La fin du repas au Terrier avait été un désastre. Hermione n'avait pas envisagé que l'on puisse lui en vouloir d'avoir caché à Reanna sa mission. Pour elle, elle avait simplement cherché à lui éviter le poids de ce qui lui incombait. Elle avait vu les dégâts causés par la prophétie sur Harry lors de leur adolescence, et elle avait voulu l'éviter à sa nouvelle amie.

Malgré le faible soutien que Harry et Ron lui avaient apporté, elle était repartie rapidement, se rendant directement à Poudlard. Il fallait qu'elle parle aux centaures. Elle avait bien entendu essayé des dizaines de fois, toujours accompagnée par Harry et Ron, et même Hagrid parfois, mais ils refusaient de partager leurs secrets.

La sorcière se réfugiait donc dans la bibliothèque de Poudlard, vide de tous ses élèves. Elle était bien entendue irritable, frustrée de ne pas venir à bout de ses recherches, d'autant plus que l'influence de la magie noire grandissait. Même la Dame Grise ne se montrait plus aussi patiente avec elle, et au bout de quelques jours, Hermione commençait réellement à penser à abandonner. Elle allait ramasser ses parchemins et retourner à ses quartiers lorsque Ron et Harry arrivèrent en courant, leurs capes d'Aurors volant derrière eux. Ils semblaient paniqués, comme chaque fois qu'ils avaient besoin d'elle.

Hermione fronça les sourcils, pliant ses affaires d'un coup de baguette.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

Ils reprirent leurs souffles tout en l'entraînant avec eux vers l'extérieur du château.

- Les centaures, commença Ron, la respiration saccadée. Ils veulent te voir.

La sorcière faillit lâcher ses parchemins de surprise et poussa une petite exclamation avant d'accélérer le pas.

- Ils ont enfin accepté ? Comment vous avez fait ?

- On n'a pas eu besoin de leur demander, en réalité. Ils nous ont demandé de venir, avec Ron, par rapport à la source de magie noire. Elle a pris la forme d'un dragon, mais ils ne savent pas quelle espèce. Et comme nous non plus, ils ont demandé à te voir.

Le sourire aux lèvres qu'on lui reconnaisse son intelligence, elle accéléra encore le pas, sortant en courant du château et dévalant le parc en direction de la forêt interdite. Harry et Ron la guidèrent vers le point de rendez-vous qu'ils avaient convenus avec Firenze, un peu plus loin que la cabane de Hagrid.

Le centaure les attendait patiemment. Harry avait été touché de voir qu'ils l'avaient envoyé lui pour les contacter, puisqu'ils se connaissaient déjà.

- Bonjour, Miss Granger.

Un peu essoufflée, elle le salua tout aussi poliment, avant qu'il ne les guide vers la clairière de la forêt. Si Ron et Harry avaient pu y aller auparavant, la sorcière n'avait jamais pu entrer dans la forêt depuis le début de son séjour à Poudlard.

La nuit n'était pas encore tombée, et pourtant sous les arbres il faisait tout aussi sombre qu'une nuit sans lune. Sous les conseils du centaures, les sorciers s'étaient jetés un sort de désillusion pour éviter d'énerver plus que de raison les animaux de la forêt, et ils gardaient tous les trois leur baguette en main, prêt à intervenir en cas de besoin.

Plus ils avançaient, plus Hermione sentait monter en elle l'adrénaline qu'elle ressentait lors de ses aventures avec les garçons, et elle sourit à cette pensée. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas mise en danger, et qu'elle n'avait pas fait quelque chose seulement avec eux deux.

Cependant, son sourire disparut bien vite lorsqu'elle vit les acromentules, les sombrals, les loups en cercle autour du lac, dégageant une aura haineuse. Firenze les fit passer par un recoin où les animaux ne s'étaient pas rassemblés, et Hermione pu alors voir avec horreur la chose dont elle avait tant entendu parler.

