer un signal d'alarme via ton bracelet si besoin.

– Bien sûr.

Lorsque Hermione revint dans le bureau de Voldemort, celui-ci était vide. D'un geste de la main elle transforma ses habits en la traditionnelle robe des mangemorts et s'aventura dans le couloir.

Elle lança un sortilège de localisation complexe visant Lucius Malefoy – Voldemort étant constamment protégé par des sortilèges empêchant de savoir où il était, même en utilisant les charmes les plus puissants – et eut un sourire satisfait lorsque son sortilège lui renvoya un signal dans le manoir. Venant de la grande salle de réception.

Hermione fronça les sourcils, et rajouta un masque en argent sur son visage avant de se rendre au rez-de-chaussée. La grande salle de réception signifiait beaucoup de mangemorts, et c'était très étrange que Voldemort convoque une grande messe alors qu'il savait qu'elle allait revenir.

Lorsqu'elle arriva devant les portes de la grande salle de réception, elle remarqua immédiatement plusieurs choses. Les hurlements en premier lieu, comme si une ou plusieurs personnes se faisaient torturer. La foule ensuite, car il devait y avoir au moins une cinquantaine de mangemorts présents dans la pièce, si ce n'est plus. Et enfin la peur qui semblait flotter dans l'air.

Hermione s'introduisit vivement dans la salle, se faufilant entre plusieurs mangemorts qui semblèrent la suivre du regard, jusqu'à voir ce qui se trouvait au centre de la salle. Elle s'arrêta net. En plus d'un Voldemort effectivement furieux, il y avait quatre mangemorts qui se tordaient de douleur sur le sol. Rabastan et Rodolphus Lestrange, ainsi que Mulciber et un dernier qu'elle ne reconnaissait pas.

Lançant de nouveau son sortilège de localisation elle se glissa jusqu'à Lucius Malefoy et se pencha vers lui.

– Il se passe quoi ? demanda-t-elle à mi-voix.

Le visage masqué de Lucius Malefoy se tourna lentement vers elle, et il sembla la toiser avec mépris.

– Qui croyez-vous être pour m'adresser la parole ? fit-il d'une voix trainante.

– Ta prétention te perdra Malefoy, répondit-elle. Je suis Hélène.

Heureusement les hurlements des mangemorts couvraient leur discussion.

– Rabastan, Rodolphus, Mulciber et cette insipide nouvelle recrue dont je ne me souviens même plus du nom ont désobéi aux ordres du seigneur des ténèbres, finit par dire Malefoy.

– Non, sans blague, répondit Hermione pince-sans-rire. Mais ils ont fait quoi exactement ?

– Ils sont allés torturer et tuer des Moldus.

– Quoi !?

Cette fois-ci par contre les hurlements des mangemorts ne couvrirent pas totalement son exclamation et Voldemort se tourna vers elle immédiatement, sa baguette déjà levée pour lui lancer un Doloris. Il interrompit cependant son sortilège en plein milieu lorsqu'il la reconnut.

– J'imagine que tu viens d'être mise au courant, fit-il d'une voix glaciale. Soit assurée qu'ils vont le payer de leur vie. Comme qui que ce soit d'autre qui aurait l'extrême stupidité de désobéir à mes ordres.

La fin de son message était adressée à ses mangemorts, qui semblèrent se ratatiner sur place.

– Maître, nous pensions vous faire plaisir, s'il vous plait, plaida Rabastan.

– Endoloris, lança immédiatement Voldemort.

– Quels idiots, entendit Hermione à côté d'elle.

Hermione reconnut la voix de Bellatrix et tourna légèrement sa tête vers elle.

– Tu ne tentes même pas de défendre ta famille ? demanda-t-elle.

Bellatrix émit un reniflement dédaigneux.

– Ma dévotion va au seigneur des ténèbres, répondit-elle. S'ils sont suffisamment stupides pour s'opposer à lui, ils ne méritent pas de vivre.

