Salut les gens !
Comment ça va en ce lundi post-tempête ? Je ne sais pas trop d'où vous êtes mais par chez moi, on était en alerte orange. Pas de dégâts chez moi (ouf) mais grosses pensées à tou-te-s celleux qui souffrent des intempéries !
Sinon, si vous me suivez sur FB, ce ne sera pas un scoop mais sachez que je me suis remise *sérieusement* à écrire. Et oui ! J'ai attaqué le chapitre 60 hier soir (enfin, dimanche soir ;) ), ce qui veut dire que je reprends de l'avance. Et ça c'est cool car ça me permet de vous garantir le retour de la régularité de mes publications ! Plus que 13 chapitres à écrire et cette longue aventure sera terminée. J'ai à la fois hâte et pas du tout...
Bref, merci à vous d'être là avec moi à vivre tout ça.
Chapitre un peu plus long aujourd'hui vu qu'il fait près de 5000 mots (alors que d'habitude, ça tourne plus autour de 4000). J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture, en tout cas :)
RARA :
Cecile : Hello ! Contente que tu aies aimé le chapitre précédent. Je suis consciente que les passages "next-gen" passionnent moins les foules mais moi, je me suis attachée à tout ce petit monde, donc je fais toujours un pas de danse quand je vois que vous aussi ^^. Rose se prend un peu trop la tête, oui... mais bon, elle n'est pas seule. Quant à savoir ce qui se trame entre Drago et Hermione (enfin, nous on sait) bah la réponse sera dans le chapitre du jour ;) Merci à toi pour ta review et à très vite
Aventure : Ravie que le passage dans le train t'ai plu ! Je galère toujours à écrire les scènes où ils sont plus que 3... raison pour laquelle il y en a peu, mdr. Ravie aussi que la discussion autour du deuil t'ai plu, je trouvais ça important à aborder. Merci beaucoup pour ta review !
Merci à Damelith, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.
Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.
Illustration d'Upthehill : upthehillart sur DeviantArt
L'Autre
2019 - Drago/Hermione
Juin - Hermione
- Je t'assure que Ron ne te regarde pas de travers…, plaida Hermione, une main posée délicatement sur l'avant-bras de Drago en un geste apaisant.
- On parle de Weasley, là… Il m'a toujours regardé de travers et il le fera jusqu'à sa mort - ou la mienne ! se défendit Drago en grommelant.
Hermione ne put retenir un soupir agacé de franchir ses lèvres closes. Ils avaient beau avoir tous gagné en maturité, la relation entre Ron et Drago semblait ne pas avoir évolué depuis Poudlard.
Certes, ce n'était pas comme s'ils avaient prévu de partir en vacances tous ensemble ou quoi que ce soit du genre, mais quand même… Hermione n'avait pas du tout envie de devoir séparer son histoire avec Drago du reste de sa vie privée.
- Scorpiuuuus ! s'exclama la voix d'Hugo, non loin d'eux, les rappelant ainsi à la réalité.
Hermione croisa le regard de sa fille et s'éloigna aussitôt de Drago. Malheureusement, elle eut comme l'impression que leur proximité n'avait pas échappé à son aînée.
- Salut, dit Rose en arrivant à leur hauteur en compagnie de Scorpius et d'Hugo. Vous parliez de quoi ?
- Bonjour ma chérie, répondit Hermione en l'enlaçant brièvement. Bonjour Scorpius, vous avez fait bon voyage ?
- Ça va, même si James et Jake sont venus nous embêter dans notre compartiment, répliqua sa fille. Mais ça répond pas à ma question… Depuis quand le père de Scorpius et toi vous nous attendez ensemble ?
- Ne sois pas malpolie, Rose, la réprimanda doucement Hermione. On ne vous attendait pas vraiment ensemble, je demandais juste à Drago s'il serait d'accord pour que Scorpius vienne à la mer avec nous le weekend prochain…
- Sérieusement ?! s'exclamèrent Rose, Scorpius et Hugo d'une même voix.
- Sérieusement, oui, confirma Hermione. Ça fait plusieurs fois que vous nous demandez, sitôt arrivés, quand vous pourrez vous voir pendant les vacances, j'ai juste anticipé…
En vérité, elle en avait parlé avec Drago la veille au soir, chez elle, après qu'ils aient fait l'amour, mais bon, les enfants n'avaient pas besoin de connaître ce genre de détails…
- Tu viendras avec nous, 'Pa ?! demanda Scorpius en se tournant vers son père.
