Je ne possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.

Faisant suite à « L'histoire d'un roi » et « L'histoire d'un prince », voici une série de plusieurs moments s'attachant aux combats menés par les Elfes d'Imladris et de Vertbois alors que le danger se fait de plus en plus présent. Après avoir consacré ces deux premières tomes à Thranduil et Legolas, j'avais envie de parler un peu plus de la famille d'Elrond, ce sera chose faite dés le 1er chapitre de cette fic.


Avant dernier chapitre de ce tome !


Après plusieurs mois, Legolas décide de rentrer chez lui.

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.


L'HISTOIRE DE DEUX ROYAUMES

Chapitre 37 : Une silhouette dans les bois

Des bruits de courses résonnèrent dans les sous-bois de la forêt, faisant s'envoler les quelques rares oiseaux qui restaient encore sous le couverts des feuilles des arbres. D'un geste de la main assez maladroit, Legolas écarta l'une des branches pour tenter de se frayer un passage, tout en essayant de lancer un coup d'œil derrière lui. Dans son dos, il percevait le pas lourd des orcs, leurs grognements et il savait qu'ils étaient peu à peu en train de gagner du terrain.

Le jeune elfe aurait bien aimé se déplacer plus vite, mais il se sentait faible. Son corps tremblait de plus en plus au fur et à mesure que le poison se diffusait dans ses veines. C'était un fait qu'il venait de comprendre avec douleur. Pour éradiquer toute résistance de la part des elfes et se donner un avantage lors des combats, les lames des orcs qui hantaient maintenant Taur-e-ndaedelos étaient systématiquement enduites de poison, ainsi même s'ils ne faisaient que les blesser, ils avaient une chance de leur ôter la vie. Legolas commençait à les connaître ces poisons et ces pratiques, mais il arrivait encore à se faire avoir et il s'en voulait de son manque de prudence.

Cependant, par chance, celui dont il sentait les effets se répandre dans son corps n'était pas l'un des pus violents, mais il était douloureux, lui entraînant des crampes qui lui donnaient la sinistre impression que ses muscles ne lui répondaient plus vraiment. Plus il courait, plus il tentait de leur échapper et plus Legolas enrageait. C'était idiot de se faire surprendre de la sorte quelques semaines seulement après son retour au palais ? Il devait savoir que la vigilance était la chose principale pour rester en vie sous le couvert de ses arbres… et il avait pris des risques… de manière parfaitement ridicule, non pas ridicule… par affection, ce n'était pas ridicule d'agir sur un coup de tête pour les gens qu'on aime n'est-ce pas ?

Touché par la détresse de Gohenlass qu'il percevait chaque jour, il s'était mis en tête de retrouver Tauriel malgré la souffrance que lui entraînerait sa présence. Il voulait lui parler, la ramener et tenter de redonner le sourire à son ami, à son grand-frère… Un grand-frère qu'il trouvait de plus en plus sombre, un peu trop à l'image de son père…

Alors, dans chacune de ses patrouilles, il cherchait des indices qui lui indiqueraient dans quelle direction chercher l'elfe à la chevelure rousse. C'était un peu idiot parce qu'elle n'était pas bête et qu'il était sûr qu'elle avait quitté depuis longtemps la forêt maudite. Il n'y avait aucun intérêt pour elle à errer seule dans un endroit aussi dangereux… Son départ ne ressemblait en rien à celui de Gohenlass quelques siècles plus tôt… Il était plus… définitif…

Pourtant, pendant cette patrouille, à un moment donné, il avait eu l'impression d'apercevoir une fine silhouette entre les arbres, quelque chose qui ne ressemblait en rien aux orcs et son cœur avait fait un bond dans sa poitrine. Assez brutalement, le jeune prince avait quitté le reste des elfes pour la poursuivre… se retrouvant face à face avec un groupe d'orcs hargneux… des orcs qui étaient toujours à sa poursuite !

