Bonjour,

Merci beaucoup pour toutes vos reviews ! Le compteur vient de passer la barre des 300 et cela me fait vraiment plaisir :)

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 39 – Décembre 1996

Ron, Hermione et Ginny apprirent la candidature de Dumbledore de première main lorsque Harry leur fit un récit de la séance du Magenmagot où Dumbledore avait annoncé sa décision.

– Voldemort a dû vraiment prendre sur lui pour faire en sorte que David Morrello garde un visage calme lors de l'annonce, raconta Harry. Et que ses glamours tiennent. Je suis quasiment sûr que ses yeux ont viré au rouge pendant un bref instant.

– C'est mauvais, fit Ron. Dumbledore va surement se faire designer, et il lutera surement efficacement contre Voldemort, mais celui-ci va être furieux. Ce ne sera même plus une escalade de la violence que nous aurons, ce sera une guerre ouverte dès la première seconde, sans aucune possibilité de revenir en arrière.

– Il est plus que furieux, précisa Harry. Il est venu me voir après la séance, exigeant une explication sur ce nouveau développement. Mais nous avons été rapidement interrompus et j'en ai profité pour m'éclipser. J'imagine qu'il va te contacter ceci-dit Hermione, et ce ne sera pas une conversation plaisante.

Et effectivement, moins de dix minutes plus tard le bracelet de Hermione lui indiqua une demande de conversation de la part de Voldemort.

– À quoi jouez-vous Hermione ? demanda Voldemort d'un ton glacial.

Harry avait raison, il était plus que furieux. Les traits de son visage étaient crispés, et ses yeux rouges semblaient encore plus effrayants que d'habitude.

– À rien du tout, répondit Hermione. Nous n'étions pas au courant.

– Le vieux fou vient de s'accrocher une énorme cible dans le dos, menaça Voldemort. S'il devient Ministre de la Magie ce sera la guerre.

– Nous ne maitrisons pas Dumbledore Voldemort ! s'exclama Hermione. Qu'est-ce que tu veux que l'on fasse ?

– Un petit coup sec derrière la nuque devrait régler vos problèmes.

Hermione lui lança un regard noir.

– Cela ne t'arrange pas non plus de rentrer en guerre ouverte ! tenta-t-elle. Si cela commence, ce sera bien plus difficile pour toi de régner autrement que par la terreur.

– Régner par la terreur me convient très bien.

– Cela ne t'a pourtant pas réussi la dernière fois.

– Cet argument n'a pas lieu d'être et tu le sais très bien Hermione.

Il avait raison. Il avait cette fois-ci bien plus de recul sur tout ce qui pouvait bien ou mal se passer. Et eux de leur côté, ils ne savaient toujours pas comment enlever l'Horcruxe de Harry sans le tuer, ni où était le potentiel nouvel Horcruxe de Voldemort. Et ils n'étaient même pas sûr de pouvoir s'en sortir sans Voldemort pour stabiliser la source, en tout cas s'ils voulaient éviter de sacrifier Poudlard.

– Vous allez faire en sorte que Dumbledore sorte de la course, et rapidement, ordonna Voldemort. Et Scrimgeour aussi.

– Nous ne maitrisons pas Dumbledore ! répéta Hermione.

– Ce n'est pas mon problème.

– Pourparlers, intervint Ron.

– Pardon ? fit Voldemort.

Ses yeux s'étaient rétrécis de colère suite à l'interruption.

– Organisons des pourparlers entre vous et Dumbledore, expliqua Ron. Il ne veut pas non plus d'un bain de sang, et il se présente simplement parce qu'il veut éviter que vous ne fassiez un bain de sang.

Voldemort coupa brusquement la communication et Hermione leva les yeux au ciel.

