CHAPITRE 66

OOC : Coucou à tous ! Voici un nouveau chapitre ! Merci à Kuro Sha et Cao dreams in books pour leurs reviews ! Laissez des commentaires si vous en avez envie. Ça fait toujours plaisir de savoir où je peux m'améliorer.

La seule chose positive avait été que Glacius n'avait pas cherché à poser de questions.

Dès l'instant où Père Jean lui avait demandé de l'emmener à Tarantulas, il n'avait senti qu'un léger tressaillement traverser le corps du Minicon. Cela avait été suffisant pour que Père Jean comprenne qu'ils auraient affaire à quelqu'un de particulier.

Néanmoins, il s'était exécuté et à l'aide de ses optiques, il avait pu guider Père Jean à travers les couloirs et les escaliers étroits jusqu'à la destination indiquée. Toutefois, en dépit des explications de Père Jean en cours de route, cela ne l'avait pas dispensé de répéter qu'il s'agissait d'une mauvaise idée. Bien sûr, sur cette terre inconnue, ils devaient partir du principe que tout était hostile. Après tout, ils étaient retenus en otage en échange de l'artefact qu'ils possédaient. Glowstrike avait blessé Marie, et manifestement, assez gravement. Il avait été emprisonné en cage.

Mais les expressions corporelles et le ton de Glacius indiquaient que Tarantulas n'était pas quelqu'un qui se satisferait d'enfermer ou de blesser un humain. Le cœur de Père Jean avait failli lâcher quand Glacius l'avait informé que ce dernier était non seulement le scientifique en chef, mais également le tortionnaire du Sanctuaire. Quand quelqu'un désobéissait gravement aux ordres, ou bien qu'il constituait une perte de temps pour la Reine, cette dernière faisait appel à Tarantulas pour qu'il offre à la fois une punition douloureuse pour le concerné, entraînant généralement la mort, et un « spectacle » pour la Reine.

Les informations de Glacius faisaient prendre douloureusement conscience à Père Jean de l'étendue de la cruauté qui pouvait malheureusement animer un être. Pas seulement par rapport à Tarantulas, mais par rapport à la Reine elle-même. Si elle existait réellement, Père Jean priait intérieurement pour qu'ils n'aient pas à la croiser. Ou qu'elle n'apprenne pas leur existence. Cela avait été le but de Glowstrike, après tout. Mais Glacius réitérait que si Glowstrike avait choisi d'envoyer Marie aux bonnes mains de quelqu'un comme Tarantulas, cela signifiait qu'elle y resterait longtemps et qu'il y avait peu de chance qu'elle quitte un jour le Sanctuaire.

Cela avait alarmé Père Jean, surtout en repensant à la conversation qu'il avait eu avec Glowstrike.

« Nous sommes ses otages. Elle nous retient pour nous échanger contre le Livre d'Epistemus. Elle a dit qu'elle respecterait sa parole.

- Vous y croyez ? soupira Glacius. Glowstrike n'est pas différente de la Reine. Oui, elle peut être parfois plus clémente envers nous mais elle est sans pitié envers ses ennemis. Tout le monde ici vous perçoit comme des insectes à écraser et elle n'en est pas l'exception.

Père Jean n'eut rien à répondre à cela.

Quand bien même elle s'était montrée impitoyable envers lui et Marie, Glowstrike paraissait également contenir beaucoup de souffrance en elle. Cela s'entendait à sa voix et quand quelqu'un agissait de manière aussi détachée, il s'agissait en général d'un mécanisme de défense. A moins qu'il n'y ait autre chose. Mais il espérait vraiment que Glacius se trompe et qu'elle ait vraiment eu l'intention de respecter sa parole. De laisser le medic, qui qu'il fut, soigner Marie une fois qu'il eut soigné Saberhorn.

- Sérieusement, répéta Glacius, c'est une mauvaise idée d'y aller. Pour vous, je veux dire.

- …C'est mon amie. Je ne peux pas la laisser là alors qu'elle est blessée.

- Mais qu'est-ce que vous comptez faire contre quelqu'un comme Tarantulas ? Vous vous ferez écraser en moins de deux ! Et je doute que vous soyez un combattant hors pair.

C'était vrai. Il n'était pas un combattant. Il essayait d'éviter la confrontation autant qu'il pouvait. C'était Marie la combattante, pas l'inverse.

Et si ce que disait Glacius était vrai…

Faites qu'il ne soit pas trop tard, pensa-t-il. Plus le temps avançait, plus son inquiétude pour Marie s'agrandissait.