- Euh, c'est-à-dire que… euh…, bafouilla Drago, visiblement pris de court.
- Oh allez, Monsieur Malefoy ! Dites oui ! Ce sera trop chouette !
- Oui, Papa ! insista Scorpius. J'ai déjà passé plein de temps avec Hermione, mais mes amis te connaissent pas, toi… Albus sera là aussi, d'ailleurs ?
- Non, précisa Hermione. Les Potter partent en Espagne en fin de semaine, donc samedi il sera bien au bord de la mer, mais pas la même que celle où nous nous rendrons.
- Oh, dommage… Mais on ira, nous, Papa, hein ? répéta l'adolescent.
Le regard de Drago croisa celui d'Hermione pendant quelques secondes avant qu'il acquiesce. Elle savait qu'il n'avait, initialement, pas prévu de les accompagner, mais elle était contente qu'il ait changé d'avis. Certes, ils devraient faire attention à ne pas se montrer trop intimes en compagnie de leurs enfants, mais cette sortie leur offrirait une opportunité de se découvrir autrement.
Et cette perspective lui plaisait particulièrement.
Ils se fixèrent donc rendez-vous pour le weekend prochain, et Hermione, Rose et Hugo rejoignirent les autres membres de leur famille qui se trouvaient non loin d'eux, laissant Drago et Scorpius repartir de leur côté.
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Hermione attendait dans son salon en compagnie de ses enfants que Drago et Scorpius les rejoignent afin de pouvoir transplaner jusqu'à une petite plage sorcière des Cornouailles.
Ils ne patientèrent cependant pas longtemps car les Malefoy sortirent de la cheminée à l'heure prévue.
Hugo se rua aussitôt vers Scorpius pour le saluer et Hermione ne put retenir un sourire amusé devant l'air surpris qu'afficha l'aîné face à tant d'enthousiasme.
Hugo avait toujours été particulièrement sociable et le caractère attachant de l'adolescent l'avait totalement conquis lorsqu'il avait dormi chez eux durant les vacances précédentes.
Rose accueillit son ami plus discrètement que son frère, même si Hermione pouvait voir sur ses traits qu'elle était vraiment ravie de le retrouver. Drago, quant à lui, se contenta de saluer tout ce petit monde d'un signe de tête.
Hermione fut surprise de constater qu'il portait un bermuda Chino bleu marine ainsi qu'une chemisette blanche en coton et des baskets en toile. Une paire de lunettes de soleil était suspendue au col déboutonné de sa chemise, lui donnant un air décontracté qu'elle lui connaissait peu.
Sa tenue était parfaitement adaptée pour une sortie au bord de la mer, mais elle ne l'avait jamais vu habillé ainsi et elle devait bien avouer qu'elle le trouvait particulièrement charmant.
Pour sa part, elle avait opté pour un combishort en lin couleur crème, des sandales tressées, et un chapeau de paille pour se protéger du soleil : il était hors de question qu'elle prenne le risque d'attraper une insolation.
Drago et Hermione vérifièrent une dernière fois que tout le monde était prêt et que les enfants avaient bien pris tout ce dont ils auraient besoin pour s'amuser puis ils transplanèrent jusqu'à Sunstorm, quartier sorcier situé le long de la Penwith Heritage Coast, au sud-ouest de l'Angleterre.
Ils réapparurent quelques instants plus tard sous un soleil éclatant, entourés par le cri des mouettes et le bruit de la marée descendante.
- Vous voulez commencer par quoi ? demanda Hermione en se tournant vers les enfants.
- Une glace ! s'exclama aussitôt Hugo.
- Non, Hugo, le réprimanda-t-elle doucement. Pas à dix heures du matin ! Mais on peut aller boire un chocolat ou manger une crêpe, si tu veux…
- Je pourrai en prendre une avec une boule de glace, alors ? insista-t-il, les yeux brillants d'envie.
- Hugo…
- Ce sont les vacances, Hermione, lève un peu le pied…, intercéda Drago, à la plus grande surprise de celle-ci.
Hermione le dévisagea les yeux légèrement écarquillés, étonnée qu'il ait osé intervenir dans la discussion. Elle ne lui en voulait pas de l'avoir fait, non, elle ne s'y était juste pas attendu.
Drago dût percevoir son trouble car il tenta vaguement de s'excuser jusqu'à ce qu'Hermione le rassure sur le fait qu'il n'y avait pas de malaise.
