Bonjour à tous et à toutes,
Me voici enfin de retour ! Je m'excuse pour la longue attente et vous remercie de votre patience.
Bien que nous arrivions lentement à la fin de cette histoire – il ne reste a priori que deux chapitres et un épilogue – ma muse reste extrêmement parcimonieuse quant à la mise en place du texte.
Voici donc un nouveau chapitre (enfin) qui vous apportera quelques réponses, mais je l'imagine déjà, quelques questions également.
Merci à vous pour vos review, vos mises en favoris...
À bientôt !
Disclaimer : Tous les personnages et l'Univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowlings.
Rating : M+ pour les chapitres futurs
Genre : Aventure / fantastique / romance / slash / yaoi
Couple : HPDM / DMHP
Bonne lecture !
Chapitre 39 – Conférence et Consciences
Lundi 6 Janvier 1997 – Devant le portail de Poudlard
Le Poudlard Express traversait les campagnes enneigées, ramenant son contingent d'élèves vers l'école. A bord du transport ferroviaire, l'excitation était palpable.
Les deux semaines de vacances avaient été des plus agitées. En tant que témoins des événements s'étant produit lors du banquet de fin d'année, ils avaient été sollicités par tout leur entourage. Nombreux étaient ceux qui doutaient de ce qui avait été rapporté.
Admettre que Sophia Potter était morte, probablement assassinée, ne posait aucun problème. Depuis le jour où elle avait été publiquement désavouée, plus personne ne s'intéressait réellement à elle, si ce n'était pour la railler lors de ses sorties.
Reconnaître qu'Albus Dumbledore pouvait être coupable de meurtre et tentative de meurtre avait fait trembler toutes les certitudes de la société, convictions déjà bien ébranlées par le retour confirmé de Voldemort.
A cela s'ajoutait également la prouesse de Harry Potter qui avait – disait-on - réussi à rétablir le Ciel Magique de la Grande Salle. Comment un enfant qui avait été tant dénigré par ses parents, qui avait été considéré comme un cracmol, aurait-il pu avoir assez de capacités pour réaliser ce que l'homme reconnu comme le plus puissant sorcier de l'époque avait raté à plusieurs reprises ?
Les suppositions et théories les plus farfelues affolaient le monde sorcier.
La situation s'était d'ailleurs envenimée après que l'ex-recrue Dawson ait divulgué les raisons de l'intervention des Aurors à Poudlard la veille des fêtes de fin d'année. Les journaux avaient publié pléthore d'articles.
Chaque décision prise par Dumbledore, chacun de ses actes, la moindre intervention, avaient été repris et analysés à l'aune des révélations du Département des Mystères. Et la réputation de l'homme en sortait un peu plus noircie à chaque publication.
Tous attendaient avec impatience la tenue d'un procès qui, ils l'espéraient, apporterait les réponses tant attendues.
En parallèle de « l'Affaire Dumbledore », les journalistes étaient à l'affût de la moindre information concernant les personnes apparues en plein milieu de la Grande Salle. Le fait que ces derniers avaient – apparemment – élevé les barrières de protection de l'école, interdisant à tous l'accès à la propriété, renforçait les interrogations, et ce d'autant plus que personne ne les avait vu, à l'exception des élèves de Poudlard.
Une semaine plus tôt, tous les étudiants avaient reçu un courrier les informant des changements opérés au sein de l'école. Leur impatience n'avait plus connu de limite à l'idée de revenir à l'école et de pouvoir suivre des cours auprès de ces personnes renommées à travers les âges.
Le vendredi précédent, une convocation à une conférence de presse avait été envoyée à l'attention des différents organes médiatiques. Cette invitation avait rapidement eu un effet boule de neige, ce qui expliquait la foule rassemblée devant Poudlard. Hormis les journalistes, tant anglais qu'étrangers, une multitude de parents avait transplané sur les lieux aussitôt leurs enfants casés dans le train.