Soudain, Glacius lui posa un doigt métallique sur la bouche, l'invitant à se taire.

- …On est devant la porte du laboratoire, lui chuchota-t-il. Elle est fermée.

Père Jean ne put réprimer un nouveau frisson. Doucement, il effectua un pas. Puis un deuxième avant que Glacius ne le retienne, le dispensant d'aller plus loin.

Ils entendirent des voix s'élever depuis la pièce en question, à moitié étouffées par la porte close.

« Je vous en prie »

Une voix masculine. Il s'agissait d'un Cybertronien qui parlait. Cela s'entendait à l'intonation.

« Je vous en prie. Laissez-moi la soigner ! »

Père Jean sursauta.

Le Cybertronien paraissait assez âgé. Il comprit rapidement qu'il ne s'agissait pas de Tarantulas mais du medic qu'avait mentionné Glowstrike.

« Laissez-moi la soigner, Tarantulas ! J'ai réparé l'optique de Saberhorn. Laissez-moi la soigner ! »

La soigner…

Nul doute qu'il s'agisse de Marie. A nouveau, Père Jean déglutit, une douleur spontanée lui tiraillant soudainement les membres, les ankylosant presque. Son corps tout entier devait trembler malgré lui comme une feuille.

Le medic suppliait encore et encore, mais ils n'entendirent rien comme réponse.

« Je vous en prie ! Tarantulas ! »

Le désespoir dans son ton frappait l'humain. Cela ne fit que renforcer son angoisse vis-à-vis de la situation de Marie.

Des bruits…comme du verre qui se brisait au sol.

Enfin, une voix profonde et glaciale s'éleva.

- Tu oses me donner des ordres, mon amour ? Dois-je te rappeler que sans tes capacités médicales, tu ne serais pas ici ?

- Tarantulas…

- La Seconde a mentionné une fois que tu ressemblais à ce medic, là. Pharma. Il paraît que lui aussi suppliait pour obtenir quelque chose. Ou pour éviter qu'on lui retire quelque chose. C'est marrant. Je croyais qu'après la perte de ton équipe, tu n'avais plus rien à perdre et donc, que tu n'aurais plus aucune raison de supplier.

La même voix se mit à siffloter un air musical inconnu aux oreilles de Père Jean.

- Je vous en prie. Je ferai tout. Absolument tout.

- Tout ?

Il s'arrêta de siffloter.

- Tu me le répètes déjà suffisamment. Pour me dissuader d'empaler Undertone sous tes optiques, juste pour m'amuser et observer ta réaction. Tu le ferais aussi pour une vermine ? Une vermine sans aucune valeur ?

De façon inattendue, la réponse du medic ne se fit pas attendre.

- Oui. Tout.

- Et qu'as-tu donc à m'offrir, mon amour ? l'interrogea Tarantulas après un silence.

Père Jean se sentit reculer.

- Tout…absolument tout.

- Ce n'est pas une réponse suffisante.

- Mais je ne sais pas ! explosa le medic. Tout ce que vous voudrez !

- Hm.

Des pas lourds mais lointains firent trembler le sol sous les pieds de l'humain.

Puis, la voix de Tarantulas devint brusquement plus douce, plus tendre.

- Et qu'est-ce que je veux, selon toi ?

Père Jean put entendre le medic déglutir.

La peur…Il avait peur.

- …Moi.

- Non. Pas toi, lui répliqua Tarantulas. Je veux un « nous ». Accepte ma proposition de te lier à moi et je te laisserai soigner l'humaine.

- …Non…répliqua le medic, la voix tremblante.

Marie…

Le medic parut se reprendre.

- Elle…elle n'a pas de temps.

- Cela m'est égal. Tu veux soigner l'humaine, je veux un lien. Que tu deviennes mon Conjunx. Que tu sois à mes côtés. Que je t'appelle Prowl. Tu me dois bien ça. Sans moi, tu ne survivrais pas en ces lieux. Undertone aurait été dépecé depuis longtemps.

Comment pouvait-il parler de façon aussi nonchalante ? Comment pouvait-il forcer quelqu'un à se lier contre son gré ? Il ignorait si c'était monnaie courante chez les Cybertroniens. Mais Wing avait mentionné que le lien était quelque chose de sacré.

Non. Même si Père Jean était désespéré pour Marie, il ne pouvait pas laisser ce medic se lier. Il fallait qu'il trouve une solution. Quelque chose pour empêcher cela.

