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CHAPITRE 20 – Jamais aussi bien que chez soi
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Après avoir rendu mes clés, Edward et moi ramenâmes le reste de mes affaires à la maison et trouvâmes tout le groupe en train de travailler avec acharnement.
Durant les heures qui suivirent nous entassâmes les cartons dans le salon et mélangeâmes lentement mais surement mes affaires avec celles d'Edward. Les gars bougeaient tous les poids lourds pendant que je supervisais, principalement soulignant les différents endroits où Edward et moi avions décidé de poser les choses. Ce fut assez facile et amusant avec la bonne compagnie.
Lorsque l'après-midi se transforma en soirée nous commandâmes de la nourriture et de la bière chinoise en guise de remerciement pour leurs efforts. Non pas que ce soit vraiment nécessaire, nous avions aidé Alice et Jasper à s'installer et le referions quand Rose et Em auraient décidé pour leur maison. C'était vraiment quelque chose de simple même si je savais que ce genre d'amitié étroite était difficile à trouver. C'était quelque chose que je ne prendrais jamais pour acquis.
Après avoir débarrassé la nourriture ils proposèrent de rester pour continuer avec les autres cartons. Bien que l'aide supplémentaire aurait probablement été la bienvenue j'étais prête à profiter d'un peu de calme après cette journée si chargée. Edward sembla le sentir et les chassa poliment.
Quand la porte se ferma derrière eux, je fermai les yeux et pris une grande inspiration juste pour savourer le silence. Bien que j'aime beaucoup nos amis, toute cette agitation finissait par devenir épuisante.
En soufflant j'ouvris les yeux pour voir Edward appuyé contre la porte d'entrée. Il semblait lui aussi profiter d'un moment de calme. Lorsque ses yeux s'ouvrirent, ils trouvèrent immédiatement les miens et ses lèvres se recourbèrent en un sourire qui me faisait toujours flancher.
Il se dirigea vers moi et me souleva. Mes jambes s'enroulèrent automatiquement autour de sa taille et se resserrèrent quand il me fit tourner vertigineusement.
Sa main enveloppa l'arrière de ma tête et inclina mon visage pour pouvoir poser ses lèvres sur les miennes et je me retrouvai dans un enchevêtrement lent et satisfaisant. La douce étreinte se transforma en taquinerie lorsqu'il enfouit son visage dans mon cou et me fit des chatouilles tout en me serrant fort.
"Tu es prête à travailler un peu plus avant d'arrêter ?" demanda-t-il, en se frottant les mains sur mes cuisses et me tapotant légèrement les fesses.
"Je suppose," dis-je en soupirant longtemps. "Nous devrions probablement agir en adultes responsables."
"Je dois admettre que la responsabilité n'est pas vraiment ma motivation," dit-il, en souriant alors que je me remettais debout. "Je suis juste prêt à en finir avec tout ça pour qu'on puisse avoir plus de temps pour se concentrer sur des activités très irresponsables."
"Oh vraiment ?" demandai-je, avec un sourire timide. "Eh bien, allez, et que ça saute ! Allons vider les derniers cartons."
Ensemble, nous nous attaquâmes à mon vaste assortiment de livres, en les intercalant sur les étagères avec ceux déjà en place. Nous comparâmes nos collections et bavardâmes au fur et à mesure que nous les organisions dans un ordre que nous approuvions tous les deux. Il se moquait de mes romans d'amour ringards pendant que je menaçais de cacher sa collection de livres de Fitzgerald là où ils ne verraient plus jamais la lumière du jour.
Finalement, nous arrivâmes aux derniers cartons restants dans le coin du salon, il y en avait deux... et je n'avais pas vraiment l'intention de les déballer.
Edward s'approcha du premier et demanda où il allait.
"Nous n'avons probablement pas besoin d'en faire quoi que ce soit," insistai-je, en me dirigeant vers l'endroit où il tournait le carton, cherchant une étiquette. "Si tu as de l'espace pour les ranger, nous pouvons juste les empiler."
"Qu'est-ce que c'est ?" demanda-t-il curieusement.
"Juste quelques vieux trucs. Rien d'important," répondis-je avec désinvolture. J'attrapai le second, disposée à le coller dans n'importe quel placard ou sous-sol mais je n'eus pas cette chance. Il avait déjà déchiré la bande sur le sien et l'ouvris.
"Bella…" dit-il, avec un soupçon d'exaspération.
"Edward…" fis-je en l'imitant. "Je suis sérieuse, jetons-les quelque part qu'on en finisse."
Il mit la main à l'intérieur et souleva la plaque avec ma médaille olympique. "Je ne pense pas que ce soit quelque chose qu'on jette dans un carton quelque part."
"Si c'est ce que j'ai choisi d'en faire," répondis-je avec un peu de pétulance. "C'est ma médaille après tout…"
"Baby, c'est quelque chose dont on peut être très fier," dit-il en le tenant devant lui. "Pourquoi est-ce que tu veux juste la laisser dans un carton dans un placard sombre au sous-sol ?"
Je haussai les épaules et regardai fixement le carton fermé dans mes mains, jouant avec un coin du ruban adhésif. Les deux grands cartons remplis de souvenirs de ma carrière de patineuse avaient été cachés dans mon appartement dès leur arrivée après le retour de Renée en Floride, tout comme le plus petit carton qu'elle m'avait envoyé quand j'avais déménagé sans elle. Je n'en avais jamais rien fait et n'avais pas vraiment prévu que ça change maintenant.
Il soupira et posa doucement la plaque sur le dessus du carton. Il se tourna vers moi, me prit le mien et le posa sur le canapé avant de mettre ses mains sur mes épaules.
"Regarde-moi, s'il te plaît ?" murmura-t-il doucement. Je clignai des yeux une fois, en gardant les yeux fermés plus longtemps que nécessaire, avant de rencontrer son regard.
"N'en es-tu pas fière ?" demanda-t-il.
Je haussai à nouveau les épaules, tirant ma lèvre inférieure entre mes dents pour mordre doucement, surtout dans le but d'éviter de lui montrer que ça me rendait nerveuse.
"Que veux-tu dire ?" demanda-t-il, répétant mon haussement d'épaules. "Tu ne sais pas à quel point c'est incroyable ? Tout ce qui est là ? Médailles, trophées... Je sais que ce n'est pas ce qui est important pour toi mais c'est quand même quelque chose. Tu ne devrais pas tous les jeter dans un coin pour qu'on les oublie."
"Je ne sais pas comment l'expliquer…" murmurai-je. "Oui, je suis fière de ce que j'ai fait mais une partie de moi sent comme si c'était mal de tous les exposer."
"Est-ce une question de modestie ? Parce que j'ai compris, Bella, je ne suis pas du genre à faire étalage d'un tas de conneries et essayer de montrer à tout le monde à quel point je suis formidable. Même si c'est un peu le cas…" dit-il avec un sourire enjoué, disant ouvertement des mots arrogants, probablement destinés à faire naître un sourire. Il réussit et mes lèvres tremblèrent momentanément.
"Mais tu es plutôt impressionnante et c'est ta maison désormais," poursuivit-il. "Tu devrais mettre ça quelque part."
"Ce n'est pas nécessairement une question de modestie," expliquai-je, même si je suppose que cela en faisait partie. "C'est juste que... je ne sais pas."
"Tu n'as pas besoin de choisir tes mots avec moi, tu sais," dit-il patiemment quand je traînais. "Je ne te jugerai pas ou quoi que ce soit d'autre."
"Non, je sais," lui dis-je, en soufflant et en rassemblant mes pensées. "Tu sais comment j'ai réussi à me classer quatrième à Skate America ?" demandai-je et il acquiesça. "D'une certaine façon, j'en suis presque plus fière que tout ce qu'il y a dans ces cartons. J'ai l'impression d'y être arrivée par mon propre mérite et pas seulement parce que Renée me poussait et me harcelait. Peut-être que je n'ai pas ramené de médaille à la maison mais j'ai vraiment eu l'impression que je méritais vraiment cette place."
"Tout ce que tu as dans cette boîte, tu l'as mérité," dit-il d'une voix ferme, la décontraction qui avait été si évidente dans ses traits quelques instants plus tôt avait disparu complètement, bien que la tendresse dans ses yeux demeure. Ses mains bercèrent mon visage et il garda mes yeux sur les siens, ferme mais incroyablement doux en même temps.
"Ça n'a pas d'importance si cette salope te poussait ou menait la barque à l'époque. Tout ce que tu as fait c'est toi, pas elle. Ce sont tes accomplissements."
"Je ne sais pas," murmurai-je, un peu honteuse d'admettre la vérité de mes pensées. "Peut-être que je n'aurais pas gagné si elle n'avait pas fait ce qu'elle a fait."
"Peut-être pas… mais c'est toi qui as gagné tout ça. Qui s'est poussé au bord du précipice pendant les entraînements ? Qui a eu mal au corps après une dure journée sur la glace ? Qui a ressenti l'anxiété devant des milliers de gens et surmonté ses nerfs pour patiner et avoir l'air totalement magnifique en le faisant ?" dit-il, sa voix devenant de plus en plus intense au fur et à mesure et ses mains me rapprochant de plus en plus de son visage, jusqu'à ce que son souffle murmure chaudement sur les joues, ses yeux enflammés dans les miens. "Toi. C'est toi, Bella, pas Renée. Jamais elle."
Mes yeux se fermèrent et je me fondis dans son contact et l'intensité de ses paroles, mon front tombant pour s'appuyer contre sa joue. Parfois, la force de ses sentiments pour moi, en particulier sa fierté et son respect me submergeaient encore et me laissaient choquée.
Mes mains glissèrent le long de ses poignets, les serrant doucement avant que je m'éloigne de lui et soupire. Mes yeux se tournèrent vers les cartons qui avaient amené cette conversation.