S'il ne trouvait pas un abri sûr avant que cet empoisonnement ne le terrasse, il se retrouverait entièrement à leur merci. L'image de son père passa de manière fugace dans son esprit au moment où il trébucha, chutant lourdement dans la pente sans pouvoir se retenir. Son arc lui échappa des mains et, sans un cri, il bascula dans la rivière.

L'eau glacée le tétanisa et son corps épuisé par la traque coula comme une pierre. Legolas eut le réflexe de retenir sa respiration, mais ses yeux observèrent la surface s'éloigner sans qu'il n'esquisse un geste pour se mettre à nager. Il se sentait à bout de forces, totalement épuisé et il se laissa emporter par le torrent.

La rivière bouillonnait et rugissait. Elle était semblable à un torrent cherchant à sortir de son lit. Legolas fut ballotté dans tous les sens et quand il devint douloureux de retenir son souffle, il tenta de regagner la surface. La gorgée d'air qu'il parvint à prendre fut une bénédiction, mais les eaux tumultueuses l'entraînèrent de nouveau par le fond.

Cette fois, il n'eut pas le temps de fermer totalement la bouche et il but la tasse. Poussant une nouvelle fois sur ses pieds, il parvint à sortir la tête de l'eau. Il cracha, toussa, mais ne vit pas les rochers sur sa gauche. A la dernière minute, il tenta de les éviter, mais il était déjà trop tard. Il les heurta assez brutalement et un cri de douleur lui échappa. Un cri qui s'accompagna d'un étourdissement suffisamment violent pour que son corps cède. Legolas tenta bien de se retenir, mais il était trop tard et il perdit connaissance. Son corps disparaissant une nouvelle fois dans les eaux agitées du torrent.

OoooO

Aux pieds du trône de son Roi, Feren semblait être en train de se décomposer tellement le regard bleu-gris qui le dévisageait était glacial.

- Comment pouvez-vous ne pas savoir où est mon fils ? C'est lui qui commandait cette patrouille.

- Je sais âr nín [mon Roi], mais nous avons été séparés.

- Dans un combat ?

- Non, pendant la patrouille et…

- Serais-tu en train de sous-entendre que mon fils a déserté son poste ?

- Non, loin de moi cette idée âr nín. Il a dit qu'il avait vu quelque chose. Il nous a ordonné de ne pas le suivre, mais nous ne l'avons pas retrouvé par la suite et…

- Et vous avez décidé de rentrer sans lui ? Vous l'avez abandonné alors ?

- Non… enfin… ce n'est pas vraiment… nous…

De la sueur commençait à perler sur le front du pauvre Feren tandis que son Roi se levait de son fauteuil descendant une marche après l'autre au fil de ses questions. Le poids de son regard et de sa colère lui donnaient l'impression d'être enfoncé à coup de masse dans le sol du palais. Il se demanda même si tout cela allait bien se finir quand Thranduil se planta devant lui. Il pouvait sentir la rage qui irradiait du souverain qui se tenait à moins de 50 cm de lui, le dépassant d'une bonne tête. Trop bouleversé pour en supporter plus, il tomba à genoux devant lui en murmurant.

- Je suis désolé âr nín. Tout est de ma faute. Je suis désolé ! Je suis désolé !

La terreur que Thranduil perçut dans les suppliques de son guerrier eut l'étrange répercussion de faire disparaître d'un coup sa colère. Thranduil l'était toujours un peu, mais il était surtout inquiet pour son fils, seul dans les bois. Il savait bien quel genre de chimère pouvait le pousser à s'écarter de ses hommes. Il ne pouvait pas leur en vouloir et il ne trouvait pas de plaisir à les mettre dans l'état où se trouvait Feren en ce moment. Thranduil soupira et lui tendit la main pour l'encourager à se redresser.

- Relève-toi. Ce n'est pas de ta faute. Je connais le caractère de mon fils.

Feren releva timidement la tête et accepta la main tendue par son Roi. Thranduil le remit sur pieds et posa une main sur son épaule.

- Je pense que tu as besoin de repos. Va donc t'allonger quelques heures. Nous reparlerons de tout ça plus tard, si le prince n'est pas rentré entre temps.

