Je tiens à remercier encore une fois tous ceux qui nous suivent et nous soutiennent depuis le début. Je remercie également les derniers arrivés qui nous ont envoyé des petits mots qui nous ont fait chaud au cœur. Nous avons fait une longue coupure dans l'écriture de cette histoire. Nous en avions besoin. Surtout moi. Après trois ans passés avec ces récits j'avoue que j'avais un peu perdu l'envie et surtout le plaisir d'écrire. Mon style surtout depuis que nous sommes deux a beaucoup évolué et même si ce Drago et cette Hermione me tiennent à cœur j'ai envie de choses plus personnelles. Mais ce petit break et les quelques adorables reviews qui nous ont été envoyés nous ont donné la motivation nécessaire pour terminer. Nous voici donc revenus avec ce cinquantième chapitre.

Il n'en reste plus que quelques-uns avant la conclusion. Nous avançons dans la trame générale et nous allons essayer de vous les écrire au plus vite. N'hésitez pas à nous encourager. Vous n'imaginez pas le bien que cela peut faire à un auteur de recevoir un de vos petits mots mêmes très courts.


fin du chapitre précédent :

Autour d'eux, les autres n'avaient rien dit, trop heureux de voir le trio a nouveau réuni.

Hermione lança un regard vers Ron qui lui tendait la main, le regard baissé vers le sol. Le voir ainsi faisait remonter en elle tous les souvenir qu'elle avait eu avec ce garçon : le garçon gaffeur, drôle, gentil et attendrissant avec qui elle avait vécu tant d'aventures. Elle eut enfin l'impression d'avoir retrouvé son meilleur ami.

Ron tendit alors son autre main vers Harry qui la pris fermement et ils disparurent alors avec une petite détonation.


Chapitre 50 : Une longue attente

Trois silhouettes se matérialisèrent soudainement dans un pop sonore au milieu de la nuit. Les ténèbres qui enveloppaient désormais les alentours de l'impasse du tisseur rendaient l'endroit inaccueillant et hostile. Légèrement désorientée, Hermione essaya d'analyser les environs espérant glaner quelques indices qui lui permettraient de se repérer. Au loin, elle pouvait voir une immense cheminée d'usine en mauvais état et devant elle une interminable rangée de modestes maisons de briques rouges aux façades mal entretenues. Mais ce qui retint son attention, ce fut l'odeur prenante de l'eau croupie qui se dégageait des berges situées de l'autre côté de la rue. Envahis de mauvaises herbes et de détritus, les abords de la rivière ajoutaient au paysage qui l'entourait un côté sordide presque effrayant.

Elle n'avait qu'une hâte : retrouver Drago au plus vite et retourner au square Grimaud qui, depuis leurs rénovations, ressemblait à un doux foyer chaleureux comparé à ce qui se trouvait actuellement autour d'elle. Pourtant elle était comme paralysée, ses pieds refusaient d'avancer et une boule énorme dans son estomac la clouait sur place ; des pensées plus sombres les unes que les autres l'assaillaient. « Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Et s'il avait mis fin à ses jours depuis que l'elfe lui avait dit qu'il était toujours vivant ? Et s'il ne voulait plus jamais la voir ? Et si … il ne lui pardonnait jamais de l'avoir emmené chez les Weasley ? »

Ayant perçu le léger tremblement des épaules d'Hermione, Harry, qui lui aussi avait inspecté les environs, se plaça derrière elle et posa ses mains sur ses frêles épaules dans l'espoir d'apaiser ses tourments.

À ce contact, elle tressaillit et sortit de sa torpeur.

— Ne restons pas là ! lui dit-il d'une voix qui se voulait entrainante et rassurante, mais dans laquelle on pouvait tout de même déceler beaucoup d'inquiétude.

Elle acquiesça sans un mot et avança d'un pas vers la porte qui se trouvait devant elle. Puis, elle jeta un regard à Ron pour qu'il lui confirme que c'était bien leur destination.

— Oui, c'est ici, approuva le jeune Auror.

Harry s'approcha de la porte et lança plusieurs sorts de détection.

— Ça ne m'étonne pas de Rogue ! Cette maison est presque plus protégée qu'un coffre de Gringotts, grogna-t-il avant d'entreprendre de désarmer plusieurs alarmes et pièges que son défunt professeur avait installé pour protéger sa demeure.

Quelques minutes plus tard, épuisé, et avec l'aide de Ron, il était parvenu à annuler ou à détourner tous les enchantements.

D'un regard, Harry fit comprendre à son meilleur ami de rester en arrière, ce qu'il fit bien volontiers. Il entra alors prudemment le premier, sur le qui-vive. Si Drago avait, comme il le supposait, hérité la maison de son parrain, alors le blond y était surement le bienvenu, ce qui n'était hélas pas leur cas. Heureusement pour Harry, la porte d'entrée donnait directement sur un petit salon plongé dans la pénombre où l'on pouvait apercevoir Drago, affalé sur un canapé élimé. Son visage, faiblement éclairé par les braises encore rougeoyantes de la cheminée, semblait plus blanc que jamais.

Hermione, juste derrière lui, allait se précipiter à sa rencontre mais il la retint d'un bras autoritaire, tout en lançant un dernier sort de détection. Au vu de l'état dans lequel semblait être le blond, il était peu probable que d'autres sorts ou enchantements soient mis en place, mais il valait mieux être prudent avec les Serpentards.

N'ayant détecté aucun danger, Harry fit signe à Hermione d'aller retrouver Drago et referma la porte silencieusement dernière lui, laissant Ron au-dehors.

Outre les lueurs du feu pratiquement éteint, la seule autre source de lumière provenait des quelques chandelles piquées sur le chandelier qui pendait au plafond. La pièce était austère et sombre et ne disposait que du stricte nécessaire. Les murs étaient entièrement couverts de livres anciens, reliés pour la plupart de cuir noir ou marron ; une petite table de bois sombre et un vieux fauteuil qui avait sans aucun doute énormément servi à son ancien propriétaire étaient regroupés dans le faible rond de lumière. La pièce semblait avoir été pratiquement laissée à l'abandon depuis des années, et cela bien avant le décès de son propriétaire, comme s'il ne l'avait habitée qu'occasionnellement.

Si la pièce donnait à Harry l'impression d'étouffer, la présence de tant d'ouvrages inconnus eu un effet apaisant sur Hermione.

Approchant, elle s'agenouilla près du blond et grimaça en constatant qu'il avait ce même regard vide qu'elle lui avait vu avoir quand tout Poudlard avait été mis au courant du fait que Voldemort l'avait torturé. Un regard éteint : sans haine, sans colère, mais aussi sans peur. Un regard si lointain des yeux moqueurs et pleins d'orgueil qu'elle lui connaissait. Un regard sans plus aucune vie.

Elle doutait cette fois-ci d'arriver à faire quelque chose pour lui. Il semblait être parti si loin d'elle…

Le voir dans cet état lui fendait le cœur et des larmes silencieuses vinrent lentement couler sur ses joues rougies par le froid. Elle voulait agir, mais elle ne savait pas quoi faire, quoi dire…

Elle allait s'assoir plus près de lui, quand elle remarqua qu'il avait laissé tomber un petit portrait de Rogue qui semblait offusqué d'être laissé ainsi la tête en bas.

Elle le ramassa pour le poser plus loin quand, au lieu de cela, elle s'adressa timidement à lui.

