CHAPITRE 64
OOC : Coucou à tous ! Voici un nouveau chapitre ! Merci à Kuro Sha et Cao dreams in books pour leurs reviews ! Laissez des commentaires si vous en avez envie. Ça fait toujours plaisir de savoir où je peux m'améliorer.
La première chose qui frappa Père Jean fut l'odeur.
Une odeur de mer…un doux air marin qui vint envahir ses narines. Une bourrasque vint les frapper au visage et le prêtre put presque entendre le vent battre les cheveux de Marie. Sa main sur son bras, cette dernière ne s'était pas détachée de lui.
« Jean… » souffla-t-elle, le ton bas.
Père Jean ne répondit pas. Il n'avait pas encore réalisé ce qui s'était passé. Il n'avait pas encore réalisé qu'il n'était plus dans son église, à Crown City.
Mais…ailleurs. Les deux étaient ailleurs. Ils avaient traversé le pont et se retrouvaient à présent dans un endroit inconnu.
Il avait suivi Swelter.
Et Marie…Marie l'avait suivi.
« …Tu…tu vas bien ? lui demanda-t-il, entre deux quintes de toux, s'habituant à l'air nouveau autour d'eux.
- Ça va…
- Où sommes-nous ?
- A…à toi de me le dire, répondit-elle un peu sèchement.
- Nous sommes sur Terre ?
Bien sûr qu'ils étaient sur Terre. Il s'agissait d'un pont-terrestre et ils pouvaient respirer. Mais il avait cru bon devoir poser cette question. Père Jean utilisa son sens développé pour essayer de deviner où ils se trouvaient actuellement.
Presque comme s'il pouvait comme peindre l'environnement sur une toile, Père Jean n'eut aucun mal à reconnaître la mer. Ils y faisaient face. Mais elle était lointaine. Sous leurs pieds, Père Jean ne sentait pas le sable mouillé ni les coquillages.
A la place, du métal. Il posa la main sur une surface devant lui. Quand il la laissa glisser, il réalisa qu'il s'était appuyé sur un rebord. Ils étaient apparemment situés sur une plate-forme, plus ou moins en hauteur.
Rien ne lui était familier. Père Jean huma à nouveau l'air. Malgré l'air marin, ce dernier n'était pas pur. Il sentait à travers une pollution discrète mais présente.
Il sentit Marie bouger à ses côtés. Il devinait qu'elle observait partout, encore stupéfaite par ce qui venait de se passer.
Le silence tomba. Un silence comblé par le bruit lointain des vagues.
- …Jean. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que tu as fait ? finit-elle par l'interroger, le ton choqué.
- Je…
- Qu'est-ce que tu as fait ? Où nous as-tu emmenés ?
Père Jean ne répondit pas.
Il devina que Marie avait les sourcils froncés tandis que de nombreuses questions traversaient ses lèvres.
- Je ne voulais pas t'y entraîner. Je voulais juste-
Je voulais juste suivre Swelter.
Brusquement, il se tut.
Il repensa à Wing. Aux Autobots…
Il repensa à la promesse qu'il leur avait faite. Il avait juré de garder secrète leur existence. Leur venue sur Terre.
L'existence des artefacts…
La réalité le frappa enfin. Père Jean se mordit la lèvre, essayant de trouver une explication valable. Marie ne bougeait plus. Il sentit son attention portée complètement sur lui.
- …Ce…ce n'est pas ce que tu crois.
- Jean. Comment ? Comment as-tu pu nous emmener ici ?
- Je te promets qu'il y a une explication logique à tout cela.
- Hé bien. Je t'écoute.
Le ton de Marie était soudainement devenu plus sévère. Père Jean réprima un soupir. Sans le vouloir, il lui avait révélé l'existence de la technologie Cybertronienne.
- …Il…il s'agit là…d'un nouveau modèle pour le Salon de science-fiction qui se tiendra en ville prochainement…
- Jean. Comment es-tu au courant de l'existence des ponts-terrestres ?
Père Jean se figea.
Avait-il bien entendu ?
Marie marqua une pause avant de reprendre, la voix tremblante.
- Ne te fiche pas de moi ! La Bible t'interdit de mentir. Réponds à ma question. Comment es-tu au courant de l'existence des ponts-terrestres ?
- Tu…tu connais toi aussi ?
- Oui, je connais ! Mais toi, tu n'es pas supposé le savoir !
Père Jean déglutit, se grattant l'arrière du crâne.
- Comment…tu…tu sais donc tout des ponts-terrestres ? De leur origine ? De leurs créateurs ? l'interrogea-t-il pour être certain de ne pas se tromper et de ne pas dévoiler la vérité par inadvertance.
- Tu parles des Cybertroniens et du conflit entre Autobots et Decepticons ? Oui ! lui répondit Marie un peu trop brusquement.
Le choc le traversa. Père Jean n'eut rien à répondre à cela.
