Note de l'auteur :

Lorsque je regardais l'anime XYZ, ou plus précisément la saison 19, je pensais vraiment qu'il y aurait une révélation sur Alain et le professeur Platane. Cela ne s'est pas du tout révélé être le cas. Mais rien à faire, je continue de les voir de cette façon, de voir Alain comme étant le fils du professeur Platane.

J'aime beaucoup la petite famille que forment Alain, le professeur Platane et Martine, sans oublier leur Pokémon, Dracaufeu, Carchacrok et Marisse.

Je ne prends en compte que les six premières générations (de Kanto à Kalos).

Avertissement :

Pokémon est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient. AU (Alternate Universe) de l'anime. Présence de violence non canon à l'anime.

Note du chapitre actuel :

J'imagine qu'il y a une partie de séjour où réside le professeur Platane, et guère loin, des chambres pour ses assistants. Dans mon esprit, Augustin est le seul à vivre dans le bâtiment, tandis que Cosette et Sophie ont un logement ailleurs dans lesquels elles passent leur week‑end. Martine séjourne également depuis peu, tandis qu'Alain, en dehors de son voyage, séjourne en permanence.


Les journées s'écoulent doucement à nouveau comme elles étaient. La culpabilité et la crainte de Lysandre sont néanmoins toujours nourris dans son cœur. Régulièrement, Lysandre hante ses nuit de cauchemars. Des songes dans lesquels Lysandre l'insulte de faible et de bâtard, le force à travailler jusqu'à mourir de fatigue ou le pousse du haut de la tour Prismatique. Lysandre se transforme parfois en Zygarde ou en Mémélios pour le poursuivre. Alain finit toujours par être tué, quelque que soit la forme du cauchemar. Alain ne peut jamais se défendre, seul et incapable de se servir de son bras gauche. Il se réveille toujours en sueur, tremblant et incapable d'émettre le moindre son, comme étouffé par les racines de Zygarde qui hante son sommeil.

Le laboratoire lui offre un véritable abri. Un havre de paix qu'il n'échangerait contre rien au monde. L'endroit qu'il nomme foyer et dans lequel il vit. Alain est le seul assistant à vivre dans le bâtiment, qui sert également de résidence au professeur Platane. Cela ne gêne pas le scientifique qui sait pouvoir compter sur lui en fin de semaine, même s'il s'agit de jours de repos. Sophie et Cosette dispose aussi de chambre comme lui, mais, contrairement à lui, elles possèdent chacune un autre logement. Un week‑end sur deux, elles alternent un dimanche de garde au laboratoire. Les Pokémon nécessitent une grand attention et il est impossible de les laisser complètement seuls. Avec le retour d'Alain, et la présence de Martine, les deux femmes pensaient pouvoir s'absenter le même dimanche. Cela sans considérer l'apparition d'une fuite d'eau.

Depuis la découverte de la fuite, tous au laboratoire sont occupés à limiter les dégâts. Impossible de faire venir un plombier un dimanche, ils sont forcés d'attendre et de se débrouiller. Devant une telle urgence, les études en cours ont été laissé de côté. Seuls les soins envers les Pokémon continuent de primer.

Carchacrok aide à déplacer les meubles, Dracaufeu s'active à sécher une pièce grâce à la chaleur qu'il peut dégager, Martine et Marisse installent et vide des seaux, Alain et le professeur Platane recherchent l'origine du problème tout en évacuant les dossiers et les livres tandis que Cosette et Sophie font des allers retours pour surveiller les Pokémon agités tout en les aidant à protéger le matériel.

Activement, Alain déplace des dossier tandis que le professeur Platane examine le plafond de la pièce de l'une des pièces touchée par le problème. Perché sur un escabeau, des gouttes s'écrasent sur son visage à un rythme irrégulier. La chute de chacune d'entre elles contre sa peau provoque une légère grimace.

– Je crois que la fuite doit être au‑dessus. Cela ne correspond pourtant pas à la salle de bain. Je ne comprend pas.

Alain l'écoute, ne sachant pas ce qu'il pourrait répondre. Il n'a aucune idée de l'origine du problème et, comme son père, il ne connaît rien en plomberie. Ils ne peuvent que théoriser que le bâtiment n'a pas été aussi épargner par l'attaque de Lysandre qu'ils le pensaient. Une racine de Zygarde, assez petite pour que personne ne l'a remarque, a dû s'incruster quelque part, provoquant la fuite. L'adolescent se rapproche de lui après avoir mis de côté un tas de feuilles gorgées d'eau. L'encre a coulé et est à présent illisible. Optimiste, son père affirme que se l'occasion de remettre des données à jour, ne se désespérant pas face aux dégâts.

– J'espère que le plombier pourra résoudre rapidement le problème où nous devrons repousser l'arrivée des prochains starters. Il serait trop compliqué de les accueillir dans ces conditions et l'agitation risque de les stresser davantage.