Ils se dirigèrent donc tous vers une crêperie située non loin de l'endroit où ils avaient transplané afin de prendre un deuxième petit-déjeuner gourmand, le premier ayant été pris bien avant que les Malefoy ne les rejoignent chez eux.
Ensuite, Hugo voulut faire voler le cerf-volant que sa grand-mère Jean lui avait offert lors d'un voyage précédent et Hermione et Drago s'assirent sur le sable pendant que les enfants jouaient au bord de l'eau.
Rose s'était d'abord montrée réticente à l'idée de son jeune frère et Scorpius, sceptique face au fait de faire léviter dans les airs un objet sans l'aide de la magie, mais à présent, ils semblaient beaucoup s'amuser tous les trois à tenter de dompter le vent.
- Ils ont l'air de bien s'entendre, commenta Drago, les yeux rivés sur son fils.
- Scorpius a un don pour apaiser les tensions qui naissent inévitablement entre mes enfants, c'est indéniable, reconnut Hermione. Je l'avais déjà constaté lorsqu'il a dormi chez nous, durant les vacances de Pâques.
- Scorpius a toujours été particulièrement conciliant, oui. On a longtemps pensé qu'il finirait à Poufsouffle, pour tout te dire…
- Ah oui ?! releva Hermione
- Ça n'aurait rien eu d'étonnant… Par contre, Gryffondor, je ne m'y attendais vraiment pas !
- Il va faire sa rentrée en troisième année en septembre, tu n'as toujours pas digéré la nouvelle ?!
- Bien sûr que si ! C'est juste que je le trouve trop… posé, pour un Gryffondor.
- Il y a plusieurs façons de faire preuve de courage et de bravoure, Drago, souligna Hermione. Regarde Neville !
- C'est vrai qu'on s'est longtemps demandé, à l'époque, si le Choixpeau n'était pas défectueux…
- Je crois qu'il se le demandait aussi, admit-elle.
- Tu m'étonnes…
- Je suis contente que tu sois là avec nous, en tout cas, poursuivit Hermione en frôlant discrètement la main qui était posée sur le sable juste à côté de la sienne.
- Je suis ravi aussi. Je pense, par contre, que nous n'avons plus vraiment besoin de leur faire une annonce quant à notre "amitié"...
- Comment ça ?
- Je pense que ça attirerait plus l'attention qu'autre chose… Là, on se fait une sortie tous ensemble. Suffit qu'on en planifie l'une ou l'autre durant les vacances, que nous allions voir une expo ou un concert tous les deux, par exemple, et ils feront le lien tout seuls… Tu ne penses pas ?
- Peut-être, en effet, admit Hermione.
Intérieurement, elle était quand même un peu déçue. La proposition de Drago semblait plus sage et naturelle que de leur annoncer de but en blanc qu'ils se voyaient de temps à autre, mais elle avait comme l'impression que ça minimisait totalement l'importance de tout ce qu'ils étaient en train de vivre.
En même temps, elle n'avait toujours pas de certitude sur la façon dont Drago vivait leur nouvelle relation… Ça n'avait peut-être pas, factuellement, la même signification pour lui que pour elle.
Arrête de te prendre la tête, Hermione ! se sermonna-t-elle.
Il ne cherchait absolument pas à masquer leur amitié aux enfants, il proposait juste une manière plus simple de la leur faire comprendre. Rien de plus.
- Arrête de cogiter, dit platement Drago, à ses côtés, la tirant ainsi de ses pensées.
- Je ne cogite pas ! se défendit-elle en rosissant, gênée d'avoir été percée à jour.
- Je te connais, Hermione, et tu fronces toujours les sourcils en te mordillant la lèvre quand tu cogites. Ce que tu étais justement en train de faire. Si tu n'aimes pas mon idée, dis-le, au lieu de cogiter !
- Ce n'est pas ça, éluda-t-elle. Je cherchais juste une excuse pour te revoir dans cette tenue, mais sans les enfants…
- Sérieusement ?! rit-il. Dans cette tenue ?!
- Tu es toujours si… impeccable que te voir si décontracté, les mollets à l'air et les fess…
Mais Hermione ne termina pas sa phrase car les enfants revenaient vers eux en criant, Hugo réclamant déjà de quoi se restaurer.