- Merci âr nín.

- Ne me remercie pas. Tout va bien Feren.

OoooO

Legolas glapit de douleur, toussa et se recroquevilla sur un côté pour cracher l'eau qui encombrait douloureusement ses bronches. Sa vue était floue et chaque inspiration était une lutte tellement ses poumons le brûlaient. Le jeune elfe se sentait perdu et désorienté. Ses côtes aussi lui faisaient mal à cause du choc avec les rochers. D'ailleurs, il avait perdu connaissance, non ? Il avait senti son corps glisser au fond de l'eau, alors comment cela se faisait-il qu'il était maintenant sur la terre ferme, loin du courant ? Cela n'avait aucun sens… Aucun sens jusqu'à ce que des mains l'agrippent fermement. Le contour d'une fiole toucha ses lèvres et une voix qu'il perçut comme lointaine et éraillée lui ordonna.

- Bois ! Je connais ce poison. Il paralyse tes muscles et ton cœur. Bois. En quelques heures, les effets auront disparus.

Legolas, trop dans le brouillard pour résister avala le contenu de la fiole pendant que les mains le soutenaient. Puis, il s'écroula de nouveau lourdement sur le sol, perdant connaissance.

OoooO

La douce chaleur d'un feu caressa la joue de Legolas et diffusa une étrange vague de bien-être qui le força à ouvrir les yeux. Il grogna un peu, mais accepta de faire cet effort, réveillant son corps engourdi. Une masse rougeoyante en face de lui, lui fit comprendre que la chaleur devait venir de ce foyer qui se dressait fièrement au centre de l'abri… Abri ?

Legolas cligna des yeux, cherchant à comprendre sa situation. Il était étendu sur une paillasse sommaire dans le fond d'une cavité rocheuse succinctement aménagée avec une vague table de bois et un banc. Quelques ustensiles traînaient par terre dans un coin. S'il avait pu le craindre au début, il comprit assez rapidement que ce n'était pas le repère d'orcs ou de gobelins. Surtout qu'il remarqua dans le même temps qu'il était torse nu et qu'un pansement était appliqué sur la longue coupure sous son épaule droite. Cette coupure empoisonnée, qui l'avait privé de ses forces, le faisant basculer dans la rivière… Rivière dans laquelle, il avait le souvenir de s'être… noyé ?

Non… Toute grotte qu'elle était cela n'avait rien à voir avec les Cavernes de Mandos aperçues un jour où il avait senti la mort le frôler d'un peu trop prêt… Non, il était bien vivant, quelques part sur Arda, sans doute pas très loin de chez lui d'ailleurs.

Quelqu'un l'avait sauvé. Quelqu'un qui l'avait tiré de l'eau et ranimé de justesse s'il en jugeait à ses souvenirs. Il se rappelait vaguement de mains pressant sa poitrine et de l'horrible douleur qui avait déchiré ses poumons lorsqu'il avait craché l'eau qui obstruait ses bronches. Il se souvenait aussi de ses tempes battant furieusement, de la douleur dans son crâne, dans ses muscles et des mêmes mains qui l'avaient redressé pour lui faire boire quelque chose… Un antidote ? Oui c'était ça, un antidote pour le poison. Ses mains sur lui s'étaient accompagnées d'une voix rassurante, d'une voix qui l'avait encouragé et dont il peinait à se souvenir…

Quoi qu'il en fût, il devait bien sa survie à quelqu'un, mais la personne ne semblait pas dans les environs. Il était seul…

Le danger semblait être écarté pour le moment et son corps épuisé, ne lui donnait pas l'envie de tenter la périlleuse manœuvre de se relever. Alors, il referma les yeux, cherchant à prendre un peu plus de repos.

