Salut à vous !

Je sais que je vous avais annoncé un espacement de mes publications vu ma perte importante d'avance, MAIS depuis, grâce à vos nombreux messages de soutien bienveillants et encourageants, j'ai fini mon chapitre 53 (qui était à peine commencé) et écrit le 54 dans la foulée.

J'ai aussi réagencé mon plan. Je n'ai pas spécialement touché au fond (même si j'ai ajuste l'une ou l'autre petite chose), j'ai surtout retravaillé la chronologie et la découpe de l'ensemble et donc, sauf imprévu, cette histoire fera 70 chapitres, épilogue compris.

Donc encore 16 à écrire (ça devient bon, mine de rien ^^').

Donc me revoilà ! (franchement, j'étais super mal à l'aise à l'idée de perdre ma régularité de publication... Je m'y suis engagée et c'est important pour moi de respecter cet engagement, même si je ferai une pause durant les fêtes, mais bon, on n'y est pas encore).

Enfin bref ! Tout ça pour dire que ça vous semble peut-être être des remerciements "bateau", quand un-e auteur-rice dit ça, mais vos retours ont vraiment beaucoup d'importance pour nous, pour notre motivation... (ou pour moi, ça en a du moins XD).

Je change souvent de photo de profil, vous le savez. Je suis du genre... Indécise (ah ah ça me fait rire car c'est le pseudo de mon perso sur WoW, bref). Mais y a une image que j'ai jamais changée depuis que je l'ai mise : ma photo de couverture sur FB : Aucune histoire ne vit si personne ne veut l'écouter.

Bonne lecture !


RARA :

Delph : Coucou ! Ce double chapitre marque effectivement un tournant dans leur relation, je te rassure ;) (ou en tout cas, c'est comme ça que je l'ai envisagé, mdr). Merci beaucoup pour ton soutien et pour ta review

Gaarette : Coucou ! Chapitre plein de douceur, oui, de quoi apprendre à avancer (et à nouer de nouvelles choses) comme il faut, sans se précipiter, comme ils ont pu le faire avant (mdr, ça a commencé y a 20 ans, pas sûre que le terme "précipité" soit le bon XD). Bref, merci pour tes encouragements et pour ta review ! (et d'être toujours là même si tu trouves l'attente entre les chapitres frustrante )


Merci à Damelith, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.
Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.

Illustration d'Upthehill : upthehillart sur DeviantArt


L'Autre

2019 - Scorpius/Rose

Janvier - Rose

Rose était assise sur l'un des bancs en pierre qui se trouvaient sous les arches encadrant la cour intérieure de Poudlard en compagnie de Cara-Lean et de Juliet.

Bien qu'elle soit contente de revoir ses amies après les vacances qui les avaient tenues éloignées les unes des autres, elle ne parvenait pas à s'intéresser à leur conversation. Elle aurait d'ailleurs été incapable de préciser le sujet de celle-ci… Les garçons ? Les cours ? Ce qu'elles avaient fait durant ces deux dernières semaines ? Aucune idée.

D'ailleurs, pour être honnête, ça ne l'intéressait pas spécialement non plus. Non, elle était plutôt préoccupée par Scorpius qui semblait l'éviter, une fois de plus. Ils s'étaient pourtant retrouvés dans le même compartiment du Poudlard Express, avec Albus, mais il n'avait pas daigné lui adresser directement la parole une seule fois et ça commençait à l'agacer prodigieusement.

Non mais sérieusement ! Ils n'avaient même pas échangé un vrai baiser et il agissait comme s'il avait commis le pire crime possible.

Elle avait bien tenté d'en parler avec Albus, mais son cousin lui avait rétorqué qu'il ne voulait pas se mêler de leurs affaires.

Tant pis… S'il voulait jouer à ce petit jeu, eh bien ils seraient deux à le faire. Après tout, elle avait aussi sa fierté.

- Rosie ? l'interpella Cara-Lean en la secouant légèrement par l'épaule.

- Hum… oui ? répondit la concernée en portant son attention sur son amie.

- On disait que le dîner allait sans doute être bientôt servi. On va à la Grande Salle ?

- Oui, oui, bien sûr… Désolée, j'étais perdue dans mes pensées.

- On a vu ça, oui, la taquina Juliet. C'est à cause d'un garçon ?

- Pas vraiment, grommela Rose en réponse. Mais c'est rien, vous inquiétez pas. Allez, on y va !