Tarantulas marqua une pause avant de reprendre.

- Tu sais quoi, Ratchet ?

Le nom le fit tiquer.

Ratchet…l'Autobot disparu ? Celui qu'avait cherché Arcee, Bumblebee et Cliffjumper depuis leur arrivée sur Terre ?

- …Je t'accorde l'opportunité de lui faire les premiers soins. Mais si, dans une heure, je n'obtiens pas un « oui » comme réponse…La tête d'un humain est si fragile à écraser.

Père Jean eut un haut-le-cœur. Il sentit Glacius se retourner vers lui, lui demandant discrètement si tout allait bien.

Une heure…Une fenêtre d'une heure pour empêcher Ratchet de se lier à Tarantulas et de libérer Marie. Non. Ils devaient libérer Marie et Ratchet. Et si besoin, le dénommé Undertone.

Mais comment pouvaient-ils ?

Père Jean était un simple humain…Et Glacius ne pourrait pas venir non plus à bout de Tarantulas.

Au moins, Ratchet pouvait soigner Marie. Au moins, lui administrer les premiers soins.

- A-t-on un marché ? lui susurra Tarantulas.

- …Oui.

- Et mon bisou ?

Ratchet ne répondit pas. Mais Père Jean devina qu'il s'était exécuté.

Il fallait qu'ils trouvent quelque chose. N'importe quoi.

Père Jean recula pour s'éloigner le plus rapidement possible de la porte. Il ne fallait pas que Tarantulas les remarque.

- Je vous avais averti qu'on ne pouvait rien faire, soupira Glacius.

- Il doit y avoir un moyen.

- Mais vous voyez bien que c'est perdu d'avance. Allons trouver Swelter et tirons-nous d'ici !

Oui, c'était tentant…Partir.

Mais non. Il ne pouvait pas…

- Je suis désolé, lui adressa Père Jean.

- Hm ?

- Je n'ai pas à vous imposer quoi que ce soit. Ni à vous mettre en danger. Vous pouvez aller trouver Swelter et vous ouvrir un pont-terrestre à l'adresse de mon église, à Crown City.

Il se débrouillerait. Il les rejoindrait avec Marie et Ratchet. C'était ce qu'il essayait de se convaincre. Qu'il y arriverait.

Mais comment ?

- Mais vous nous avez promis un abri, un refuge, soupira Glacius. A quoi bon un refuge si vous ne vous portez pas garant ?

Père Jean ne put que sourire tristement à cette remarque. Il avait raison.

A nouveau, les bruits métalliques avaient repris.

Si Tarantulas restait dans le laboratoire, ils ne pourraient rien faire.

A moins de…

Père Jean fronça les sourcils.

A moins de…le faire partir. Brusquement, Père Jean réalisa qu'il avait l'amorce d'un plan.

- Vous avez une idée, commenta Glacius. Ca se voit sur votre visage.

Le faire partir ? Mais comment ? L'appeler ? Prétendre une urgence ? Parler au nom de la Reine ?

Non. Trop risqué. Soudain, Père Jean se remémora le bref souvenir d'une nuit au Japon lors d'un pèlerinage où quelqu'un avait involontairement activé l'alarme-incendie. Tous les clients avaient dû quitter l'autel précipitamment et avaient attendu jusqu'au matin pour regagner leurs chambres.

- …Glacius.

- Hm ?

- Est-ce qu'il y a…une alarme-incendie ici ? Ou quelque chose ? Pour faire évacuer le Sanctuaire ?

Glacius hésita.

- Une fois, l'ancien Bâtiment de la Ruche s'était effondré. On a perdu beaucoup d'ouvriers. Du coup, un système de Sirène a été mis en place.

- C'est parfait ! s'écria Père Jean, avant de se couvrir la bouche.

- Mais si on l'active alors qu'il n'y a aucun incident en cours, on risque la mort.

Père Jean en était conscient.

Mais ils devaient prendre le risque. Il chercha Glacius de la main.

- Où se trouve cette Sirène ?

- Il y en a à tous les étages. Le plus proche est dans la salle de mécanique.

Père Jean sourit.

Et cette fois-ci, depuis leur arrivée ici, il s'agissait d'un sourire optimiste.

- Conduis-moi à cette salle. S'il te plait, Glacius.


« Nous y sommes ».

