Hello !
Voici le dernier chapitre de l'année de cette histoire commencé il y a près d'un an... Le temps file !
Après mûre réflexion, j'ai décidé de profiter de ces vacances pour vraiment me ressourcer et repartir à zéro sans me prendre la tête. Je garde donc mes 4 chapitres de réserve sous le coude pour 2020 et comme ça, pas de stress pour rester à jour ou que sais-je ^^
J'espère que vous m'en voudrez pas trop pour l'attente !
D'ici là, je vous souhaite de passer une excellente fin d'année 2019, de joyeuses fêtes, si vous les fêtez, de joyeux moments pour vous retrouver, vous reposer, vous amuser, quoi qu'il arrive.
Et merci pour vos retours, votre fidélité, votre patience d'ange face à une histoire qui pourrait s'éterniser. Merci d'être là, semaine après semaine depuis des mois, voir des années pour qui me suit depuis mes histoires précédentes.
Bref, on termine cette année avec Drago et Hermione et je pense que personne ne va s'en plaindre :)
Bonne lecture !
RARA :
AryaVestrit : Coucou en guest, alors ^^ Je suis ravie que tu aies aimé le chapitre 48. Plus doux, en effet, et il commence aussi à avancer sans elle... Hermione aussi commence à cogiter. Mais où cela va-t-il les mener ? (genre, mdr). Bref, merci pour ta review !
Clem : Hello ! Aucun souci pour le tutoiement. Le monde est fanfiction est une grande famille ;) Ravie que tu aies aimé les derniers chapitres. Je suis soulagée de lire que tu aimes la façon dont je gère le deuil de Scorpius car c'est pas toujours évident de trouver le juste milieu. Merci beaucoup pour ta review
Cecile : Coucou ! Bon rattrapage de retard, alors :p Contente que tu aies aimé ces derniers chapitres. Ils commencent enfin à se faire confiance et à s'ouvrir l'un à l'autre, oui, ça fait plaisir (fallait bien que ça finisse par arriver, en même temps). Pas toujours évident de trouver l'équilibre entre une relation saine et leur caractère bien trempé... Je les vois pas ne pas se taquiner, mais faut que ça reste bon enfant, à présent... Je pense aussi que les deux commencent doucement à envisager "plus", mais bon, c'est délicat déjà en temps normal mais là, avec leur fierté et le statut de veuf de Drago, ça n'aide pas ^^ (mais bon, on va bien y arriver, hein). Merci pour tes reviews et à bientôt !
Merci à Damelith, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.
Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.
Illustration d'Upthehill : upthehillart sur DeviantArt
L'Autre
2019 - Drago/Hermione
Février - Drago
Drago sortit du Portoport de Londres, son bagage à la main, et décida de se rendre directement au Chaudron Baveur pour apporter à Hannah les bouteilles de Vodka qu'elle attendait en urgence.
Le reste de la cargaison serait livré à son bureau dans le courant de la semaine, mais Hannah avait reçu une délégation biélorusse le weekend précédent et ils avaient vidé tout son stock, ce qui expliquait son voyage imprévu en Pologne.
- Tu me sauves la vie ! le remercia-t-elle, une fois qu'il lui eut remis les quelques litres qu'il avait casés dans ses bagages.
- A vot' service, ma p'tite dame, répondit-il en lui faisant une révérence, ce qui lui arracha un éclat de rire.
- Tu es rudement de bonne humeur, souligna-t-elle. Ça fait plaisir à voir.
Drago haussa légèrement les épaules avant de répondre :
- Disons que le manque se fait ressentir différemment… mais il est toujours là.
- Je sais, oui, répondit-elle en souriant tristement.
Drago savait qu'elle faisait allusion au décès de sa mère, durant la Seconde Guerre des Sorciers, et se fit la réflexion que bien trop de personnes dans son entourage connaissaient la douleur du deuil.
- Bon, c'est pas tout ça, mais je vais devoir te laisser, dit-il ensuite.
- Drago ? l'interpella Hannah avant qu'il ne quitte le bar.
- Oui ?
- Tu pourrais dire à Hermione que j'ai un empêchement pour demain, s'il-te-plaît ?
- Qu'est-ce qui te dit que je vais la voir ?! répliqua-t-il, légèrement sur la défensive.
Elle se contenta de lui renvoyer un regard torve, indiquant sans qu'aucun doute ne fût permis qu'elle n'était pas dupe.
- Ouais, bon, ça va, je le lui dirai, grommela-t-il avant de sortir côté Chemin de Traverse pour pouvoir transplaner jusqu'à chez lui.
