Holà Cher·es PotterHearts ! Oui, ça fait un long moment que j'avais disparu mais ne vous inquiétez pas, on m'a tellement cassé les pieds pour que j'écrive la suite qu'elle est maintenant sur vos écrans ! Si c'est pas beau tout ça ~ Enfin... Je dis ça mais je pense que vous allez quand même me détester pour tout ce qui va avoir lieu ^^'

Aller ! Bonne chance, accrochez-vous bien, et à bientôt pour le prochain épisode !


Smilarah : J'ai reçu pas mal de coups de bâton pour Jio :') Hâte que tu lises ce chapitre. Kufufufu (je suis une auteur sadique)

Yuedra : La perte d'un petit cul de Niffleur qui aimait se dandiner dans les couloirs et glisser sur de la glace est tragique, je te l'accorde... Du coup tout ce qui me reste à dire c'est... Bonne chance pour ce chapitre ? XD Et j'attendrai ta review incendiaire à la fin !

Loufoca Riviera : Je peux avoir mes cookies maintenant ?

Kathelen : Contente que cette fic te plaise, j'espère surtout que le prochain chapitre te fera moins pleurer... pas sûr X'D Good Luck !


Une PotterHeart à Poudlard

Chap 43 : La Fin du Cauchemar


Alia attendait sur le quai. Son sac en jean à ses pieds avec son précieux ordinateur à l'intérieur. Dans sa petite salopette courte, idéale pour ce début d'été dans le sud de la France. À ses oreilles, ses écouteurs lui transmettaient une chanson. Une chanson distante. Elle voulut en augmenter le volume, mais c'était comme si les paroles se perdaient dans le lointain. Elle les enleva et ils disparurent dans l'air. Son bras tira un peu sur le col de sa chemise d'uniforme. Ne faisait-il pas un peu chaud pour porter son manteau d'hiver ? Depuis quand le portait-elle, d'ailleurs ?

Son regard revint sur son pantalon noir. Elle était pourtant certaine de porter sa salopette en jean quelques secondes plus tôt...

Mais non quelle idée.

Elle n'avait plus sa salopette. Elle s'en était servie pour coudre une robe à Wæmy.

Ses yeux glissèrent vers son sac qui avait disparu. Lui aussi, elle s'en était servie pour coudre une petite veste. Une veste pour un petit animal.

Quel animal déjà ? Elle ne savait plus... Et pourquoi récupérer ce tissu en particulier ? Ne pouvait-elle pas juste en racheter ? Elle ne savait plus... Wæmy le savait, elle. Alia lui avait dit pourquoi. Oui, mais... qui était Wæmy déjà ?

Alia secoua la tête. Où était-elle déjà ? Ah oui. Elle attendait son métro. La station blanche était vide et silencieuse. Alia passa une main à travers ses cheveux. Elle sentit quelque chose de chaud et poisseux dedans.

Regardant sa paume rougie, elle comprit que c'était en fait du sang. Son sang.

— Ça à l'air d'être douloureux, dit une voix féminine.

La voix venait des escaliers à côté d'elle. Alia releva la tête vers celle qui avait parlé. Elle reconnut immédiatement la petite silhouette de son amie d'enfance. Cette amie qu'elle n'avait plus revue depuis... Depuis quand déjà ?

— Ça l'est, répondit Alia en rabaissant sa main. Surtout ici.

Sans se poser plus de question, et sans qu'une réelle douleur ne se lise sur son visage, elle montra sa jambe qui était maintenant visible à travers les trous de son pantalon déchiré. Imbibé de sang et noir de bleus.

— Là aussi...

Alia remonta sa chemise qui une seconde avant était immaculée pour dévoiler un hématome de la taille d'un cognard qui trahissait une hémorragie interne.

— Outch. En effet, lui répondit l'apparition de son amie.

Pourtant, ni l'une ni l'autre ne trahissait la moindre émotion. Tout leur semblait normal. Et en même temps rien ne l'était.

Alia finit par demander.

— Alexandra, est-ce que je vais mourir ?

— C'est déjà le cas ma vieille.

— Ah.

Cette réponse ne sembla faire ni chaud ni froid à la brune. Comme si réagir ou protester lui paraissait inutile.

— Tu es morte en 2016, continua Alexandra. Percutée par un métro, tu te souviens ?

— Pas vraiment. C'était trop rapide. Je n'ai même pas eu mal.

— Tu préfères mourir torturée dans le sous-sol d'une maison abandonnée ? demanda Alex avec une réelle curiosité.

— Non... Je suis dans un sous-sol ?

— Qui sait. Je ne fais que spéculer... Enfin, toi, tu spécules, moi, je ne fais que prendre l'apparence de tes questions.

— On va perdre trop de lecteurs avec ces pensées philosophiques.

— N'est-ce pas déjà le cas ? Cela fait longtemps que tu passes pour morte.

— Vraiment ? Combien de temps ?

— Difficile à dire depuis cet endroit... Mais mon instinct du 4ème mur me dit que certains attendent un nouveau chapitre depuis presque 5 mois.

— C'est long en effet.

— Ouais.

Alexandra s'approcha des rames du métro et s'assit sur la bordure du quai, les pieds dans le vide.

— Bon. Et maintenant ? Que vas-tu faire ? demanda-t-elle.

— Je ne sais pas, qu'est-ce que je suis censé faire ?

— Ah ! Ça, tu es la seule à pouvoir y répondre !

— Mais si je n'en connais pas la réponse ? demanda à nouveau Alia.

— Alors invente une réponse. Tu es douée pour ça. Invente une solution. Puis bat-toi pour la rendre réelle.

— Mais je ne sais même pas quelle est ma situation...

— Tu vas mourir, noyée dans ton sang et tes larmes. Enfin, sauf si tu en décides autrement.

— Mais comment ? Même si je décidais de revenir à la vie, je ne peux pas juste ressusciter en claquant des doigts ! Je n'ai pas les Dragon Balls pour ça !

