Gays of thrones

Chapitre 64

Le Roi qui venait du froid

Jon Snow ne savait pas s'il était arrivé à destination. Il avait quitté Davos aux abords de Port-Réal.

« Je dois vous laisser là, j'ai un ami à aller retrouver. », lui avait annoncé son marin tout de go.

« Ah bon ? », avait fait Jon, pris au dépourvu.

« Oui. J'espère le rallier à notre cause. »

« Euh… Ton ami est-il puissant ? Combien d'hommes peut-il mobiliser ? »

« Aucun à ma connaissance, mais il a des bras solides et une dette envers moi, c'est toujours bon à prendre. »

« Ah ? »

Jon était dépité.

« Et tu es sûr de le retrouver ? Cette ville est immense… Combien de personnes vivent ici ? », avait demandé Jon.

« Un million. »

« Plus que dans tout le Nord ! », s'était exclamé Jon, qui commençait à comprendre pourquoi les Lannister avaient toujours pris sa famille pour un ramassis de bouseux.

Davos avait trouvé une embarcation, y avait placé son roi, lui avait dit : « Ramez toujours en ligne droite dans cette direction, vous atteindrez Peyredragon ! »

« Et si le vent se soulève et que je dévie ? »

« Alors vous périrez... »

Jon avait dégluti, mais Davos avait lancé la barque sans état d'âme.

« Ah, et surtout : ne regardez pas en bas ! », avait-il crié en guise de dernière recommandation.

Évidemment, ça n'avait pas loupé : Jon avait regardé, et, ne voyant pas le fond de la mer, avait aussitôt relevé le nez et ramé à s'en rompre les bras pour évacuer son angoisse. Allez, à la grâce des dieux, les Anciens, les Nouveaux, Ceux à venir et Ceux qu'on a oubliés, vogue la galère, roule ma poule, touche du bois et ça ira !

Jon ne savait plus à quel dieu se vouer, mais, bizarrement, cela lui porta chance : il atteignit Peyredrgon. Aucun doute là-dessus : la forteresse était inimitable. Même pour Jon, qui avait grandi à Winterfell, il y avait de quoi se pâmer.

Il marcha sur la plage, où un soldat au teint brun et à la mine renfrognée vint l'aborder : « Qui êtes-vous ? Qui servez-vous ? »

« Je suis Jon Snow, Roi dans le Nord, et je viens proposer une alliance à la reine des Dragons. »

« Suivez-moi, nous vous attendions. »

« Ah ? »

Jon crut être arrivé dans un rêve. Le soldat le mena à travers les couloirs d'un château taillé dans la roche, jusqu'à entrer dans une salle occupée par une immense table sculptée représentant la carte de Westeros.

Autour de la table, Jon vit les visages amicaux de Theon Greyjoy et de Tyrion Lannister, et d'autres qu'il ne connaissait pas. Une jeune femme à l'abondante chevelure blonde argentée siégeait sur un fauteuil. Autour d'elle gravitaient d'autres femmes : deux brunes au teint ambré, une vieille grand-mère engoncée dans ses robes et assise sur son propre fauteuil, une autre femme habillée en marin, un vieux soldat chauve et puant, et même un homme parfumé en peignoir de brocart.

Qu'est-ce que c'est que cette faune ? Se demandait Jon. J'ai l'impression de tourner un clip pop des années 1980 !

La femme blonde l'aborda : « Entrez donc, Jon Snow, et prenez place à mon conseil ! »

« Où suis-je ? », se demanda soudain Jon à voix haute.

Les autres le regardèrent.

« A votre avis ? », demanda la plus âgée des deux brunes, une femme entre deux âges à l'air agressif.

« Je ne sais pas… j'ai comme un doute, avoua Jon. J'ai chaviré, je suis mort et je ne le sais pas encore. Je reconnais mon ami Theon Greyjoy, et le sympathique nain Tyrion Lannister, mais vous… Seriez-vous les Sept Dieux ? Vous, fit-il à l'encontre du vieux soldat, vous êtes le Père, vous, fit-il au petit brun, le Guerrier, je ne sais pas où est le forgeron, quant à vous, fit-il en désignant la grand-mère, vous êtes l'Aïeule, vous, la Jeune fille, fit-il à la petite brune qui se tenait en retrait derrière la blonde, et vous, dit-il à celle-ci, euh… l'Epouse ? »

Bizarrement, cette idée le troubla. Pourtant la femme blonde n'avait rien de particulier à ses yeux. A vrai dire, Jon aimait autant l'autre travestie. Il se tourna d'ailleurs vers cette dernière : « Et vous… vous êtes l'Etranger ? », lui demanda-t-il.

