Bonjour à tous !

J'espère que vous avez passé une bonne semaine.

Ci-dessous le chapitre 37.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 37 : Novembre – Décembre 1996

Hermione arrêta immédiatement de manger son petit-déjeuner lorsque la Gazette du Sorcier arriva. Ni Harry, ni Ron, ni Ginny n'étaient encore présents, et elle récupéra avec empressement l'exemplaire de Ron. Il fallait qu'elle sache si Voldemort avait effectivement tenu sa parole, ou s'il s'était joué d'elle. Il fallait qu'elle sache si le geste de Voldemort la veille avait été un vrai geste, ou si c'était une façon de la flouer. Il fallait qu'elle sache si elle pouvait réellement se permettre d'espérer.

Et lorsqu'elle vit la Une, elle ressentit un intense soulagement, d'une force peut-être un peu trop disproportionnée d'ailleurs, mais elle n'en avait cure. Les Lestrange, Mulciber et la pauvre âme qu'ils avaient entrainée avec eux avaient été arrêtés par le ministère. Les trois premiers étaient déjà de retour à Azkaban, et le dernier risquait une peine de prison à vie. Et même s'il n'y avait plus de détraqueurs à Azkaban, la prison restait un lieu hautement sécurisé. Sans Voldemort pour les sortir de là, les mangemorts allaient devoir payer pour leurs crimes.

Le soulagement de Hermione s'arrêta cependant net lorsque Harry et Ron vinrent s'assoir autour d'elle. La mauvaise humeur de Ron était plus qu'évidente, et Hermione sentit son cœur se serrer. Elle n'avait pas trop de doutes sur la raison de la mauvaise humeur de son ami après la discussion qu'elle avait eu la veille avec Harry.

– Ron, souffla Harry avec agacement.

– Quoi ? s'insurgea Ron. On n'a même plus le droit d'être mauvais perdant maintenant ?

Et Ron s'arrangea pour attraper juste avant Harry le toast que ce dernier voulait prendre avant de le déposer rageusement dans sa propre assiette. Hermione eut presque envie de tenter de s'enfuir discrètement.

– Ron, je suis absolument ravi de supporter ta mauvaise humeur de perdant, je te l'assure, puisque cela prouve que j'ai gagné, fit Harry. Mais si tu continues, Hermione va devenir tellement blanche que nous allons devoir l'emmener à l'infirmerie.

Et pour la première fois Ron releva son regard vers elle et Hermione se crispa, anticipant sa colère. Mais elle n'y rencontra que de l'exaspération qui se mua en inquiétude, puis en quelque chose qui ressemblait à de l'affection.

– Arrête de tout dramatiser Hermione, fit Ron. Je ne suis pas en colère contre toi. Je suis en colère contre moi-même, puisque visiblement Harry connait mieux mon ancienne femme que moi !

– Je peux savoir ce qui se passe ici ? demanda Ginny qui venait juste d'arriver.

– J'ai pris cette idiote la main dans le sac hier soir alors qu'elle venait de passer la nuit avec lui, fit Harry en pointant du doigt Hermione. Et du coup cet idiot boude parce qu'il avait parié 100 gallions sur le fait que cela aurait commencé uniquement cet été.

– Je vous demande pardon ? s'insurgea Hermione.

Ils avaient osé parier sur sa relation avec Voldemort ? Ils n'avaient vraiment rien de mieux à faire de leurs journées ?

– Eh bien voilà, mission accomplie, fit Ron. Maintenant elle n'est plus blanche, elle est toute rouge.

Harry eut l'audace d'éclater de rire, alors que Hermione se retrouvait à court de mots pour exprimer son indignation.

– Honnêtement Ron, fit Ginny. Tu as vraiment envie de te mettre Hermione à dos ?

– Pas vraiment, répondit Ron. Mais c'est quand même un peu mérité. Franchement, me quitter moi pour se mettre en couple avec l'autre abruti de Serpentard !

