C'est un looooong chapitre, et j'espère qu'il vous plaira !
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La rentrée approchait à trop grands pas, et dans la forêt interdite, aucune solution n'avait été trouvée. Charlie s'était rendu sur place à la demande de son petit frère, et ses yeux s'étaient écarquillés lorsqu'il avait reconnu le dragon.
- C'est un Cornu des Enfers... avait-il soufflé, provoquant des frissons chez toutes les personnes autour de lui. C'est une espèce éteinte depuis des siècles, voire des millénaires, elle était beaucoup trop dangereuse pour toutes les autres espèces, et les sorciers du monde entiers, les vampires, les loups-garous, les géants, toutes les espèces sont sont alliées pour les exterminer. C'est le seul moment dans l'histoire magique où on a vu une aussi grande coalition inter-espèce.
Le dragonnier s'était alors tourné vers Hermione après avoir lancé un regard aux centaures, à Ron et Harry ainsi qu'au professeur McGonagall.
- C'est la créature la plus dangereuse qui soit, avait-il dit d'une voix grave et trop sérieuse. Et si elle est en train de reprendre vie grâce à la magie noire, il faut craindre pour l'avenir des mondes sorciers et moldus.
L'ensemble des Weasley était à présent au courant de tout -l'origine des étoiles, leurs missions, les ancres, leurs pouvoirs-, l'ayant pratiquement exigé d'Hermione après le scandale de la mission de Reanna. Cette dernière n'avait pas revu Hermione depuis l'incident. Elle ne l'évitait pas, mais elle n'était simplement pas retournée au Terrier, bien qu'elle écrivait aux Weasley pour leur donner de ses nouvelles.
Mais depuis qu'elle avait guéri Drago et qu'il l'avait soignée en retour, elle faisait des rêves des plus étranges. Au départ, elle revivait simplement ce qu'elle avait vu lorsqu'elle était restée inconsciente après le réveil de Fred. Puis petit à petit, elle entendait les étoiles lui parler de leurs voix mélodieuses. Au début ce n'était que des chants, puis elle commençait à comprendre le sens des paroles. La magie noire à Poudlard était présente depuis bien trop longtemps. Il fallait qu'elle y aille, bientôt, vite. Elle avait presque fini de prendre forme, ce n'était qu'une question de jours avant que le Cornu des Enfers ne se réveille, et ravage tout sur son passage. Cela avait été le travail de nombreuses étoiles de tuer les anciens dragons deux millénaires plus tôt. Mais elles avaient été lourdement affaiblies, et ne pouvaient plus se permettre de descendre sur Terre à plusieurs à présent. Eltanin devait accomplir sa mission, et seule. Elle devait faire le plein d'énergie auprès de son ancre et aller combattre la magie noire au plus vite.
Le rêve se répétait chaque nuit, même lorsqu'elle s'assoupissait dans les bras de Fred après un repas. Alors, en ce vingt-neuf août deux-milles-trois, Reanna avait pris sa décision.
Trois jours plus tôt, elle avait posé sa démission à l'hôpital. Malgré le préavis d'un mois, qu'elle ne pouvait pas s'autoriser, elle permettait à l'hôpital de commencer à chercher quelqu'un pour la remplacer. Ensuite, elle avait demandé à sa marraine de passer une soirée juste avec elle. Cela ne faisait pas encore un an qu'elle avait appris qu'elle était sa mère biologique, et elle commençait à la considérer comme telle. Elle ne lui avait jamais dit. Comment amener le sujet ? Alors, elle ne lui dirait pas en face, elle lui ferait comprendre. Narcissa était venue chez elle, et les deux femmes étaient sorties manger au restaurant. Reanna avait tenu à l'inviter. Après tout, elle ne savait pas si elle aurait besoin de son argent après avoir été voir le dragon. S'en sortirait-elle vivante ? Serait-elle plongée dans un long coma ? Ou n'aurait-elle aucune séquelle ? Dans tous les cas, elle comptait se reposer, et quitter Londres. Peut-être pourrait-elle intégrer le monde sorcier, maintenant qu'elle savait qu'elle venait de là, et que Lucius était hors d'état de nuire.