A ces mots, tout le monde éclata de rire.

« C'est plutôt moi, l'Etranger ! », fit l'homme en peignoir. « Je suis Varys, le Maître des Chuchoteurs, et j'avais beaucoup d'estime pour votre père, Jon Snow ! »

« Et moi, je suis quoi ? », demanda Ellaria Sand, piquée d'avoir été omise.

« Vous, vous êtes la Putain, le pendant sombre de l'Epouse ! », répondit Tyrion.

« C'est toujours mieux qu'être une Lannister ! »

« Je suis peut-être un Lannister, mais moi je ne tue pas les enfants ! »

« Oh, rassurez-vous, Myrcella n'était plus une enfant ! La petite garce avait bien retourné mes filles avant de rendre son dernier soupir ! », avait grogné Ellaria, pas dupe quant au passé de la fille de Cersei.

« ça suffit, vous deux ! », intervint Daenerys. « Jon Snow, vous avez beaucoup d'humour, et peut-être à l'occasion ferons-nous un bal masqué avec vos idées de costumes, mais en attendant... »

« … En attendant nous avons une Cersei à griller ! », conclut l'Aïeule.

« Euh… Donc, je ne suis pas mort ? », demanda Jon, qui commençait à se pincer.

« Non, vous ne l'êtes pas, et même si vous l'étiez, j'irais vous chercher au tréfonds des Enfers pour vous ramener ! », fit une voix suave dans son dos, que Jon reconnut aussitôt.

Il en frémit.

« Vous ! », murmura-t-il alors que Melissandre d'Ashaii sortait de l'ombre pour rejoindre le groupe autour de la table.

Elle lui souriait.

« Moi ! », répondit-elle simplement.

« Je devrais vous exécuter… »

« Je veux bien vous aider ! », intervint Yara Greyjoy.

« Pourquoi ? », demanda Daenerys.

« Davos vous a accusée du meurtre de la princesse Shireen Baratheon. »

« Oui, avoua Melissandre, nous l'avons brûlée pour la bonne cause : on crevait de faim et on manquait de combustible. Nous avons agi comme des dragons. C'est pourquoi j'ai rallié la cause de la descendante d'Aegon et de Rhaenys Targaryen, qui règne sur cette île. »

« C'est moi ! », dit Daenerys en faisant coucou au nouveau venu.

Jon la regarda. Il ne savait pas si c'était parce qu'il n'avait rien mangé depuis plusieurs jours en mer, mais il se sentait particulièrement agressif.

« Ah, fit-il, c'est donc vous, la fille du roi Aerys le Fou, l'assassin de mon grand-père Rickard Stark et de mon oncle Brandon ! »

« C'est aussi l'arrière-petite-nièce de votre regretté Mestre Aemon... », susurra Melissandre à son oreille.

Trop tard. Daenerys, offensée, piqua un fard : « Et vous, lui lança-t-elle, vous êtes le fils du traître Ned Stark. »

« Mon père n'a fait que venger les siens en renversant le vôtre ! »

« Euh… L'heure n'est peut-être pas aux règlements de compte... », tenta Tyrion.

« C'est toujours l'heure pour régler des comptes ! », rétorqua Ellaria. « Robert Baratheon, l'oncle de Shireen, soutenu par Ned Stark, a fait massacrer nos neveux Aegon et Rhaenys Targaryen, enfants d'Ellia Martell ! »

« Mais c'est quoi ces gens qui portent tous les mêmes noms ? », souffla Yara à son frère, « Sérieusement, je n'arrive plus à suivre ! »

« Et vous avez trouvé malin de les venger en assassinant ma nièce Myrcella Baratheon... », dit Tyrion à Ellaria.