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La journée à la plage passa à une vitesse folle. Après être allés manger dans un restaurant de fruits de mer, Drago, Hermione et les enfants avaient loué des sortes de jet-ski magiques - qui ressemblaient étrangement à des carapaces de crabes de feu - pour faire un tour en mer. Ils avaient ensuite ramassé différentes espèces de coquillages que Rose voulait réutiliser pour en faire des colliers ou pour décorer des cadres et étaient allés manger la glace qu'Hugo réclamait depuis le matin.
Par après, les enfants avaient voulu retourner au bord de l'eau et avaient demandé à leurs parents de leur jeter un sort de résistance au froid pour qu'ils puissent s'y baigner sans craindre la température des vagues.
Pour finir, ils avaient soupé à la terrasse d'un petit restaurant décoré de peintures représentant des animaux marins puis s'étaient séparés pour rentrer chez eux, non sans que Scorpius fasse promettre à son père d'inviter Rose, Hugo et Hermione sous peu pour faire un pique-nique dans le parc de leur Manoir.
Une fois de retour à son appartement, Hermione mit les enfants au lit, non sans avoir exigé au préalable qu'ils prennent une bonne douche pour chasser tout le sable qui s'était immiscé sous leurs vêtements.
Une fois lavée à son tour, elle se servit une tasse de thé et s'installa confortablement sur son canapé avant d'allumer la radio.
Rose la rejoignit quelques instants plus tard.
- Tu ne dors pas, ma Chérie ? lui demanda Hermione en relevant ses jambes pour lui faire une place à ses côtés.
- J'ai treize ans, Maman…, soupira la jeune fille. Je ne vais pas dormir à dix heures alors que je suis en vacances !
- On a eu une journée fatigante…
- Nettement moins que quand on a cours toute la journée ! se défendit Rose.
- C'est vrai, reconnut Hermione. C'était vraiment une belle journée, en tout cas. Je comprends pourquoi Albus et toi êtes devenus amis si rapidement avec Scorpius, c'est vraiment un gentil garçon.
- Il est cool, oui. Son père aussi, est cool d'ailleurs, tu trouves pas ?
Le ventre d'Hermione se serra légèrement d'appréhension. Où sa fille voulait-elle en venir ?
- Disons qu'il s'est bonifié avec l'âge…, répondit-elle, prudente. Il était loin d'être aussi sympathique quand nous avions votre âge.
- Mais tu l'aimes bien, à présent, non ?
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda Hermione, sentant une chaleur incontrôlable gagner ses joues.
- Je vous ai vus, aujourd'hui, et la semaine passée aussi, sur la voie 9 ¾. Vous vous êtes vus quand on n'était pas là, c'est ça ?
Hermione ne put empêcher un soupir de s'échapper de ses lèvres.
- En effet…, admit-elle. Je suis allée le voir, la première fois, après avoir reçu ta lettre sur les Sombrals. Depuis, on s'est revus plusieurs fois… On s'entend plutôt bien, au final…
- Vous êtes amoureux ou un truc du genre ? la questionna Rose.
- Rose…, souffla Hermione, gênée d'avoir été si facilement perçue à jour par son adolescente de fille.
- Je m'en fiche, moi, Maman, la coupa-t-elle. Je veux dire, Papa est remarié et tout, donc c'est normal que toi aussi tu aies envie d'avoir un nouvel amoureux - surtout que le père de Scorpius est cool. Mais c'est pour Scorp', que je m'inquiète, justement…
- Je sais…
- Parce que sa maman est décédée y a pas longtemps, quand même, poursuivit-elle en ignorant l'intervention de sa mère. Il fait genre tout va bien et tout, mais moi je sais qu'il est pas encore prêt à tout ça…
- Drago et moi aimons juste passer du temps ensemble, ma Chérie, expliqua Hermione. Il n'est pas question de plus entre nous… Nous sommes juste amis.
Rose sembla réfléchir un moment avant de reprendre.
- Faites quand même attention, ok ? Parce que Scorpius a besoin de temps pour digérer les choses. Je pense que s'il devait y avoir un truc entre Monsieur Malefoy et toi, il s'y ferait, mais lui dites rien tant que vous êtes pas sûrs… Parce que là, ce serait vraiment pas cool et…
- J'ai bien reçu le message, Rosie, ne t'inquiète pas, la coupa Hermione. Je t'assure que Drago et moi ne prenons pas les choses à la légère et nous sommes parfaitement conscients de ce que ça pourrait vous faire, à Scorpius et toi, s'il devait se passer quelque chose de plus… enfin, entre nous, quoi.
- Alors parfait, conclut la jeune fille. Parce que je te le pardonnerais jamais si tu faisais du mal à Scorpius.
