PROMPT : velours noir


En voyant entrer Minerva dans les cachots où avaient lieu les cours de potions, Harry et Drago se tendirent. La Directrice avait un air sombre qui annonçait de nouveaux ennuis, et la suite leur donna raison.

- Une nouvelle élève a disparu. Une jeune Serdaigle.

Harry réagit aussitôt.

- Serdaigle ?

- Anna Nott.

Drago souffla.

- La fille de Théodore.

Harry jura entre ses dents. Minerva semblait épuisée et avait l'air d'avoir pris au moins dix ans depuis leur arrivée au sain de Poudlard.

La jeune Serdaigle avait été déclarée absente à son premier cours de la journée. Ses camarades avaient pensé qu'elle était souffrante, mais en retournant à leur dortoir, Anna ne s'y trouvait pas. Et elle n'était pas non plus à l'infirmerie.

Minerva terminait ses explications, quand la porte de la salle fut brutalement ouverte, claquant violemment contre le mur.

Les trois adultes se tournèrent brusquement, et Harry crut que son cœur allait s'arrêter en se rendant compte que c'était Albus qui était entré de cette façon. Lui si calme, si timide, n'aurait jamais agi ainsi sans une bonne raison.

Étrangement, Drago semblait bien connaître son fils, puisqu'il le regarda inquiet. Minerva allait réprimander le garçon pour son entrée dramatique, mais Drago l'en empêchant en posant calmement une question.

- Où est Scorpius ?

Le visage d'Albus se tordit en une grimace triste et pleine de douleur. Harry sentit son cœur se serrer en comprenant immédiatement.

- Il… Quelqu'un l'a emmené !

Harry attrapa fermement le poignet de Drago. C'était une façon pour lui de l'empêcher de se précipiter à la recherche de son fils avant d'avoir tout entendu, de le réconforter au mieux, de le soutenir. Une promesse, aussi. Il serait présent pour lui, et c'est ensemble qu'ils ramèneraient Scorpius.

Voyant Albus au bord de la panique, Harry demanda à Minerva de faire venir Hermione et il se pencha vers son fils doucement.

- Albus. Calme-toi. Qui a emmené ton ami ?

Un sanglot s'échappa de la bouche d'Albus et il leva les yeux vers Drago.

- Je suis désolé professeur Malefoy. On était ensemble mais j'ai pas pu…

Drago, la gorge nouée, secoua la tête. A une autre époque, il aurait peut être accusé le gamin devant lui de n'avoir rien fait pour sauver son fils. Il se serait montré brusque, probablement. Au lieu de quoi, il posa une main rassurante sur l'épaule du brun qui semblait en pleine crise de panique.

- Tout va bien Albus. Dis nous juste ce qui s'est passé, d'accord ?

La voix calme de Drago sembla aider Albus à se reprendre un peu.

- On discutait et on allait vers la Grande Salle pour le déjeuner. Et d'un coup il y a cette personne enroulée dans une cape de velours noir qui nous a bousculé et qui a pris Scorpius.

Harry fronça immédiatement les sourcils.

- Il n'y avait personne dans le couloir ?

- Non. J'ai pas pu crier. J'ai pas réussi, comme si je… Je pouvais pas.

Le froncement de sourcils de Harry s'accentua et il se pencha vers son fils, l'observant attentivement. Il nota ses pupilles dilatées et sa respiration bien trop rapide.

- Calme toi Albus. Respire tranquillement. Et Scorpius ? Il a fait quoi ?

- Il me regardait juste, mais il ne bougeait pas.

Drago se dégagea de la poigne de Harry qui le tenait toujours et s'écarta. Il attrapa une fiole vide sur une paillasse et la jeta contre le mur en hurlant de rage.

Albus sursauta et Harry le rassura en l'enlaçant.

Les yeux gris et les yeux verts s'affrontèrent, et Drago murmura d'une voix brisée.

- Cet enfoiré utilise l'Imperium pour prendre les gosses !

Ils furent interrompus par Hermione, qui revenait avec Minerva. Harry soupira et s'écarta d'Albus.

- Écoute, Albus. Tu vas rester avec tante Hermione, ok ? Elle va s'occuper de toi.

- Tu vas chercher Scorpius ?

- On va partir à sa recherche oui. Mais j'ai besoin de savoir que tu es en sécurité pour pouvoir être efficace, tu comprends ?

Le garçon hocha gravement la tête. Il semblait plus calme, bien que ses yeux soient encore écarquillés par la peur.

Hermione s'apprêtait à poser des questions, mais Harry lui fit signe de ne rien dire, articulant juste un "Pas maintenant" muet. Elle soupira et acquiesça à contrecœur avant de prendre Albus dans ses bras, et le guider vers la porte.

- Viens, Albus, on va aller s'installer chez moi. C'est un peu plus confortable que les cachots.

Dans d'autres circonstances, cette petite phrase anodine aurait entraîné une réaction de Drago, qui aurait protesté que ses appartements étaient parfaitement confortables. Ou quelque chose de ce goût. Mais l'instant était focalisé sur les deux enfants portés disparus.

Harry et Drago échangèrent un signe de tête entendu et quittèrent la pièce à grands pas. Ils n'avaient pas besoin de se concerter pour savoir où aller. Ils allaient retourner dans la forêt interdite, et plus particulièrement à l'endroit où ils avaient retrouvé les deux premiers enfants.

Le trajet leur parut interminable. Cette fois, ils ne s'embarrassèrent pas de discrétion : ils avançaient sans se cacher, baguette à la main, les muscles tendus, prêt à riposter à n'importe quelle attaque. Ils espéraient presque tomber sur le mystérieux inconnu à la cape noire, pour passer leur frustration et leur frayeur sur lui.

Mais ils ne rencontrèrent personne. La forêt interdite était calme, et ils n'eurent pas trop de mal à retrouver la clairière et la cabane.

Ils n'eurent aucune hésitation et fouillèrent les lieux minutieusement. Et il leur fallut se rendre à l'évidence : les lieux étaient déserts.

Cette fois, les enfants n'étaient pas enfermés à cet endroit.

Ils avaient fouillé la minuscule cabane de fond en comble, sans résultats. Et à peine sortis, Drago avec un cri de rage, avait lancé sortilèges sur sortilèges sur l'endroit, de façon à ne rien laisser.

D'une voix brisée, il murmura.

- On n'arrivera jamais à fouiller cette fichue forêt en entier. Il peut être n'importe où.

Harry avait pensé la même chose mais avait préféré garder ses doutes pour lui. Cependant, face à la détresse de son collègue, il l'attira dans ses bras, ignorant le corps du blond qui se raidissait.

Puis, alors que Drago se laissait enlacer, se détendant un peu, Harry lui fit une promesse.

- On va le retrouver. Je te le promets.