Chapitre 57
OoOoOoOoOoO
- Et merde...
Par un effort de volonté surhumain, vous laissez Kondo à son sort et vous élancez à la poursuite de votre cible. Ça va aller, vous rassurez-vous en atterrissant vous-même au pied de la maison que vous avez descendue le long de la gouttière – cette ordure a apparemment décidé de vous semer dans le dédale de ruelles – même s'il tombe, la neige a été balayée et a été accumulée en tas au bord des routes, ça devrai amortir sa chute. Mais ce type va le payer...
Il doit avoir un bon instinct de survie, vu la vitesse à laquelle il court ; vous arrivez tout juste à le garder dans votre champ de vision, et les rues courtes et étroites dans lesquelles il s'engage et tourne sans arrêt ne vous facilitent pas la tâche. Aussi, quand une seconde silhouette surgit brusquement d'une rue perpendiculaire à votre droite, il s'en faut de peu que vous la tranchiez de votre sabre sous le coup de la surprise. Vous vous rendez compte de qui il s'agit quand une ombrelle repliée vient arrêter votre sabre.
- Tu es encore là, la truie ? vous exclamez-vous. Qu'est-ce que tu as à me coller, tu n'as pas des choses à faire, comme te rouler dans la boue par exemple ?
- Qui colle qui, crétin ? réplique-t-elle avec hargne lorsqu'elle vous reconnais à son tour. Ça vous suffit pas de voler les impôts, vous nous volez notre travail, maintenant ?
- Le seul travail que je te confierais serait de donner la patte et d'aboyer contre les intrus. Maintenant tire-toi d'ici et laisse la police faire son tra...
Vous devez vous interrompre pour esquiver un coup d'ombrelle dirigé vers votre tête ; l'attaque vous rate et ne fait que vous décoiffer, mais cela suffit à vous énerver : entre cette foutue planque, la course-poursuite dans le froid et avoir dû laisser Kondo à son sort, ce n'est vraiment pas le moment de venir vous emmerder !
Décidé à vous débarrasser d'au moins un des facteurs de gêne sur votre liste, vous dégainez votre sabre et envoyez un coup destiné à la désarmer, ce qui l'obligerait à cesser sa course si elle veut récupérer sa foutue ombrelle. Mais elle encaisse le coup en saisissant celle-ci à deux mains et s'en sert pour vous repousser contre le mur de la ruelle étroite ; de plus en plus irrité, vous envoyez un nouveau coup qui l'oblige a bondir en arrière et parvenez à lui emporter une mèche de cheveux au passage. Cela ne semble pas lui plaire et elle se rue sur vous. Les coups pleuvent et s'enchaînent de plus en plus vite de son côté comme du vôtre sans qu'aucun ne parvienne à toucher l'autre. Lorsque...
- YAAARGH !
Le cri qui vient de retentir dans la ruelle interrompt brusquement votre duel, et vous fait réaliser avec une certaine gêne que vous vous êtes arrêté dans votre course depuis un moment, oubliant le voleur que vous étiez censés arrêter, totalement absorbé dans votre duel.
- Gin-san ! Shinpachi !
Ayant visiblement fait le même constat, la chinoise se désintéresse de vous et s'élance dans la ruelle où à disparu votre cible. Vous lui emboîtez le pas, mais vous n'allez pas bien loin : bientôt, les deux yorozuya restant arrivent tranquillement en sens inverse, leurs bokutos sur l'épaule et traînant chacun par un bras le corps évanoui de votre homme.
- Vous l'avez eu ! s'exclame joyeusement Kagura. Bien joué, vous avez récupéré le marteau de Tetsuko ?
- Il est là, confirma le patron des yorozuya en montrant l'objet en question. Hum ? Tiens, Souichiro-kun, qu'est-ce que tu fais là ?
- C'est Sougo, danna. Et c'est plutôt moi qui devrais poser la question, faites-vous remarquer. Je poursuis les criminels, c'est juste mon boulot. Vous, par contre... ?
- Kagura, tu ne lui as pas expliqué ? demande le binoclard.
- J'étais en train de le faire ! se défend-elle.
Là dessus, vous ne pouvez pas vraiment lui donner tort. Vous aussi, vous expliquez toujours les choses comme ça.
- Nous avons été engagés par notre amie, Tetsuko, explique Shinpachi, pour protéger sa maison du voleur...
- La forgeuse de sabres ?
- C'est ça. Mais ils nous a, en quelques sortes... glissé entre les doigts. Enfin, maintenant qu'on a fait notre travail, ajoute-t-il d'une voix réjouie, je pense que la meilleure chose à faire est de vous le remettre. Laissez-nous juste rapporter le marteau à Tetsuko, d'accord ?
- Je n'y vois pas d'objection, acceptez-vous.
- Tu es sûr, Shinpachi ? lui demande Gintoki, légèrement circonspect.
- Hors de question de lui laisser la récompense ! s'écrie aussitôt la chinoise. La prime est pour nous !
- Il n'y a pas de prime sur sa tête, pauvre idiote.
- Eh bien, vous auriez dû en mettre une ! Vu que vous n'êtes pas capable de l'attraper vous-même !
Vous balayez la remarque d'un geste de la main. Bon, aucune importance après tout, l'essentiel, c'est le résultat. Maintenant, ce à quoi il va falloir faire gaffe jusqu'à l'interrogatoire de ce type, c'est qu'Hijikata n'apprenne pas comment se sont déroulées les choses, il trouverait sûrement encore moyen de vous passer un savon.
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Mission accomplie sans anicroche, et c'est la version que vous défendrez devant vos collègues ! Pour l'interrogatoire tant attendu, vous devez vous rendre au chapitre 10.