"Tant d'objets dans ces cartons gardent de mauvais souvenirs," avouai-je. "Je ne dis pas que j'avais une vie terrible jusqu'à ce que je déménage ici, mais je parie que tu peux choisir n'importe quel objet au hasard et je peux te dire quelque chose qui s'est passé pendant la compétition et qui m'a rendu malheureuse. Même quand j'ai fini première, il y avait toujours quelque chose qui n'était pas assez bien."
"Tu te sentais mal à l'aise de monter sur le podium ?"
"Non, je suppose que non. C'est une telle montée d'adrénaline," souris-je doucement, me rappelant l'émerveillement de ces moments. "Presque surréaliste dans un sens. C'est plutôt cool de sentir le poids autour du cou, de se tenir debout, tenant un bel arrangement de fleurs pendant que tu regardes ton drapeau hissé devant toi."
"A part les conneries avec Renée, qu'est-ce que tu as pensé de la compétition ?" demanda-t-il. "Je veux dire, quelque chose devait te plaire si tu choisis encore de concourir, alors qu'elle n'est plus dans la course."
"C'est difficile à dire. C'était toujours si stressant, angoissant. Il y a toujours des gens partout et ils ont tous des attentes. Mais c'est comme si, quand je mettais les pieds sur la glace, tout ça disparaissait. Chaque représentation est comme une ardoise vierge. Toujours fraîche et remplie de possibilités. C'est un défi mais presque comme, je ne sais pas, plus envers moi-même," expliquai-je, presque comme une question, je ne savais pas exactement comment la décrire. Il semblait comprendre alors je continuai.
"Manifestement, tu essaies de battre les autres mais le plus grand défi pour moi a toujours été envers moi-même. Et ça peut être déchirant et décevant de travailler si longtemps puis faire seulement une erreur stupide quand ça compte le plus. Mais quand c'est bon ? Quand tu es là-bas et que tu atterris une combinaison vraiment difficile ou atteint tes postures parfaitement ? Il n'y a rien de mieux." Je soupirais. "C'est une sorte d'euphorie, tu sais ?"
Il hocha la tête, me toucha la joue avec un sourire compréhensif. "Ouais. Je sais exactement ce que tu veux dire."
Il laissa tomber sa main et se pencha, rangeant la plaque avec ma médaille dans le carton ouvert et le prit. Il me sourit et fit un geste bizarre pour que je saisisse l'autre. Je le suivis jusqu'au sous-sol où nous les posâmes devant le mur de sa salle de jeu qui abritait ses propres trophées et médailles.
Sa main dans le carton, il sortit à nouveau ma médaille d'argent de Turin et me la tendit.
"Je veux que tu choisisses un endroit pour celle-là."
Je soupirai et la lui pris des mains, en passant vers le mur. Je la regardai, passant doucement mes doigts sur le ruban lisse puis le long de la courbe de métal froid et lourd.
Je me souvenais du moment exact où je l'avais reçu, j'avais tout juste été capable de me contenir et de m'empêcher de danser toute excitée. Renée avait été déçue, bien sûr ce n'était pas l'or mais j'étais exaltée. Et pendant que je devais écouter ses plaintes et ses commentaires négatifs après la cérémonie, je n'avais rien ressenti de tel sur le podium.
Quand les représentants du Comité Olympique avait passé cette médaille autour de mon cou, je n'avais entendu que les applaudissements et les cris d'enthousiasme qui correspondaient à tout ce qui traversait mon être à ce moment-là. J'étais là, agrippée à mes fleurs et souriant bêtement. Je me souvenais d'avoir été très impressionnée. Je m'étais sentie, belle, puissante, incroyable. La déception ne m'avait même pas effleurée.
Il avait raison, j'avais besoin de me rappeler des moments comme ça, pas seulement des émotions négatives que j'avais vécues avec ma mère. Ce n'était pas comme si je pouvais oublier l'intégralité de ma vie avant de me faire mal au genou et de commencer à rompre ces chaines. Ma vie ne tournait pas entièrement autour d'elle, peu importe que ça ait l'air d'être comme ça. Je n'étais pas juste envers moi-même en bloquant tout, simplement parce que les circonstances étaient moins que parfaites.
Je brandis la médaille vers un endroit vide sur le mur au milieu des plaques et des boites de récompenses passées.
"Ici, je pense," dis-je, en tournant mon cou pour voir où il était.
Il s'avança derrière moi et posa sa main sur la mienne, tenant la plaque contre le mur. "Juste ici, c'est parfait."
Nous passâmes l'heure suivante à réorganiser les étagères de trophées, mélangeant les miens aux siens tout en partageant les histoires qui les accompagnaient. Et bien que nous nous connaissions bien à présent nous n'avions jamais vraiment approfondi toutes les petites étapes qui nous avait permis d'arriver là où nous en étions.
Il me raconta plus de choses sur son enfance, ses études secondaires et ses expériences à l'université. Je lui donnais des récits de ma vie que je n'avais jamais pensé à partager avant, pensant que personne d'autre ne les trouverait intéressants. Mais Edward semblait tout aussi désireux de dévorer chacune des petites friandises que je voulais partager de la même manière que je voulais en savoir plus sur lui.
La conversation ralentissait la vitesse de déballage mais ça ne sembla pas nous déranger. Morceau par morceau et histoire par histoire nous vidâmes les étagères, les remplissant des symboles de chacun de nos parcours.
Il fit beaucoup de commentaires suggestifs qui me firent rougir quand il tomba sur une réserve de mes costumes même s'il était vraiment un peu déçu qu'aucun d'eux ne soit plus révélateur. Apparemment les tissus de couleur chair n'étaient pas aussi sexy que la peau qu'ils cachaient.
En déplaçant quelques affaires sur une étagère je tombais sur un simple petit cadre, caché derrière de plus gros objets.
Je l'attrapai pour une inspection plus approfondie et je fus surprise de voir que c'était la carte de score du bowling où il m'avait emmenée à notre premier rendez-vous, celui de cette même soirée en fait. Il y avait sur cette carte à la fois nos noms griffonnés au crayon et la date écrite au stylo dans un coin, évidemment rajoutée plus tard. Les cadres étaient remplis pour les trois matchs que nous avions joués ensemble avec mes gribouillis désordonnés sur le côté quand j'avais tenté ma chance pour noter le score une fois.
"Qu'est-ce que c'est que ça ?" demandai-je, me tournant vers lui et le lui montrant pour qu'il comprenne ce que je voulais savoir.
"Rien," dit-il rapidement, en me l'arrachant de la main. Il le cacha derrière son dos dans une tentative ridicule. Ses joues étaient roses et il avait l'air timide, se raclant la gorge en détournant les yeux.
"Qu'est-ce que tu veux dire par 'rien' ?" rigolai-je, en tentant d'atteindre l'objet qu'il tenait derrière son dos.
"Juste ça, j'avais oublié que c'était là," balbutia-t-il, se détournant pendant que je suivais ses mouvements. Après quelques minutes d'esquive et de jeu, je m'arrêtai et croisai les bras, relevant ma tête alors que mes lèvres faisaient un sourire narquois.
"Pourquoi tu ne me dis pas simplement pourquoi tu as le tableau de bord de notre premier rendez-vous encadré sur ton étagère à trophées ?" suggérai-je, la voix amusée et taquine.
"Je te l'ai dit, j'avais complètement oublié que c'était ici…" dit-il exaspéré.
"Non non non," dis-je enjouée, en passant ma main derrière lui. Je lui pris facilement le cadre par surprise et le tins devant moi. "Cela ne ressemble pas exactement à un papier jeté négligemment sur une étagère mon pote, je n'en crois rien. Il me semble que tu l'as mis là délibérément."
"S'il te plait est-ce que tu ne pourrais simplement pas laisser tomber ?" demanda-t-il, de nouveau en tendant sa main vers le cadre.
"Pas avant que tu me dises pourquoi tu l'as mis ici," insistai-je, en le cachant derrière moi bien qu'il puisse l'atteindre facilement s'il voulait.
Il soupira et fourra ses mains dans ses poches tout en se balançant sur ses talons.
"Edward…" insistai-je, quand il ne dit rien.
"Parce que c'est là qu'il doit être, ok ?" lâcha-t-il. "Parce que quand je suis rentré ce soir-là, après t'avoir déposée, j'avais l'impression d'avoir gagné le plus gros prix de ma vie. Sortir avec toi ? Être avec toi ? Constater que tu me voulais vraiment, je me sentais comme si j'avais gagné le championnat, une médaille olympique ou putain même la coupe Stanley et tout cela à la fois. Eh bien je n'en ai gagné qu'un mais j'imagine que c'est ce que je ressentirais. Je suis tombé amoureux de toi, Bella et je savais qu'il n'y aurait jamais rien de plus important que de gagner ton cœur."
Eh bien, c'était juste… tellement adorable. Je voulais sérieusement faire la moue et tirer la langue mais à en juger par la façon dont il se grattait nerveusement le cou et détournait les yeux je ne pensais pas que ça serait approprié.
Parfois il me déroutait complètement. Il était l'homme le plus doux que j'aie jamais rencontré, cela semblait toujours facile. J'attendais ces adorables petits gestes et il n'avait jamais hésité à me les montrer auparavant. Peut-être était-ce parce qu'il avait été pris au dépourvu mais je ne m'attendais pas à le voir aussi mal à l'aise devant une démonstration d'affection.
"Sérieusement tu rougis ?" demandai-je, incrédule en m'approchant de lui, prenant ses joues légèrement roses et voyant comme sa pomme d'Adam bougeait. "Pourquoi es-tu si gêné par ça ?"
"Parce que je suis un gars," dit-il comme si cela était évident.
"Et donc ?"