Glacius lui indiqua que la Sirène était située en hauteur, à quelques mètres de lui. Et à ses dires, le système n'était pas si différent du système humain, à savoir appuyer sur un bouton. Père Jean poussa un soupir de soulagement. Le plus difficile allait être de l'atteindre. Père Jean lui proposa de lui faire la courte échelle, ce que Glacius ne comprit pas. Père Jean prit le temps de lui expliquer la signification de l'expression humaine.

- Si vous le dites…

Même si le ton de Glacius indiquait qu'il n'était pas convaincu, il obtempéra sans discussion. A nouveau, Père Jean lui en fut reconnaissant.

Alors que Glacius le soulevait pour le guider jusqu'au bouton, Père Jean lui posa une question qu'il n'avait pas pensé poser avant.

- Glacius. Quand cela se produit, est-ce que tous les habitants de la Ruche doivent quitter le bâtiment ?

- Bien sûr. On a un point de rendez-vous sur la plage, grogna Glacius, comme si c'était quelque chose d'évident. C'est Glowstrike qui a rendu cette politique obligatoire.

- Je vois.

C'était bien ce qu'il pensait. Et quelque part, cela l'arrangeait.

Père Jean leva le bras. Glacius lui indiqua de s'écarter un peu plus sur la droite, avant d'appuyer.

Il prit une légère bouffée d'air avant de lever le poing. Le bouton devait être gigantesque. Il ne devait pas louper son coup.

Après quelques secondes pour prendre son élan, Père Jean frappa sur le bouton d'un puissant coup de poing.

Cela ne marcha pas.

Tant pis. Il devait réessayer.

- Un peu plus fort, lui conseilla Glacius.

Père Jean frappa encore.

Rien. Encore.

Père Jean reprit son souffle.

Wing y serait arrivé sans problèmes…Mais il n'était pas là actuellement. Il fallait qu'il use de ses propres moyens.

Père Jean s'en voulut presque, de devoir dépendre autant de son ami dans des situations dangereuses. Il en était conscient…mais cela n'atténuait pas sa culpabilité.

Père Jean frappa une troisième fois.

Puis, la Sirène explosa fortement dans ses oreilles. Glacius l'aida à redescendre et Père Jean poussa un bref cri de surprise, ne s'attendant pas à une telle intonation, au point qu'il fut obligé de se boucher les tympans.

La Sirène résonnait dans la pièce, dans les couloirs…Partout dans le bâtiment. Brusquement, Père Jean entendit une voix féminine couvrir à peine l'alarme, indiquant à tous les résidents de quitter les lieux pour se rendre sur le point de rassemblement sur la plage.

Bien. Une bonne chose de faite. Cela devait leur laisser un sursis. Tarantulas allait sûrement quitter le laboratoire pour rejoindre les autres.

- Mais maintenant, comment on va faire ? s'écria Glacius, essayant de se faire entendre malgré le boucan de la sirène.

- Quoi ? lui répliqua Père Jean, presqu'en criant.

- Les cellules sont à taille Cybertronienne ! C'est un système sécurisé. On n'aura pas la force ni la taille, même à deux, de libérer ton amie !

Père Jean se figea.

Il avait raison…

Et il n'avait pas pensé non plus à un autre problème dans son plan. Celui que Ratchet quitte aussi le laboratoire et accompagne Tarantulas au point de rassemblement.

Et tout cela n'aurait servi à rien…

Dans le couloir, ils entendirent des pas lourds précipités, qui firent presque tomber Père Jean au sol.

La première pensée qu'il eut fut de poser une question à Glacius.

- Où sommes-nous ?

- Je vous l'ai dit ! s'exclama Glacius, agacé. Dans la salle de mécanique !

- Et qu'il y a-t-il ?

Quelque chose…

Quelque chose qu'il pourrait utiliser…pour forcer les cellules. Au moins, celle de Marie. Il ignorait si Ratchet était prisonnier ou non.

Père Jean marcha. Et soudain, sa route fut coupée par quelque chose de grand et de métallique qu'il manqua de cogner.

Quelque chose de grand…de métallique…

Père Jean toucha de sa paume et suivit la forme.

Elle s'élevait. Encore et encore…

- …Un Cybertronien ? s'écria-t-il.

- Non. Une armure.

- Une armure ? répéta Père Jean, ne comprenant pas.

Au loin, il entendit des cris dans le couloir.

Les habitants du Sanctuaire paniquaient. Chacun essayait de se forcer un passage pour quitter le bâtiment le plus rapidement possible.

Pourtant, Glacius poursuivit, le ton nonchalant.