Marie…avait été au courant tout du long ? Père Jean se rappela des humains que Bumblebee avait contacté lorsque Wing, Rung, Arcee et Cliffjumper avaient été sur la planète Messatine.
Il n'aurait jamais pensé que Marie ferait partie des rares au courant du conflit. Cette dernière poursuivit, le timbre de sa voix devenant de plus en plus rapide.
- Il s'agissait d'un secret défense. Je suis militaire. J'étais impliquée dans ce dossier. Personne ne devait être au courant ! On devait faire en sorte de garder l'existence des Cybertroniens et du conflit secrète.
- …Je vois.
- Mais toi, tu le sais ! Comment le sais-tu, Jean ?
Père Jean se raidit.
Il sentit Marie se rapprocher de lui.
- Parle-moi, insista-t-elle, la voix sans appel. Ne me raconte pas d'histoire ! Il faut que je sache pour qu'on sorte d'ici.
Père Jean baissa la tête.
Puis, il prit la parole. Et lui raconta tout d'une traite, faisant attention à n'omettre aucun détail.
Lorsqu'il eut achevé son récit, la première réponse de Marie fut la plus inattendue.
« Tu connais Wing ? » s'écria-t-elle, explosant presque.
Père Jean se recroquevilla sur lui-même.
- Attends. J'ai bien entendu. Tu as bien parlé de Wing, n'est-ce pas ?
- Oui, répondit Père Jean.
- Mais…mais…mais…balbutia-t-elle.
Sa voix devint plus étouffée. Elle s'était prit le visage dans les mains.
- Tu connaissais Wing…depuis le début.
- Mais…pourquoi ? Pourquoi me poses-tu la question ?
- Gasket le cherche ! cria soudainement Marie.
Père Jean sursauta.
A nouveau, le rythme de son cœur accéléra.
- Tu as parlé de Gasket ?
- Wing t'en a parlé ?
- Tu le connais ? Il est ici ? Il était ici depuis le début ?
- N'inverse pas les rôles, Jean.
- Il avait disparu ! Wing le cherche aussi !
Un silence tomba.
…C'était une situation très étrange, ne put s'empêcher de penser Père Jean.
- …Nous voilà bien.
- Quelle ironie, renchérit Père Jean pour détendre l'atmosphère.
Le fait de savoir que Wing et Gasket avaient passé leur temps à se chercher l'un l'autre et que la réponse à leurs interrogations se trouvaient dans l'ami de chacun des humains qui les accompagnaient.
Père Jean ne put pas croire aux coïncidences. C'était dans ses moments-là qu'il ressentait encore plus la main de Dieu sur l'univers.
Et malgré la situation, il était heureux. Il était ravi pour Wing.
Si Marie disait vrai…cela signifiait que Wing retrouverait Gasket. Lui qui s'était tant inquiété pour lui…maintenant, il pourrait retrouver son ami !
- …A quoi pensais-tu ?
Père Jean ne comprit pas la question. Passée la stupeur, Marie répéta, le ton irrité.
- Dans quelles histoires tu t'es embarqué, Jean ?
Le prêtre prit une inspiration.
- Je te l'ai dit, Marie. Wing était en détresse. J'ai seulement essayé de le secourir.
- Mais cette histoire ne te concernait pas, Jean ! Il fallait s'adresser aux autorités compétentes ! Il fallait m'appeler, au moins ! Je suis militaire.
- Wing ne me l'aurait pas autorisé. Je n'étais pas sûr que tu étais au courant. Surtout qu'il ne s'agissait pas d'un Autobot.
La voix de Marie devint faible.
- Tu aurais pu me faire confiance, tu sais.
- Je sais, répondit-il plus doucement. Mais à ce moment-là, je n'ai pas réfléchi.
- Tu ne peux pas t'empêcher de sauver tout le monde…alors que cela risque de te coûter gros.
Père Jean ne put qu'opiner du chef en guise de réponse. Il devina que Marie s'éloignait.
- C'était donc pour cela, ton pèlerinage ?
- Oui. Il me fallait une excuse.
- Mais…ton église ? Tes missions ?
Père Jean s'attendait à sa réaction.
- Parfois, il y a des priorités.
- Ce n'était pas ton rôle, Jean, répéta-t-elle plus fermement.
- Je sais. Tu me le dis souvent.
Son ton était calme. Père Jean devinait que c'était l'inquiétude qui parlait. Que Marie ne lui en voulait pas réellement. Et peut-être avait-il été trop imprudent ?
Il avait seulement cru faire ce qui lui semblait juste.
- …Et tu connais tous les détails sur les artefacts. C'était pour suivre Wing que ce pont-terrestre s'est ouvert ?
- Non. Pour suivre Swelter.
- Pourquoi ? Swelter est un Decepticon. De ce que tu m'as dit, il a été au service de Garboil ! Et tu m'as dit que c'était lui qui avait récupéré l'artefact de la Couronne.
La réponse parut beaucoup plus facile.
Dans tous les cas, elle allait le réprimander.