- Professeur, comment va-t-il ? demanda-t-elle bouleversée. Enfin non… il est évident qu'il ne va pas bien ! Et il m'en veut certainement à moi et à mes amis. Et, après ce qui lui est arrivé, il ne peut décemment pas aller bien. Mais, s'il avait votre portrait près de lui, c'est qu'il vous a parlé avant de se mettre dans cet état et…

- Vous êtes décidément toujours la même Miss-je-sais-tout ! l'interrompit le portrait de Rogue d'un ton acerbe qui la glaça au point qu'elle se serait crue retournée quelques années dans le passé, lorsque son défunt professeur prenait plaisir à la réprimander. Vous maitrisez l'art d'énoncer des évidences comme d'autres maitrisent celui d'enfoncer des portes ouvertes ! Ne pensez-vous pas qu'il y ait de réelles questions d'importance en cette situation ?

- Je… Je ne sais pas… Je veux juste l'aider… Je… bégaya Hermione, intimidée.

- Au moins, vous n'êtes pas venu chez moi avec les deux voyous qui vous servent habituellement d'amis. Commenta le maitre des potions de sa voix doucereuse et rébarbative. Si à la limite la présence du rouquin qui vous sert d'animal de compagnie aurait été supportable, à condition, bien sûr, qu'il n'ouvre pas la bouche et qu'il ne touche à rien, il aurait été inadmissible que vous veniez ici accompagné du rejeton de Potter ! Maintenant qu'il a accompli sa destinée, il ne va plus seulement se croire au-dessus des règles, il va se prendre pour un héros à qui tous doivent une reconnaissance infinie !

- Vous êtes injuste professeur ! s'indigna-t-elle en reprenant ses esprits. Vous savez parfaitement qu'Harry n'est pas comme ça ! Tout comme vous savez parfaitement qu'il vous entend même si vous ne le voyez pas. Vous ne l'auriez pas protégé de la sorte pendant la guerre si vous n'aviez pas un minimum d'affection pour lui, pour nous et pour tous vos élèves d'ailleurs. Vous n'avez plus à jouer un rôle professeur et même s'il ne l'a pas encore fait, je pense qu'Harry a réellement envie de vous parler et il le fera, car je pense que vous avez beaucoup de choses à vous dire ! Mais pour l'instant, c'est de Drago qu'il s'agit... Je suis sûre de pouvoir trouver un moyen pour l'aider, mais pour ça il faut qu'il me fasse à nouveau confiance. J'ai besoin de vous, Professeur ! Que vous a-t-il dit quand il est arrivé chez vous ? Pensez-vous que j'ai une chance de le faire revenir auprès de moi ?

Le portait de rogue failli exploser de rage en écoutant les réprimandes de son élève, mais concéda intérieurement qu'elle n'avait pas entièrement tort. Après avoir repris un minimum de contenance, il s'adressa à elle de la façon la plus condescendante qu'il put :

- Je ne m'attends pas à ce que vous saisissiez grand-chose à ce que je vais vous dire, mais sachez qu'il vous en veut terriblement et qu'il s'en veut encore plus d'avoir fait tombé ses barrières en vous faisant confiance à vous, mais aussi à cet incapable de Potter. Cependant, l'imbécile qui me sert de filleul semble particulièrement s'être attaché à vous, aussi inconcevablement que cela puisse paraitre. Hélas, c'est sans doute cet attachement qui rend ce moment aussi douloureux pour lui. Après tout, la trahison n'est possible que si l'on accorde sa confiance, et c'est une chose que peu de Serpentards seraient enclin à risquer, et encore moins Drago. Aussi, finit-il avec une pointe de tristesse dans la voix, sa rage s'étant définitivement éteinte, quand il reviendra à lui, même s'il vous repousse, ne l'abandonnez pas…

Elle se doutait bien qu'en disant ça, Rogue avait en tête le moment où, fou de rage, il avait repoussé Lili, mettant ainsi fin à leur amitié et tout ce que cela impliquait pour lui. Harry lui avait longuement parlé de leur ancien professeur de potion et de ce qu'il avait pu voir dans ses souvenirs. Mais elle n'était pas Lili, et Drago était bien plus qu'un ami pour elle. Elle le connaissait et avait désormais accepté la noirceur qui était également en lui.

Hermione repensa à tout ce qu'ils avaient traversé depuis quelques semaines et à quel point le jeune Serpentard arrogant avait, une à une, baissé ses barrières pour lui laisser voir qui il était réellement. Elle avait découvert sous cette carapace glaciale, un jeune homme sensible, parfois espiègle et surtout profondément meurtri ; un jeune homme qu'elle avait appris à aimer profondément.

- Je... commença-t-elle, légèrement perdue sans trop savoir quoi répondre.

- Hermione… l'interpella Harry, suffisamment fort pour la sortir de ses pensées.

Un regard de son meilleur ami suffit à lui faire reprendre ses esprits. Harry avait raison, elle n'avait pas de temps à perdre, Drago était sa priorité et répondre au portrait n'était pas vraiment utile. Il lui suffisait juste de lui montrer à quel point elle tenait au jeune Serpentard ; ses actes parleraient pour elle.

- J'en suis consciente, Professeur, dit-elle en s'adressant succinctement au portrait. Je vous remercie… pour… pour ce que vous venez de dire, mais surtout pour tout ce que vous avez fait pour nous tous !

Se relevant, elle tendit le portrait à Harry qui, stupéfait, ne semblait pas vraiment savoir quoi faire du portrait de Rogue.

Elle voyait bien qu'il l'avait pris sans réaliser qu'il allait devoir faire la conversation à celui qu'il avait autrefois surnommé la chauvesouris des cachots ; celui qui pourtant avait veillé sur lui dans l'ombre ; celui qui enfant avait été le meilleur ami de sa mère et l'avait aimé jusqu'aux derniers instants de sa vie.

Elle savait qu'il avait tant de choses à lui dire, tant de questions à lui poser… mais Hermione ne s'en préoccupa pas, Drago était sa priorité. Elle s'approcha à nouveau du blond et vint s'asseoir à ses côtés, reportant toute son attention sur lui.

Après l'avoir appelé par son prénom à plusieurs reprises, comme une mère le ferait pour réveiller son enfant encore endormi, d'une main hésitante, elle entreprit de lui caresser les cheveux, puis la joue sur laquelle une légère barbe d'un blond presque invisible commençait à repousser.

Parsemant son visage de baisers aussi doux qu'un frôlement d'aile de papillon, elle continua à l'appeler encore et encore, emprisonnant désormais ses mains dans les siennes.

Bien qu'elle ait espéré que cela puisse suffire à le sortir de ses sombres pensées, elle ne fut pas surprise par son manque de réaction. Elle aurait pu le mordre à la lèvre comme elle l'avait fait dans la cabane d'Hagrid, mais elle avait la profonde intuition qu'il lui en faudrait bien plus pour le faire revenir.

Elle osait à peine le toucher ; il lui paraissait tellement vulnérable…

Hésitante, elle prit malgré tout son visage entre ses mains et embrassa ses lèvres tentant de lui transmettre toute la chaleur de ses sentiments, toute sa tendresse, tout son amour. Mais son regard clair ne lui avait jamais semblé aussi froid… aussi vide. Il restait insensible à son baiser, figé comme une statue de marbre.

