Je me réveille, le lendemain matin, avec un grand sourire malgré les courbatures dû à une position plus ou moins confortable sur un divan. Severus m'observe. J'aimerais rester dans ses bras, mais mon corps en entier demande de changer de position. Je n'ai pas le choix, je me lève avec quelques difficultés. Mon ami m'imite, lui aussi étant peu gracieux à cause de la douleur.

N'ayant rien de prévue, je décide de plonger immédiatement dans mes devoirs afin de me débarrasser de cela et de pouvoir profiter de l'été à fond.

C'est deux semaines plus tard que je reçois la première lettre écrite par Remus. C'est avec joie que j'ouvre l'enveloppe. Il m'invite à aller le rejoindre au Chaudron Baveur dans sept jours. J'ai hâte.

La journée en question, Severus n'est pas très heureux de savoir que je m'en vais voir son «ennemi». Surtout après l'attaque. Malgré tout, il me laisse y aller sans qu'on se chicane. Donc, à l'heure prévue, je transplane à notre point de rendez-vous.

Remus m'attend. Je m'approche de lui et il me prend dans ses bras. Puis, il me tend la main et transplane chez lui.

Un petit bungalow délabré est dressé au milieu d'un grand terrain où il n'y a pas de voisin en vue. Un endroit parfait pour un loup-garou, mais triste lorsqu'en forme humaine. Tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, la demeure transpire la pauvreté. J'aimerais énormément l'aider, mais je n'ai pas les moyens financiers.

Malgré tout, Remus m'accueille chaleureusement. Dans le petit salon, nous discutons de tout et de rien. Le décor appauvrie est vite oublié sous les rires et la bonne humeur.

La soirée est bien avancée lorsque mon ami devient sérieux. Ses yeux sont fixés sur mes bras.

-«Ne t'inquiète pas, Remus, ce n'est rien, essayé-je de le rassurer.

-Je ne peux quand même pas m'empêcher d'y penser.

-Dis-toi que madame Pomfresh a encore fait un miracle. Les cicatrices sont apparentes, mais pas autant que ce que j'aurais pensé. Si on n'y porte pas attention, on ne les remarque pas. Tient, regarde par toi-même.»

Je remonte mes manches et luis monte mes bras. Sur ceux-ci, il y a plusieurs petites lignes blanches, là où Remus a planté ses griffes. Mon ami semble un peu soulagé de voir que ce n'est pas si mal.

-«Tu vois!, lancé-je avec un sourire. Tu vas pouvoir dormir sur tes deux…»

Soudain, je fige. Là, sur mon avant-bras gauche, la marque des ténèbres. Je l'observe attentivement. Est-elle plus foncée que d'habitude? J'ai l'impression que oui. Mon père est en train de retrouver des forces. Mon cœur s'accélère.

-«Séléna!, s'écrit Remus en m'agrippant les épaules. Qu'est-ce qui se passe?»

Je lève les yeux vers lui. Le teint livide, j'ouvre la bouche pour parler, mais aucun son ne sort. Je peux voir que mon ami est inquiet.

-«Je t'en supplie, parles-moi!, dit Remus en me secouant doucement.

-Ma marque, réussis-je à dire.

-Qu'est-ce qu'elle a?, me demande t-il en baissant le regard vers mon avant-bras.

-Elle est plus apparente.»

Il y a un court silence où il est perdu dans sa tête.

-«Ne t'inquiète pas, tu n'es pas seule, finit par dire Remus. Severus est là, ainsi que Dumbledore et moi.

-Il faut que j'aille voir Severus.»

Il hoche de la tête avant de me faire un câlin réconfortant. Un peu plus calme, je transplane chez moi.

J'entre dans la maison et ne vois pas Severus.

-«Sev?, lancé-je d'une voix troublée.»

J'entends du bruit à l'étage, puis des pas qui dévalent l'escalier. Mon ami accourt vers moi et me regarde de la tête au pieds, de l'inquiétude dans les yeux.

