Chapitre 56
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Vous froncez légèrement les sourcils, et profitez du temps de tirer une longue bouffée sur votre cigarette pour choisir soigneusement vos prochains mots.
- Bon... écoute, yorozuya, je ne vais pas y aller par quatre chemins. On patauge tous les deux, dans cette affaire. Et ne le nie pas, ajoutez-vous en le voyant ouvrir la bouche, c'est marqué sur ta gueule. J'ai besoin d'informations, et toi de moyens humains. Or tu as les informations, et j'ai des hommes. On a tout à gagner à travailler ensemble, pour une fois.
- On n'a pas besoin de tes hommes, vous contredit Gintoki. On a toujours pu se débrouiller à nous trois, et on s'en est toujours très bien sortis.
« Très bien, très bien... » Vous gardez cependant vos sarcasmes pour vous, conscient qu'ils ne vous aideront pas.
- Mais ce type est une vraie anguille, argumentez-vous. À tel point que certaines personnes doutent même qu'il existe, ils pensent simplement que les victimes sont incapables de surveiller leurs affaires...
- Essentiellement parce que les objets volés n'ont pour la plupart que peu de valeur, objecte le binoclard face à vous. Si c'était des biens précieux, de l'argent qui avaient disparu, personne n'aurait fait de différence avec une affaire classique d'une série de cambriolages.
- Et de toute façon, on n'a pas besoin de l'aide d'un mayo-addict, d'un sadique et d'un gorille, ré-affirme la gamine d'un air buté en croisant les bras.
- Elle a raison, approuve son patron en se curant le nez. De mon point de vue, vous êtes tous bien assez payés pour ne pas avoir besoin de piquer dans les récompenses qu'on nous propose.
- Oh, alors c'est ça qui te dérange, vous exclamez-vous, comprenant enfin. Tu crois qu'on essaye de vous voler vos contrats ?
- Eh bien, j'imagine qu'avec ton grand sens de la justice, déclare le frisé non sans sarcasme, tu vas sans doute juger que vu qu'on partage le travail, on va aussi partager le salaire ?
- J'ai déjà un salaire. Et pour ton information, nous n'avons pas le droit d'accepter de récompenses monétaires de la part des citoyens pour nos actions. Ce serait considéré comme prendre un pot-de-vin.
Gintoki ne répond pas, mais vous croyez déceler une lueur d'intérêt s'allumer dans son œil.
- Toutes ces babioles volées ne m'intéressent pas, poursuivez-vous, pas autrement que comme pièces à conviction. Ces multiples entrées par effractions sont bien plus inquiétantes à nos yeux. Après, si nous attrapons ce type... Une fois que l'enquête sera bouclée, il faudra bien sûr rendre tous ces objets à leurs propriétaires.
- Et vous feriez ça gratuitement ? s'exclama la chinoise, limite scandalisée.
- Avec la quantité de trucs qu'il doit y avoir... On n'a pas que ça à faire. Mais si on vous en doit une, je pourrai toujours m'arranger pour faire transiter ça à travers votre agence. Ça nous soulagerait d'une corvée, et vous permettrait de toucher vos récompenses.
Les trois yorozuya ne peuvent plus cacher leur intérêt, à présent. Après un bref échange de regard silencieux entre eux, Gintoki ouvre le tiroir de son bureau et en sort un vieux plan de la ville usé, plié et déplié à répétition.
- Elle date un peu, vous avertit-il en la dépliant sur la table, mais l'essentiel y est. En écoutant parler les gens, on s'est rendus compte que les vols n'avaient pas forcément tous eu lieu cette nuit. Une partie d'entre eux avaient constaté la disparition de leurs trucs la veille, mais on juste pensé les avoir égarés. On a eu quelques demandes d'aide pour les plus impatients, mais la plupart ont juste attendus de les retrouver eux-mêmes. Après, quand ça a commencé à ragoter dans le quartier, et quand il y a eu la seconde vague pendant la dernière nuit...
- Ils en ont conclu au vol, et ont commencé à venir vous voir, achevez-vous. D'accord, mais qu'est-ce que ça nous apprend ?
- J'y arrive. Là, fait-il en vous désignant toute une zone, ce sont les vols de la première nuit... Et là, ceux de la seconde.
- Il suit un chemin prédéfini, comprenez-vous.
- Tout à fait, confirme le yorozuya. Une sorte de spirale. Ce qui fait que sa prochaine attaque aura lieu...
- Par là, achevez-vous en même temps en pointant la même zone du doigt.
Le coin de vos lèvres remonte en un sourire. Enfin, ça commence à avancer !
- Par contre, c'est une grande zone, observe le gamin Shimura. Et on n'a aucun moyen de savoir quelle maison il va attaquer en premier.
- On devrait pouvoir s'en tirer, affirmez-vous avec conviction. Bien, merci pour votre coopération, concluez-vous en vous levant, maintenant, vous voudrez bien m'excuser, j'ai beaucoup de choses à mettre en place.
- Oublie pas ta part du marché ! vous avertit la chinoise, devançant son patron.
- Je n'oublie pas. Faites juste patienter les gens en attendant.
Vous avez maintenant une piste concluante, néanmoins la suite ne sera pas aisée pour autant. Peut-être ces types peuvent-ils se révéler encore utiles ?
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Pour proposer une alliance à l'agence à tout faire, partez au chapitre 47.
Sinon, rendez-vous directement au chapitre 30.
