Note de l'auteur :

Lorsque je regardais l'anime XYZ, ou plus précisément la saison 19, je pensais vraiment qu'il y aurait une révélation sur Alain et le professeur Platane. Cela ne s'est pas du tout révélé être le cas. Mais rien à faire, je continue de les voir de cette façon, de voir Alain comme étant le fils du professeur Platane.

J'aime beaucoup la petite famille que forment Alain, le professeur Platane et Martine, sans oublier leur Pokémon, Dracaufeu, Carchacrok et Marisse.

Je ne prends en compte que les six premières générations (de Kanto à Kalos).

Avertissement :

Pokémon est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient. AU (Alternate Universe) de l'anime. Présence de violence non canon à l'anime.

Note du chapitre actuel :

Pour une grande partie de ce chapitre j'avais la version de l'anime du thème de Romant-Sous-Bois en tête. Cette musique est d'ailleurs associé joué lors de la séparation entre le groupe de Sacha avec Alain, Martine et le professeur Platane. En recherchant avec Pokémon The Series XY's Laverre City's Theme, elle se trouve très facilement. J'imagine d'ailleurs parfaitement la fin du thème s'achevant en même temps que le chapitre.


Le crépuscule dévore le ciel. Les racines de Zygarde rongent peu à peu la ville, détruisant un à un les bâtiments. La capitale kalosienne est détruite doucement mais inéluctablement. Kalosiens et touristes paniquent, cherchant à fuir entre les véhicules immobilisés des avenues.

Au sommet de la tour Prismatique, Alain recule d'un pas, se rapprochant du vide. De sa main gauche, il tient celle de Martine, et de sa main droite, celle de son père, tous deux debout derrière lui. Il doit les protéger, de Lysandre, qui se tient face à eux, menaçant. Toute cette force qu'il a accumulée, elle doit lui servir, maintenant, pour protéger les deux personnes qui lui sont les plus chères. Dracaufeu ne viendra pas l'aider. Alain ignore totalement où il se trouve, mais il sait que son partenaire n'interviendra pas, c'est une certitude. Il ne viendra pas.

Sous le soleil déclinant, l'ombre de Lysandre est immense. Elle recouvre d'obscurité une importante partie du sommet de la tour. L'homme a les bras écartés, la folie dévorant ses yeux et son visage.

– Tu te crois assez fort pour les protéger Alain ?

– Ne vous approchez pas !

L'adolescent est terrorisé. Sans Pokémon, il ne peut rien faire. Et son méga‑anneau devient de plus en plus lourd à son poignet. Son poids est douloureux dans son bras est dans son épaule. Mais il ne doit pas lâcher son père. Ni Martine. Sans lui, ils tomberaient du haut de la tour Prismatique. C'est une certitude. Et sans Dracaufeu, ils s'écraseraient trois centre mètres plus bras, sur un sol dévoré par les racines de Zygarde.

– Pourquoi les protéger alors qu'ils ne tiennent pas à toi ?

– Taisez‑vous ! Vous ne savez pas ce que vous dites !

Le professeur Platane et Martine ne réagissent pas. Alain peut ressentir leur calme. Il se demande s'ils ont réellement peur. Lui est terrorisé. Mais doit rester fort. Même si son cœur bat à un rythme insupportable, oppressant ses poumons. Chaque seconde provoque davantage de douleur dans son épaule gauche. Il doit l'ignorer pour continuer à tenir son père. Alain refuse de lâcher sa main. La souffrance cesserait, mais il tomberait de la tour. Il doit être fort. Pour sa famille.

– Allons, nous savons tous les deux que ton père ne t'aime pas.

– Vous mentez, ce ne sont que des mensonges, exactement lorsque vous prétendiez agir pour rendre service à l'humanité !

– C'est toi qui refuses de voir la réalité Alain, tu fermes les yeux et tu ne vois rien. Comme un petit garçon qui craint de voir la vérité en face. Ton père n'a jamais voulu de toi. Tu n'es qu'un petit bâtard que personne ne voulait.