- …Garboil est mort. Swelter était perdu. Il avait besoin d'aide pour des chatons dont il s'occupait. Je pense qu'il n'est pas totalement mauvais.
- …Encore une fois, tu ne peux pas t'en empêcher. Quand bien même il s'agit de la sûreté de l'univers qui est menacée par ces personnes.
Père Jean utilisa sa canne pour lui emboîter le pas.
- Marie. Comment as-tu rencontré Gasket ? Pourquoi n'a-t-il pas contacté Wing ? Au moins pour l'avertir qu'il allait bien ?
- Tu sauras tout en temps voulu. Pour l'heure, on doit quitter cet endroit.
Il mourrait d'envie de savoir.
Père Jean finit par le concéder. Il valait mieux rejoindre Crown city le plus rapidement possible.
- Merde, grinça Marie.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu veux savoir la raison pour laquelle il n'a pas contacté Wing ? Il n'a pas pu. Mes supérieurs lui ont retiré son antenne de communication. On avait prévu de la lui réparer et j'avais presque oublié que je ne pouvais pas le contacter pour lui réclamer de l'aide.
- Oh.
Pourquoi ses supérieurs lui avaient retiré son antenne ?
Père Jean fouilla dans sa poche pour chercher son téléphone.
- Je peux essayer de contacter les Autobots.
Mais alors qu'il l'allumait, le téléphone lui annonça par commande vocale qu'il n'avait plus de batterie.
Oh non.
- Génial. Comment on va quitter cet endroit, alors ? soupira Marie, essayant manifestement de garder son calme.
Père Jean se prit le menton, pensif.
Une idée lui vint.
- …Peut-être qu'en retrouvant Swelter, il pourrait nous envoyer un pont-terrestre pour nous ramener chez nous ?
L'idée ne parut pas lui plaire.
- Et tu penses sincèrement qu'il nous aidera ? C'est un criminel qui aide les Decepticons à voler les artefacts !
Elle marqua une pause.
- Gasket le dit. Tu le dis toi-même. Ils ont des mauvaises intentions ! Ils veulent ces artefacts pour leur propre intérêt personnel.
- Ce n'est pas un criminel.
Il interagissait fréquemment avec les criminels. Et même si Swelter venait d'une espèce différente, Père Jean ne le reconnaissait pas comme tel.
- J'ai voulu lui parler. Je m'y suis mal pris mais peut-être que je peux encore essayer. Dans tous les cas, on n'a pas d'autres moyens. Et qui sait ? Peut-être qu'il y a un mécanisme de pont-terrestres dans les environs.
Marie ne répliqua pas.
Il la connaissait bien. Elle considérait ses mots.
- …On peut essayer. De trouver un mécanisme de pont-terrestre.
- Tu saurais comment les activer ?
- Cela ne serait pas si compliqué.
Il entendit un bruit métallique.
Père Jean connaissait ce bruit par cœur. Marie était militaire. Elle emmenait son arme partout où elle allait. Marie l'informa qu'elle n'avait que cinq balles.
Cinq balles…Père Jean espérait qu'elle n'aurait pas à s'en servir.
Puis, Marie lui attrapa la main pour qu'il la suive. Tendrement, Père Jean la referma dans la sienne dans une douce étreinte.
Elle était inquiète. Il voulait la rassurer. De n'importe quel moyen.
Il sentit Marie se tendre légèrement alors qu'ils se mettaient en route.
« Swelter n'a pas dû aller bien loin… »
Marie ne lâchait pas sa main, guidant Père Jean dans un endroit qui devenait de plus en plus étroit. Père Jean utilisa l'autre main pour ne pas heurter un mur.
« Pourtant, il est introuvable, grogna Marie.
- Dis-moi ce que tu vois.
Marie s'arrêta. Elle prit une longue inspiration avant de lui décrire son entourage.
- Nous sommes dans un long couloir. Le plafond est si grand qu'il faudrait un gratte-ciel pour le toucher. Il y a clairement des Cybertroniens qui vivent ici.
- Peut-être sommes-nous dans un repère ?
- J'ignore où nous sommes. Mais si nous sommes dans un repère, je prie pour qu'il ne s'agisse pas de celui des Decepticons.
Père Jean devina qu'elle grimaça.
- Mais si tu m'as dit que tu as suivi Swelter jusqu'ici et qu'il s'est trouvé des Déployeurs, il y a de fortes chances que ce soit le cas. Et si c'est vrai, nous sommes gravement en danger.
- Marie…
Il essayait de l'apaiser mais la voix de Marie fut peu à peu envahie par la panique.
- Non, Jean. Toi, tu m'écoutes. Tu ignores qui ils sont. Tu connais peut-être des Cybertroniens mais tu ne les connais pas aussi bien que moi ! Ce qu'ils ont fait à Gasket…ce qu'il m'a raconté…je ne saurais te le décrire.
Père Jean grimaça à son tour.
- J'imagine que Gasket a beaucoup souffert.