"Eh bien encadrer un souvenir de notre premier rendez-vous est ringard et sentimental et il n'y a qu'une fille qui ferait ça," développa-t-il, en me regardant enfin. "Emmett me dirait probablement que je ferais aussi bien de faire bronzer mes boules et de les accrocher au mur s'il voyait ça."
"Mais Emmett n'est pas ici maintenant, pas vrai ?"
"Non. Mais…" Il haussa les épaules et enroula ses bras autour de mes épaules me faisant tourner pour m'appuyer dos à lui. Il regarda l'objet dans mes mains, son menton contre mon cou et il mit ses doigts sur les miens sur le métal froid. "Tu ne penses pas que c'est étrange que j'aie mis ça là ?"
"Non," dis-je, en reposant le cadre sur l'étagère, bien devant et au milieu sans le cacher. Je me tournai dans ses bras et passai mes mains sur son torse. "Je pense que c'est incroyablement tendre. Et de façon absolument virile. Cela ne me dérange pas d'être ton prix aussi longtemps que je pourrai te gagner aussi.
"Toujours, amour," dit-il contre mes lèvres. "Il n'y a pas de compétition."
⁂
Peu de temps après nous en finîmes au sous-sol et remontâmes pour nous préparer à aller au lit.
Alors qu'il défaisait les couvertures et que je tapai les oreillers, ridiculement heureuse que le mien soit avec le sien dorénavant. Même si cela ne me dérangeait pas j'étais devenue rapidement accro aux oreillers en plume qu'Alice m'avait incité à acheter quand j'avais emménagé la première fois. C'était agréable de les avoir de nouveau.
"Je ne sais pas comment tu peux dormir sur ces choses," marmonna-t-il, en retirant sa montre et en la posant sur sa table de chevet.
"Je ne sais pas comment tu peux t'en passer," persistai-je, serrant l'un des objets célestes contre ma poitrine.
"Ils sont sans intérêt."
"Quoi ?"
"Tu sais les duvets ou peu importe comment tu les appelles," expliqua-t-il en pinçant ses doigts. "Ils traversent l'oreiller. C'est inconfortable."
"C'est ridicule," raillai-je. "Ces choses sont géniales."
"Si tu le dis, Swan. Garde-les juste de ton côté du lit," dit-il, en me poussant plus loin de ses oreillers non ronds.
"De mon côté," dis-je d'un sourire indulgent, serrant l'oreiller dans un câlin. "C'est agréable d'y penser."
"Quoi ? Ça toujours été ton côté," fit-il remarquer.
"Je sais mais maintenant c'est plus officiel, tu comprends ?" expliquai-je, tapant l'oreiller puis en attrapant l'autre. "Je n'ai plus d'appartement. Tous mes vêtements sont suspendus dans ce placard ou rangés dans ces tiroirs. Ta cuisine déborde de tout mon bazar et je ne veux même pas que tu penses à y toucher," l'avertis-je d'une voix ferme. "Tu ne t'en sers pas donc je peux choisir où ça sera rangé."
"Oui madame," dit-il avec un salut à deux doigts.
Je hochai la tête, satisfaite de sa réponse avant de continuer.
"Ça semble plus réel maintenant. Comme si nous étions vraiment là, en train de le faire. Une partie de moi pense toujours que tout cela est un rêve impossible ou quelque chose comme ça."
Il fit le tour du lit et se mit à côté de moi, posant ses mains sur ma taille, ses pouces frictionnant doucement mes hanches.
"Crois-le, Swan. Tu es bien réveillée et nous sommes tous les deux ici. Tu es coincée avec moi," dit-il, en s'appuyant et en effleurant ses lèvres doucement et lentement contre les miennes. "Qu'est-ce que ça fait d'officiellement cohabiter ?"
Je soupirai et le regardai avec ce qui pourrait être considéré comme des 'yeux de biche' et je murmurai, "Incroyable".
"Je le pense aussi," il sourit et m'embrassa une fois de plus. Il s'éloigna et fis passer son t-shirt par-dessus sa tête, le jetant au hasard sur la chaise dans le coin.
"Tu devras me dire si je fais quelque chose de super agaçant," je souris, en prenant ma lotion de la table de chevet et en la passant sur mes coudes et mes avant-bras. "Je n'ai jamais eu de colocataire avant."
"Vraiment ?" demanda-t-il. "Jamais ?"
"Non. Il y a eu plein de fois où ils ont essayé de me coller avec des camarades de chambre pour la compétition ou des camps et autres trucs mais Renée finissait toujours par réserver des chambres séparées. Trop de distractions. Et toi ?"
"J'en ai eu quelques-uns," il haussa les épaules. "Emmett, bien sûr. Nous partagions une chambre quand nous étions enfants, avant de déménager dans une maison plus grande. Puis à la fac, j'ai passé quelques années dans les dortoirs. Maman et papa voulaient que je profite de toute l'expérience, je suppose. Mon colocataire de première année était totalement bizarre," dit-il, en s'asseyant sur le côté du lit pour retirer ses chaussettes et les jeter sur son t-shirt puis en défaisant son jean pour l'ajouter à la pile. "Le mec ne se douchait presque jamais et il regardait Office Space au moins quatre fois par semaine. La deuxième année était un peu mieux puisque je partageais ma chambre avec un gars de l'équipe mais il était vraiment à fond sur les femmes. J'ai eu quelques rencontres gênantes avec ses partenaires d'un soir."
"Ah oui ?" souris-je, refermant ma lotion et la remettant à sa place.
"Mmhmm. L'une d'elles a essayé de s'enfuir avec ma chemise préférée parce que je l'avais laissée sur le futon. J'ai pratiquement dû la lui arracher pour qu'elle me la rende. Et non," m'interrompit-il quand j'ouvris la bouche pour commenter, "ce n'était pas du tout sexy. Cette salope essayait de voler ma chemise Batman."
"Pas la chemise de Batman !" haletai-je d'horreur simulée.
"Tu plaisantes, Swan, mais tu sais que ça te manquerait," il sourit, en allumant la lampe de son côté du lit.
"Tu as raison. C'est vraiment sexy sur toi," dis-je avec un soupir de rêve, mes yeux se voilant légèrement pendant que je l'imaginais la porter. "Surtout quand tu es étendu par terre, avec juste le plus petit morceau de ton ventre qui se montre et la bande grise de ton caleçon qui se détache de ton jeans" terminai-je, avec un fredonnement indulgent.
"On dirait que tu y as beaucoup réfléchi," ironisa-t-il, en tendant les mains vers moi, m'approchant de lui.
"Peut-être," dis-je coquettement, en l'embrassant rapidement. "Peut-être. Probablement", dis-je en changeant les mots avec un sourire en coin, en ponctuant chaque mot d'un bisou avant de sortir de son emprise. "Je vais aller me brosser les dents. Tu viens ?"
Le temps que nous terminions nos routines nocturnes et que nous rentrions dans la chambre, je me sentais bien éveillée, malgré les activités fatigantes de la journée.
Edward éteignit la lumière principale et se hissa sur le lit, vêtu seulement de son boxer bleu. Je me permis de le reluquer une délicieuse minute pendant qu'il ne faisait pas attention.
Il me jeta un coup d'œil, en sourcillant, quand il me trouva juste à côté du lit, plutôt qu'allongée à côté de lui. Je pris l'un de mes oreillers et le secouai, essayant de cacher mes joues rosies de m'être fait prendre à le regarder. Pendant que je tapotai le coussin, je fus frappée par l'inspiration.
"Tu sais, Edward," dis-je avec un sourire sournois et charmeur. "J'ai toujours voulu faire quelque chose mais comme je n'ai jamais eu de colocataire avant, je n'ai pas pu..."
"Ah oui ? Qu'est-ce que c'est ?" demanda-t-il en riant. Il replia négligemment ses bras derrière la tête, devenant vulnérable.
Parfait. Cible parfaite.
Sans réfléchir dans quoi je m'embarquais, j'attaquai. Avec un fort pang je frappai le haut de son corps avec mon oreiller. Il cria de surprise, ses bras tombant et ses jambes se recroquevillant instantanément sur lui-même en position de défense. Puis il leva les yeux vers moi avec une expression d'incrédulité.
"Bataille d'oreillers," dis-je en souriant, puis je grimaçai, imitant son expression surprise.
Sa bouche béante se referma, avant de se tordre en un sourire sinistre et ses yeux se plissèrent de défi. Il attrapa l'arme la plus proche - qui se trouvait être mon autre oreiller – et avança sur moi, me frappant dans le dos en bondissant.
Ce fut une guerre totale, un enchevêtrement de membres et de tissus alors que nous roulions sur le matelas. Je réussis à résister, mes muscles toniques et aidés par ma souplesse mais il me battait en taille et en poids. Nous nous battions alternativement pour le contrôle, en roulant et s'épinglant et en jouant avec les oreillers et les couvertures.
Nous nous battîmes sans relâche, le bruit des oreillers frappant les corps se mêlant à notre rire haletant, un chœur de mes cris et son grognement enjoué. Les couvertures s'emmêlant d'abord autour de nous, puis tombant par terre pour dégager le champ de bataille.
Je le plaquai par derrière, m'attachant maladroitement autour de son torse comme un singe araignée. Il me fit tourner puis basculer par-dessus son épaule et me fit tomber sur le matelas. J'eus le souffle coupé avant d'enfoncer mes orteils dans ses côtés pour le chatouiller, sans pitié jusqu'à ce qu'il relâche son emprise.
Au cours de cette bataille épique, je frappai son torse avec mon oreiller et j'entendis un craquement. Je restai bouche bée quand je réalisai ce qu'il s'était passé.
"Edward !" réprimandai-je. "Tu as déchiré mon oreiller !"