L'adolescent hoche la tête, approuvant. L'arrivée au laboratoire est parfois très stressante pour les jeunes Pokémon. Il leur faut toujours un délai pour s'adapter à leur environnement avant qu'il soit décidé de les remettre entre les mains de dresseurs.

Martine arrive dans la salle avec un seau vide à la main. Elle se rapproche d'un récipient rempli d'eau, et le change avec le sien, s'assurant bien le positionner en dessous de l'une des parties du plafond duquel tombent des gouttes. Marisse est à ses côtés, équipé d'une serpillère, prêt à essuyer la moindre flaque.

Une fois le remplacement effectué, Martine s'avance d'Alain et du professeur Platane. Le seau est lourd entre ses mains.

– Vous avez trouvé d'où vient le problème professeur ?

– Non pas encore. Ce n'est pas du tout un domaine que je connais, je ne sais même pas si je cherche de la bonne manière.

Martine continue de se rapprocher d'eux. Soudain, sa maladresse naturelle lui fait perdre son équilibre. Alain, témoin de l'accident à venir, a le réflexe de presque sauter pour la rattraper. L'adolescent parvient à rattraper de son bras gauche son amie avant que sa tête ne heurte la première marche de l'escabeau. Seul le seau s'écrase au sol, déversant son contenu. La souffrance de son épaule gauche se réveille au même moment, sous la précipitation et l'effort. Il échappe un sifflement de douleur. Après l'avoir stabilisé, Alain s'écarte, portant sa main droite à la partie de son corps lui faisant mal. La même blessure, encore, l'adolescent pensait qu'elle se résorberait doucement et qu'elle ne serait plus qu'un souvenir.

Alarmé par l'accident évité et la plainte de son assistant, Augustin descend de l'escabeau. Le sol est à présent recouvert par un voile d'eau que Marisse s'active à essuyer de sa serpillère. Toute l'attention d'Augustin et de Martine est sur Alain. La douleur continue de parcourir son membre. Les hématomes ont disparu, Alain ne comprend pas pourquoi il continue d'avoir mal après tout ce temps.

– Alain qu'est‑ce qu'il t'arrive ?

– Oh non Alain ! Ne me dis pas que c'est cette blessure qui te fait mal !

Alain n'a pas eu le temps de répondre au professeur Platane. Martine, plus rapide, l'a devancé en s'exclamant. Il se serait bien passé de son intervention. Une expression de confusion et d'inquiétude naît sur le visage d'Augustin. Plutôt que de demander directement au concerné, le scientifique interroge Martine.

– Quelle blessure ?

– C'était quand je voyageais avec Alain. Il m'a protégé de l'explosion d'une attaque draco‑météor de Méga‑Rayquaza ! Tu m'as dit Alain que cela ne te faisait plus mal, tu m'as menti !

– Méga‑Rayquaza ?

– Sur un site de ruines, il est intervenu pour protéger une pierre d'énergie. C'était quand je travaillais pour...

Alain ne termine pas sa phrase. Il se sent incapable de dire son nom, et il le refuse. Il commence à soupirer et à hausser les épaules par réflexe. Un réflexe stupide, la douleur se renforce, lui arrachant un gémissement. Le professeur Platane se rapproche de lui.

– Alain, ce n'est pas normal. Je sais que je ne suis pas en droit de te demander cela n'étant pas ton père, mais je voudrais que tu ailles voir un médecin demain.

Les mots sont douloureux pour Alain. Il se force à garder la même expression, refusant de montrer qu'il est blessé. Jamais cette douce illusion de famille ne pourra exister. Seulement un mensonge constitué de non‑dits. Son père n'a pas d'enfant.

Le silence de son assistant laisse penser au professeur Platane qu'il ne compte pas suivre son conseil. Il pense devoir employer de grands moyens face à ce qu'il pense être un refus.

– Je t'emmènerai demain après‑midi voir un docteur.

– Je peux aller seul là‑bas.

– Tu me promets que tu iras consulter ?

– Oui, je vous promets que je serai examiné par un médecin demain après‑midi.

Alain n'avait pas prévu de consulter mais il tiendra sa promesse. À réflexion, si cela lui permet de soulager son épaule, ce ne sera pas une mauvaise chose. D'autant que son épaule ne lui a jamais fait autant mal. Mais, les paroles de son père sont si pesantes qu'elles agissent comme un anesthésiant.

Le professeur Platane remarque dans son expression son mal‑être.

– Tu veux prendre une pause Alain ?

– S'il vous plaît.

– Martine, tu peux le remplacer ?

– Bien sûr professeur !