Merlin Bellatrix était complètement folle. Elle vouait un véritable culte à Voldemort, et Hermione ressentit un instant une pointe de jalousie fort malvenue à l'idée que Bellatrix ait potentiellement déjà couché avec Voldemort.

Elle s'avança alors résolument vers Voldemort, ce qui provoqua des chuchotements parmi les mangemorts.

– Reviens ici idiote ! entendit-elle Bellatrix dire.

Hermione se retint de lever les yeux au ciel. Voldemort garda son regard rivé sur elle alors qu'elle approchait. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques dizaines de centimètres de lui, à une distance un peu trop proche pour être convenable.

– Qu'est-ce qu'ils ont fait exactement ? demanda-t-elle après avoir lancé un sortilège dissimulant leur discussion.

Sa fureur se faisait clairement entendre dans sa voix.

– Tu empiètes sur mon espace Hermione, répondit Voldemort d'un ton glacial.

– Nous ne pouvons laisser passer la mort de Moldus, fit Hermione.

– Ils ont agi de leur propre chef.

– Qu'est-ce qu'ils ont fait exactement ? demanda-t-elle de nouveau.

Elle vit la main de Voldemort serrer compulsivement sa baguette. Elle savait qu'elle jouait avec les limites de sa patience, qu'il était à deux doigts de lui lancer un sortilège. Qu'il se retenait uniquement pour ne pas risquer d'avoir le quatuor sur son dos.

– Ils ont attaqué un village Moldu proche de Pré-au-Lard, finit par dire Voldemort. Des dizaines de morts, surement autant de blessés.

Hermione se renfrogna, et jeta un regard dégouté aux quatre mangemorts qui étaient toujours affalés sur le sol.

– Veux-tu les tuer toi-même ? proposa Voldemort.

– Surement pas ! répondit Hermione. Mais ce n'est pas à toi de faire ta propre justice, tu dois les livrer au ministère.

Ce serait une réaction acceptable au crime des mangemorts, laissant la justice faire son travail et ne forçant pas le quatuor à agir.

– Je préfère encore les tuer.

Hermione resta un instant interdite. Il était évident que livrer les mangemorts au ministère bénéficierait aussi à Voldemort, puisque cela permettrait d'établir au faux lien de causalité avec la prise de position de Lucius Malefoy en tant que président-sorcier du Magenmagot. Et Hermione savait que Voldemort le savait. Et pourtant la désobéissance de ses mangemorts le rendait suffisamment furieux pour vouloir leur faire payer personnellement…

– Si tu me montres le respect que tu me dois devant mes mangemorts, je pourrais consentir à les livrer au ministère, fit Voldemort.

– Tu te fiches de moi là ? s'indigna Hermione.

– Pas le moins du monde, répondit sèchement Voldemort.

Hermione recula d'un pas, outrée par son culot, avant de jeter un nouveau coup d'œil vers les quatre mangemorts à terre. Ces enfoirés ne méritaient vraiment pas qu'elle fasse quoi que ce soit pour eux. Mais elle se targuait d'être du côté qui défendait une justice équitable pour tous. Et elle ne pouvait laisser croire à Voldemort que le quatuor resterait de marbre face à ce genre d'actions.

– Alors ? s'impatienta Voldemort.

– Si tu ne les livres pas au ministère, nous parlerons à Dumbledore, répondit-elle.

La fureur de Voldemort fut telle à son commentaire que les murs de la salle tremblèrent, et la plupart des mangemorts reculèrent d'un pas.

– Hors de question, répondit Voldemort.

Hermione ne bougea pas, gardant ses yeux fixés dans les siens. Ils restèrent de longues secondes immobiles avant que Voldemort ne se détourne d'elle, pour faire face aux quatre mangemorts à terre. Il annula d'un geste sec les sortilèges de discrétion qu'elle avait lancés.