Lysandre effectue quelques pas en avant, en direction d'Alain, complètement terrorisé. Il ne sait pas comment se sortir de cette situation. Si seulement Dracaufeu pouvait intervenir. Il pourrait les emporter loin d'ici, ou cracher un puissant jet de flammes. Mais il ne viendra plus. Il ne le reverra plus. À cause de Lysandre.

– J'ai essayé de te donner une chance. Te rendre utile pour que tu mérites d'exister. Que le professeur Platane désire être ton père. Et qu'as‑tu fais ? Tu t'es retourné contre moi, moi qui aie tant fait pour toi. Je n'ai pas besoin de faibles comme toi.

D'un geste déterminé, Lysandre active la gemme sésame de sa bague. Un éclat aveuglant est projeté par la pierre. Sous le regard effaré d'Alain, le corps de l'homme se transforme. Sa peau se couvre d'un plumage rouge et noir. Ses bras deviennent des ailes, ses yeux menaçant se colorent d'un bleu glacial. Une queue apparaît dans son dos. L'adolescent reconnaît avec horreur l'incarnation de la mort. Yveltal.

La créature vole en piqué sur Alain en poussant un cri strident. Ses serres puissantes s'enfoncent dans ses épaules, obligeant l'adolescent à lâcher les mains de Martine et de son père. Le contact est rompu immédiatement. Le sol se fissure sous leurs pieds, la tour Primastique s'effondre en les avalant.

Alain ne peut ni en voir plus, ni leur venir en aide. L'oiseau funeste l'emporte dans le ciel écarlate en serrant douloureusement ses épaules. Il n'a jamais eu le vertige avec Dracaufeu. Mais là, il craint plus que tous de s'écraser au sol. L'adolescent tente de se débattre, en vain, de crier. D'appeler à l'aide. Les supplications n'atteignent pas la créature. Elle vole, jusqu'à une altitude où Alain peine à respirer. Et le lâche soudainement, dans un ciel en flammes. L'adolescent hurle.

– Tout va bien Alain, je suis là.

Tout devient plus calme. Les couleurs feus, sont remplacées par une semi‑obscurité. Alain se sent tenu et blotti contre un corps chaud et rassurant. Installé confortablement, il reste dans cette position, se sentant en sécurité. Sa respiration se calme lentement. Le silence, agréable, est soulageant. Une main réconfortante caresse ses cheveux. Alain souhaite ne pas bouger, et s'endormir contre lui. De longues secondes s'écoulent ainsi, plongé dans cette atmosphère apaisante et rassurante.

Son esprit se réveille complètement, lorsque le corps l'étreignant bouge légèrement. Alain réalise alors être contre son père, que celui‑ci vient de le délivrer d'un cauchemar. Il s'écarte lentement de l'abri qu'il lui offre.

– Papa ?

– Là, c'est fini Alain, juste un cauchemar.

Celui qui le protège des mauvais songes est d'habitude Dracaufeu. Néanmoins, depuis qu'il n'est plus un petit Salamèche, il ne peut plus partager avec lui son lit. Seules ses nuits à l'extérieur leur laissent la liberté de dormir l'un contre de l'autre. Et Dracaufeu ne parvient plus à entrer dans sa chambre, trop étroite pour lui.

– Tu veux te rendormir Alain ?

Le souvenir de Lysandre se transformant en Yveltal est encore trop récent. Le garçon est certain que dès qu'il fermera les yeux, ce monstre viendra hanter ses songes. Son esprit est encore trop marqué par son cauchemar pour qu'il puisse se rendormir tranquillement.

– Non.

– Le soleil est presque levé, tu veux que je te prépare un petit déjeuner ?

Son estomac est trop noué pour pouvoir avaler quoi que se soit. La pièce lui semble devenir peu à peu oppressante, l'aura des ombres de la nuit étant encore présente.

– Je préférerais prendre l'air.