- Hardshell a mis en place de nouvelles armures de combats pour les missions. C'est Tarantulas qui les as fabriqués. Mais elles ne sont pas encore au point. Celui-ci est le premier modèle.

- …Le premier modèle ?

« Quittez le bâtiment ! »

« Il va s'effondrer ! »

Père Jean fronça les sourcils.

- En quoi consiste cette armure ?

- Père Jean ! On n'a pas le temps, s'insurgea Glacius. Tarantulas va sûrement quitter le laboratoire. Si vous souhaitez avoir une chance pour libérer votre amie, c'est maintenant !

Oui, il le savait.

Il était de taille humaine. Il ne pourrait peut-être pas aider autrement.

- …Répondez juste à ma question, Glacius.

- Sérieusement ?

Il valait mieux obtenir trop d'informations que pas assez.

Après un temps d'hésitation marqué par de l'impatience, Glacius finit par soupirer avant de répondre, le ton irrité.

- Elle consiste en sa définition : une armure ! Ni plus ni moins ! Le soldat se place à l'intérieur et peut s'en servir pour se protéger des attaques de ses ennemis. Rien de plus ! Le sujet peut actionner certaines commandes mais ça s'arrête là !

- Certaines commandes ? Lesquelles ?

- Vous ne lâchez pas, hein ?

Glacius se rapprocha.

- Vous avez un pôle offensif qui vous permet d'attaquer par le biais de commandes spéciales et un pôle défensif qui permet à l'individu de se protéger de ses ennemis. Tarantulas a tout prévu pour que les troupes de Hardshell aient le dessus.

Un pôle offensif…un pôle défensif.

L'attaque et la défense. C'était Marie, le maître en ces domaines. Père Jean ne connaissait rien à la stratégie militaire, même si cela lui aurait été utile actuellement.

Pourtant…quelque chose lui indiquait de s'approcher de cette armure. Quelque chose, un instinct. Il devait lui faire confiance. Encore davantage après que Glacius l'ait lui décrite.

Un humain…Une armure Cybertronienne…

Père Jean effectua un pas. Cela fut suffisant. Tout de suite, Glacius s'exclama.

- Non ! Je vois ce que vous essayez de faire. Mais cela ne marchera pas ! Ôtez-vous de suite cette idée de la tête.

- Comment pouvez-vous savoir que cela ne marchera pas ?

« A la plage ! »

« A la plage ! »

Tout essayer…

Il avait bien essayé de parler à Glowstrike. Cela avait échoué.

Mais qui disait que cette fois-ci, cela échouerait ?

- Cela ne fonctionne qu'avec les Cybertroniens. Tarantulas a précisément expliqué que ces armures fonctionnaient avec la lumière illimitée d'un spark Cybertronien.

- …Mais est-ce qu'elles fonctionneraient autrement ?

Tout essayer…

Une armure devant lui. Il ne connaissait rien au combat.

« Au secours ! »

Il avait causé une véritable panique au sein de la Ruche.

Mais cela serait dommage de ne pas passer cette chance…surtout si cela permettait au moins de se protéger et de profiter de sa taille pour ouvrir les cellules de Marie et de Ratchet.

- Emmenez-moi.

- Père Jean ! Vous êtes aveugle ! Comment pouvez-vous espérer utiliser une telle armure ?

C'était vrai…

Mais le temps était précieux.

- Emmenez-moi, répéta doucement Père Jean. Et ensuite, je vous laisserai tranquille.

- Vous nous avez promis un abri !

Glacius grogna.

Cependant, cette phrase entraîna une autre action. Et bientôt, Père Jean se sentit soulevé dans les bras métalliques du Minicon. Le prêtre le remercia alors que Glacius prononçait les paroles suivantes.

« Identifiant : nouveau.

Mot de passe : 1502P% »

Père Jean sourit en entendant un bruit s'apparentant à une porte blindée qui s'ouvrait grandement en grinçant.

Ils pouvaient y arriver.

Non. Ils y arriveraient.


Père Jean se retrouva assis sur un siège d'environ dix fois sa taille.

L'environnement, quoique plutôt grand, rendit le noir beaucoup plus sombre autour de lui. Il chercha à tâtons des leviers. Des commandes. Quelque chose pour démarrer l'engin.

« Je vous avais dit que cela ne marcherait pas ! » entendit-il Glacius dans un écho lointain, la voix étouffée par l'épaisseur de l'armure.

Père Jean soupira.