Elles se levèrent puis ajustèrent leurs capes avant de se diriger vers la double porte qui leur permettrait de rentrer dans le château. Une fois celle-ci franchie, Rose remarqua que Scorpius se trouvait non loin de là, adossé au mur, seul et en train de se ronger les ongles.

Geste qui avait toujours traduit sa nervosité.

Bien que la présence de son ami l'intriguât grandement, Rose était déterminée à tenir sa dernière résolution et passa donc devant lui, avec Cara-Lean et Juliet, en l'ignorant délibérément.

- Roussette ! l'interpella-t-il.

Elle aurait volontiers poursuivit son chemin, mais ses deux amies s'étaient arrêtées et elle aurait eu l'air idiote si elle n'en avait pas fait de même.

- Salut Scorp' ! dit Cara-Lean en souriant à leur camarade. Désolée, je t'avais pas vu…

- Pas de souci, répondit-il en haussant les épaules dans un geste d'indifférence.

Il posa ensuite son regard sur Rose, qui croisa les bras sur sa poitrine, résolue à lui montrer qu'elle n'était pas dans de bonnes dispositions à son égard.

Certes, il avait des circonstances atténuantes pour justifier son attitude distante, mais ce n'était pas une raison pour l'écarter de sa vie comme il l'avait fait depuis novembre. Surtout que de base, elle n'avait rien fait de mal mis à part s'inquiéter pour lui.

- Je… Je peux te parler en privé ? lui demanda-t-il.

- On allait à la Grande Salle, là, précisa-t-elle platement.

- S'il-te-plaît, Rose…, insista-t-il.

Et là, son ressentiment s'envola comme un vif d'or qu'on aurait libéré de sa boîte.

C'était la première fois que Scorpius l'appelait par son prénom.

Trop émue pour parler sans trahir l'émotion qu'elle ressentait, elle hocha simplement la tête et le suivit en silence.

Une fois qu'ils furent seuls dans le couloir, Scorpius lui tendit timidement une main et Rose s'en saisit sans aucune hésitation.

Un sentiment de bien-être l'envahit aussitôt. Peu importait ce qu'il avait à lui dire, elle savait que ce malaise entre eux avait définitivement disparu.

Sans surprise, ils se dirigèrent jusqu'à leur alcôve secrète du troisième étage et s'installèrent sur les coussins avant de se lâcher la main.

- Je… Je suis désolé, bredouilla Scorpius au bout d'un moment. Je sais que je t'ai blessée en t'évitant comme je l'ai fait après t'avoir… t'avoir embrassée, mais j'avais besoin de temps et tu ne m'en laissais pas…

- Je sais, oui, confirma Rose en jouant avec un bouton de sa robe. Je m'en veux de t'avoir brusqué, tu sais ? Mais j'étais tellement inquiète… Comment vas-tu ?

- Disons que ça ira… J'ai parlé avec mon père, durant les vacances, et… enfin voilà, ça finira par aller mieux.

- Ok, approuva-t-elle, profondément rassurée d'apprendre que son ami s'était enfin confié à quelqu'un.

- Pour… Pour le Tu-Sais-Quoi…, reprit-il, les joues aussi rouges que son écharpe. Tu… Tu as compris que… que j'étais pas… enfin…

Un immense et bruyant soupir soulagé échappa à la jeune fille.

- Disons que j'en étais sûre à 90 %. Tu sais que je te considère un peu comme Albus, n'est-ce pas ? On est liés par le pacte de sang, à présent, tu comprends ?

Cette fois, ce fût Scorpius qui soupira, visiblement rassuré.

- J'avoue que ça a joué sur mon attitude… J'avais trop peur que tu sois tombée amoureuse et de te briser le cœur.

- Beurk ! s'exclama Rose en rigolant. Je ne suis même pas intéressée par les garçons !

- Ah bon ? releva-t-il. Tu sais, ma tante Daphné a aussi une amoureuse, donc…

- Non mais je ne suis pas intéressée par les filles non plus ! le coupa-t-elle. Enfin peut-être, j'en sais rien du tout. C'est justement ce que je veux dire, tu comprends ? J'ai même pas treize ans, je suis pas comme Cara-Lean et Juliet à ne parler que de ça… Et puis, on a bien trop de devoirs à faire pour que je perde mon temps avec des idioties pareilles.

- Ouais, c'est vrai qu'elles sont parfois un peu chiantes avec leurs histoires de garçons… Tu sais que l'autre jour, je les ai surprises en train de parler de James ?