-«Qu'est-ce qui s'est passé?, demande t-il prestement. Est-ce que Lupin t'a fait mal? Es-tu blessée?

-Non, ce n'est pas ça.

-Dis-moi alors!»

Je ne réponds pas. Au lieu de cela, je remonte ma manche du bras gauche. Son regard se porte immédiatement vers la marque des ténèbres. Il fige. Puis, il remonte sa propre manche. Sa marque aussi est plus apparente. Toujours en silence, il va s'asseoir dans son fauteuil et se perd dans ses pensées. Je reste là, debout, sans trop savoir quoi faire. Au bout d'un moment, Severus revient à la réalité.

-«Je dois en parler à Dumbledore, dit-il en se levant.»

Il quitte la pièce, me laissant seule dans le salon. Je vais m'asseoir et essaye de me convaincre que tout ira bien.


Une semaine passe et rien n'a changé. Ma marque des ténèbres n'est pas devenue plus foncée et il n'y a pas de signe de vie de mon père. Malgré tout, je demeure inquiète.

Dumbledore a écrit à Severus pour lui dire qu'il ne croit pas que Voldemort va réapparaître immédiatement, mais il faut qu'on reste vigilant. De plus, il veut être informé du moindre changement.

Jeff m'a aussi envoyé une lettre dans laquelle il me demande de le rejoindre, ainsi que Shawn et Jack, en août, au Chaudron Baveur, pour qu'on puisse acheter nos effets scolaires tous ensemble. C'est, après tout, la dernière fois qu'on va pouvoir faire cela. J'accepte l'invitation avec plaisir.

Un autre hibou m'emmène une enveloppe de la part de Charlie et Bill Weasley. Surprise, je lis rapidement le contenu. Les deux hommes seront en Angleterre afin d'assister à la coupe du monde de Quidditch et se demandent si je veux aller les voir quelques jours avant l'événement. Bien entendu, j'accepte.


Quelques jours s'écoulent lorsque quelqu'un cogne à la porte, un matin. Severus et moi, nous nous regardons en silence. Personne ne vient jamais nous voir. Nous décidons de sortir nos baguettes et restons aux aguets.

Les coups recommencent de plus bel. Severus se lève et met un doigt devant sa bouche pour me dire de ne pas faire de bruit. Puis, il s'avance vers la porte d'entrée. Étant dans la cuisine, je ne vois pas ce qui se passe.

-«Mais qu'est-ce que vous faites chez moi?, s'exclame mon ami d'une voix forte.

-Nous sommes venus chercher Séléna, déclare une voix que je reconnais être celle de McGonagall.»

Surprise, je m'avance vers l'entrée. Les professeurs McGonagall, Chourave et Sinistra sont là. Toutes les trois sont excitées pour une raison que j'ignore.

-«Bonjour, professeures, dis-je lorsque je suis aux côtés de Severus. Qu'est-ce qui vous amène ici?

-Premièrement, voici ta liste d'effets scolaires, répond McGonagall en me tendant une lettre.

-Au cas où vous avez oublié, les hiboux existent.

-Je suis peut-être âgée, mais je en suis pas folle. Maintenant, ouvre ta lettre.»

Un sourcil dans les airs, je déchire l'enveloppe et sort le parchemin. Je parcoure rapidement la liste d'effets scolaires à acheter. Plusieurs livres, de l'encre, des plumes, du parchemin, des ingrédients pour le cours de potions. Rien d'extraordinaire. Puis, mes yeux tombent sur «habits de bal». Je fronce les sourcils et ouvre la bouche pour parler, mais Chourave me devance.

-«Ça mène à la deuxième raison pour laquelle nous sommes ici.

-Nous allons magasiner ta robe de bal, m'informe Sinistra.

-Vraiment?, demandé-je.

-Vraiment, répondent en chœurs les professeures.

-Eh bien, je suppose que je n'ai pas le choix. Alors, laissez-moi quelques minutes pour me préparer et je reviens vous voir.»

