Note de l'auteur :

Lorsque je regardais l'anime XYZ, ou plus précisément la saison 19, je pensais vraiment qu'il y aurait une révélation sur Alain et le professeur Platane. Cela ne s'est pas du tout révélé être le cas. Mais rien à faire, je continue de les voir de cette façon, de voir Alain comme étant le fils du professeur Platane.

J'aime beaucoup la petite famille que forment Alain, le professeur Platane et Martine, sans oublier leur Pokémon, Dracaufeu, Carchacrok et Marisse.

Je ne prends en compte que les six premières générations (de Kanto à Kalos).

Avertissement :

Pokémon est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient. AU (Alternate Universe) de l'anime. Présence de violence non canon à l'anime.

Note du chapitre actuel :

Le porte‑clef mentionné existe réellement. Martine l'achète dans l'épisode 36 de la saison 19 en tant que porte‑bonheur.


Alain s'avance vers le bureau de son père le cœur battant. À cause de la fuite d'eau, le professeur Platane n'a pas pu travailler à sa guise. Suite au départ des plombiers qui ont pu réparer le tuyau source d'ennuis, Augustin a souhaité s'isoler pour consulter ses mails et retarder l'arrivée des prochains starters.

Ses doigts jouent avec le porte‑clef à l'effigie de Jirachi rangé dans la poche droite de sa veste. Martine lui a prêté, assurant qu'il lui porterait chance, l'aidant à réaliser son vœu, comme le Pokémon légendaire qu'il représente. Avoir l'objet avec lui renforce le courage d'Alain, lui rappelant que Martine le soutient. Tout comme Dracaufeu qui est conscient qu'il doit le faire seul. Et Cosette, qui s'assure de maintenir Sophie à distance pour l'empêcher d'interférer involontairement, elle qui ignore toujours tout.

L'adolescent frappe à la porte du bureau de son père entrouverte. Son père lève les yeux de son écran ordinateur.

– Alain, tu es revenu. Entre.

Après avoir fermer la porte derrière lui, le garçon s'avance, tentant d'ignorer les battements rapides de son cœur. Il se place juste en face du bureau de son père, debout. Il touche une dernière fois le porte‑clef avant de sortir sa main droite de sa poche.

– Comment va ton épaule Alain ?

– Je... je dois passer des radios demain. Le docteur pense que j'ai peut‑être une luxation.

– Je vois. Prends tout ton après‑midi. Te faire soigner est important.

– Je... merci.

Augustin cesse de parler et se reconcentre sur son ordinateur. Ses doigts frappent le clavier, tapant un message de réponse au professeur Sorbier. Les deux scientifiques s'écrivent souvent, non seulement à cause de leur lien, mais surtout parce que leurs sujets d'études sont très proches.

Alain prend une profonde inspiration. Il peut le faire. La situation a assez duré ainsi. Il doit calmer quelques instants sa respiration avant de pouvoir prononcer des mots.

– Professeur... est‑ce que je pourrais vous parler ?

Le scientifique relève ses yeux de l'écran. À l'expression inquiète de son assistant, il comprend qu'il veut s'entretenir de quelque chose d'important. Il enregistre le brouillon de son mail avant de fermer tous ses onglets et de mettre son ordinateur en veille.

Alain ne veut jamais parler de choses très personnelles, Augustin le sait parfaitement. Et cela en dépit de propositions qu'il a déjà pu lui faire par le passé. Si l'adolescent désire lui parler, dépassant sa personnalité introvertie, c'est que cela est très important. Il déplace son siège à roulettes pour se positionner parfaitement face à lui.

Le garçon ne plus revenir en arrière. Il le sait, et il ira jusqu'au bout.

– Je... j'ai quelque chose qui me tient beaucoup à cœur à vous dire.

L'adolescent déglutit. Il est terrifié.

– Je... j'ai essayé de vous le dire de nombreuses fois... et je n'ai jamais réussi.

Alain réalise que son corps entier tremble. Le professeur Platane le remarque. Il lui sourit, tentant de le rassurer. Il ignore ce que son assistant souhaite lui dire, mais il constate que cela le chamboule. Il est évident que l'adolescent est angoissé. Ses mains frémissent, ses jambes sont tendues et sa lèvre tressaille. Ses yeux soutiennent les siens comme ils peuvent, avec à chaque seconde la tentation de détourner le regard.

– Je... enfin.. le jour où...

– Tout va bien Alain, détends‑toi. Tu ne veux pas t'asseoir ?

– Oui... enfin...je... non...

– D'accord, reste à ton aise. Prends tout ton temps.

Sa main droite frôle le porte‑bonheur de Martine à travers sa poche. Il peut le faire. Il va réussir. Il se remémore ce que lui a dit Martine. Repenser à ses encouragements parvient à l'aider à calmer sa respiration. Il n'a besoin de force mais de courage.

Plutôt que de venir directement au plus dur, il peut peut‑être atteindre son but étape par étape.

– Est‑ce que vous vous souvenez que j'ai voulu vous dire quelque chose le jour de mon départ ?

Net, sans bégaiement. Juste la voix qui danse entre les aiguës et les graves. Augustin réfléchit quelques instants avant de lui donner sa réponse.