Sur ces derniers mots, Rose se leva du canapé et rejoignit sa chambre en silence, laissant Hermione bouche bée face à tant de fougue.
Elle savait que sa fille était très proche du fils de Drago, mais elle n'aurait jamais envisagé qu'elle se ferait ainsi réprimander pour autant. Elle aurait sans doute dû la reprendre pour la façon dont elle lui avait parlé, mais elle avait parfaitement conscience que Rose n'avait eu que de bonnes intentions, avec sa mise en garde.
Malgré ses grands airs, sa fille pouvait être très sensible et elle ne la gronderait jamais de faire preuve d'empathie. Surtout pas envers le fils de l'homme qui prenait une place de plus en plus importante dans sa vie...
Juillet - Drago
Drago et Scorpius étaient attablés dans la cuisine, savourant le déjeuner préparé par Bonaryen plus tôt dans la matinée.
Un calme serein planait entre eux et seul le bruit des couverts entrechoquant la vaisselle de porcelaine se faisait entendre.
Drago repensait à l'après-midi qu'ils avaient passée, Hermione, ses enfants et eux, dans le parc du Manoir, la veille, pour le pique-nique que Scorpius lui avait fait promettre d'organiser lors de leur sortie à la mer.
Ils avaient passé un moment relativement tranquille, Hermione et lui observant les enfants jouer depuis la balancelle où ils avaient pris place, tout en sirotant du jus de citrouille fraîchement préparé par Bonaryen.
- Papa ? l'interpella Scorpius, le tirant ainsi de ses pensées.
- Oui, mon grand ?
- Tu… Tu crois que je pourrais aller dans la chambre de Maman… ? demanda-t-il à voix basse, comme s'il était gêné de poser la question.
- Euh… Bien sûr, Scorp', mais pourquoi ?
Si Drago avait pénétré l'une ou l'autre fois dans la chambre de sa défunte épouse depuis quelques semaines, il n'avait pas encore osé toucher à ses affaires pour autant.
- Pour son foulard… Le rouge, avec les roses blanches, j'aurais aimé le récupérer… Enfin, si tu veux bien…
- D'accord, approuva Drago. Ta tante Daphné doit justement passer dans l'après-midi pour emprunter un livre de la bibliothèque. On… on lui proposera de venir avec nous, si tu veux.
- Très bonne idée, confirma Scorpius avant de prendre une nouvelle bouchée de haricots verts, mettant ainsi fin à leur conversation.
Drago lui sourit tendrement avant de poursuivre son repas.
Cela allait faire un an qu'Astoria était décédée et il se sentait enfin prêt à trier ses affaires.
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Drago était assis face au bureau d'Astoria, parcourant rapidement différents documents qui y étaient rangés, pendant que Scorpius était assis sur le sol de la chambre, différentes piles de livres entreposées tout autour de lui, et que Daphné farfouillait dans le dressing.
- Par Salazar ! s'exclama cette dernière en agitant devant elle une robe de sorcière aux couleurs criardes. J'avais totalement oublié que notre mère avait forcé Rosie à porter cette horreur !
Drago se tourna vers elle et ne put réprimer un éclat de rire en reconnaissant le vêtement.
- Je revois encore sa mine déconfite lorsqu'elle m'a demandé de quoi elle avait l'air dans cette tenue, raconta-t-il. J'ai essayé de broder un peu, mais elle n'était pas dupe… Ce truc ne la mettait absolument pas en valeur !
- Mais…, intervint Scorpius. Ce n'est pas la robe qu'on la voit porter sur les photos de mon baptême ?
- Si, justement ! rit Daphné. C'est ce qui a particulièrement irrité ta mère… Elle savait pertinemment que plein de photos seraient prises ce jour-là ! Mais ta grand-mère n'a rien voulu entendre… C'était la robe qu'elle-même avait portée lors de nos baptêmes, à ta mère et moi, et que sa mère avait également portée pour le sien. Une histoire de tradition ou je ne sais quoi ! Je propose qu'on la rende à mes parents, ça leur fera plaisir...
Drago approuva sans hésiter. Il culpabilisait un peu de faire ce tri sans ses beaux-parents, mais en même temps, l'ambiance était bien plus détendue que s'ils avaient été là.
Cela faisait à présent un mois qu'ils étaient partis en Amérique du Sud faire un long voyage qui, d'après leur psychomage, leur permettrait de prendre un peu de recul face au deuil qui les touchait. Ils devaient rentrer début août, mais maintenant que Drago était enfin décidé à s'occuper des affaires d'Astoria, il ne voulait pas attendre plus longtemps pour le faire.