« Bref, conclut Melissandre en souriant, nous avons une magnifique tablée d'assassins d'enfants en tous genres et de tous bords, et désormais nous allons marcher main dans la main pour conquérir Westeros ! »

« Nous, on n'a tué personne... », marmonna Mamie Tyrell. « Mais on veut lyncher Cersei. »

Tyrion prit alors la parole pour expliquer à Jon Snow qu'ils s'apprêtaient à envahir Westeros, et que l'aide du Nord était la bienvenue. Ce à quoi Daenerys apporta une correction : ce n'était pas l'aide du Nord qu'elle voulait, mais sa soumission.

« Pliez le genou ! », ordonna-t-elle.

Jon la regarda. Il commença à sentir sa tête tourner.

« Avec tout mon respect, répondit-il superbement, je suis un roi. »

« Pffff ! Vous êtes un idiot, Jon Snow, râla Yara Greyjoy. Moi aussi, je suis une reine, mais je veux bien plier le genou pour lui brouter le minou… ».

« Tout en finesse... », persifla Varys en levant les yeux.

« Des Fer-nés ! », conclut simplement Lady Tyrell.

« Jon, ça va ? », demanda Theon.

Tout le monde réalisa soudain que Jon était plus pâle que de la neige.

« Je ne sais plus trop où j'en suis, là... », soupira-t-il.

« Combien de temps avez-vous passé en mer avant d'arriver ici ? », lui demanda Tyrion.

« Je ne sais pas… Plusieurs jours... »

« Peut-être devriez-vous vous reposer et prendre une collation ? », suggéra Varys.

« Bonne idée ! », s'exclama Jon, avant de s'effondrer par terre.


Pendant que son roi se remettait de ses émotions, Davos Mervault avait retrouvé celui qu'il cherchait. Depuis qu'il avait réussi à fuir Peyredragon et sa famille de tarés, Gendry n'avait rien trouvé de plus stratégique que de se réinstaller dans le quartier où il avait toujours vécu, et où la garde de son faux frère le roi Joffrey était allée le cueillir pour l'éliminer : au pied du Donjon Rouge.

« T'as pas trouvé plus discret comme planque ? », s'était étonné Davos en arrivant dans sa forge.

« J'espérais que tu viendrais me chercher ! », lui répondit Gendry en souriant.

Les deux hommes s'embrassèrent.

« Je suis heureux de te voir en forme ! », dit Davos. « Un peu crasseux, mais en forme ! »

« Hé, je bosse, moi ! Je me suis entretenu en attendant ton retour ! »

« Comment ça ? », demanda le vieux.

« J'ai ouvert une forge, et je me suis musclé pour que tu me retrouves beau et sain et vigoureux ! »

« Fiston, ça me fait plaisir que tu sois en bonne santé, mais là, je viens parler affaires... »

« Tout ce que tu veux, Tonton, je te suis ! »

« Non mais, attends, tu ne sais même pas de quoi je veux te parler... »

« Je t'ai attendu pendant deux saisons, loin des écrans ! Maintenant que tu es revenu, je suis prêt à m'installer avec toi où tu voudras. Je te suivrais au bout du monde... »

Davos piqua un fard.

« Gendry, fit-il, je suis touché par ta gratitude, mais là, il s'agit d'autre chose que des sbires des Lannister... »

« Il s'agit bien de ça ! », protesta Gendry.

« Précisément : il s'agit d'affronter des morts-vivants, là ! »

« Je parlais de mes sentiments. »

« Pardon ? »

Davos réalisa soudain que le jeune homme le regardait avec un regard brûlant, presque fiévreux. Mais avant qu'il ait eu le temps de se demander dans quel plan il s'était embarqué, Gendry s'était lancé dans une déclaration passionnée :

« Davos… Tu m'as sauvé alors que j'étais dans la pire impasse de ma vie, qui pourtant est déjà bien pourrie ! J'étais aux mains de mes ennemis, séduit par une femme mauvaise qui voulait me livrer à mon oncle incestueux, après avoir été trahi, vendu, ballotté de soudards en soudards. Et toi, mon sauveur, tu m'as tiré de ma geôle pour me renvoyer à mes puants pénates ! Davos, depuis ce jour, j'ai juré que tu serais tout pour moi : mon père, bien plus que cette outre à vin de roi Robert qui ne sait même pas que j'existe, mon meilleur ami, mon mentor, mon seul et unique amour... »