- Plus que tu ne peux l'imaginer. Tu ne réalises pas qui sont les Decepticons. S'ils nous trouvent, ils risquent de nous torturer de façon inimaginable.
Le prêtre ne put qu'entourer les épaules de Marie de son bras libre pour l'étreindre.
Il fallait qu'elle se calme. Autrement, ils ne sortiraient pas d'ici.
- J'imagine très bien ce que feront les Decepticons, lui souffla-t-il. C'est pourquoi il ne faut pas céder à la panique.
- Tu sembles si sûr de toi. Tu…tu restes si calme.
- Disons que…comme je te l'ai dit, j'en ai déjà rencontré. Je sais à quoi m'attendre maintenant.
Hardshell. Zizza. Vertebreak. Saberhorn. Filch. Kickback. Garboil. Canopus.
Même si ce qu'il avait subi avec eux ne devait pas être comparable à ce qu'avait subi Gasket pour que Marie s'emporte comme ça.
- …L'un d'eux a essayé de me tailler en pièces, un autre m'a jeté dans le vide et un troisième a causé un incendie dans lequel j'étais emprisonné dedans. Et je m'en suis sorti, déclara-t-il, d'un ton à moitié sous la plaisanterie et à moitié sérieux. Enfin, je rigole mais sur le moment, je peux t'assurer que j'étais mort de terreur.
- …Je n'arrive pas à croire que tu aies traversé tout cela…
- Héhé, je n'arrive pas à le croire moi-même. Wing m'a quand même beaucoup aidé. Disons que j'ai essayé de contribuer à la sûreté de l'univers à ma façon. Mais rien de comparable à côté de toi, je pense.
- …Non.
Malgré les évènements au cours de ces années, Père Jean réalisa qu'une part de lui souhaitait encore l'impressionner, comme au début de leur relation. Marie s'écarta de lui. Elle parut un peu plus calme maintenant. Père Jean lui tapota doucement l'épaule alors que Marie le tira pour qu'ils reprennent la marche.
- Je suis désolé de t'avoir entraînée dans cet endroit.
- Cela ne sert à rien de t'excuser.
- Essayons de visiter les pièces, proposa Père Jean. On trouvera sûrement quelque chose.
- Je l'espère.
Soudainement, il se sentit plaqué contre le mur.
Marie gardait un bras devant lui. Père Jean ne comprit pas…
Jusqu'à ce qu'il entende des bruits de pas depuis l'autre bout du couloir.
- Quelqu'un vient…
Père Jean toucha le mur. Il comprit que Marie et lui étaient cachés dans un recoin du mur. Les Cybertroniens étaient très grands.
Peut-être ne les remarqueraient-ils pas avec leur taille ? Auparavant, cela l'avait servi au manoir de Garboil.
- Ne bouge pas, lui souffla Marie.
Elle effectua un mouvement. Elle risquait la tête pour voir qui venait.
- A quoi ressemblent-ils ?
- …Il y a de tout. Des Cybertroniens de notre taille…décrivit-elle.
- Des Minicons.
- …Et des Cybertroniens…plus grands.
Père Jean hocha la tête.
Il se demanda si Swelter était parmi les Minicons. Pendant un instant, il souhaita poser la question à Marie. Mais malheureusement, il serait incapable de lui décrire son apparence. Il ne la connaissait pas lui-même. Il ne reconnaissait que la chaleur qui l'entourait à chaque fois qu'il était proche de lui.
Des brouhahas se firent entendre. Il ne comprit pas. Mais en tendant l'oreille, il entendit quelqu'un crier « au travail » aux autres.
Au travail…
- Tu penses qu'ils font quoi, comme travail ? lui demanda Père Jean.
- Je ne sais pas.
Marie lui posa un doigt sur la bouche.
Ils attendirent quelques minutes. Des minutes qui leur parurent longues.
Puis, Marie lui tira à nouveau le bras. A pas de loups, ils trottèrent pendant plusieurs mètres.
Les bruits devinrent plus distincts. A côté de cris, de murmures, de grognements, des bruits métalliques résonnant à travers le couloir. Comme si quelqu'un utilisait un marteau.
A nouveau, Marie l'arrêta. Elle s'écarta de lui, avant de l'informer.
- On est proches d'une porte. On dirait une usine. Ce sont des ouvriers apparemment.
Ils demeurèrent immobiles. Père Jean devinait que Marie vérifiait s'il y avait quelque chose ressemblant à un mécanisme de pont-terrestre.
Il était ravi de l'avoir auprès d'elle. Sans elle et ses yeux, Père Jean n'aurait même pas accompli un tel trajet.
Marie le poussa doucement pour qu'ils se remettent en route. Plus ils s'éloignaient de la porte, plus le brouhaha s'étouffait. Père Jean ne put s'empêcher de se demander s'ils avaient manqué Swelter.
Mais aux vues des voix, aucune ne correspondait à la sienne. Peut-être ne travaillait-il pas ici ? Peut-être était-il ailleurs ?
Marie le stoppa à nouveau.