"Bella, je suis vraiment désolé !" ricana-t-il, bien que son expression soit tout sauf pleine de remords. Il essayait, sans succès, d'étouffer son rire en serrant l'oreiller intact sur sa poitrine.
"Gros con !" criai-je, en me retournant et en le frappant sur la tête. Les plumes volaient partout, couvrant sa tête et se collant à sa peau, recouvrant ses cheveux comme un lourd manteau de neige.
Il crachait avec humour les flocons de duvet qui lui collaient aux lèvres avant de fixer son regard sur moi et de me dévisager.
Je reculai lentement à genoux, en tenant mes bras devant moi dans un geste de paix alors que je me battais contre le rire qui menaçait d'éclater en le voyant comme ça.
"Oh, tu es dans le pétrin, Swan !" menaça-t-il, ses lèvres se transformant en un sourire tordu et ses yeux devenant sournois.
Avant que je puisse évaluer ses intentions, il arracha le tissu de l'oreiller qu'il tenait dans ses mains, le déchirant volontairement. Il se précipita sur moi, déversant le contenu de son arme et en me plaquant au lit.
Il y avait des plumes partout pendant que notre bataille de flirt se poursuivait, tous les deux arrachant maintenant de minuscules peluches blanches de nos bouches parce que nous riions trop fort.
Finalement, il réussit à me coincer. Les taies d'oreillers vides furent abandonnées et ses mains saisirent mes poignets au-dessus de ma tête alors que ses jambes coinçaient les miennes. Je continuai à glousser et en haletant je me rendis, trop épuisée pour tenter une autre riposte.
Je secouai les cheveux de mon visage et levai les yeux vers lui. Il ne riait pas ou même souriait. L'intensité dans ses yeux émeraudes était comme un coup direct à mon cœur et il vacilla dans ma poitrine. Mon rire essoufflé se transforma en un halètement silencieux alors que je le regardais, mes lèvres légèrement ouvertes mais plus du tout recourbées en sourire à cause de nos pitreries.
"Mon Dieu, Bella !" souffla-t-il, en me regardant avec un air de révérence. "Tu es tellement magnifique. Parfois, je n'arrive pas à croire que tu es vraiment à moi."
"Je suis à toi," murmurai-je, les yeux fixés sur son visage en transe. "Toujours."
Son corps sembla s'effondrer sur moi, bien que je ne sente pas la force de son poids. Ses bras étaient instantanément enroulés autour de mon corps alors que nos torses s'alignaient et que ses lèvres cherchaient et conquéraient les miennes.
L'atmosphère qui avait été espiègle et coquine quelques instants auparavant était soudainement lourde de passion et de désir intense. Nos mains s'étalaient sur la peau de l'autre, les siennes tirant sur les bretelles de mon soutien-gorge et libérant mes seins de leur confinement.
Sa tête plongea alors que sa bouche explorait la pointe tendue de mon mamelon, le tirant entre ses dents et en passant sa langue sur la peau sensible. Son pouce se leva pour entourer l'autre, le faisant rouler jusqu'à la rigidité assortie. Ma tête tomba en arrière et je poussai un doux cri alors que mes mains plongeaient dans des mèches de cheveux doux.
En gardant ses bras serrés autour de moi, il se remit à genoux sur le lit, me tirant pour m'asseoir sur ses genoux avec mes jambes parallèles aux siennes de chaque côté. La peau nue de nos poitrines frottait l'une contre l'autre quand nous nous embrassâmes, légèrement collants à cause de l'effort de notre jeu.
Le dos de ses doigts recourbés frôlait légèrement la courbe de ma poitrine alors qu'il abaissait la bouche à l'endroit tendre de mon cou où il pouvait sentir le battement accéléré de mon cœur. Il déposa un baiser humide et bouche ouverte contre mon cou et gémit doucement quand ses dents s'enfoncèrent, en pinçant l'endroit afin d'envoyer des picotements et des vagues de chaleur directement à mon centre.
"J'aime la façon dont ton pouls accélère juste là," murmura-t-il contre ma peau, l'embrassant à nouveau. "Est-ce à cause de moi baby ?"
"Tu sais que oui," soufflai-je doucement. Je revins dans ses bras jusqu'à ce que je puisse regarder en bas et voir son visage. Je cherchai sa main et la posai à plat contre mon cœur, la recouvrant avec les deux miennes pour le bercer. "Tu es le seul qui fasse battre mon cœur ainsi."
Il descendit sa tête pour déposer un tendre baiser sur le dos de ma main au-dessus de mon cœur et ensuite il la prit dans sa main libre et la posa sur sa poitrine où son cœur battait aussi rapidement dans un rythme régulier. Il posa sa main sur la mienne imitant ma position et nous restâmes là, nous regardant simplement dans les yeux et sentant le rythme semblable de nos deux cœurs.
"Tu me fais toujours ça," murmura-t-il, avec un gémissement rauque sa respiration tremblante de désir.
"Je voudrai faire tellement plus," dis-je.
Je plongeai pour lui, mes bras s'agrippant à ses épaules alors que ma bouche accélérait sur la sienne. Ses mains tombèrent rapidement sur mes hanches, m'incitant à me rapprocher. Mes hanches bougeaient de par leur propre volonté, cherchant la friction délicieuse de son corps contre le mien. Je gémis quand je la trouvai et sa langue plongea dans ma bouche ouverte.
Doucement, je me frottai contre lui, mes yeux se fermant à l'intensité du plaisir qui me traversait. Ses doigts s'enfoncèrent dans ma peau, la taille de ses mains permettant à chaque doigt d'atteindre un large territoire et de me revendiquer. Mes ongles creusèrent dans son dos, désireuse de le revendiquer moi aussi. Quand je sentis son corps frémir à mon contact, mes lèvres se recourbèrent contre les siennes en une joie enivrante. Je l'entendis reprendre son souffle avant qu'il ne me relâche dans un gémissement bas et guttural.
"Putain, Bella," grogna-t-il, glissant sur ma peau pour serrer le tissu en dentelle au niveau de mes hanches. Je me levai sur les genoux puis redescendis pour l'aider à me débarrasser de ma culotte. Etalé sur une couverture de plume je l'attrapai. Tirant son corps à moi je le poussai vers l'avant jusqu'à ce que je puisse caresser sa poitrine chaude et musclée, ne faisant une pause que pour accrocher mes doigts dans le coton de son boxer et le faire glisser de sa taille.
Les plumes chatouillaient et piquaient alternativement alors que je m'allongeai à plat contre le matelas sans y prêter attention. Ma concentration allait sur lui sans partage.
Son corps se releva jusqu'à ce qu'il se rassoie sur les talons. Il baissa les yeux, dévorant avidement mon corps nu alors qu'il s'agenouillait devant moi, aussi nu que moi. Ma main reposait mollement sur mon cœur battant tandis que je regardais son visage et attendais qu'il fasse le prochain mouvement. Je pouvais à peine respirer alors que ses doigts tendaient la main pour caresser tendrement ma peau, effleurant légèrement les plumes qui s'accrochaient à mon corps.
Lorsque ses yeux brillants se levèrent pour enfin rencontrer les miens tout mon être trembla d'anticipation.
Il ne me fit pas attendre plus longtemps. Son corps s'abaissa sur le mien, sa main caressant ma cuisse et accrochant ma jambe à sa taille alors que je haletais.
Son corps bougeait contre le mien, sa longueur dure glissant sur la chaleur entre mes cuisses et je le désirais et il grognait.
Sa mâchoire se contracta tandis qu'il poussait lentement ses hanches contre moi. Ses yeux clignèrent rapidement et ses lèvres tremblèrent tandis que des sons étranglés s'échappaient de sa bouche et que ses doigts impatients caressaient mes jambes écartées.
Se reculant juste assez pour s'aligner avec mon entrée, il me regarda, leva un doigt sur ma joue et me caressa doucement le visage.
"Je t'aime," murmura-t-il passionnément.
Sa main passa dans mon dos, l'autre toujours à ma taille, tenant toujours ma jambe contre sa taille, mon mollet coincé sur sa jambe.
Il ne me donna pas l'occasion de lui dire la même chose avant de glisser en moi, me remplissant complètement d'un seul coup. Je poussai des cris alors que mon corps tremblait, toujours désireux de l'accueillir de nouveau chez lui.
Mes bras se serrèrent étroitement autour de son dos pendant que je posai mes lèvres contre son cou et murmurai, "Je t'aime aussi."
Il n'y avait rien de rapide ou d'hâtif dans nos ébats amoureux, c'était lent et intense et nous savourions chaque contact et chérissions chaque soupir. Quand je me sentis approcher de mon apogée, le pouls de son corps me dit qu'il était juste comme moi.
Sa main se tendit vers la mienne, serrant étroitement nos doigts et posant nos bras joints au-dessus de ma tête sur le matelas. Sa paume se serra contre la mienne au rythme de ses poussées, ses doigts se resserrant sur les os de ma main. Nos lèvres se retrouvèrent alors que nous atteignîmes l'orgasme. Nos hanches se tendirent contre l'autre pendant qu'il se déversait en moi et que la tension de mon corps se dissipait rapidement.
Tandis que redescendions de notre apogée il roula à côté de moi et se coucha sur le dos. Nos mains ne se séparèrent jamais, toujours mollement étendues au-dessus de nos têtes.
Après quelques minutes de calme ses doigts commencèrent à danser légèrement sur ma paume. J'ouvris les yeux pour le regarder. Il me souriait tendrement et adorablement et je lui rendis la pareille facilement.
"Je dis que c'est un commencement parfait pour cette entière chose de vivre ensemble," dis-je légèrement, en soupirant de contentement.
"Pas de discussion ici," dit-il, en se penchant pour frotter son nez contre le mien et picorer doucement mes lèvres. Il se redressa un peu et se pencha son sourire s'élargissant d'amusement.