– D'accord, je t'accompagne.

Alain se lève de son lit, imité par son père. Il s'est couché presque entièrement habillé, étant peu d'humeur à mettre son pyjama la veille. L'adolescent attrape sa veste, dont il ne se rappelle pas avoir laissé sur son lit, ainsi que son écharpe. Il les enfile avant de quitter sa chambre, suivi de près par le professeur Platane.

Le laboratoire est encore plongé dans le sommeil. Le calme règne. Aucun Pokémon ne court encore dans les couloirs. Les lieux semblent suspendus dans le temps, dans une sérénité éternelle.

Rapidement, Alain et Augustin atteignent l'extérieur, après avoir précautionneusement ouvert la porte du hall, sans presque aucun bruit. Ils s'assoient sur la petite marche présente devant l'entrée, l'homme s'installant à la droite de son fils. La pierre est froide, tout comme l'air extérieur. Alain, qui préfère d'habitude la chaleur de son Dracaufeu, trouve cette fraîcheur agréable. Le professeur Platane, sorti sans veste et sans blouse, n'est pas du même avis, mais ne prononce aucun commentaire. Le soleil se lève doucement, chassant doucement la nuit par les doigts de l'aurore. Les étoiles sont pâles, disparaissant peu à peu dans la clarté du jour.

– Tu va mieux ?

– Oui, merci.

Alain ne sait pas quoi dire, surtout après les évènements de la veille. Il a dû chercher du réconfort auprès du portrait de sa mère, qui lui manque énormément, et s'endormir, emporté par la fatigue émotionnelle. Mais il n'en veut à présent aucunement à son père.

Le professeur Platane, pourtant aussi mal à l'aise, parvient à mener la conversation.

– Tu veux parler de ton cauchemar ?

– C'était idiot.

– Cela peut faire du bien de parler parfois. Même de choses anodines.

L'adolescent hésite un instant. Son songe lui paraissait si réel, la douleur, la peur, la scène. Et si ressemblante à ce qu'il a vécu quelques temps plus tôt. Les couleurs écarlates et écœurantes du ciel. Les racines animées et destructrices. Alain est pourtant habitué à ce que Lysandre vienne hanter ses nuits. L'homme n'avait encore jamais pris les traits d'Yveltal. Alain se décide finalement à le partager avec lui. Aujourd'hui encore, il est incapable de prononcer son nom.

– J'essayais de vous protéger de lui, toi et Martine. Il se transformait en Yveltal, pour me jeter dans le vide, pendant que vous tombiez, pris dans l'effondrement de la tour Prismatique, sans je ne puisse rien faire. Et Dracaufeu n'était plus là... je crois que j'étais censé l'avoir perdu, lui aussi.

– Lysandre ne fera plus de mal à personne. Je te le promets, tu es en sécurité.

Le corps du dirigeant de la team Flare n'a jamais été retrouvé. Et Alain se doute qu'il ne sera pas réellement en paix, tant que cela ne sera pas le cas. Il sait pourtant qu'il ne peut exister aucun reste physique de son être, après l'attaque reçu de Zygarde. Puissante et destructrice.

– Je te présente mes excuses Alain. Je me suis très mal comporté hier.

– Je peux quitter le laboratoire si tu veux.

– Non, je ne veux pas que tu quittes le laboratoire, c'est ton foyer. Je ne veux pas te perdre Alain.

Augustin se tourne légèrement vers Alain, plongeant ses yeux dans les siens pour la première fois depuis le début de la conversation. L'adolescent ne cherche pas à détourner le regard, bien qu'il ait du mal à soutenir le sien.

– J'ai réalisé que j'avais été absent pendant tout ce temps pour toi. Et pour ta mère. Alors que vous auriez eu besoin de moi. Je ne pourrais jamais me pardonner pour ce que je vous ai fait endurer tous les deux.

Sa mère ne lui a jamais partagé ses pensées au sujet de l'absence de son père. Elle s'est toujours montrée forte face à lui. Il s'imagine qu'elle devait lui cacher ses doutes, ses craintes ou le manque qu'elle devait éprouver. Sa mère n'a jamais connu une seconde fois l'amour, Alain en est certain. Mais il ignore totalement son ressenti concernant son père.

– Apprendre la mort de ta mère, même après toutes ses années a été dur. Et toi, tu as dû traverser cela tout seul.

Le cœur d'Alain se serre à l'évocation de sa mère. Il aimerait tant qu'elle soit encore en vie, que la maladie ne l'ait pas importé. Sa mère lui manque beaucoup. Pas un jour ne passe sans qu'il ne pense à elle. Depuis qu'il a rencontré son père, il n'a pas eu le courage de retourner se recueillir sur sa pierre tombale. Il s'est déjà demandé si sa maladie n'a pas pu naître de la fatigue causée par son emploi et la gestion de son foyer. Adolescent, il l'aidait au maximum pour alléger ses tâches. Enfant, il faisait tout pour rester sage et ne pas causer de problème à sa mère.

– Pendant tout ce temps, je n'ai pas été capable de réaliser que tu étais là, sous mes yeux. Je ne te voyais pas. Juste un assistant que j'aimais beaucoup, et très efficace dans son travail.

Les yeux de l'adolescent se mettant à le piquer. Oui, il a été là des mois durant à essayer de se faire reconnaître, sans que son père ne comprenne la réalité. Un temps, qu'il rêvait de passer avec lui en tant que fils et non dans l'ombre.

– J'aurai dû voir que tu me ressemblais physiquement. Tu as été si courageux Alain.

– Je ne suis pas courageux. J'ai été incapable de te le dire pendant tout ce temps. J'aurai dû te le dire le jour même de mon arrivée, au lieu de prétendre que je voulais être ton assistant.

– Tu avais peur que je te rejette ?

Alain mord l'intérieur de ses joues, tentant de retenir les larmes qui menace de déborder. Oui, il craignait de se faire rejeter, être détesté, provoqué de la haine et du dégoût chez son père. De se faire chasser, de ne jamais pouvoir se faire aimer.

Il hoche la tête tandis qu'une larme solitaire parvient à fuir et à couler sur sa joue.

– Je ne peux pas t'affirmer avec certitude comment j'aurais réagi si tu me l'avais dit dès le début. Je ne peux nier que j'aurai sûrement paniqué, ou penser que c'était impossible, que tu te trompais. Mais, je peux te promettre une chose dont je suis sûr Alain. Je ne t'aurais pas rejeté.

Une seconde perle d'eau roule sur le visage d'Alain. Il devient de plus en plus dur de contenir ses larmes. Il échappe un reniflement.

– Au final, c'est exactement ce que j'ai fait hier. Et pourtant, je te connaissais...

Doucement, mais d'un geste sans hésitation, Augustin se penche sur Alain. Il déplace sa frange de sa main et dépose un baiser sur son front, juste en dessous de la racine de ses cheveux. Tous les doutes d'Alain disparaissent en un instant, envolés, sous l'effleurement de ses lèvres.

– Je tiens beaucoup à toi Alain. J'ai toujours eu beaucoup d'affection pour toi. Je suis heureux que tu sois mon enfant. Je t'aime mon fils.

Alain ne peut plus retenir plus longtemps ses sentiments. Il éclate en sanglots, mélange de joie et de tristesse. Naturellement, et sans retenue, il se blottit dans les bras de son père, qui l'enlace immédiatement. Mélange de joie et de tristesse, sentiment doux‑amère, Alain pleure toute ses larmes. Ses joues sont telles les étendues d'herbes, couvertes de rosée en ce matin. Augustin le sert contre lui, le laissant extérioriser tout ce qu'il garde pour lui depuis si longtemps. Il pose son menton sur son épaule droite tremblotante, ferme les yeux et sourit doucement.

Sous les teintes pastel du ciel, ils sont réunis, ensemble, en tant que père et fils.