- James… Mon cousin ?!

- Ouais… Elles le trouvent trop beau quand il joue au Quidditch, précisa-t-il, juste avant de mettre un doigt dans sa bouche pour faire semblant de vomir.

Là-dessus, la tapisserie qui masquait l'accès à leur cachette s'ouvrit et Albus les dévisagea en fronçant les sourcils, les poings serrés posés sur ses hanches.

- Ah vous êtes là ! dit-il sans chercher à se montrer discret. J'espère que j'ai rien interrompu de trop…

Il mima des bruits de bisous avec sa bouche et Rose lui jeta un coussin en pleine tête.

- Aieuh ! se plaignit-il en la foudroyant du regard.

- Ça t'apprendra à raconter n'importe quoi ! Et si tu veux tout savoir, Scorp' me disait que Cara-Lean allait p'tet bien devenir ta belle-sœur !

- Hein ?! s'exclama Albus, clairement scandalisé par cette idée. Mais ça va pas ?!

- Bah quoi ? renchérit Scorpius. Elle est cool, Cara-Lean, non ?

- Si c'est pour entendre des trucs pareils, j'aime autant retourner à la Grande Salle tout seul ! décréta Albus avant de tourner les talons, arrachant des éclats de rire à ses deux amis.

Amis qui se levèrent aussitôt pour lui emboîter le pas.

Et là, dans le couloir en compagnie des deux Gryffondor, Rose se dit qu'elle était vraiment heureuse d'avoir recouvré leur complicité à tous les trois.


Janvier - Scorpius

Rose, Albus et Scorpius revenaient du terrain de Quidditch où ils venaient d'assister à la victoire écrasante de Poufsouffle sur Gryffondor.

- C'est pas juste ! protesta Scorpius. L'équipe de Poufsouffle n'a pas changé depuis trois ans, ils ont l'habitude de jouer ensemble alors que la moitié de notre équipe est composée de nouveaux joueurs… Comment voulez-vous qu'on rivalise dans des conditions pareilles ?

- J'sais pas, commenta Albus, mais c'est pas toujours le cas à un moment donné ? Je veux dire, dans un an ou deux, ce seront les joueurs de notre équipe qui seront habitués les uns aux autres et ceux de Poufsouffle devront tout recommencer, vu que les trois-quarts des joueurs auront eu leurs ASPIC…

Scorpius soupira, légèrement agacé. Il savait que son meilleur ami n'était pas plus fan que ça de ce sport qui lui plaisait tant, et il ne le changerait pas, mais son manque de passion était parfois un peu lassant.

Il assistait volontiers aux matchs scolaires et suivait les performances de l'équipe entraînée par sa mère, mais il prenait tout simplement les choses moins à cœur que lui.

Scorpius, lui, avait toujours été fasciné par ce sport. Il se souvenait encore parfaitement de la première fois qu'il avait pu s'envoler sur un vrai balai. La sensation de liberté qu'il avait ressentie à ce moment-là resterait à jamais gravée dans sa mémoire.

Pourtant, il n'avait pas essayé de passer les sélections, cette année. Le décès de sa mère était encore bien trop lourd à gérer à ce moment-là pour qu'il puisse avoir la main assez légère pour jouer convenablement. Il s'était cependant promis de tenter le coup l'an prochain.

- Et toi, Roussette, t'en penses quoi ? demanda-t-il à son amie.

Même s'il envisageait plus facilement l'usage de son prénom, il était bien trop habitué à se servir de son surnom pour s'en priver.

- Oh vous savez, moi, le Quidditch, hein… Je ne vous ai accompagnés que parce que James et Jake jouaient pour Gryffondor et Daisy pour Poufsouffle. D'ailleurs vous râlez, mais admettez qu'elle a trop bien joué ! Vous avez vu comment elle a attrapé le Vif d'Or alors qu'il était juste à côté des buts Gryffondor ?! J'en reviens quand même pas que James et Jake aient osé lui renvoyer ce Cognard…

Scorpius ricana discrètement. Pour quelqu'un qui prétendait ne pas aimer ce jeu, Rose avait quand même toujours beaucoup de commentaires à faire après un match.

Tandis qu'elle analysait la défense des Gryffondor, Albus donna un coup de coude discret à Scorpius et lui montra l'un de leurs camarades qui se trouvait seul, un peu à l'écart.