Hannah avait raison, il devait effectivement retrouver Hermione, mais il voulait se rafraîchir quelque peu avant.
Ils s'étaient revus plusieurs fois, depuis qu'il avait craqué chez elle au moment de l'anniversaire d'Astoria, et ils apprenaient doucement à mieux se connaître depuis.
C'était d'ailleurs parfois un peu déroutant de réaliser que le décès de son épouse leur permettait de communiquer comme celle-ci l'avait toujours souhaité de son vivant.
Mais Drago ne regrettait rien. Il avait vécu tout ce qu'il avait à vivre avec Astoria durant tout le temps qui leur avait été accordé et à présent, il apprenait doucement à s'ouvrir à d'autres personnes.
Enfin, à une autre personne en vérité, mais ce n'était pas n'importe laquelle, justement, et il appréciait beaucoup le fait qu'elle ne lui mette pas la pression, qu'elle se laisse simplement porter, tout comme lui.
Ils n'avaient pas échangé plus que quelques baisers, depuis cette fois-là, et cette simple proximité lui convenait parfaitement. Il savait à quel point ses sens pouvaient être exaltés quand il était en sa compagnie et sentait qu'il n'était pas encore tout à fait prêt à revivre ça.
Un jour, peut-être, mais leur relation actuelle lui allait très bien.
Une fois douché, rasé et changé, Drago se dirigea dans le petit salon où il jeta une poignée de poudre de Cheminette dans l'âtre que Bonaryen avait dû allumer plus tôt dans la journée pour chauffer le Manoir avant son retour.
Il s'engouffra dans les flammes vertes et réapparut quelques secondes plus tard dans l'appartement d'Hermione.
Son regard se posa sur elle, emmitouflée dans un plaid, un livre sur les genoux, et un sourire étira immédiatement ses lèvres.
Il aimait beaucoup la complicité naturelle qui s'était installée entre eux. Pas de jeu de charme, pas de mensonges pour tenter de séduire l'autre, pas de faux semblants. Juste eux, tout simplement.
- Salut, l'accueillit-elle tout en glissant un marque-page dans son livre avant de le refermer. Tu as fait bon voyage ?
- Ça va, même si le climat est particulièrement horrible en Pologne à cette période de l'année…, dit-il en prenant place à ses côtés. Et toi, alors, tu vas mieux ?
Il savait qu'elle avait été grippée quelques jours avant qu'il ne parte, raison pour laquelle son fils se trouvait chez Weasley et non chez elle. Elle ne voulait pas prendre le risque de contaminer indirectement le bébé de son ex-mari.
- Quelques doses de Pimentine en sont rapidement venues à bout, oui.
- Je suis tellement, tellement désolé d'avoir loupé la fumée qui a dû sortir de tes oreilles…, la taquina-t-il.
- Je t'assure que c'était tout à fait charmant ! répliqua-t-elle sur le même ton.
- Je n'en doute pas…
Il se pencha ensuite doucement vers elle pour effleurer ses lèvres des siennes et ne put s'empêcher de sourire en constatant que ses joues s'étaient teintées de rouge.
- Qu'est-ce que tu lis de beau ? lui demanda-t-il ensuite.
- Un livre assez décevant sur la culture des champifleurs…
- Avec un sujet pareil, tu t'attendais à quoi ?!
- A autre chose que ça, visiblement, sinon je ne l'aurais pas acheté.
- Bah, tu n'auras qu'à le refiler à Londubat, je suis sûr qu'il trouvera ça intéressant, lui, se moqua-t-il.
- Vous n'êtes pas devenus amis, tous les deux ?
- Il paraît, ouais, mais ça ne m'empêchera pas de dire qu'il peut être rasoir par moment…
Hermione leva les yeux au ciel et il eut à nouveau envie de l'embrasser.
Ce qu'il fit sans attendre.
Cette fois, Hermione glissa ses doigts dans ses cheveux pour approfondir leur baiser et Drago ne chercha pas à se dégager de son étreinte.
Cependant, lorsque leurs langues se rencontrèrent et que son rythme cardiaque augmenta dangereusement, il décida de s'éloigner un peu pour reprendre sa respiration.
- Pardon, s'excusa aussitôt Hermione, le souffle court et les joues rouges.
- Pourquoi t'excuses-tu ? s'enquit-il, perplexe.
- Je n'aurais pas dû… Enfin, je comprends, ça fait à peine six mois et moi, je suis là…
- Stop ! la coupa-t-il en déposant un doigt sur ses lèvres pour la faire taire. Pas d'analyses tordues de la situation en mode Granger, ok ? Tu n'as pas à t'excuser de m'embrasser quand c'est moi qui initie le baiser, ok ?