Les femmes acquiescent avec joie. Je m'éloigne et monte à l'étage. Severus me suit.

-«Donc, il va y avoir un bal à Poudlard, dis-je à Severus pendant que je peigne mes cheveux.

-Comme d'habitude, je ne dirai rien sur ce qui va se passer à l'école.

-Sev, je ne suis pas stupide. L'habit de bal n'est certainement pas notre nouvel uniforme. Alors, on fête quoi? Le je ne sais pas combien anniversaire de l'inauguration du château? Ou bien le fait que les professeurs vont bientôt être débarrassé de ma présence?

-Enseigner va être si agréable l'année scolaire prochaine!»

Je me tourne et lui lance ma brosse à cheveux en essayant de me donner un air fâché. Severus laisse échapper un petit rire pendant qu'il attrape mon projectile.

Après quelques minutes, je suis prête à partir. Je rejoins les femmes dans le salon et nous transplanons sur le Chemin de Traverse. Là, nous parcourons les boutiques à la recherche de la robe parfaite.

Les heures passent à très grande vitesse et nous nous amusons bien. J'essaye diverses robes de plusieurs styles différents. Toutefois, il y a toujours un détail qui ne plaît pas à l'une de nous.

Vers 1 heure et demi de l'après-midi, nous décidons d'aller manger une bouchée afin de reprendre des forces.

C'est en fin de soirée que professeur Sinistra pousse un petit cri de victoire. Nous nous tournons vers elle alors qu'elle s'approche de nous avec une robe dans les mains. Celle-ci est longue et noire. Sur le devant, il y a une bande blanche et la doublure, qu'on voit facilement grâce aux manches évasées, est de cette même couleur. En avant et en arrière, il y a un laçage afin de serrer la robe pour mettre plus en valeur les courbes du corps.

Sans plus attendre, je l'enfile et elle me va à merveille. Les trois professeures m'observent avec un grand sourire sur le visage.

-«Magnifique!, s'exclame Chourave.

-Simplement parfaite!, ajoute Sinistra.

-Avec de jolies souliers, une belle coiffure, un maquillage et des bijoux, tu seras la plus belle du bal, lance McGonagall.

-C'est gentil, dis-je simplement avant de m'admirer encore une fois devant un miroir.»

Cette robe est super. Je l'adore. Puis, je remarque que Sinistra s'est éloignée. Je me tourne pour voir où elle est. Elle revient avec des souliers parfaits pour la robe. Ils sont simples, mais beaux et possèdent un petit talon.

Soudain, un détail important me frappe.

-Mais comment vais-je payer pour cela?, demandé-je, ma joie s'évaporant.

-Ne te soucis pas de ça, répond Chourave.

-C'est notre petit cadeau, ajoute Sinistra.

-Mais non, voyons!, lancé-je. Vous n'avez pas à faire ça.

-Ça nous fait plaisir, dit McGonagall.

-Vous êtes incroyable. Merci!

Je les prends chacune d'entre elles dans mes bras. Puis, je retire la robe et les souliers. Les professeurs vont payer. Ensuite, nous allons voir pour un collier. Le trouver prend beaucoup moins de temps. Il est très élégant et simple. En argent, c'est un petit serpent. Il est donc parfait pour moi.

Les bras chargés de paquets, il est l'heure que je retourne à la maison. Les professeures me font promettre de ne pas montrer ma robe à Severus afin de garder la surprise lors de l'événement. Je les remercie encore une fois avant de transplaner.

Lorsque j'entre, Severus lève les yeux de son livre, mais ne dit rien. Pour ma part, je me dirige vers ma chambre où je dépose mes cadeaux.


Viens le jour où je rejoins Jeff, Shawn et Jack sur le Chemin de Traverse. Je suis la première sur place. Je m'installe à une table et les attends.

Jack arrive le premier, suivit de près par Shawn. Jeff ouvre les portes du pub avec trente minutes de retard. Il a pris le transport en commun et s'est perdu puisqu'il n'est pas habitué de l'utiliser.