Sa gorge se serra ; impuissante, elle sentit des larmes poindre au coin de ses yeux.

Le voir dans cet état la révoltait et lui donnait l'impression que tous ses organes étaient pris comme dans un étau. Elle voulait revoir son sourire, entendre ses sarcasmes … Elle ne voulait pas qu'il abandonne la vie, qu'il l'abandonne elle.

Ne sachant alors plus trop quoi faire, elle l'appela encore et encore, chaque tentative plus désespérée que la précédente. Elle le supplia de se réveiller, mais sans résultats. Elle le secoua, d'abord légèrement, puis plus brusquement au fur et à mesure que ses appels restaient sans réponses.

— Mais bon sang Drago, que faut-il que je fasse pour t'atteindre !

Son regard absent continua de la fixer. Le blond ne réagissait pas ; au contraire, il semblait s'enfoncer de plus en plus profondément dans ce rêve éveillé, dans cet endroit qu'il s'était créé de toute pièce pour ne plus souffrir. À bout, elle le gifla plusieurs fois.

— Je t'interdis de rester dans cet état, Drago Malefoy ! Réveille-toi, tu entends ! hurla-t-elle d'une voix cassée avant de se mettre à sangloter en lui frappant la poitrine, épuisée.

Elle n'avait aucune idée du temps qui s'était passé depuis qu'elle s'était assise à côté de lui. Une demi-heure, une heure, deux heures ? Mais rien y faisait. Il était parti bien trop loin et il lui semblait que rien ne le sortirait de ce repli sur lui-même. Du coin de l'œil elle pouvait voir Harry, toujours en compagnie du portrait de Rogue, qui essayait tant bien que mal de lui laisser autant d'intimité que possible ; si sa présence était en quelque sorte un soutien moral pour elle, elle ne pouvait pas pour autant espérer qu'il puisse faire quelque chose pour l'aider.

Il ne lui restait plus qu'à attendre et espérer. S'installant encore plus près de lui, elle le prit dans ses bras, posa sa tête contre la sienne et se mit à lui parler d'une voix tremblotante.

— Si tu savais comme j'aimerai être capable de faire disparaitre tout ce qui t'est arrivé ou même juste cette journée. Si j'étais sûre que le maléfice n'y résisterait pas, je t'effacerais la mémoire, quitte à retrouver l'idiot que tu étais à seize ans. Je voudrais tellement te faire oublier ce que tu as vécu. Je voudrais tellement te rendre heureux. Si seulement tu pouvais savoir à quel point je t'aime, idiot de Serpentard, finit-elle par lui murmurer en sanglots, tout en se blottissant encore plus contre lui.

oooOoOoOOOoOoOooo

Après avoir quitté la masure des Weasley, Drago avait transplané jusqu'à Londres. Mais ne sachant où se rendre, il avait erré un moment dans les rues les plus sombres de la capitale puis s'était tout naturellement dirigé vers la maison de son parrain. Là, il s'était écroulé sur le canapé défraichi et poussiéreux espérant y trouver l'oubli.

Quand le portrait de Rogue l'avait interpelé, le blond lui avait répondu, plus par conditionnement à l'obéissance que par envie. Cependant, il se surpris à baisser toutes ses barrières en présence de son parrain, il n'avait sans doute plus l'énergie de feindre ou de mentir. Il lui avait parlé avec une franchise qui sembla presque prendre l'ancien professeur de court, jusqu'à ce que peu à peu les réponses du jeune Serpentard se fassent plus rares et à ce qu'il sombre irrémédiablement dans un sommeil éveillé dont rien ne devait plus pouvoir le sortir.

À travers le vide, il l'avait cependant entendue ; elle était l'éco d'un souvenir heureux auquel il refusait désormais de croire. Elle lui avait fait croire à l'amitié, elle lui avait même donné un aperçu de ce qu'étais l'amour, mais tout ça n'était qu'un mirage… une illusion à laquelle il s'était accroché comme à une branche au bord d'un gouffre qui l'aspirait irrémédiablement. Mais tout ça n'avait plus d'importance. Il se sentait trahi, abandonné… sali. Elle lui avait promis qu'elle serait là pour lui, qu'elle ne l'abandonnerait pas… il avait même cru qu'elle le sauverait ; qu'elle pourrait repousser ses cauchemars, qu'elle le débarrasserait de la présence infecte sur sa peau et dans son âme de celui qui l'avait souillé. Mais la chute n'en était que plus effroyable. Il n'y avait plus d'espoir en lui, plus de désir non plus d'être sauvé. Il se sentait misérable et n'aspirait plus qu'à mourir, mais il n'en avait même plus la force. Il n'était même plus capable de pleurer, ou d'émettre le moindre son. Il n'était plus capable de bouger ni de percevoir quoi que ce soit : son esprit était vide… il était comme absent de son propre corps, comme s'il avait reçu le baiser du Détraqueur, comme s'il avait reçu le sort qu'il méritait, la délivrance qu'il attendait…

Alors, revenir vers elle, malgré la douceur de ses baisers, malgré la force de ses supplications, malgré la sincérité de ses larmes, lui était impossible. Il y avait désormais un abime insurmontable qui le séparait de la vie, qui la séparait d'elle. Mais dans un soupir, elle avait prononcé c'est trois petits mots qu'on lui avait appris détester ; ces trois petits mots qui l'effrayaient ; ces trois petits mots qu'il pensait ne pas mériter ! Comme une lumière dans l'obscurité, comme une main tendue au bord de ce gouffre duquel il ne pensait plus être capable de sortir, ce « je t'aime » avait accroché son cœur pour le remonter à la surface.

Clignant plusieurs fois pour humidifier ses yeux trop secs, il finit par apercevoir le brun broussailleux de ses cheveux devant lui. Puis l'odeur douce et délicate de son parfum finit de lui faire reprendre ses esprits. Elle était blottie dans ces bras, sanglotante, le serrant de toutes ses forces. Il était toujours dans le salon de son parrain. En face de lui, planté près de la cheminée de façon aussi incongrue que l'aurait été une licorne au centre d'un cimetière, Potter lui souriait, le regard plein d'une affection qu'il ne comprenait pas.

Puis s'approchant d'eux, il secoua légèrement l'épaule d'Hermione.

— Hermione ! dit-il avec douceur, ses yeux verts réconfortants toujours plantés dans le gris orageux de ceux de Drago. Hermione… Il est de retour !

Séchant ses larmes, elle se redressa pour croiser le regard clair du jeune Serpentard maintenant à nouveau plein de vie, tandis qu'Harry essayait de s'excuser maladroitement.

— Je… Je suis désolé ! Rien de tout ça n'aurait dû arriver… Je te promets que personne n'en parlera, Je ferai tout ce qu'il faut pour ça ! Mais pour l'instant je pense que vous avez à parler… je vous laisse… Je vous attends dehors.

Drago acquiesça pour montrer à Harry qu'il l'avait bien entendu avant que ce dernier ne quitte la pièce ; il ne se sentait pas encore de parler.