- Oui, mais…
- Mais rien du tout, Hermione, c'est juste que…
Que quoi ? Que pouvait-il lui dire ? Qu'il était toujours aussi chamboulé par son simple toucher et qu'il n'était pas sûr d'être prêt à assumer les conséquences de ce qui arriverait entre eux si, cette fois, ils allaient jusqu'au bout ?
Lorsqu'ils couchaient ensemble, précédemment, il n'y avait rien de plus entre eux que du sexe. A présent, une sorte d'amitié un peu étrange était née de leurs différentes rencontres et il ne voulait pas prendre le risque de tout gâcher.
- Je comprends, le rassura-t-elle. Je t'assure que je comprends, ne t'inquiète pas. C'est juste… cette fichue attirance entre nous. Je n'arrive pas toujours à me contrôler, ce n'est pas nouveau…
Drago se redressa et s'éloigna d'elle de quelques pas pour tenter de se recentrer. Il glissa une main d'un geste nerveux dans ses cheveux puis se tourna vers elle pour assumer ce qu'il ressentait.
Après tout, il avait promis à Astoria de ne plus la fuir.
- Je ressens la même chose, tu sais ? L'envie de toi est là, Hermione, c'est juste que… que j'apprécie ce que nous avons, en ce moment, et…
Elle se leva pour se mettre face à lui et son regard se porta sur sa tenue. Emmitouflée comme elle l'était dans son plaid, Drago n'avait pas réalisé qu'elle ne portait qu'une chemise de nuit parsemée de flocons qui lui arrivait à mi-cuisse, révélant ainsi la longueur de ses jambes nues.
- Nous ne sommes pas obligés de faire quoi que ce soit, Drago, tu sais ? Nous ne sommes obligés de rien. Si nous couchons ensemble, comme ça s'est déjà produit par le passé, ce ne sera pas pour autant que nous serons en couple, tu comprends ? Notre relation a toujours été un peu particulière… Il y a ce lien entre nous, c'est indiscutable, et même si tu as promis à Astoria de… de tenter le coup avec moi, tu n'y es pas obligé, ok ? Je ne sais même pas si moi, j'ai envie de tenter le coup avec toi…
- Hermione…, soupira-t-il, en glissant ses doigts dans ses boucles brunes coupées court.
- Je ne cherche pas à te convaincre de faire quoi que ce soit… Je te dis juste que s'il devait se passer un truc plus… charnel entre nous, ça ne changerait strictement rien à la relation ambigüe que nous entretenons depuis des années.
Sur ces paroles, elle s'éloigna de lui et lui tourna le dos en annonçant qu'elle allait leur chercher de quoi grignoter.
Et Drago comprit qu'elle avait totalement raison et réalisa à quel point il avait envie d'elle.
Il l'attrapa donc par la taille et la tourna vers lui pour l'embrasser avec autant de fougue qu'elle en avait mis dans leur baiser précédent.
Ses mains glissèrent aussitôt le long de son dos pour se faufiler sous sa robe de nuit, où il put caresser délicatement ses fesses.
Hermione, quant à elle, était déjà occupée à défaire la chemise qu'il portait. Leurs lèvres ne se quittaient pas et leurs souffles ne faisaient plus qu'un.
Une fois de plus, Drago ressentit ce maelström d'émotions qu'il n'éprouvait que lorsqu'elle était dans ses bras.
Les lèvres d'Hermione quittèrent les siennes pour parcourir doucement sa mâchoire jusqu'au creux de son cou qui était si sensible. Drago lui ôta ensuite sa chemise de nuit et une de ses mains passa de ses fesses à sa poitrine.
Il aurait été incapable de dire comment la suite s'était déroulée, mais ils se retrouvèrent rapidement allongés, nus, sur le canapé.
Hermione gémissait sous ses caresses, en réclamant toujours plus, et même s'il avait douloureusement envie d'elle, il comprit rapidement qu'il n'arriverait pas à la satisfaire.
Pour une raison inconnue de Drago, son sexe ne parvenait pas à montrer l'enthousiasme qu'il ressentait pourtant sous ses baisers.
- Je… Je suis désolé, je n'y arriverai pas, finit-il par bredouiller, honteux, en se rasseyant sur le canapé.
Février - Hermione
Hermione s'installa à côté de Drago mais s'abstint de le toucher, incertaine quant à la meilleure chose à faire pour le rassurer.
