Bonsoir à tous! Le chapitre de ce soir est un peu plus tôt que prévu! Mais pour la mise à jour de la semaine prochaine, le chapitre sortira probablement vers 22h je pense. Ca dependra des corrections que je dois ajouter au texte!

Je tiens également à vous remercier tous très chaleureusement! Nous avons atteint ce weekend les 10 000 VUES pour cette histoire! C'est un RECORD! Je ne pourrai jamais vous exprimer toute la gratitude que je ressens envers vous, chers lecteurs! Merci beaucoup, BEAUCOUP!

Ce nombre impressionnant n'aurait pas été possible sans vous tous, et ça me touche énormément.

Je continuerai à produire des histoires aussi intéressantes que celle-ci, et vous prépare même des surprises! Bonne lecture à vous tous!


EOD 44 – Fardeau ?


La confusion régnait toujours dans la salle de réunion du Shinsengumi. La fumée s'était peu à peu dissipée, et c'était à présent un Shinpachi inquiet qui scrutait la pièce.

-Kagura-chan! Appela-t-il.

Mais la jeune fille ne lui rendit pas de réponse. Il ne l'avait pas vue quitter la pièce quelques instants plus tôt, et se demandait encore ce qui venait de se passer.

Et Kondo apparemment appelait aussi son Vice Commandant, encore plus incertain face à la situation.

-Toshi ! Toshi t'es où ?! Hurla le gorille.

Une partie des membres du Shinsengumi avait déjà encerclé les deux complices déjà menottés pour éviter toute autre évasion, tandis que l'autre commençait à courir dans tout le complexe.

Ils avaient également entendu une voiture démarrer avec précipitation, ce qui laissait présager le pire. Mais Kondo avait de la suite dans les idées.

-Hé, Yamazaki ! Ordonna-t-il. Va vite diffuser un message au vieux Katakuriko ! Dis lui que le Shogun pourrait être pris pour cible !

L'espion s'exécuta immédiatement, quittant la pièce avec précipitation.

Saito, lui, s'avança de son Commandant, et un cahier à la main, ajouta :

« J'ai vu Hijikata et la jeune Yorozuya sortir. Ils poursuivaient Oh Teruki ».

Shinpachi soupira. Au moins il savait que Kagura était sauve. Non pas qu'elle ne risquait rien, mais il ne pouvait pas non plus ne pas voir la jeune fille en lieu et place de la robuste Yato.

-Très bien ! Que ces deux mécréants soient mis sous surveillance dans nos cellules. Les autres, lancez les véhicules de patrouille et couvrez tout le secteur pour rechercher la voiture qui nous manque ! Ordonna le Commandant.

Aussitôt, les hommes se mirent en marche. Shinpachi suivit Saito et ils embarquèrent à l'arrière d'une voiture de patrouille sur le point de partir.

Puis à lui-même, il murmura :

-J'espère que je me trompe, et que ce type ne va pas tenter de prendre la tête de ce pays… Sinon… Je compte sur toi, Toshi.

oOoOoOoOo

La sensation de chute incontrôlable qu'il avait ressentie était encore marquée dans chaque fibre de son corps, exactement comme au réveil d'un mauvais souvenir.

Il se souvenait aussi avoir hurlé à qui voulait l'entendre qu'il aurait souhaité tirer une dernière cigarette avant de crever, ou qu'il se maudissait de ne pas être parti en voiture.

Mais tout s'était tellement passé vite qu'il avait à peine eu le temps de comprendre ce qui s'était produit.

Retour quelques secondes en arrière…

Oh Teruki les avait devancés et avait déclenché des bombes installées sur les piliers de l'autoroute, pile en dessous de l'endroit où l'Inugami courait. S'en était alors suivi un énorme fracas de métal tordu et de gravats tombant lourdement sur le sol, ainsi que les cris des usagers coincés dans leurs véhicules en chute libre.

Eux aussi s'étaient alors sentis tomber soudainement, le béton et l'asphalte se dérobant sous les coussinets de l'énorme chien.

Comprenant qu'ils risquaient de s'écraser tous les trois au sol dix mètres plus bas sans être protégés par une carrosserie, Kagura avait alors dû agir rapidement.

Saisissant à nouveau Hijikata par le col, elle l'avait projeté en l'air suffisamment haut et à un angle assez oblique pour qu'il atterrisse sur la portion avancée et encore intacte de la route. Il avait alors roulé lourdement sur le béton, terminant sa roulade incontrôlée au niveau des pneus de voitures arrêtées dans leur course par la peur de leurs occupants.