« Ouh là ! Eh, tu t'enflammes, mon garçon ! Je suis de la vieille école, moi ! »

Râteau de l'Est…

Gendry resta coi un instant. Puis, surmontant son dépit, il soupira : « Bon, tant pis ! Ça ne change rien à ce que je vis : j'en ai marre de ce trou à rats, propose-moi ce que tu veux, je te suis ! »


L'idée de retourner à Peyredragon avait choqué Gendry. Déjà qu'il estimait avoir une vie pourrie, mais si celle-ci se résumait à faire des allers-retours entre Port-Réal et Peyredragon… Heureusement, une fois le choc passé, Davos lui expliqua que tous les Baratheon étaient morts et que désormais, c'était les Targeryen qui avaient repris l'île. Il parvint donc à l'amener avec lui.

Ils arrivèrent sur l'île, furent accueilli par Ver-Gris et sa mine épanouie, qui leur expliqua que Jon travaillait désormais à la mine.

« Quelle mine ? », demanda Davos.

« Jon Snow a appris par un ami à lui, magicien d'après ce que j'ai compris, que l'île de Peyredragon abrite des réserves de verre-dragon, et comme cette pierre permet de vaincre les Marcheurs Blancs, il a demandé à notre reine d'ouvrir une mine. Daenerys Targaryen, première du nom, Reine de Meereen, Reine des Andals, des Rhoynars et des Premiers Hommes, Suzeraine des Sept Couronnes et Protectrice du Royaume, Khaleesi de la Grande plaine herbeuse, Pyromane d'Astapor, Briseuse de chaînes, Briseuse de couilles de Maîtres, Mère des Dragons, Championne du Vendée-Globe, l'Imbrûlée, la Déchaînée, a accédé à sa demande, à condition qu'il plie le genou devant elle. Comme il a refusé, elle l'a envoyé trimer avec ses Dothrakis. »

« Euh… Vous voulez dire qu'il est prisonnier ? », demanda Davos, inquiet.

« Non, il est invité, en attendant de changer d'avis. »

« Ok, je vois... »

Davos resta songeur. Gendry resserra les poings sur sa masse d'armes. Il s'était confectionné un marteau de combat en fer massif, et n'avait pas été peu fier de le présenter à Davos « Tu l'as vu mon gros pilon ? Il te plaît ? Avoue que je vais assurer avec ça ! », lui avait-il dit, et Davos s'était senti obligé de tâtonner la masse en opinant, gêné.

« Excusez-moi, dit-il, mais en quoi le verre-dragon permet-il de vaincre les Marcheurs Blancs ? »

« Parce que c'est une pierre volcanique, expliqua Gendry. L'obsidienne se forme dans la chambre magmatique des volcans, donc c'est une pierre de feu, et comme les morts vivants succombent au feu, tout ce qui est composé à base d'obsidienne comme le verre-dragon ou l'acier valyrien les désintègre. »

« Ah… il y a donc une explication scientifique à cela ! », s'exclama Davos, fasciné par la science du jeune forgeron.

« Mouais… ou peut-être parce qu'on est dans un roman de fantasy et que toute magie y est possible ! », déclara Ver-Gris.

Les trois hommes trouvèrent Jon Snow, en sueur et torse nu, en train d'extraire la roche, pendant que Tyrion Lannister, à côté de lui, paraissait l'assommer de ses bons conseils.

« Je vous assure, Jon, que c'est la meilleure solution pour vous... », lui disait-il.

« Laissez-moi tranquille, nabot, je bosse pour sauver l'humanité ! », grognait Jon.

« De quoi parlez-vous ? », demanda Davos.

« Davos ! »

Jon, souriant, laissa tomber sa pioche et serra son ami dans ses bras, sous le regard quelque peu peiné de Gendry.

« J'essaie de convaincre le Roi dans le Nord de se soumette à la reine des Dragons... », expliqua Tyrion. « Daenerys Targeryen est venue conquérir les Sept Royaumes, elle n'en laissera aucun lui échapper. »

« Et moi, je veux sauver le Nord de la menace des morts ! », dit Jon. « Les Nordiens m'ont fait roi, je ne peux pas les trahir. »

« C'est pourquoi vous devez vous soumettre ! », insista Tyrion. « En jurant allégeance aux Tagaryen, vous convaincrez notre reine de combattre les Marcheurs Blancs à vos côtés, et vous sauverez les vôtres ! »

« L'idée est intéressante... », opina Davos.