-«J'ai hâte d'avoir mon permis de transplanage, rétorque Jeff.

-Je ne l'ai pas et je ne suis pas arrivé en retard, se moque Shawn.

-Ouais, mais tes parents ne sont pas entrain de préparer la coupe du monde de Quidditch depuis plusieurs semaines.

-Est-ce que tu y vas?, lui demande Jack.

-Ça, c'est sûr!»

Les trois hommes discutent alors avec passion de Quidditch. Je les écoute parler, posant à quelques reprises des questions. La conversation continue sur le Chemin de Traverse jusqu'à ce qu'on arrive chez Fleury et Bott où nous nous concentrons à trouver les livres qui nous faut. Ensuite, nous allons acheter des rouleaux de parchemin, des plumes et des encriers.

Leurs uniformes étant trop petits, les garçons doivent en acheter des nouveaux. Madame Guipure nous dit que ce sera prêt dans deux heures. Nous sortons de la boutique et informe mes amis que je dois aller chercher des ingrédients pour le cours de potions. C'est à contre cœur qu'ils me suivent.

Puis, nous allons faire un tour à l'animalerie observer les différents animaux qui attendent de se faire adopter. Je dois avouer que j'hésite à acheter un serpent qui observe les rats avec appétit.

Bien entendu, nous passons à la boutique d'équipement de Quidditch où énormément de gens discutent de la coupe du monde avec ferveur.

Lorsqu'il ne reste que vingt minutes, nous commençons à nous diriger vers la boutique de madame Guipure. En marchant, Jack met son argent dans sa main et compte combien il lui reste. Un de ses Gallions d'or tombe au sol et roule plus loin. Il court pour rattraper la pièce. Jeff, Shawn et moi le suivons tranquillement.

Jack prend la pièce au sol, la met dans sa bourse et se tourne vers nous. Dans son mouvement, il percute un garçon blond que je reconnais comme étant Draco Malfoy.

-«Regarde où tu vas, stupide sang de bourbe, crache t-il avec dédain.»

Je vois Jack murmurer un excuse, les yeux baissés. D'un coup, mon sang bouille. Je fonce sur le garçon, agrippe son collet et le pousse durement contre un mur. Dans ses yeux, j'y vois de la peur. Autour de nous, une foule s'accumule pour assister à la scène.

-«Qu'as-tu dit, petite merde?, demandé-je avec colère.»

Soudain, sa peur s'envole et un léger sourire apparaît sur le coin de ses lèvres. Il y a du mouvement derrière moi. Quelqu'un s'approche. Je tourne la tête. C'est le père de Draco. Je reporte mon attention sur le garçon et ris moqueusement.

-«Tu es si faible que tu as besoin de papa pour te défendre? dis-je comme si je m'adresse à un enfant.

-Ferme-là, sale traitre!

-Lâchez mon fils immédiatement!, ordonne le père sèchement.

-Il doit s'excuser avant, lancé-je.

-Je ne m'excuserai pas à un sang de bourbe!, s'exclame Draco.

-Draco, soit poli, dit l'homme.

-Tu devrais écouter ton père. Après tout, je ne pense pas que tu veux que je sois sur ton dos durant toute l'année scolaire, n'est-ce pas? Papa et maman ne seront pas là pour te défendre et tes deux gardes du corps ne me font aucunement peur. De plus, tu ne voudrais pas que Severus soit en colère contre toi.»

Draco me foudroie du regard.

-«Qu'est-ce que Severus a à faire dans cette histoire?, demande le père, curieux.

-Il est mon meilleur ami et il me défend contre tous mes ennemis.

-Vous êtes donc Séléna, c'est bien ça?

-Exactement.

-Draco m'a beaucoup parlé de vous.

-Donc, vous devez savoir que je ne suis pas quelqu'un qui faut mettre en colère.»

L'homme me foudroie à son tour du regard.

-«Je n'ai pas toute la journée, Draco, alors tu vas t'excuser maintenant, dis-je au garçon.