Drago avait plongé son visage entre ses mains et semblait vraiment déstabilisé.
Hermione comprenait sa gêne, mais en même temps, sa panne était totalement compréhensible.
Elle se mordilla la lèvre, cherchant un truc à dire pour tenter de dédramatiser la situation, en vain.
Finalement, elle se releva pour enfiler sa chemise de nuit et sa culotte. La situation serait peut-être moins délicate s'ils n'étaient pas nus, tous les deux.
Elle inspira ensuite profondément pour se donner du courage et alla s'asseoir à califourchon sur lui, le forçant ainsi à la regarder dans les yeux.
- Je sais ce qui trotte dans ta petite tête, Drago Malefoy, et tu te méprends totalement sur ce que je suis en train de penser de ça, de toi. C'est juste pas le bon moment, ok ? Rien d'autre. Ça ne m'empêche absolument pas d'avoir énormément apprécié tout ce qu'on a fait avant. Je te l'ai dit, aucune obligation, d'accord ?
Elle le vit se pincer les lèvres, les yeux brillants d'une lueur qu'elle n'y avait jamais vue.
- J'aime le sexe avec toi, Drago, ce n'est pas nouveau et ce n'est pas un secret non plus. Mais je… Il n'y a pas que ça entre nous, n'est-ce pas ?
- C'est sûr que ma compagnie est tellement agréable depuis que je suis veuf, dit-il, amer, tout en détournant le regard.
- Tu as toujours eu un sale caractère, Drago, ne pense pas que je n'y suis pas habituée. Et depuis que tu es veuf, justement, tu me laisses enfin voir le vrai toi, donc oui, j'aime ta compagnie depuis que tu es veuf. Mais ne va pas croire que je vais te supporter gratuitement, en effet !
- Pardon ?! s'exclama-t-il, apparemment surpris par sa dernière remarque.
- Tu m'as parfaitement comprise ! Ça fait un mois que je suis seule à nous faire à manger chaque fois que tu viens ici et je ne suis pas ton elfe, Drago. Donc rhabille-toi et rejoins-moi en cuisine que je t'apprenne quelques bases.
Alors qu'elle allait se relever pour lui rendre sa liberté de mouvement, il mit ses mains sur ses hanches et la rapprocha brusquement de lui.
Il caressa tendrement sa joue, ses yeux gris perdus dans son regard noisette, et l'embrassa avec volupté.
- Pfiou…, souffla Hermione une fois qu'il eut mis fin au baiser. Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas été embrassée ainsi…
- A ton service, répondit-il en souriant.
Elle leva les yeux au ciel, amusée, mais aussi rassurée de le sentir moins à fleur de peau, et se releva.
- Hermione ?
- Oui ?
- Merci…
- N'espère même pas échapper à tes leçons de cuisine avec un subterfuge aussi évident, Malefoy ! répliqua-t-elle juste avant de quitter la pièce.
Un sourire étendit ses lèvres lorsqu'elle l'entendit rire franchement à sa dernière remarque.
Elle soupira ensuite pour évacuer la tension accumulée par les dernières minutes écoulées. A priori, elle ne s'en était pas trop mal sortie…
Elle espérait juste, à présent, que Drago ne culpabiliserait pas trop de ne pas avoir su aller jusqu'au bout de leur échange… Ça avait certes peu d'importance pour elle, mais elle savait aussi qu'il pouvait se montrer très fier et susceptible. Pourtant, vu les circonstances, sa panne était plus que légitime…
Elle n'eut cependant pas plus l'occasion de se pencher sur la question car Drago la rejoignit en cuisine, de nouveau habillé et prêt pour sa première leçon.
.
Hermione poussa la porte du Boursouflet Asthmatique et salua Soukaïna, la cheffe de rang du restaurant, avant de se diriger vers les cuisines à la recherche de son ex-mari.
- Bonjour Hermione, l'accueillit Grégory en envoyant une casserole dans l'évier d'un coup de baguette.
- Salut, répondit-elle en souriant. Ron est dans son bureau ?
- Euh, non…, hésita-t-il. C'est son jour de relâche, aujourd'hui…
- Ce n'est plus le mardi ?! releva-t-elle, clairement surprise que Ron ne l'en ait pas informée.
- Mais, Hermione… On est mardi…
Hermione fronça légèrement les sourcils, pensive, et passa en revue les derniers jours qu'elle venait de passer avant de se secouer mentalement.