Il n'avait jamais conduit d'engins pareils. Il ignorait même comment la démarrer.

Peut-être un bouton ? Père Jean frappa au hasard dans le vide.

Rien ne fonctionnait. L'armure demeura immobile.

« Vous n'avez pas de spark ! Vous devez beaucoup aimer votre amie, mais vous ne pourrez pas l'activer aussi facilement ! »

Père Jean grimaça.

Que croyait-il ? Il était un humain. Il n'avait jamais piloté d'armure Cybertronienne. Il ne possédait pas de spark.

Glacius avait raison. Il s'agissait d'une perte de temps. Et il en restait peu avant que Tarantulas ne revienne.

Il avait pensé…

Mais ce n'était pas de la science-fiction. C'était réel.

« Vous devriez redescendre, Père Jean ! Vous n'appartenez pas à une telle catégorie ! Ce n'est pas votre rôle ! »

Ce n'était pas son rôle.

En effet. Il avait entendu cette phrase beaucoup de fois. Ce n'était pas son rôle d'aider les prisonniers dans leurs corvées. Ce n'était pas son rôle de se mêler du conflit entre Autobots et Decepticons.

Ce n'était pas son rôle de piloter une armure.

Père Jean se redressa sur son siège.

Il était prêt à la quitter pour rejoindre Glacius.

Dans une vaine tentative, il prononça un seul mot.

« On »

« On »…Pour démarrer.

Peut-être que cela fonctionnait par commande vocale ?

Mais rien ne se produisit.

« …Démarre. »

Rien.

Père Jean se releva.

« …Relève-toi », ordonna-t-il à tout hasard.

Un bruit résonna dans toute la pièce.

Père Jean ne comprit pas. Alors qu'il était sur le point de rejoindre la sortie à tâtons, le noir redevint soudainement plus clair. Comme s'il était éclairé par une forte lumière.

Puis, un violent courant d'air lui frappa le visage, manquant de le projeter en arrière.

Qu'est-ce que… ?

Père Jean souhaita se relever. Il tomba à nouveau.

Les sols sous ses pieds…se soulevaient. Se rapprochaient de lui.

« Père Jean ! Qu'est-ce que vous avez fait ? » entendit-il la voix de Glacius.

Est-ce que… ?

Au bout de quelques minutes qui lui parurent interminables, tout s'arrêta.

Père Jean releva la tête, encore sonné par ce qui venait de se produire.

Le noir…restait clair.

« Qu'est-ce qui s'est passé ?

- L'armure ! Elle a bougé ! Je ne comprends pas ! Vous n'avez pas de spark !

Père Jean ne put que sourire, ravi.

Il avait réussi.

- Cela marche par commande vocale.

Une voix robotique féminine s'éleva dans la pièce, couvrant la réponse de Glacius.

« Choisissez votre nom d'utilisateur »

Père Jean tressaillit.

« Choisissez votre pôle »

Son pôle ?

- Glacius ! Il me demande de choisir mon pôle.

- Offensif ou défensif ? Quel mode souhaitez-vous choisir ?

Père Jean réfléchit.

Il n'était pas un combattant. Il avait seulement besoin de libérer Marie et Ratchet.

- …Défensif, choisit-il.

Encore une fois, une bourrasque le fit basculer en arrière. La tête de Père Jean heurta violemment le mur. Père Jean s'évanouit durant quelques secondes. Quand il reprit conscience, la même voix féminine lui demanda :

« Quelle est votre prochaine directive ? »

Sa prochaine directive… ?

Père Jean rampa, levant la main pour trouver son siège.

Il parvint à s'y agripper. Oubliant son mal de tête douloureux dû au choc, il se hissa pour se rasseoir.

« Quelle est votre prochaine directive ? » répéta la question.

Directive…ordre…

Il devait parler…

- …Avance.

A nouveau, il tomba au sol.

L'armure avait bougé. Le sol trembla sous ses pieds, l'empêchant de ré-accéder au siège.

- Père Jean ! l'avertit soudainement Glacius. Vous foncez dans le mur !

- Arrête-toi !

L'armure s'arrêta.

D'accord, pensa Père Jean. Il comprenait.

- Glacius.

- Oui ?

- …Je vais avoir besoin de tes optiques, s'excusa-t-il d'avance. Pour me guider.


Marie reprit conscience au moment où des bruits stridents de sirène résonnaient autour d'elle. Elle poussa un grognement douloureux. Lorsqu'elle tenta de se redresser, elle poussa un cri dû à la sensation déchirante dans son corps.