-Non, vous allez le lâcher, lance Mr. Malfoy d'une voix menaçante.

-Si vous n'avez pas les couilles d'élever votre fils convenablement, eh bien, moi, je n'ai pas du tout peur de le remettre à sa place.

-Comment osez-vous!, s'écrit-il, véritablement en colère.»

D'un mouvement sa baguette est sortie et pointée sur moi. Je l'observe avec calme.

-«Vous devriez faire attention, Mr. Malfoy. Vous ne savez pas qui je suis, mais je peux vous garantir que vous ne voulez pas de moi comme ennemi.»

Furieux, il baisse sa baguette et tourne les yeux vers son fils.

-«Excuse-toi, Draco.

-Quoi?, s'exclame le garçon.

-Je ne me répèterai pas deux fois.

-Très bien. Je suis désolé. Contente?

-Ce n'est pas à moi que tu dois t'excuser, dis-je. C'est à Jack.»

Je le force à se tourner vers mon ami qui est mal à l'aise. J'ignore cela et me concentre sur Draco.

-«Regarde-le, ordonné-je au garçon.»

Il lève les yeux sur Jack et s'excuse.

-«Bien!, lancé-je. Tu vois, ce n'était pas si difficile!

-Tu vas le regretter, chuchote t-il pendant que je le lâche.»

Draco rejoint rapidement son père et je les observe s'éloigner pendant que la foule se disperse.

-«Tu n'étais pas obligé de faire cela!, dit Jack.

-Je sais, mais je voulais lui faire honte un peu.

-Ça, c'est clair que ça fonctionné, lance Jeff en riant.

-Mais j'ai peur que Mr. Malfoy se venge, dit Shawn. Il est très haut placé dans le ministère de la Magie. Il a beaucoup de pouvoir. Il peut vraiment te faire du mal.

-On verra, réponds-je. Pour l'instant, allons chercher vos uniformes.»


Ne sachant pas où nous habitions, Charlie, Bill et moi décidons de se rejoindre au Chaudron Baveur, l'endroit que tous les sorciers du Royaume-Uni connaissent.

En arrivant dans le pub, j'aperçois Charlie. Je souris et va le rejoindre. Il me prend dans ses bras et me serre fort contre lui. Puis, il recule d'un pas et m'observe de la tête aux pieds.

-«Tu as pas mal changé en trois ans!, s'exclame Charlie.

-Je ne suis plus une enfant, réponds-je avec bonne humeur. Mais toi, tu n'as pas changé.

-À part quelques marques de brûlure, je suis toujours le même.

-Ton frère n'est pas là?, demandé-je en regardant autour de nous pour voir Bill.

-Ma mère avait besoin de lui, alors il m'a chargé de te ramener à la maison. Mais, avant, assoyons-nous à une table et discutons un peu. J'ai une tonne de trucs à dire sur la Roumanie.»

J'acquiesce avec joie avant de chercher des yeux une place libre. Il y a une table libre près du bar. Charlie commande deux Bièraubeurres, puis commence à me parler de son travail avec passion.

Deux heures passent avant qu'on décide de transplaner jusqu'à la maison de la famille Weasley.

La demeure me fait sourire. Elle est croche, des pièces ont été rajoutées par magie et elle possède plusieurs cheminés. Malgré tout, c'est invitant.

J'entre à l'intérieur et j'entends divers bruits. Des gens qui marchent, d'autres qui parlent. Il y a des explosions, gracieuseté des jumeaux. C'est donc ça, une ambiance de famille.

Charlie m'amène à la cuisine où madame Weasley s'apprête à préparer le repas. Elle me salue chaleureusement avant de demander de l'aide à Charlie.

-Je peux vous aider si vous voulez, madame Weasley, lancé-je. Couper des ingrédients et les faire cuire, c'est ma spécialité.

-Je ne dirai pas non, répond la mère en souriant.»

