Note de l'auteur :

Lorsque je regardais l'anime XYZ, ou plus précisément la saison 19, je pensais vraiment qu'il y aurait une révélation sur Alain et le professeur Platane. Cela ne s'est pas du tout révélé être le cas. Mais rien à faire, je continue de les voir de cette façon, de voir Alain comme étant le fils du professeur Platane.

J'aime beaucoup la petite famille que forment Alain, le professeur Platane et Martine, sans oublier leur Pokémon, Dracaufeu, Carchacrok et Marisse.

Je ne prends en compte que les six premières générations (de Kanto à Kalos).

Avertissement :

Pokémon est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient. AU (Alternate Universe) de l'anime. Présence de violence non canon à l'anime.

Note du chapitre actuel :

L'anime ne dit jamais qu'Alain aime manger épicé. Cette idée provient de mon esprit et j'apprécie jouer avec. J'ai conscience que le curry n'est pas un plat de Kalos, je voulais juste inclure un plat épicé.


Un clocher indique dix‑sept heures, résonnant quelque part dans la ville d'Illumis. Comme promis au professeur Platane, l'adolescent est allé voir un médecin. Son père lui a recommandé une adresse, au moment même de l'arrivée de plombiers au laboratoire. Le docteur l'a reçu, le reconnaissant avec amusant comme étant l'assistant qu'il avait soigné d'une grippe presque un an plus tôt. Sur le moment, Alain a cru que lui aussi savait la vérité. Un soulagement d'apprendre que ce n'était pas le cas. L'homme n'a cependant pas pu soigner son épaule et lui a affirmé devoir passer une radio. Il lui a trouvé rapidement un rendez‑vous en radiologie dans un hôpital illumisien, soulignant qu'il ne pouvait pas rester dans cet état.

L'adolescent marche d'un pas lent pour retourner au laboratoire, encore plus nonchalant que celui des touristes flânant. Il n'est pas pressé, pas après ce que son père a dit la veille. Cosette est pleine d'attention avec lui. Elle lui a promis de préparer un curry le soir, sachant parfaitement que l'adolescent aime les plats épicés.

Un jour, durant leur voyage, Martine lui a prétendu qu'il ne devait pas être humain et avoir des dragons dans sa famille pour aimer ce type de repas, une remarque qui avait beaucoup plu à son Dracaufeu.

Son partenaire est resté au laboratoire pour continuer d'aider à chauffer le bâtiment humide. Alain espère que l'équipe de plombiers saura rapidement réparer le problème. Plusieurs dossiers ont été endommagés, tout comme de l'équipement. Son père garde une expression calme face à la situation mais Alain ne doute pas un instant que la situation le contrarie énormément.

Au détour d'une rue, l'adolescent aperçoit Martine venir à sa rencontre, se faufilant entre deux touristes aux sacs chargés de souvenirs. Marisse est avec elle, veillant à la rattraper avec ses lianes en cas de mauvaises chutes. Alain s'arrête et attend qu'elle le rejoigne.

– Martine ?

– Le médecin a pu guérir ton épaule ?

– Je dois passer une radio demain. Il pense que j'ai peut‑être une sorte de luxation.

– Une luxaquoi ?

– Un problème avec des articulations.

Martine le regarde avec incompréhension. Les mots employés sont trop compliqués pour elle. Alain ne cherche pas à lui expliquer plus, déjà qu'elle se sent en partie responsable de sa douleur, il ne va pas lui donner les détails pour la faire culpabiliser. L'adolescent change rapidement de sujet.

– Et toi ? Qu'est‑ce que fais ici ?

– Cosette a besoin de certains ingrédients pour ce soir. Elle m'a envoyée les chercher comme elle doit rester pour aider le professeur Platane.

– Tu t'es perdue ? Le magasin est à l'opposé.

Alain est déjà sorti plusieurs fois depuis son retour pour effectuer des courses. Martine était à chaque fois avec lui. Elle devrait savoir où se trouve le commerce alimentaire le plus proche.

– Je sais. Comme ils n'ont pas besoin de moi au laboratoire, je pensais pouvoir te retrouver avant.

– C'est gentil de ta part.

Les deux amis se mettent en route en direction du magasin, d'un accord commun. Martine aimerait prendre la main de son ami pour marcher mais elle n'ose pas, craignant de le déranger. Situé à sa gauche, cela pourrait lui provoquer d'autres douleurs à l'épaule. Ils marchent sans un mot, d'un pas lent, permettant à Marisse de les suivre malgré ses courtes pattes.

Martine s'arrête soudainement, provoquant l'arrêt du groupe.

– Martine ?

– Alain, je dois m'excuser. Tu ne vas pas être content.

– Qu'est‑ce que tu racontes ?

La jeune fille joue avec ses index qu'elle tortille, gênée. Alain attend patiemment, sans dire un mot. Il devine qu'elle doit lui faire un aveu. Et il a parfaitement bien placé pour savoir que la vérité peut être très difficile, voire douloureuse, à révéler. Il le sait que trop bien, lui qui vit dans une fausse réalité baignée de mensonges depuis des mois. Marisse la regarde avec autant d'attention que lui.