– Je tiens à préciser que je ne suis pas en couple avec lui, intervint Hermione. C'est purement occasionnel.

Trois regards dubitatifs se tournèrent vers elle.

– Nous ne sommes pas en couple ! répéta Hermione avec indignation.

– Il me semble pourtant que vous couchez ensemble, pointa Ron.

– Cela ne définit en rien un couple, répondit Hermione.

– Régulièrement, rajouta Harry.

– Et alors ? répliqua Hermione. Une relation purement physique ne fait pas un couple !

– Tu passes une bonne partie de tes week-ends là-bas, rappela Ron.

– Parce que Voldemort sait travailler en silence, lui !

– Serait-ce donc un aveu du fait que tu aimes bien passer du temps avec lui ? demanda d'un ton innocent Harry.

Hermione eut soudain envie qu'il s'étouffe avec son toast.

– Allez, viens Hermione, fit Ginny en lui attrapant le bras. Partons d'ici avant que tu ne continues à t'enfoncer et que tu finisses par lancer un sortilège désagréable à ces deux-là.

Et Hermione se laissa entrainer par Ginny alors que Harry semblait s'étouffer de rire et que Ron grommelait quelque chose qui ressemblait suspicieusement à « j'en viendrais presque à souhaiter bon courage à l'autre pour la supporter ».

– J'ai entendu ! fit-elle par-dessus son épaule.

Cela fit redoubler le rire de Harry alors que Hermione et Ginny sortaient de la grande salle. Elles marchèrent pendant un moment au hasard des couloirs, sans but précis, avant que Ginny ne prenne finalement la parole.

– Ils l'ont bien pris, fit-elle.

Hermione laissa échapper un soupir.

– Je ne comprends pas, avoua-t-elle. Ils devraient être furieux. Tu devrais être furieuse toi aussi.

– Vraiment ? fit Ginny. Tu aurais réagi comment toi si la situation avait été inversée ? Si j'étais à ta place ? Tu m'en aurais voulu peut-être ?

Hermione prit quelques secondes pour réfléchir, pour essayer – difficilement – d'imaginer Ginny, sa meilleure amie depuis des dizaines d'années, à sa place.

– J'imagine que je t'aurais conseillé de consulter un psy, fit-elle. Et ensuite je t'aurais appris tous les charmes de protection que je connaissais.

– Bah voilà, répondit Ginny. Sauf que nous on ne peut pas vraiment t'apprendre plus de charmes de protections que tu n'en connais déjà !

Pour la deuxième fois de la journée, Hermione ressentit un intense soulagement, et un brin d'espoir pour l'avenir.

Les semaines suivantes, Hermione resta plusieurs fois dormir au château de Serpentard.

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Voldemort se figea lorsque plusieurs alarmes résonnèrent en même temps dans son bureau un jeudi matin début décembre. Il n'y avait qu'une chose qui pouvait déclencher un tel niveau d'alerte. Quelqu'un tentait de visiter l'un des lieux où il avait pendant un certain temps entreposé des Horcruxes. En l'occurrence la cave.

Voldemort se leva d'un mouvement brusque et transplana immédiatement à une certaine distance. Très peu de personnes pouvaient se trouver là. Hermione, Potter et leur deux acolytes bien sûr, mais pourquoi seraient-ils venus là ? L'autre personne la plus probable était certainement Dumbledore, mais il ne pouvait exclure aucune possibilité.

Les potentiels visiteurs étaient d'ailleurs la seule raison qui lui avait fait poser des alarmes avancées autour de la cave et de la maison des Gaunt lorsqu'il s'était rendu compte que le quatuor avait été en mesure de récupérer ses Horcruxes sans qu'il n'en soit alerté. Parce que quiconque sachant un peu trop de choses sur ses Horcruxe tenterait surement de visiter ces endroits. Et il ne pouvait se permettre de laisser repartir ces personnes vivantes.