Barney et Angela ne comprendraient peut-être pas sa démarche mais, en l'occurrence, il devait avant tout penser à son fils et à lui.
Daphné replia soigneusement la robe et alla la déposer dans une caisse où se trouvaient les affaires qu'ils avaient mises de côté pour les Greengrass. La canne au pommeau sculpté en forme de rose, que Barney avait offerte à sa fille des années auparavant, se trouvait déjà appuyée contre le mur, juste à côté.
- Ce n'est pas ça que tu cherchais, Scorp' ? demanda ensuite Daphné, en extirpant un morceau de tissu en soie rouge et blanc de sous une pile de pulls.
- Si ! s'exclama l'adolescent en se redressant pour aller s'en emparer.
Drago se souvenait parfaitement avoir acheté ce foulard pour la fête des mères lorsque Scorpius était âgé de sept ans. C'était lui qui l'avait choisi et Astoria ne l'avait pas quitté pendant des semaines, au plus grand plaisir de l'enfant qu'il était alors.
Il observa son fils porter le morceau de tissu à son visage et le humer discrètement.
- Ça alors…, bredouilla-t-il, clairement surpris. Il sent encore comme elle !
- Si ta mère a su créer une sorte de rose éternelle qui ne perd jamais son parfum, déclara Daphné, tu te doutes bien qu'un simple foulard n'allait pas lui résister !
Scorpius lui renvoya un sourire éclatant avant de nouer le carré de soie autour de son cou et alla se rasseoir au milieu de ses piles de livres.
Drago, de son côté, continuait à sortir des documents du bureau, soulagé de ne rien trouver d'important. Il s'en serait voulu si sa réticence à entrer dans cette pièce avait eu des conséquences dommageables pour l'un d'eux.
Finalement, ses doigts se saisirent d'une enveloppe en papier kraft assez épaisse, la dernière du tiroir, et il ne put réprimer un sourire triste en y lisant ces quelques mots, tracés de l'écriture tremblante qu'avait Astoria lorsque ses mains avaient commencé à la lâcher :
Pour mes amours, lorsque le moment sera venu…
Il ouvrit l'enveloppe, qui n'était pas scellée, et en sortit une lettre, qui lui était destinée, et une enveloppe plus petite portant le prénom de leur fils.
Daphné et Scorpius étant occupés de leur côté, il la lut sur le champ, ne pouvant résister plus longtemps à la tentation d'en découvrir le contenu :
Drago,
Mon ami, mon époux, mon sauveur,
Si tu lis cette lettre, c'est que je ne suis plus là pour t'en empêcher… et que tu t'es décidé à mettre de l'ordre dans mes affaires ! (J'ai évidemment pris garde à ce que tu ne tombes pas dessus de mon vivant).
J'espère que ça ne t'a pas pris trop de temps même si, te connaissant, j'en doute un peu… Tu finis toujours par faire face à ce que tu ressens, mais ça peut parfois prendre du temps, ne nous leurrons pas (ton fils tient indubitablement de toi, pour ça).
Donc, si tu lis ceci, c'est parce que je suis partie et que tu es prêt à avancer et je voudrais que tu saches à quel point cette perspective me remplit de joie !
Je n'ai jamais rien souhaité d'autre que ton bonheur et celui de notre fils (tu peux lui remettre la lettre qui lui est destinée dès à présent… j'ai envisagé de lancer un sort pour qu'il ne puisse pas la lire avant qu'il soit majeur, mais si tu es prêt, je pense qu'il doit l'être aussi. Il tient tellement de toi !).
Tu parles, pensa Drago, interrompant brièvement sa lecture. Ce gamin tient tout de toi…
J'espère que tu n'as pas oublié ta promesse. Celle d'être heureux et de te donner cette chance que tu t'es toujours refusée. Je t'imagine en train de soupirer, à la lecture de ces quelques lignes, me maudissant de t'embêter encore avec ça, même depuis l'Autre monde.
Que veux-tu ? Je n'ai jamais changé d'avis en étant en vie, je ne vois pas pourquoi je le ferais à présent.
Je ne sais pas comment je vais partir… Sereinement, j'espère, sans trop souffrir. Ce que je sais, par contre, c'est que ma vie n'aurait jamais été aussi belle si nos mères n'avaient pas envisagé, il y a bien longtemps, de nous marier.