Mais Kagura et Sadaharu avaient continué de tomber. Et pour les sauver tous les deux, elle avait alors dû faire ce qu'elle pensait nécessaire.

Continuant de chuter avec le canidé, elle s'était décollé de son dos, et manche de son ombrelle entre les dents, avait attrapé de la main gauche un énorme fer à béton dépassant des piliers éventrés. De la main droite, elle avait réussi à attraper le collier de Sadaharu, priant pour qu'elle ne lui fasse pas un coup du lapin suite à l'arrêt brutal qu'elle allait causer.

La réaction ne se fit pas attendre. Sadaharu hurla de douleur. Et les bras de Kagura furent soumis à une pression telle qu'elle en mordit de plus belle le manche de son ombrelle, tentant de supporter la douleur foudroyante qui déchirait tout son corps.

Sadaharu était définitivement vraiment, mais alors vraiment, lourd. Mais elle n'allait pas le laisser tomber. Ça, jamais.

Hijikata lui, reprenait ses esprits. Il ne se rendait pas encore compte de ce qui venait de se passer, et s'étonnait même d'être en vie à ce stade là de la journée. Il était couvert d'égratignures et de lacérations peu profondes, mais sentait qu'il avait dû heurter assez fort le béton pour avoir des difficultés à respirer.

Il se demandait comment il était arrivé là, puis soudainement, la réalisation le frappa.

La fille des Yorozuya !

Pris de panique, il se précipita vers le bord de la route donnant sur l'abîme nouvellement créé.

Mais il avait beau chercher, il ne la voyait pas au sol, ni même de l'autre côté de l'autoroute à présent coupée en deux.

-Oi ! Kagura ! Appela-t-il, mort d'inquiétude.

Si jamais… Si jamais il lui était arrivé quelque chose… Le permanenté ne lui pardonnerait jamais.

Pire… Il ne se le pardonnerait jamais.

Il entendit alors une voix étouffée provenir directement d'en dessous de lui, sous le tablier du pont.

-To ! Sshi ! Cria Kagura entre ses dents.

Un signe de vie !

Hijikata relâcha une partie de la tension et du sentiment de culpabilité qu'il avait en lui, et chercha du regard d'où la voix était parvenue.

Dire qu'il fut choqué était trop réducteur.

Suspendue dans le vide et accrochée au pilier sous la route encore en état, la jeune fille des Yorozuya arborait une expression de douleur et de fatigue. Et elle tenait toujours son énorme chien par le collier, l'Inugami s'étant calmé et se sachant pas non plus quoi faire dans cette situation.

Bon sang, combien de temps il avait mis avant de se relever ? Quelques secondes ? minutes ? C'était déjà trop face au poids que devait supporter la jeune Yato.

Elle avait beau faire partie du clan le plus fort de l'univers, tenir dans le vide et en pleine extension de son corps le cabot pesant près de 300 kg était déjà de trop, même pour quelques minutes.

Mais elle était têtue, également. Elle ne lâcherai pour rien au monde son animal de compagnie, et Hijikata le savait très bien. Elle avait trop démontré d'attachement à cet animal par le passé.

Restait donc une seule solution aux yeux du Vice Commandant : les sortir tous les deux de là.

Surtout que le temps pressait. Oh avait une longueur d'avance à présent, et dans quelques minutes, il serait à portée du château et pourrait déclencher les explosifs s'y trouvant.
Il resta immobile un instant, se demandant s'il ferait mieux de laisser la jeune fille et poursuivre Oh.

Mais de toute façon, à pieds et respirant avec peine, il n'aurait jamais pu le courser. La seule chance qu'ils avaient de pouvoir l'arrêter était donc l'Inugami qui se trouvait actuellement en mauvaise posture.

-Tu peux tenir encore ? Et tu sais comment faire pour le remonter ? Avait-il alors demandé.

Prenant une respiration plus intense que les autres, ses poumons la brûlant sous l'effort, Kagura avait alors répondu :

-Je sais pas ! Mais faut faire vite ! Je peux le lancer mais ! C'est pas un chat ! Parvint-elle à dire, les dents toujours fichées dans le bois de l'ombrelle.

Un chat… Oui maintenant qu'elle le disait, un chien ne pouvait pas retomber sur ses pattes. Donc même si elle arrivait à le projeter jusqu'à lui, le canidé risquait de se blesser, comme ça avait été le cas avec Hijikata.

Rapidement, il regarda autour de lui.

Plusieurs voitures avaient été arrêtées, mais aussi des camions. Et parmi eux, comme un incroyable coup de chance, se trouvait un pick-up transportant des paquets de journaux à distribuer.