Je vais me laver les mains et me mets à la tâche. Avec une grande rapidité, je coupe les légumes, chaque morceaux ayant la même grosseur que le précédent. Ginny, qui était venue poser une question à sa mère, me regarde travailler avec de grands yeux.

-«Je ne sais pas comment c'est humainement possible de couper tout aussi vite tout en faisant des cubes parfaits, dit-elle impressionnée.

-Lorsque tu passes ta vie aux côtés du professeur Rogue, tu as intérêt à être efficace dans le cours de potions, assuré-je.

-Et c'est toujours un mystère pour nous à savoir comment tu fais pour l'endurer, lance Bill qui venait d'apparaître dans la cuisine.

-Parce qu'ils sont amoureux l'un de l'autre!, déclare les jumeaux en chœur en passant devant la pièce.»

Mes joues deviennent rouges. Madame Weasley échappe la cuillère qu'elle avait dans la main. Bill s'écarquille les yeux. Charlie s'étouffe avec sa propre salive. Ginny rit de la situation.

-«Pour vrai?, s'écrie les deux plus âgés des enfants Weasley.

-Non, pas lui!, dit madame Weasley avec sérieux en se tournant vers moi.

-Tu sais qu'on veut des explications parce que, apparemment, tu nous as caché ça à Bill et moi, insiste Charlie.»

Je soupire. Malgré que je ne suis pas à l'aise, j'ai tout de même du plaisir. L'espace d'un moment, j'ai l'impression de faire partie de la famille.

-«Severus n'est pas amoureux de moi, dis-je en continuant de couper des aliments.

-Je ne te crois pas, lance Ginny. C'est évident qu'il ressent un truc pour toi.

-Je peux t'assurer que ce n'est pas vrai.

-Et toi?, demande Bill en souriant.

-Je ne suis pas… indifférente.»

Bill et Charlie rient. Madame Weasley se tourne vers moi avec un air sévère.

-«Ce n'est pas un homme fait pour toi!, déclare t-elle. Tu devrais fréquenter une personne qui n'a pas une aussi mauvaise réputation. Il n'est pas fait pour quelqu'un comme toi qui sauve des vies et qui aide ceux dans le besoin.

-Vous avez peut-être entendu parlé de ce que j'ai fait pour vos enfants ou pour d'autres, mais il ne faut pas oublier ce que j'ai fait avant Poudlard.»

Elle se renfrogne un peu.

-«Eh puis, je vous assure qu'il est d'une gentillesse incroyable avec moi, qu'il m'aide quand j'ai un problème et qu'il me protège contre toutes menaces, continué-je. C'est un très bon ami et je lui fais aveuglément confiance. Mais je ne veux pas parler de Severus. J'ai l'impression que tout le monde ne fait que me parler de notre relation.

-Tu devrais tout de même faire attention, ajoute la mère avant de se taire.»

Je roule des yeux. Madame Weasley, qui surveille ses chaudrons, ne m'a pas vue.

Je termine ma tâche, puis rejoins Bill qui me prend dans ses bras. Puis, lui et moi sortons à l'extérieur et marchons à travers les champs. Il m'apprend alors comment c'est de travailler à Gringotts, en Égypte. Aussi, il me conte plusieurs anecdotes. Nous passons un bon moment et, bientôt, il faut retourner à la maison puisque le repas est prêt.

Je m'assoie à la table avec les enfants Weasley et leur mère. Monsieur Weasley et Percy ne sont pas présents. Tous les deux terminent de travailler dans la soirée.

Nous discutons de tout et de rien. Nous rions, nous nous amusons. Je passe un excellent moment avec cette famille. Après le repas, je passe un peu de temps avec Bill et Charlie afin de jaser.

Je décide de quitter avant que Percy n'arrive. Je n'ai pas envie de le voir. Je salue tout le monde et leur souhaite une bonne partie de Quidditch à la coupe du monde avant de transplaner.

Lorsque j'arrive chez Severus, le silence et le calme est agréable après avoir passé plusieurs heures mouvementées.