Ce fut à cet instant précis qu'il entendit des pas remonter en direction de la grotte. Legolas ne tenta pas de rouvrir les yeux tout de suite, il laissa la personne, qui venait de lui sauver la vie, rentrer dans l'abri. Il l'entendit souffler, comme si elle avait froid, se rapprocher du feu et mettre des brindilles à l'intérieur pour l'alimenter de nouveau. Il se mit à crépiter plus fort et les pas se rapprochèrent. Le jeune elfe sentit son sauveur s'agenouiller à ses côtés et prendre la couverture épaisse qu'il avait rejeté en s'agitant dans son sommeil pour la remonter sur ses épaules. Puis, sa main effleura son front. Les doigts étaient fins, les gestes tendres et Legolas frémit avant d'ouvrir les yeux.

Son regard bleu croisa les iris verts de la personne au-dessus de lui. Une personne qui sursauta de surprise et tentant de reculer, mais Legolas tendit la main et agrippa son poignet.

- Non ! Tauriel ! Ne t'enfuie pas !

L'elfe rousse frissonna, mais abandonna l'idée de s'enfuir, le laissant la retenir par le poignet.

- Je te croyais encore inconscient…

- Je le suis resté longtemps ?

- Cela fait 8 jours que je t'ai sortis des eaux de la rivière, tu as repris connaissance par moment, mais il a fallu du temps pour que la fièvre te quitte.

- Huits jours, répéta Legolas hébété.

- J'ai eu peur de m'être trompé sur le poison.

- Mais tu m'as sauvé, lui demanda Legolas en tentant de s'asseoir.

Le geste fut peut-être trop brusque pour son corps encore fatigué. La tête lui tourna et il faillit s'écrouler. Tauriel fit un bond en avant et le rattrapa, l'aidant à caler son dos contre la paroi rocheuse. Pour se faire, elle s'était rapprochée tout prêt de lui et Legolas fut troublé de sentir son corps si proche du sien, sa poitrine effleurant la sienne, son souffle caressant la peau de son visage.

- Tauriel, si tu savais depuis combien de temps je te cherche, laissa-t-il échapper dans un murmure pendant qu'il laissa ses doigts lui caresser la joue puis se perdre dans sa chevelure.

- Tu n'aurais pas dû, répondit celle-ci en se reculant.

Elle le sentait troublé et elle ne voulait pas que cette situation persiste.

- Bien sûr que si. Tu sais qu'il y a des gens à qui tu manques chaque jour ? Lui répliqua Legolas sur un ton un peu plus sec.

- Je ne peux pas te donner ce que tu veux, répondit-elle sur le même ton.

- Tu crois donc que je ramène toujours tout à moi ? Mon père est triste ne pas avoir réussi à te retenir.

- Il m'a banni, tu ne te souviens pas ?

- Il a levé ce bannissement à peine la bataille finie. Il se laisse parfois emporter, tout comme toi, mais il sait aussi reconnaître ses erreurs.

- Tu considères que ce n'est pas mon cas ? S'exclama Tauriel sur un ton revêche en se redressant. Je le droit de considérer que je n'ai plus rien à faire là-bas !

Elle semblait en colère, pas forcément pour la bonne raison d'ailleurs. C'était plus la colère de ne pas avoir pu sauver celui qu'elle aimait, mais elle avait besoin d'un défouloir pour la laisser évacuer, un défouloir qui la rendait injuste. Legolas la vit se retourner vers lui, prête à lui dire qu'elle ne remettrait jamais un pied dans la cité elfique, mais Legolas la prit de court, murmurant dans un souffle.

- Gohenlass pleure chaque soir quand il se pense seul.

Tauriel ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sorti.

- Comment tu peux faire ça ? Je me rappelle de ta détresse lors des longs mois qu'a duré leur brouille. Je te revois prête à faire n'importe quelle folie pour le retrouver, l'aider et le ramener. Il t'a laissé le retrouver pour que tu ne souffres pas trop de son absence et toi… Toi tu ne te soucies pas une seconde de ce qu'il peut ressentir… Tu as si bien disparue qu'il n'y a plus aucune trace de toi nulle part. Tu crois que je suis le seul à prendre le risque de courir seul après ton ombre ? Il t'a élevé comme une sœur, mais il est comme mon frère… Je n'en peux plus Tauriel, de sa détresse, de sa souffrance. Il me mérite pas ça, pas lui. Il faut que tu rentres avec moi. Je te promets que j'ai compris. Jamais tu ne ressentiras pour moi ce que je ressens en retour… Je ne te demande même pas de m'adresser la parole si tu n'en as pas envie, mais ne le détruit pas, lui… Il n'a rien demandé dans tout ça… murmura Legolas en ne pouvant retenir ses propres larmes.