Il entendit ensuite Hermione renifler légèrement à ses côtés et posa à nouveau son regard sur elle ; ses yeux rougis et bouffis témoignaient de ses pleurs, et son visage laissait apercevoir des marques de fatigue. Il voyait ses lèvres bouger, mais n'arrivait pas à se concentrer sur ce qu'elle était en train de lui dire. Il l'entendit s'excuser ; il l'entendit lui dire à quel point elle était soulagée qu'il soit revenu à lui ; il l'entendit dire à quel point elle avait eu peur, à quel point elle s'en voulait… mais il n'entendit pas ces mots qui, il y a quelques instants, lui avaient pourtant semblé si réelles… si important. Il attendit quelques instants encore, espérant que ce moment viendrait, mais quand ce ne fut pas le cas, il ne put s'empêcher d'intervenir.

— Est-ce que tu peux me le répéter ? lui demanda Drago dans un murmure à peine audible, coupant Hermione en plein milieu de son monologue anormalement brouillon.

— O-Oui, répondit-elle légèrement à bout de souffle. Je disais donc que j'étais désolée de …

— N..Non, je ne parle pas de ça, Hermione, l'interrompit-il avec une douceur inhabituel.

Drago leva les yeux vers elle et vit une lueur de compréhension passer dans le regard de la brune ; ses joues se teintèrent légèrement de rouge et sa bouche s'ouvrit et se referma à plusieurs reprises, ne sachant apparemment pas quoi ni comment lui répondre. Cependant, cela ne dura que quelques instants et la Gryffondor reprit rapidement ses esprits, à nouveau sur d'elle et déterminée. Elle s'essuya une dernière fois les yeux et prit à nouveau une grande inspiration avant de se lancer :

— Je… Je t'aime, dit-elle, la voix remplie de conviction. Je suis consciente que c'est probablement trop tôt, mais je ne peux plus me voiler la face ; pas après avoir cru te perdre.

Drago tressaillit.

Je t'aime. Ces mots résonnaient en lui jusqu'à lui faire presque perdre conscience de tout ce qui l'entourait. Il n'y avait plus qu'elle et son visage souriant qui le regardait, lui, comme s'il était le centre de son univers. Il ne parvenait pas à réaliser ce qui était en train de se passer.

Son cœur battait à tout rompre et son corps s'était mis à légèrement trembler. C'était trop d'émotions en trop peu de temps. Abasourdi, il ne savait pas trop comment réagir.

Jusqu'ici, il s'était laissé porter par ses envies, mais ce qu'elle venait de lui dire donnait une réalité à ses sentiments. Une réalité qu'il ne savait pas être capable d'assumer ; il avait envie, lui aussi, de lui retourner ces mots qu'il n'avait envie de prononcer que pour elle. Pourtant, il ne s'en sentait pas encore le courage et surtout, il ne se sentait pas digne de cet amour.

Avait-il seulement le droit d'être aimé après ce qu'il avait subi ? Après ce qu'il avait fait ? Elle se trompait sur lui ; elle ne voyait pas la noirceur en lui ; elle ne savait pas tout ce qu'il avait fait ; elle ne voulait plus voir la violence qui sommeillait en lui et elle ne se rendait plus compte de ce dont il était capable par haine ou par peur !

« Si elle reste à mon contact je vais la salir, la pervertir… j'ai déjà commencé… » songea-t-il, ayant à l'esprit les impardonnables qu'elle avait lancés pour le sauver.

Il était conscient d'être un monstre tandis qu'elle était un ange bienveillant …un ange qui lui était essentiel, qui le rapprochait de la lumière, qui lui réchauffait le cœur et l'âme…

« j'ai besoin d'elle… je ne supporterai pas de ne plus l'avoir près de moi… je la veux, même si c'est égoïste de ma part ... Avec elle je suis celui que j'ai envie d'être, et pas celui qu'on veut que je sois » ne pouvait-il s'empêcher de penser

Cette fois-ci, il se sentait déterminé à faire le bon choix pour lui, à ne pas faire passer sa famille ou sa réputation en premier, mais aussi à combattre toutes ses craintes d'être rejeté, car elle avait tant de raisons de prendre conscience qu'il n'était pas fait pour elle… Aussi, s'accrochait-il à ces trois petits mots avec l'espoir qu'ils soient éternels.

On lui avait appris à quel point aimer pouvait faire souffrir ; il apprenait maintenant ce que ce sentiment pouvait lui apporter de bénéfique : il fallait juste avoir le courage d'y faire face et de l'accepter.

Il avait eu beau la fixer du regard tout au long de ses réflexions désordonnées, il ne s'était pas rendu compte que peu à peu, attendant une réponse de sa part, Hermione commençait à paniquer devant son manque de réaction et il concevait parfaitement que dans sa tête à elle, malgré le bracelet qui les unissait, elle s'attende à un rejet de sa part.

Dans sa poitrine, son cœur s'accéléra. Il aurait fallu qu'il lui dise quelque chose, n'importe quoi de gentil… mais il ne trouvait pas les mots. Hésitant, il se contenta donc de dégager une mèche de ses cheveux bruns pour aller la replacer derrière son oreille. Sa main glissa ensuite derrière sa nuque et il rapprocha leurs deux visages jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent. Doucement, maladroitement même, il l'embrassa une première fois, avant de se reculer légèrement. Puis, le sourire éclatant de la Gryffondor lui donnant l'assurance dont il manquait, il rapprocha leurs corps pour l'embrasser à nouveau, avec plus de passion cette fois-ci. Répondant à sa fougue, Hermione vint s'accrocher à son cou, sa langue venant s'enrouler autour de la sienne. Puis, quand à bout de souffle ils durent se séparer, Drago, ayant plus que jamais conscience de son besoin d'elle, garda quelques dernières secondes la lèvre inférieure de la brune entre ses lèvres avant de la relâcher à regret.

Le regardant avec tendresse, Hermione attendait toujours qu'il lui parle.

Prenant à bras le corps son courage de Serpentard, il tenta de lui expliquer :

– Je… je ne peux pas… enfin … te dire ce genre de chose c'est… personne n'a jamais autant compté pour moi… je...

– Drago ! lui dit-elle souriante, en posant un de ses minuscules doigts sur les lèvres du blond pour l'interrompre. Je n'attends pas que tu me retournes mes mots. Ce que tu viens de me dire me suffit amplement. Il fallait juste que je te le dise. C'était important pour moi que tu le saches. Si tu dois me dire ces mots, je veux que ce soit parce que, comme moi, tu n'en puisses plus de les contenir en toi.

Se levant sur la pointe des pieds, elle vint l'embrasser d'un baiser furtif qui scella sa demande

Les mots et la douceur d'Hermione calmèrent un peu la peur qui grandissait dans la poitrine du Serpentard. Pourtant, il ne pouvait se défaire de la crainte qu'elle n'attende pas éternellement qu'il soit prêt, et surtout la crainte qu'elle le rejette un jour.

– Tu sembles si sûre de toi ! À croire que tu t'en fiches de qui je suis, de qui j'ai été, de ce que j'ai fait d'horrible ! Et pourtant j'ai tellement envie que ce soit le cas, finit-il avec espoir, un sourire triste aux lèvres.

– Drago ! s'indigna la Gryffondor, tu n'as rien fait de mal ! Quoiqu'il t'ait fait, tu y étais contraint ! Ce n'est pas ta faute !