Ils étaient devant une autre porte.
- Pareil. D'autres ouvriers. Est-ce que tu reconnais la voix de l'un d'eux ?
Père Jean écouta. Il secoua la tête. Aucune voix familière.
Marie plaqua une nouvelle fois Père Jean derrière un recoin. Ils étaient devant une autre porte. Quelqu'un chuchotait derrière. Mais aux vues du timbre de sa voix, celle-ci était sûrement close.
Des pas se firent entendre. Des ouvriers allaient et venaient dans le couloir. Marie poussa un soupir de soulagement. Ils ne les avaient pas remarqués.
Derrière la porte, Père Jean entendit deux voix féminines échanger.
« C'est la mission. Tu le sais. »
Une voix douce, assez profonde. Père Jean se pencha vers la porte pour écouter davantage.
« On vous a choisis parce que vous étiez des voleurs hors pairs. Tu es ici depuis plus longtemps que moi. Aucun échec ne sera toléré. »
Des voleurs hors pairs…
Un silence s'ensuivit. Puis, l'autre voix prit la parole.
Une voix plus aigüe. Plus enfantine.
« Brille.
- Filch, lui répondit doucement l'autre voix. Ne sois pas aussi contrariée.
- Filch n'est pas contrariée.
- Quand tu réponds par « brille », cela signifie que tu l'es.
Filch… ?
Aux vues de la conversation, cela ne paraissait pas être un échange hostile. Cela ressemblait à une discussion entre deux personnes proches. Comme des membres d'une même famille.
- Qu'est-ce qui te préoccupe ? Tu as dit que tu le ferais avec plaisir.
- Trouvez quelqu'un d'autre.
- Filch, sois raisonnable.
Un nouveau silence.
- C'est à cause de ce Cybertronien ? Comment s'appelle-t-il ? Outrigger ?
Ce fut l'effet d'un coup de couteau dans l'estomac.
Père Jean blêmit. Ils parlaient d'Outrigger…
- Laisse Outrigger en-dehors de ça ! gronda la dénommée Filch.
- Non, Filch. Si les supérieurs l'apprennent, ils seront moins cléments que moi. Ta loyauté ne doit pas être remise en question. On le sait toutes les deux.
- Brille ! Filch est loyale !
- Je n'en doute pas. Et je sais que c'est difficile. Mais on a besoin de cet objet pour assurer notre sécurité. La sécurité du Sanctuaire est tout ce qui importe.
- Filch le sait ! Mais Filch n'a pas envie de le faire.
Marie posa la main sur l'épaule de Père Jean. Elle lui indiquait qu'il fallait avancer.
Père Jean souhaita rester et écouter la suite de la conversation. Mais malheureusement, la situation ne le lui permettait pas.
Le fait qu'ils mentionnent Outrigger de cette façon…il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir satisfaire sa curiosité. Marie l'entraîna quelques mètres plus loin, et Père Jean ne put entendre la suite de la conversation.
- Qu'est-ce qui te prends ? souffla Marie.
- Ils ont parlé d'Outrigger. Il est en danger.
- Nous le sommes tous !
De quel objet parlaient-ils ?
Un objet…un artefact… ?
Père Jean laissa les pensées l'envahir. Marie accéléra le pas et il dût s'efforcer de suivre sa cadence.
- Tiens bon. Nous y sommes presque. Nous sommes sur le point de quitter le couloir.
Cette information ne manqua pas de le soulager.
- Ça ira, alors, fit Père Jean. On va y arriver.
- Toujours optimiste.
Mais la suite lui donna raison.
Bientôt, le noir devint plus sombre.
Marie s'arrêta.
- Je monte ou je descends ?
Père Jean hésita.
- On descend.
Marie s'exécuta.
Ensemble, main dans la main, ils se dirigèrent prudemment vers les marches descendantes.
« Outrigger…il est ici aussi ? l'interrogea Marie alors qu'ils descendaient.
Père Jean répondit par l'affirmative. Marie s'arrêtait pour l'aider à enjamber les marches, beaucoup plus grandes que celles d'escaliers à taille humaine.
Il s'agissait d'escaliers à taille Cybertronienne, après tout.
- Ils ont mentionné un objet qu'ils devaient récupérer, l'informa Père Jean. Cela ne peut pas être autre chose que les artefacts.
Marie s'arrêta.
- …Combien en avez-vous ?
- Dai Atlas a demandé à Wing et aux Autobots de tous les récupérer. Mais nous ne possédons que le Livre d'Epistemus pour l'instant.
- …Et celui que Gasket appelle le Diamant ?
Le cœur de Père Jean se serra.
- Les Decepticons l'ont récupéré. Au prix de la Cité d'Arkus. Wing, Rung et Bumblebee sont partis chercher les deux autres.
A cette pensée, Père Jean fronça les sourcils.
Il venait d'avoir une idée.
- Si…s'ils cachent les artefacts ici…peut-être pouvons-nous essayer de les reprendre ? Nous ?