Jon lui jeta un regard déçu.

« Je suis un roi... », dit-il.

« Vous allez finir comme Mance Rayder, lui rappela Davos. Brûlé par un monarque pyromane pour avoir refusé de plier le genou ! Ce n'est pas comme ça qu'on sauve son peuple ! »

Jon bouda. Davos avait raison : Mance Rayder, le Roi d'Au-delà du Mur, qui avait unifié pour la première fois les tribus sauvageonnes, avait fini sur le bûcher sur ordre de Stannis Baratheon. Après plusieurs saisons, Jon l'avait oublié. Tout ce qui comptait à présent, c'était sa situation, et elle était toujours embarrassante. Personne ne voulait le comprendre. Il avait passé toute son enfance méprisé, traité en bâtard, on l'avait expédié sans état d'âme au Mur où il avait été traité comme un snob, puis, après son élection, on avait conspiré contre lui, son seul appui était Sam, qui avait fini par le tuer accidentellement, on l'avait ressuscité contre son gré pour aller combattre Ramsay Bolton, il avait vu son frère Rickon se faire tuer sous ses yeux, sans que personne ne songeât d'ailleurs à demander à Melissandre de le ressusciter, il lui avait fallu pardonner tout le monde, Samwell, Sansa, les Nordiens, et maintenant qu'il avait retrouvé une liberté de mouvement grâce à cette couronne qu'il n'avait jamais réclamée, on voulait la lui ôter ? Non mais, ça n'était pas juste !

« Hum… il y a peut-être une autre carte à jouer... », fit Tyrion.

« Laquelle ? », demanda Jon.

« Epousez-la ! »

« Mais pourquoi ? », demanda Jon. « Vous n'avez qu'à vous remettre avec Sansa, et le tour est joué : nous redevenons alliés ! »

« Hum… Mon mariage avec Sansa n'a jamais été consommé », avoua Tyrion.

« Je n'ai pas demandé de détails ! », protesta Jon.

« Je tiens à ce que vous le sachiez, dit Tyrion. C'était une enfant. »

« C'est tout à votre honneur ! », lui dit Davos, toujours optimiste.

« Vous êtes un mari respectueux. Je suis d'accord pour vous redonner ma sœur, si elle y consent. », fit Jon.

Gendry s'invita dans la conversation : « Non mais, je crois que le problème, en fait, c'est que le nain pense être trop moche pour la séduire, c'est pour ça qu'il invente toutes ces excuses ! »

Tyrion le regarda, interloqué.

Davos le réprimanda : « Toi ! Je t'ai dit de rester en retrait ! »

Jon le regarda.

« C'est lui, cet ami dont tu me parlais ? », demanda-t-il à Davos.

« Oui, il s'appelle Gendry... »

Gendry se plaça alors devant Jon, et lui adressa son plus franc sourire.

« Je suis Gendry, le fils bâtard du roi Robert Baratheon ! »

« Et allez, encore un ! », s'exclama Tyrion.

Gendry l'ignora : « Nos pères étaient amis, dit-il à Jon, et entre bâtards, on se comprend ! Je l'ai rencontré, une fois, il était venu à la forge où je travaillais… Il s'est intéressé à moi, m'a posé des questions... »

« Moi aussi, j'ai rencontré ton père, une fois, à Winterfell. Il ne m'a pas calculé. »

« Peu importe ! Moi non plus, il ne m'a jamais calculé. J'ai aussi été pote avec ta sœur Arya, quand nous faisions partie des recrues de la Garde de Nuit. Je l'ai protégée, j'ai gardé son secret… on a tout pour s'entendre ! »

Jon le regarda avec sympathie : « Ma foi… Et tu peux nous aider à vaincre les Marcheurs Blancs ? »

« Je suis forgeron ! »

« Ah ben, le voilà, notre Forgeron ! », railla Tyrion.

« Je sais travailler l'acier valyrien. Et je me bats au marteau ! »

« Comme ton père... »

« Bon sang ne saurait mentir ! »

Jon état comblé : ce Gendry allait lui être utile. En plus, il le trouvait sympa.

