Hello ! On reprend le rythme des jeudis (enfin j'espère) avec ce chapitre centré sur le plan pour donner à Jaha ce qu'il mérite. Toujours un peu de Clexa mais pas encore tout à fait, patiente ça arrive !

Enjoooy


Sous la douche je repense au ton dur que j'ai employé avec Clarke. Je lui ai tout de suite refusé une discussion sous prétexte que nous devions voir Alie, alors que j'aurais pu repousser de quelques instants. Mais ce tournage m'a retournée. Comme à chaque fois Clarke a su me rendre complètement folle. Tout au long du tournage j'avais eu l'impression que nous cherchions à nous réconcilier, sur l'oreiller comme avait dit Raven. Chacun des gestes de la blonde m'avait fait culpabiliser. J'aurais voulu virer Raven du lit, tous les autres de la pièce, et enlacer Clarke pour lui dire que je voulais tout oublier. Mais une fois l'orgasme atteint et apaisé, une lucidité m'avait regagné. Les sentiments contraires étaient remontés. La haine face à la trahison. Maintenant que l'eau chaude coule contre ma peau souillée de sueur et de sécrétions et que je sais que je vais pouvoir m'exprimer enfin correctement face à Clarke, je vais un peu mieux. Elle va donc s'excuser. Est-ce parce que je lui en ai fait la demande juste avant que nos ébats triolins commencent, ou parce qu'elle a compris que je suis susceptible d'accepter ses excuses ?

En sortant de la cabine je croise Raven qui s'y précipite pour me remplacer.

— Du calme Flash, je dis en plaisantant car elle manque de me faire glisser.

— Pardon, elle répond en activant l'eau puis en augmentant son volume sonore, c'est que je suis pressée de faire tomber Jaha.

— On aurait pu prendre notre douche ensemble tu sais, au point où on en est…

— Je sais que la douche est ton petit moment de réflexion. Alors, ce tournage ?

— Moins pire que ce à quoi je m'attendais. Comme d'habitude. Mais j'ai l'impression de m'être trop laissé emporté par le moment.

— T'étais en feu ! Mais écoute, c'est ce qui plaît à Alie.

— Si tu le dis…

— Et puis tu revois Clarke demain pour discuter. Je suis sûre que l'ambiance sexuelle lui a ouvert les chakras !

Je ricane mais je ne sais si elle m'entend.

— Qu'est-ce que tu comptes lui dire ?

— C'est elle qui a demandé à me parler. Je verrais bien ce qu'elle a à me dire, et j'improviserai.

— Tu ne vas pas te braquer ?

— Comment ça ?

— Tu ne comptes pas t'éloigner d'elle ?

— Non… je suis toujours amoureuse de Clarke…

Raven sort de la douche avec autant de vigueur qu'elle avait eu pour y pénétrer et me regarde dans les yeux.

— Bonne réponse Lexa Woods.

Elle m'envoie une pichenette douloureuse sur le front et sautille dans la loge pour aller retrouver ses vêtements, laissant tomber au passage des gouttes d'eau sur la moquette rose.

Je suis celle qui frappe à la porte du bureau d'Alie. J'essaie d'ouvrir avant d'avoir une réponse. La porte reste fermée.

— Elle doit toujours être sur le plateau, suggère Raven. Ne bouge pas, je vais voir.

Je n'ai pas le temps d'objecter qu'elle fonce au deuxième étage. Quelques secondes après j'entends de nouveau des pas dans l'escalier. Pensant que mon amie redescend avec Alie, je m'avance. C'est avec horreur que je découvre un Jaha presque agar arriver en face de moi. Alors que je crois qu'il va me faire une remarque sarcastique, il marmonne un truc incompréhensible et me double sans me voir. Un silence pensant s'installe après son passage. Je ne l'ai jamais vu avec cette expression de défaite. Il aurait eu vent de l'intention d'Alie de monter un dossier contre lui en interrogeant tous les employés ? Prise par une panique destructrice de notre plan magistrale, je cours dans les escaliers et fonce vers le studio de tournage. Lorsque j'ouvre la porte, Alie et Raven sont en train de discuter joyeusement avec Monty qui finit de ranger sa caméra. Je remarque la caméra de Roan toujours sortie. Une intuition me pousse à poser la question :

— Où est Roan ?

— Il est allé boire un coup dans la salle de repos.