"Quoi ?" demandai-je.
"Rien. Tu es vraiment à la hauteur de ton nom en ce moment avec toutes ces plumes dans tes cheveux," expliqua-t-il, arrachant quelques minuscules plumes blanches de mes cheveux.
"Oh seigneur," grognai-je, y mettant ma main pour évaluer l'étendue des dégâts. "Il doit y en avoir partout."
"Un peu," gloussa-t-il.
"Hé. Tu sais je ne suis pas la seule. Tu as petit truc de Duffy Duck là… "dis-je, levant la main et ébouriffant ses cheveux et des plumes s'envolèrent. "Tu me dois deux nouveaux oreillers."
"Si tu le dis," dit-il, en continuant à enlever des plumes de mes cheveux. "Tu sais déjà qu'ils ne survivront pas longtemps probablement. Mais si c'est quelque chose que tu es prête à risquer…"
Je gémis et me redressai, m'époussetant les cheveux. "Ce n'est probablement pas la peine mais je les aime."
"Je dois admettre que je vois ces oreillers en plume d'un œil nouveau," sourit-il avec un air enfantin. Je secouai la tête d'amusement et me penchai pour l'embrasser avant de me lever.
Regardant le lit, je gémis intérieurement. Il était entièrement recouvert de duvet blanc et ça allait prendre une éternité à nettoyer. Edward resta assis parmi les plumes et je lui souris.
"Tu sais quoi, Cullen ?"
"Quoi, Swan ?" demanda-t-il, croisant ses bras autour de ses genoux repliés.
"Je pense que c'est le moment idéal pour discuter de la façon dont nous allons nous partager les tâches ménagères," dis-je sobrement.
"Oh tu crois, hein ?"
"Euh euh… Si cela doit se produire régulièrement," dis-je, en désignant le lit et tout le bazar de plumes. "Je ne parle pas seulement du nettoyage des plumes. Je veux que chacune de ses saletés ait disparu quand je sortirai de la douche," ordonnai-je avec arrogance, en chatouillant son nez avec une plume que j'avais enlevée de mes cheveux, avant de tourner les talons et de filer à la salle de bain.
Je ne fis pas deux pas avant d'être dans ses bras.
"Je pensais que nous étions censés être une équipe, Swan," dit-il, en me jetant sur son épaule. "Et tu vois maintenant, la façon dont je vois les choses c'est que nous reformions notre équipe dans le domaine de la douche, nous unirons nos forces pour lutter contre les plumes perverses et nous pourrons en récolter les fruits ensemble," expliqua-t-il en se dirigeant vers la salle de bain.
"Tu es si intelligent," gloussai-je. "Je savais qu'il y avait une raison pour laquelle j'avais accepté d'emménager avec toi."
"J'espère qu'il y en a plus d'une," dit-il, me reposant, en tendant sa main vers la douche.
"Oh, il y en a des centaines, Cullen," dis-je, en glissant mes bras autour de lui et levant mes lèvres sur les siennes alors que nous entrions. "Des milliers, même."
⁂
Nous n'avions pas vécu officiellement six jours ensemble avant qu'Edward ne parte pour son marathon sur la route. Ce n'était pas vraiment assez long pour savoir si nous fonctionnerions à long terme mais je savais que ça allait le faire.
Les jours étaient heureux et pas seulement parce que nous étions comme dans un conte de fées ou dans une sorte de lune de miel. Nous nous chamaillions sur des choses banales, de temps en temps nous étions grincheux et nous devinions que les habitudes de l'autre ne tarderaient pas à nous taper sur les nerfs. Mais tout ce qu'il fallait, c'était regarder autour d'une pièce, n'importe laquelle et voir les signes de chacun de nous juste là, pour me redonner le sourire.
Au début j'étais encore un peu hésitante dans la maison, réticente à ouvrir certains tiroirs ou à déambuler la nuit pour prendre un verre dans la cuisine pendant qu'Edward dormait mais chaque jour ça devenait un peu plus confortable.
Je trouvai étonnamment facile d'être moi-même auprès de lui, j'avais toujours caché des parties de moi, même récemment. Bientôt je commençais à perdre certaines de mes inhibitions et je n'hésitais plus à faire des choses comme me coucher sur le canapé ou me couper les ongles des pieds, choses peu importantes mais apparemment privé et intime.
Notre petite bulle de bonheur n'était pas complètement impénétrable et des nouvelles désagréables nous parvinrent concernant la participation d'Edward aux Jeux Olympiques. Comme il l'avait prédit, il n'avait pas obtenu la place bien qu'il fasse partie des cinq suppléants offensifs répertoriés en cas de maladie ou de blessure.
J'étais déçue, certes, mais Edward semblait bien prendre la nouvelle. Il m'assura à plusieurs reprises qu'il allait bien, qu'il avait encore des chances, et qu'il était juste heureux d'avoir été envisagé pour l'équipe. Cela ne m'empêcha pas d'essayer de le réconforter, lui et moi, et il n'avait pas de scrupules à me laisser faire.
Beaucoup trop tôt, l'équipe repartit. Pendant qu'Edward était absent, je me concentrai sur mon entraînement, en m'en tenant principalement à mes programmes actuels pour les finales nationales. Marcus accepta de réserver une partie des séances chaque après-midi pour travailler sur mon programme de berceuse. Si je réussissais à obtenir une des deux places pour l'équipe olympique, il n'y aurait pas beaucoup de temps pour préparer la nouvelle chorégraphie.
Je me sentais déjà bien par rapport à la chorégraphie et Marcus ne semblait pas avoir beaucoup de problèmes avec elle non plus. Une partie de moi était nerveuse parce que ça me semblait trop facile, alors peut-être que ce n'était pas tout à fait assez difficile, mais il semblait convaincu que ce serait un programme solide et compétitif, si j'avais la chance de l'utiliser.
Nous n'avions pas parlé à Esmée de notre pacte et je n'avais pas non plus partagé la possibilité d'utiliser la musique d'Edward avec quelqu'un d'autre. Je savais que si je ne réussissais pas aux Nationaux ou si je n'étais pas dans l'équipe, je serais probablement plus que déçue à l'idée de ne pas pouvoir patiner ce programme. Une partie de moi pensait qu'il serait plus facile de s'en accommoder si personne d'autre ne savait que ça avait été une possibilité.
Entre le fait de s'installer à la maison et de penser à Noël, de se concentrer sur les championnats nationaux et le potentiel Vancouver, mes pensées étaient entièrement consumées dans le présent et dans un avenir proche. Ainsi, lorsque Marcus m'approcha pour quelque chose au-delà de cette ligne temporelle, je fus complètement prise au dépourvu.
"L'été prochain ?" demandai-je, en me dirigeant vers les bordures et en prenant la bouteille d'eau qu'Esmée me tendit avec un sourire.
"Oui, j'ai mentionné cette possibilité il y a quelque temps, si tu te souviens. Stars on Ice est en train de dresser sa liste et ils aimeraient avoir ton nom si tu es intéressée."
"Eh bien, je n'y ai pas vraiment réfléchi," bégayai-je.
"C'est quelque chose auquel tu dois commencer à penser," affirma-t-il. "Je sais qu'il est facile de se laisser prendre dans ce qui se passe juste devant toi mais tu dois relever les yeux vers l'horizon pour voir ce qu'il y a au-delà."
"Je sais, vous avez raison," soupirai-je, en jouant avec le bouchon de ma bouteille d'eau. "Je euh, j'étais juste assez occupée."
"Chérie, nous savons que tu as beaucoup de choses auxquelles penser en ce moment," intervint Esmée. "Je pense que nous sommes tous conscients que le Championnat National va être dur pour toi et à plus d'un titre. Nous ne voulons juste pas que tu oublies ton avenir. Ta vie ne s'arrêtera pas en janvier après les Nationaux ou les Jeux Olympiques, si tu arrives jusque-là. Tu ne veux pas te réveiller le lendemain matin sans un indice sur ce qui arrivera après, n'est-ce pas ?"
Je secouai la tête, prenant acte de leur point de vue.
"Je ne sais pas ce que je veux," admis-je tranquillement. "Les tournées, les spectacles, c'est amusant et j'aime travailler sur de nouveaux programmes mais je ne sais pas si je veux faire cela."
"Penses-tu à participer à nouveau à la compétition l'année prochaine ? " demanda Marcus. "Je reconnais que les Jeux Olympiques dans quatre ans sont hors de question mais il y aurait encore beaucoup d'opportunités. Tu es en grande forme, tu patines mieux que jamais. Tu pourrais probablement y arriver une autre année, peut-être même deux."
"Je ne sais pas non plus," dis-je en croisant les bras et en m'affalant sur le côté des panneaux. "Je suis désolé, les gars, je sais que vous voulez plus de réponses mais je n'en ai pas pour le moment. Je vais volontiers admettre que j'ai été assez distraite ces derniers temps."
"C'est pourquoi nous soulevons cette question maintenant, pendant qu'il y a encore plein de temps pour y penser et que tu as toutes sortes d'options," expliqua Esmée, en se penchant et en me frottant le dos d'une manière qui me réconfortait toujours.
"Je déteste un peu penser cela mais j'aimerais presque qu'il n'y ait pas autant d'options," dis-je avec un sourire sans humour. "Ça rendrait le processus de prise de décision beaucoup plus facile s'il y avait juste un chemin à choisir."
"Eh bien, tu n'as pas à décider complètement par toi-même," dit doucement Esmée. "C'est ta vie, Bella, et en fin de compte, ce sont tes choix, car ce sont eux qui t'affecteront le plus et tu devras t'en accommoder. Mais tu peux parler à l'un de nous, à tes amis, et tu devrais probablement parler à Edward. Je suis sûre qu'il te soutiendra quoi que tu veuilles faire et tu ne devrais pas te sentir retenue par le fait d'être en couple mais c'est toujours une bonne chose d'en parler, de voir ce que chacun pense et comment vous allez faire en sorte que ça marche."