– Parfois j'ai vraiment l'impression qu'il se comporte comme un enfant de dix ans, commenta Harry. Avec beaucoup trop de frustration accumulée. Par sûr qu'il adhère à l'idée par contre…

– Peut-être pas, admit Ron, mais il fallait tenter le coup. Il est prêt à rentrer en guerre, cela ne fait pas de doute, mais s'il y a une autre solution il peut potentiellement vouloir l'investiguer. Une guerre ouverte contre Dumbledore, nous, et le ministère sera longue, pénible, et avec un résultat incertain. Et il le sait.

– Voldemort déteste Dumbledore, souligna Hermione. Même s'il accepte des pourparlers, ceux-ci tourneront court au bout de trente secondes.

– Pas si nous sommes là.

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Voldemort contempla la forêt brumeuse qui s'étendait devant lui. C'était là, dans cette forêt aux abords d'Azkaban, qu'il avait fait se réfugier les Détraqueurs lorsqu'il s'était assuré de leur allégeance un an et demi plus tôt, et leur avait fait déserter la prison d'Azkaban pour créer la panique au ministère. Et tenter d'effrayer le quatuor.

Mais il ne s'en était guère servi, puisqu'il avait rapidement établi une trêve avec le quatuor, une trêve qui avait tenu jusqu'à maintenant, plus longtemps que ce qu'il imaginait à l'époque. Et maintenant… maintenant il ne savait que faire. Tout s'était déroulé trop vite ces deux dernières semaines, depuis la révélation officielle de son retour à cause du vieux fou.

Ce soir, ce serait le réveillon de Noël, et le moment parfait pour frapper vite et fort, et être sûr de désorganiser complétement le ministère. Avec ses Détraqueurs et ses mangemorts, il savait qu'il pourrait mettre sans-dessus-dessous Pré-au-Lard, le Chemin de Traverse, ainsi que renverser le Ministère de la Magie. Il pourrait agir suffisamment fort, suffisamment vite, et à suffisamment d'endroits pour que même Dumbledore et le quatuor ne puissent rien faire.

Mais que lui resterait-il ensuite ? Un pays à moitié en ruine, avec un ministère certes sous ses ordres, mais avec un quatuor allié avec Dumbledore et son Ordre du Phénix. Combien de temps leur faudra-t-il pour le renverser ? Ou pour le tuer ? Oh, il ne pouvait mourir. Il avait toujours Potter, Nagini et son troisième Horcruxe dont personne ne connaissait la localisation. Mais ils pouvaient toujours le réduire à l'état de spectre, et si revenir parmi les vivants était à chaque fois plus facile et plus rapide, cela lui ferait tout de même perdre trop de temps.

Plusieurs Détraqueurs vinrent tournoyer autour de lui, semblant dans l'expectative. Voldemort les ignora, toujours plongé dans ses pensées. Parce que s'il n'attaquait pas, s'il ne lançait aucune action de force ce soir, que pourrait-il faire ? Que se passerait-il si le quatuor révélait tout à Scrimgeour et Dumbledore ? Il y aurait toujours une chance pour qu'il puisse les vaincre bien sûr. Ce n'était pas impossible. Mais il pourrait aussi perdre. Et il ne fallait pas oublier que Harry Potter l'avait déjà vaincu un jour…

L'un des Détraqueurs s'approcha un peu trop près de lui, et Voldemort l'immobilisa d'un mouvement de main, refermant sa magie autour de la créature jusqu'à ce que celle-ci se désintègre dans le néant, faisant reculer de quelques mètres tous les autres Détraqueurs.

Le problème, c'était qu'il n'avait guère de moyen de pression sur le quatuor en ce moment. Il aidait la sang-de-bourbe à créer un rituel permettant de stabiliser la source, et ils étaient encore très loin d'avoir fini, mais elle pourrait y arriver seule même s'il lui faudrait alors beaucoup plus de temps. Il y avait aussi la suspicion qu'il y ait de nouveau besoin de l'intervention d'un héritier des fondateurs pour une partie du rituel, mais ce n'était qu'une suspicion, rien de plus. Surement pas assez pour constituer une raison solide de ne pas l'attaquer. Il savait que lui n'aurait pas hésité à tenter maintenant de prendre l'avantage à la place du quatuor.