— Tiens, il est bien long, se rend soudain compte Alie.

Comme parfaitement millimétré, c'est ce moment que choisit Roan pour entrer dans le studio. Il est suivi de Clarke, tremblante.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? demande Alie en se redressant d'un bond et en accourant pour prendre Clarke par les épaules.

— Roan vient d'empêcher Jaha de…

— De te violer Clarke, ne minimise pas les faits, il allait abuser de toi.

L'Horreur s'empare de moi. J'ai envie de courir pour rattraper le monstre que j'ai vu s'enfuir dans le couloir. Mais Raven me retient.

— Alors je pense qu'on peut faire notre réunion ici, dit Raven en regardant Alie qui acquiesce.

La patronne explique à Monty, Roan et Clarke les détails. Le chantage de Jaha à mon encontre (sans en préciser le point d'appui), le harcèlement récurrent auprès des autres actrices qu'elle n'avait jamais voulu admettre, et l'envie de le faire punir sévèrement par la Justice. Monty en tombe des nues. Il est même obligé de s'asseoir. Mais Roan ne bronche pas. Il a les bras croisés contre sa poitrine.

— Si vous êtes d'accord, conclut Alie, j'aimerais bien que vous me racontiez tous ce que vous avez vu et entendu sur Jaha.

— Bien sûr, répond immédiatement Roan.

— Je-je vais faire de mon mieux, dit Monty.

— Je…

— Tu n'es pas obligée de parler tout de suite Clarke, intervient Alie devant l'hésitation de la blonde. Tu pourras t'entretenir seule à seule avec moi si tu le préfères.

— Avec Roan alors… Il est témoin.

— Mais on ne devrait pas aller voir la Police tout de suite pour Clarke ? demande Raven. Avec les nouveaux événements, Jaha risque de se barrer et de se rendre intouchable.

— Crois-moi, répond Clarke, il sera là demain à la première heure. Il nous a menacé Roan et moi, à l'aide du même procédé qu'il utilise avec Lexa et Alie.

— Il se pense intouchable ce con, bougonne Roan. On a tout le temps dont on a besoin. Mais il ne faut pas tarder. Il serait insupportable qu'il touche à une autre fille.

Une larme coule sur sa joue, étonnant tout le monde. Le grand gaillard craque. Il s'assoit sur une caisse lumière en se prenant la tête dans les mains.

— Je suis désolé, tout comme Alie je savais, mais j'ai fait semblant de ne rien voir.

— Moi aussi… intervient Monty en se relevant. Maya m'en a parlé à plusieurs reprises, j'avais aussi vu Jaha mettre une main aux fesses d'Ontari, mais je n'ai pas su réagir. Je… j'ai honte, mais Jaha me fait peur… J'avais peur de perdre mon poste si je le balançais.

— Tu n'as pas à avoir honte, le rassure Alie qui a délaissé Clarke pour s'approcher du jeune homme, Jaha a bien ficelé son affaire. Il se savait intouchable et il en a profité pour faire ce qu'il voulait. Évidemment que ton poste aurait été mis en danger si tu étais venu me parler, et il le savait. Si une personne doit avoir honte ici c'est moi. J'ai été assez stupide pour me laisser aveugler par cette ordure. Il va payer, je vous en fait la promesse.

Alie grince des dents en regardant Clarke voûtée au milieu de la pièce. Je ne peux m'empêcher de m'approcher d'elle pendant que Monty ajoute quelques détails à ses récits. Je retire ma veste pour la poser sur ses épaules. Elle a sûrement froid dans le peignoir fin de satin. Elle tourne son visage vers moi avec un regard mouillé et perdu.

— Merci…

— Tu veux rentrer chez toi ?

— Non… Pas encore… Pas… Je ne veux pas le croiser…

— Je te raccompagne si tu veux.

— Je préférerais que ce soit Roan.

— Oui, je comprends.

Le jeune homme presque honoré hoche la tête pour montrer qu'évidemment il la raccompagnera.

— Mais je veux bien que tu restes dans la loge avec moi le temps que je me change.

— Bien sûr, je ferrais ça.