Bien sûr qu'elle l'avait suggéré… et bien sûr qu'elle avait eu raison de le faire.
"Tu sais quoi ? Plus je suis dans une relation, plus il semble y avoir de discussions," dis-je avec un sourire. "Non pas que je me plaigne mais il semble qu'à chaque fois qu'un problème survient, quelqu'un me dit toujours de lui parler, même si ce n'est que la voix dans ma tête."
"Et est-ce que ça marche ?" demanda-t-elle.
"A chaque fois," admis-je.
Elle haussa les sourcils et me fit un sourire complice. "Hmm, je suppose que ça dit quelque chose de bien."
⁂
Je ne pensais pas vraiment qu'il soit approprié d'avoir une discussion sérieuse et approfondie sur l'avenir au téléphone avec une réception potentiellement mauvaise. Quelque chose à propos de ça semblait si désinvolte.
Impersonnel.
Heureusement, je n'eus pas à attendre aussi longtemps que prévu pour lui parler en personne.
Quand j'eus fini de m'entraîner cet après-midi-là, je vis un texto d'Edward me disant qu'il avait trouvé un vol juste après le match ce soir. Il rentrerait pour moins de quarante-huit heures et ensuite prendrait un avion pour le Colorado pour leur prochain match.
C'était peu pratique et ridicule de dépenser l'argent pour un vol simplement pour remplir le seul créneau disponible dans son emploi du temps avec moi, après tout, nous avions dépassé la moitié de son séjour et nous avions survécu plus longues séparations dans le passé. Mais ça lui ressemblait tellement. Je ne pouvais même pas me résoudre à secouer la tête ou faire la grimace. Je me sentais trop excitée à l'idée de dormir dans ses bras cette nuit-là.
Son message disait qu'il n'arriverait que très tard et qu'il prendrait un taxi pour rentrer de l'aéroport.
Je fis donc de mon mieux pour suivre mes projets originaux pour la soirée, en préparant le dîner et en traînant avec les filles en regardant le match.
Je m'entretins brièvement avec Edward avant qu'il ne monte à bord de son avion, confirmant son heure d'arrivée. Bien que j'essaie de rester éveillée pour le saluer à son arrivée, je finis par m'endormir en regardant Jimmy Kimmel.
Quand je me réveillai, la pièce était sombre et silencieuse. Edward était assis sur le bord du lit à côté de moi, se penchant sur mon corps et me poussant doucement du bout du nez pour me réveiller.
"Humm," murmurai-je en tournant la tête et en cherchant instinctivement ses lèvres dans le noir.
"Hé !" murmura-t-il.
Mes yeux s'ouvrirent pour voir son profil sombre et familier devant moi, le peu de lumière mettant à peine en évidence les parties de son visage.
"Salut," soufflai-je tranquillement, mes lèvres se courbant en un sourire doux et endormi. "Tu viens de rentrer ?"
"Il y a quelques minutes," dit-il. "Tu viens en bas avec moi ?"
"Pourquoi ?" demandai-je, confuse. "Tu ne viens pas te coucher ?"
"Pas encore," dit-il en se levant et en me tendant la main. "Allez."
Je jetai un coup d'œil aux chiffres brillants de l'horloge.
"Edward," me plaignis-je. "Il est tard. Et il fait froid. Mets tes fesses sous les couvertures et fais-moi un câlin."
"Ça en vaudra la peine, je le promets," insista-t-il en riant. Il se pencha et embrassa mon front avant de me prendre la main et de me tirer le bras. "Allons-y."
"Bien," soufflai-je, en jetant les couvertures.
Le froid de la pièce me donna des frissons et j'allai jusqu'au placard avec les pieds bien lourds, en saisissant un des sweat-shirts moelleux d'Edward pour me protéger du froid.
Je le suivis dans l'escalier jusqu'au salon, ma mauvaise humeur d'avoir été arrachée de mon lit confortable diminua instantanément en voyant le feu doux et crépitant dans l'âtre et deux tasses fumantes du chocolat chaud posées sur la table basse.
"Pourquoi tout ça ?" demandai-je.
Il prit simplement ma main et me conduisit aux fenêtres de devant, en tirant doucement les rideaux.
L'extérieur de la rue était sombre, presque noir à cause de l'absence de lampadaires et de maisons éclairées mais les premières lueurs du matin, étaient juste assez lumineuses pour qu'on puisse voir les doux flocons blancs qui tombaient du ciel nocturne pour couvrir le sol.
"La première neige de la saison," murmura-t-il, balayant les cheveux de mon épaule et embrassant mon cou, juste au-dessus de la capuche de son sweat-shirt.
Je souris et me retournai dans ses bras, mes yeux regardant toujours par la fenêtre alors que je posais ma tempe contre sa poitrine. "Tu avais raison," soupirai-je. "Ça en valait la peine."
Nous nous blottîmes l'un contre l'autre sur le siège de la fenêtre, en repliant les rideaux pour pouvoir regarder la neige tomber pendant que nous sirotions notre chocolat chaud. Il me raconta son voyage et je le mis au courant de ce qu'il se passait ici, en omettant de mentionner comment Marcus et moi passions les après-midis.
Je pensai à ce que Marcus et Esmée m'avaient dit cet après-midi-là et je me dis qu'il n'y avait aucun intérêt à retarder cette conversation.
"Hé Edward ? "demandai-je.
"Hé Bella ?" répéta-t-il, en embrassant mon cou.
Je gloussai légèrement puis soupirai. "Marcus m'a demandé quelque chose aujourd'hui et c'est probablement une chose dont nous devrions parler."
"De quoi s'agit-il amour ?" demanda-t-il. "Tout va bien ?"
"Oh oui tout va bien," le rassurai-je, prenant ses doigts dans ma main pour jouer avec. "C'est simplement. Je n'ai pas réellement pensé à ce qui aller se passer après les championnats nationaux. Je veux dire idéalement j'irai à Vancouver donc ça m'amènera jusqu'en février mais c'est euh… ensuite que ça devient un peu brumeux."
"D'accord, et…?" m'incita-t-il à continuer.
"Et…" je m'arrêtais un moment, hésitant et mâchonnant ma lèvre inférieure. Je ne savais pas vraiment comment il allait réagir à ce que j'allais dire ensuite. "Eh bien Marcus a mentionné la possibilité de faire une tournée cet été. Stars on Ice. Ils voyagent partout dans le monde pendant des mois pour faire des spectacles. Je l'ai déjà fait et ils me demandent de revenir."
"Est-ce quelque chose que tu veux refaire ?"
Il n'hésita pas à demander et il n'était pas nerveux en le faisant. J'avais certes été un peu inquiète qu'il panique à l'idée que je parte. Parce que je l'étais certainement moi-même. Je le voulais un peu mais une part beaucoup plus importante ne voulait pas quitter cet endroit, ses côtés, plus longtemps qu'il n'était absolument nécessaire.
"C'est juste ça, je ne sais pas," grognai-je, enfonçant mes doigts dans mes cheveux et tirant légèrement dessus de frustration. "Je n'avais même pas réfléchi à ce que j'allais faire ensuite. Marcus a mentionné que je pourrais probablement même participer de nouveau à la compétition l'année prochaine ou peut-être même l'année d'après aussi. Je ne sais pas non plus ce que je ressens à ce sujet," dis-je avant qu'il ait le temps de demander. "Mais alors si je ne fais rien de tout ça, qu'est-ce que je vais faire d'autre ?"
"Eh bien as-tu pensé à autre chose ?" demanda-t-il patiemment, peignant mes cheveux avec ses longs et doux doigts alors que je tournai ma tête contre sa poitrine. "Reprendre des cours ? Essayer quelque chose de nouveau ?"
"Honnêtement ? Non. Je veux dire… j'ai un niveau d'étude décent et je suppose que je pourrais prendre des cours ou quelque chose mais pour quoi ? Ce n'est pas comme si je voulais travailler dans un bureau ou enseigner ou n'importe lequel de ces autres emplois que les gens normaux pensent faire lorsqu'ils deviennent adultes. Je n'ai jamais voulu faire autre chose que patiner."
"Et le coaching ?" suggéra-t-il.
"Peut-être," murmurai-je en y réfléchissant. "Je ne sais pas. J'ai toujours pensé que j'étais toujours trop laxiste pour essayer de diriger d'autres patineurs."
Il ricana en rigolant, me serrant un peu plus fort un instant. "Baby tu n'es pas trop laxiste. Crois-moi."
Je roulai des yeux parce que je savais qu'il mentait ou du moins qu'il essayait d'éluder pas mal de choses.
"Peut-être pas autant qu'avant," lui accordai-je. "Pourtant je ne sais pas si je voudrais. C'est un environnement dur, féroce et souvent rempli de manipulation et de stratégie. Je ne sais pas si j'aurais suffisamment de patience comme Marcus."
"Il y a toujours la retraite anticipée," taquina-t-il. "Tricote. Deviens une de ces bourgeoises qui déjeunent."
"Ouais, c'est une idée," soufflai-je avec humour, me blottissant un peu plus dans ses bras. "Est-ce que tu sais ce que tu feras ? Quand tu ne pourras plus jouer ?"
"Un peu," dit-il. "Je veux dire tant que je n'ai pas de blessures ou de problèmes de santé je pourrais encore jouer un certain temps donc ce n'est pas aussi urgent de résoudre ce problème. Mais oui, un jour je devrai rendre les patins. Quand je le ferais je voudrais quand même continuer avec le hockey. Non seulement parce que je connais mais parce que c'est ce que j'aime. Je voudrais probablement entraîner. Peut-être dans la ligue si j'en ai l'occasion sinon à l'université, Je pense que je pourrais être heureux aussi bien dans l'un comme dans l'autre."