Subitement, Drago prit conscience du désir qu'il avait qu'elle sache ! Qu'elle comprenne à qui elle avait vraiment affaire ! Si elle devait le quitter ce ne serait pas à cause des non-dits, pas à cause des secrets, pas à cause de la culpabilité qui le bouffait de l'intérieur. Et surtout, ce serait ici et maintenant. Quitte à souffrir, il préférait que ce soit de sa propre initiative plutôt que d'avoir le cœur brisé plus tard quand elle comprendrait, devinerait ou apprendrait cette vérité à son sujet.

– Tu ne comprends pas, Hermione, commença-t-il la mine abattue en s'éloignant un peu d'elle. Tu me penses victime, mais j'ai également été bourreau ! Quand il a eu fini de me dresser, je suis resté à ses côtés des mois entiers à obéir à chacune de ses volontés, allant même au-devant de ses désirs, mais ça ne lui a pas suffi ! Il a fait de moi sa main. Pour lui et en son nom, j'ai torturé ses hommes, il m'a même fait exécuter des prisonniers… de pauvres moldus. Tu te répugnes d'avoir lancé deux petits Imperos, mais je maitrise désormais le Doloris et l'Avada Kedavra. Si j'ai pu le cacher lors de mon procès, ce n'est qu'en mettant en avant dans mon esprit les sévices que j'avais subi. Ils n'ont pas été cherchés plus loin par pitié, par peur de découvrir pire encore. Et moi, j'ai préféré leur révéler ce qui me faisait le plus honte que de leur avouer ça, car ils auraient su que ma mère l'avait fait avant moi… voilà … maintenant si je te dégoute et si tu ne veux plus jamais me voir ou bien si…

La surprise passée, Hermione se précipita dans ses bras, l'interrompant d'un fougueux baiser. Puis prenant son visage entre ses mains, elle commença à lui parler avec douceur et compassion.

– Ce n'est pas ta faute Drago ! Tu as juste sauvé ta vie, tu t'es épargné des souffrances inutiles. Tu y as été obligé ! Tu n'avais pas le choix ! Si ce que j'ai vécu m'a appris quelque chose ces dernières semaines, c'est à relativiser les choses. Tu as choisi le moindre mal. SI tu n'avais pas fait ça, toutes ces personnes auraient subi la même chose et même peut-être d'une façon plus atroce encore… Je commence à te connaitre, Drago Malefoy ! J'ai compris qu'au fond de toi tu n'étais pas une mauvaise personne. Ce que tu as dû faire te pèse : ça se voit dans ton regard. Jamais, de par toi-même, tu n'aurais fait des choses aussi terribles et c'est ça qui m'importe. Pas ce que tu as fait, mais qui tu es. Ça ne change rien à ce que je ressens pour toi !

– Je … tu ne me détestes pas ? demanda-t-il d'un air presque penaud qui ne lui ressemblait pas et qui attendrit encore plus Hermione qui lui sourit avec bienveillance.

– Je le déteste, lui ! dit-elle en s'écartant soudain furieuse pour faire les cent pas et continuer sur sa lancée. Je déteste ce qu'il a fait et ce qu'il t'a fait ! Je déteste encore plus sa présence en toi !

Puis, se radoucissant, elle le fixa :

– C'était très courageux de me dire tout ça, tu sais … Ce sont certainement des choses qui te pèsent et que tu n'as pas dû révéler à grand monde ! Non ? finit-elle par demander timidement.

– Ma mère sait… Blaise aussi… avoua-t-il.

Hermione se rapprocha de lui et pausa sa main l'épaule de Drago qui s'était rassis.

– C'est bien que tu te confies à Blaise. Tu devrais le faire plus. Je pense qu'il se doute de plus de choses que tu ne crois. Je pense qu'il tient vraiment à toi, confia-t-elle en s'asseyant à côté de lui pour ensuite lui tenir la main. Et puis… même si c'est un Serpentard, je pense qu'on peut lui faire confiance... Il veut t'aider au moins autant que moi et il a certainement accès à des sortilèges très rares… et… Drago… je ne supporterais pas qu'il te prenne à moi… j'ai eu si peur quand tu t'es enfui… et quand je t'ai vu comme… enfin tu sais… mon cœur s'est littéralement brisé de te voir si mal…

Elle avait les larmes aux yeux. Ça non plus, il ne le supportait plus. Elle n'avait pas été la seule à avoir peur. Lui aussi avait cru ne plus vouloir revenir. Il n'en pouvait plus de souffrir, il n'en pouvait plus de ne presque pas dormir, il n'en pouvait plus d'avoir peur. Il voulait juste que tout ça soit derrière lui et faire des choses normales comme étudier ou jouer au Quidditch sans avoir constamment ce poids qui l'écrasait. Il voulait avoir des problèmes normaux, une petite amie, des amis… une vie emplie de joie plutôt qu'une vie remplie de cauchemars et de peur.

Se levant, il lui tendit la main pour qu'elle fasse de même.

– On va rentrer au Square avec ce satané Potter et demain tu parles de ce rituel qui peut me sauver à Blaise. Je ne veux plus vivre ça ! Je veux en finir avec ces cauchemars ! Je n'ai plus rien à te cacher… J'ai confiance en toi… en toi et même en eux !

Se jetant à son cou, Hermione l'embrassa à plusieurs reprises.

– Je suis si heureuse que tu prennes cette décision. Si je ne craignais pas que tu te sentes insulté, je te dirais que c'est une attitude digne d'un Gryffondor que tu as ce soir. Je suis si fière de toi, ajouta-t-elle en l'embrassant encore.

– Et bien, murmura-t-il à son oreille avec un petit sourire en coin, c'était très Serpentard de ta part de me pousser à prendre toutes ces décisions, alors qu'il y a une heure à peine, je ne désirais plus rien.

Alors qu'ils allaient sortir, Hermione le retint par le bras.

– Il faut que je te prévienne, avoua-t-elle d'un air contrit. C'est Ron qui t'a retrouvé… il t'a pisté… c'est son métier maintenant et sans lui on ne t'aurait jamais retrouvé. Il s'en veut, crois-moi… je sais que tu ne lui pardonneras pas facilement, mais…

– Jamais ! l'interrompit-il vivement. Jamais je ne lui pardonnerai cette humiliation ! Ne compte pas sur moi !

Hermione semblait à la fois triste et embarrassée, mais il était inenvisageable qu'il soit aimable avec cette crotte de troll. Et puis… il était hors de question qu'il facilite les retrouvailles entre son Hermione et l'autre tête de citrouille.

Ne laissant pas le temps à la Gryffondor de défendre sa cause, il ouvrit la porte, sortit, ignora royalement le rouquin et tenta de réactiver les protections de son parrain que les intrus avaient immanquablement désactivé pour entrer.

– Vous avez été long ! Un peu plus et je me transformais en lutin des glaces ! plaisanta Harry pour tenter de détendre l'atmosphère.

— Potter, serais-tu stupide au point de ne pas savoir comment utiliser ta baguette pour te réchauffer ? s'indigna le Serpentard, toujours occupé avec la porte d'entrée, la voix rauque d'émotions encore contenues.

– Ravis de voir que tu vas mieux !

Le Serpentard grommela tout en restant concentré sur sa tâche, dos aux trois Griffons.

Souriant, Harry s'approcha et posa une main amicale sur son bras pour capter son attention.