Je l'amène vers le lit encore défait pour que nous nous y assaillions. Raven vient nous rejoindre. Nous prenons place du côté où nous pouvons avoir en visuel Roan sur sa caisse, Monty et Alie debout de profil. Le cameraman finit son récit avant de laisser la place à son collègue de s'exprimer. Sans surprise, les histoires de Roan sont similaires. Similaires à celles de Monty, mais aussi à celles que toutes les filles m'ont racontées. Moi aussi j'éprouve une sorte de honte. Si Jaha ne m'avait pas tenu de la sorte, j'aurais tout de suite accompagnée chaque fille dans le bureau de Alie pour le dénoncer. Au lieu de ça j'avais été retenue impuissante. Roan est dans le même cas que Monty, effrayé par la perte de son emploi. Il atteste que Jasper et Nathan sont au courant eux aussi. Qu'ils en parlaient parfois entre eux sans trop vraiment exposer de solutions. Vient le tour de Raven. Elle commence par des récits encore semblables, puis expose son expérience :

— Le jour de mon audition il était avec toi Alie, je m'en rappelle. J'avais déjà senti son regard malveillant. Mais peut-être que c'est mon amertume envers lui qui fausse aujourd'hui mon souvenir du passé. Il ne m'a rien fait pendant des mois. Il a attendu que LFS se dote de plusieurs actrices pour commencer à chasser. Lors de mon premier tournage avec Eléa (une fille qui avait quitté la boîte après seulement quelques mois de travail), je l'ai croisé dans le couloir en allant aux toilettes. Il m'a coincée entre la porte des WC et le mur. Il m'a regardée fixement dans les yeux, m'a caressée la joue et m'a laissée partir. Qu'est-ce que je pouvais dire ? Il ne m'avait pas touchée, ou si peu. Le reste a toujours été très discret. Des mains dans le dos, sur les épaules, lors de réunions. Puis des mains dans le bas du dos et sur les fesses au détour d'un couloir. J'aimais bien trop LFS pour réagir. Je ne voulais pas créer de vagues. Je ne voulais pas que les choses changent.

Sa voix se fait tremblante. Elle pose une main douce sur la cuisse de Clarke :

— Je suis désolée, si j'avais parlé tu n'en serais pas là…

— Ce n'est pas de ta faute, lui répond Clarke en souriant du regard.

— Ce n'est la faute de personne, s'énerve Roan, juste de la sienne et de son pouvoir trop grand.

— Je ne comprends pas pourquoi on n'a jamais tenté une opération de groupe avec les filles, ajoute Raven. Toutes ensemble on aurait pu faire quelque chose.

— Je pense qu'au fond vous aviez toutes peur des représailles, la rassure Roan.

— Mais il ne m'a jamais menacée, répond Raven.

— On connaît toutes et tous sa puissance au sein de la boite, je dis, il fait toujours tout pour être collé à Alie ou pour se faire bien voir. Emori te dira qu'il est très aimable avec elle. Il nous a coincé.

— Si tu le monde était au courant mais que personne n'a rien dit, ça risque de jouer contre nous, non ? demande Monty inquiet.

— S'il se trouve un bon avocat, répond Clarke, ça peut jouer en notre défaveur en effet. Mais je connais un des meilleurs avocats du pays.

Je fronce un sourcil. J'ai manqué cette information en apprenant à la connaître ?

— Le père d'une de mes amies, elle ajoute.

Je pense immédiatement au père d'Octavia.

— J'en parlerai à cette amie en question, je sais qu'elle saura le convaincre de nous aider. Même s'il refuse de plaider notre cas, il pourra nous conseiller sur les meilleures démarches à suivre. Je l'appellerai demain.

Personne n'ose ménager Clarke en lui disant de ne pas trop en faire après ce qu'elle vient de subir. Nous savons tous ici qu'il n'y a plus une minute à perdre.

— Mes témoignages, je dis en regardant Alie, en dehors de mon propre cas, sont les mêmes que Raven, Monty et Roan.

— Il faudra croiser toutes les histoires, en partant de celle qui l'a vécue. Je vais demander un entretient avec chaque fille, puis avec chaque technicien.

— En plus de prendre des notes, propose Raven, tu devrais aussi les enregistrer.

— Très bonne idée.

— Il ne se doute de rien ? je demande en regardant Roan.

— Je ne crois pas. Il n'a pas sourcillé un seul instant en nous menaçant.

— Je l'ai trouvé bizarre, je l'ai croisé en montant ici, il semblait désorienté.