La soirée avec Narcissa avait été merveilleuse. Le lendemain, elle avait passé la journée avec son frère, la matinée sur le Chemin de Traverse, à flâner dans les boutiques favorites du sorcier -qui différaient totalement de celles qu'elle avait pu voir avec Fred et George, déjeunant dans un restaurant sorcier assez chic, et l'après-midi dans le Londres moldu visitant un musée, se promenant dans les rues piétonnes. Le soir venu, elle l'avait emmené à son tour dans un restaurant, lui faisant découvrir la nourriture asiatique qu'il ne connaissait pas, avant qu'ils ne rentrent chez la jeune femme pour discuter encore autour d'un thé. Drago avait senti que quelque chose n'allait pas chez sa jumelle, et il avait beau essayé de la faire parler, Reanna n'avait rien dit, lui assurant que tout allait bien.
Enfin, le lendemain, elle avait passé la journée avec Fred. Elle lui avait demandé s'il pouvait se libérer pour la journée, ce qu'il avait fait sans hésiter. Le rouquin avait lui aussi senti qu'il se passait quelque chose. Depuis que la blonde avait appris pour la mission qui lui était destinée, elle avait changé de comportement, se renfermant un peu sur elle-même. Il arrivait toujours à la faire rire, à parler de longues heures avec elle, mais il y avait ce petit quelque chose qui la rendait plus sérieuse et moins joyeuse.
Fred était arrivé aux aurores, réveillant sa bien-aimée avec l'odeur de toasts bien chauds. Ils avaient passé une partie de la matinée au lit, profitant de la présence de l'autre, avant qu'ils ne sortent pour que Reanna ne lui fasse à nouveau découvrir le monde moldu. Le rouquin se découvrait une passion semblable à celle de son père, et George s'était quelque fois moqué de lui sur ce sujet. Mais voir la jeune femme lui expliquer le fonctionnement de tout un tas d'objets lui semblait être la plus belle chose au monde. Ils déjeunèrent sur les bords de la Tamise, flânèrent dans un parc l'après-midi. Reanna avait ce sentiment d'insouciance qu'elle avait connu quelques années plus tôt. Il faisait beau, elle était avec l'homme qu'elle aimait, et ils dégustaient une glace à l'ombre d'un arbre. Elle avait presque réussi à passer outre ses soucis liés à sa mission, si elle n'avait pas planifié la suite de la journée. Le soir, ils dînèrent au Terrier, en compagnie de George, Angelina, leur fils, et Charlie. Molly et Arthur avaient été plus que ravi de revoir la jeune femme, et l'engouement de sa présence lui avait permis de poser quelques questions discrète quand à ce qu'elle avait prévu de faire.
Elle avait insisté auprès de Fred pour qu'ils dorment chez ses parents, prétextant qu'elle ne l'avait jamais fait et qu'elle avait envie de découvrir les fameux petits déjeuners de sa mère. Le rouquin avait rapidement capitulé, ne pouvant pas non plus y résisté, et le jeune couple avait donc réaménagé la chambre des jumeaux pour pouvoir dormir ensemble. Si Molly avait tout d'abord protesté, Charlie avait rapidement pris la défense de son frère, rappelant à leur mère qu'il fallait qu'il profite de la vie maintenant qu'il était parmi eux. La remarque avait légèrement refroidi l'ambiance chaleureuse du Terrier, mais les jumeaux eurent vite fait de lancer une blague qui fit oublier cet instant.
- Reanna ?
Le coeur battant plus fort qu'à l'accoutumée, la jeune femme se retourna vers Fred. Ils étaient couchés depuis quelques minutes, et le ton que le rouquin employait laissait clairement penser qu'il se doutait de quelque chose.
- Oui ?
- Tu me le dirais si tu comptais aller à Poudlard, hein ?
Dans l'obscurité, ses yeux brillait d'une lueur douce et inquiète qu'elle n'avait que rarement vu dans son regard. La plupart du temps, il ne lui montrait pas ses émotions négatives, se focalisant sur les positives pour la rendre heureuse. Mais ce soir, l'inquiétude qu'il devait ressentir était trop forte pour qu'il ne la camoufle.
Reanna soutint son regard, cachant du mieux qu'elle le pouvait son mensonge.
- C'est promis, souffla-t-elle en caressant du bout des doigts le visage de son amant. Tu me ramènes chez moi avant d'aller à la boutique ?
- Evidemment.
Son visage s'approcha du sien, et il posa doucement ses lèvres sur celles de la blonde, qui prolongea son baiser. Elle y mit tout son amour pour lui, voulant lui faire passer à travers ce geste tout ce qu'elle ressentait à son égard.
