Chapitre 52

OoOoOoOoOoO

La porte coulissante claque contre le mur sans que vous ne vous souciiez de l'abîmer ou de la fermer ; aussitôt entré, vous lancez un coup d'œil circulaire autour de vous pour déceler la présence d'un intrus ou d'un danger, mais tout semble en ordre. Après une rapide vérification des autres pièces, vous vous ruez vers le réel centre de vos pensée : votre planque à mayonnaise.

Une fois le cache retiré, l'intérieur vous apparaît : toutes vos précieuses bouteilles jaunes ont fait leur retour, à l'endroit précis où vous les aviez laissées. Pas une ne manque. Vous les examinez avec soin : elles sont toujours pleines, leur bouchon proprement scellé, aucune trace de trou ou d'endommagement quelconque. C'est une fois la dernière bouteille reposée que vous remarquez le petit papier qui repose au fond de votre planque. Ça, ça n'y était pas avant... Vous vous en emparez et le dépliez, pour y trouver un message :

« La commode, premier tiroir ».

Il n'y a qu'une commode dans vos quartiers : une fois devant, vous vous reculez avec prudence alors que votre main tire précautionneusement le tiroir du haut, prête à se retirer à la moindre résistance, au moindre déclic. Mais rien ne se passe, votre tiroir s'ouvre sans encombres. Vous en remuez aussitôt le contenu pour vérifier si quelque chose y manque : difficile à dire au premier abord, vu que ce tiroir vous sert de fourre-tout à bric-à-brac que vous ne savez pas trop où ranger ailleurs. Votre œil est soudainement attiré par quelque chose : un petit morceau de tissu visiblement banal et usé, qui traîne parmi le reste, et que vous auriez jeté depuis longtemps si, précisément, il avait été réellement banal. Vous vous en saisissez et le secouez frénétiquement, jusqu'à ce qu'un autre morceau de papier en tombe, sur lequel vous pouvez cette fois lire :

« lequel était le plus précieux ? »

Le cœur battant la chamade et en proie à un soudain affolement, vous arrachez sans ménagement le tiroir du meuble et le retournez pour en vider sur le sol le contenu que vous fouillez pendant plusieurs minutes, jusqu'à devoir admettre l'horrible vérité : elle a disparu.

Elle, c'est une petite figurine en bois de samouraï, joliment ouvragée malgré son âge et dont le sabre était figuré par une petite tige métallique arrondie au bout pour ne pas blesser des mains d'enfant. C'était un des rares jouets que vous avez eu pendant votre enfance, et le premier que vous a offert votre frère quand il vous a recueilli chez lui. Lorsque vous avez dû fuir la maison, à l'âge de douze ans, c'est l'une des seules choses que vous avez emportées, et la seule qui vous reste aujourd'hui.

Vous sentez votre main se crisper autour du morceau de tissu qui l'avait enveloppée ; la rage prend possession de chaque cellule de votre être, et pourtant, pas un mot ni un cri ne cherche à quitter votre bouche. C'est une colère sourde, froide. Ce type a franchi une limite qu'il n'aurait pas dû.

- Vice commandaaaaant !

L'affolement clairement perceptible dans la voix et sur son visage, le crâne bandé après sa chute du toit, Yamazaki apparaît dans l'ouverture de la porte que vous n'aviez pas fermée.

- C'est affreux, tout le monde a... Ce type, il... Vous aussi, vice-commandant ?

.

Que faire ?

Le laisser tranquille. Il n'y est pour rien, et il est préférable de se dépêcher pour appeler à un rassemblement d'urgence, au chapitre 65.

Le tabasser pour vous défouler, puis appeler au rassemblement d'urgence au chapitre 9.