– Vous avez bien plus de chance que vous n'en méritez, commença-t-il d'une voix glaciale. Vous serez livrés aux aurors d'ici quelques minutes. Vous pourrez remercier Hélène durant le restant de vos jours à Azkaban d'avoir plaidé pour votre misérable vie.

Hermione ressentit un intense soulagement. Elle était surprise en réalité que Voldemort ait cédé, parce qu'il devait bien savoir que le quatuor ne déclencherait pas une guerre ouverte pour quatre mangemorts venant de tuer des Moldus. Alors, face à ce geste de bonne volonté de Voldemort, elle se décida à effectuer ce qu'elle n'aurait jamais fait sous la contrainte.

– Merci maître, dit-elle de façon à être bien entendue des mangemorts.

Et si son maître était dit avec un soupçon d'ironie, il n'y eut que Voldemort pour s'en rendre compte.

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Hermione ne rentra à Poudlard qu'à l'aube. Après que Voldemort ait congédié ses mangemorts et que Hermione ait fait un compte rendu de ce qui s'était passé à Harry, Hermione avait passé le reste de la soirée plongée dans des livres, n'échangeant que quelques phrases de temps en temps avec Voldemort jusqu'à ce qu'il soit particulièrement tard. Et ensuite, comme souvent, et malgré le fait qu'elle savait que ce n'était pas une bonne idée, Hermione avait accompagné Voldemort dans l'une des chambres du château de Serpentard.

Mais contrairement aux autres fois, il y avait eu comme une étrange émotion dans leurs gestes. Comme une reconnaissance du fait qu'aucun n'avait cru l'autre capable de ce qu'il avait fait. Ni Voldemort d'effectivement livrer ses mangemorts à la justice, ni Hermione de lui montrer une façade de respect devant ses mangemorts. Comme une reconnaissance du fait que peut-être, peut-être, il y avait une minuscule chance pour que l'accord fragile qui existait entre Voldemort et le quatuor débouche vraiment sur quelque chose.

Et pour la première fois, Hermione était restée dormir auprès de Lord Voldemort.

Elle regretta cependant rapidement de l'avoir fait. Parce que lorsqu'elle se faufila de bon matin jusqu'à son dortoir elle eut la mauvaise surprise de déclencher un charme de Préviens-Moi. Et l'instant d'après un Harry Potter passablement énervé émergeait des rideaux autour de son lit à baldaquin, Pattenrond juste à côté de lui.

– Harry ? fit-elle d'une voix incertaine.

– Hermione Jean Granger, commença Harry.

Hermione jeta immédiatement plusieurs sortilèges de discrétion autour d'eux pour ne pas réveiller Lavande et Parvati.

– À ton avis Hermione, qu'est-ce que j'ai bien pu penser lorsque tu n'es pas rentrée cette nuit ?

– Pourquoi m'as-tu attendue cette nuit ? demanda Hermione. Je t'ai dit que tout était réglé.

– Ce n'est pas pour autant que cela n'aurait pas pu de nouveau dégénérer ! répondit Harry. Alors je t'ai attendue. Et attendue. Et tu ne rentrais toujours pas, alors sais-tu ce que j'ai fait Hermione ? En bon ami j'ai voulu m'assurer que tu allais bien.

Hermione avait l'horrible sentiment de savoir où cela allait, alors que Harry la fusillait du regard.

– Alors j'ai utilisé le lien de l'Horcruxe Hermione, et sais-tu sur quoi je suis tombé ? continua Harry. Sur Voldemort qui dormait. À côté de toi.

Hermione resta stupidement immobile, debout face à Harry qui irradiait de mécontentement.

– Je… je ne sais pas quoi dire, fit-elle finalement. Je n'ai pas vraiment d'excuse.

– Je me fiche complétement que tu couches avec lui Hermione, mais c'est complétement inconscient de ne pas nous prévenir !

– Attends, quoi ?