Elle se sentait coupable vis-à-vis de lui, de lui mentir, de lui cacher son projet. Mais elle n'avait pas le choix.
Elle attendit patiemment qu'il soit endormi dans ses bras, et elle se dégagea des draps silencieusement. Lentement, elle se glissa à l'extérieur de la chambre, priant pour ne pas réveiller Charlie, Molly ou Arthur dans son escapade.
Le sort semblait être en sa faveur, puisqu'elle ne croisa personne en descendant au rez-de-chaussé, et, après avoir écouté une dernière fois si quelqu'un se levait, elle poussa la porte pour rejoindre le jardin.
Elle avait emporté de quoi écrire, et elle prit tout d'abord le temps de rédiger un cours message, avant de trouver Errol, le hibou des Weasley.
- Coucou mon brave, murmura-t-elle en caressant doucement sa tête.
L'animal ressemblait plus à un plumeau qu'à une chouette, mais il fallait qu'elle s'en contente. Elle avait régulièrement vu ses amis envoyer du courrier par l'intermédiaire de ces oiseaux, elle ne devrait pas avoir trop de mal à faire de même.
Avisant l'attache qu'il portait à l'une de ses pattes, elle y attacha sa lettre avant d'indiquer son destinataire au hibou qui s'envola après s'être cogné plusieurs fois contre des branches.
Le baiser qu'elle avait offert à Fred après qu'il l'ait raccompagné chez elle avait un goût d'adieu, et elle avait laissé quelques larmes s'échapper de ses yeux après qu'il ait transplané. Mais elle n'avait pas le temps de s'apitoyer sur son sort. Elle alla tout d'abord dans sa chambre, et écrivit de nombreuses lettres. Elle lui disposa ensuite toutes sur la table de son salon, bien en évidence.
Elle effectuait presque tout avec automatisme pour s'empêcher de craquer. Qu'allait-il lui arriver ? Elle espérait de tout son cœur que Drago lui avait fourni assez d'énergie pour affronter le dragon, mais au fond d'elle-même, elle sentait que ce ne serait pas le cas.
Elle rangea les quelques babioles qui traînaient dans son appartement, et se posa à la fenêtre pour observer la rue en contre-bas.
Midi approchait, et de plus en plus de monde se pressait pour aller manger. Elle savait qu'elle devrait en faire autant, mais la boule d'angoisse qui s'était logée au fond de son ventre l'empêcher d'avaler quoi que ce soit. Alors elle attendit patiemment.
Deux heures s'écoulèrent avant qu'elle n'entende frapper contre sa porte. Rassemblant son courage, elle prit une grande inspiration et alla ouvrir.
Face à elle, une sorcière âgée mais plutôt en forme. Elle portait une longue robe émeraude, des lunettes rectangulaire et un chapeau pointu. Si la situation n'avait pas été aussi complexe, Reanna aurait sans doute ri face à son accoutrement, mais elle l'invita simplement à entrer.
- Mrs McGonagall, je suis désolée de devoir faire appel à vous, commença la jeune femme, avant que la sorcière ne l'interrompe.
- Miss Crewdle, si l'avenir de notre école est entre vos mains, vous avez bien fait de m'écrire. Cependant, j'admets avoir quelques interrogations vis-à-vis de votre demande. Il me semble que Miss Granger est une de vos amis, tout comme la famille Weasley. Pourquoi ne pas leur avoir demandé de vous escorter ?
Reanna soupira, s'asseyant mollement sur l'accoudoir de son fauteuil.
- Ils ne veulent pas que j'y aille. Hermione a dû vous raconter, mais ça peut-être dangereux pour moi. Et ils craignent qu'il ne m'arrive quelque chose.
La directrice de l'école de sorcellerie pinça ses lèvres, voyant parfaitement ce que voulait dire la jeune femme.
- Je vois.
Elle marqua un silence, et avisa les enveloppes sur la table.
- Je suppose que vous êtes prête à partir ?
- Oui. Tout est prêt.
La sorcière hocha la tête, et lui proposa son bras.
- Ne perdons donc pas de temps.
Reanna sentit son coeur manquer un battement. Elle savait que ce moment arriverait, c'était sa décision. Mais elle pensait que la directrice de Poudlard prendrait plus de temps avec elle avant de l'emmener.