— C'est impossible, tu dis ? Ne viens-tu pas d'un autre monde ? lança Alex en balançant ses jambes. Est-ce qu'il est possible de voyager entre les mondes et d'apparaître d'un coup dans l'univers d'Harry Potter après sa mort ?

— Si tu m'avais posé la question il y a quelques années, je t'aurais dit non et t'aurais traitée de folle.

— Je suis folle. Puisque je suis toi. Alors, ma réponse ? Est-ce possible ?

— Oui.

— Et est-ce possible pour toi de te réveiller, de foutre un coup de boule à Voldy puis de t'enfuir pour aller gagner cette guerre aux côtés de ceux que tu aimes ?

— Non.

Alexandra se releva alors soudainement, en colère.

— Non mais ! Tu vas te bouger oui !? Tu sais depuis combien de temps, j'attends ton nouveau chapitre, moi ?! Alors active-toi et continue d'avancer !

Alia s'approcha de l'illusion de son amie. Elle était comme dans ses souvenirs. Ses souvenirs de sa vie d'avant. Celle qu'elle avait perdue.

— Est-ce que tu penses qu'un jour, je pourrais te revoir ? Toi, les autres, mes parents ?

Le visage de la petite brune redevint aussi neutre que son amie. Son chignon formant un pompon sur son crâne, ses yeux avant si pleins de vie. Aujourd'hui, ils n'étaient que l'image d'un passé révolu.

— Même si tu les retrouvais un jour, ils ne te reconnaîtraient pas. Car tu n'étais pas censée exister dans ce monde.

— Et pourquoi continuerais-je de me battre pour un monde qui n'est pas le mien. Où je n'ai ni famille ni personne ?

— Je te retourne la question.

Alia se tourna vers le tunnel sombre du métro.

— C'est une bonne question.

Le tunnel restait désespérément vide.

— Aucun métro ne viendra pour te ramener à l'infirmerie de Madame Pomfresh cette fois-ci, lui expliqua Alexandra d'un air neutre. Il va falloir t'en sortir seule.

— Je commence à avoir une certaine expérience des coups foireux, ne t'inquiète pas. Il me suffit de faire comme avant.

— C'est-à-dire ?

Alia sauta sur les rails, manquant de tomber et se retenant à la paroi du quai.

— Aviser en chemin.

Alexandra la regardait d'en haut, un sourire étrange sur son visage.

— J'ai hâte de voir ça !

Puis elle disparut. Alia commença à marcher dans le tunnel. Et chaque pas qu'elle faisait lui rappelait d'où elle venait. La douleur et le goût du sang dans sa bouche commençaient à se réveiller, mais elle continuait de marcher.

Qui sait, peut-être trouverait-elle la lumière des phares du métro dans ce couloir sombre...

Qui sait.


La lumière était crue. Alia pouvait la deviner à travers ses paupières. Elle refusa un instant de bouger, persuadée que la douleur allait s'en suivre. Dans sa tête, dansaient les événements de ces derniers jours. Le sol froid de sa cellule, Jio et le sort qui l'avait frappée dans le dos. Elle n'avait pas envie d'ouvrir les yeux...

Puis elle entendit un bruit. Elle qui n'avait entendu que la voix de psychopathe de Capper ou le métal de ses instruments sur la pierre depuis le début de son calvaire, elle trouva ce bruit si différent. Si agréable. Presque doux. Oui, plus doux, quoiqu'un peu répétitif. Presque hypnotique. Puis elle se concentra sur ce bruit, avant de comprendre qu'il s'agissait de celui de la pluie. Une douce et fine pluie qui tombait tendrement au dehors. En remuant à peine ses doigts, elle comprit qu'elle n'était plus allongée sur le sol. Non, elle était sur une surface molle, un lit. Cela fit exploser mille questions dans sa tête et elle se fit alors violence pour rester le plus immobile possible. Ne pas bouger, surtout pas.

Elle essaya de remettre ses idées en route. La première chose sur laquelle elle se concentra fut la douleur. Elle devinait que sa main gauche était à l'abri sous une couverture, et décida donc de la bouger lentement. Doucement, elle vint appuyer délicatement sur ses côtes.

La douleur était là, mais diffuse.

Elle avait été soignée.

Elle avait même un bandage contre sa peau.

Par Merlin, Thor, Toutatis, Seth et tout ce qui peut exister... merci...

Toujours méfiante, Alia essaya alors de se concentrer sur tout ce qu'elle pouvait percevoir d'autre. Les odeurs, les bruits, la lumière captable derrière ses paupières... C'est alors qu'elle capta quelque chose qui lui glaça le sang. Une respiration. Non... Un ronflement non-loin.

Elle n'était pas seule.

Elle resta un long moment figée, tétanisée par cette peur grouillante. Puis, les secondes passèrent, et elle se fit la réflexion que la seule personne semblant présente dans cette pièce avec elle était, de toute évidence, profondément endormie.

Elle se risqua donc à ouvrir les yeux.

La lumière du plafonnier lui fit mal. Mais en papillonnant quelques secondes, elle réussit à s'y habituer. Elle fit descendre son regard vers le reste de la pièce où elle se trouvait. Elle était bien dans un lit, allongée sans trop pouvoir bouger. La chambre était tout ce qu'on pouvait trouver de plus normal pour une chambre. Une table de chevet où trônaient des photos d'inconnus, une penderie avec des vêtements féminins, un fauteuil près de la porte d'entrée, et une fenêtre à son opposé.

Alia faillit hurler.

Adossé à la fenêtre, les pieds sur le bureau en bois massif, se trouvait un homme de dos.

Un homme qu'elle aurait reconnu entre mille.

Capper.

Le mangemort ronflait doucement l'air de rien. Mais sa seule présence suffit à rouvrir toutes les blessures qu'il avait infligées à la brune ces derniers jours. Impitoyablement, elle sentait le métal percer sa chair jusque dans ses pires cauchemars. Elle entendait résonner son rire et sa respiration contre son cou. Elle mourait, mourait et mourait encore en le sachant là.

Rien n'était fini. Tout pouvait recommencer. Tout allait recommencer.

Elle n'était pas sauvée.


Severus était mort.