Il surplombait actuellement la falaise, à environ un kilomètre du point juste au-dessus de la grotte, et même d'aussi loin il put distinguer les robes extravagantes du directeur de Poudlard. Et immédiatement Voldemort sentit poindre sa colère. Le quatuor avait-il osé parler à Dumbledore de ses Horcruxes ? Avaient-ils osé tenter de rompre unilatéralement leur accord tacite ?

Mais cela ne collait pas vraiment. Si le quatuor avait vraiment parlé à Dumbledore, celui-ci ne serait surement pas venu ici. Il aurait su qu'il n'y avait plus rien à y chercher. Mais qu'est-ce qui pouvait bien s'être passé alors ? Le quatuor avait-il simplement tenté de mettre Dumbledore sur la piste de ses Horcruxes sans vraiment révéler ce qu'ils savaient ? À moins que Dumbledore ne soit parvenu à savoir pour ses Horcruxes d'une quelconque autre façon ?

Après tout, Voldemort pouvait reprocher beaucoup de choses à Dumbledore, mais même lui devait admettre qu'il était suffisamment intelligent et puissant pour poser problème. Une preuve supplémentaire de la dangerosité de Dumbledore était que celui-ci l'avait visiblement repéré, et Voldemort se rapprocha sensiblement en transplanant de nouveau, à une vingtaine de mètres du directeur de Poudlard.

– Tom, salua Dumbledore.

Ce que Dumbledore pouvait être énervant avec sa manie de toujours le rabaisser…

– Que viens-tu faire ici Albus ? demanda dédaigneusement Voldemort. Tu penses peut-être que j'ai laissé trainer quelque chose par ici ?

Sa colère était peu à peu remplacée par de la satisfaction. Il n'y avait aucun Horcruxe ici, rien que Dumbledore ne puisse trouver, rien qui ne le mette vraiment en danger. De plus, Dumbledore et lui étaient sur une plaine déserte, au milieu de nulle part. L'occasion parfaite pour qu'il puisse vaincre Dumbledore une bonne fois pour toutes. Même le quatuor ne pourrait lui reprocher d'avoir tué Dumbledore alors qu'ils étaient tous les deux seuls. Il pouvait prétendre à la légitime défense après tout.

Et leur combat se finirait très probablement par la mort du vieux fou. Car Dumbledore avait beau être un sorcier redoutable, il était clair qu'il commençait à vieillir, alors que Voldemort était au sommet de sa puissance. Discrètement, il commença à tisser de multiple charmes anti-transplanage autour de la zone pour empêcher la potentielle fuite de son ennemi.

– Je dois avouer que je ne pensais pas déclencher une quelconque alarme en venant ici Tom, fit Dumbledore sans répondre à sa question. Les derniers charmes m'ont pris par surprise.

– Pour être tout à fait honnête j'ai emprunté cette alternative du charme de Melvure à quelqu'un d'autre, avoua Voldemort, se sentant étrangement grand prince maintenant qu'il avait enfin l'opportunité parfaite de tuer Dumbledore. Mais tu es venu pour rien Albus. Il n'y a plus rien dans cette cave.

C'était particulièrement jouissif de pouvoir dire cela à Dumbledore juste avant de finalement le tuer. De lui montrer qu'il avait fini par véritablement devenir bien meilleur que lui. Que c'était lui qui aujourd'hui maitrisait la situation.

– As-tu vraiment mutilé à ce point ton âme Tom ? demanda Dumbledore d'un ton déçu qui horripila Voldemort.

– Ai-je vraiment fait un Horcruxe Albus ? fit-il. Mais bien sûr.

Presque sous son nez même, puisqu'il avait réalisé son premier Horcruxe l'été entre sa sixième et sa septième année.

– Cette magie marque l'âme et le corps Tom, irréversiblement.