Il fut heureux que cette course poursuite prenne place le matin, pour avoir trouvé un de ces camions faisant les distributions de journaux aux différentes boutiques et kiosques en ville.

Rapidement, il prit place derrière le volant. Le moteur tournait encore, mais il n'y avait plus aucune trace du précédent propriétaire, qui avait sûrement dû prendre ses jambes à son cou.

Enclenchant la marche arrière, il poussa sur le côté une des voitures qui lui barrait le chemin contre les glissières de sécurité, et s'arrêta juste au bord du gouffre. Il avait cru ne pas s'être arrêté à temps et fut pris d'un instant de panique, avant de voir que la manœuvre avait été correctement exécutée.

Il mit alors le frein à main, et à peine sorti du véhicule, vit soudainement une masse blanche voltiger en l'air, avant de s'abattre lourdement pile sur les masses de journaux pliés.

Sadaharu se releva presque aussitôt, montrant qu'il n'avait rien.

-T'as vraiment de la chance toi, d'avoir fait un atterrissage en douceur ! Releva Hijikata.

Mais rapidement, il retourna vers le bord du vide dans la chaussée. La jeune Yato s'accrochait encore au bout de métal, ne semblant pas trouver de moyen de grimper jusqu'à la plateforme où l'attendaient à présent ses deux compagnons d'infortune. Ou peut-être n'avait-elle plus assez de forces pour se hisser jusqu'ici ?

Sentant l'urgence nouvelle de la situation, Hijikata fouilla dans la boîte à outils du pick-up.

Et comme il pouvait l'espérer d'un livreur de journaux devant empaqueter lui-même ses revues, il y trouva un rouleau de fine corde. Ils devraient s'en contenter.

Attachant une des extrémités à la boule de remorquage de l'utilitaire, il jeta le reste dans le vide. Au bout de quelques secondes, une tension tendit la corde. Et encore quelques secondes plus tard, une Kagura essoufflée émergeait de sous la route, ombrelle enfin dans la main droite. Et la première chose qu'elle fit fut de passer ses nerfs sur lui.

-T'aurais dû prendre Sadaharu et le poursuivre ! Vociféra-t-elle.

-Et te laisser suspendue au risque de tomber en contrebas ?! C'est bien les gamines ça ! Répliqua-t-il. Jette pas ta vie comme si c'était rien !

Elle ne répondit rien et se contenta de grimacer.

Il avait raison, elle s'en doutait. Elle ne savait pas combien de temps elle aurait pu tenir cette position, mais sûrement pas assez longtemps pour que des secours viennent à sa rencontre. Mais elle était également morte d'inquiétude pour son amie, Soyo. Le temps pressait cruellement.

A nouveau, elle bondit sur le dos de l'Inugami, et attendit qu'Hijikata lui emboîte le pas.

-Pas question que je remonte sur ce machin, dit-il.

-Ce « machin » a un nom, et va nous permettre d'arrêter ce type ! Rétorqua Kagura.

Il n'avait pas voulu se montrer insultant. Mais c'est sûr qu'il avait été brusque. La douleur au niveau de ses côtes s'amplifiait à mesure que le temps passait, et il ne savait pas s'il pourrait supporter dans son état d'être trimballé dans tous les sens comme il y a quelques minutes.

Mais devant l'insistance de la jeune fille, il se hissa derrière elle et s'agrippa tant bien que mal au pelage de l'animal. Et ils étaient repartis.

Le grand chien semblait aller encore plus vite que tout à l'heure, rattrapant à vue d'œil la voiture de patrouille qui était presque arrivée à l'échangeur pour sortir dans le centre ville. De ce point là, il ne lui resterait qu'une centaine de mètres à parcourir avant de se retrouver à portée du palais du Shogun.

Kagura pointa alors le canon de son ombrelle vers le véhicule en fuite. Elle ne pouvait pas non plus tirer à l'aveugle dans la circulation, et avait besoin d'un couloir de tir dégagé.

-Tu sais viser avec ce truc au moins ? S'enquit Hijikata.

Il n'était pas très à l'aise avec la tournure des évènements, et sentait que les choses pouvaient très bien dégénérer de plus belle.

Mais Kagura eut un sourire confiant, malgré le mal qu'elle avait à maintenir son bras tendu vers l'avant pour viser. Elle ressentait encore les séquelles de son épreuve de force dans les airs, mais espérait qu'en faisait le vide dans son esprit elle pourrait réussir ses tirs.

La voiture de patrouille commença alors sa funeste descente vers le centre ville, s'engouffrant sur la rampe en béton qui descendait vers les rues de la ville.