– Laisse, tu as mieux à faire que de t'occuper de ça ! lui dit-il en désignant du menton Hermione, qui paraissait un peu boudeuse, et Ron qui semblait sur le point d'aller la voir. Je vais finir ! Mais soit raisonnable, n'envenime pas les choses … il regrette vraiment…

Avec un sourire en coin qui, à voir la mine d'Harry, ne devait pas le rassurer, il acquiesça et se dirigea entre Hermione et le « pisteur », comme l'avait appelé Hermione.

– Je pense que tu en as assez fait pour aujourd'hui. C'était bien aimable de ta part d'avoir aidé tes anciens amis à me retrouver, mais, comme tu le vois, je me porte à merveille. Nous n'avons plus besoin d'un apprenti Auror pour le moment. Tu peux donc disposer, finit-il avec un ton condescendant.

– Je ne te permets pas, Malefoy ! J'étais venu pour m'excuser, pour te dire à quel point je regrette ! Mais visiblement tu n'en as pas besoin ! commença à s'énerver Ron qui, comme à son habitude, partait au quart de tour.

– Ron ! Drago ! intervint Hermione avec véhémence. Je me doute que vous n'allez pas faire la paix de sitôt ! Mais pour l'amour de Merlin, soyez un peu plus adultes !

– Mais… mais … Hermione ! C'est lui qui a commencé… tenta de s'expliquer le roux.

Rien que pour voir l'affreuse tronche de carotte faire cette tête plus régulièrement, ça valait le coup de faire un minuscule effort, songea Drago qui sourit intérieurement.

– Bien ! Je vais faire l'effort d'écouter tes excuses lança-t-il l'air las, croisant les bras, la mine renfrognée comme si le fait de voir Weasmoche s'excuser platement devant lui était une corvée.

Ron regarda Hermione, qui l'encouragea d'un sourire suppliant, puis Harry, qui, lui aussi semblait l'encourager, mais avec dans le regard tout le poids de ses reproches.

– Écoute Malefoy, commença Ron avec difficulté … je … enfin je n'aurai pas du… mais…"

– C'est pas la peine, l'interrompit Drago, dépité. Si tu ne fais ça que pour faire plaisir à Hermione et Potter, autant ne pas le faire ! Je n'ai pas envie d'écouter tes pitoyables excuses dans ces conditions; ni même de parler de ce qui s'est passé. On en reparlera quand tu le penseras vraiment. Quand tu comprendras réellement le mal que tu as fait.

Étonnés par la réaction de Drago, ils s'étaient tous tus.

– Tout ce que je te demande en attendant, reprit Drago avec un ton plus mordant, c'est de ne plus jamais en parler. Ni à moi, ni avec ta famille et surtout… surtout, plus à personne… ou je t'emporterai avec moi ! C'est bien compris ?!

Il s'en suivit un silence gênant pendant lequel personne n'osa plus parler. Ron voulut dire quelque chose et ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, l'air particulièrement misérable et repentant.

Puis, après encore quelques secondes de silence, Ron, résigné, balbutia un « d-d'accord » avant de transplaner.

Sans un mot, Hermione se rapprocha de Drago pour le prendre dans ses bras.

Moins d'une minute plus tard, Harry avait fini et ils transplantèrent tous les trois jusqu'au Square Grimaud.

Sur place ils trouvèrent Ginny, assise devant la cheminée avec à ses côtés Pattenrond profondément endormis sur un accoudoir et Lyra qu'elle faisait jouer avec des petits papillons de papier volants.

À la vue des nouveaux arrivants elle se leva brusquement, renversant presque la petite chatte qui, particulièrement mécontente, s'était mise à faire sa toilette.

Arrivée à leur niveau, elle se jeta, à la surprise de tous, au coup de Drago et l'étreint pour ensuite le gifler.

– Tu nous as tous inquiétés, stupide Serpentard ! commença-t-elle à s'énerver les poings sur les hanches. On t'a cherché partout ! Mes frères ont parcouru la lande pendant des heures. Et nous, on a exploré chaque recoin sordide du chemin de traverse. À quelques minutes près, si mon père n'avait pas appris où tu étais, il mettait en branle tout le ministère pour qu'on te retrouve. Quant à ma mère, une fois qu'elle a eu fini de pleurer, elle s'est mise à te préparer des tas de choses pour qu'à ton retour tu aies quelque chose à manger ! Il y en a tellement que j'ai dû faire deux voyages par la cheminette pour tout rapporter.

Massant sa joue légèrement endolorie, Drago se remettait doucement de la réaction de la rousse. Que ce soit son élan d'affection ou sa violence, rien ne l'avait à nouveau préparé à ça ! Il ne l'avait pas surnommé Lamia pour rien. Elle avait tout de ce cette créature monstrueuse aux formes féminines s'attaquants aux jeunes hommes.

– Potter, dit-il après un moment de réflexion. Je sais que tu es celui qui a survécu et aussi celui qui l'a vaincu et tout ça, mais es-tu vraiment sûr de vouloir t'infliger une furie pareille comme petite amie ? Moi qui pensais que tu avais déjà assez souffert comme ça ! se moqua le blond en s'écoulant dans le canapé à côté de Lyra pour la prendre dans ces bras, snobant totalement la réaction furieuse de Ginny.

Ne faisant plus trop attention à ce qui se disait dans son dos, il se mit à caresser le minuscule fléreur tandis que Pattenrond s'installait confortablement sur ses genoux pour lui prodiguer son réconfort.

Il entendit vaguement qu'ils avaient contacté Blaise et que celui-ci s'empressait de trouver un portoloin pour venir à Londres. Il s'en voulait un peu de faire revenir Blaise. Malgré tout ce qu'il pouvait dire, sa mère lui manquait et il appréciait les moments qu'il passait auprès d'elle. Mais avec tout ce qui lui était arrivé, il avait bien besoin d'avoir son ami près de lui. Il avait toujours été de bon conseil… en tout cas pour tout ce qui avait trait à la gent féminine.

Ils se retrouvèrent bien vite tous les quatre à grignoter dans le salon les succulents plats de Molly. Mais Drago n'avait pas très faim, et il s'excusa rapidement avant d'aller se coucher en compagnie des chats.

Il était à peine installé dans son lit qu'Hermione le rejoint et s'installa sur le lit, « juste le temps qu'il s'endorme ». Mais la brunette était au moins aussi épuisée que lui, et c'est elle qui s'endormit la première. Il l'enveloppa alors de sa couverture, et s'endormis à son tour.

oooOoOoOOOoOoOooo

– Il n'y a pas que la température et la cuisine qui soient meilleures en Italie, se vantait au rez-de-chaussée une voix que Drago reconnaitrait entre mille. Pense à la culture, à l'architecture, à l'histoire, aux grandes sorcières de renom…

– Vos mages de renom ne sont pas Merlin et Viviane que je sache ! argumentait la voix tout aussi reconnaissable de la rousse en colère.

– Les sorts sont en Latin, chérie ! Et ce ne sont pas vos magiciens de campagne qui les ont inventés. L'Italie c'est LE pays de la magie, pas juste celui des petits tours de baguettes ! se moquait le métis.

Drago avait été réveillé par leurs piaillements incompréhensibles quelques minutes auparavant et il s'était décidé à se lever quand il avait vu, à travers les rideaux tirés, que le soleil semblait lui dire qu'on était déjà en pleine après-midi et qu'il avait dû dormir largement plus qu'une douzaine d'heures.

Il avait fait une toilette rapide avec un sortilège – il espérait bien pouvoir prendre son temps après avoir mangé quelque chose –, s'était habillé et avait commencé à descendre les escaliers en les écoutants.