Tyrion intervint : « Bon, tout ceci est bien beau, mais cela ne résout pas le problème : pourquoi ne voulez-vous pas vous allier à Daenerys Targeryen ? »

« Mais parce qu'elle ne me plaît pas ! », répondit Jon.

« Comment osez-vous? », s'écria Ver-Gris, menaçant de dégainer. « Daenerys du Typhon est la meilleure ! »

Jon lui jeta un regard noir : ce larbin en armure veillait sur lui comme un geôlier, et cela commençait à l'énerver.

« Mais j'ai quand même le droit de ne pas la trouver à mon goût ? », dit-il.

Ver-Gris lâcha la garde de son arme. Il était dépité.

« C'est à cause de Missandei ? », lui demanda Tyrion doucement.

« Si Jon Snow ne veut pas épouser la reine, alors elle passera encore ses nuits avec Missandei, de l'île de Naath. », reconnut l'Immaculé.

« Et alors ? », fit Jon. « Vous ne pouvez pas aller voir ailleurs ? »

Ver-Gris le regarda, fâché. Non, il ne le pouvait pas. Il était castré, mais un mâle alpha comme ce Jon Snow ne pouvait pas comprendre ce qu'il vivait.

« C'est vrai, quoi, insista Jon. On est dans une fanfic gay, et vous trouvez encore le moyen d'être obsédé par Missandei ! »

« Bah en même temps, elle est canon... », fit Tyrion en dodelinant du crâne.

« Missandei me comprend et m'accepte. Mais vous, Jon Snow, vous ne pouvez pas comprendre… Vous avez tous les fans de la série à vos pieds, comment pouvez-vous comprendre ce que je vis ? »

« Allons, allons, temporisa Tyrion, il y a sûrement des Immaculés qui ne rêvent que de vous, vous n'êtes pas condamné à finir en ver solitaire… En attendant, Jon Snow, si vous voulez être traité comme un roi, il va falloir vous comporter comme tel : épousez une reine ! Et il n'en reste plus beaucoup à ce stade de la série : c'est elle ou ma sœur, c'est vous qui voyez... »

« Vous plaisantez ? Des femmes souveraines, il n'y a plus que ça ! »

« Bof ! Je vous déconseille Ellaria Sand : c'est une furie... »

« Une bâtarde au sang chaud ? », demanda Gendry. « Moi, je veux bien la prendre ! »

« Pas moi ! », fit Jon.

« Ne me dites pas que vous préférez Olenna Tyrell... », s'inquiéta Tyrion.

« Pour ma part, je la veux bien, fit Davos, une retraite à déguster les confitures de Hautjardin avec une femme mûre qui sait ce que c'est que de perdre son fils unique, ça me va ! »

« Vous ne pouvez pas m'aider, vous deux ? », grogna Tyrion.

« Ben non, désolé, on sert un roi, et s'il nous offre des épouses bien dotées, on prend, c'est comme ça que tourne ce monde ! »

« A choisir, je préfère la reine des Îles de Fer ! », répondit Jon.

« En voilà une idée ! Mais la reine des dragons reste une meilleure alliance, je vous assure ! »

« Eh ben, je vous la laisse ! », fit Jon. « Voguer sur les mers, dans des contrées libres, sans rois, sans bâtards et toutes ces bêtises, ça me fait rêver ! En plus, j'adore son style viril ! »

« Pitié ! », supplia Tyrion. « Vous allez décevoir les fans si vous faites le choix d'abandonner le combat de votre vie maintenant ! Battez-vous pour votre peuple ! Battez-vous pour vos fans ! Ils vous ont plébiscité, ils vous font confiance... »

« ... »

Jon se sentait abattu. Ce Tyrion, alors ! Il avait toujours les arguments qui faisaient mouche !

« Au reste, ajouta le nain, il sera toujours temps de décevoir tout le monde à la saison 8 ! »

Jon Snow soupira.

« Bon... », céda-t-il. « Taillez-moi une bague en verre-dragon, et j'irai m'agenouiller devant votre reine pour la demander en mariage ! »

A ces mots, tous applaudirent. Jon, au fond de lui, se maudit de devoir encore faire un serment que la vie l'obligerait à briser.