"Je peux le voir," dis-je en souriant sur sa peau, en posant ma joue sur son avant-bras. "Tu ferais un excellent entraineur. Tu as tellement de patience mais tu peux aussi être dur. Je peux certainement t'imaginer faire ta part pour façonner la prochaine génération de stars de la Ligue Nationale de Hockey."
"Quelque chose comme ça," gloussa-t-il.
Je me retournai sur ses genoux jusqu'à pouvoir enrouler mes bras et mes jambes autour de lui et le regarder dans les yeux.
"Je suis un peu jalouse," avouai-je. "Tu sembles avoir pensé à tout. Et moi je n'ai la moindre idée de rien."
"Tu dois juste penser à ce qui te rend heureuse," dit-il, en levant le dos de sa main pour me caresser tendrement le visage. "Tu as vingt-cinq ans Bella et il y a encore beaucoup de vie devant toi. Comment te vois-tu vivre ?"
Je soupirai et m'appuyai contre lui, posant ma tête sur son épaule. Je n'étais pas tout à fait prête à répondre à cette question. Du moins pas à ce sujet.
"Avec toi," murmurai-je, après un moment. "La seule chose dont je sois certaine c'est que je te veux dans ma vie et tous les autres aussi. Je veux voir mon père davantage, apprendre à mieux le connaitre. Au-delà de ça ? Je n'en sais rien ?"
Il posa ses mains sur mes épaules et me poussa doucement en arrière pour que je puisse voir son visage.
"Nous n'irons nulle part mon amour," murmura-t-il avec assurance. "Donc si tu veux encore faire de la compétition un an ou deux ou tourner pendant que tu le peux, et c'est quelque chose qui semble amusant, alors fais-le. Nous arriverons à nous en accommoder. Si c'est l'été je pourrais aller avec toi, nous pourrions voyager voir un peu du monde ensemble."
"Tu ferais ça ?"
Il hocha la tête sans hésiter. "Si c'est vraiment ce que tu veux alors je ferais n'importe quoi pour te soutenir," promit-il, entrelaçant nos doigts. "Nous y serons ensemble."
"Ouais," murmurai-je, baissant la tête pour caresser ma joue avec nos mains jointes. "Ensemble."
"Ce n'est pas parce que tu as développé des racines que tu ne peux pas voler," déclara-t-il. "Tu peux toujours avoir des rêves et les poursuivre. Et je serai là avec toi comme tu le fais pour moi."
"Toujours." Je souris et me penchai pour l'embrasser.
⁂
Edward repartit à nouveau le dimanche matin avec ses coéquipiers pour terminer leurs matchs à l'extérieur. Je retournai au travail me sentant rafraîchie et reconstituée après notre temps impromptu ensemble. Nous n'avions pas quitté la maison depuis le moment où il avait franchi la porte jusqu'à ce qu'il reparte pour l'aéroport. La plupart de ces heures s'étaient passées au lit.
Quand ils revinrent toute la famille prit la journée pour aller dans une ferme d'arbres pour couper nos arbres de Noël – un grand pour la maison d'Esmée et de Carlisle et des modèles un peu plus petits pour les autres. C'était un processus amusant malgré les températures glaciales. Nous étions emmitouflés, avions chargé les scies et les cordes dans deux voitures, quittant la ville et entonnant des chants de Noel.
Les gars prenaient la tâche de traquer les meilleurs spécimens très au sérieux, c'était même difficile de garder un visage impassible. Celui-ci était trop court, le suivant était déséquilibré. L'un avait un point mort et le bout tordu, on ne voyait pas le sommet de l'arbre.
Finalement ils se décidèrent pour celui de la maison des Cullen. Tandis qu'Emmett et Rose se mettaient au travail pour s'occuper du monstre, Alice et Jasper se précipitèrent à la recherche du leur tandis qu'Edward m'attrapa par la main et me tira avec enthousiasme dans la direction opposée pour en chercher un pour nous.
Finalement il en trouva un. Il virevolta autour, le contemplant silencieusement pendant que j'essayai d'étouffer mon rire. Quand il fut satisfait il se tourna vers moi avec un sourire aveuglant et dit : "Bien non ?"
Je hochai la tête et le rejoignis, enroulant mes bras autour de sa taille. "C'est parfait."
Il envoya un texto à Emmett lui indiquant notre emplacement afin qu'il puisse venir nous aider à le couper et à le ramener à la voiture. En attendant nous profitâmes d'un moment tranquille pour nous tous seuls. Je commençai un peu à trembler de froid et Edward m'ouvrit sa veste, m'emmitouflant contre sa poitrine chaude et m'enroulant dans le tissu épais de son manteau.
Je soupirai de contentement et me blottis contre lui alors qu'il posait sa joue sur le dessus de ma tête pendant que nous regardions notre arbre.
"C'est amusant. Je ne me souviens pas de la dernière fois que j'aie eu un sapin de Noël," murmurai-je.
"Vraiment ?"
"Ouais. Je suppose que nous en avions quand j'étais enfant mais nous n'avons jamais fait ça. Quand nous vivions ici Charlie allait en chercher un au Garden Center après Thanksgiving. Il le décorait avec des lumières colorées et mettait l'ange ancien de sa mère tout en haut. Renée n'aimait pas trop faire la fête, du moins pas quand j'ai commencé le patinage. Elle disait que c'était juste une distraction. Les vacances étaient toujours très occupées alors nous ne faisions pas grand cas de tout ça. Ensuite quand nous sommes parties nous n'avons plus jamais eu d'arbre. Quelquefois je m'apercevais tout juste que c'était Noël."
"Raison de plus pour en choisir un parfait cette année," murmura-t-il, me serrant contre lui et en frottant sa joue froide contre mon visage. "Rien ne dit mieux Noël que l'odeur des feuilles fraîches et persistantes qui te réveillent le matin."
"J'attends ça avec impatience. Siroter du chocolat chaud près de la cheminée, garnir des biscuits de sucre. Faire tous ces trucs ringards qu'on est censé faire en décembre juste parce que c'est la tradition."
"Oh, nous sommes très attachés aux traditions, alors tu peux compter sur ça," gloussa-t-il.
"Quelle est ta préférée ?"
"Il y en a beaucoup. La nourriture, évidemment. On a toujours la même chose pour le dîner et maman aime tellement faire de la pâtisserie. Ça sent la cannelle et la vanille dans toute la maison pendant le mois entier," soupira-t-il paisiblement. "J'aime aller à la messe de fin de soirée avec toute la famille et écouter les chants traditionnels. C'est exactement le même service depuis que je suis petit. J'aime la continuité. Maman donne toujours à tout le monde un nouvel ornement à accrocher au sapin et des trucs drôles, des petits cadeaux dans les chaussettes de tout le monde. Je pense que mon préféré c'est d'écouter mon père lire La Nuit Avant Noël. Il a ce vieux livre d'images abîmé qui lui a été transmis par sa famille et même si nous connaissons tous les mots par cœur, il le sort encore chaque année pour le lire près du feu."
"C'est bien," souris-je contre sa poitrine. "Je suis excitée de voir certains d'entre elles."
"Moi aussi," dit-il en m'embrassant. "J'aime l'idée de partager mes traditions avec toi. Peut-être en commencer de nouvelles…"
Ma bouche chercha encore la sienne, ayant besoin de plus qu'une simple et douce caresse. Ses doigts gantés touchèrent le bas de mon dos. Ils étaient légèrement humides et froids à cause de la neige mais je ne tressaillis pas quand ils touchèrent la peau nue sous mon pull. Au lieu de cela, je gémis contre sa bouche alors que sa langue s'enfonçait entre mes lèvres en me pressant contre lui, faisant glisser mes mains couvertes sur son dos sous son manteau.
Ses baisers me laissèrent essoufflée et chaude, fondant pratiquement malgré le vent vif et mes orteils gelés.
"Maintenant, c'est une nouvelle tradition que je pourrais garder," dit-il avec un sourire enjoué. "Fête de l'embrassade après avoir choisi le sapin parfait. On va définitivement refaire ça l'année prochaine."
"L'année prochaine ?" demandai-je, sentant une lueur chaleureuse de bonheur se répandre dans mon corps. "J'aime vraiment ça."
⁂
L'après-midi de la veille de Noël, je me débattais avec la fermeture éclair de ma robe dans la salle de bain.
"Tu es presque prête, mon amour ?" appela Edward de la chambre. "Maman vient d'appeler pour dire qu'ils se dirigent vers nous maintenant."
Je gémis en sentant la fermeture éclair se bloquer à nouveau et j'abandonnai le combat. Je m'approchai de la porte et vis Edward assis sur le côté du lit en train d'attacher ses chaussures brillantes.
" Pourrais-tu... " fis-je en faisant des mouvements vers la fermeture éclair dans mon dos.
Il me regarda et sourit, me faisant signe de me mettre devant lui. Ses doigts décoincèrent la fermeture en douceur puis il la ferma sans effort avant de me tourner doucement pour lui faire face.
Son visage était au niveau de ma gorge lorsqu'il s'assit sur le lit et je me mis entre ses jambes.
Il sourit en voyant ce que je portais sur mon cœur, une étincelante réplique du cygne de ma hanche qu'il avait faite faire pour moi et passée autour de mon cou seulement ce matin-là. Il la toucha doucement avec son index avant de traîner sur le décolleté de ma robe.
"Tu es magnifique," murmura-t-il, posant ses mains sur mes hanches et faisant courir ses yeux sur mon corps d'une manière qui me donnait envie de rater la messe.