Elle ferma les yeux un instant, et s'accrocha au bras de la sorcière, qui transplana dans l'instant.
Lorsque la sensation désagréable de se faire aspirer par le nombril se termina, Reanna ouvrit les yeux, découvrant face à elle une forêt sombre et effrayante. Elle s'attendait à atterrir directement dans l'école, mais il semblait que le professeur McGonagall en ait décidé autrement.
- Miss Granger ainsi que Mr Potter et Weasley sont dans le château. J'ai pensé qu'il serait préférable qu'ils ne vous voient pas.
La blonde hocha la tête, se tournant légèrement vers l'imposant bâtiment derrière elle. Elle l'avait déjà vu, dans l'esprit de Fred, mais cela n'avait rien à voir avec ce qu'elle avait sous ses yeux. Mais elle n'eut pas l'occasion d'admirer Poudlard plus longtemps, la vielle femme l'entraînant dans la forêt d'un pas vif.
Aussitôt qu'elle posa un pied à l'intérieur, elle sentit l'air autour d'elle changer et se charger de colère et de haine. Les rares animaux qu'elles croisaient étaient agressifs, et la jeune femme se réjouissait d'être en compagnie de la sorcière. Cependant, au lieu d'angoisser au fur et à mesure qu'elle s'approchait du dragon et de la magie noire, Reanna se sentait de plus en plus calme.
Au bout de quelques minutes de marche, elle entendit des éclats de voix, et se retrouva vite face à des créatures qu'elle n'imaginait jamais rencontrer. Le buste d'un homme, le corps d'un cheval, les centaures discutaient avec un homme qu'elle reconnut instantanément comme étant Charlie Weasley.
Son sang ne fit qu'un tour. Il ne fallait pas qu'il la voit ou qu'il informe sa famille de sa présence ici. Mais le rouquin avait entendu les branchages craquer sous les pas des deux femmes et il se retourna, fronçant les sourcils lorsqu'il aperçut la jeune femme.
- Reanna ? s'exclama-t-il. Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- Ce qu'elle a à fait Mr Weasley, répondit fermement le professeur McGonagall.
Le rouquin allait à nouveau protester lorsque les centaures le dépassèrent pour s'avancer vers elles.
- Bienvenu chez nous, Eltanin.
La voix sourde du centaure résonna en elle, comme si elle y trouvait un écho, et Reanna sentit quelque chose s'éveiller en elle. Un instant, ses yeux se voilèrent tandis que son identité entière se révélait.
- Merci centaure.
Sa voix avait changée, et elle était plus mélodieuse. Charlie écarquilla les yeux et s'éloigna immédiatement de petit groupe qui s'était formé. Lorsqu'il revint, les centaures continuaient de tarir d'éloges l'étoile, lui demandant quelques conseils sur l'interprétation des astres.
Le rouquin ne reconnaissait plus la jeune femme. Physiquement, c'était toujours elle. Mais ces yeux étaient translucides et plein d'étoiles, sa posture était plus assurée, son visage plus apaisé.
Il n'avait pas tout saisi à l'histoire de la petite amie de son frère, mais à cet instant, il comprenait encore moins. Néanmoins il sentait que quelque chose de grave se tramait, et il fallait absolument qu'il retarde le moment où Reanna ferait ce pour quoi elle était venue.
Alors il pria Merlin pour que les centaures aient encore de nombreuses questions à poser à la jeune femme.
Il allait intervenir puisqu'ils poussaient à présent l'étoile vers les rives du lac, lorsque l'ensemble du groupe entendit des cris. Se retournant d'un même mouvement, ils virent une silhouette se dessiner parmi les arbres, arrivant à toute vitesse sur un balais.
Fred laissa tomber par terre son moyen de transport et se précipita vers Reanna, qui n'avait pas bougé. Les centaures semblaient monter la garde autour d'elle, et si au dernier moment elle n'avait pas levé la main, ils auraient empêché le rouquin de la rejoindre.
- Reanna... souffla-t-il.
Son visage était à la fois inquiet, tendre et paniqué. Il attrapa doucement les mains de la blonde, ne pouvait quitter ses yeux translucides et étoilés du regard. Était-ce Eltanin ou Reanna qu'il avait face à lui ? Son corps était le même, mais son regard ne l'était pas. Et son esprit ?
- Il faut que je le fasse Fred. C'est ma mission. Ce pour quoi je suis venue au monde sur Terre.