Un centre du lac, comme flottant au dessus de l'eau, une masse colossale noire entourée de brume bleu semblait prendre doucement forme. Effectivement, elle reconnut sans peine un dragon. Mais elle était incapable de définir son espèce. Il était grand, bien plus grand que ceux qu'elle avait vu. Il avait quatre pattes, au lieu de deux, et ses ailes ne semblaient pas être des membres supérieurs. Deux grandes cornes avaient poussé sur la tête imposante de la bête, s'entortillant sur elles-mêmes. De l'arrière du crâne jusqu'au bout de la queue se dressaient des piques aussi grands que son bras, et des serres acérées se trouvaient au bout des pattes.

Plus elle observait la magie noire, plus elle sentait son corps se tétaniser de peur. Qu'était-ce donc ? Elle n'avait jamais rien vu de tel, ni même entendu parler.

La magie noire semblait encore travailler, et le dragon n'était pas encore totalement formé. Elle soupira intérieurement à cette pensée, mais immédiatement, elle se demanda combien de temps il leur restait. Des mois ? Des semaines ? Des jours ?

- Alors ? Que pouvez-vous nous dire ?

Le centaure la coupa dans ses réflexions, et elle secoua la tête pour se remettre les idées en place et chasser ce sentiment d'angoisse.

- Je ne sais pas grand chose, à vrai dire. Je ne reconnais en rien une espèce de dragon connu : ils ont tous deux pattes arrières, et s'appuient sur leurs ailes pour marcher sur terre. Et ces cornes, elles me disent vaguement quelque chose mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus... Si je pouvais faire quelques recherches...

- Nous n'avons plus le temps pour des recherches, trancha Firenze. Bientôt, il aura fini de prendre forme, et il sera trop tard pour faire quelque chose.

- Je sais bien, et si vous m'aviez laissée vous parler depuis le début, on n'en serait peut-être pas là.

- Ce n'est pas à une sorcière de décider de ce que vont faire les sorciers. Notre communauté a trop longtemps été manipulée comme ceci pour...

- J'ai une étoile ! s'écria furieusement Hermione, les points sur les hanches. Et ça je ne pouvais pas vous le faire parvenir par un autre moyen qu'en vous le disant en face ! Une étoile est descendue sur terre, encore. Et je pense avoir trouvé sa mission. J'aurai préféré en parler avec votre troupeau, que vous contactiez les astres, pour le vérifier, pour me confirmer qu'elle en était bien une. J'ai mis des mois pour pouvoir affirmer à mon amie qu'elle n'était ni une moldue, ni une sorcière, ni une cracmole. Et maintenant que la magie noire a progressé à ce point de non retour, on ne peut plus rien faire d'autre. Mon amie risque gros, avec autant de noirceur, et nous avons déjà failli la perdre lorsqu'ellle...

- Vous avez trouvé une étoile ? Où ça ?

Des centaures s'étaient approchés d'eux, et Hermione ne les avait pas vu ni entendu, trop agacée d'avoir été mise de côté.

- A Londres. Mais la question maintenant c'est de savoir comment je vais pouvoir lui éviter de souffrir autant en absorbant cette magie. La dernière fois qu'elle a utilisé ses pouvoirs, elle est restée dans le coma pendant trois mois. Combien de temps cela prendra-t-il cette-fois, avec ce dragon géant ?

- Si vos dires sont vrais, alors elle a une ancre pour la guérir.

- Evidemment qu'elle a une ancre ! C'est même grâce à ça qu'elle a pu revenir à la vie ! Mais vous êtes trop bornés et fiers pour accepter que des sorciers puissent avoir des informations que vous n'aviez pas !

Derrière elle, Harry et Ron avaient fait un mouvement dans le but de calmer la brune. ELle commençait à aller trop loin en parlant ainsi aux centaures, et leurs efforts allaient être réduit à néant.

D'un pas lent et mesuré, comme s'ils canalisaient leur colère, les centaures vinrent faire face à la sorcière, montrant leur supériorité.

- Vous n'avez aucun droit de nous parler ainsi. Surtout lorsque vous venez nous dire que vous ne savez rien sur ce dragon.

- Je connais peut-être un spécialiste de dragons.