C'était le calme plat depuis qu'il avait accepté la veille de faire ces stupides pourparlers avec Dumbledore d'ici deux jours. Il n'avait pas communiqué de nouveau avec Hermione, et cela faisait un moment que même Potter ne lui envoyait plus de visions via leur lien. Quoique lui aussi avait progressivement arrêté, ayant mieux à faire que de maintenir cette nuisance. Et ce calme plat ne présageait surement rien de bon.

Mais quel choix avait-il vraiment ? Attaquer en premier était un grand risque. Attaquer ce soir était encore plus osé. Et s'il attaquait ce soir, il perdrait surement l'opportunité de récupérer la baguette de Dumbledore, la seule raison pour laquelle il avait initialement accepté les pourparlers. Sans la baguette, il aurait attaqué. Mais il voulait la Baguette de Sureau. Non seulement c'était probablement la baguette de la Mort telle que décrite dans le conte des trois frères, mais en plus elle devrait lui permettre de se battre contre Potter bien mieux que sa deuxième baguette en acacia, si jamais la situation en arrivait là.

Avec résignation, Voldemort transplana au château de Serpentard. S'il attaquait, ce serait après les pourparlers.

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Cela n'aurait pas dû surprendre Harry. C'était un acte logique après tout. La prophétie le désignait pour vaincre Voldemort, Dumbledore ne savait pas qu'il était un Horcruxe, et avec les pourparlers à venir Dumbledore savait qu'il y avait une chance non nulle que ceux-ci dégénèrent et que Voldemort gagne. Mais Harry ne put s'empêcher de regarder Dumbledore avec des yeux ronds.

– J'aimerais que tu me désarmes Harry, avait dit Dumbledore. Un Expelliarmus devrait convenir parfaitement.

– Pardon ? fit finalement Harry lorsque le silence se fut un peu trop étiré.

– Excuse-moi Harry, ma requête était un peu brute, fit Dumbledore. Vois-tu, la baguette que je possède est une puissante baguette, et je voudrais éviter qu'elle ne tombe entre les mains de Voldemort maintenant qu'il y a un risque qu'il intensifie ses attaques. Je voudrais m'assurer que son allégeance soit avec toi Harry. Si je viens à mourir, cette baguette pourra t'être utile si tu le souhaites.

Il ne savait pas bien sûr, que la Baguette de Sureau était déjà sienne. Qu'il en était déjà le maître. Que son geste ne changerait rien. Mais Harry se plia au jeu et leva doucement sa baguette en bois de houx.

– Expelliarmus, lança-t-il.

Immédiatement la Baguette de Sureau sauta dans sa main, plus vite que cela aurait dû être possible, et des dizaines d'étincelles vertes et ors illuminèrent la pièce, comme si la baguette était heureuse de retrouver son véritable maître, alors que Harry tentait tant bien de refréner son enthousiasme. Dumbledore le regarda avec surprise.

– Elle t'a accepté, c'est bien, fit-il lentement. J'avais peur qu'il faille un vrai combat pour que son allégeance change… c'est tant mieux. Merci beaucoup Harry. Est-ce que tu pourrais me rendre la baguette maintenant ?

– Bien sûr Professeur.

Et Harry lui tendit la Baguette de Sureau, obligeant celle-ci à quitter sa main.

Dumbledore s'arrêta un instant sur le pas de la porte du bureau du Square Grimmaurd.

– Tu es un jeune homme extraordinaire Harry, fit-il. La prophétie… j'aurais voulu que ce fardeau ne tombe pas sur toi. Sur personne d'ailleurs.

Il sortit et Harry regarda un moment la porte par laquelle il avait disparu, mesurant la différence de comportement du directeur lorsque celui-ci ne savait pas qu'il était un Horcruxe.