- Regarde ça, lui chuchota-t-il. Tu crois que Parkinson mijote quoi ?

- Quelque chose de louche, sans doute, répondit Scorpius sur le même ton. Dommage qu'on ne puisse pas le suivre pour voir ce qu'il fabrique…

- Eh bien, en fait, je suis sûr qu'un des cadeaux que mon oncle George m'a offerts à Noël pourrait nous aider…

- Qu'est-ce que vous manigancez encore ? intervint Rose. Vous voulez vous attirer des ennuis ou quoi ?

- Qui ? Nous ?! s'offusquèrent-ils d'une même voix.

- Jamais de la vie ! se défendit ensuite Albus, une main sur le cœur en signe de bonne foi. On voulait juste pas interrompre ton analyse sportive de haut niveau...

- Moui, à d'autres…, releva-t-elle, clairement pas convaincue par l'argument. Faites donc perdre des points à votre Maison si ça vous chante, ça augmentera l'avance qu'on a sur vous !

Serpentard était en tête de la Coupe des Quatre Maisons depuis deux bonnes semaines et Rose ne loupait jamais une occasion de le leur rappeler. Gryffondor les suivait de près, mais ils n'arrivaient pas à réduire l'écart qu'il y avait entre eux.

Mais pour l'heure, Scorpius ne parvenait pas à quitter Alban Parkinson des yeux. Il semblait se diriger vers les serres... mais pourquoi ? Il n'y avait pas cours aujourd'hui, il n'avait donc aucune raison de s'y rendre…

- Bon, j'vous laisse vous attirer des ennuis sans moi, conclut Rose. Moi, je vais à la bibliothèque, on a un devoir de métamorphose à rendre lundi !

- Ouais, ouais… On t'y rejoint après…, improvisa Scorpius, ce qui lui valut un regard noir de la jeune fille, juste avant qu'elle ne les plante sur place.

Une fois seul avec Albus, Scorpius se frotta les mains d'impatience.

- Alors, quel est ton plan ?

- Tu sais que mon oncle George m'a offert une cape d'invisibilité, n'est-ce pas ? Elle est pas aussi efficace que celle de mon père, mais il trouvait ça trop injuste qu'il ne veuille pas nous la passer, ni à James ni à moi, alors qu'il a fait plein de conneries avec quand il était à l'école…

- Ouais… Tu l'as sur toi ? s'enquit Scorpius. Car si on doit retourner au dortoir pour la prendre, on le retrouvera jamais…

- Ouais, je l'aie ! Tu te souviens que mon père m'a offert sa bourse en peau de Moke ? Il dit que je perds toujours tout et que comme ça, je pourrai garder les trucs importants sur moi en permanence. Je me demande d'ailleurs s'il l'a pas fait exprès en voyant le cadeau de mon oncle...

- Ok, alors sors-la ! On verra la suite quand on aura repéré l'autre Veracrasse.

Albus dégagea une petite bourse verdâtre de sous sa robe de sorcier et y plongea la main pour en sortir une cape d'invisibilité. Ils coururent dans un coin plus isolé, de nombreux élèves retournant actuellement au château après la fin du match, et s'en couvrirent avant de trottiner vers le dernier endroit où ils avaient aperçu Alban Parkinson.

Ils le suivirent durant plusieurs minutes et à la façon qu'il avait de regarder autour de lui pour vérifier s'il était bien seul, Scorpius eut l'intime conviction qu'il cachait effectivement quelque chose.

- Il est passé où ? chuchota Albus à ses côtés.

- Dans la serre numéro trois…

Ils s'y rendirent à leur tour le plus discrètement possible puis, une fois à l'intérieur, le cherchèrent du regard.

- Tu le vois, toi ? s'enquit doucement Scorpius.

- Non, mais je l'entends chipoter sur la droite…

- Qu'est-ce qu'il fabrique, à ton avis ?

- Aucune idée… Mais j'ai une idée pour quand il ressortira d'ici, ricana Albus. Regarde, y a des bocaux d'Empestine, là, sur les étagères à droite…

- C'est quoi ?

- Un liquide qui pue grave qui sort d'une plante au nom imprononçable… J'ai entendu ma mère raconter la fois où Neville avait tout éclaboussé dans le Poudlard Express avec ce truc. Un carnage, apparemment…

- Et tu comptes en faire quoi ? demanda Scorpius, sceptique.