Notre union n'a peut-être pas été celle qu'elles avaient imaginée, mais elle a été bien plus heureuse que tout ce que j'aurais pu concevoir à l'époque. Comment aurait-il pu en être autrement, vu que j'ai eu la chance d'épouser mon meilleur ami ?
Je suis désolée de vous avoir infligé tant de peine, à Scorpius et toi, tout au long de ces années où la maladie s'est faite de plus en plus présente… jusqu'à l'inéluctable. Mais j'ai confiance en vous. Je crois en vous et je sais que vous arriverez à ne retenir que le bon de tout ce que nous avons partagé.
Plus petite, alors que Daphné rêvait mariage et amour éternel, j'enviais ces héroïnes qui avaient la chance de vivre recluses, solitaires, en toute simplicité, sans personne pour venir les embêter. Mais tu es entré dans ma vie et tu m'as ouverte au monde et, grâce à toi, j'ai pu réellement profiter de ces trop brefs moments qui m'ont été accordés. Je t'en serai toujours reconnaissante.
Enfin voilà… Mais je te rassure, je ne t'écris pas cette lettre juste pour te répéter toutes ces choses avec lesquelles je t'embête depuis des années, mais pour...
Drago retourna la feuille de papier, constata sans surprise qu'il s'agissait du début de la lettre qu'il était en train de lire, puis regarda dans l'enveloppe pour trouver la suite, en vain.
- Mais c'est quoi ce bordel ?! jura-t-il, attirant ainsi l'attention de Daphné et Scorpius sur lui.
- Tout va bien ? s'enquit sa belle-sœur.
- Non ! s'exclama-t-il, agacé. Je… Je viens de trouver une lettre de Rosie et il n'y a pas la fin…
- Ah merde…, commenta-t-elle en s'approchant du bureau pour l'aider à chercher la partie manquante.
Ils fouillèrent dans les documents d'Astoria durant de longues minutes mais ne trouvèrent rien de plus.
Drago se sentait particulièrement énervé. Déçu, frustré et énervé.
A la lecture de ces quelques lignes, il avait eu l'impression qu'Astoria se trouvait à ses côtés, lui faisant la morale, comme bien souvent, et il s'était senti heureux de retrouver cette sensation particulière qu'il n'avait éprouvée qu'à ses côtés. Et à présent, c'était fini… Il était de nouveau sans elle et pour couronner le tout, il n'avait aucune idée de ce qu'elle aurait voulu lui dire de plus.
Le papier avait-il été perdu ? Volé ? Peut-être n'avait-elle tout simplement pas eu le temps de le finir… Après tout, l'écriture était assez tremblante et difficile à lire par endroits, ça avait dû lui demander beaucoup d'énergie.
- BONARYEN ! appela-t-il sèchement.
L'elfe apparût quasiment aussitôt.
- Monsieur ? demanda-t-il en baissant légèrement les oreilles, visiblement intimidé par le ton utilisé par son maître.
- Sais-tu, par hasard, où pourrait se trouver la suite de cette lettre ?
Le regard du serviteur se posa sur les documents que Drago avait posé sur ses genoux avant de se porter à nouveau sur son visage.
- Bonaryen ignore ce dont il s'agit, Maître…, s'excusa-t-il d'une toute petite voix.
- C'est une lettre d'Astoria. T'a-t-elle demandé de la ranger ?
- Non, Monsieur, Madame n'a rien demandé de ce genre à Bonaryen, Monsieur… Bonaryen est désolé…
Drago soupira lourdement avant de le congédier d'un geste évasif de la main.
- Papa…, l'interpella Scorpius, qui n'avait pas bougé d'entre ses piles de livres depuis que Drago avait juré.
La voix de son fils l'apaisa aussitôt. Comment avait-il pu oublier sa présence ? Il venait de révéler qu'il avait retrouvé une lettre d'Astoria et n'avait même pas pris la peine de prêter attention à la réaction de son enfant !
Il se leva aussitôt pour aller le rejoindre.
- Je suis désolé, Scorp'. Ça va ?
- Je peux voir la lettre ?
- Hum…, non, c'est privé, mon grand…
Scorpius afficha aussitôt un air à la fois surpris et peiné.
- Mais, poursuivit Drago, Il y en a une autre pour toi à l'intérieur de l'enveloppe.
- Vraiment ?! s'exclama-t-il, le visage illuminé par la joie.
- Vraiment, confirma-t-il en souriant.