Comme si une voiture…Non, quelque chose de plus grand qu'une voiture, lui avait broyé le corps en roulant dessus.

Marie était habituée aux blessures de guerre. Mais lorsqu'elle abaissa le regard et constata une immense hémorragie de sang recouvrir sa poitrine, tâchant ses vêtements et recouvrant le sol autour d'elle, elle manqua de s'évanouir une nouvelle fois.

La chaleur lui prit à la tête et une nausée insupportable lui envahit l'être tout entier. Elle essaya de se redresser mais elle put à peine se retourner pour contempler les alentours et avoir une idée de son lieu de captivité.

La mémoire lui revint. Elle était au Sanctuaire. Elle avait perdu connaissance. Comment ? Elle l'ignorait.

Jean…Où se trouvait-il ?

La pensée que quelque chose ait pu lui arriver la foudroya, rendant la douleur au corps pire à endurer. Elle devait être pâle comme un linge et la sueur lui collait ses cheveux bruns-gris.

La Sirène lointaine ne s'arrêtait pas. Elle cligna des yeux, des lumières lui barrant la vue tandis qu'une migraine commençait à naître.

Elle avait besoin d'aide…elle avait besoin de renfort…

« Ne bougez pas »

Elle fut doucement placée sous le dos. Le geste ne fut pas brusque mais la douleur revint aussi vite. Marie ne put réprimer un nouveau cri.

Elle fit face au plafond au-dessus d'elle.

Une tête géante apparut dans son champ de vision. Le cœur de Marie accéléra dans sa poitrine.

Un Cybertronien…

Ils étaient au Sanctuaire. Ils étaient leurs prisonniers, leurs otages.

Ses optiques étaient bleues.

Marie plissa des yeux. Un Autobot ?

Ce dernier lui adressa une expression désolée, comme s'il s'excusait d'avance pour sa captivité.

« Je ne vais pas vous faire de mal, la rassura-t-il. Je suis ici pour vous soigner.

- …Vous êtes un Autobot ?

Un traître ?

Le Cybertronien répondit par l'affirmative.

- …Mon nom est Ratchet. Je…je suis prisonnier ici aussi. Comme vous.

- Comme moi…

Marie se mit à tousser. Elle réalisa en contemplant sa main, qu'elle crachait également du sang.

Quelque chose pressait sur sa blessure. Elle réalisa qu'il s'agissait du doigt de Ratchet qu'il utilisait pour arrêter l'hémorragie.

- Parlez-moi…déclara-t-elle entre deux quintes de toux. Faites-moi penser à autre chose…Qu'est-ce…qu'est-ce qui se passe ?

Ratchet mit un temps avant de répondre.

- Quelqu'un a activé la Sirène pour avertir les habitants d'un danger.

- Un danger ?

Elle toussa encore.

- …De quoi… ?

- J'ignore autant que vous.

- Et…vous…vous êtes seul ?

Elle remarqua les lèvres du Cybertronien trembler. Il était bouleversé. Même si Marie était au bord du malaise, elle pouvait le voir malgré tout.

- Oui. Enfin…Tarantulas m'a proposé de sortir mais…je ne voulais pas vous laisser sans soin. Donc, il m'a enfermé avec vous.

Sans soin…

Avec une telle blessure…elle était encore en vie ?

- Je vais m'en sortir ?

- …Oui. Enfin…la blessure ne vous tuera pas. J'ai effectué les premiers soins rapidement.

- Rassurant. Êtes-vous en train de me dire que ce n'est pas ça qui me tuera ?

- …Non.

Marie n'était pas dupe.

Il ne pouvait pas la rassurer si lui-même était un prisonnier.

- …Ratchet.

Une seule question lui brûlait les lèvres.

- …Avez-vous…vu un autre humain ? Un autre humain qui m'accompagnait…il était avec moi…

Il fallait qu'elle le sache.

Elle devait au moins savoir où il était.

Mais la réponse de Ratchet lui fit l'effet d'une bombe.

- …Il n'y avait personne d'autre, Marie. On vous a amenée…seule.

Seule…

Brusquement, la voix de la dénommée Glowstrike résonna dans son esprit.

On n'a pas réellement besoin de deux humains.

Non !

Non…ils ne pouvaient pas ne pas l'avoir gardée en vie…et avoir…

Sa vue se brouilla.

Ce n'était pas le malaise. Elle le savait. Elle ressentit une violente boule en travers de la gorge. Pendant plusieurs minutes, elle inspira et expira profondément.