La voix mélodieuse de la jeune femme le surprit, et il jeta un coup d'oeil à son aîné un peu plus loin.
- Tu ne peux pas... Tu ne peux pas y aller, tu vas mourir, tu n'as pas ton ancre, tu...
- J'ai pris les précautions nécessaires. J'ai fait le plein d'amour ces trois derniers jours pour être suffisamment forte pour affronter la magie noire.
- Reanna je t'en supplie...
Des larmes s'échappaient à présent des yeux ambrés du rouquin sans qu'il ne les retienne.
- Ne me laisse pas... Ne pars pas, j'ai besoin de toi... S'il te plait...
D'une main douce, elle caressa tendrement sa joue avec un geste apaisant, sans le quitter du regard.
- Tu verras que la vie est belle. Tu as des amis, et une famille qui t'aiment et qui te chérissent. Ta magie est pure. Ton cœur est pure. Tu seras heureux.
- Pas sans toi, je ne peux pas être heureux sans toi ! Tout est si étrange pour moi encore ici, il n'y a qu'avec toi que je me sens bien. Reste, je t'en supplie...
- Tu seras heureux sans moi Fred. Ma vie sur Terre n'était qu'un passage. Et je veillerais sur toi depuis la constellation du Dragon.
- Alors c'était ça, n'est-ce pas ? J'avais les indices sous les yeux depuis le début, et je n'ai rien vu... Eltanin, l'étoile la plus brillante de la constellation du Dragon, dont ton jumeau tient son nom. Et ta mission est de tuer un dragon de magie noire.
Sa voix était un mélange de colère et de désespoir de ne rien avoir vu venir, de ne rien avoir pu faire pour l'aider à trouver une autre solution.
- Je serais toujours là, Fred.
Les larmes du sorcier redoublèrent, et il la prit brusquement dans ses bras, la serrant le plus fort qu'il le pouvait contre lui sans lui faire mal. Dans la forêt, on n'entendait plus que ses sanglots, puis le bruit de deux balais filant à toute vitesse dans leur direction.
A contre cœur, le visage strié de larmes, Fred se détacha de Reanna, qui fit alors face à George et à Drago. Après le patronus de Charlie, Fred avait immédiatement envoyé son jumeau chercher l'ancien Serpentard pour qu'il les aide à convaincre la blonde de ne pas affronter la magie noire.
George s'avança d'un pas monotone vers elle, pour la serrer contre lui à son tour, puis rejoignit son frère pour le soutenir, sans lâcher son amie du regard, l'air profondément triste.
- Il n'y a rien que nous puissions faire, n'est-ce pas ?
Le ton brisé de Drago lui aurait fendu le cœur si Reanna n'avait pas une mission à accomplir. Le regard des jumeaux se croisa, et malgré ses yeux étincelants, il reconnut sans peine sa soeur, et la connexion qui les liait.
- Je dois le faire. Je ne voulais pas que vous y assistiez, mais si cela vous permet de faire votre deuil plus facilement, alors je suis heureuse que vous soyez venus tous les trois. Il y a des lettres chez moi, vous en avez chacun une.
Drago ne se retint alors plus, et se jeta sur sa jumelle, laissant échapper une larme traîtresse.
- Je t'aime. Je resterai jusqu'à la fin, pour te guérir.
Reanna se blottit un peu plus, puis se détacha de lui doucement.
- Je ne serais plus ici, à la fin.
Sous le silence choqué de ses proches, et respectueux des centaures, l'étoile avança alors sur le lac, comme si elle flottait au dessus. Face à elle, le dragon semblait avoir presque terminé sa formation, et avant d'agir, Eltanin se tourna une dernière fois vers le rivage, le regard plongé dans celui de son frère.
- Tu diras à notre mère que je la remercie, et que je l'aime.
Puis elle se retourna, ses longs cheveux blonds flottant au vent, et elle posa ses mains sur le ventre du Cornu des Enfer, laissant éclater une lumière aveuglante.
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Et voilà ! C'est pas encore fini mais ; qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? J'espère ne pas avoir trop brisé votre coeur, mais j'avais déjà la dernière phrase de Reanna en tête depuis le tout début de l'histoire /
Donnez-moi vos impressions ! Il reste encore l'épilogue, qui j'espère vous plaira aussi !
Beaucoup parmi vous avaient deviné qu'elle allait mourir, même si ce n'est pas vraiment une mort.