La Couronne, le Diamant…
Si cela leur permettait d'empêcher la destruction de l'univers…
- …Ce serait trop risqué, Jean, répondit tristement Marie.
- Nous sommes ici.
Une telle occasion ne se présenterait plus.
Mais quelques mots de la femme qui avait partagé sa vie durant de nombreuses années le dissuada d'explorer cette idée.
- Réfléchis. Nous sommes dans un repère rempli de Decepticons. Et les artefacts font probablement dix fois notre taille. On ne saurait les transporter jusqu'aux Autobots.
Père Jean se mordit la lèvre.
Il souhaitait contribuer, aider leurs amis à protéger les artefacts. Mais elle avait raison. S'ils essayaient, ils se feraient rapidement attraper.
Peut-être les Decepticons seraient-ils même plus méfiants que jamais ?
- Tu as raison.
- Je sais que tu veux aider. Mais tu dois réaliser qu'on ne peut pas aider tout le monde en même temps. On doit penser à notre survie.
Oui…leur survie…
Ils ne devaient pas oublier leur situation actuelle. Un seul combat à la fois, comme l'avait mentionné Wing.
- …Jean. Arrête-toi.
Père Jean se figea.
Alors qu'il était sur le point de descendre davantage, Marie l'aida à se mettre à plein ventre sur une marche.
Des chuchotements et des murmures se firent entendre en bas de l'escalier.
- De quoi s'agit-il ? souffla Marie.
Père Jean utilisa à nouveau son audition développée.
De nouvelles voix. Père Jean se pencha davantage.
Une voix féminine. Une voix masculine.
Deux personnes échangeaient en bas. Père Jean espérait que lui et Marie étaient hors de portée et qu'ils ne les remarqueraient pas.
La voix masculine était rauque et plutôt agressive. L'autre paraissait beaucoup plus calme, s'exprimant comme dans un souffle.
- Vous avez encore diminué les rations ! gronda le Cybertronien.
- Si vous avez des réclamations à faire, répondit son interlocutrice de façon posée, il y a des horaires à respecter.
- Vous voulez que le peuple crève ou quoi ?
Des pas se firent entendre.
L'interlocutrice mit un temps avant de répondre.
- Ce n'est pas moi qui décide, répondit-elle, le ton presque désolé. C'est la Reine. Je ne suis que la Seconde. J'applique ses ordres.
- Vous vous dissuadez de votre foutue responsabilité. Vous laissez les gens crever de faim ! Et quand ils viennent demander des comptes, vous les torturez et vous les exécutez !
Le ton de la Cybertronienne changea.
Père Jean ne put retenir un tressaillement. Il ne comprit pas d'où il provenait. La Cybertronienne prit un ton plus doux, presque mielleux.
Un ton qui ne laissait aucune émotion réelle transparaître.
- La Reine ne désire que le meilleur pour son peuple.
- A d'autres ! Vous vous alimentez sur le dos des ouvriers ! Parce que vous êtes les têtes, vous croyez que vous pouvez tout vous permettre !
Le Cybertronien adopta un ton plus hostile, presque menaçant.
- Vous savez. Un de ces jours, il y aura des révoltes. Et vous serez les premiers à en pâtir.
- Est-ce une menace ? lui rétorqua la Cybertronienne, le ton glaçant.
Elle n'avait pas peur…
Contrairement à lui. Père Jean attrapa la main de Marie pour la lui serrer.
La Cybertronienne mit un temps avant de répondre plus calmement, sans toutefois camoufler un certain avertissement.
- Vous savez, déclara-t-elle finalement. Je pense que vous avez peut-être raison.
- De quoi ?
- Peut-être que des révoltes sont nécessaires pour faire comprendre à l'autorité le ressentiment du peuple.
Elle marqua une pause.
- On cherche à satisfaire tout le monde. Mais en ces temps de guerre, c'est compliqué de satisfaire les désirs du peuple et de la Reine.
- Que voulez-vous dire ?
- Je crains que la Reine ne se soit délaissée, l'informa-t-elle après un temps. Mais on ne peut lui en vouloir. Elle est en deuil. Son ancien Conjunx a rejoint le Allspark il y a peu. Et quand bien même j'essaie de lui faire entendre raison, ma voix ne comptera pas autant que celle du peuple. Je ne suis que la Seconde, après tout.
Le Cybertronien grogna, même si Père Jean devinait qu'il prenait ses mots en considération.
- Que me conseillez-vous de faire ?
- La Reine n'écoute que ceux qui sont plus forts qu'elle. Physiquement et mentalement. Scowl, n'est-ce pas ? Vous m'avez l'air costaud. Je me suis renseignée sur vous. Vous aimez détruire des choses, non ?
- En effet.
- Si vous voulez vous faire écouter par la Reine, vous ne devrez pas avoir peur de détruire également des personnes. Y compris la Reine elle-même. Si vous lui montrez qui est le plus persuasif, je suis certaine qu'elle écoutera vos revendications.