Mais ce ne fut pas assez pour la calmer. Quelque chose de chaud et d'humide coula sur ses joues.

Elle savait que ce n'était pas du sang. Tout de suite, Ratchet se pencha vers elle.

- Je vous ai fait mal ?

- …Non…répondit-elle, des sanglots brisant sa voix.

Que pouvait-elle espérer ?

Elle cherchait d'autres explications…elle ne parvenait pas à en trouver une.

Jean…Son Jean…

- Marie ! Dites-moi ce qui ne va pas.

Gasket…Gasket l'aurait rassuré. Mais il n'était pas là à l'heure actuelle.

Marie se couvrit le visage. Elle, qui avait toujours refoulé ses sentiments, elle qui avait toujours essayé de garder la tête froide, de ne pas montrer ses émotions en public, elle se mit soudainement à sangloter de façon abondante.

Mais elle ne pouvait rien y faire…

- Marie…

- …Je ne lui ai même pas dit ce que je ressentais.

Non…

Elle avait pensé qu'elle ne le méritait pas, qu'elle ne méritait aucune seconde chance…

Mais maintenant, elle regrettait seulement d'avoir gardé le silence…quitte à ce que cela aurait détruit sa relation avec Jean pour de bon.

Soudain, ils entendirent une porte s'ouvrir.

Marie n'eut pas la force de se retourner. Ratchet leva la tête.

Ses optiques s'écarquillèrent.

- Qui êtes-vous ?

Marie bougea les lèvres, mais aucun mot ne sortit de sa bouche.

Elle put simplement tourner la tête pour regarder dans la même direction que le medic.

Un Cybertronien se tenait devant eux. Un Cybertronien plutôt imposant, des bras d'apparence assez frêle avec une armure noire et blanche. Contrairement à Ratchet, il n'avait aucun visage. Seulement une visière qui lui barrait les optiques.

- Qui êtes-vous ? répéta Ratchet.

Elle avait entendu l'ordre de Glowstrike.

Tarantulas…

Etait-ce… ?

Un frisson parcourut son corps, et la douleur provoquée par la blessure la ramena à la réalité.

- Marie ?

Mais de façon inattendue, le Cybertronien s'exprima avec sa voix.

Ce ne fut aucune autre voix…Seulement celle de Jean qui émana du Cybertronien accompagné par un autre de plus petite taille, d'apparence féline aux couleurs bleues et blanches, un bloc de glace lui recouvrant la tête.

Marie ne comprit pas.

- …J-…Jean ?

- Tu pleurais ? Marie, est-ce qu'ils t'ont fait du mal ?

Marie se sentit idiote. Pourtant, ce ne fut rien à côté du soulagement qui se mit à l'envahir d'une douce chaleur au fait de le revoir vivant.

Elle se frotta les yeux, balayant tous ses regrets d'un revers de main et essayant de ne pas perdre la face.

Elle ne pouvait pas expliquer à Jean qu'elle avait cru qu'il était mort…

- Non…tout va bien. Mais…qu'est-ce que tu fiches dans un corps de Cybertronien ?

- Il s'agit d'une armure.

- Une armure ? répéta Ratchet.

De façon inattendue, sans crier gare, Marie fit quelque chose qu'elle n'avait plus fait depuis longtemps.

Elle se mit à rire.

Peut-être était-ce les nerfs qui lâchaient…peut-être était-ce la situation en elle-même qui était drôle…

Jean…dans une armure Cybertronienne…

- J'ai tout essayé. Je n'ai trouvé que ça, dit Jean, d'un ton penaud.

- Et la sirène ? demanda Marie.

- C'est nous qui l'avons activé, confessa le petit Cybertronien.

Marie fronça les sourcils.

- Tu…Vous l'avez activé ?

- Pour faire partir Tarantulas.

- Et l'armure ?

- Pour forcer les cellules.

C'était une bonne idée…étonnamment surréaliste, mais une très bonne idée.

Il était revenu…Il était revenu pour elle.

Et cette pensée lui apporta du baume au cœur.

A nouveau malgré elle, Marie se remit à rire.

- Jean…Jean…s'exprima-t-elle entre deux rires.

- Hm ?

- …Ce n'est pas ton rôle…de faire ça…hahaha!

Effectivement…Cela n'était pas le sien…

Mais à l'heure actuelle, cela n'avait aucune importance.

- …Sors-nous de là ! Vite ! le supplia-t-elle presque.