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Les deux silhouettes apparurent exactement en même temps, à la seconde exacte du début des pourparlers. Ils étaient à une dizaine de pas l'un de l'autre, et s'ils ne pointaient pas leur baguette l'un sur l'autre ils étaient par contre particulièrement alertes.

– Tom, salua Dumbledore.

– Albus, répondit Voldemort avec mépris.

La tension était palpable et Hermione se plaça résolument entre les deux.

– Monsieur Dumbledore, Lord Voldemort, commença-t-elle. Merci d'avoir accepté de participer à ces pourparlers. L'objectif…

– … est qu'il renonce à sa candidature en tant que Ministre de la Magie, l'interrompit Voldemort.

Hermione lui lança un regard noir qui lui fit simplement lever un sourcil, et elle eut soudainement envie de lui hurler dessus, et de faire passer toute la frustration qu'elle ressentait depuis trois semaines sur lui. La frustration de voir la situation politique déraper de façon incontrôlable, et la frustration de ne plus l'avoir vu lui en tête à tête depuis deux semaines à cause de cela.

– C'est la seule raison pour laquelle je suis ici, précisa Voldemort. Je n'accepterai rien d'autre.

– Voldemort ce… commença Hermione.

– Ca y est ? Il n'y a plus le Lord ? Moi qui pensais que tu avais enfin gagné un peu de savoir vivre, se moqua Voldemort.

– Cela te tuerait d'être professionnel ? craqua Hermione.

Voldemort se contenta de lui faire un sourire satisfait.

– Tu sais bien que je ne peux pas mourir, répondit-il. Je suis le seul ici à avoir morcelé mon âme.

– Je ne m'en vanterais pas à sa place, grommela Ginny.

Hermione partageait complétement son avis.

– Est-ce que nous pourrions avoir une discussion productive au lieu d'une dispute conjugale s'il vous plait ? intervint Ron.

Voldemort et Hermione lui lancèrent un regard outré, Ginny leva les yeux au ciel alors que Dumbledore se demandait visiblement s'il avait bien fait de venir. Seul Harry resta concentré, sa deuxième baguette fermement tenue dans sa main.

– Je ne renoncerai pas à ma candidature Tom, fit Dumbledore d'un ton calme. Pas si cela amène la mort de Rufus, ou ta prise de pouvoir par le biais de Lucius Malefoy.

– Si tu ne renonces pas Albus, cela amènera la mort de toutes les personnes te soutenant, et d'une partie de la population sorcière au passage, répondit Voldemort d'un ton glacial. Si c'est vraiment ce que tu souhaites, je ne suis plus vraiment le seul mage noir ici.

Hermione commençait à se dire que ces pourparlers étaient une très mauvaise idée.

– Si tu les tues à cause de moi, tu restes le responsable de leur mort Tom, pointa Dumbledore.

– Cela suffit donc à apaiser ta conscience ? répliqua Voldemort d'un ton moqueur. De savoir que tu n'es pas celui à avoir tué ? La prophétie doit bien t'arranger du coup. Pouvoir envoyer ton petit pion Potter et son pouvoir que je ne connais pas pour s'occuper de moi ?

La posture de Dumbledore devint encore plus tendue alors qu'il réalisait que Voldemort connaissait la deuxième partie de la prophétie, et Hermione le vit raffermir sa prise sur sa baguette. Elle jeta un coup d'œil en coin à Ron, qui lui répondit d'une grimace incertaine.

– Harry n'est pas un pion… commença Dumbledore.

Il fut interrompu par une exclamation méprisante de Ginny, qui amena sur elle le regard étonné de Dumbledore et spéculatif de Voldemort, alors que Harry soupirait.