Père Jean fut foudroyé par ce récit.
Le dénommé Scowl parut hésiter.
- Vous me demandez d'utiliser la force ? Mais…c'est la Reine !
- Vous souhaitez parler au nom du peuple. Soit. Les gens vous respecteront sûrement pour avoir eu le courage d'exprimer leur ressenti en premier. Et de toute façon, cela ne dérangera nullement la Reine.
Scowl balbutia.
- Mais…et si je suis exécuté ?
- Cela n'arrivera pas. Je me dois de connaître la Reine. Et je sais qu'elle aime la douleur plus que n'importe qui. Dans le pire des cas, elle sera suffisamment séduite par votre persuasion pour vous attribuer une place élevée au sein de ses rangs. Et puis…
Son ton devint plus bas.
- Vous avez une famille, n'est-ce pas ? Une Conjunx et des étincelants en route. Si vous réussissez à vous faire entendre physiquement par la Reine, vous n'inspirerez que de la crainte et de la terreur parmi vos compères. Personne ne touchera à votre famille. La Reine, moi-même, nous y veillerons personnellement. A moins que vous ne préféreriez continuer à vivre comme ça. Ou que vous ne vous enfuyez que comme un lâche et qu'en représailles, vous regardiez votre famille se faire massacrer ?
Non, pensa Père Jean. Ne l'écoute pas.
Pourtant, il était évident que Scowl hésitait. Il hésitait réellement.
- …Vous pensez que cela marchera ? Que la Reine m'écoutera ?
- Bien sûr. Elle est en ce moment-même dans la salle du trône.
- Dans ce cas…
Il n'allait pas obéir, n'est-ce pas ?
C'était un piège…La main de Marie resserra son emprise.
Des bruits de pas se firent entendre. Scowl était sur le point de s'éloigner, de partir.
Soudain, une voix masculine familière résonna dans l'escalier.
- Tu n'as pas des tâches à accomplir, Scowl ?
Cet accent…
Où avait-il pu entendre cette voix ? Alors que Scowl poussait un grognement et descendait les escaliers, le nouvel arrivant reprit la parole.
- …Qu'est-ce que tu fabriques, Glowstrike ?
Il crut deviner un haussement d'épaules de la part de la Cybertronienne.
- Je discutais seulement. Il avait des revendications à formuler, répondit-elle d'un ton placide. Je l'ai envoyé voir la Reine pour en parler.
L'individu frappa dans ses mains, en signe d'applaudissement.
- Bravo, Glowstrike ! Quel coup de génie ! Quel retournement de situation. Je n'y avais pas pensé moi-même.
Mais il n'y eut que du sarcasme dans sa voix.
Puis, son identité fut révélée dès l'instant où Glowstrike lui rétorqua froidement.
- Ne commence pas à me faire la morale, Saberhorn.
Saberhorn…
- Tu le connais ? lui souffla Marie. Elle avait probablement dû voir sa réaction.
Père Jean opina du chef.
L'un des invités au Château de Garboil…il était également ici…
Il aurait dû s'y attendre. Lorsqu'il avait choisi d'aider Wing, il aurait dû s'attendre à devoir recroiser ceux qui ont repris la Couronne de Solomus.
Glowstrike poussa un soupir.
- J'ai échoué à tuer la Reine la dernière fois. J'essaie seulement autre chose pendant qu'Hardshell est loin du Sanctuaire.
- Et cet « autre chose » implique d'envoyer ce pauvre mech à la mort parce qu'il aura défié la Reine ? l'interrogea-t-il, le ton ironique.
- La Reine n'est peut-être pas aussi forte qu'on le croit. Lui, il a détruit des villes. Il peut peut-être en venir à bout.
- Je vois.
Saberhorn monta à nouveau. Marie et Père Jean se figèrent.
S'ils se faisaient repérer…
Mais Saberhorn ne monta pas plus. Il n'avait pas fini de discuter avec la dénommée Glowstrike.
- Tu peux peut-être simplement engager un assassin, ma Chère.
- J'y ai pensé. Crois-moi. Mais je n'aurais pas assez pour le payer.
Elle prit une inspiration.
- Et puis, je ne m'attends pas vraiment à ce qu'il la tue. Plutôt qu'il l'affaiblisse.
- Suffisamment pour que tu portes le coup final ?
- …En effet. Au moins, ils verraient à qui ils devront obéir par la suite.
- C'est mesquin et peu honorable. L'idée m'aurait plu, en temps normal.
Lorsque Wing et Père Jean l'avaient rencontré la première fois, Père Jean s'était questionné sur l'honnêteté de Saberhorn à leur égard. A l'égard de Wing, surtout. Mais au final, l'humain avait préféré lui laisser le bénéfice du doute.
Jusqu'à ce qu'il écoute les enregistrements pour démasquer l'assassin de Garboil. A partir de ce moment-là, les doutes n'avaient plus été permis.
Le ton de Saberhorn changea. Le sarcasme disparut.
