Note de l'auteur :
Lorsque je regardais l'anime XYZ, ou plus précisément la saison 19, je pensais vraiment qu'il y aurait une révélation sur Alain et le professeur Platane. Cela ne s'est pas du tout révélé être le cas. Mais rien à faire, je continue de les voir de cette façon, de voir Alain comme étant le fils du professeur Platane.
J'aime beaucoup la petite famille que forment Alain, le professeur Platane et Martine, sans oublier leur Pokémon, Dracaufeu, Carchacrok et Marisse.
Je ne prends en compte que les six premières générations (de Kanto à Kalos).
Avertissement :
Pokémon est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient. AU (Alternate Universe) de l'anime. Présence de violence non canon à l'anime.
Note du chapitre actuel :
Ce chapitre marque le début de la troisième partie. Cette partie se déroule après les épisodes XYZ et me permets de retrouver une immense liberté d'écriture. Si les deux premières parties avaient beaucoup d'ellipses temporelles, les chapitres de cette partie seront très rapprochés. Beaucoup se déroulent le même jour ou à une période rapprochée.
Un bruit désagréable réveille Alain. Un grognement s'échappe de sa bouche, la tête encore enfouit dans son oreiller. Il cherche à tâtons son réveil pour l'éteindre. La station radio qu'il utilise habituellement pour se réveiller diffuse un programme musical particulièrement désagréable. Ses oreilles souffrent quelques secondes avant de connaître le calme.
Il se lève et avance pieds nus pour ouvrir les volets. Il cligne des yeux, la lumière du jour l'éblouit. Mais la vue vaut bien ce picotement désagréable. Illumis porte encore quelques cicatrices, mais l'attaque de Lysandre n'est plus qu'un lointain souvenir. Sauf pour lui.
Lysandre est mort et la plupart des membres de la team Flare ont été arrêtés. Certains sont encore en liberté, mais tous ont un avis de recherche et sont traqués. À l'exception de Malva et de lui‑même. Leur cas est encore discuté et incertain, mais il sait qu'ils seront tous deux considérés comme innocents bientôt. Leur participation au combat contre Lysandre a joué un rôle important. Alain a dû donner ses gemmes, son méga‑anneau et son holokit comme pièce à conviction aux forces de l'ordre. Il refusait de toute manière de porter et de garder ces objets. La simple vue du méga‑anneau lui donnait envie de vomir. Alain ne peut plus utiliser la méga‑évolution mais cela l'importe peu. D'autres personnes ont été manipulées ou trompées, nombreuses. Mais Alain ne s'est pas pardonné ses actes pour autant. Le poids de la culpabilité pèse toujours en lui.
Du point de vue général, Alain est considéré comme une victime de Lysandre. Il a eu beaucoup de mal à se considérer comme tel. Seuls le professeur Platane et Sacha ont su le convaincre, en discutant longuement avec lui. Et Martine. Qui a organisé une formidable fête, rien que pour lui. Décorant entièrement le hall de guirlandes et de ballons, préparant de nombreux plats et desserts pour lui. Aidée par Sacha et ses amis, Serena, Lem et Clem. Et toute cette attention a su alléger son cœur. Il s'est enfin senti de retour, chez lui.
Alain ouvre son armoire, sélectionnant ses vêtements pour la journée. Il jette un regard à l'une de ses chemises, l'une de celles qu'il portait avant de partir en voyage. Ses anciennes tenues ne sont à présent plus adaptées à sa taille. Il n'a pas encore eu le temps d'aller s'acheter d'autres hauts.
Il a passé les derniers jours a expliqué le fonctionnement du laboratoire à Martine. La jeune fille a décidé de faire une pause, peut‑être définitive, dans son dressage. Elle préfère rester avec lui ainsi que le professeur Platane afin d'en apprendre plus sur la méga‑évolution. Alain la soupçonne de surtout vouloir rester en sa compagnie. Une idée qu'il lui plaît beaucoup.
Le professeur Platane, en découvrant ses carnets de dessins, a accepté sa présence. Martine effectue quelques tâches beaucoup moins laborieuses que celle de l'adolescent, n'étant pas une assistante. Selon Alain, la vérité serait plutôt qu'elle serait son aide personnel. À moins que ce ne soit l'inverse. Martine est toujours aussi maladroite et nombre de dossiers finissent par se retrouver éparpillés au sol. L'adolescent arrange toujours les choses très rapidement.
Alain sort de sa chambre après avoir enfilé ses vêtements de dresseurs. Il a juste laissé son écharpe ainsi que ses gants et remplacé sa veste noire par sa blouse de laboratoire. Il n'aime pas l'ensemble que cela forme. Si le professeur Platane lui donne l'autorisation, il s'absentera pour s'acheter d'autres vêtements cet après‑midi. La journée sera calme. Aucun trio de starters n'est présent et les activités sont devenues sereines depuis la crise qu'a traversée la capitale. Son père dit qu'il s'agit d'une période creuse où ils doivent profiter de se détendre un peu.
L'adolescent est le premier à arriver dans la cuisine. Il s'attelle immédiatement à préparer les déjeuners pour tout le monde. Café pour son père ainsi que Cosette et Sophie, lait pour Martine, et pour lui une alliance des deux, un café au lait. Il consomme depuis peu cette boisson. À force de voir son père boire de la caféine, l'adolescent a eu très envie d'essayer à son tour. Mais s'abreuver de la boisson nature est pour l'instant beaucoup trop fort pour lui.
– Bonjour Alain.
– Bonjour professeur.
Alain jette un rapide regard à son père qui s'installe à la table. L'adolescent est heureux de le voir. Il avait oublié tous ces petits moments simples de la journée qu'il aimait temps. Alain reprend peu à peu ses anciennes habitudes. Accompagné du poids de la culpabilité. Mais, il s'est promis d'arranger les choses. D'arrêter de se morfondre, d'agir.