– Harry Potter n'est pas l'objet de ce débat, se décida à intervenir Ron. Ni votre bonne conscience à l'un ou à l'autre. L'objet de ce débat est la situation politique, et nous devons tous ensemble trouver une solution satisfaisante pour ne pas que cela dégénère en un bain de sang.

– Comme je vous l'ai déjà dit, un bain de sang me convient très bien, fit Voldemort avec mauvaise foi.

C'était vrai cependant qu'il était surement le seul pour qui cela ne pèserait absolument pas sur la conscience.

– Ce n'est pas tout à fait vrai, répliqua Ron. Pouvoir placer Lucius Malefoy au pouvoir sans bain de sang vous conviendrait mieux.

– Evidement, répondit Voldemort d'un ton suintant de mépris. Et il faut donc que ce cher Albus renonce à sa candidature, et soutienne celle de Lucius.

– Ce n'est pas la bonne chose à faire, affirma Dumbledore. Je ne souhaite pas que la situation dégénère, mais s'il faut se battre pour t'empêcher de parvenir au pouvoir Tom, je le ferai.

Cela fit apparaitre un sourire narquois sur le visage de Voldemort.

– Vraiment ? Et comment comptes-tu t'y prendre ? le nargua-t-il. Ton Ordre du Phénix n'a pas servi à grand-chose pour le moment.

– Tes mangemorts ne sont pas parvenus à grand-chose non plus, répondit Dumbledore.

– Mais ceux qui comptent sont toujours là, et moi aussi, répliqua Voldemort. Et nous savons tous les deux qui avait le dessus lors de notre dernier duel. Tu n'es plus à la hauteur vieux fou, et si tu ne renonces pas à ta candidature, tu seras le premier à mourir. Maintenant.

– Surement pas ! intervint Harry.

Mais Voldemort comme Dumbledore l'ignorèrent, continuant à se fixer du regard. Il semblait y avoir suffisamment d'inimitée entre eux pour que ni l'un ni l'autre ne soit capable d'en faire abstraction.

– Je regrette que la situation en arrive là Tom, fit Dumbledore d'un ton qui semblait presque sincère. Tu aurais été un brillant sorcier si tu avais eu plus de fierté pour tes origines.

Voldemort lança un Avada Kedavra avant même que Hermione ne puisse enregistrer à quel point la remarque de Dumbledore était basse. Mais Dumbledore était prêt, et immédiatement un mur de pierre se dressa devant lui, alors que le directeur se décalait vers la droite pour renvoyer un sortilège.

Une longue corde noire sembla sortir de la baguette de Dumbledore, filant pour s'enrouler autour de Voldemort, et Hermione plaça le contre sortilège sur son chemin alors que Voldemort répliquait avec un Feudeymon, que Ron et Ginny arrêtèrent d'un mur de glace qui tint à peine le coup et se désintégra au même moment que le Feudeymon.

– Stop ! hurla Harry, sa voix amplifiée par un Sonorus. Arrêtez immédiatement !

Mais cela ne sembla pas plaire à Dumbledore, puisque sa baguette se pointa vers Harry. Avant de se mettre à trembler. C'est le moment exact que choisit Voldemort pour lancer un nouveau sortilège à Dumbledore et pendant quelques secondes ce fut le chaos le plus total. Hermione attaqua Voldemort pour le faire reculer, alors que Harry se jetait devant Dumbledore pour contre à temps le sortilège de Voldemort.

Puis la baguette de Dumbledore sauta volontairement dans les mains de Harry, avant de se mettre à cracher des étincelles vertes et ors dans tous les sens, et la bataille s'arrêta immédiatement, les regards de Dumbledore et Voldemort s'étant fixés sur la Baguette de Sureau maintenant dans les mains de Harry.

– Merde, jura Harry.

Dumbledore regarda plus en détail Harry, de haut en bas, puis de bas en haut, puis de nouveau la Baguette de Sureau, avant de revenir sur son visage et Hermione le vit blanchir distinctement. Avant de la regarder elle, puis Ron, puis Ginny. Il ouvrit la bouche un instant, avant de jeter un coup d'œil à Voldemort et de la refermer. Et il sembla se préparer à combattre de nouveau, se décalant légèrement comme pour pouvoir les protéger de Voldemort.