La toute petite voix de Ron derrière Hermione attira soudainement l'attention sur lui. Il se ratatina, enfonçant un peu la tête dans ses épaules.

- Mon frère, mon grand frère, travaille dans la réserve de dragons en Roumanie, la plus grande au monde. Il est arrivé hier chez mes parents pour des vacances, peut-être que je peux lui demander de venir voir ?

Les centaures se mirent à parler entre eux, peu certains de vouloir faire venir un autre sorcier ici. Le débat dura de longues minutes, qui se transformèrent en heures, mais les trois sorciers ne voulaient pas intervenir. Ils l'avaient déjà assez fait, et ils estimaient que les centaures étaient suffisamment intelligents pour l'accepter.

Finalement, Firenze revint vers eux, le visage sérieux. La communauté de centaures acceptait de faire venir d'autres sorciers, et de mettre au courant le collège de Poudlard et le Ministère si cela permettait de guérir la forêt. Ils avaient besoin que quelqu'un identifie ce dragon, et les sorciers étaient les plus à même de les aider. Immédiatement, Hermione les remercia et les trois amis repartirent vivement en direction du château. Hermione informa Kingsley, Ron écrivit en urgence à Charlie pour lui demander de venir, et Harry mettait au courant le professeur McGonagall.

Il y avait forcément quelque chose. Quelque chose qu'il ne savait pas, puisque les deux autres lui mentait. Il le sentait. Il l'avait remarqué chez elle presque un an plus tôt, mais chez lui la moitié d'une année. Qu'avait-il manqué ? Qu'avait-il manqué pour être tenu ainsi à l'écart ?

En la voyant partir, il l'avait suivie, transplanant à l'endroit qu'elle lui avait indiqué lorsqu'elle l'avait dit quelques minutes plus tôt. Effectivement, elle était bien là, à boire du thé avec son amie, parlant de choses futiles au vu de l'expression de leurs visages. Presque rageusement, il retourna chez lui. Il était presque dix-sept heure, et d'un sortilège, il changea la couleur de ses cheveux, se fit pousser une barbe, et plaça des lunettes sur le bout de son nez. Il transplana alors à nouveau, cette fois-ci en plein Londres. Evidemment, pas devant des moldus, mais dans une ruelle déserte, et se dirigea vers l'entrée du Ministère de la Magie. Il regarda tour à tour les employer sortir et repartir chacun de leurs côtés, mais lorsqu'il le vit, il le suivit. Au lieu de rejoindre une ruelle pour transplaner chez lui comme il aurait dû le faire, il marcha quelques minutes dans le Londres moldu. Par Merlin, pourquoi faisait-il cela ?

Le premier sorcier suivant le second, ils finirent pas arriver devant un café moldu, et le premier retint une mine de dégoût. Du coin de l'oeil, il avait bien reconnu un Auror qui le surveillait plus loin, mais il ne s'en formalisa pas. Il surveillait, il n'allait pas lancer de sort.

Mais alors qu'il commençait à perdre patience de le voir attendre devant un café, il vit une jeune fille s'approcher en souriant.

Lucius vit alors la chose la plus improbable qu'il soit. Son fils avait attendu quelqu'un devant un café moldu, et y entrer avec elle, après qu'ils se soient enlacés. Un Malfoy ne démontrait jamais son affection en publique. Mais ce qui le marqua le plus, fut la ressemblance entre cette jeune femme et Drago. Les même cheveux blonds lunaire, comme les siens aussi, les mêmes yeux gris, le même nez, la même posture... Une telle chose n'était tout bonnement impossible. Elle était morte. Narcissa lui avait apporté la preuve qu'elle était morte.

Mais sa femme lui cachait aussi des choses, et il le sentait. Lucius se mit à trembler de rage, et il ne prononça qu'un seul mot.

- Reanna.

Ouuuuuuuuuh ça va chauffer !!! Avouez que vous l'aviez oublié lui aussi haha !

Qu'en pensez-vous ? Entre le dragon de magie noire, la découverte de Lucius... ? J'attends vos retours !