– Vraiment ? répondit Voldemort d'un ton moqueur. Comme tu peux le voir mon corps ne porte guère de traces de cette magie.

– Qu'importe si tu te dissimules derrière des glamours, fit Dumbledore, je me doute qu'au fond tu ressembles probablement à celui que tu étais au début des années 80.

Voldemort fit tournoyer sa baguette entre ses doigts.

– Ah, mais tu te trompes Albus. C'est mon vrai visage que tu vois ici. Parce qu'il est parfaitement possible de contrer les effets négatifs d'un Horcruxe pour le sorcier exceptionnel que je suis.

La surprise s'afficha un instant sur le visage de Dumbledore et Voldemort eut un sourire narquois.

– Tu te doutes bien sûr que je vais devoir te tuer pour avoir découvert que j'ai un Horcruxe, fit Voldemort.

Sa baguette arrêta de tournoyer et il la pointa vers Dumbledore, alors que le directeur de Poudlard sortait aussi la sienne. C'était vraiment l'occasion parfaite.

Dumbledore réalisa un mouvement vif de sa baguette, et l'air autour d'eux sembla devenir soudainement bien plus lourd, bien plus humide, presque moite. Voldemort plissa les yeux un instant, avant d'envoyer un Avada Kedavra pour obliger Dumbledore à se déplacer.

Le vieux fou préféra conjurer un rocher sur le chemin du sortilège qui éclata en mille morceaux sous l'impact, et Voldemort enchaina avec un sortilège transformant le sol où Dumbledore se trouvait en lave. Celui-ci se contenta d'utiliser la moiteur ambiante de l'air pour conjurer suffisamment d'eau pour immédiatement refroidir la lave.

C'était donc pour cela ce premier sortilège. Il était évident pour quiconque connaissait un minimum Lord Voldemort que le mage noir avait une affinité particulière avec le feu, et qu'il connaissait un bon nombre de sortilèges sur le sujet. Et Dumbledore avait voulu pouvoir puiser dans les éléments extérieurs pour pouvoir réagir sans trop se fatiguer. Cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose. Dumbledore ne se sentait pas suffisamment sûr de lui pour pouvoir contrer ses sortilèges à pleine puissance dans un environnement défavorable.

– Aurais-tu peur de moi Albus ? se moqua Voldemort.

– Ton arrogance te perdra Tom, répondit Albus. Je ne serai pas le dernier à me battre contre toi.

Ah, c'était peut-être vrai. Mais malheureusement pour Dumbledore, les seules autres personnes qui pourraient potentiellement l'inquiéter avaient présentement plus ou moins un accord avec lui, et n'étaient donc pas vraiment disposées à se battre contre lui.

– Mais quel que soit leur nombre, personne ne parviendra à me vaincre Albus, personne ! ricana Voldemort.

Et d'un mouvement ample de baguette il conjura plusieurs éclairs qui, transperçant aisément l'air chargé d'humidité, s'écrasèrent sur une zone de plusieurs mètres tout autour de Dumbledore. Mais le mage blanc fit rapidement disparaitre ceux-ci, n'en ressortant qu'avec une barbe roussie et un bout de ses robes extravagantes brulé.

L'instant d'après ils commencèrent vraiment leur combat, Dumbledore s'appuyant sur ses connaissances étendues de la métamorphose, alors que Voldemort se servait allègrement de magie noire.

Et rapidement Voldemort commença à véritablement sentir son triomphe venir. Parce qu'il avait visiblement le dessus. Parce que Dumbledore avait effectivement vieilli depuis leurs derniers affrontements au début des années quatre-vingt, alors que lui n'était revenu de ses années d'errance que plus puissant encore. Le combat se fit plus violent, et à chaque fois que Voldemort parvenait à se rapprocher d'un pas de plus de Dumbledore sa satisfaction augmentait.