Enfin, pas vraiment. Concrètement, son corps continuait de fonctionner. Mais il allait finir par faire un infarctus avec tout son stress.

Cela faisait plus de deux semaines qu'Alia était introuvable.

Il avait déjà expérimenté cela lorsqu'elle avait disparu de la vue d'Ombrage, l'année dernière.

De sa nature imperméable à la magie sorcière, il était incapable de la localiser. Même Wæmy paniquait. Soit Alia était dans un lieu protégé magiquement qui empêchait Wæmy de l'entendre si elle l'appelait... Soit elle n'était pas en état d'entendre les appels d'Alia car Alia n'était pas en état d'en émettre. Soit les deux à la fois...

Soit pire...

Severus fit exploser une autre fiole. Envoyant son contenu partout sur le sol. Neuville sursauta mais s'empressa de nettoyer avant que son professeur ne se blesse plus dessus.

Ils étaient dans la salle de potion où le professeur avait entrepris de nettoyer toute la verrerie présente à la main... Il avait commencé à faire ça après que sa millième tentative pour retrouver Alia avait échoué. Il était à deux doigts de perdre les pédales. Neuville, Drago et Luna étaient présents avec lui en ce moment. Autant dire qu'ils n'avaient ABSOLUMENT RIEN à faire tous ici en même temps ! Rien... Mis à part se ronger les sangs sur la disparition d'Alia... Hermione passait ses nerfs sur chaque livre de la bibliothèque, relisant rageusement des passages qu'elle connaissait déjà par cœur et envisageait même de demander de l'aide au professeur Trelawney pour retrouver la surveillante. Ron, Ginny, Harry, Fred et George étaient sur le terrain de Quidditch, prétextant un entrainement particulier alors qu'ils cherchaient juste à extérioriser ce sentiment d'impuissance et de frustration qu'ils avaient. Et Dean et Seamus restaient enfermés dans la salle sur demande à tenter pour la centième fois, de créer un chemin jusqu'à Alia, sans le moindre résultat.

Luna leva devant elle la fiole vide translucide qu'elle venait de nettoyer jusqu'à la rayer. La plaçant entre son œil et la lumière d'une bougie, elle observa les reflets ainsi formés, chantonnant l'air d'une chanson étrange à propos d'un soldat, d'un poète et... d'un roi ?

Drago, lui, s'était assis sur une table, l'ordinateur d'Alia posé sur ses genoux, et fouillait les moindres recoins de l'appareil à la recherche d'une note ou d'un indice laissé par sa sœur de cœur. Un dossier intitulé "que faire si je me fais enlever par des mangemorts" par exemple... Sait-on jamais...

Mais mis à part un dossier "scan yaoi" et "D Gray Man tome 1 à 20 Download" ainsi que ses jeux tels que Skyrim, Undertale, ou un certain "Dream Daddy" qui ne lui inspirait pas confiance, il n'y avait rien.

Puis alors son regard s'éclaira un peu. Et il cliqua sur un dossier marqué très sobrement "photos".

— C'est pas vrai... murmura-t-il.

Cela suffit évidement à briser l'ambiance étrange de la pièce et tous se tournèrent vers lui.

— Tu as trouvé quelque chose ? demanda Neuville tandis que Rogue abandonnait son nettoyage pour s'approcher de son neveu.

— Oui... enfin non, pas vraiment... Rien d'utile, juste... Des photos... Des photos d'Alia quand elle était jeune.

Poussés par la curiosité, ils se rapprochèrent tous de l'appareil pour mieux voir la trouvaille du blond.

Sur la fenêtre ouverte devant lui se trouvaient plusieurs sous-dossiers numérotés. De 2004 à 2016.

— C'est... les années... J'oublie toujours qu'Alia vient du futur, commença Neuville.

Drago cliqua sur le premier dossier qui passa sous sa souris, à savoir un de 2010.

Une cinquantaine de photos apparurent alors. Parfois plusieurs fois la même, avec quelques petites différences. Certaines mettaient en scène une fillette brune aux longs cheveux fins qui courait dans un ruisseau, d'autres cette même enfant qui grimpait dans un arbre... Drago navigua dans les dossiers plus "récents" et cliqua cette fois-ci sur une vidéo qui s'ouvrit en grand sur l'écran.

On pouvait reconnaître la cour d'une école. Plusieurs personnes étaient visibles, assises sous un renfoncement du toit, jouant aux cartes. La caméra était un peu tremblante et celui ou celle qui la maniait ne cessait de faire des zooms et des dézooms qui donnaient un peu mal au cœur.

— Regarde Alex ! Alex ! Regarde-moi, ça filme !

La voix aiguë de la détentrice de l'appareil photo leur semblait à la fois familière et à la fois totalement inconnue.

— C'est Alia qui parle ? demanda Luna.

— Peut-être, ça devait être l'enfant qu'on a vue sur les photos...

— Usagi-Baka ! cria la petite fille d'une quinzaine d'année qui semblait être la victime de cet enregistrement. Me filme pas sans prévenir !

Elle était brune avec de longs cheveux ramenés en un chignon sur le dessus de son crâne. Elle attrapa l'appareil et le retourna pour filmer la première filmeuse. Et même si elle devait avoir une dizaine d'années de moins, cette fois-ci Alia était parfaitement reconnaissable. Ses cheveux avaient été coupés dans son reconnaissable carré plongeant, et son sourire, bien que barré d'un appareil dentaire volumineux, était aussi resplendissant que ce dont les sorciers avaient l'habitude.

Rogue sentit sa poitrine lui serrer le cœur. Est-ce qu'un jour il reverrait Alia sourire de cette façon ? Quel genre de visage affichait-elle en ce moment ?

Cette absence de réponses allait finir par le tuer.


Alia décala légèrement son bras droit pour essayer de soulever ses couvertures quand un bruit vers la porte d'entrée attira son attention. Une femme, en blouse blanche d'infirmière, entra dans la chambre, les mains chargées de linge propre et d'une bassine d'eau. Alia aurait voulu faire semblant d'être encore inconsciente mais c'était trop tard. Ses yeux croisèrent ceux amorphes de l'infirmière et elle sut qu'il était trop tard.