Et enfin, elle l'eut en ligne de mire directe. Elle mitrailla le véhicule et la rampe, suivant la progression de l'ennemi, et vidant tout son chargeur sur le tas de tôle en mouvement.

Les pneus éclatés et le moteur transpercés, la voiture s'arrêta, presque à la fin de la sortie d'autoroute.

Hijikata se fit mentalement note de ne jamais se retrouver du mauvais côté de cette ombrelle.

-Bien joué ! S'exclama-t-il.

Mais le soulagement ne fut que de courte durée. La voiture était venue en butée d'un des rails et ne bougeait plus, mais ce ne fut pas le cas de son occupant. Oh Teruki s'extirpa rapidement du véhicule, et bien que blessé, une balle dans l'épaule et dans l'estomac, continua d'avancer avec un regard féroce dans la rue qui menait tout droit au palais.

-Cet enfoiré ! Dit Hijikata en serrant les dents.

Kagura brandit de nouveau son ombrelle, canon vers la menace qui se rapprochait de plus en plus de son amie. Elle ne voulait pas le tuer, mais elle devait l'arrêter coûte que coûte d'avancer.

Elle n'avait vraiment jamais tué personne et se l'était refusé, mais face au danger imminent qui ralliait Soyo, elle commençait à douter d'elle-même. Elle pouvait lui tirer dans les jambes, mais à cette distance là, et sa cible en constant mouvement, elle n'était pas sûre d'arriver à viser juste. Elle devrait se résoudre à viser le torse du fuyard, quitte à le blesser gravement.

Hijikata voyait également qu'elle hésitait, semblant à la fois se battre avec les paramètres à prendre en compte pour viser, qu'avec elle-même. Mais il avait peur qu'en disant quoi que ce soit, il ne déconcentre la jeune fille.

Mais les secondes qui passaient amplifiaient l'angoisse de la jeune fille, et elle était de plus en plus soumise à un conflit interne la dépassant.

-Plus vite Sadaharu ! Ordonna-t-elle.

Aussitôt, le grand chien blanc augmenta la cadence. Ils se rapprochèrent à vue d'œil de leur cible, mais une vingtaine de mètres les séparaient encore de l'homme en fuite.

Hijikata sentit aussi le stress manquer de le terrasser. Ils arrivaient aux cents mètres avant le palais, et voyaient déjà des gardes devant les portes leur faire signe de s'arrêter, eux-mêmes en train de paniquer.

Mais Kagura prit sa décision. Il fallait arrêter ce type coûte que coûte.

Elle appuya sur la détente, touchant Oh à la jambe.

Ce dernier tomba presque au sol, mais continua d'avancer. Il était tenace.

La jeune fille grimaça. Alors… Elle devrait en arriver là… Elle avait réussi à se rapprocher suffisamment avec l'aide de Sadaharu pour mieux viser. Mais tirer dans la jambe de cet individu n'avait rien fait. Alors il faudrait l'arrêter autrement, en visant son torse, quitte à le tuer.

Elle serra les dents.

Hijikata en était aussi arrivé à la même conclusion. Si ce type continuait dans sa lancée même blessé ainsi, alors rien ne l'arrêterait tant qu'il serait en vie. Restait à savoir si la jeune fille aurait le courage de prendre une telle décision.

Et au vu de son regard, elle s'y était décidé.

Ajustant sa visée, le torse de Oh aligné avec le viseur, elle appuya sur la détente.

Clic.

Surprise, elle appuya de nouveau, plusieurs fois.

Clic Clic Clic.

Ses yeux s'ouvrirent alors encore plus sous le coup de la surprise… Et sous le coup de l'horreur.

Elle n'avait plus de munitions, au moment le plus terrible. Et elle sentit son monde vaciller. Elle ne pouvait pas l'atteindre, n'ayant plus de balles, et ne pourrait pas non plus le rejoindre à temps avant la limite des 50 mètres.

Hijikata comprit aussi l'horreur de la situation. Les gardes ne savaient pas ce qui leur fonçait dessus, et ne le sauraient sûrement jamais. Mais... Il n'allait pas abandonner pour autant.

-Tiens ! Cria-t-il à la jeune fille devant lui.

Il venait de tendre en avant son sabre, Muramasha, pour que la jeune Yato s'en saisisse.

Elle n'hésita presque pas, et saisit la poignée du sabre, le retirant du fourreau qu'Hijikata tenait encore en main. Elle avait deviné en un quart de secondes ce que le policier voulait qu'elle fasse. Et presque aussitôt, balança de toutes ses forces le katana, lame vers l'avant.