— Sûrement parce que sa nouvelle erreur ajoute de la complexité à son fonctionnement, répond Raven.

— Je ne parlerais pas d'erreur, rectifie Monty, il n'a commis aucune erreur. Tout ce qu'il a fait, il en était parfaitement conscient. Cet homme est un manipulateur, il n'a rien fait au hasard ou encore en pensant que les filles aimaient ça. Je vous rappelle qu'il donne son approbation avant l'engagement d'un nouveau technicien. Je suis persuadé qu'il a éliminé tous les profils susceptibles de poser problèmes. Bien sûr Alie voyait ce geste comme de la bienveillance, une envie de protéger chaque actrice des comportements dangereux. En réalité il repoussait toute concurrence. En s'octroyant la place de chef, de tirant, il pouvait manipuler tout le monde sans que personne ne réagisse. Introduire un autre loup l'aurait mis en danger. Il aurait pu se faire dénoncer ou on aurait pu le faire chanter. Tout était réfléchi. Peut-être même depuis le début. Mais je ne veux pas m'avancer. Je ne sais pas comment Alie et Jaha se sont rencontrés initialement.

— Je ne pense pas que ses intentions étaient mauvaises dès le début, répond Alie. Je l'ai rencontré dans une fête organisée par la société dans laquelle travaillait ma compagne de l'époque. Puis au moment où l'idée de bâtir une entreprise pour faire de LFS quelque chose de plus concret a germé en moi, je suis retombée sur lui par hasard. Je lui ai expliqué mon idée, il voulait justement quitter sa boîte, alors il m'a suivi.

— Il est là depuis le début, répond Monty.

— C'est bien ça qui l'a légitimé, rétorque Alie, en réalité il est le co-fondateur des Filles de Sappho, je lui dois tout.

— Ça a participé à ton aveuglement, ajoute Clarke en ricochet à ce qu'elle avait dit le soir de notre dîner chez Alie.

— Et il se pense intouchable puisqu'il est tout en haut, conclut Monty. Je comprends mieux la situation. Mais si tu dis que ses intentions n'étaient pas mauvaises, cela voudrait dire que c'est ce milieu qui l'a rendu comme ça ?

— Je n'en sais rien. Je ne le connaissais pas avant, qui sait ce qu'il aurait pu commettre comme actes répréhensibles par le passé ?

— Et puis, ajoute Raven, Roan est là depuis presque le début et il n'a jamais posé la main sur personne, ni même eu un regard mal venu. Il y a eu quelques techniciens dans les débuts qui ont pu avoir des comportements dérangeants, mais Alie tu leur as tout de suite fait prendre la porte. Tous les autres qui travaillent aujourd'hui nous respectent énormément. Ce n'est pas ce milieu le problème, c'est Jaha. Il faut lui régler son compte.

— Vous pouvez compter sur mon aide, dit Monty avec une hargne certaine.

— Bien, répond Alie décidée à en découdre, vous pouvez rentrer chez vous, je vais tout de suite envoyer des mails de convocation à tout le monde. Clarke, tu me tiens au courant pour le père de ton amie ?

La blonde qui ne tremble plus à mes côtés hoche la tête doucement.

— Tu devrais aller te changer, je lui dis en lui caressant les épaules.

— Je vous attendrai dans le hall, répond Roan.

Les deux techniciens finissent de ranger leur matériel tandis que nous sortons.

— Ça va aller Clarke ?

Alie regarde son actrice avec toujours un air coupable.

— Je crois que oui…

— Je retourne dans mon bureau, n'hésitez pas si vous voulez me demander quelque chose avant de partir.

La patronne nous salue avant de retourner dans le couloir d'un pas lent. Raven nous salue à son tour. Elle prend Clarke dans ses bras comme une petite chose fragile qu'elle a d'un coup envie de câliner pour la rassurer. Cette même Raven qui l'avait menacée quelques instants plus tôt. Ni elle ni Clarke ne relève l'étrangeté de la situation.

Nous nous retrouvons toutes les deux dans la loge. Sans un mot Clarke entre, habillée, dans la cabine de douche. Elle me semble passer une éternité sous l'eau en cascade. Je sais que nous ne parlerons pas aujourd'hui. Ce n'est ni le lieu ni, surtout, le moment. Je fulmine en revoyant le visage perdu de Jaha. Cette ordure… Je serre mon poing et le cogne contre la banquette.