Bientôt il serait suffisamment proche pour que son style de combat plus incisif lui assure l'avantage final. Bientôt il pourrait immobiliser et ensuite tuer Dumbledore. Bientôt il pourrait observer avec joie le cadavre de son plus vieil ennemi, et tenir la baguette de Dumbledore entre ses mains.

Soudainement, quatre bruits de transplanage se firent entendre, et Voldemort et Dumbledore se tournèrent de concert vers les quatre arrivants. Qui se placèrent immédiatement entre eux. Ils avaient encore changé légèrement leur apparence, et tenaient leur baguette de rechange, mais pour Voldemort il n'y avait aucun doute sur qui ils étaient, et sa joie se transforma immédiatement en fureur.

– Qu'est-ce que vous faites ici vous ? demanda-t-il d'un ton glacial.

Comment est-ce qu'ils avaient pu savoir qu'il était en train de se battre avec Dumbledore ? Comment avaient-ils fait pour être une fois de plus au courant de quelque chose qu'ils n'auraient pas dû savoir ?

Quelqu'un semblait trop euphorique, répondit Potter.

Hermione lui donna un coup de coude et Potter blanchit visiblement alors que le regard de Voldemort passait de l'un à l'autre. Comment est-ce que Potter pouvait savoir qu'il était euphorique ? Le quatuor n'avait pas pu poser de quelconques sortilèges de détection sur lui, il en était certain. Mais alors comment ? Il n'y avait qu'une chose qui faisait la particularité de Potter. Qu'une chose qui le faisait sortir du lot. Qu'une chose qui le reliait à lui. Son Horcruxe.

Mais un Horcruxe n'avait pas de lien avec l'âme mère… À moins que ce ne soit la particularité d'un Horcruxe vivant… Après tout il était en mesure de connaitre les états d'âme de Nagini s'il le souhaitait. Il avait cru ne pas pouvoir le faire avec Potter, mais celui-ci devait toujours s'être protégé par des barrières d'occlumencie…

En quelques fractions de secondes, Voldemort localisa dans son esprit le lien ténu qui le reliait à Potter, et força violement dessus. Et effectivement, plusieurs couches de sortilèges de dissimulation volèrent en éclat, révélant le pont entre son esprit et celui de Potter. Celui-ci réagit rapidement, l'expulsant de force de ses pensées, mais Voldemort n'avait pas besoin d'en voir plus pour savoir que Potter avait effectivement utilisé le lien.

– Je vais finir par tous vous tuer un jour, menaça-t-il.

Il avait presque envie de tout envoyer au diable et de tuer Potter sur le champ, tant pis pour son Horcruxe. Il avait osé espionner ses pensées. Il avait osé entrer dans sa tête.

– Ne restez pas ici jeunes gens, vous vous trouvez face à Voldemort, intervint Dumbledore d'une voix forte.

La colère de Voldemort se reporta immédiatement sur le vieux fou.

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Hermione leva les yeux au ciel face à la remarque de Dumbledore. C'était très amiable de sa part, mais pas vraiment utile.

– Nous sommes venus vous protéger, répondit Ron.

– Êtes-vous les sorciers qui sont intervenus lors de l'arrestation des mangemorts il y a un an de cela ? demanda Dumbledore. Cela fait longtemps que je cherche à vous contacter.

Voldemort afficha un rictus dédaigneux et Hermione lui lança un regard noir. Que le mage noir lui rendit au centuple. Il n'avait vraiment pas l'air heureux qu'ils soient intervenus dans son combat avec Dumbledore. À moins que ce ne soit la réalisation que Harry espionnait depuis des années ses pensées qui le rendait aussi furieux.

– Nous ne sommes pas venus nous battre contre Voldemort non plus, fit Ron. Nous sommes simplement venus nous assurer que aucun de vous deux ne mourrait.

Voldemort eut un reniflement méprisant et Hermione lui envoya un maléfice de découpe qu'il évita d'un pas, avant de lui renvoyer un Doloris qu'elle fit rebondir sur mur de pierre.