C'était certainement touchant, bien que parfaitement inutile. Surtout sachant qu'ils venaient juste de s'interposer entre les deux et d'en sortir sans une seule égratignure.

– J'ai une intéressante question, fit soudain Voldemort d'un ton glacial. Pourquoi est-ce que cet abruti est le maître de la baguette de la Mort ?

Hermione retint une exclamation de surprise. C'était donc pour cela qu'il avait accepté si rapidement ces pourparlers. Parce qu'il savait pour la baguette de Dumbledore. Pour les reliques de la Mort. Mais comment ? Et Hermione se rappela soudainement de plusieurs choses en même temps. D'une part, Voldemort pensait que la divination était une vraie matière, et il y avait cette obscure rumeur que Poufsouffle avait été une voyante. Et d'autre part le livre de Poufsouffle qu'elle avait laissé à Voldemort mentionnait trois objets permettant d'affronter la Mort.

Hermione eut un sourire narquois, espérant que Voldemort avait perdu beaucoup de temps à chercher les reliques de la Mort. Harry était l'actuel Maître de la Mort, et il ne pouvait mourir que d'une mort naturelle, et encore seulement s'il le souhaitait. Et jamais il ne laisserait à Voldemort la possibilité de devenir Maître de la Mort.

– Tu pensais pouvoir récupérer la Baguette de Sureau en battant Dumbledore n'est-ce pas ? fit Hermione. Quel dommage que Harry en soit le maître…

– Comment êtes-vous au courant pour la Baguette de Sureau ? demanda Voldemort en se tournant brusquement vers elle.

– Il sait ? demanda Dumbledore au même moment. Il sait qui vous êtes ? Mais comment… que se passe-t-il vraiment ?

Il semblait vieux tout d'un coup, comme si le poids du monde venait de s'abattre sur ses épaules. Comme s'il venait de comprendre qu'il ne maitrisait plus du tout la situation. Puis elle vit Voldemort pointer soudainement sa baguette vers Harry.

– Expelliarmus, lança-t-il.

Harry ne prit même pas la peine de se défendre et le sortilège l'impacta de plein fouet. La baguette de bougea pas d'un centimètre. Voldemort se recula légèrement, semblant tenter d'analyser la situation. Puis il se tourna vers Hermione.

– Dis-moi pourquoi Potter est le maître de la Baguette de Sureau, exigea-t-il.

– Non, répondit Hermione.

– C'est moi qui ai donné ma baguette à Harry, Tom, intervint Dumbledore. Je voulais éviter qu'elle ne tombe entre tes mains.

Comme quoi Dumbledore essayait toujours de les protéger. Alors qu'il avait la preuve qu'ils étaient tous les quatre en contact avec Voldemort. C'était admirable de sa part, Hermione pouvait lui concéder cela. Mais Voldemort garda son regard fixé sur celui de Hermione.

– N'essaye pas de me mentir Albus, fit Voldemort. Si tu avais simplement donné ta baguette à Potter, j'aurais pu en récupérer l'allégeance avec mon sortilège de désarmement. Mais ce n'est pas le cas, et Potter le savait très bien. Alors dis-moi Hermione, qu'est-ce que vous avez manigancé avec Dumbledore ? Quel plan avez-vous donc mis en place pour essayer de me doubler sans que je ne le sache ?

Son ton s'était fait de plus en plus glacial à la fin de sa tirade et Hermione était presque certaine de savoir ce qu'il pensait. Comme lorsqu'il avait trouvé Dumbledore près de la cave ayant abrité son Horcruxe. Il pensait qu'ils n'avaient pas respecté leur part du marché. Et il était furieux. Ce qui n'était pas du tout une bonne chose étant donné la situation actuelle.