- Il me pleure ? Demanda Tauriel en tremblant des pieds à la tête sous le coup de l'émotion.

- Chaque soir…

- Je suis si désolée. Après tout ce qui s'est passé, je…

- Ne te justifie pas… Moi aussi je suis parti… Moi aussi j'ai eu besoin de ces quelques mois pour refaire un point sur des nuées de choses, mais là-bas, c'est chez moi… Je me devais de revenir… Ton exil a été assez long, rentre avec moi.

- Legolas…

- Pourquoi tu m'as sauvé alors ?

- De quoi ? Comment tu peux me poser une telle question, je…

- Tauriel… Je t'en prie, murmura Legolas en lui prenant les mains. Nous avons tous souffert, mais ne crois-tu pas qu'il est inutile d'en rajouter ?

OoooO

Legolas, encore peu sûr de ses jambes, progressait doucement sur le pont étroit qui le ramenait à la porte du palais. L'un de ses bras était posé sur les épaules de Tauriel et la jeune elfe, bien que l'envie de partir en courant la titillait de plus en plus, refusait de le laisser tomber.

Ce fut donc à deux que les jeunes gens passèrent la porte, se retrouvant face à un comité d'accueil qu'il n'avait pas prévu aussi vite.

Prévenu par Galion, en poste à l'entrée, Thranduil s'était précipité à la porte, Gohenlass sur les talons. Gohenlass qui se demandait si l'échanson n'était pas encore sous l'emprise d'un quelconque effluve aviné quand il avait mentionné le nom de Tauriel. Mais non, il devait bien se rendre à l'évidence, ce n'était pas un mensonge. Elle était bien là, devant lui, tenant Legolas qui chancelait doucement et que Thranduil lui prit des bras dès qu'il fut à portée.

- Je te tiens ion nìn [mon fils], murmura le Roi avec tendresse.

- Eem myre ada [je vais bien papa], répondit Legolas en retour pour le rassurer tout en se laissant tomber dans ses bras.

Thranduil sourit, heureux de le retrouver après avoir passé des jours à se ronger les sangs.

- J'en suis heureux lass pîn nín [ma petite feuille], mais je vois que tu as encore besoin de te reposer, viens, je vais te raccompagner à ta chambre.

Legolas sourit. Le surnom d'enfant que venait de murmurer avec tendresse son père lui montrait qu'il avait été et resté encore profondément inquiet pour son fils. Le jeune elfe se sentit coupable. Il avait laissé parler son instinct, n'anticipant pas les possibles conséquences et au final, il avait bien failli perdre la vie… Cela lui brisa le cœur. Oh, pas pour lui, il était capable d'assumer les conséquences de ses actes, mais pour son père, dont il imagina sans peine la détresse. Il se laissa donc mener sans protester, appréciant les petites attentions de son père qui le ramena à sa chambre en prenant son temps pour ne pas le brusquer.

Avec le départ de Thranduil et Legolas, Tauriel se retrouva toute seule dans l'entrée, les bras ballants… toute seule face à Gohenlass qui la dévisageait comme on regarde un fantôme. La jeune elfe déglutit, mal à l'aise, et faillit même faire demi-tour pour s'enfuir, mais elle n'en eut pas l'occasion.

Comme s'il sortait d'un étrange rêve, Gohenlass se dirigea droit sur elle en murmurant.

- Tauriel…

Avant même qu'elle n'eut le temps de réagir, elle se retrouva totalement emprisonnée dans ses bras, serrée presque trop fort contre sa poitrine.

- Mon petit feu-follet… murmura le fils adoptif de Thranduil avant de se mettre à trembler… avant de presque s'effondrer et de se mettre à pleurer.