— Elle t'a fait quelque chose ?

Je relève la tête vers une Clarke enroulée dans sa serviette, une moue presque joyeuse.

— De quoi ?

— La banquette.

— Ah ! Non… C'est un vieux réflexe…

— Je suis désolée d'avoir demandé à Roan de me raccompagner…

— Non, non, c'est normal. Face à Jaha je ne fais pas le poids. Puis je me suis laissée embobiner par lui pendant des années, c'est normal que tu choisisses une personne qui soit venue à ton secours.

Cette phrase qui me semble coller à une autre réalité me noue la gorge. Un picotement me prend le nez et me yeux veulent pleurer. Clarke vient s'asseoir à mes côtés et pose sa paume sur mon poing resté sur le banc.

— Ne dis pas n'importe quoi Lexa. Tu n'as pas à te sentir coupable de son chantage. J'ai choisi Roan parce que là tout de suite je me sens en sécurité si je le sais avec moi. Mais tu n'es pas faible ni une petite chose fragile.

Mes yeux passe de nos mains à son visage. Je mourrais pour l'embrasser là tout de suite. Je ne peux pas. Je retire ma main.

— Tu veux que je te laisse t'habiller ?

Elle semble surprise par ma réaction, presque déçue.

— Non, c'est bon, j'ai l'habitude…

Je me retourne quand même pour lui laisser un peu d'intimité. Je repense au Jaha qui m'avait menacé dans les décombre de l'incendie, le jour où j'avais senti son membre durci contre ma cuisse. Une nausée me gagne en imaginant la scène avec Clarke à ma place. J'aurais voulu être à la place de Roan.

— J'ai fini.

Je me retourne, sa tenue « civile » la sort complètement de cet univers pornographique et mon cœur s'emballe. C'est Clarke que j'aime et non Vénus. Alors peut-être qu'elle aussi. Elle aime Lexa, pas Aphrodite.

— Je t'accompagne dans le hall.

Je me sens bête de ne penser que maintenant à cette hypothèse. Mon égo blessé n'avait pas voulu admettre la vérité. C'est décidé, demain j'accepte ses excuses.

Arrivées dans le hall nous tombons sans surprise sur Roan et Emori. Ils discutent. Joyeusement, il n'a donc pas mis Emori au courant. Nous attendons sagement le feu vert d'Alie.

— Bonsoir les filles, nous salue la standardiste.

— Bonsoir Emori, nous répondons en cœur.

— La prochaine fois tu me parleras du régime de Vichy, dit Roan à Emori en s'éloignant du comptoir. Je n'ai jamais réussi à saisir toutes les magouilles de cette époque à l'école !

— Prépare-toi, c'est du lourd !

Les deux employés se saluent et le jeune homme nous suit dehors.

— Emori te donne des cours d'Histoires ? je demande au gaillard.

— Au détour d'une discussion banale je me suis rendu compte qu'elle était très cultivée, alors j'essaie de m'instruire !

Clarke ricane, je sens déjà que sur le retour Roan va lui transmettre le savoir d'Emori.

— Monty est rentré ? je demande.

— Il vient de partir oui, il était plutôt énervé. Il voulait appeler Maya pour tout lui raconter, je lui ai dit d'attendre un peu.

— Tu as bien fait, dit Clarke, de toute façon tout va s'accélérer maintenant.

Nous hochons tous les trois la tête. Nous sortons du bloc de bureaux pour nous retrouver dans la rue. Je n'ai jamais réfléchi au chemin que prend Clarke pour rentrer. Vu où elle habite je suppose qu'elle ne descend pas à la même station que Roan et moi, mais je ne me suis jamais posée la question…

— Euh je… Je vous laisse rentrer alors, je vais par là pour aller à la gare.

— Je te suis Clarke.

— On va dans l'autre sens du coup…

— Alors à plus tard Lexa, me dit Roan d'un geste de la main.

— Oui, rentrez bien…

Je les salue timidement et fourre mes mains dans mes poches pour me retourner. Donc elle prend la direction opposée.


La machine est bel et bien en route pour stopper Jaha. Je pense que maintenant le récit va se concentrer sur cette affaire. Mais le Clexa arrive aussi en grande pompe, prochain chapitre : les excuses de Clarke. Comment Lexa va-t-elle réagir ?

Bonne fin de semaine !