Déglutissant difficilement, elle s'attendait à ce que cette femme réveille Capper. Mais ce ne fut pas le cas. Au contraire, elle continua d'avancer jusqu'à Alia et posa la bassine près d'elle sans un mot.

Avec des gestes précautionneux, elle mouilla un des gants qu'elle avait apporté et le passa sur le front d'Alia, qui ne comprenait pas. Evitant son regard, uniquement concentrée sur sa tâche. Alia chercha de l'aide des yeux, essayant de comprendre qui était cette femme. Pourquoi avait-elle un uniforme du service médical moldu ? Quel était son lien avec Capper ?

Un coup d'œil sur la table de chevet fit comprendre quelques petites choses à Alia. Sur l'une des photos présentes, on pouvait voir cette même infirmière, avec quelques années de moins, tenir son diplôme entre ses mains. Un diplôme moldu là encore.

Alia commença à paniquer. Si cette femme était bien moldue, alors que faisait-elle avec Capper ? Un coup d'œil vers ce dernier la rassura sur le fait qu'il était toujours en train de dormir. Alors Alia attrapa la main de la femme, priant pour qu'elle ne crie pas. Et lui chuchota aussi bas que possible.

— Pitié...

Sa voix lui faisait aussi mal que ses poumons. Même si elle avait été partiellement guérie, elle n'en restait pas moins très affaiblie.

— Partir... Vite... Danger...

Mais la femme ne semblait pas l'écouter, continuant de prodiguer ses soins sans rien dire. Alia cherchait à croiser son regard, peut-être ne parlait-elle pas anglais ? Dans ce cas quelle était sa langue natale ? Alia avait la chance d'avoir instinctivement appris toutes les langues dans lesquelles les livres Harry Potter avaient été traduits, c'était l'occasion d'utiliser cette capacité !

La femme finit par croiser le regard de la brune. Et ce que comprit Alia lui fit l'effet d'un coup de poing dans le ventre. Cette femme n'était pas vraiment là. Elle était sous l'influence du sortilège d'Impero.

— Tu as compris salope ? Tu n'iras nulle part, fit la voix totalement réveillée de Capper dans son dos.


Il était 4h du matin quand Severus se décida à quitter son lit, bien conscient que cette nuit encore, il n'avait pas été capable de fermer les yeux une seconde. Combien de temps cela prendrait-il encore pour retrouver Alia ? Ou était-elle ? Comment allait-elle ?

Le maître des potions avait tout essayé, jusqu'à prendre le risque de sonder les pensées de certains mangemorts dans la plus grande discrétion. Rien. Personne ne savait rien. Seul Voldemort savait mais il serait impossible de lui tirer les vers du nez. Impossible sans griller sa couverture et risquer de se faire tuer... ou de faire tuer Alia... Si ce n'était pas déjà le cas...

Le noiraud s'habilla et commença à aller marcher dans le château. Les murs l'étouffaient. Il avait l'impression de suffoquer et qu'ils se refermaient sur lui. Ses pas le menèrent au parc où il marcha, l'air hagard...

D'un pas distant, il se rendit jusqu'à la lisière de la forêt, en face du lac noir. Poussant quelques buissons, il se retrouva dans la petite clairière qu'ils avaient trouvée avec Alia, il y a quelques mois.

Il fut d'abord surpris de voir une silhouette assise là, sur la mousse, une petite bougie comme seule lumière. Mais lorsque ses yeux rencontrèrent ceux, miroitants, de Wæmy, il réussit à calmer l'affolement de son cœur et à venir s'asseoir près de la petite elfe.

— Insomnie ? demanda-il.

— Um... répondit-elle. Vous aussi ?

— Je crois que l'on ne pourra pas trouver de vrai sommeil tant qu'elle ne sera pas rentrée...

— Non... En effet...

Un silence suivit tandis que leurs regards se perdaient dans le lac sombre. Puis, doucement, dans le silence de la nuit calme, un bruit de battement d'aile se fit entendre.

Rogue leva les yeux en sentant ce bruit se rapprocher dans les ténèbres du ciel. Qu'est-ce que cela pouvait être ?

Puis un hululement de chouette retentit, faisant se redresser le potionniste.

— Lumos.

La baguette du noiraud s'alluma et une chouette familière se posa devant lui, une missive dans le bec.

Le sang du sorcier et de la petite elfe ne firent qu'un tour.

— C'est la chouette qu'avait offert la Maîtresse à un de ses amis ! cria Wæmy.

Rogue s'empara de la lettre avec empressement, la dépliant comme si sa vie était en jeu. Un indice ? Enfin ?

La lettre était en effet à son nom, et contenait quelques mots, écrits à la va-vite.

Je sais où elle est. RDV au café.

Larry Page.

Et avant même que l'un ou l'autre ne se concerte, les deux êtres magiques avaient disparu d'un même craquement. Direction le CyberCafé où Alia et Larry avaient pris l'habitude de se retrouver pour parler affaire.


Capper n'était pas resté très longtemps auprès d'Alia. Après avoir ordonné à son infirmière pantin de la surveiller, il était parti prévenir Voldemort que sa proie était à nouveau consciente. Et même si Alia aurait pu pleurer de savoir qu'elle avait un sursis, la corde magique qui la retenait à son lit ne lui laissait aucune chance de salut. Elle ignorait combien de temps mettrait Capper à revenir, surtout sachant que la nuit était bien installée dehors... Peut-être que Voldemort serait en train de dormir...

Fut un temps, elle aurait ri en imaginant Voldy dormir avec une peluche nounours rose mais là, elle avait juste envie de fuir.

Elle chercha à se redresser mais l'infirmière sous Impero qui était restée à son chevet l'attrapa par son bras blessé pour la forcer à se rallonger, lui arrachant un cri de douleur.

— Non... J'ai... j'ai mal... Pitié...

La douleur vida Alia de ses dernières forces et elle se rallongea. Une fois sûre qu'elle resterait immobile, l'infirmière la lâcha et observa les dégâts qu'elle avait pu commettre. Alia aurait voulu la repousser ou se battre pour se relever et fuir, mais elle savait que c'était inutile. Dans son état, elle ne ferait pas le poids contre elle.