– Nous n'avons pas parlé au Professeur Dumbledore, fit-elle fermement. Et il n'y a eu aucun plan préconçu avec lui concernant la Baguette de Sureau.

– Alors comment expliques-tu la situation actuelle ? demanda-t-il. Vous n'auriez pas dû organiser ces pourparlers, parce que j'ai maintenant la preuve que vous avez tenté de vous jouer de moi, de ne pas respecter votre serment.

– Votre serment ? s'étrangla Dumbledore. Reculez mademoiselle Granger. Ne restez pas aussi près de lui.

Voldemort et Hermione l'ignorèrent, ne se quittant pas du regard, et Ron se dévoua pour aller expliquer un minimum la situation à Dumbledore.

– Weasley si tu expliques quoi que ce soit au vieux fou, intervint Voldemort, j'attaque immédiatement le Ministère de la Magie.

Ron s'arrêta, à mi-chemin entre la position du quatuor et Dumbledore, visiblement mécontent, mais ne voulant donner à Voldemort aucune excuse de faire dégénérer la situation encore plus.

– Nous avons respecté notre part du serment, répondit Hermione. Toujours.

– Alors pourquoi est-ce que la baguette de Dumbledore n'est jamais venue dans nos discussions ? demanda Voldemort d'un ton toujours aussi froid. Pourquoi n'est-elle jamais apparue dans les évènements que tu m'as contés, alors que tu sais visiblement ce que c'est ?

Hermione resta silencieuse un moment, et elle vit Voldemort resserrer sa prise autour de sa baguette.

– Parler de la Baguette de Sureau a toujours été hors de nos serments, intervint Harry. C'est pour cela que Hermione n'en a jamais parlé.

Il allait comprendre, bien sûr qu'il allait comprendre.

– La Baguette de Sureau vous a permis de revenir, fit effectivement Voldemort. Non… pas la Baguette de Sureau, mais les reliques n'est-ce pas ? Vous avez les trois reliques. Potter a les trois reliques.

Hermione avait presque l'impression de voir les pensées de Voldemort tournoyer dans son esprit, analysant la situation et cherchant comment il pourrait en tirer profit. Puis, à son plus grand étonnement, Voldemort éclata de rire. Tous se tournèrent vers lui, se demandant ce qui pouvait bien lui prendre. Puis Voldemort s'arrêta, et un sourire satisfait ornait ses lèvres.

– Il est immortel n'est-ce pas ? demanda Voldemort. Potter. Il n'a aucun moyen de mourir.

Hermione vit Dumbledore regarder suspicieusement Voldemort, puis Harry, essayant de comprendre pourquoi cela pouvait rendre Voldemort aussi heureux, et celui-ci le remarqua. Hermione n'avait jamais vu Voldemort irradier autant de bonheur.

– Tu ne sais pas n'est-ce pas Albus ? se moqua-t-il.

– Qu'est-ce que je ne sais pas Tom ? demanda Albus d'un ton froid.

Voldemort ne se formalisa même pas du prénom. Et Hermione sut que dans une nouvelle preuve d'arrogance, Voldemort allait encore parler bien plus qu'il ne le fallait.

– Que Harry Potter est mon Horcruxe, lâcha effectivement Voldemort.

Dumbledore sembla vieillir d'un coup de dix années.

– Et il est le maître des reliques de la Mort, continua Voldemort. Il ne peut mourir. Et par conséquent je ne peux mourir aussi !

– Est-ce vrai Harry ? demanda Dumbledore. Es-tu vraiment son Horcruxe ? Est-ce pour cela que vous êtes en contact ?

– Je suis effectivement son Horcruxe, répondit Harry avec résignation.

Ron reprit son chemin vers Dumbledore, mais Voldemort pointa immédiatement sa baguette sur lui.