L'adolescent s'écarte et quitte la pièce au sol glissant à cause de l'eau. Il croise Cosette sur le seuil de la porte, un dossier détruit par l'eau entre les bras. Alain l'ignore et s'éloigne d'un pas rapide Il a besoin de voir Dracaufeu, rapidement. Alain trouve son partenaire rapidement. Agissant comme un radiateur d'appoint, le dragon réchauffe la pièce humide, l'une des plus touchées par la fuite. Un simple regard suffit à Dracaufeu pour comprendre que son dresseur a besoin de son réconfort. Il se blottit contre le garçon et baisse sa tête à sa hauteur. Alain caresse sa tête de sa main droite. Le dragon échappe un grognement compatissant. Il n'a pas besoin de paroles pour savoir que quelque chose s'est mal passé avec le père de son dresseur. D'autant qu'il sait qu'Alain a décidé de lui dire la vérité. Mais il ne parvient toujours pas à l'avouer à son père.

Dracaufeu aime beaucoup le professeur Platane. Mais il aimerait que l'homme comprenne. Entre Pokémon, les choses auraient beaucoup été plus simples. Sentir son odeur aurait été suffisant. Le dragon est conscient que l'odorat des humains est mauvais.

À son niveau, il ne peut hélas pas agir, d'autant que Alain veut qu'il garde le secret. Hormis encouragé son dresseur et tenter de lui donner des opportunités, il ne peut rien faire.

– Alain ?

La voix de Cosette. Alain se force à sourire et se retourne. De l'une de ses deux mains libres, l'assistante pousse la porte de la pièce, s'isolant ainsi avec l'adolescent et son Pokémon. Elle s'avance de quelques pas dans sa direction. L'adolescent se justifie rapidement, espérant dissimuler sa tristesse.

– J'ai besoin d'une pause. Je suis venu voir Dracaufeu.

– Dra.

– J'étais dans le couloir Alain, je ne voulais pas écouter ta conversation avec le professeur Platane mais je l'ai entendue.

Cosette marque une pause. Elle croise ses doigts entre eux, tortillant ses mains, mal à l'aise. La jeune femme prend une inspiration avant de continuer à parler.

– Alain, tu devrais lui dire tu sais. Je suis certaine qu'il ne te repousserait pas.

– Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

– Alain, je le sais depuis presque depuis le premier jour. Je sais que le professeur Platane est ton père.

L'adolescent n'est qu'un instant surpris. L'idée que Cosette ou Sophie le sache lui a traversé de nombreuses fois l'esprit. Après avoir vécu des mois avec elles, il était fortement possible que l'une d'elle soit consciente de la réalité. Au final, le nombre de personnes soupçonnant la vérité est certainement beaucoup plus important qu'il ne le pensait. Mais, quelque soit le nombre, son père n'en fait pas partie.

– Je n'en ai jamais parlé à personne. Je te le promets.

– Je vous crois.

– Tu n'es jamais venu pour être son assistant n'est‑ce pas ?

– Non...

Avec regret, Alain se souvient avoir presque réussi à l'avouer à son père le jour de leur rencontre. À une seconde, et il parvenait à lui dévoiler. Peut‑être. Sans l'intervention de Cosette, la phrase aurait pu tout de même ne pas sortir. Peut‑être qu'il aurait paniqué et aurait trouvé une autre manière de fuir. De toute manière, ce n'est pas de sa faute, si la culpabilité doit revenir à quelqu'un, c'est à lui et lui seul.

– Tu sais, le professeur tient beaucoup à toi. Je suis certaine qu'il n'aurait pas une réaction négative, même si ce genre de choses n'est pas facile à apprendre. Je pourrais t'aider si tu le souhaitais.

– Je... non, je ne préfère pas.

– C'était très maladroit de sa part te dire ça, mais cela montre qu'il tient à toi. Il ne faut pas le prendre de cette façon là.

Alain ne croit plus en la possibilité de ce qu'il rêve depuis des mois. Plus après ce qu'il vient de lui dire. Les choses ne changeront pas. Son père lui avait pourtant affirmé de ne pas se soucier de sa réputation, il espère là voir une lueur d'espoir. Surtout après son geste affectif. Alain préfère ne pas répondre au nouvel argument de Cosette.

– Si tu changes d'avis, que se soit maintenant, demain ou dans des mois, ma proposition de t'aider Alain tiendra toujours.

Cosette s'éloigne, laissant Alain réfléchir. Il est conscient que si quelqu'un doit le faire, c'est lui, et lui seul. Surtout après tant de temps. Mais, il n'a toujours pas le courage de le faire. Il a survécu des combats de Pokémon légendaires, a gagné le tournoi ligue, a affronté Lysandre, sauvé Marisse et pourtant il ne peut pas aligner quatre mots très simples.

L'adolescent s'installe dans la pièce, souhaitant rester avec son Pokémon. Mais aucun des deux ne remarque une silhouette de petite taille qui s'éloigne discrètement de son poste d'écoute.