– Hier après que tu m'aies rattrapée, je voulais savoir comment tu allais. Quand tu es parti de la pièce, j'ai voulu te rejoindre un instant pour m'assurer que tu allais bien... Et je t'ai entendu parler avec Cosette...

L'adolescent serre son poing droit, frustré. Son secret s'effrite peu à peu. À ce rythme, il n'existera plus. Peut‑être qu'il était voué depuis le début à ne pas résister. Sa mère lui avait dit un jour, que le meilleur moyen de garder un secret était de ne pas le savoir. Maintenant, ses paroles ont un sens entièrement différents. À présent, il sait qu'elle était une experte dans l'art de la dissimulation de la vérité. Jamais Alain n'en voudra à sa mère, même s'il aurait voulu connaître son père beaucoup plus tôt, et cela, dans un meilleur contexte.

Martine continue de parler, alors que le regard d'Alain s'assombrit.

– Quand tu disais que c'était ton père qui t'avait offert ton écharpe, tu parlais du professeur Platane en fait... J'ai eu un doute sur le moment et je lui ai demandé qui te l'avait offert. Il m'a dit que c'était lui.

– Tu ne lui as rien dit... dis‑moi que tu ne lui as rien dit...

La voix d'Alain est tendue et légèrement plus élevée que d'habitude. Il tente au maximum de garder son sang‑froid. Martine se met à faire de grand geste devant lui, imitée par Marisse.

– Non, non ! Jamais je ne l'aurai fait ! Je t'assure que je ne lui ai pas dis, et encore moins parlé de ce que j'avais entendu. Mais, euh, Alain, tu devrais le faire vraiment.

– Non.

– Pourquoi ?

– Il n'a pas besoin de savoir. C'est tout.

– C'est tout ?

Plus sa réponse est courte, plus Alain sait qu'il maitrisera ses émotions. Il refuse d'extérioriser ce qu'il ressent. Il s'éloigne, se remettant en route en direction du magasin alimentaire. Seul.

– Cosette a besoin de quoi exactement ?

– Non !

La voix de Martine est forte et puissante. Surpris, Alain s'arrête et se retourne. Jamais il n'a entendu parler son amie sur un tel ton. La jeune fille le regarde droit dans les yeux en se rapprochant de lui. Son pas est déterminé et certain.

– Non ! Tu vas arrêter ça ! Tu vas arrêter de tout garder pour toi !

– Martine ?

– Tu me traites toujours comme une enfant ! Comme si tu devais t'occuper tout le temps de moi ! Je sais que tu es fort mais cela ne veut pas dire que je suis faible !

– Je ne suis pas fort Martine.

– Bien sûr que si ! Tu m'as protégé de Méga‑Rayquaza. Tu as sauté d'un hélicoptère pour sauver Dracaufeu lors du combat de Groudon et Kyogre ! Tu t'es mis en danger pour sauver Marisse ! Tu es fort !

Alain ne répond pas. Il respire lentement, tentant de se calmer. Martine cesse de parler en observant réellement ses yeux. Ils brillent, miroitent sous l'effet de la pellicule d'eau qui les couvre. Le ton de la jeune fille se radoucit immédiatement.

– Alain ?

D'un geste brusque Alain se retourne pour dissimuler son visage. Il feint de ne pas avoir entendu aucune des paroles de son amie. Il tente de se remettre en route lorsqu'il sent Martine le prendre contre elle. Sa tête est blottie contre son dos et ses bras entourent son ventre.

– Tu as peur de lui dire ?

– Martine, s'il te plaît.

– Tu peux avoir peur, ça ne veut pas dire que tu es faible.

– Je suis faible Martine, je ne suis pas fort.

– Bien sûr que tu l'es. Tu es la personne la plus forte que je connaisse.

Il n'est pas fort, il est faible. Malgré le programme imposé par Lysandre, malgré ses nombreux entraînements, malgré toutes les épreuves de son voyages, il est toujours aussi faible. Toujours et encore. Et maintenant, l'une des deux personnes est en train de réaliser sa faiblesse.

– C'est bon Alain. Tu as été là pour sauver Marisse, maintenant tu peux compter sur moi. Je vais t'aider à lui dire Alain.

– Non... je ne peux pas... c'est bien comme ça... ça me convient...

– Le professeur Platane sera heureux t'apprendre que tu es son fils. Ça se voit, il t'aime énormément. Pendant la fête, il te regardait toujours beaucoup de tendresse. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu es quelqu'un d'extraordinaire Alain.

Personne ne lui avait encore dit cela. Personne.

– Tu es parfois têtu, tu es très maladroit souvent quand tu communiques. Mais tu es chaleureux. Tu débordes d'amour pour ton Dracaufeu. Et tu es très courageux. Je t'admire beaucoup. Je suis sûre que ton père te voit comme moi. Alors, tu dois lui dire parce que tu mérites d'être heureux !

Il ne souvient pas d'avoir un jour reçu tant de compliments. Alain se retourne vers Martine, forçant à le lâcher. Son amie lui offre un grand sourire, si grand, que l'adolescent sent un agréable sentiment d'apaisement le parcourir. Maladroitement, il lui sent son sourire, rempli de sincérité.

Son amie a raison, il doit lui dire. Il a le droit d'avoir sa place.