– Dans quel camp êtes-vous dans ce cas si vous me permettez de demander ? demanda Dumbledore.

– Notre propre camp, répondit Ron.

– Mais… commença Dumbledore.

– Je n'ai aucune envie de perdre plus de temps que cela en votre présence, coupa Voldemort d'un ton acide. En espérant que la prochaine fois que je vous croise ce soit sous la forme de cadavres.

Et il pivota légèrement sur lui-même, s'apprêtant visiblement à transplaner, avant de s'arrêter subitement.

– Attendez… Il me reste encore une question primordiale, fit-il en se tournant vers Hermione. Comment est-ce que Albus Dumbledore a-t-il bien pu savoir pour ce lieu ? Cela me parait être un important manquement à nos accords.

Hermione jeta un coup d'œil autour d'eux, et reconnut finalement l'endroit.

– Cela ne vient pas de nous, répondit Harry. Nous n'avons jamais parlé à Albus Dumbledore de cet endroit.

– Vraiment ? Alors comment cela se fait-il qu'il soit ici ?

Du coin de l'œil, Hermione remarqua que Dumbledore effectuait de légers mouvements de baguette, profitant du fait que l'attention de Voldemort était toujours focalisée sur Harry.

– Il s'est bien débrouillé pour être au courant sans nous la dernière fois, fit remarquer Harry. Et puis si nous avions parlé, il ne serait pas venu ici !

– Vous étiez les seuls à savoir, répliqua Voldemort. Je pense qu'il est temps que mes mangemorts reprennent plus sérieusement leurs attaques.

C'était un prétexte bien sûr, Hermione était sure que Voldemort savait que ce n'était pas eux qui avaient parlé. Et il n'avait même aucun intérêt à augmenter ses attaques alors que Lucius Malefoy venait de prendre la tête du Magenmagot depuis seulement quelques mois. Non, il devait faire cela simplement pour se venger de ce qu'il avait appris à propos de Harry. À moins que ce ne soit pour évacuer sa frustration de ne pas avoir pu tuer Dumbledore.

– Personne ne m'a rien dit pour toi Tom, intervint Dumbledore. La seule personne qui a suggéré une piste est aujourd'hui à Nurmengard.

Dumbledore avait parlé à Grindelwald ? C'était étonnant, mais il était vrai qu'il l'avait peut-être aussi fait dans leur première vie, sans qu'ils n'en sachent jamais rien. Cela ne sembla pas plaire à Voldemort.

– Grindelwald aurait mieux fait de garder ses soupçons pour lui, fit Voldemort d'une voix glaciale.

Son regard passa de Dumbledore au quatuor, et il sembla hésiter à lancer une offensive contre eux, surement pas certain de parvenir à les vaincre tous d'un coup. Mais finalement il opta pour une retraite stratégique, pivotant sur lui-même pour transplaner, avant de visiblement se heurter à un mur.

Cela figea complètement la scène, alors que l'air autour de Voldemort semblait maintenant crépiter de colère.

– Il y a trois barrières anti-transplanage autour de l'endroit, chuchota rapidement Ginny à l'oreille de Hermione. Celles de Voldemort, les nôtres, et celles de Dumbledore.

– Baissez immédiatement vos barrières, exigea Voldemort.

– Les nôtres devraient déjà vous laisser passer, affirma Ron.

Ils n'avaient aucun intérêt à essayer de retenir ici un Voldemort furieux.

– Je ne crois pas qu'il soit déjà temps pour toi de partir Tom, fit cependant Dumbledore.

La baguette de Voldemort se pointa vers lui.

– Tu es un idiot, Albus, si tu crois pouvoir m'arrêter comme cela, lança Voldemort.

Hermione s'apprêta à s'interposer entre eux alors qu'une dizaine de bruits de transplanage retentissaient autour d'eux. En une fraction de seconde, Voldemort s'applique un glamour brouillant ses traits.

– Merde, les aurors ! jura Harry.

Et effectivement des dizaines de sorciers en robe rouge venaient d'apparaitre autour d'eux.

– Baissez immédiatement vos baguettes ! ordonna Rufus Scrimgeour qui se trouvait en première ligne.

Hermione échangea un regard avec Harry, Ron et Ginny. Ils ne pouvaient réellement laisser Voldemort se faire attraper par Dumbledore et le ministère, il y avait un risque trop important qu'ils aient de nouveau besoin de lui pour la source de magie. Et de plus, aider le ministère à attraper Voldemort n'avait aucun intérêt. Voldemort s'enfuirait dès qu'ils ne seraient plus là, massacrant au passage une partie de la population. Et même si le ministère le tuait, il reviendrait grâce à ses Horcruxes et la Pierre Philosophale qui était toujours en sa possession…

Mais ils devaient aussi empêcher Voldemort de s'en prendre aux aurors et à Dumbledore, parce que cela ne serait qu'un bain de sang inutile. Et pire encore, Voldemort avait toujours la possibilité de faire immédiatement transplaner ses mangemorts ici, assurant alors un véritable carnage, réduisant à néant la paix fragile qui existait actuellement entre eux.

– Je ne le répéterai pas, baissez immédiatement vos baguettes ! fit Rufus Scrimgeour.

Hermione et ses amis se tournèrent vers les aurors, dans une position plus qu'alerte, prêts à contrer le premier sortilège qui serait lancé. Elle entendit Harry jurer de nouveau à côté d'elle, et en suivant son regard elle reconnut Sirius, Kingsley, et Tonks dans le rang des aurors.

– Je suis en train d'essayer de percer les barrières de Dumbledore, mais elles sont coriaces, murmura Ginny.

Hermione, elle, continuait à surveiller Voldemort du coin de l'œil, voulant éviter de recevoir un sortilège dans le dos si Harry, Ron et elle se concentraient tous les trois sur les aurors.

– Pourquoi l'aidez-vous donc ? demanda Dumbledore. Vous vous battiez contre lui l'année dernière !

Cette accusation sembla outrer Harry.

– Nous n'aidons personne ! s'exclama Harry. Et surement pas lui !

– Mais vous êtes en train de tenter d'abattre les barrières de Dumbledore pour que je puisse partir d'ici, fit remarquer Voldemort d'un ton moqueur.

– Pour éviter que vous ne fassiez un massacre, pointa Ron.

– Et d'ailleurs, un peu d'aide sur les barrières serait la bienvenue ! intervint Ginny d'un ton exaspéré.

C'est le moment que choisirent les aurors pour finalement les attaquer. Des dizaines de sortilèges volèrent vers Voldemort et le quatuor, que Dumbledore compléta de quelques sortilèges de son cru en direction du mage noir.

Le regard de Voldemort passa rapidement du quatuor, à Dumbledore, puis aux aurors, avant de visiblement décider que ce combat n'en valait pas la peine, et d'amorcer les mouvements du transplanage avec un sourire moqueur sur les lèvres, tout en envoyant une dernière flopée de sortilèges vers Dumbledore, le quatuor, et les aurors.

Plusieurs choses se passèrent en même temps. Les barrières anti-transplanage de Dumbledore tombèrent dans un énorme crac surement provoqué par Voldemort qui venait d'insuffler bien plus de puissance à ce que Ginny tentait de faire depuis quelques minutes. Dumbledore lui-même sembla afficher un instant un air de triomphe alors qu'il bougeait vivement sa baguette tout en évitant d'un pas l'Avada Kedavra que Voldemort lui avait lancé. Et Harry et Ron érigèrent autour du quatuor un immense bouclier qui fit se réverbérer la plupart des sorts des aurors dans un énorme bruit d'explosion, alors que Hermione déviait les sortilèges de Voldemort qui visaient le quatuor et les aurors.

Hermione, Harry, Ron et Ginny évitèrent ensuite d'un mouvement fluide les sortilèges qui parvinrent à passer alors que Voldemort transplanait finalement. Ils entendirent un cri de rage qui disparut avec le seigneur des ténèbres, et Hermione se retourna vivement vers l'endroit d'où il venait de partir.

– Stop ! hurla Albus Dumbledore aux aurors. Arrêtez vos sorts, il vient de s'enfuir, mais il reste des échantillons de son sang.

Et effectivement, Hermione pouvait voir plusieurs flaques de sang à l'endroit d'où Voldemort était parti. Sans pouvoir se maitriser, elle fut prise d'un fou rire qui figea plus certainement la scène que les demandes de Dumbledore.

– Oh ! entendit-elle Ginny dire alors qu'elle envoyait quelques sortilèges de détection autour d'eux.

– Vous là-bas, vous êtes en état d'arrestation, baissez immédiatement vos baguettes, fit l'un des aurors.

Le quatuor échangea un regard rapide.

– Partons, décida Harry.

– Portoloin, répondit Ginny.

D'un mouvement de baguette ils activèrent les Portoloins qu'ils avaient chacun depuis longtemps enchantés sur leur bracelet, disparaissant sans que ni Dumbledore, ni les aurors ne puissent les retenir.

Ils se retrouvèrent dans le salon de la maison de campagne des Potter que Hermione utilisait souvent comme arrière base, et tous annulèrent machinalement leurs glamours, alors que Hermione continuait de rire.

– Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? demanda Ron avec impatience. Dumbledore croit que nous sommes contre lui, Voldemort va être furieux de ne pas avoir pu lui effacer la mémoire à propos du lieu et des Horcruxes, et le ministère va encore ne rien comprendre.

– Oh, ça, Voldemort va être furieux, commenta Ginny d'un air féroce. Je n'aurais pas pensé que Dumbledore mette en place quelque chose d'aussi retors !

Et Ginny se mit elle aussi à rire légèrement, relâchant surement la pression des dernières minutes.

– Est-ce que l'une d'entre vous pourrait avoir l'amabilité d'expliquer aux lents d'esprits que nous sommes ce qu'il y a de si drôle ? demanda Harry.

– Voldemort s'est fait avoir par Dumbledore, se dévoua finalement Hermione. Dumbledore n'a jamais compté sur les aurors pour arrêter Voldemort. Il voulait que Voldemort s'enfuie. Parce qu'il a caché dans ses protections anti-transplanage un charme d'activation, et aucun d'entre nous n'a pensé à vérifier cela, parce que bien sûr cela ne fait pas de sens. Sauf que son charme d'activation a mis en place une dernière barrière lorsque les autres sont tombées. Une barrière qui avait pour seul but de blesser Voldemort jusqu'au sang, et qu'il a traversée sans même y faire attention.

– Cela explique le cri de rage, nota Ron. C'est pour cela que nous sommes partis en portoloin, et non en transplanant ?

Hermione hocha simplement la tête.

– Par la barbe de Merlin. Cela veut dire que Scrimgeour va pouvoir récupérer le sang de Voldemort, comprit Ron.

– Exactement, fit Hermione. Voldemort l'a surement charmé pour disparaitre rapidement, mais Dumbledore va faire en sorte que ce ne soit pas avant que des analyses puissent être faites dessus, et prouver que c'est bien le sang de Voldemort.

– Et donc que Voldemort est effectivement de retour, comprit Harry. Oh, il va être plus que furieux…

Cela ne les arrangeait pas vraiment d'avoir un Voldemort furieux sur le dos, mais rien que d'imaginer la tête de celui-ci lorsqu'il avait dû comprendre la ruse de Dumbledore fit redoubler le rire de Hermione.

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AN : À la semaine prochaine.