– Professeur, j'aurai besoin d'effectuer une course personnelle. Est‑ce que je pourrais sortir cet après‑midi ? Une petite heure devrait me suffire.
– La journée sera calme, je ne vois aucun inconvénient.
– Je vous remercie.
– Si ce n'est pas indiscret que comptes‑tu faire ?
– J'ai besoin de nouveaux vêtements.
Tandis qu'il remplit les tasses et les dépose sur la table, Alain se sent observé par son père. L'adolescent sait que sa tenue est loin d'être équilibré. Une chemise serait beaucoup plus adaptée que son t‑shirt actuel. Son regard pèse longtemps sur lui au point de faire ressurgir sa timidité naturelle. Ses joues se colorent légèrement.
– Ce n'est pas correct, je sais. Je n'ai plus une chemise à ma taille.
– Non... Ce n'est pas ça. Je ne sais pas pourquoi, j'ai une sensation de... déjà‑vue ? Familiarité ?
Alain sent son cœur se serrer. Il se demande si, pour la première depuis tant de mois à ses côtés, il ne commence pas enfin à le regarder de la façon qu'il souhaite. Son père lui a dit ne pas se soucier de sa réputation, que des journalistes ont déjà tenté de le crédibiliser avec des titres houleux. Et surtout, l'affection dont il lui a fait part à ce moment‑là lui a donné énormément d'espoir. Peut‑être qu'il peut lui dire la vérité. S'il trouve la force.
– J'ai l'impression de ressentir de la nostalgie... Sans doute que cela me rappelle l'époque où tu me préparais toujours mon café.
L'adolescent lâche un léger soupir de déception. Il s'installe sur la chaise en face du professeur Platane et commence à étaler du beurre et de la confiture sur des morceaux de pains. Il les tend ensuite à son père qui a déjà commencé à boire le contenu de sa tasse.
– C'est gentil Alain. Tu devrais penser à toi aussi. J'ai l'impression que tu as perdu du poids. Est‑ce que tu manges assez ? Tu es en pleine croissance à ton âge, c'est important.
Alain est conscient maigrit durant son voyage. La dépression qu'il a traversée n'a pas non plus aidé son organisme. Il a malmené son corps durant les dernières mois, et son épaule gauche continue de lui faire mal régulièrement. L'adolescent pensait que la douleur finirait par se dissiper. Ses yeux ne sont cependant plus ornés de cernes. Ses nuits sont à présent toutes dans un lit chaud, bien que parfois troublées par des cauchemars avec Lysandre.
– Oui ne vous inquiétez pas.
Martine arrive dans la cuisine juste après qu'Alain ait donné sa réponse. Martine lance un bonjour très joyeux dans la pièce. La jeune fille s'installe sur la chaise à côté de son ami. Marisse est avec elle, blotti dans ses bras. Le Pokémon est encore un peu somnolant. Un grand sourire règne sur le visage de Martine. Une expression qui réchauffe le cœur d'Alain.
– Professeur, qu'est‑ce qu'il y a de prévu aujourd'hui ?
– C'est assez calme aujourd'hui Martine.
– Il va avoir des moments de creux dans le journée ?
– Très certainement.
– J'aurai besoin de sortir. Je n'ai plus de papiers à dessin. Est‑ce que cela vous gênerait si je sortais en fin de journée ?
– Cela ne me pose aucun problème. Alain aussi compte sortir.
Martine se tourne vers Alain. L'adolescent devine immédiatement ce qu'elle s'apprête à lui demander. Il avale une gorgée de sa boisson avant de répondre à sa question qu'il anticipe. Son ton est doux, dénué de toute froideur comme il aurait pu le faire auparavant.
– Je dois m'acheter des vêtements, ce serait assez indélicat que tu viennes avec moi.
– D'accord, nous pourrons peut‑être partir en même temps et essayer de rentrer tous les deux ?
Alain hoche la tête, ne voyant aucune objection à soumettre. Depuis que Marisse s'est réveillé, ils passent à nouveau beaucoup de temps ensemble. Martine aime le suivre partout où il va.
– Tu risques d'être plus long que moi comme tu vas devoir trouver des vêtements assorti à l'écharpe offerte par ton p...
D'un geste maladroit causé par la surprise, Alain renverse le pot de confiture qui s'écrase au sol. Le bruit de l'éclat couvre la fin de la phrase de Martine. Marisse sursaute dans ses bras, réveillé par le son. Le contenu gluant du bocal se répand en une tâche rouge couleur fraise sur les dalles de la cuisine.
L'adolescent est extrêmement surpris. Martine sait pour son écharpe. Cela lui a échappé le jour où il l'a emmené à la fête foraine de Mérouville. Il espérait qu'elle ne parle jamais de ce sujet à son père. Ou mieux encore, qu'elle l'oublie. La situation a failli complètement lui échappée.
– Alain, c'est moi qui suis aussi maladroite d'habitude.
– Oui... c'est drôle hein ?
Son ton est exagéré et est suivi d'une tentative de rire raté et ridicule. Martine et le professeur Platane le regardent étrangement quelques instants, très surpris. En temps normal, Alain se serait excusé et aurait été gêné. Il n'aurait jamais dû plaisanter et encore moins avoir un rire si forcé. L'arrivée simultanée de Sophie et de Cosette les détourne du comportement anormal d'Alain et oriente la discussion vers un tout autre sujet. Alain se dépêche de nettoyer le sol et d'avaler sa boisson, pressé d'aller nourrir son Dracaufeu et les autres Pokémon. Il craint de rester dans la même pièce.
Même après son voyage, il ne parvient toujours à lui avouer la vérité.