Alia testa différentes choses, pressée par le temps. Elle voulut appeler cette femme pour la faire sortir de sa transe, prononçant ce nom qu'elle pouvait voir écrit sur sa blouse blanche. Mais en vain. Au bout de vingt longues minutes elle finit par abandonner, essayant plutôt de se concentrer sur sa respiration douloureuse.

Elle pouvait au moins bouger, tant qu'elle ne montrait aucun signe de tentative de fuite. Cela lui permit de palper son corps à la recherche de toutes ses blessures.

Dans le fond, elle avait été plutôt bien soignée. Elle imaginait sans peine qu'elle le devait à l'infirmière moldue. Elle s'en voulut alors, car il était évident que pour éviter qu'elle meure, Voldemort avait dû kidnapper cette femme innocente et la mettre sous Impero... C'était sa faute. À elle qui n'avait pas pu s'échapper avant.

Plus le temps passait, et plus ses idées redevenaient claires. Si elle était ici, dans cette maison dont elle pouvait apercevoir un clocher d'église par la fenêtre, c'est qu'elle avait été transportée. Voldemort avait grandi côté moldu... Même s'il les détestait. Ce n'était donc pas improbable qu'elle soit en ce moment même dans un village côté moldu, au vu du mobilier et des photos immobiles dans la chambre.

Son regard passa de la femme à la porte. Impossible de fuir pour l'instant. Pas seule. Elle avait besoin d'aide... Si seulement Jio...

Oh non... Jio...

Ce souvenir la frappa en pleine face. Où était Jio ? Elle... elle se souvenait de Voldemort... de... non... Ce n'était pas possible. Il n'avait pas pu mourir ! Sa veste ! Il avait sa veste !

Essayant à nouveau de se redresser, l'infirmière allait la retenir quand Alia se figea.

Elle venait d'entendre un bruit. Un bruit familier.

— Jio ?

Était-elle devenue folle ? Comment le petit Niffleur pourrait-il être ici ?...

Puis, sortant de l'ombre de dessous le bureau. Une petite créature poilue se dandina jusqu'au lit.

— Jio...

C'était bien lui. Le petit Niffleur blanc et noir était là. Bien vivant, et monstrueusement inquiet de l'état de sa Maîtresse.

Passant devant l'infirmière sans qu'elle lui prête attention, il grimpa sur le lit avec douceur.

— Oh mon Dieu, Jio.

Alia l'attrapa comme elle le pouvait malgré ses blessures, et des larmes lui échappèrent, venant mouiller les poils bicolores.

— Tu es vivant...

Elle prit quelques secondes pour regarder le petit animal. Sa veste en jean, réalisée avec le tissu de son ancien sac à dos, était toujours sur ses petites épaules. Même si l'arrière, là où avait frappé le sortilège de mort, avait été noirci par l'impact.

— Wæmy avait raison ! Mon sac était aussi imperméable à la magie que moi...

Et elle serra le petit être dans ses bras avec toute la force qui lui restait. Avant que ses bras ne retombent de chaque côté d'elle.

Elle regarda l'infirmière au regard vide puis posa ses yeux fatigués sur son animal.

— Je suppose que si tu essayais de l'attaquer, elle te jetterait juste contre le mur... J'ai eu assez peur pour toi comme ça...

Jio regarda sa maîtresse sans trop comprendre puis fut pris de frissons étranges. Alia le regarda un moment avant que ses yeux ne s'illuminent.

— Jio, qu'est-ce que tu as dans ton ventre ?

Le petit niffleur la regarda avant de prendre un petit air coupable et de sortir l'objet qui venait de vibrer. Il s'agissait du dernier téléphone sorti cette année ! Un Nokia 8110 !

Avec sa petite antenne et son clapet coulissant noir. Une horreur... Enfin, pour quelqu'un habitué aux téléphones tactiles de 2016...

Jio laissa alors aussi tomber sur les couvertures, une montre, sa souris d'ordinateur, son IPhone (mais qui ne lui était d'aucune utilité vu qu'il était trop avancé pour faire autre chose qu'écouter de la musique ou prendre des photos)

Les mains tremblantes, Alia attrapa son Nokia tout en s'assurant que l'infirmière n'essayerait pas de l'en empêcher, et l'activa. La sonnerie raisonna dans toute la maison lui sembla-t-il. La première chose qu'Alia vit fut l'heure et la date. Soit 1h32, plus de deux semaines après son enlèvement.

Et la deuxième chose qu'elle vit, fut les dizaines de messages texte envoyés par son seul contact enregistré sur ce téléphone. Et aussi la seule personne dans son entourage à avoir un appareil téléphonique. Larry Page.


Severus Rogue et Wæmy apparurent dans une ruelle adjacente au CyberCafé de Londres où l'Américain leur avait donné rendez-vous. Wæmy lâchât la main du professeur avant de claquer des doigts et de faire apparaître une capuche sur sa robe pour cacher son visage côté moldu puis ils s'élancèrent tout deux jusqu'au café.

De part sa nature de CyberCafé, connecté au monde entier par le réseau internet, l'établissement était déjà ouvert même s'il était 4h40 du matin. Rogue défonça presque la porte et fut accueilli par les sursauts des quelques geeks présents. Dans le fond du magasin, le noiraud reconnut l'homme qu'ils cherchaient.

Ils coururent presque jusqu'au moldu qui pianotait sur son ordinateur avec rage.

— Larry ! Où est-elle ?

— T'en a mis du temps ! Je savais que ces oiseaux étaient trop lents ! Achète-toi un téléphone !

Il y eut une explosion, et la table à côté de Larry partit percuter le mur derrière lui. Les deux autres clients du café ainsi que la serveuse de garde commencèrent à hurler jusqu'à ce que Wæmy, complètement paniquée face à la perte de sang-froid du professeur, ne les endorme d'un claquement de doigt et ne verrouille les portes pour ne pas attirer plus l'attention.