- Mais je croyais que tu souhaitais protéger le Sanctuaire d'Airachnide elle-même, commenta-t-il sérieusement.
- Et donc ?
- Tu envoies un ouvrier du Sanctuaire à la mort. Simplement pour tuer Airachnide.
A cette remarque, Glowstrike ne répondit rien.
Saberhorn continua.
- N'est-ce pas un peu contradictoire, ma Chère ?
- Il faut bien faire des sacrifices. J'ai sacrifié Zizza. Et tu t'es chargé de ce Toolbox pour protéger mon secret. Cela ne devrait pas te poser de soucis maintenant.
- Peut-être que c'est ce que tu crois.
Père Jean devina que Saberhorn s'était rapproché d'elle.
- …Mais depuis ce qui s'est passé à Arkus, j'en ai assez de voir des innocents mourir encore et encore. Quand bien même cela nous débarrasserait d'Airachnide.
- …C'est ce que tu penses réellement ? répondit Glowstrike d'un ton sourd. Tu te sens coupable par rapport à Arkus ?
- …Cela t'étonnerait si je répondais que c'est le cas ?
Un nouveau silence.
Glowstrike effectua un mouvement. Probablement pour se retourner.
- Tu as douté. C'est normal. Tu ne pouvais pas prévoir la destruction d'une Cité.
- Tu me cherches des excuses ?
- Je serais hypocrite si je ne le faisais pas.
Il sentit un sourire dans la voix de Saberhorn.
C'était étrange. Il paraissait être une personne différente de celle qu'ils avaient rencontré au Château de Garboil. Plus sincère, plus tendre.
- Au bout d'un moment, les excuses ne marchent plus. Et si tu me cherches des excuses, tu admets que j'ai commis un acte impardonnable, déclara-t-il doucement.
- Je n'ai pas à te juger.
- Alors, ne m'imite pas. Tu as un but à accomplir. Tu souhaites retrouver tes émotions. Si tu désires protéger le Sanctuaire comme l'ancienne autorité le faisait, ne sacrifie pas les résidents mêmes du Sanctuaire que tu souhaites protéger.
Leur relation était on ne peut plus claire.
Ils étaient amants. Ou peut-être en étaient-ils au tout début de leur relation. Il s'agissait de la même atmosphère que Père Jean avait partagé avec Marie dans leur jeunesse, avant qu'il ne devienne prêtre lui-même.
- …Tu m'ennuies.
Quand bien même Père Jean ne perçut rien dans la voix de Glowstrike, l'instant d'après, ils l'entendirent rappeler Scowl. Lorsque ce dernier revint, Glowstrike l'invita froidement à respecter les horaires pour lui soumettre à elle ses revendications, non sans lui laisser un avertissement sur toute éventuelle menace physique à son encontre et envers la Reine.
Apparemment, Saberhorn avait semé le doute dans l'esprit de Glowstrike. Assez pour la faire changer d'avis.
La faire changer d'avis en bien, ne put s'empêcher de penser Père Jean.
- Satisfait ? lui demanda Glowstrike.
- Que mon avis t'importe ? Bien sûr, ma Chère, plaisanta Saberhorn.
- N'en rajoute pas.
- Au fait…
Saberhorn marqua une pause.
- Tu as eu un cauchemar la nuit dernière ? Je t'ai entendu appeler dans ton sommeil.
- …Cela n'a pas d'importance.
- Je m'inquiète juste. Tu avais l'air…
- Terrorisée alors que c'est impossible ? acheva Glowstrike.
Père Jean devina un hochement de tête de la part de son interlocuteur.
- …C'est seulement que quand j'étais plus jeune, je dormais avec mon père pour me rassurer. Peut-être le fait de dormir avec toi m'a rappelé ce souvenir.
- Je vois.
De nouveaux pas se firent entendre.
Père Jean n'eut aucun mal à deviner ce qui se passait. Saberhorn avait pris Glowstrike dans ses bras pour la serrer contre lui.
Malgré lui, comme pour se rassurer lui-même à son tour, Père Jean se rapprocha de Marie.
La sentir à proximité. Près de lui.
Puis, brusquement, Père Jean sentit une poigne puissante lui entourer la taille.
Ses pieds quittèrent le sol avant même qu'il ne puisse crier.
Une voix résonna dans ses tympans.
- Des humains ici !
Non…non…
- Lâche-nous ! hurla Marie qui avait été soulevée à son tour.
- Ils sont trop mignons !
La voix…la même voix qui parlait avec la dénommée Filch quelques instants plus tôt.
Père Jean essaya de se dégager mais sa respiration se coupa.
La Cybertronienne qui les tenait se mit à accélérer le pas, descendant les escaliers quatre à quatre. Père Jean trembla, aucun son n'émanant de sa bouche.
Puis, la Cybertronienne s'arrêta.
- Saberhorn ! Glowy ! Regardez ce que j'ai trouvé ! Je crois que des humains ont réussi à dénicher notre Sanctuaire !