– Tu n'as qu'à rester là-bas si c'est tellement mieux qu'ici, lui cracha la rousse légèrement à court d'arguments.

– Ce serait effectivement une possibilité, mais dans ce cas, je n'aurai plus le plaisir de te voir habillée de ce si joli uniforme dont tu as raccourci la jupe ! plaisanta Blaise en riant à moitié.

– Baissez d'un ton tous les deux! intervint Hermione en chuchotant suffisamment fort pour que le Serpentard l'entende depuis l'escalier. Vous allez réveiller Drago !

– À mon avis, Drago est surement déjà réveillé et en train d'écouter aux portes, en bon Serpentard qu'il est, argumenta Blaise en parlant légèrement plus fort, visiblement pour énerver Hermione.

– Vous avez été élevés avec les Trolls ma parole, s'indigna Drago qui fit son entrée dans le salon. Je vous entendais depuis l'étage. Surtout toi, la rouquine… excuse-moi Ginny ! Tu as une voix qui porte comme celle d'un hippogriffe en chaleur.

– Je vois que tu es réveillé ! intervint Hermione pour couper court à toute nouvelle intervention de Ginny qui se solderait immanquablement par les moqueries des deux Serpentards maintenant réunis. Tu sembles de bonne humeur, comment te sens-tu ?

– Je ne trouve pas Lyra, j'ai faim et pas que de… commença-t-il en regardant Hermione pour se reprendre aussitôt en voyant les visages réjouis de la rousse et du brun. Je n'ai pas mangé grand-chose hier, donc j'ai faim.

– Elle est dans la cuisine s'empressa de dire Hermione, les joues légèrement rosées, entrainant Drago à sa suite en le prenant par la main sous les rires conjoints de leurs amis.

Tout en mangeant, Drago et Hermione finirent par aborder le sujet « Blaise ». Hermione lui rapporta les discussions qu'elle avait eu avec le métis et Drago apprit donc qu'elle n'était pas rentrée dans les détails de ce qu'il avait subis au manoir, mais qu'elle lui avait raconté tout ce qui concernait ses cauchemars, ses crises de panique et ses absences. Elle mentionna également le fait qu'elle avait mis Blaise au courant des moyens qu'elle avait utilisés pour atténuer ces crises, des recherches qu'ils avaient faites et de ce que Bill leur avait raconté.

Si plusieurs jours auparavant Drago aurait très mal pris qu'elle raconte tout ça, il lui en était désormais reconnaissant. Il se doutait bien qu'en sortant de la cuisine, il aurait immanquablement une longue discussion avec Blaise, mais elle lui épargnait de douloureuses explications. Il aurait sans doute eu honte de parler de ses faiblesses et il n'aurait certainement pas su par quoi commencer. Quant à parler des détails techniques, il préférait largement que ce soit Hermione qui lui en parle.

Trop fatigué par les nuits sans sommeil et par le stress qui s'accumulait, Drago, perdu dans ses pensées, n'était pas arrivé à suivre tout ce qu'Hermione lui racontait. Lui qui était méfiant de nature, lui faisait désormais totalement confiance pour faire ce qui était le mieux pour lui. Et cela parce qu'aussi surprenant que cela puisse être, elle l'aimait, mais plus encore parce que c'était une fichue Gryffondor.

— Suite à quoi, continua à lui exposer Hermione, la mère de Blaise nous a invités à Venise et nous partons demain !

– Hein-mmmf ! Quoi ? s'étouffa Drago qui était en train de manger une tartine de marmelade à l'orange.

– Je sais… c'est un peu rapide, lui expliqua Hermione en se rapprochant de lui pour poser sa main sur son épaule. Mais tu disais toi-même que tu avais hâte d'en finir…

– Non… Enfin oui, c'est sûr que j'aimerai en finir avec tout ça, mais j'ai dû louper quelque chose ! Qu'est-ce qu'on irait faire à Venise ? Quoiqu'à bien y réfléchir, c'est une destination plutôt agréable !

Lui faisant un sourire qui désarma sa compagne, Drago en profita pour la tirer à lui afin de l'assoir sur ses genoux.

– Bon, plus sérieusement, réexplique-moi rapidement parce que j'avais un peu la tête ailleurs.

Il était évident qu'Hermione était encore un peu mal à l'aise par autant de proximité, mais ses joues rougies et ses yeux baissés sur ses mains qu'elle ne savait pas où mettre, enchantaient le Serpentard. Il la rassura cependant d'une caresse dans le dos, l'encourageant à lui répondre.

– Je… J'ai parlé à Blaise du rituel et il en a discuté avec sa mère par cheminette. Elle nous a recontactée il y a moins d'une heure pour nous dire qu'elle possédait un ancien grimoire où ce même rituel est enseigné. On a besoin d'un lieu hautement chargé en magie d'après ce que nous avait dit Bill, et Blaise m'a proposé la sale des rituels de sa mère. Elle veut bien nous accueillir chez elle, résuma-t-elle.

– Tu veux dire qu'on va faire ça dans quelques jours… Je… je ne suis pas prêt…je… balbutia Drago qui s'était soudainement mis à trembler légèrement.

Hermione l'enveloppa alors de ses bras et le sera aussi fort qu'elle put.

- Tu vas y arriver, lui murmura-t-elle avec douceur. Je serai avec toi. Je sais que tu as peur, mais Harry aussi sera là ! Il l'a déjà vaincu une fois et même si cette ordure le terrifie toujours autant, il ne flanchera pas. On va réussir à te libérer de lui. Bientôt tout ça sera derrière toi…

Après qu'elle l'eut suffisamment rassuré pour arrêter ses tremblements, ils restèrent dans la cuisine un long moment enlacés, en silence, à profiter de la chaleur l'un de l'autre et puisant dans cette étreinte la force qu'il leur faudrait pour affronter les épreuves à venir.

oooOoOoOOOoOoOooo

Drago était remonté dans sa chambre. Il en avait profité pour prendre une longue douche brulante afin de tenter de se détendre, mais rien n'y faisait. Il était en train de se rhabiller quand Blaise toqua à sa porte pour finalement entrer sans même attendre qu'on lui réponde.

Fermant la porte derrière lui, il croisa les bras et s'adossa à l'armoire avant de fixer Drago droit dans les yeux, impassible comme seuls les Serpentards savaient l'être. Drago, assis sur son lit, soutint son regard en retour.

Il appréhendait les reproches à venir de son meilleur ami et savait que ce dernier ne se gênerait pas ; après tout, il n'avait pas été très correct vis-à-vis de Blaise ces derniers temps. Il lui avait caché tant de choses alors que le métis ne demandait qu'à l'aider. Ce dernier avait même dû passer par Hermione pour être au courant de ce qui n'allait pas avec lui, et ça devait certainement le mettre en rogne que Drago ait préféré se confier à une inconnue ¬– à l'époque, en tout cas –, plutôt qu'à lui. Il l'aurait été à sa place…

Après de longues secondes d'un silence à la fois tendu et irritant, Drago détourna son regard vers le sol, rompant ainsi leur jeu de force.

– Vas-y ! dis-moi à quel point je te déçois ! maugréa Drago, résigné.

