Chapitre 53
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Vous écoutez le rapport de Yamazaki sans parvenir à croire ce que vous entendez.
- Tu te fiches de moi ! Comment est-ce que vous avez pu ne pas le retrouver ?
- Je sais que ça paraît incroyable, vice-commandant, mais je vous assure que nous avons cherché partout. Ce type s'est juste volatilisé.
- Mais comment a-t-il pu trouver la force de s'échapper après une chute de cette hauteur...
Yamazaki vous regarde avec une expression navrée. Vous soupirez en vous passant la main sur le visage. Bon, tout le monde est sauf, c'est l'essentiel... S'il se repointe, vous connaissez maintenant son mode opératoire, il ne vous aura pas deux fois si facilement. Vous renvoyez votre inspecteur d'un signe de tête, et vous tournez à présent vers le démineur qui vous a rejoint pour vérifier que la bombe ne représentait plus aucun danger.
- Tout va bien, vice-commandant, vous annonce-t-il en tenant entre ses mains le cadavre noirci de l'explosif. Le système d'allumage a été détruit.
- Enfin une bonne nouvelle, soupirez-vous sans pouvoir enlever toute l'aigreur dans votre voix.
- J'ai retiré l'objet que vous avez utilisé comme clé de désamorçage, poursuit-il sans paraître avoir remarqué quoi que ce soit. Une chance que vous ayez eu ça sur vous... De quoi s'agit-il ?
- De rien. Passez-le moi, ça peut encore servir.
- C'est tout de même peu probable, comme je vous l'ai dit, ce n'est pas un modèle de bombe fréquemment utilisé, dit-il en vous le rendant tout de même.
Vous contemplez, posé dans la paume de votre main, tout ce qui reste de votre vieux souvenir. Un petit tube de métal noirci... Vous parvenez à lui rendre son brillant en le frottant contre votre manche, mais la consolation est assez dérisoire. Allons, il ne servira à rien de se morfondre... Glissant l'objet dans votre poche, vous allez rejoindre votre équipe. Kondo vient à votre rencontre et vous donne une accolade affectueuse accompagnée de ses félicitations, et de quelques reproches pour la peur que vous lui avez causée. Sougo se tient derrière lui avec sa tête des mauvais jours sur le visage, et pour une fois il semblerait que vous n'y soyez pour rien.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? lui demandez-vous, intrigué. C'est la fuite de ce type qui te met dans cet état ?
- C'est vrai que je lui aurait bien enseigné ma propre version de l'esprit de Noël, soupire-t-il, mais tant pis... On l'aura bien tôt ou tard, ce genre de show-man finit toujours par récidiver. Non, ça n'a rien à voir...
- Alors quoi ?
Il hésite un instant, puis vous montre ce qu'il serre dans sa main. Il s'agit de la barrette ornée d'une fleur que vous aviez vue plus tôt dans le sac, et qui vous paraissait vaguement familière. Vous comprenez maintenant pourquoi. Elle appartenait à Mitsuba...
- C'est sûrement arrivé pendant le transport du sac... Celui qui le tenait a dû l'écraser.
En y regardant mieux, vous vous rendez compte que si la fleur est en bon état, le peigne encore intact, l'attache a été abîmée. La fine tige de métal permettant l'ouverture a été tordue.
- Je suppose que ça ne servirait à rien de chercher qui l'a transporté et de lui régler son compte, soupire-t-il avec frustration. C'est un accident, n'est-ce pas...
Vous hochez machinalement la tête devant cette tentative d'auto-persuasion. Dans votre poche, une réplique d'épée miniature semble peser plus lourd...
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Si vous voulez tenter d'utiliser le dernier reste de votre figurine pour réparer la barrette de Sougo, allez au chapitre 45.
Pour le garder, c'est au chapitre 67.