La lame fila avec le vent, émettant un sifflement inquiétant, et atteint sa cible.

Elle percuta et transperça l'épaule de Oh, en lui arrachant un hurlement de douleur et le poussant en même temps vers le mur d'un immeuble qu'il longeait. La lame finit de s'enfoncer dans le mur en béton, plaquant impitoyablement sa victime contre la matière froide.

-Bien joué ! Lança Hijikata.

Ils poussèrent tous les deux un soupir de soulagement. Les gardes accouraient déjà vers l'individu cloué contre le mur.

Mais cette soudaine baisse de tension n'était pas non plus la meilleure des choses pour Hijikata. L'adrénaline diminuant dans son corps, sa douleur aux côtes s'intensifia de façon disproportionnée. Il devint blême, et se dit qu'ils devaient hâter le pas, afin d'éliminer définitivement toute menace restante.

Kagura ressentit l'inconfort de l'homme qui se tenait derrière elle, mais ne dit rien. Sadaharu, lui, gémit. Le grand chien devait sentir qu'un de ses passagers commençait à se sentir mal.

Leur suspect, lui, semblait revenir à lui. Le choc lui avait momentanément fait perdre connaissance, mais à présent, il regagnait toutes ses facultés, et commençait à frénétiquement fouiller ses poches.

-Merde… Ce type est coriace, dit tout bas Hijikata.

-Il va déclencher les explosifs ! Cria Kagura.

Le policier ne semblait plus être très en phase avec la situation présente, elle le sentait. Tout reposait donc sur elle, et sur Sadaharu.

Il lui restait moins de 10 mètres à parcourir pour atteindre Oh, mais ce dernier… Souriait.

Son regard dément braqué vers ses poursuivants des dernières minutes, il leva alors le bras.

Et dans sa main, se trouvait le briquet qui n'en était pas un. Il en ouvrit le capot, et pressa le bouton qui se trouvait à la place de la molette qui aurait dû enflammer le gaz.

Le temps se figea presque l'espace d'un instant.

Les gardes couraient vers l'individu, encore trop loin.

Sadaharu prenait d'immenses foulées, avec lourdeur.

Et Kagura, comme le voleur d'impôts mal en point, étaient trop lents.

Beaucoup trop lents pour faire quoi que ce soit avant qu'il ne soit trop tard.

Un grondement retentit au loin. Puis deux. Puis trois. Puis quatre. Tous suivis d'ondes de choc plus ou moins violentes. De hurlements de passants, mais aussi de crissements de pneus.

Une vague de chaleur heurta la foule, mais aussi le trio qui poursuivait l'homme suspect.

Kagura tourna un regard horrifié vers le palais, maintenant en flammes.

-SOYO ! Hurla-t-elle.

Hijikata n'arrivait plus à respirer. Il avait eu le souffle coupé par la survenance des explosions, et ne savait plus quoi faire.

Malgré tous leurs efforts, il avaient échoué. Cette réalisation le frappa au plus profond de son être. La tête de l'État brûlait sous leurs yeux. Le Shogun comme sa sœur…

Le sang de la jeune Yato ne fit qu'un tour. Elle sauta du dos de son chien et commença à courir en hurlant le nom de son amie vers le palais en train de se consumer.

Hijikata n'eut pas le temps de la retenir, mais il savait aussi qu'il n'aurait pas pu la freiner, même s'il avait réussi à agripper le bras de la jeune fille. Et il se sentit dériver. La situation irrémédiablement compromise avait instillé en lui un sentiment de peine, de résignation et de culpabilité qu'il lui était impossible de supporter. Le souffle lui manqua, et continuant de sentir son corps défaillir, il glissa lourdement du dos du chien et tomba lourdement sur l'asphalte.

Il entendit l'Inugami lui aboyer dessus, peut-être pour le maintenir éveillé un peu plus, mais c'était peine perdue. Il sombra rapidement dans l'inconscience, sa vision s'obscurcissant, et les bruits autour de lui devenant de plus en plus diffus, jusqu'à ne plus exister.

Au même moment, une silhouette observait la scène du haut d'un immeuble voisin, deux fardeaux en complément. L'un d'eux sous le bras, l'autre sous son pied.

L'homme soupira d'un air las, avant de se dire à lui même :

« J'suis vraiment pas fait pour le baby-sitting ».


A suivre…


Et voilà, décidément les chapitres sont de plus en plus énervants, n'est ce pas? Mais c'est également bon signe, car cela signifie que nous faisons des progrès non négligeables dans l'histoire. Je vous remercie encore tous de votre soutien, et à jeudi prochain pour le nouveau chapitre!