Drago demanda à Scorpius s'il pouvait lui emprunter sa baguette, qui était déposée sur le sol - la sienne étant hors de portée - et attira à eux la lettre qu'Astoria avait écrite à son intention.
Scorpius s'en empara fébrilement, les yeux brillants d'émotion, et Drago l'enlaça brièvement en signe de soutien.
Au final, ça lui importait peu que sa lettre à lui soit incomplète si celle de Scorpius, elle, l'était. Astoria et lui avaient eu tout le temps pour se dire ce qu'ils avaient à se dire. Même si son épouse lui manquait encore terriblement, il n'avait pas besoin de ça pour aller de l'avant.
Leur fils, par contre, était encore un enfant, même si la puberté faisait son œuvre. Un enfant qui avait perdu sa maman à peine un an auparavant…
Sans prononcer le moindre mot, Scorpius se releva et quitta la chambre de sa mère, l'enveloppe contenant les mots qu'elle avait tenu à lui adresser après sa mort serrée tout contre son cœur.
- Ça va aller ? lui demanda Daphné, toujours debout près du bureau.
- Je pense que oui, répondit Drago. Scorp' a juste besoin de se retrouver un peu seul…
- Je parlais de toi…
- Ah… Je suppose que oui. Je suis totalement frustré de me retrouver avec une demi-lettre, mais au final, c'est toujours plus que ce que j'avais il y a deux heures, n'est-ce pas ?
- C'est vrai, lui accorda Daphné en riant légèrement.
- Je suis désolé qu'il n'y en ait pas pour toi…, poursuivit Drago, toujours assis sur le sol, les yeux levés vers elle.
- Je n'ai pas besoin de lettre, tu sais ? répliqua-t-elle en haussant les épaules. Rosie me parle à travers ses demoiselles tous les jours.
Drago lui retourna un sourire tendre, comprenant sans qu'ils aient à le formuler qu'ils ressentaient exactement la même chose.
Astoria n'était peut-être plus avec eux, mais elle ne les quitterait jamais pour autant.
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Et voilà pour cette fois !
La journée à la mer n'était pas du tout prévue, à la base... Hermione s'est mise à proposer ça et moi, à penser "et merde, je vais devoir raconter un truc, si je fais une ellipse, je vais me faire lyncher...". Ce qui m'a beaucoup fait rire, par contre, c'est qu'au moment où j'ai eu fini d'écrire cette scène, y a une photo de Tom Felton, sur la plage, qui est sortie sur les réseaux sociaux. J'ai pris ça comme un signe que j'avais bien fait de l'écrire, ah ah (j'avoue avoir même hésité à changer la couleur de sa chemise pour l'occasion XD). Et donc, Rose les a grillés... C'était pas non plus prévu à ce stade, en fait... J'ai de moins en moins de contrôle sur eux, je crois que ça veut dire qu'ils seront bientôt prêts à continuer sans moi :)
Et donc ça y est, ils ont enfin commencé à faire du tri dans la chambre d'Astoria. Je dirais bien "il était temps", mais il n'y a pas de règles en la matière. Chaque personne gère le deuil à sa façon, aucune n'est meilleure qu'une autre.
Si vous êtes frustré-e-s à la lecture de la lettre "coupée", c'est normal. Et j'ai une mauvaise nouvelle : la suite ne sera jamais retrouvée XD
J'étais là, en train de l'écrire, et je pensais "Diantre, c'est cliché tout ça ! et y a rien de nouveau, on sait déjà ce qu'elle lui est en train de dire, ça donne l'impression que je l'ai juste écrite pour le drama, c'est nul... faudrait qu'elle lui dise autre chose, mais quoi ? Aucune idée..." et voilà le résultat. Ce genre de révélation casse peut-être un peu la magie du truc, mais j'avais envie de partager cette anecdote avec vous.
Parfois, les personnages n'en font qu'à leur tête, comme avec la sortie à la mer, et parfois, ils ne me disent pas tout, comme Rosie qui n'a pas voulu me révéler ce qu'elle voulait tellement dire à Drago. C'est frustrant, oui, mais la frustration fait partie de la vie.
Next week : on retrouvera Scorpius et Rose et donc, la lettre d'Astoria pour son fils. Sera-t-elle complète ? Mystère ah ah (là, vous avez peur que l'enveloppe soit vide, mdr).
Bon, trêve de blablatage, bonne semaine à vous et à tout bientôt pour la suite de cette histoire ! N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre !
