CHAPITRE 65
OOC : Coucou à tous ! Voici un nouveau chapitre ! Merci à Kuro Sha et Cao dreams in books pour leurs reviews ! Laissez des commentaires si vous en avez envie. Ça fait toujours plaisir de savoir où je peux m'améliorer.
Je crois que des humains ont réussi à dénicher notre Sanctuaire !
Ils avaient été trouvés…ils avaient été perçus à jour…
Pendant plusieurs minutes, Père Jean s'arrêta de respirer.
Pas seulement en raison de l'emprise autour de sa taille qui laissait difficilement son souffle passer à travers son corps, mais également par la terreur qui le broya dès lors que la Cybertronienne qui les avait attrapés avait prononcé ces quelques mots.
Cet état dura le temps du trajet de la Cybertronienne dans les escaliers, où Père Jean ressentit les pas précipités faisant trembler la main qui le maintenait au-dessus du sol.
Cette panique…Père Jean l'avait déjà ressentie. Au domaine de Garboil. Quand il avait écouté les enregistrements et que Filch l'eut jeté dans le vide pour l'empêcher de prévenir Wing.
Ce même état…mais en pire. En pire parce qu'il se trouvait actuellement dans un endroit inconnu. En pire parce qu'il venait de recroiser Saberhorn. En pire parce que Wing n'était pas présent pour le protéger.
En pire parce que Marie était présente. Il ressentit sa terreur en plus de la sienne qui lui était propre. Dans l'autre main, non loin de lui, il pouvait l'entendre crier, se débattre en vain pour se libérer de l'emprise de la Cybertronienne.
Oui. Tout cela dura jusqu'à ce que les pas s'arrêtent et qu'elle atteigne la fin des marches. Père Jean sentit la présence de Saberhorn et de la dénommée Glowstrike à quelques mètres de lui. Il pouvait deviner leurs yeux, ou plutôt leurs optiques, braquées sur eux.
Dans une tentative pour récupérer de l'air, Père Jean plaça sa main sur le métal froid de celle de la Cybertronienne. Ses pieds coupant l'espace, il essaya de se redresser, cherchant désespérément à reprendre son souffle.
Fort heureusement, la Cybertronienne parut comprendre le message puisqu'elle desserra instantanément son emprise quelques secondes après.
« Je suis désolée ! Je n'ai pas conscience de ma force par rapport à celle des humains. C'est la première fois que j'en vois d'aussi près ! » s'excusa-t-elle maladroitement.
Et ce n'était pas sarcastique. Elle parut extrêmement sincère et gênée par son geste.
Mais ce bref moment de répit ne dura pas longtemps.
Un court silence tomba avant que la voix de Glowstrike ne s'élève à nouveau.
« …Comment des humains ont-ils pu atterrir ici ? » demanda-t-elle calmement.
A nouveau, Père Jean frissonna.
Ce même ton détaché. C'était une chose de l'entendre s'adresser à quelqu'un d'autre. C'en était une autre de l'entendre s'adresser à lui-même.
« Hé bien, renchérit-elle, d'un ton qui, même sans lever la voix, parut un peu plus impatient après un autre silence. J'attends. Comment des humains comme vous ont-ils pu atterrir ici ? Dans notre domaine ? Dans notre Sanctuaire ? »
Un Sanctuaire…
Père Jean ne répondit pas. Marie non plus, mais il la connaissait. Marie était un soldat. Elle devait probablement la défier silencieusement à l'heure actuelle.
Elle refuserait de parler. C'était même certain.
L'autre Cybertronienne finit par s'exprimer à leur place.
- Vous êtes sûrs qu'ils parlent notre langue ?
- Bien sûr qu'ils parlent notre langue, déclara froidement Glowstrike. Autrement, les Autobots ne perdraient pas leur temps à les protéger, eux et leur planète.
Père Jean baissa la tête. Un nouveau pas. L'un des deux interlocuteurs s'était rapproché. Il ne sut deviner lequel.
- Je les imaginais plus bavard, s'étonna la Cybertronienne. Kickback dit qu'ils le sont, de ce qu'il en a vu.
- Et tu crois encore cet imbécile, Rose ? soupira Glowstrike.
- Glowstrike…
Cette fois-ci, ce fut Saberhorn qui parla, le ton grave.
Et une sensation glacée parcourut le dos de Père Jean dès lors qu'il entendit la phrase qu'il redoutait inconsciemment depuis qu'il avait eu connaissance de la présence de Saberhorn en ces lieux.
- …Je le reconnais. L'humaine ne me dit rien, mais je reconnais celui-là.
- Pardon ? fit Glowstrike en guise de réponse.
Il put deviner que cette dernière s'était penchée. Rose leva les mains. Probablement pour que Saberhorn et Glowstrike les inspectent de plus près.
- D'où le reconnais-tu ? Ils se ressemblent tous, répliqua-t-elle d'une voix presqu'acide.
- …Il était au Château de Garboil. Avec le membre du Cercle de la Lumière. Avec Wing.
Il s'y était attendu.
Ils s'étaient fait repérer. Après son vécu avec les Decepticons qu'il avait rencontré, Père Jean essaya de ne pas imaginer ce que ceux-là seraient susceptibles de leur faire.
A lui, à Marie.
Il écouta la respiration discrète de Glowstrike.
Etait-ce de l'hésitation ? Toutefois, ce court moment disparut aussi vite qu'il n'était apparu. Son ton indiquait maintenant une trace de curiosité.
- …Quel est ton nom ?
Il devina que Marie lui indiquait silencieusement de ne pas répondre d'un signe de tête. Père Jean poussa un soupir avant de s'exécuter.
Saberhorn l'avait déjà reconnu, de toute façon.
- Vous pouvez m'appeler Père Jean.
Mais il ne put savoir si Glowstrike s'en souciait véritablement. Elle s'adressa une nouvelle fois à Saberhorn.
- Tu disais que vous aviez croisé Wing, le dénommé Bumblebee et un autre Autobot à Arkus, n'est-ce pas ?
- En effet.
- Et Scorponok les a également rencontrés à Messatine.
Mais il devina que c'était quelque chose qu'elle savait déjà. Père Jean comprit où elle voulut en venir.
Wing, ainsi que le Cercle de la Lumière en général, était neutre. Père Jean avait essayé de ne pas l'oublier.
- Donc, le Cercle de la Lumière et les Autobots se sont alliés contre nous, constata-t-elle froidement. N'est-ce pas vrai, Père Jean ?
Elle eut du mal à prononcer son nom. Mais par le venin qui apparaissait discrètement dans son ton, ce ne fut pas accidentel.
Père Jean choisit de garder le silence.
- Dans ce cas, il n'y a plus aucune neutralité possible, grinça Glowstrike d'une voix qui le fit à nouveau frissonner. Tant qu'ils ne nous attaquaient pas, il n'y avait pas à les attaquer. Mais maintenant qu'ils ont choisi un camp…Ils blâmeront les Autobots pour les avoir entraînés dans ce conflit. Comme les humains qu'ils comptaient soi-disant protéger.
Il se raidit tandis que Marie continuait de se débattre dans la main de Rose.
C'était clairement une menace à leur égard. Et l'échange suivant fit apparaître une boule d'angoisse dans la poitrine du prêtre, qu'il essaya tant bien que mal de canaliser.
- Glowy…l'interrogea Rose après un silence. Tu…tu vas en faire quoi ? Des humains ? On peut les garder ?
Son ton fut presque innocent.
- Aucun humain n'est supposé connaître notre existence. Ils ont découvert notre Sanctuaire. Et ils risquent de révéler son emplacement aux Autobots et aux humains.
Elle marqua une pause.
- Je suis sûre que la Reine sera ravie d'en ajouter dans sa collection.
Marie hurla. Père Jean l'entendit presque frapper contre la main métallique de Rose pour qu'elle la lâche.
Mais Rose ne la lâchait pas. Père Jean fut à nouveau soudainement emprisonné dans sa paume. Il se remit à tousser, cherchant de l'air.
- Glowy…prononça Rose, hésitante.
- Glowstrike, lui fit remarquer Saberhorn. Wing m'a sauvé.
Cela réduisit cette dernière au silence.
- Et puis…On a peut-être plutôt intérêt à les garder en vie.
Il n'ajouta rien de plus.
Pour peu, Père Jean aurait pu deviner un sourire fin sur les lèvres de la Cybertronienne.
- C'est vrai, approuva-t-elle d'un ton mielleux.
A nouveau, il la sentit se pencher sur eux.
- Qu'est-ce que vous allez faire de nous ? cracha Marie, la colère évidente dans son ton.
- On n'est pas obligés de vous tuer. Seulement si vous coopérez.
- Quoi ?
- On a besoin d'objets sacrés, répondit Glowstrike calmement. On peut vous garder comme otages…et vous rendre aux Autobots contre l'artefact que vous avez.
Le Livre d'Epistemus.
Non. C'était hors de question.
Ils avaient déjà la Couronne, le Diamant…ils ne pouvaient pas les laisser avoir le seul artefact qu'ils aient !
Marie mit un temps avant de rétorquer.
- Et comment savons-nous que vous allez tenir parole ? Que vous allez bel et bien nous rendre aux Autobots ?
- On a quelque chose qui s'appelle la classe, répliqua Saberhorn d'un ton sec. Et quel intérêt aurons-nous à vous garder ici ?
- A part pour combler un autre des plaisirs de la Reine, renchérit Glowstrike, crachant presque de dégoût.
A nouveau, Rose desserra sa prise.
Père Jean avait peur.
Ils ne pouvaient pas…Ils ne pouvaient pas les utiliser comme otages. Les Autobots avaient la sûreté des humains à l'esprit. S'ils acceptaient l'échange, leur chance de sauver l'univers ne ferait que s'amoindrir considérablement par la perte d'un nouvel artefact.
Mais si les Autobots refusaient…
Père Jean avait peur pour lui et pour Marie. Il ne pouvait pas prétendre le contraire. Mais il s'en voudrait si, par leur faute, la sienne surtout, l'univers et tout ce qu'il connaissait soient détruits.
La seule chose qui le conforta était qu'au moins, Marie partageait son même état d'esprit. L'instant d'après, elle rétorqua d'un ton dédaigneux.
- Vous croyez réellement que les Autobots vont se bouger pour nous ? Pour en plus, vous donner un objet aussi important ?
Wing le ferait, pensa amèrement Père Jean. Les Autobots le feraient également. Mais même si le Cercle de la Lumière était supposé être neutre et ne pas s'affilier aux humains, Père Jean savait que Wing ferait tout son possible pour le sauver dans pareille hypothèse.
Je ne veux pas vous perdre et ne pas me souvenir de vous.
Il le croyait vraiment.
- Ils l'ont toujours fait dans le passé, grinça Glowstrike. Au point de mettre la sûreté de l'univers en péril. Cela ne changera pas de d'habitude.
- Vous êtes vraiment fêlés, gronda Marie. Complètement tarés.
A nouveau, elle se débattit. Puis, elle explosa.
- Vous osez réunir des artefacts ? Au point de potentiellement condamner un univers tout entier ? Vous détruirez votre propre planète ? Cybertron ? Vous vous moquez de son sort ? Alors que depuis le début, ce foutu conflit entre Autobots et Decepticons était par rapport à votre planète détruite !
Père Jean sentit l'agacement chez Saberhorn mais il ne discerna aucune émotion chez Glowstrike.
C'était comme si ses mots ne l'atteignaient pas.
- Et que sais-tu de Cybertron, humaine ? articula lentement Glowstrike.
- J'en sais assez pour m'en préoccuper.
- Ce n'est plus chez nous, Cybertron, rétorqua froidement Saberhorn à son tour. Pourquoi crois-tu qu'on s'est réfugiés ici ? Parce que les Autobots s'en sont pris à nous.
La répartie de Marie fut plus rapide que toutes les autres.
- Tout comme vous vous en êtes pris à Gasket ? En quoi êtes-vous mieux que les Autobots ?
Père Jean n'aurait pas osé.
Elle était extrêmement courageuse. C'était la Marie qu'il connaissait. La Marie soldat. La brave. Il n'aurait pas osé braver sa peur pour exprimer une telle colère.
Mais cela avait été une erreur. Une immense erreur puisque l'instant d'après, Glowstrike et Saberhorn échangèrent d'un ton entendu.
- Donc, cette petite humaine connait Gasket.
- C'est parfait. D'une pierre deux coups.
Marie gronda.
- Vous êtes des monstres. Et je sais qu'un jour, vous paierez ! C'est un fait universel. Tout le monde paie un jour ou l'autre !
- Soyez déjà chanceux qu'on vous garde en vie, grinça Saberhorn.
Puis, il s'adressa à Rose.
- J'admire sa bravoure. Elle est soit incroyablement courageuse ou incroyablement stupide. Tu aurais pu t'occuper de ces prisonniers. Mais si elle continue, c'est moi qui me charge d'elle.
- Va te faire voir ! lui rétorqua Marie en guise de réponse.
- Marie ! Arrête ça! lui cria Père Jean.
Ils n'étaient pas en position de négocier.
Il devina un haussement d'épaule de la part de Saberhorn.
- Tu l'auras voulu.
Il y eut un mouvement rapide. Le prêtre comprit tout de suite.
- Non ! Laissez-la ! supplia Père Jean.
Tout de suite, il perdit ses moyens. Marie relâcha un couinement. Saberhorn venait de l'agripper.
- Laissez-la ! Laissez-la !
- Je ne crois pas, lui rétorqua Saberhorn sèchement.
- Non ! Arrêtez ! Arrêtez-
Un coup de feu venait de résonner dans ses oreilles.
Le cœur de Père Jean manqua de s'arrêter.
Un bruit faible, comme du verre qui se brisait.
Cela venait du revolver de Marie.
Tout de suite après, Saberhorn poussa un hurlement strident.
Un hurlement de douleur. Un bruit sourd se fit entendre tandis que Saberhorn plaquait ses mains sur son visage.
Marie était tombée au sol.
Père Jean n'avait pas discerné d'émotion chez Glowstrike…au moins jusqu'à maintenant.
Il sentit une vive rage chez la Cybertronienne. Et Père Jean comprit que Marie avait utilisé son arme contre son geôlier.
Selon le son de verre brisé, Père Jean se rappela des optiques des Cybertroniens. Marie avait visé celle de Saberhorn.
Et aussitôt que Marie toucha le sol, la Cybertronienne avait effectué un mouvement vif du pied qu'elle percuta sur Marie.
Père Jean crut sortir de son propre corps. De devenir spectateur lorsque Marie heurta le mur dans un écho lointain.
- Marie !
Mais Marie ne répondit pas.
Son sang se glaça. Et pendant un instant, Père Jean crut que Glowstrike l'avait tuée.
Mais lorsque les pas de Glowstrike s'éloignèrent et qu'elle se pencha pour ramasser quelque chose, Père Jean fut soulagé d'entendre la respiration saccadée de Marie.
Une odeur de sang frappa ses narines.
Marie avait besoin de soin. Et le soulagement de Père Jean s'évapora lorsque Glowstrike prononça cette parole d'un ton sinistre.
- Tout compte fait, on n'a pas réellement besoin de deux humains.
- Marie ! Glowstrike, arrêtez ! supplia Père Jean.
Glowstrike ne répondait pas.
- Glowstrike ! répéta Père Jean.
Elle parut parler à quelqu'un en-dehors de la pièce. Par communication ?
- Tarantulas. Ordonne à ton Autobot de soigner Saberhorn s'il ne veut pas voir l'un des humains qu'il comptait protéger servir comme sujet d'expérience.
- Jean…cracha Marie entre deux toux.
- Marie…
La rassurer…
Il devait la rassurer…trouver les mots…
- On va s'en sortir. Marie…je te promets qu'on va s'en sortir ! On sortira d'ici ! Je viendrai pour toi ! hurla Père Jean à en perdre la voix.
Mais Marie ne répondit plus.
Il comprit qu'elle avait déjà disparu. Qu'ils l'avaient déjà emmenée.
Il fut posé sur une surface métallique.
Père Jean devinait qu'il s'agissait d'une table à taille Cybertronienne. Il entendit les pas de la Cybertronienne s'éloigner.
« …Tu dois penser que je suis cruelle. Que je suis un monstre » commenta Glowstrike, méprisante.
Père Jean ne répondit pas.
Il eut l'impression d'être face à un lion. Un animal qui bondirait sur lui à tout instant.
« …Tu ne seras pas le premier à me le dire. Ni le dernier, je pense.
- Où est Marie ?
Il ne pensait qu'à elle. A la rigueur, même si Glowstrike le terrorisait, elle n'était que le cadet de ses problèmes par rapport à la condition de Marie.
Il devina un haussement d'épaules de la part de Glowstrike.
- Elle a besoin de soin, dit Père Jean. Nous ne sommes pas faits de métal comme vous, les Cybertroniens.
- Je sais déjà ça.
Il comprit qu'elle s'était éloignée.
- Elle a besoin d'un médecin.
- Il n'y a qu'à espérer que le médic Autobot sache aussi soigner les humains. Mais il ne s'en occupera que s'il soigne l'optique de Saberhorn. C'est ton amie qui l'a attaquée le premier.
- Vous nous menaciez, Glowstrike…
Mais il devinait déjà qu'elle s'en moquait.
Père Jean inspira. Il devait se calmer. Il n'obtiendrait rien dans cet état-là.
- Nous nous sommes sentis menacés.
- Je peux te le dire ici car personne ne croira un humain. Ils sont faibles et pathétiques.
Elle poussa un soupir.
- Saberhorn ne lui aurait pas fait de mal, de toute façon.
- Comment pouvions-nous le savoir ?
- Parce que je le connais. Parce ce qui s'est passé à Arkus l'a considérablement affecté, quand bien même il ne montre rien. Et je pense qu'il a demandé à vous garder en vie parce qu'il se sentait redevable. Une sorte de Code de l'honneur qu'il façonne à sa manière.
Glowstrike avait sans doute grimacé à cette dernière phrase.
Un Code de l'honneur. Comme l'honneur enseigné par Wing ?
Père Jean se mordit la lèvre. Il n'en voulait absolument pas à Marie pour s'être défendue. Elle souhaitait se protéger. Le protéger aussi.
- Si vos amis nous rendent l'artefact, continua Glowstrike, il est très probable qu'il m'aurait obligée à respecter ma parole.
- Je croyais qu'il y avait une Reine, répondit Père Jean après un silence.
Il la sentit frémir à cette constatation.
- Qui commande ici ?
- Tu t'attends à ce que je te réponde ? répliqua-t-elle sèchement. Cela ne concerne pas les humains. La chaîne de commande ne concerne que le Sanctuaire.
- Mais il y a bel et bien une Reine en ces lieux…
Une Reine que Glowstrike souhaitait apparemment faire assassiner. Mais Père Jean se garda de le dire.
- Comment pouvez-vous garantir réellement notre sécurité ? La Reine ne sait pas que nous sommes ici, n'est-ce pas ?
- Bien sûr qu'elle ne le sait pas, grogna Glowstrike. Elle serait capable de vous tuer sans réfléchir à ce que vous pouvez nous apporter.
Elle parut se reprendre. Son ton redevint détaché.
- Mais si les Autobots refusent, je n'aurais aucun intérêt à vous garder en vie.
- Saberhorn vous obligerait à respecter votre parole ? répéta Père Jean, sans trop y croire.
Mais il devait lui parler. Il devait essayer de la convaincre de le laisser voir Marie.
Il fallait qu'il discute avec elle. Au moins, qu'il essaie.
- …Je l'ai dit.
- Marie me protégeait. Vous en auriez fait autant pour Saberhorn si les rôles avaient été inversés.
- Et qu'est-ce qui te fait croire cela ?
Continuer. Continuer.
- Vous devez drôlement l'aimer pour l'écouter autant.
- Je ne l'aime pas.
Malgré elle, il y eut de l'hésitation.
- Ce n'est qu'un outil pour moi. Un outil bien serviable.
- Je ne vous crois pas.
- Crois ce que tu veux.
- Ne vous rendez pas plus cruelle que vous ne l'êtes déjà.
Pour lui, l'attitude de Glowstrike n'était pas celle de quelqu'un qui considérait Saberhorn comme un outil.
A nouveau, la menace revint dans son ton.
- N'ose pas me donner des ordres, humain. Tu ne me connais absolument pas.
- Marie me protégeait, insista Père Jean. Si quelqu'un doit être puni, c'est moi.
- Peut-être.
Sa voix démontrait qu'elle considérait ses mots.
- Mais c'est toi qui es proche des Autobots. Pas elle.
Père Jean se racla la gorge, pour camoufler sa voix tremblante. Pendant un instant, il souhaita abandonner. Ne pas en dire davantage.
Mais…il pensait qu'en persévérant.
- Je ne suis pas si proche que ça des Autobots.
- Mais tu es proche de Wing, rétorqua-t-elle.
- Pourquoi cela vous intéresse ?
- Parce que depuis le début, il ne nous met que des bâtons dans les rues. Lui et le Cercle de la Lumière.
Glowstrike sembla se redresser.
- Ils clament leur neutralité. Mais au final, ils sont Autobots dans l'âme. Quelle blague. Et ils se prétendent Autobot en gardant des humains comme animaux de compagnie.
Animal de compagnie…
Cela faisait longtemps que cette phrase n'était pas revenue. Père Jean frissonna malgré lui.
- Mais tu veux savoir quelque chose, humain ?
Il savait que Glowstrike s'était retournée.
- Le Cercle de la Lumière n'est pas un allié de poids pour les Autobots. C'est la raison pour laquelle ils ne sont pas notre cible principale. Pourquoi on ne les vise pas en priorité. Parce que ce sont des lâches. Ils refusent d'assumer leurs positions, ils refusent d'assumer la guerre et ils refusent de prendre des responsabilités. Ils abandonnent toujours au dernier moment.
De la rancœur, devina Père Jean.
Glowstrike inspira.
- …Ils vous abandonneront aussi. Les humains, les Autobots. Tous pareil.
- Non, répliqua doucement Père Jean.
- Ils vous abandonneront. Non seulement les humains sont pathétiques, mais en plus ils sont naïfs.
Il n'abandonnerait pas Wing et Wing ne l'abandonnerait pas. C'était ce qu'il essayait de se dire.
- Vous paraissez beaucoup leur en vouloir.
- Bien sûr. Ils refusent de nous laisser prendre ce qui nous appartient.
- Les artefacts ne vous appartiennent pas, répliqua Père Jean, de façon soudaine et plutôt ferme.
Il ne s'était pas exprimé jusqu'à maintenant.
Peut-être que Marie l'influençait aussi…
- Ni à vous, ni aux Autobots. A personne.
- Donc, ils appartiennent au Cercle de la Lumière. C'est ce que vous sous-entendez.
- J'ai dit qu'ils n'appartenaient à personne.
- C'en est presque touchant. La façon dont tu défends le Cercle de la Lumière. La façon dont tu défends Wing.
Le dédain revint.
- Vous savez. Si j'étais au pouvoir, si le Cercle de la Lumière avait été un tant soit peu raisonnable et avait conservé sa neutralité, ils auraient sûrement été épargnés. Mais bon. Il s'agirait du parfait scénario.
- Le parfait scénario serait que vous rendiez les artefacts.
- Pas si le Sanctuaire est en danger.
- Vous ne causerez que des morts.
Cela réduisit Glowstrike au silence.
- …Non. Il n'y aura pas autant de morts que ça. Tant que vous nous laisserez tranquille. Je ne suis pas Airachnide.
Brusquement, elle se coupa d'elle-même.
Père Jean sentit qu'elle le fusillait du regard.
- …Tu n'es qu'un humain. Qu'est-ce que vous comprendriez de toute façon ? Au conflit ? Au Sanctuaire ?
Discuter avec elle…
Il fallait qu'il choisisse les bons mots. Au moins pour qu'il la laisse prendre des nouvelles de Marie. Ou qu'il soit enfermé dans la même cellule qu'elle.
- Vous avez raison. Je ne comprends pas. J'apprends. Je veux seulement savoir ce qui vous pousse à de tels extrêmes alors que la guerre est terminée.
- La guerre est terminée ? C'est ce que tu sous-entends ?
Puis, Père Jean devina un sourire mesquin sur le visage de Glowstrike.
Ce fut lui qui recula à son tour. Il manqua de glisser et se rattrapa d'un geste en posant la main sur le métal froid de la table.
- …Tu souhaites que je te montre quelque chose ? lui susurra Glowstrike.
Père Jean ne répondit pas.
Il entendit Glowstrike enclencher la communication.
Puis, sa voix résonna dans son cerveau.
- Scorponok. La Reine Airachnid t'envoie un escadron de cent Insecticons pour t'assister dans ta mission à Frayus.
Père Jean manqua de s'effondrer. La nouvelle lui fit l'effet d'un coup de tonnerre.
Cent Insecticons…
- …Ne les gâche pas et ne revient pas les mains vides, acheva-t-elle d'un ton menaçant.
…Wing, Rung et Bumblebee…
Ils pouvaient être puissants…mais ils seraient largement dépassés par un tel escadron…
Et pour l'heure, seul Père Jean et Glowstrike savaient qu'ils étaient en route. Pour récupérer l'artefact suivant.
Brusquement, ses pieds quittèrent la surface métallique.
Glowstrike l'avait saisi, le portant à bout de bras tandis qu'elle resserrait son emprise autour de la taille.
Il fut projeté dans un emplacement qui lui fut beaucoup plus étroit. Une porte devant lui se referma.
Une cage…
- …Vas-y. Dis maintenant que je suis un monstre, répéta Glowstrike, presque sur un ton provocateur.
Père Jean se mordit la lèvre.
Que répondre… ?
Glowstrike ne le laisserait pas voir Marie. Et elle venait d'envoyer tout un escadron pour récupérer un artefact et se débarrasser des Autobots.
Il avait échoué. Il avait échoué à discuter.
La boule d'angoisse le prit à la gorge.
Pourtant, il put seulement articuler.
- …Vous aimerez bien que je vous dise que vous l'êtes. Que vous êtes un monstre. Mais je ne le ferai pas. Je ne vous offrirai pas ce plaisir.
Glowstrike ne répondit pas.
Il n'entendit qu'un faible soupir, presqu'inaudible.
Puis, la porte se referma.
Il s'était sûrement assoupi.
Les pensées avaient tourné en boucle dans sa tête, encore et encore. Des pensées qu'il essayait d'enfouir autant que possible.
C'était trop tard. Avec eux comme otages, avec un escadron de cette taille qui venait pour les Autobots, ils ne gagneraient pas.
Ils mourraient. Il ne serait même pas avec Marie quand cela se produirait.
Mais il ne devait pas les écouter. Il savait qu'il ne devait pas. La situation n'était pas encore perdue, après tout.
Ils les gardaient en otage.
Marie devait tenir…Il devait la rejoindre, veiller sur elle.
Il entendit la porte se rouvrir.
Père Jean fronça les sourcils. Etait-ce Glowstrike qui revenait ?
Ou quelqu'un d'autre ?
Mais ce ne fut pas elle. Ce n'était pas son pas.
« …Ma Dame ? »
Cette voix…
Il la reconnaissait. Père Jean se redressa et se rapprocha pour se faire entendre.
« Glacius ! »
Il sentit Glacius se raidir.
- …Vous ici ! L'humain…enfin…je ne me souviens pas de votre nom.
- Moi ici, sourit Père Jean.
Les mauvaises pensées s'éloignèrent, même de façon temporaire.
- Que faites-vous ici ?
- …J'ai croisé Swelter, dit Père Jean. Et…j'ai souhaité le suivre.
- Pourquoi donc ?
Père Jean mit un temps.
- Pour…les chatons. Ceux dont il s'occupe.
- Oh.
Le silence tomba.
Il ignorait si Glacius l'écouterait…s'il agirait de façon aussi méfiante que Swelter.
Père Jean prit une inspiration. Il valait mieux essayer. Tout essayer.
- …Est-ce que tu me laisserais sortir d'ici ?
La réponse de Glacius fut plus rapide que prévu.
- Si on vous a enfermés, c'est pour une bonne raison.
- Je sais. Mais j'ai besoin de sortir pour aider mon amie.
- Votre amie ?
Père Jean hocha la tête.
- Elle est en danger. S'il te plait, Glacius.
- …Je ne sais pas si je dois vous croire.
Il fallait réfléchir.
- …J'ai peut-être une solution pour les chatons de Swelter. Mais pour ça, il faut que je sorte.
- Vous voulez dire que vous les prendriez avec vous ?
Glacius soupira.
- Swelter n'en recharge plus. Il a peur de les perdre.
- Je les prendrai avec moi. Je m'en occuperais. Je ferais de mon mieux pour leur offrir un foyer. Et si vous le souhaitez, je vous offrirais un abri. A vous deux.
- Un abri ? A moi et Swelter ?
- Oui.
Père Jean toussa. Il souffrait encore de l'emprise de Glowstrike.
- Je ne vous abandonnerai pas. C'est une promesse.
Peu importe ce que Marie dirait…Ce n'était pas le plus important maintenant.
Glacius ne répondit pas immédiatement.
Mais quelques instants plus tard, les portes s'ouvrirent.
Père Jean réprima un soupir de soulagement et rapidement, il sortit. Il chercha Glacius de la main.
Il finit par lui toucher le bras.
- Merci.
- Il faut sortir, alors, déclara Glacius.
Père Jean chercha rapidement dans sa mémoire.
Glowstrike avait mentionné un nom…
Taran…Quelque chose…Tarantule…
Il se rappela.
- Amène-moi là où se trouve le dénommé Tarantulas.