– Non, non, non, fit-il. Pas de discussion avec Dumbledore. Vous avez perdu. Vous avez perdu Hermione, parce que même si vous pouvez m'arrêter maintenant, je reviendrai, encore et toujours. Parce que j'ai un Horcruxe immortel.

– Ah, mais n'est-ce pas là un raccourci un peu rapide ? fit Harry.

Voldemort se tourna vers lui, alerté par son ton glacial inhabituel, et Hermione vit du coin de l'œil Ron secouer la tête avec fatalisme.

– Je peux très bien mourir si je le souhaite, continua Harry d'un ton venimeux, et emporter ton Horcruxe avec moi. Et même plus, si je décide de rendre les reliques à la Mort celle-ci peut me garantir un souhait. Et la Mort elle-même m'a assurée que aucun rituel, aucun Horcruxe ne te protègera dans ce cas-là Tom.

Voldemort était livide. Il jeta un coup d'œil à Hermione et dut lire une confirmation des propos de Harry sur son visage parce que l'air autour d'eux sembla soudainement refroidir sensiblement, et le vent se leva violement. La bonne humeur de l'instant précédant s'était envolée, et Voldemort semblait mortellement sérieux, analysant cette nouvelle information pour ce qu'elle était, une véritable menace de le tuer.

– Pourquoi ne le fais-tu pas Harry ? demanda précautionneusement Dumbledore. La vie éternelle peut paraitre alléchante mais ce n'est pas quelque chose qui en vaut la peine.

– Est-ce que c'est ce que vous vous êtes dit lorsque vous avez rompu avec Grindelwald ? cingla Ginny.

Cette fois-ci ce fut Dumbledore qui devint livide.

– Si tu ne l'as pas fait Potter, c'est que le prix est plus élevé que ce que tu ne veux en dire, fit Voldemort. C'est que tu n'es pas prêt à le faire.

Les yeux de Harry étincelèrent alors qu'il s'avançait d'un pas vers Voldemort, et la Baguette de Sureau dans sa main sembla vibrer de fureur.

– Le prix est ma mort Voldemort, fit-il d'un ton presque aussi effrayant que celui du mage noir. Les reliques et ma mort. Ce que je préfère éviter. Mais Hermione a dû te dire n'est-ce pas, que me sacrifier n'était pas quelque chose qui me faisait peur. Alors arrêtons de tourner autour du pot Tom, puisque tu ne veux pas collaborer avec nous. S'il y a la moindre mort suspecte, la moindre action de tes mangemorts, la moindre irrégularité en politique, le moindre risque que cette situation dégénère, j'active cet accord que j'ai avec la Mort.

Son ton était définitif, et même Voldemort le comprit immédiatement. Il s'avança cependant lui aussi d'un pas vers Harry, tremblant de colère contenue.

– Très bien Potter, fit-il finalement d'un ton trop lent. Puisque vous le prenez ainsi, je prendrai soin de ne pas dépasser vos règles. Mais vous pouvez toujours mettre une croix sur mon aide pour votre petit problème. Quel dommage que le monde sorcier soit condamné à mourir d'ici quelques dizaines d'années à cause de votre égoïsme à tous les quatre.

Et il transplana immédiatement, surement pour aller tenter d'évacuer sa rage d'une façon ou d'une autre.

– Hermione ? demanda Ron d'une voix calme qui contrastait étrangement avec la situation. Son aide était-elle toujours indispensable ?

Hermione se tourna légèrement vers lui, tout en gardant un œil sur Harry qui semblait se retenir d'exploser de colère.

– Je ne sais pas, répondit-elle. Rien n'est encore certain.

Mais Ron la connaissait suffisamment bien pour lire entre les lignes, et il jura.

– Je crois que vous me devez une explication, fit soudain Dumbledore.

Hermione eut soudainement envie de revenir une nouvelle fois dans le temps simplement pour pouvoir annuler ces désastreux pourparlers.

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AN : À la semaine prochaine.