- Caler un bocal ouvert au-dessus de la porte, comme ça, quand il sortira, tout lui tombera dessus…

Scorpius n'hésita pas longtemps avant d'adhérer à ce plan. Après tout, Alban Parkinson n'était qu'un gros abruti qui prenait plaisir à insulter les autres et à leur faire volontairement de la peine. Il méritait que sa puanteur ressorte à la vue de tous.

Albus souleva légèrement la cape pour se saisir d'un bocal rempli d'un liquide vert foncé sur lequel une étiquette en confirmait la contenance.

Ils quittèrent ensuite la serre tout aussi discrètement qu'ils y étaient entrés, mais ne refermèrent pas totalement la porte derrière eux.

Scorpius fit léviter le bocal et le cala en hauteur, entre la porte et la verrière, puis les deux adolescents s'éloignèrent un peu pour pouvoir assister au spectacle qui aurait lieu lorsqu'Alban déciderait de rejoindre le parc du château.

- Merde ! jura subitement Albus, la panique étant perceptible dans sa voix.

Scorpius tourna aussitôt son attention vers lui et eut l'impression que son cœur allait s'arrêter quand il vit Parkinson sortir de la serre numéro quatre, des feuilles jaunes dépassant des poches de sa cape.

- S'il n'était pas dans la trois… alors on a entendu qui ? demanda-t-il, la gorge nouée par l'appréhension.

La réponse arriva lorsqu'ils entendirent une voix indubitablement adulte pousser des cris scandalisés non loin d'eux.

Cris accompagnés d'aboiements de chien.

Watchson.

Et merde.

Merde, merde, merde, merde, merde, merde, merde, se maudit Scorpius.

Heureusement, ils étaient sous une cape d'invisibilité et, s'ils ne bougeaient pas, ils ne seraient peut-être jamais pris.

Malheureusement, Albus n'eut pas la même logique car il tenta de s'enfuir, lui.

Ce qui eut pour effet de les découvrir tous deux et de les révéler aux yeux du concierge.

- VOUS ! s'égosilla-t-il, la pâleur de sa peau ressortant particulièrement sous le vert de l'Empestine qui le recouvrait. Dans le bureau de la Directrice. TOUT DE SUITE !

Il les attrapa tous deux fermement par un bras, les badigeonnant du liquide nauséabond par la même occasion, et les mena d'un pas vif jusqu'à Minerva McGonagall.

.

Scorpius avait rarement autant craint de se retrouver face à quelqu'un. Déjà qu'en temps normal, Minerva McGonagall était assez intimidante, mais vu ce qu'ils venaient de faire, il n'osait même pas imaginer ce qu'Albus et lui risquaient de prendre.

Cher, indubitablement, mais à quel point ?

Ce fût donc tout tremblant qu'il passa la porte du bureau directorial.

- Excusez-moi pour le dérangement, Madame la Directrice, mais…

- Par Merlin ! s'écria-t-elle en relevant les yeux du parchemin qu'elle était en train de consulter. Mais que vous est-il arrivé, Alvin ?

- C'est justement la raison de mon dérangement et de la présence de ces deux malandrins, dit-il en poussant un Albus et un Scorpius silencieux devant lui.

- Monsieur Potter ? Monsieur Malefoy ?! Pourquoi ne suis-je pas surprise de vous retrouver mêlés à ce genre d'histoire ? Que s'est-il passé ?

- Ils m'ont tendu un piège, Madame, dans le seul but de m'humilier…

- Quoi ?! Mais non ! s'exclama Albus. C'est un accident, c'était pas pour vous que nous avions…

- Donc, vous reconnaissez être responsables de ceci ? intervint le Professeur McGonagall, en montrant le concierge d'un geste évasif de la main.

Scorpius ne put se retenir de froncer le nez. L'odeur était vraiment infecte.

- On… on a effectivement tendu ce piège, Madame, admit-il cependant, volant au secours de son ami.

Hors de question qu'il soit le seul à assumer leur connerie.

- Mais je vous promets, poursuivit-il, que ce n'était pas DU TOUT destiné à Monsieur Watchson.

- Peu importe, trancha-t-elle. Quelle que soit la cible, ce genre de choses est inacceptable, Messieurs ! Je ne peux tolérer de tels agissements au sein de cet établissement !

- On… on est désolés, Madame, bredouilla Scorpius, livide.

- Ce n'est pas à moi que vous devez des excuses, Messieurs, mais à Monsieur Watchson.