"Tu n'es pas mal non plus…" dis-je, en tendant la main pour redresser le nœud de sa cravate déjà parfaite. Je tirai sur la soie, forçant son visage à s'approcher du mien pendant que je baissai la tête jusqu'à ce que nos lèvres se caressent doucement.
Ce qui avait commencé doucement devint rapidement passionné. Mes mains se mirent à jouer avec ses boutons et les siennes serrèrent mes hanches. Je passai ma langue sur ses lèvres avant de me glisser lentement à l'intérieur et de retrouver la sienne.
Mon corps se pencha en avant et le sien retomba contre le matelas tandis que mes pieds se soulevaient du sol pour se croiser aux chevilles.
Ses doigts erraient, s'agrippant à la jupe de ma robe et se déplaçant plus bas jusqu'à ce qu'ils puissent toucher la peau lisse et nue de mes jambes. J'éloignai mes lèvres des siennes pour mordiller son oreille pendant que mes hanches roulaient contre lui. Il haleta et serra ses mains sur mon corps, arrêtant soudainement mes mouvements.
"Bella", protesta-t-il en essayant de bouger sa tête hors de portée de ma bouche impatiente. "On ne peut pas. On va être en retard pour la messe."
"Serait-ce une chose si terrible ?" lui demandai-je, toujours en train de me débattre et d'essayer de le ramener avec des baisers.
"Nous devons y aller," se plaignit-il, bien que ses mains continuent à m'encourager. "Tout le monde va être là."
"Tout ce que je veux est ici," contestai-je. Je glissai ma main sous son corps pour effleurer son érection.
"Oh, mon Dieu", gémit-il, ses yeux se fermèrent quand il tressaillit contre ma paume, involontairement.
"Tu vois ?" murmurai-je, profitant du fait qu'il ne me repoussait plus, pour me frotter contre lui et je pris sa bite dans ma main à travers la matière fine de son pantalon. "Ici et maintenant c'est tellement mieux qu'à l'église."
Il grogna et s'éloigna de mon contact, respirant fortement.
"Quoi qu'il en soit, nous devons quand même y aller…" dit-il, en se déplaçant de quelques centimètres pour mettre de la distance entre nous. "Et maintenant, grâce à toi, je vais probablement devoir réserver un confessionnal pour une semaine entière."
"Pourquoi ça ?" gloussai-je.
"Parce que tu peux parier ton cul sexy que je vais passer tout le service à fantasmer comment je vais te mettre nue le plus tôt possible," expliqua-t-il, avec une expression enjouée.
"On ne peut pas avoir ça, n'est-ce pas ?" demandai-je gentiment, en me glissant vers lui et en tentant d'attraper sa fermeture éclair.
"Swan !" avertit-il, bien qu'il soit ridiculement faible dans sa protestation.
"J'essaie juste d'aider, Edward," insistai-je, en chevauchant ses jambes puis en me déplaçant lentement sur son corps jusqu'à ce que mon visage plane juste au-dessus de la boucle de sa ceinture.
Je levai les yeux vers lui, battant timidement mes cils pendant que le bout de mes doigts s'enfonçait dans son pantalon et le caressai légèrement à travers le coton de son caleçon.
"Qu'est-ce qui est pire sur l'échelle du péché, être en retard de quelques minutes ou avoir des pensées lascives ?" demandai-je, en flirtant.
Il passa ses mains sous mes bras et me ramena sur son corps, m'étalant sur lui avant d'écraser sa bouche contre la mienne.
"Putain, je m'en fous," murmura-t-il entre des baisers durs et rapides. "En plus, le paradis ne peut pas être mieux que toi."
Nous réussîmes à arriver à l'église à temps, en trouvant nos places sur le banc avec sa famille alors que les cloches sonnaient.
Le service fut magnifique, même si certaines parties étaient un peu ennuyeuses. Quand mon attention commençait à dériver, je pouvais toujours me divertir en regardant Edward. Comment il était emballé par le sermon, comment il chantait chaque chanson. C'était un côté si différent de lui. De temps en temps, il me surprit à le regarder et me fit un clin d'œil et un sourire malicieux et je me rendis compte qu'il n'était pas si différent après tout. Juste quelque chose de nouveau.
Le dîner chez les Cullen fut une fanfare. Je pensais qu'ils avaient fait toute une histoire de Thanksgiving mais ce n'était rien. Il y avait de la nourriture partout - des biscuits de toute taille et couleur, des gâteaux aux fruits (que seul Carlisle mangeait), tout ce que vous vouliez. Alice servit du lait de poule pour un toast pendant qu'Esmée s'occupait de la cuisine, refusant toute aide.
A table, Carlisle s'empressa de plonger dans sa portion de Lutefisk* et essaya, sans succès, de nous en faire goûter. Je m'étais suffisamment approchée dans la cuisine pour sentir son odeur et il n'était pas question que je m'aventure plus près. Le reste des choix n'était pas seulement comestible mais délicieux et je goûtais à tout.
Après le repas, nous laissâmes la vaisselle dans l'évier et nous réunîmes tous dans le salon pour échanger des cadeaux et simplement être ensemble.
Et alors que la pile de paquets colorés sous l'arbre s'amenuisait, Esmée me prit à part, me tendant une petite boîte bien emballée. A l'intérieur, posée sur un coussin de satin ivoire, se trouvait un beau bracelet, déjà à moitié rempli de breloques colorées.
"Esmée !" marmonnai-je, en levant les yeux de la boîte pour la voir me sourire.
"Nous en avons tous un," expliqua-t-elle, en levant le poignet et en montrant une chaînette assortie avec des charmes différents. "Alice a le sien depuis qu'elle est bébé et nous en avons donné un à Rose pour Noël il y a deux ans."
"Il est magnifique," chuchotai-je. Je soulevai doucement la chaîne de la doublure matelassée et la tins pour inspecter de plus près les petits objets suspendus. Il y avait un "B" incrusté de pierres précieuses bleu clair, une patineuse et les cinq cercles des anneaux olympiques. Il y avait un livre, un gant de cuisine et une petite réplique du logo des Wild pour Edward. A côté de celui-ci, il y avait un poisson, qui ressemblait à une truite en fait et j'étais confuse. Je le pris dans la main, lui demandant ce qu'il représentait.
"Pour Charlie," dit-elle avec un sourire. "J'ai pensé que tu voudrais qu'il soit représenté."
Je souris, heureuse qu'elle se soit souvenue de l'inclure. Charlie et moi devions encore apprendre à mieux nous connaître mais les choses allaient bien depuis qu'il avait débarqué à Lake Placid. Nous avions beaucoup parlé et avec moins de gêne.
Quand nous nous étions parlé plus tôt cet après-midi pour échanger des "Joyeux Noël", il avait même déclaré qu'il passait la journée avec une femme qu'il avait commencé à voir. Apparemment, c'était la veuve d'un de ses bons amis et ils se connaissaient depuis toujours mais ce n'est que récemment qu'ils avaient découvert qu'il y avait quelque chose de plus. J'étais vraiment heureuse pour lui et je n'avais même pas bafouillé en lui disant que je l'aimais avant de raccrocher.
En bougeant le bracelet, je vis une autre breloque qui me coupa la respiration.
Les armoiries de la famille Cullen.
Les doigts d'Esmée rejoignirent les miens sur le bracelet, brandissant la petite breloque pour que nous puissions toutes les deux la voir.
"Tu es de la famille, Bella. Pas seulement parce que tu es avec Edward mais parce que tu es toi. Tu es l'une de nous maintenant." Elle prit le bracelet de mes doigts tremblants et le passa autour de mon poignet. En tapotant la chaîne, elle me regarda avec un sourire affectueux. "Tu le seras toujours."
Une fois les papiers d'emballage jetés et la vaisselle lavée, nous nous installâmes autour la cheminée pour écouter Carlisle lire à haute voix.
Je comprenais pourquoi Edward appréciait tant ceci. C'était simplement un moment de calme, chaleureux et familial. Même Emmett était calme, avec un regard doux et tendre sur son visage alors qu'il était assis à côté de Rose et lui tenait la main. La voix de Carlisle était posée et apaisante. Intemporelle. Installée par terre à côté d'Edward, je pouvais si facilement imaginer cette même scène chaque année dans l'avenir. Toujours la même mais toujours changeante.
Edward jouait avec mon bracelet pendant que nous nous blottissions l'un contre l'autre sur le plancher, pendant que Carlisle parlait des nuits magiques de Noël, je savais qu'il n'y en aurait rien de mieux que ça.
Sauf peut-être l'année prochaine.
…
*Le lutefisk est une spécialité de Norvège, de Suède et de Finlande. Ce plat est également consommé dans les États américains du Minnesota et du Wisconsin. Le lutefisk est fait de poisson blanc séché (l'élaboration dure plus de 15 jours). Ce plat à l'odeur et au goût fort, typiquement viking, est servi avec une purée de pois cassés, des pommes de terre nouvelles, du bacon, de la moutarde forte, du fromage de chèvre et une boisson alcoolisée.
Voici le récapitulatif de ce chapitre :
Rentrer de Skate America et partager quelques nouvelles.
Un peu de sommeil en écoutant aux portes.
Améliorer la maison et la faire fonctionner.
Une dernière soirée entre filles dans l'appart de Swan.
Le premier Thanksgiving... avec les Cullen.
Patiner sur sa berceuse, un pacte avec Marcus, et enfin atterrir son Axel.
Le jour du déménagement ! Une dernière danse, remplir la boîte à trophées et trouver un petit trésor caché.
La bataille d'oreillers.
Penser (et parler) de l'avenir et de la première neige de la saison.
Choisir l'arbre parfait.
La veille de Noël et les distractions avant la messe.
Un très joyeux Noël.
Après tout ça vous avez forcément quelque chose à dire mdr ...