Rogue pour sa part, baguette en main et un air totalement à bout dans les yeux, se retourna vers Larry d'un ton sans appel.

— Où. Est. Elle.

— Calme-toi ! C'est pas en cassant tout le café que tu vas m'aider à la récupérer !

Severus sembla se reprendre un peu et baissa sa baguette. Il manquait vraiment de sommeil...

— On avait rendez-vous hier soir ici mais elle n'est pas venue, commença Larry en lui montrant une chaise tout en reprenant son pianotement sur l'ordinateur. Alors je lui ai envoyé des messages. Je m'inquiétais surtout que personne n'ait trouvé bon de me prévenir qu'il s'était passé quelque chose.

Son regard se fit plus noir.

— À ne toujours penser qu'à votre petite communauté sorcière, vous en oubliez totalement le reste du monde !

— C'est vrai, consentit Severus, trop fatigué pour un énième combat inutile. Tu m'as dit dans ta lettre que tu savais où elle était.

— Presque... Je cherche encore... Elle m'a appelé vers minuit... C'était pas très clair, mais elle m'a dit qu'elle avait été kidnappée et que je devais absolument te prévenir. Elle ne savait pas où elle était mais elle m'a donné un nom. Susie Miller. Une Infirmière. Elle disait être retenue chez elle.

— Qui est cette Susie Miller ? demanda Wæmy en revenant vers eux après s'être assurée que les autres moldus ne garderaient aucun souvenir de leur passage.

— C'est ce que je suis en train de découvrir... murmura Larry en retournant d'un coup l'écran de son ordinateur vers eux.

Sur ce dernier on pouvait voir une sorte de liste de noms de personnes travaillant dans un hôpital d'un village du centre de l'Angleterre. Il pointa alors son doigt sur le nom de l'infirmière.

— Ici ! Et elle habite...

Il récupéra à nouveau l'ordinateur et recommença à pianoter. Encore et encore.

— Aaaaaaaaah ! râla-t-il. Si seulement internet était mieux organisé... J'ai trouvé ! 87 St Giles Terrence dans la ville de Northampton ! C'est en face d'une église !

— J'y transplane, annonça Rogue.

Et il disparut dans plus de cérémonie.

Il était 4h45 du matin.


Alia avait eu du mal à expliquer ce qui se passait à Larry. Juste les maigres informations qu'elle avait... le tout dit avec sa voix douloureuse. Elle avait dû monter sa main jusqu'à son oreille pour appeler et cela avait réveillé une douleur dans son abdomen... Comme quoi, même si l'infirmière zombie avait été efficace, elle n'était pas non plus faiseuse de miracle...

Puis, un bruit la fit sursauter. Un crac significatif raisonna derrière la porte. Elle en lâcha le téléphone, qui fut récupéré par Jio in extremis, ainsi que toutes les affaires qu'il avait éparpillées sur le lit. Puis, à l'instant où la porte s'était ouverte, le petit niffleur avait réussi à disparaître sous la couette.

Capper entra dans la chambre avec son air mauvais sur le visage. Et à sa suite, se trouvait Voldemort.

— Eh bien, eh bien, commença-t-il de sa voix de serpent. Je vois que l'on est réveillée...

Alia ne put retenir le frisson de pure terreur qui la traversa, elle se recroquevilla sur elle-même, tétanisée.

— Bien, bien, bien. J'aime que tu sois devenue plus docile.

Il s'approcha doucement, dominant la pièce de par sa simple présence. Écartant l'infirmière d'un simple signe de la main, il vint s'asseoir sur le lit, provoquant au passage, une douleur lancinante dans la jambe d'Alia.

— Oh ! T'aurais-je fait mal ? Toutes mes excuses ! fit-il sans pour autant se relever. Et si je fais ça ?

Il appuya sur son genou sous les couettes, lui arrachant un cri, ce qui fit redoubler son sourire.

— Pitié...

Voldemort rigola. Et Alia pleura. Bien sûr que cet homme ne lui offrirait aucune pitié. Elle ne pouvait que subir.

Après qu'il eut fini de jouer avec sa douleur quelques minutes, il se planta devant elle et la fixa.

— Tu sais... C'est très frustrant de ne pas pouvoir utiliser mes pouvoirs sur toi... Sinon je t'assure que tu m'aurais déjà dit tout tes petits secrets...

— Je vous dirai tout... promis...

— Oh, mais je sais que tu vas tout me dire ! Mais ça ne m'empêchera pas de jouer un peu avec toi ! Bientôt, tu me supplieras de te tuer. Tu me supplieras de mettre fin à tes souffrances et me diras tout ce que je veux savoir, en échange de ta mort.

Il rigola, il rigola si fort qu'il en aurait fait trembler les murs. Son rire pénétra dans chaque parcelle du corps meurtri d'Alia, la faisant trembler de terreur et de désespoir.

Raclant sa gorge à moitié sèche, elle trouva juste la force suffisante pour cracher à la gueule du mage noir. Il n'y eut presque rien, à peine quelques petites gouttes de salive, c'était là, tout ce qu'elle pouvait faire dans son état. Mais c'était déjà bien assez. Le message était clair, elle allait souffrir de toute façon, quoi qu'elle fasse.

— Un jour... un jour... je te crèverai... Toi et tous les tordus qui t'accompagnent...

— Comme c'est mignon... ricana le mage noir en essuyant rapidement les quelques postillons. Eh bien, pour commencer, que dirais-tu de tuer Capper, hein ?

Il se releva et fit un signe à son mangemort pour qu'il se rapproche avec ses outils de torture.

— Enfin, si tu en es capable bien sûr !

Et le seigneur des ténèbres s'en alla sur ces mots, riant de toutes ses forces en entendant les premiers cris de la surveillante.

Il était 1h02 du matin.


4h45, Northampton Angleterre, dans une ruelle déserte derrière l'église.

Severus apparut dans la ruelle en silence. Tout était calme dans la ville, personne n'aurait pu se douter que quelqu'un était séquestré par ici...

Le noiraud allait s'élancer dans la rue menant à l'adresse donnée par Larry quand ce dernier apparut devant lui, transplané par Wæmy.

Même si le voyage semblait l'avoir légèrement remué, il se reprit très vite en regardant Severus.

— Ok... C'est quoi le plan ?

— On entre, on récupère Alia et on part.

Il y eut un petit silence durant lequel, ni Wæmy, ni Larry n'osèrent rien dire... Puis Severus souffla et se passa la main sur le visage.

— Ok... Je n'ai pas de plan.

— Mec, c'est quand la dernière fois que t'a dormi ?

— Je ne sais pas qui sera à l'intérieur... Si Alia y est toujours d'ailleurs... Mais non, il faut qu'elle y soit, c'est notre meilleure piste et...

— Du calme ! Pensons stratégie, déjà quelles sont les défenses de l'ennemi ? Est-ce que la maison est surveillée, combien de personnes sont à l'intérieur, c'est ce genre de questions qu'il faut commencer par se poser.

Severus regarda soudainement Larry comme s'il était un tout autre homme. Une certaine touche d'espoir dans le regard.

— Et tu as une idée de comment savoir tout ça ?

— Quoi ? Non, bien sûr que non ! Je suis programmeur, pas un membre de la CIA !

— La maison est soumise à un sort de silence, leur expliqua Wæmy en revenant vers eux (ils ne l'avaient même pas vue partir). Il est aussi impossible d'y transplaner sans autorisation. Mais j'ai pu voir qu'il y avait quatre êtres vivants à l'intérieur, bien que pas très distinctement...

— Tu as pu les identifier ?

Waemy trembla un peu.

— L'un est un animal. Puis il y a une femme chez qui je ne détecte pas de magie...

— Peut-être l'infirmière...

— Puis il y a un homme... un mage noir.

Le sang de Severus se glaça. Donc Larry avait eu raison, c'était bien ici.

— Et la quatrième ? C'est Alia ?

Wæmy fit un petit signe de la tête, les larmes lui montèrent alors et elle retint de justesse un reniflement.

— Elle est très faible... sanglota-t-elle, transie de peur.

— Ok, on y va, commença Severus.

— Sans plan ? Tu veux qu'ils la tuent en nous voyant venir ?

— Larry, s'il-te-plait... Ne le prend pas mal mais tu n'es qu'un moldu, et si ce type est un mangemort alors il est capable du pire !

— Justement ! Autant ne pas sauter dans la gueule du loup et risquer qu'il se serve d'Alia comme otage !

— Mais alors quoi ? Il doit sûrement me connaitre ! Si je me montre sans qu'il ait été prévenu de ma venue par le Seigneur des Ténèbres, qui sait comment il pourrait réagir !

— Donc toi, il ne doit pas te voir, ok. Wæmy, est-ce que tu sais où est située Alia dans la maison ?

— Ils sont tous à l'étage, dans une des chambres. Je ne peux rien entendre mais je sens... La Maîtresse a l'air de terriblement souffrir...

— Ok... Bon. J'ai un plan, commença Larry. Severus, tu me fais confiance ?

— C'est une question piège ? Aide-moi juste à sauver Alia, je ferai ce que tu me diras.


Sur la table de chevet de l'infirmière, la petite montre à aiguille indiquait presque 5h du matin. Cela ne faisait que quatre heures que Capper avait repris sa torture... Pourtant cela semblait être une éternité aux yeux d'Alia. Elle avait réussi à ordonner silencieusement à Jio d'aller se cacher ailleurs lorsque son tortionnaire avait tourné le dos. L'infirmière, elle, restait impassible. Alia se souvenait avoir lu qu'une victime d'Impero ne se souvenait pas de ce qu'elle avait pu faire sous influence quand elle revenait à elle. Cette pensée arrivait presque à la rassurer. Au moins, la pauvre infirmière ne se souviendrait pas de ce qu'elle avait laissé faire sous ses yeux.

Alors que l'aiguille des secondes se rapprochait de cinq heures pile, la pointe chauffée à blanc de la lame de Capper siffla une nouvelle fois contre sa peau. L'enfoiré avait commencé une sorte d'œuvre d'art morbide dans la chair de son bras droit. Un mélange entre une marque des ténèbres, mais tracée d'insulte. Et en bullant ainsi les plaies, il les forçait à cicatriser sous cette forme hideuse.

Et bien sûr, chaque nouvelle marque, chaque nouvelle brûlure, tout faisait hurler sa victime à l'en rendre folle. Capper jubilait. Il s'amusait dans sa démence morbide. Quelle joie !

Soudain, retentissant dans toute la maison, un bruit strident vint figer le fer chaud en l'air.

Le silence revint, sans que personne n'ose bouger.

Puis une nouvelle sonnerie retentit. Une sonnerie venant de la porte.

Capper regarda l'heure, puis se leva, pas sûr de lui.

— Depuis quand ces putains de facteurs moldus sonnent à la porte ? se demanda-t-il, plus pour se rassurer qu'autre chose.

Il lança un regard par la fenêtre sur la rue en contre bas. Un homme qu'il n'avait jamais vu, debout devant les marches, s'acharnait sur la sonnette.

— Qu'est-ce que...

— SUSIE ! SUSIE, OUVRE, C'EST MOI ! HEY SUSIE ! OUVRE QUOI ALLEEEEEEEEEEEYYYYYY !

L'homme, de toute évidence bien alcoolisé, vociférait devant la porte à s'en arracher la gorge.

— OUUUUUUUUUUUUVRE MOI LA PORTEUUUUUUH ! TOI QUI A LA *hic* CLEEEEEEEEE !

Capper attrapa sa baguette et revint vers la fenêtre dans l'optique de tuer ce gêneur trop bruyant, certes il y avait un sort de silence qui empêchait les voisins d'entendre les cris de l'autre voyante mais il ne marchait sûrement pas sur le perron...

Mais alors qu'il allait ouvrir la fenêtre, des gens apparurent aux fenêtres des maisons voisines.

— C'est pas un peu fini ce boucan ?!

— Mais taisez-vous ou j'appelle les flics !

— SUSIIIIIIIIIIIIIIIIIIEEEEEEUUUUUUH JE T'AIIIIMEEEEEEEEUUUUUH ! *hic*

Capper rangea sa baguette. Pas sûr que son maître apprécierait le fait qu'il attire autant le regard sur lui. Non, il allait plutôt laisser cet imbécile se faire emmener par la police moldue, ce serait plus simple.

— MAIS ELLE VIENT PLUS AU TRAVAIL ! continua de crier l'homme bourré. JE SUIS SÛR ELLE A ÉTÉ ENLE *hic* VEEEEEEEEEEE !

Ok, là ça commençait à devenir embêtant... Si ce type avait remarqué la disparition de la moldue qu'ils avaient mise sous Impero, il ne serait peut-être pas le seul et risquerait alors de vraiment prévenir la police... Pas bon ça... Capper hésita un moment... Déplacer toutes ses affaires n'était pas difficile en soit mais pour l'autre "anti-magie" il était impossible de la faire transplaner ! Si la police moldue commençait à arriver, il devrait tous les tuer puis enfin transporter le corps de cette idiote dans une nouvelle cachette... Trop de complications pour rien. Il eut une autre idée.

— Toi, là ! ordonna-t-il à la moldue. Va lui ouvrir et fait-le rentrer. Et tâche de bien te montrer dehors et de leur dire que tu vas bien !

L'infirmière s'activa sans rien dire et sortit de la chambre. Capper jeta un rapide coup d'œil à Alia qui s'était évanouie à cause de la douleur et de la fatigue, et suivit la femme dans le couloir.

Il observa la scène du haut des escaliers et ce que l'on peut dire, c'est qu'il ne fut pas déçu.


Severus hésitait à se cogner la tête contre le mur derrière lequel il se cachait avec Wæmy.

"Faites-moi confiance" qu'il leur avait dit...

Lui faire confiance... POUR QU'IL IMITE UN POIVROT POUR FAIRE SORTIR LE MANGEMORT DE LA MAISON ?

"J'ai vu ça dans un film"... Le sorcier aurait presque pu imaginer Alia sortir ce genre de phrase... Est-ce que tous les moldus était devenus cinglés ou seulement ceux qui côtoyaient Alia ? Et à quel point était-il lui aussi atteint pour cautionner ce plan et préparer son protego informulé, au cas où, pour protéger cet énergumène qui était en train d'ameuter tout le quartier ?

Soudain, alors que Larry allait finir par perdre ses cordes vocales en même temps que le quartier perdait ce qui lui restait de patience, la porte du numéro 87 s'ouvrit et une femme en blouse blanche en sortit. À voir ses traits vides et ses vêtements qu'elle semblait ne pas avoir changé depuis des jours, il ne fallait pas être un génie pour comprendre que quelque chose n'allait pas.

La femme s'avança vers Larry comme si elle le connaissait et dit d'une voix forte mais morte, comme celle d'un robot.

— Je vais bien. Rentrons.

En l'entendant, Severus se douta alors qu'elle était envoûtée. Larry ne se laissa pas entraîner et au contraire, saisit la femme pour l'emporter dans une danse maladroite mais ferme, de laquelle elle ne pouvait s'échapper.

— OOOOOOH ! DOUCE SUSIIIIIIIIIIIIE ! COMME IL M'A MANQUE DE TE VOIR !

Soudain, de là où il était, Rogue put voir un homme descendre les escaliers en face de la porte de la maison. Il le reconnut sans peine, Capper, un petit sous-fifre de Voldemort. Une pièce remplaçable.

Sortant soudainement de sa cachette, Severus lança un sort d'obscurité sur toute la rue pour empêcher les moldus de voir, puis courut vers la maison à grand renfort de sortilèges.

Maintenant que Capper était loin d'Alia, il ne lui laisserait pas le luxe d'aller la rejoindre.


Capper ne comprit d'abord pas pourquoi la rue qu'il s'apprêtait à traverser pour récupérer son pantin et l'autre alcoolique (tant pis pour le risque d'être vu) avait été ainsi plongée dans le noir. Mais il comprit immédiatement lorsqu'un sortilège cuisant lui lacéra la chair. Il se protégea avant de riposter mais fut arrêté avant d'avoir pu faire le moindre geste.


Severus entra en courant dans la maison, émergeant du brouillard noir qu'il avait créé et prêt à mettre hors d'état de nuire le mangemort. Il entendit le cri, avant même de voir la scène.

Puis ses yeux transmirent les informations de ce qu'il voyait. Devant lui, Capper, allongé face contre terre sur la moquette crème, criait le dernier atome d'oxygène présent dans ses poumons. Et à moitié sur lui, le corps recouvert de bandages imbibés de sang, les mains rougies, les membres maigres et blessés, les cheveux poisseux et mornes, se trouvait Alia, un outil de torture dans ses deux mains. Et elle frappait. Encore et encore. Elle frappait. L'objet de métal s'enfonçait dans la chair et déchirait. Arrachant des cris de douleur à Capper comme à Alia. Des cris qui se mêlaient. Douleur, peur, haine, supplice.

Capper s'écroula sous son propre poids, mort, ou presque. Difficile à dire. Mais Alia continuait. Chaque mouvement semblait la faire souffrir et la libérer en même temps. Comme si toute la sauvagerie qui avait eu lieu contre elle ces derniers jours cherchait maintenant à s'exprimer à travers son corps.

Severus s'approcha d'elle. Il attrapa ses mains et lui arracha l'objet. Elle pleurait. Elle pleurait entre ses cris. Il l'attira jusqu'à lui en essayant de la blesser le moins possible. Elle hurlait.

— Je suis là, Alia. Je suis là. C'est fini. Tout est fini.

Elle hurlait encore et encore. Son corps entier hurlait sa douleur et sa peur. Et Severus la serrait contre lui, partageant sa détresse. Souffrant avec elle.

— C'est fini...

Elle resserra ses bras contre lui, s'agrippant à lui comme si le lâcher pourrait la tuer à nouveau. Et elle pleura. Elle pleura encore et encore.

C'était fini.


À suivre…