- Pardon, dirent-ils d'une même voix en se tournant vers le concierge qui les foudroyait toujours du regard, dégoulinant de pus.

- Vous serez tous deux en retenue samedi prochain en compagnie de Monsieur Watchson qui vous fera faire ce qu'il jugera utile pour le bien de l'établissement. Maintenant, vous pouvez disposer.

- Merci Madame, bredouilla Albus, la voix légèrement tremblante.

- Je n'aurais jamais cru que votre amitié se révélerait être plus problématique que l'inimitié de vos pères, marmonna-t-elle ensuite, clairement agacée par l'incident.

Scorpius hocha simplement la tête en avalant douloureusement sa salive et s'esquiva rapidement du bureau en compagnie d'Albus.

La porte du bureau étant à peine refermée, ils entendirent Alvin Watchson se plaindre de la légèreté de leur sanction.

- J'en suis consciente, Alvin, répondit le Professeur McGonagall après avoir légèrement soupiré. Mais que voulez-vous ? Voir le jeune Malefoy agir comme un enfant de son âge après les moments difficiles qu'il a vécus me pousse à faire preuve d'un peu plus de clémence…

Ils ne s'attardèrent cependant pas plus pour écouter la réponse du concierge, déterminés à mettre le plus de distance possible entre eux et lui.

Mais les paroles que Scorpius avait surprises résonnaient étrangement en lui. Il n'avait effectivement pas pensé à sa mère depuis qu'ils étaient partis assister au match de Quidditch, quatre heures plus tôt, et c'était la première fois que ça lui arrivait depuis son décès.


Janvier - Rose

Rose était installée dans la Grande Salle, un livre posé sur la table entre son assiette et celle de Juliet, quand Albus et Scorpius se laissèrent tomber à leurs côtés en soupirant.

- Ça a été la pire journée de ma vie, grommela Albus. Watchson nous a fait nettoyer toutes les serres sans magie pour nous punir de soi-disant jouer avec le matériel scolaire. C'est abusé…

- Je trouve au contraire que vous vous en sortez bien, le contra Rose. Vous n'avez même pas fait perdre un point à votre Maison ! Une journée de retenue pour avoir badigeonné Watchson d'Empestine, c'est pas cher payé.

- Tu sais très bien qu'on visait Parkinson, à la base.

- J'avoue que ça aurait été marrant de voir cet abruti tout puant… Enfin, puant plus que d'habitude, quoi, plaisanta Rose. N'empêche que j'ai bien fait de vous laisser faire votre bêtise tout seuls… Je ne peux pas me permettre de louper tant d'heures de révisions !

- Comme si tu n'étais pas à jour dans tes devoirs, remarqua Scorpius.

- Cherche pas, Scorp', intervint Juliet. Elle est dans tous ses états depuis qu'elle a eu un A à son devoir de métamorphose…

- T'es toujours là-dessus ?! s'exclama Albus. Mais ça remonte à des jours ! Et un A est une super note. Je suis super content du A que j'ai eu, moi…

- C'est peut-être une super note pour toi mais pas pour moi ! Je n'ai jamais eu en-dessous de E, je te signale, et si je veux accéder aux meilleures formations après Poudlard, je me dois d'exceller !

Rose soupira, agacée. Ses amis ne la comprenaient pas. Ils ne savaient pas à quel point c'était difficile de s'entendre rappeler, quasiment quotidiennement, à quel point sa mère avait été une élève brillante. Elle adorait sa mère, vraiment, mais elle voulait qu'on la remarque pour ses compétences à elle et rien qu'à elle.

Et même là, en alignant les meilleures notes de sa promotion, ses professeurs continuaient à lui dire que ça n'avait rien d'étonnant, "venant de la fille de l'élève la plus intelligente qu'ils aient jamais eue".

Un jour, on se souviendrait d'elle pour elle et rien d'autre. Il fallait juste qu'elle trouve encore sa voie, mais Rose était déterminée à leur prouver à tous qu'elle n'avait pas besoin de ses parents pour être une personne de valeur.

- Allez, fais pas la tête, Roussette, intervint Scorpius. Je suis sûr que tu vas tout cartonner, comme d'hab. Mais trop en faire ne t'aidera pas non plus… Faut pouvoir souffler de temps en temps, tu sais ? Sinon tu vas finir comme un phénix.

- Comme un phénix ? souligna Juliet, visiblement interpellée par l'expression.