Harry laissa échapper un soupir.

– Tu es peut-être la sorcière la plus douée de ta génération Hermione, mais parfois tu es incommensurablement stupide. Tu pensais quoi, que nous allions tous te tourner le dos si tu avais avoué que tu ressentais de l'attirance pour lui ? Cela fait plus de trois mois que Ron râle parce qu'il considère que tu aurais pu faire un changement moins radical que de passer de lui à Voldemort.

– Ron est au courant ? s'étrangla Hermione.

– Ron et moi avons simplement discuté quelques fois de nos doutes. Mais personne n'était au courant Hermione, et c'est bien ce que je te reproche. Ce n'est pas la première fois que cela se passe n'est-ce pas ? Qu'est-ce qui se serait passé s'il avait tenté de te faire le moindre mal alors que nous croyions tous que tu étais bien en sécurité à Poudlard ?

Hermione se laissa tomber sur son lit, se sentant à la fois soulagée et affreusement coupable, alors que Pattenrond venait se lover contre elle.

– Ginny est au courant, avoua-t-elle.

– Oh, fit Harry et sa colère sembla s'évaporer. Ginny. Comment l'a-t-elle pris ? Elle te parle encore visiblement.

– Elle l'a pris bien mieux que ce que j'aurais cru possible. Elle l'a deviné elle-même bien sûr, jamais je ne lui aurait imposé ça sinon. Je suis désolée Harry. C'est vraiment nul de ma part…

Harry haussa simplement les épaules, et vint s'assoir à côté d'elle.

– J'imagine que l'on peut dire que vous allez bien ensemble. Vos valeurs morales sont complétement opposées, mais à part cela vous êtes les deux sorciers les plus doués que j'ai jamais connus. À part peut-être Dumbledore, mais je t'en prie rassure moi et dis-moi que vous n'avez pas un plan à trois avec lui.

– Pardon ?! Harry !

Harry rigola légèrement et Hermione sentit la tension retomber.

– Fais attention à toi tout de même, fit Harry.

– Nous avons refait un serment tu sais, de non-agression entre nous, avoua Hermione. Chacun de nous sais bien sûr comment le rompre, mais l'autre en sera alors immédiatement averti. Je ne pense pas cependant que je sois aujourd'hui toujours en mesure de le tuer de sang-froid.

– Il y a peu de chances, admit Harry.

– Mais ce n'est pas comme si nous pouvions le tuer dans tous les cas, soupira Hermione. Il a au moins un nouvel Horcruxe inconnu, et la Pierre Philosophale, et je ne mettrais pas cela au-dessus de lui de se chercher un troisième filet de sécurité.

Harry sembla pensif un moment, avant de se tourner de nouveau vers elle.

– Sais-tu que je peux rendre les reliques à la Mort ? fit-il. Et qu'en échange elle acceptera de tuer Voldemort, quelles que soient ses protections ?

– Vraiment ? s'étonna Hermione. Pourquoi ne nous as-tu pas dit cela ?

– Je ne sais pas vraiment, avoua Harry. Nous ne savons pas encore si nous n'allons pas de nouveau avoir besoin de lui pour la source, alors ce n'est pas vraiment applicable. Mais si jamais il recommence ses tueries, eh bien nous pourrons toujours lui révéler cette épée de Damoclès.

– C'est bien.

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Dumbledore consulta la liste qu'il avait sous les yeux. Le zoo de Londres. Les Chilterns. Le British Museum. Les falaises de Dover. Le Château de Donnington. Cela faisait de nombreux lieux à visiter, certains plus vastes que d'autres. Mais Dumbledore était confiant. D'ici fin décembre, il aurait fait le tour de tous les lieux que le jeune Tom Riddle avait visités avec son orphelinat. Avec un peu de chance, il serait en mesure de trouver un Horcruxe dans l'un d'entre eux.

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AN : À la semaine prochaine.