Préférant lui-même s'infliger des reproches plutôt que de les entendre de la bouche de Blaise, il continua :

— Je sais très bien que j'aurai dû t'en parler ! Je sais que tu aurais gardé le secret ! Je sais que tu ne te serais pas moqué ! Et je sais que tu aurais pu m'aider, mais il faut croire que je suis trop fier pour m'en rendre compte !

Levant à nouveau les yeux vers Blaise, toujours debout devant lui, le blond s'aperçut que ce dernier tentait désespérément de garder son sérieux sans y parvenir. Fronçant les sourcils, il interrogea son ami du regard, ne comprenant pas trop sa réaction.

– Désolé, pouffa de rire le métis, mais je ne pensais pas un jour voir Drago Malefoy en train de s'excuser en caleçon, les cheveux complètement ébouriffés avec une chaussette à la main. Mais je suis bien content d'entendre tes excuses, car, vois-tu, je pense amplement les mériter.

Vexé, Drago attrapa un de ses oreillers pour le lui lancer violemment en pleine figure.

– Voilà qui me rassure ! J'ai eu peur un instant que tu sois devenu une petite licorne toute mignonne, se moqua Blaise. Je te préfère avec un peu plus de mordant. Surtout que je ne serai pas étonné que ta petite lionne ne soit pas si sage que ça sous ses airs de rat de bibliothèque. Alors faudrait pas la décevoir ! fini-t-il avec un clin d'œil.

– À peine arrivé que tu m'agaces déjà ! se lamenta Drago.

– Plus sérieusement, reprit Blaise, comment as-tu pu me cacher un truc pareil ?! Comment as-tu pu garder ça pour toi ?! Tu sais bien que je t'aurai aidé, tu croyais quoi ? Que je t'aurai fui dégouté ou, au contraire, que je t'aurai pris en pitié et traité comme si tu étais en sucre ? Ne me sort pas l'excuse de l'égo surdimensionné, il n'y a pas que ça !

– Quand je suis revenu à Poudlard, j'ai essayé d'oublier et pendant la journée j'y arrivais plutôt bien. Mais, tu as raison… je ne voulais pas que tu me regardes autrement. C'était justement ça qui me permettait de tenir. Sauf que ça s'est mis à empirer et j'ai été con ! J'ai eu besoin d'écrire ce que je ressentais ; en parler… surtout à toi… c'était au-dessus de mes forces. C'est comme ça qu'elle l'a appris. La suite, tu la connais ; au départ je ne savais pas qui elle était et quand je l'ai appris, c'était trop tard, elle en savait déjà trop. Et plutôt que de me rejeter, elle s'est démenée pour moi, elle… Blaise… il faut que tu m'aides ! se lamenta tout à coup le Serpentard.

Blaise, qui avait suivi avec un sérieux non coutumier tout ce que Drago lui avait dit, fut pris de court face à une telle demande.

– Bien sûr ! qu'est-ce que tu crois ! que je vais fuir…

– Non, pas ça ! fit le blond, légèrement irrité et nerveux à la fois. Elle m'a dit qu'elle m'aimait !

Blaise partit dans un fou rire tonitruant alors que Drago, plutôt vexé par sa réaction, n'en menait pas large.

– Ne te fous pas de moi ! c'est suffisamment compliqué comme ça ! Qu'est-ce que je fais, moi, maintenant ?

Tentant de reprendre son sérieux, Blaise s'assit à côté de son meilleur ami, posant une main réconfortante sur ses épaules.

– Ça se voit comme un boursouflet sur un tapis blanc que tu es amoureux d'elle ! Alors je ne vois pas où est le problème ? C'est une bonne chose non ?

– Oui, mais…

– Mais quoi ? Ça te dégoute d'être en couple avec une sang-de-bourbe ? Tu as peur de la réaction de tes parents quand ils apprendront que leur fils sort avec un membre de l'ordre du Phoenix ? Tu as peur que son intelligence ou sa réputation te fasse de l'ombre ? Où tu as juste peur que ce soit trop sérieux pour toi ? Parce que si c'est le cas, nos mères t'ont trouvé un très bon parti en Italie ! Il te suffit de dire « Oui » et tu es lié magiquement à une fille belle et stupide à laquelle on ne te demandera jamais de réellement t'attacher ! Tu auras juste à remplir ton devoir conjugal le temps d'avoir un bel héritier blond ; c'est la vie que tu veux ?

– Tu sais très bien qu'il en est hors de question et que j'ai dépassé tout ça ! se renfrogna plus encore Drago qui sentait son estomac se contracter douloureusement. C'est juste que…

– De quoi as-tu peur, Drago ?

– Et si ses sentiments n'étaient que de la compassion ? Et si, une fois que j'irais mieux, elle se détournait de moi ? Elle semble avoir accepté ce qu'il y a de pire en moi, mais sous la pression…tu la vois…

Drago, le souffle court, avait du mal à respirer et Blaise, patient, attendit qu'il finisse

– Tu la vois un jour… pas tout de suite bien sûr, mais… tu la vois un jour vouloir prendre mon nom ? Vivre avec moi ? Tu la vois vouloir porter mes enfants ; des enfants Malefoy ?

– On en est pas encore là, tu sais ! Tu peux très bien voir venir ! On dirait que tu comptes la demander en mariage !

– Ça n'a rien à voir, Blaise ! C'est juste que cette fille, si elle me dit ça… ce n'est pas juste pour passer un bon moment avec moi ! C'est pour avoir une chance de construire quelque chose ensemble ! Sauf que, moi, je n'ai rien à lui offrir sauf mon passé peu glorieux, une réputation de Mangemort, des dettes et un manoir invendable. Alors quand elle comprendra enfin ça… et si je m'attache à elle… je veux dire vraiment à elle… et qu'elle comprend tout ça…

– Écoute Drago ! Je pense qu'elle sait tout ça et qu'elle s'en fout ! La seule chose qui compte pour elle, c'est qui tu es … qui tu es vraiment ! En dehors des artifices, des vantardises et du paraitre. Et ce mec-là, c'est un type bien ! Alors, aie confiance en elle parce qu'elle en vaut la peine, et laissez-vous une chance !

Sur ces mots, après lui avoir asséné quelques petites claques d'encouragement dans le dos, Blaise laissa Drago à ses réflexions, mais avant de refermer la porte derrière lui, il se retourna pour ajouter quelques mots :

- Et puis, si ça te gêne tant que ça qu'elle prenne ton nom, sache que rien ne l'y oblige. Certes, ce n'est pas très bien vu chez les sangs-purs, mais les sangs-purs eux-mêmes, ainsi que leurs coutumes, ne sont plus vraiment très populaires, donc je ne vois pas où est le mal. Ma mère a bien gardé son nom de jeune fille... Et, si jamais il te venait à l'esprit de vouloir te reproduire, tes enfants pourront également prendre le sien, comme je l'ai fait avec ma mère ; ça se fait couramment chez les moldus ! Mais bon, avant d'envahir l'Angleterre de petits blonds intello, il faudra d'abord que tu fasses rentrer le Souafle dans l'anneau, finit-il en rigolant.

Outré que Blaise ait pu sortir une ânerie pareille, Drago réagit aussitôt en lui lançant le second oreiller qui atterrit brutalement contre la porte que Blaise avait refermée pour se protéger.

La porte se rouvrit alors et Blaise ajouta rapidement avant de s'enfuir que si jamais il avait besoin de conseils, il savait à qui demander.