- Bah ouais, tu sais, tu vas aller tellement loin dans ton truc que "pouf", tu crames et au final, tu dois tout recommencer… C'est un truc que ma grand-mère Angela dit souvent.

- En plus, intervint Albus, je suis sûr que ce que tu lis n'est même pas au programme de nos cours…

- C'est quand même intéressant, protesta-t-elle.

Elle tourna les pages pour revenir à la première page afin de leur montrer le titre.

- Regarde : Mille et un usages de la bouse de dragon au quotidien. Tu savais que la crotte de Boutefeu Chinois faisait un excellent combustible ? Et…

- Ooooh ! la coupa Scorpius.

- Oh ça va, ça n'a rien de si extraordinaire comme info…, le modéra Rose, surprise par sa réaction.

- Mais non, on s'en fiche de tes trucs sur la merde de dragons ! Là, regarde ! dit-il en pointant la fiche de prêt collée à l'intérieur du livre, face à la page de titre.

Astoria Greengrass, lut-elle silencieusement.

Ainsi, la mère de Scorpius avait emprunté cet ouvrage à la bibliothèque avant elle. D'ailleurs, seules quatre autres personnes l'avaient pris, depuis.

Elle regarda Scorpius frôler l'écriture du bout des doigts et ne put empêcher un sourire désolé d'étirer ses lèvres. Elle allait tenter de lui tenir des propos réconfortants quand il prit la parole avant elle.

- Je trouve ça vraiment chouette de voir qu'elle ne sera jamais oubliée ici… Même quand je serai plus dans cette école, il restera toujours des trucs pour dire qu'elle aussi, elle a vécu là.

Un silence légèrement gêné suivit ces propos. Rose était contente de voir qu'il en parlait enfin un peu plus librement, mais elle ne l'aurait fait remarquer à voix haute pour rien au monde. Elle avait enfin compris qu'elle devait le laisser avancer à son rythme.

Albus ne dit rien non plus mais la jeune fille comprit au regard qu'il lui lança qu'il ressentait le même soulagement qu'elle.

Juliet, par contre, ne savait toujours pas trop comment réagir face au deuil de Scorpius. Il fallait dire aussi que même si elle était amie avec Rose, elle n'était pas très proche des garçons pour autant. Ils se voyaient souvent mais ne partageaient rien de bien personnel comme Rose, Albus et Scorpius pouvaient le faire.

- Hum, hum, toussota donc la jeune Serdaigle au bout d'un moment. Vous avez vu Cara-Lean, au fait ?

Scorpius ricana à cette question, ce qui fit froncer les sourcils de Rose.

Qu'est-ce qu'il lui prenait, encore ?

- Elle est juste-là, regarde… Avec Jake, James et Daisy. Quand je te dis, Al', qu'elle finira par être ta belle-sœur…

Albus grogna de dépit, ce qui fit rire ses camarades.

Oui, Rose se sentait vraiment bien en leur compagnie.


.


Et voilà pour cette fois !

Les choses sont enfin aplanies entre Scorp' et Rose (et il l'a appelée par son prénom !). Ca a un peu trainé, j'avoue, mais bon, Scorp avait besoin de temps pour analyser ce qu'il ressentait...

Et donc, les garçons font des bêtises, ah ah. Passage que je me suis beaucoup amusée à écrire, au final ! Je trouvais mes moments à Poudlard bien trop... orientés sur le ressenti de Scorp' (ce qui est logique, mais bon, ce qu'on aime dans les bouquins, ce sont aussi tous ces à-côté, les bêtises des jumeaux, les petites altercations Serpy/Gryffy, tout ça, non ?). J'espère donc que ça vous a plu !
Rose n'a pas voulu y participer, mais contrairement à sa mère, elle n'a pas tenté de les dissuader non plus de faire quoi que ce soit... Elle s'est juste contenté de protéger ses fesses (son côté Serpy, ah ah).

Bref, je ne sais pas si c'était ce que vous attendiez de ce chapitre, mais c'est ce que j'ai écrit XD

La semaine prochaine, on retrouvera Hermione et Drago (déjà, oui ;) ) mais la semaine entre Noël et Nouvel an, je ne publierai pas (comme ça, vous savez). Mais cette fois, c'est plus lié aux festivités qu'à mon état d'avancement :)

Bref (je l'ai déjà dit, je sais), merci encore d'être là et n'hésitez jamais à me dire ce que vous pensez de tout ça !