– Tu m'avais expliqué que tu me le dirais quand tu reviendrais.

– Oui. Je... c'est quelque chose que je veux vous dire depuis beaucoup plus longtemps. Que je voulais vous dire le jour de mon arrivée.

La curiosité d'Augustin est attisée. Alain doit marquer une pause avant de continuer. Doucement, il a presque réussi. Encore un effort et les battements de son cœur à supporter. Il a l'impression qu'il va exploser.

– Je ne voulais pas... devenir votre assistant.

– Hein ? Tu veux dire que tu ne te plaît pas ici ? Tu veux partir ?

Alain ne pensait pas que son cœur puisse battre encore plus fort. Il panique, que son père pense qu'il n'aime pas l'assister au laboratoire est la dernière chose qu'il souhaite. La dernière chose après se faire rejeter. Il aime énormément mener des recherches avec lui au laboratoire. À un point où il songe sérieusement à devenir scientifique comme son père.

– Non ! Pas du tout ! J'adore travailler avec vous et je veux continuer ! Même si je suis parti en voyage pour trouver une gemme, je voulais rester ! Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas dans le but de devenir votre assistant que je suis venu au départ !

– Je ne suis pas certain de te suivre Alain... Tu m'as pourtant dit que c'est ce que tu souhaitais ? Et tu avais déjà énormément d'attraits pour mes recherches. Tu connaissais tous mes grands travaux. Je t'ai toujours connu passionné.

– Je... oui... mais... je...

Encore un effort. Une autre once de courage.

– Je suis originaire de Mozheim.

– Je l'ai appris en ton absence. Je me suis longtemps demandé pourquoi tu me l'avais caché. Même lorsque je t'ai dit que c'était ma ville natale.

Presque. Il faut continuer, il ne comprendra pas seul.

– Je suis le fils de Zoé... et le tien. Papa.

Lentement, presque au ralentit, Alain voit le visage d'Augustin être envahi par la surprise. Puis la panique. Sous l'émotion, il se lève brutalement du siège de son bureau. Le fauteuil recule et heurte le mur avec force.

– Quoi ?!

Sa voix résonne à travers les cloisons. Un nouveau type de panique envahit Alain. Montagnes russes d'émotions qu'il n'est plus le seul à connaître. Mais il n'est plus dans le wagon qui regarde le sommeil du rail se rapprocher avec appréhension. Il est installé dans celui où il se demande s'il arrivera à bonne destination, espérant qu'il ne soit pas éjecté de sa trajectoire.

– J'étais terrifié à l'idée de te le dire... et j'ai espéré que tu puisses comprendre tout seul... Être ton assistant me permettait de rester avec toi.

– Non, ce n'est pas possible. Tu dois te tromper, Zoé me l'aurait dit... Tu ne me ressembles pas, tu n'as pas les cheveux sombres ou les yeux bleus comme... moi ?

Ne pouvant plus nier, Augustin est davantage submergé par l'émotion. Il a besoin de se rasseoir. Mais son fauteuil n'est plus à sa place et l'homme tombe au sol, sur le postérieur. Alain se précipite vers lui, prêt à lui tendre son bras droit pour l'aider. Son père se relève seul, ne réalisant presque pas sa présence, s'aidant de son bureau. Il reste les bras tendus sur son plan de travail pour s'appuyer, comme s'il lui manquait la force pour se tenir debout.

– Depuis combien de temps tu es mon fils... non, depuis combien de temps tu sais que tu es mon fils ?

– Quand ma mère est morte, j'ai trouvé des papiers... Elle ne m'a jamais rien dit sur toi. J'avais à peine quatorze ans.

– Mais, si ta mère est Zoé... cela veut dire que Zoé est...

Le professeur Platane doit accepter une autre réalité. Zoé est décédée et il n'a jamais pu la revoir. Peu à peu, il commence à tout comprendre. Des questions sans réponses qui ont martelé son esprit durant des années. Plus d'une décennie de silence.

– C'est pour cela que je la voyais plus... parce qu'elle était enceinte de toi. Oh, non... ce n'est pas vrai...

– Papa ?

– Donc pendant tout ce temps tu... oh non... non... pas ça...

Alain voit alors naître une lueur de peur dans les yeux de son père. Lumière qui effraye Alain. L'adolescent tend timidement sa main vers le bras de l'homme, souhaitant lui offrir un geste de réconfort. Mais, à son effleurement, Augustin enlève son bras, empêchant tout contact familier.

– J'ai besoin d'être un moment seul. S'il te plaît.

Le garçon ouvre la bouche, pour laisser s'échapper des mots qui ne viennent pas. Dépité, il referme, enfonçant légèrement ses incisives dans sa lèvre inférieure. Il se coupe jusqu'au sang, des gouttes rubis apparaissant sur sa chair rose. Il s'éloigne finalement sans une parole et ferme la porte derrière lui. L'adolescent reste debout, accompagné uniquement par la solitude, dans le couloir. Sans réellement réfléchir, il patiente, dos à la porte, jusqu'à entendre la serrure se verrouiller.

Le son parvient sous une autre forme à ses oreilles. Celui du déclic d'avoir été rejeté.