- Désolée, s'excusa-t-elle, j'ai été grippée et je crois que la Pimentine m'a un peu fait perdre la notion du temps…
- Ah ! s'exclama Gregory, une note de soulagement perceptible dans sa voix. Je comprends, oui, je me souviendrai toujours de la fois où je suis allé en cours sans chaussures après avoir pris de cette fichue potion…
- Tiens, c'est une anecdote qui n'est jamais arrivée jusqu'à nous, ça !
- Désolé de briser tes illusions, mais i peine le quart de nos conneries qui a dû sortir de la Salle Commune de Serpentard.
- Oh ne te vante pas trop, Goyle, le taquina-t-elle. Vous êtes loin de savoir tout ce que nous avons pu faire aussi !
Gregory ricana avant de reprendre :
- Ça, je te crois sur parole, Ron m'en a déjà raconté de belles… Meeowww.
Hermione grogna, comprenant directement qu'il faisait allusion à son accident de polynectar en deuxième année, puis pris congé peu après.
Le reste de la brigade commençait à arriver et elle ne voulait pas les gêner dans leur travail.
Elle transplana ensuite jusqu'à chez Ron et frappa à la porte pour signaler sa présence.
- Salut ! l'accueillit-il. Tu vas mieux ?
- Ça va, oui, répondit-elle en pénétrant dans son ancienne maison. Même si cette fichue Pimentine m'a retourné la tête ! Je suis passée au restau avant de venir ici, j'avais oublié que nous étions mardi…
- Comme quoi, tu as vraiment bien fait de me laisser Hugo le temps de te retaper, dit-il en s'asseyant à côté d'elle dans le canapé.
- Où est-il d'ailleurs ? Et Marsali et Stan ?
- Marsali est partie les déposer au Terrier pour la journée, on a rendez-vous dans une heure avec un artisan pour changer le mobilier de la cuisine.
- Tu aurais pu me demander de les garder, tu sais ?
- Je sais bien, oui, mais comme tu étais malade, on ne voulait pas te déranger. Sinon, pourquoi voulais-tu me voir ? Par sympathie ou y a un souci ?
Hermione se mordilla la lèvre inférieure, nerveuse. Comment allait-elle amener le sujet de façon à ne pas brusquer son ex-mari ?
Après que Drago et elle aient cuisiné, la veille au soir, ils avaient passé beaucoup de temps à discuter de tout et de rien et il avait fini par s'endormir sur son canapé, comme bien souvent depuis l'anniversaire de sa défunte épouse. Il était reparti chez lui quelques heures avant qu'Hermione ne passe la porte du Boursouflet Asthmatique et elle avait donc eu le temps de penser à leur situation.
Elle ignorait totalement comment tout ça allait évoluer entre eux, mais elle était parfaitement consciente, à présent, qu'elle ne pouvait plus se cacher derrière une simple attirance physique - qui n'avait d'ailleurs jamais rien eu de simple - pour justifier son irrépressible envie de passer du temps en sa compagnie.
Comme elle le lui avait dit, son masque d'impassibilité et de dédain se fissurait de plus en plus depuis le décès d'Astoria et Hermione commençait à vraiment apprécier l'homme qu'elle découvrait.
Sensible, intelligent, plein d'humour… Il n'était plus seulement un crétin qui se croyait au-dessus des autres, même si sa fierté était toujours très présente dans sa façon d'être et de parler, mais il se révélait peu à peu tel qu'il était vraiment : un homme conditionné par une éducation stricte et intolérante essayant de se forger - et d'assumer - ses propres valeurs.
Il avait aussi été marqué par la vie à de nombreuses reprises - la violence de la guerre, le jugement de toute une communauté, le rejet, la maladie, le deuil - et avait su faire preuve de résilience pour transcender ces expériences au lieu de les laisser le mettre à terre.
Sans parler du fait que l'amour et la tolérance dont sa femme et son fils pouvaient faire preuve l'avaient irrémédiablement aidé à se reconstruire et à devenir une meilleure personne.
Non, Drago Malefoy ne la laissait clairement pas indifférente et ce constat ne serait pas sans conséquence sur sa famille. Raison pour laquelle elle était déterminée à amorcer le sujet avec Ron avant que ça ne prenne une ampleur qu'elle ne saurait pas gérer.
- Je… Je suis venue te parler de Malefoy… de Drago Malefoy, lâcha-t-elle enfin, une fois son courage rassemblé.
A sa plus grande surprise, Ron se contenta de soupirer, comme résigné.
- Tu l'aimes bien, c'est ça ?
- Je… euh… Qu'est-ce qui te fait dire ça ?! releva-t-elle, prise de court.