Tauriel, choquée par sa détresse, la rattrapa et le serra à son tour contre elle tout en lui répondant.

- Oui, je suis là… Ne pleure plus. Je t'en prie. Je suis là. Pardonne-moi. Je ne repartirais plus… Pardon…

Gohenlass ne répondit rien, trop bouleversé par ses larmes, mais se contenta de la serrer un peu plus fort. Tauriel sentit les larmes lui monter aux yeux à son tour et elle se blottit en retour contre lui.

- Pardon… Pardon… Je ne t'abandonnerais plus.

OoooO

Il faisait nuit, le moment idéal pour que Tauriel s'accorde une pause afin de penser à autre chose. Quand elle était partie, elle avait réellement juré de ne plus jamais remettre un pied ici, mais maintenant qu'elle était revenue, elle avait l'impression que sa plus grosse erreur avait été d'être parti, de tenter de disparaître… Elle s'en voulait pour plein de choses, mais maintenant elle s'en voulait pour cet ami qui lui avait sauvé la vie, l'avait nourri, soigné et élevé comme une petit sœur et qu'elle avait lâchement abandonné.

Au bout de plusieurs heures, elle était enfin parvenue à l'apaiser et il s'était écroulé d'épuisement et de fatigue. Elle l'avait donc laissé seul pour qu'il se repose et entreprit de parcourir le palais, comme si elle avait besoin de se remémorer chaque couloir.

D'un petit bond, elle gagna l'une des terrasses taillée dans la roche et qui surplombaient la falaise à l'à-pic vertigineux qui formait un mur de défense naturelle particulièrement efficace. Ses yeux se braquèrent sur la Lune et elle sursauta lorsqu'une voix s'adressa à elle de la pénombre.

- Je trouve moi aussi qu'elle invite à la réflexion.

Tauriel se tourna vivement sur la droite. Il ne lui avait fallu qu'un quart de seconde et elle frémit en apercevant la haute silhouette de Thranduil se détacher de l'ombre. Le roi ne portait pas sa couronne et il était vêtu d'une simple longue tunique grise et d'un gilet de soie brune, une tenue simple dans laquelle il se montrait qu'à on cercle d'intimes. Un cercle auquel Tauriel se rappelait qu'elle avait appartenu avant de tout détruire par amour et passion.

- Amin hirathea âr nín [je suis désolée, mon Roi], mes pas m'ont mené trop prêt de vos appartements.

- Tes pas t'ont rapproché de mon appartement parce que Gohenlass loge prêt de moi, tout comme toi iell nín [ma fille].

Tauriel sursauta. C'était bien la première fois qu'il employait un terme aussi affectif pour lui parler.

- Je… bredouilla la jeune elfe.

- Je peux tout autant que toi te faire des excuses, la coupa Thranduil. Nous avons commis des fautes tous les deux dans cette histoire et j'avoue que mon jugement s'obscurcit dés que cela touche les Nains… Il y a des images qui ne pourront jamais s'effacer de ma mémoire… Ce sont ces images qui m'ont poussé à croire que tu ne pouvais pas l'aimer. Je ne suis qu'un idiot, l'amour n'a pas de races… Je l'ai compris devant ta souffrance. Cela ne peut faire aussi mal que lorsque c'est vrai… Je ne sais pas si tu vas rester ou non. Ce choix seul t'appartient, mais sache que je te serai éternellement reconnaissant d'avoir sauvé et ramené Legolas ici. Mon cœur serait plus léger si tu décidais de rester, car ta place est ici Tauriel. Ton bannissement était une erreur grossière, j'espère qu'un jour tu pourras me pardonner.

- Ar nín, je suis la seule ici à devoir demander pardon à l'autre. Comment ai-je pu sous-entendre que vous n'avez jamais aimé ? C'est injuste et faux, j'ose à peine vous regarder.

- C'est ton cœur qui parlait à ce moment. Je ne t'en tiens pas rigueur. Cette demeure a toujours été la tienne et elle le restera. A toi de faire ton choix.