- Je te connais, Hermione, et je vous ai vus au match de Ginny, l'autre fois. Harry aussi l'a vu, d'ailleurs.
Elle fut tentée de répondre qu'elle s'était juste montrée sympathique en raison de l'amitié de leurs enfants, mais elle savait à présent que ça aurait été un mensonge. Et elle s'était promis, des années auparavant, de ne plus mentir à Ron.
- En effet…, admit-elle alors.
- Sérieusement, Hermione ?! Malefoy ?! Mais pourquoi ?
- Je ne sais pas, Ron… Vraiment, je ne sais pas. Il est différent de celui que nous avons connu à Poudlard, c'est certain, mais à part ça ?
- Et alors quoi ? Vous sortez ensemble, c'est ça ? Tu te dis pas qu'il essaie peut-être juste d'oublier sa femme avec toi ?
- On ne sort pas ensemble, non… Je ne sais pas trop ce qu'il y a entre nous, d'ailleurs, même s'il se passe clairement quelque chose. C'est pour ça que je t'en parle, tu vois ? Je ne veux plus de secrets comme il a pu y en avoir… Je n'ai aucune idée de ce que ça va donner, mais je passe de plus en plus de temps en sa compagnie et je ne voudrais pas que tu l'apprennes autrement que par moi.
- Et alors quoi ? Tu veux ma bénédiction ou un truc du genre, c'est ça ?!
Hermione sentait qu'il devenait légèrement amer et le comprenait. Après tout, il n'avait rien de concret à quoi se rattacher pour réaliser à quel point Malefoy avait changé et il devait très certainement s'inquiéter pour elle et pour les conséquences que leur potentielle relation auraient sur sa famille.
- Non, Ron, je ne cherche pas ta bénédiction. Je te l'ai dit, je ne veux simplement pas que tu apprennes que nous nous voyons régulièrement par une autre personne.
- Ok.
- Ok ?!
- Hermione, je n'ai jamais pu te convaincre de faire un truc que tu n'avais pas envie de faire, c'est pas aujourd'hui que ça va changer. Je suppose que tu as déjà envisagé à quel point ça pourrait perturber notre fille, que tu te tapes le père de son meilleur ami, non ?
- Ron…, soupira-t-elle.
- C'est faux, peut-être ?!
- On n'est pas en train de planifier une famille recomposée, Ron ! On passe juste du temps ensemble à l'occasion, rien de plus.
- Ok, bah passez du temps ensemble, mais si votre truc, là, dégénère, compte pas sur moi pour arrondir les angles.
- J'ai toujours donné la priorité au bien-être des enfants, ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer.
- Alors tout va bien ! répliqua-t-il.
A ce moment-là, les flammes de la cheminée virèrent au vert et Marsali en sortit, surprise de trouver Hermione et Ron en pleine conversation.
- Salut Hermione ! s'exclama-t-elle. Je suis contente de voir que tu vas mieux !
- Merci, répondit-elle en souriant légèrement. A présent que tu es rentrée, je vais vous laisser, surtout que votre rendez-vous approche…
- Oh… Ok, bredouilla Marsali alors que Ron gardait le silence, les bras croisés devant lui.
Hermione les salua donc avant de s'éclipser jusqu'à chez elle.
Au final, ça ne s'était pas si mal passé. Ron n'avait pas sauté de joie à la perspective qu'elle fréquente Drago - ce qui aurait été franchement étonnant - mais ne s'était pas montré aussi virulent qu'elle ne l'avait craint non plus.
Il n'y avait plus qu'à laisser les choses évoluer naturellement.
Mars - Drago
Drago était assis en compagnie de Daphné et Millicent, dans le salon de leur appartement à la Roseraie, pendant qu'Hector jouait dans sa chambre.
Une tasse de thé à son attention avait été déposée sur la table basse, mais le breuvage était devenu froid depuis longtemps.
Se retrouver ici sans Astoria le mettait toujours dans un état d'esprit assez mélancolique, depuis son décès. Tout ici la rappelait à son souvenir, ce qui était à la fois douloureux et salutaire.
Il ne savait pas comment Daphné faisait pour y vivre en permanence, ceci-dit.
Il écoutait distraitement sa belle-sœur lui parler des derniers contrats passés avec la Roseraie et même si ça ne l'intéressait pas vraiment, il était content d'apprendre que les affaires marchaient toujours aussi bien. Beth avait enfin pris ses marques et commençait à faire preuve d'initiatives, pour la plus grande joie de Daphné qui avait ainsi des nouveautés à proposer à sa clientèle.
- Enfin voilà, conclut-elle. On est full jusqu'à la fin de l'été, on a même dû refuser plusieurs commandes… Rosie serait tellement contente de voir ses demoiselles décorer tous ces événements à travers le pays !
Drago sourit à la remarque et tendit une main compatissante à Daphné par-dessus la table basse quand un soupir chargé de sanglots lui échappa.
- Ça va aller ? lui demanda-t-il, plus pour le principe qu'autre chose.
- Ça finit toujours par aller mieux, oui, répondit-elle. Mais y a des moments comme ça où son absence se fait vraiment ressentir…
Millicent passa un bras protecteur autour d'elle et Daphné posa doucement sa tête sur l'épaule de son épouse.
- Et tes parents, ça va ? demanda-t-il.
- Maman a commencé à consulter un psychomage… Je crois que c'est ton père qui a fini par la convaincre de l'intérêt de la démarche. Papa continue à s'emmurer dans sa peine… J'espère qu'il finira par suivre l'exemple de maman, ça lui ferait du bien.
Astoria lui avait raconté que ses parents avaient perdu plusieurs enfants, avant que Daphné ne vienne au monde, et Drago concevait difficilement la peine qu'ils devaient ressentir à présent. Lui avait perdu sa femme et sa meilleure amie mais eux avaient perdu leur fille. Il ne pensait pas qu'il s'en remettrait, s'il devait arriver malheur à Scorpius…
- Et Scorpius ? Ça va mieux ? s'enquit Daphné, faisant inconsciement écho à ses pensées.
- Ça a l'air, oui. J'ai vu Neville il y a quelques semaines et il m'a raconté que le gamin Potter et lui avaient été collés pour avoir badigeonné le concierge d'Empestine… Il était d'ailleurs un peu fâché car leur farce lui a coûté tout son stock. Apparemment, il parle un peu plus de sa mère et ne se renferme plus autant sur lui-même.
- C'est une bonne chose, confirma Daphné. Mais Scorp' a toujours fait preuve d'une force de caractère étonnante, pour son âge. Ce n'est pas surprenant, au final, qu'il ait fini chez les lionceaux.
- J'espère quand même qu'il ne fera pas trop de bêtises, commenta Drago.
- Tu peux parler, railla Millicent. Il pourrait en faire encore quelques dizaines avant d'arriver à ton niveau…
Drago se contenta de grogner en réponse.
C'était parfois agaçant d'avoir pour belles-sœurs deux personnes avec qui il avait fait sa scolarité - ou du moins une bonne partie pour l'une des deux.
- Mamoune ! cria Hector depuis sa chambre, ce qui fit soupirer Millicent.
- Tu veux pas aller voir ce qu'il a ? demanda-t-elle en se tournant vers Daphné.
- Il a appelé "Mamoune", pas "Mam's", donc c'est pour toi, désolée, se défendit-elle.
- Mouais, je te la ressortirai, celle-là, répliqua Millicent en se levant pour se diriger vers la chambre de leur fils.
- Je sais pas ce qu'il a, en ce moment, expliqua Daphné, une fois sa femme partie, mais on dirait qu'il ne peut plus rien faire tout seul… C'est un peu usant, je pensais qu'il gagnerait en autonomie en grandissant, pas l'inverse !
- Sans doute une phase, ça lui passera, ne t'inquiète pas.
- Ça reste usant…. Et toi, alors, comment vas-tu ?
- Comme toi, je pense, ça va, ça vient…, répondit-il dans un haussement d'épaules.
- Et avec Hermione Granger, ça dit quoi ?
- Pardon ?! s'exclama-t-il en se redressant.
- Je te rappelle que Cooper, le barman du Chaudron, est le copain de Robb.
- Robb qui ?
- Robb le témoin de Millie à notre mariage. Grand, brun, barbu… Tu étais là, pourtant !
- Tu crois que je me souviens d'un gars rencontré y a quoi… quinze ans ?!
- Peu importe, trancha Daphné. Je disais donc que Cooper vous a vus quelques fois, au Chaudron, Granger et toi, et il a les oreilles qui trainent, quand Hannah te parle, ou qu'elle parle avec elle, et…
- Ça va, ça va, j'ai compris, la coupa-t-il en grommelant. Il n'y a rien de spécial à en dire. On se voit de temps en temps mais c'est tout, rien de ce que tu peux imaginer, on est juste amis. Enfin, je crois… Disons qu'elle sait écouter et comme elle n'a pas connu Rosie, c'est parfois plus facile et… Merde, tu m'embrouilles !
Le petit sourire satisfait que Daphné affichait l'horripila au plus haut point.
- Écoute, Drago, je ne vais pas te mentir, Rosie m'a briefée pour quand ce moment arriverait…
Un soupir résigné lui échappa. Évidemment qu'Astoria en avait parlé à Daphné… Il aurait dû s'en douter.
- Je ne te prendrai pas la tête avec ça comme ma sœur a pu le faire - et je la connais, je suis sûre qu'elle a été particulièrement chiante avec ça - mais ne cogite pas trop, ok ? Parfois, il faut juste se laisser porter, tout simplement.
- Tu… tu ne trouverais pas ça trop prématuré ? demanda-t-il, gêné malgré lui d'aborder ce sujet de manière si frontale.
- Ton mariage avec Rosie n'a jamais rien eu de conventionnel, Drago. Tout ce que ma sœur voulait, c'était qu'on soit heureux, non ? C'est ce que je me répète chaque fois que j'ai un coup de déprime et qu'elle me manque horriblement. "Sois heureuse pour elle". Alors, sois heureux toi-aussi, c'est le meilleur moyen de lui faire honneur.
Drago se sentit immédiatement soulagé à l'entente de ces quelques mots. Il n'aurait jamais osé aborder ce sujet directement avec Daphné, surtout que ça ne la regardait pas vraiment, mais le fait qu'elle lui conseille si ouvertement d'aller de l'avant lui fit beaucoup de bien. Beaucoup plus qu'il ne l'aurait imaginé, d'ailleurs.
Il avait effectivement conscience qu'Astoria n'avait jamais rien voulu de plus que le bonheur de ses proches, mais se l'entendre dire par quelqu'un d'autre était encore différent. Ce n'était plus lui qui essayait de se convaincre d'une chose, ça devenait un fait, tout simplement.
Aller de l'avant ne voulait pas dire oublier le passé. Ça ne voulait pas dire l'oublier elle.
Quoi qu'il fasse, quoi qu'il devienne, il serait toujours intrinsèquement lié à son souvenir et avancer avec Hermione n'occulterait jamais ce qu'Astoria lui avait apporté tout au long de sa vie.
Bien au contraire.
Car sans elle, il ne l'envisagerait même pas.
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Oui, j'ai osé filer une panne érectile à notre Drago national.
Vous le savez, j'aime bien contrer, mine de rien, les clichés des fanfictions... Et le Drago toujours au top et seul capable de donner du plaisir à Hermione est l'un de ceux qui m'agacent le plus. Dans FM, j'avais contré ça en la libérant, elle, sexuellement. Ici, ça passe notamment par ça (et avec le décès d'Astoria et le deuil qui s'en suit, c'est l'occasion parfaite d'aborder ce sujet).
C'est là, mine de rien, que j'étais quand même contente d'avoir un homme dans mes relecteurs... Avoir son avis masculin sur la question était vraiment rassurant (oui, les hommes aussi sont faillibles et non, ce n'est pas dramatique).
Sinon, eh bien, ils commencent doucement à se projeter, nos tourtereaux. Rien de bien clairement défini, mais ils ne sont clairement plus dans une optique "c'est purement sexuel". Et on ne va pas s'en plaindre !
Petite confession/anecdote : quand Hermione se plante en allant au Boursouflet pour trouver Ron, c'est bêtement pour donner des nouvelles de Greg et du restau. MAIS j'ai eu un petit diable, sur l'épaule, qui m'a chuchoté "imagine, tu refiles une tumeur au cerveau à Hermione pour justifier sa confusion..."
Je vous rassure, je ne le ferai pas, cette histoire est déjà assez complexe comme ça. Mais j'y ai brièvement pensé XD
Enfin voilà, finir 2020 sur l'espoir d'une réelle relation future entre eux, je trouve pas ça si mal, non ? Hâte de lire ce que vous en avez pensé !
Surtout qu'on recommencer l'année avec eux aussi, hé hé. Les chapitres 51/52/53 sont aussi de leur point de vue ! (pfiou, j'avais pas percuté que ça ferai 4 de suite !). Mais y aura aussi des nouvelles des enfants, hein !
Enfin bref, je l'ai déjà dit en note de début mais merci mille fois de me lire et rdv le 6 janvier (ou le 9 ? je ne sais pas) pour la suite de nos aventures ! N'hésitez pas à me suivre sur facebook (page au nom de Lyra Verin) ou me mettre ici en "follow" pour ne pas louper la suite de cette histoire.
Encore de joyeuses fêtes à vous.
* Lyra *