Et bien sûr, Fudge s'était déplacé avec une escorte d'aurors conséquente. Ces derniers avaient d'ailleurs eu fort à faire pour assurer un emplacement permettant au ministre de voir et surtout d'être vu.
L'impatience se manifestait de plus en plus tandis que l'heure approchait. Alors qu'un clocher lointain marquait quatorze heures, la barrière de protection du château scintilla. Quand le rayonnement s'atténua, tous purent voir quatre personnes debout juste derrière la grille.
- Bienvenue à tous et à toutes, commença Godric. Nous vous avons invité auj...
- Vous n'avez rien à faire ici ! Vous n'êtes que des escrocs ! éructa Fudge, se dressant sur ses ergots. Je vous arrête au nom du Ministère !
Un grand silence tomba avant que les murmures se s'élèvent.
Les aurors affichaient une discrète mine blasée devant les agissements de Fudge. Que croyait-il qu'il pourrait – ou qu'eux-mêmes pourraient– faire tant que les barrières seraient érigées ?
Parmi les journalistes, les plumes à dictée courraient rageusement sur les parchemins. Eux aussi s'interrogeaient au sujet du comportement du ministre. Mais la question primordiale était l'identité des quatre personnes. Ils avaient pour la plupart reconnu les Fondateurs, ayant pris la précaution de regarder les quelques descriptions et portraits disponibles. Restait quand même la possibilité d'une usurpation.
La foule de sorciers et sorcières, quant à elle, ne savait pas trop comment réagir. Pour la plupart, ils avaient envie de croire que les Fondateurs étaient de retour. Pour eux, cela signifiait qu'ils allaient pouvoir intervenir dans les conflits qui agitaient la société. Ils feraient surement le nécessaire pour les débarrasser de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-Nom.
Une petite minorité était plutôt encline à vouloir suivre Fudge et à croire que les quatre personnes n'étaient que de purs escrocs.
Alors que tous ces remous agitaient la foule, les Fondateurs contemplèrent les sorciers et sorcières avec consternation. Godric tenta de reprendre la parole, mais nul ne lui accorda d'attention. Salazar s'avança un peu et se posta devant la grille, silencieux et droit. Peu à peu, une lueur verte le nimba. Suivant son exemple, les trois autres agirent de même. Une aura rouge entoura Gryffondor. Le rayonnement était bleu pour Rowena et jaune pour Helga.
Le phénomène prit doucement de l'ampleur. La magie intrinsèque de Poudlard entra alors en résonance avec la leur et la barrière se mit à scintiller en vagues colorées. La pression magique s'étendit sur la foule qui finit par faire silence.
- Vous nous arrêtez ? chuchota presque Serpentard. Et puis-je savoir de quel droit ?
- Je suis Cornelius Oswald Fudge, ministre de la Magie ! Je vous somme de mettre un terme à cette mascarade et de vous rendre ! Sur le champ !
- Et moi, je suis Salazar Serpentard ! Et avec mes compagnons, Godric Gryffondor, Rowena Serdaigle et Helga Poufsouffle, nous sommes les créateurs de l'école de Magie de Poudlard ! Le Ministère n'a aucune autorité en ces murs !
- Mensonges ! Les Fondateurs ont vécu il y a plus de mille ans ! Ils sont morts depuis longtemps. Vous n'êtes que des escrocs !
- Quel homme de peu de foi ! intervint Rowena.
- A l'instar de beaucoup, s'indigna Helga.
- Et après, on s'étonnera du déclin de la magie, renifla Godric.
Fudge s'étrangla de colère devant le manque de considération dédié à sa personne.
- Le ministère de la Magie a tous les droits et ... commença-t-il lorsqu'il se retrouva soudain étalé dans la boue du chemin.
L'estrade sur laquelle il s'était installé avait soudain disparu.
Un sourire malicieux joua sur les lèvres de Godric, désignant le responsable de la mésaventure du triste individu. Rowena lança un regard noir à son époux, tandis que Salazar ricanait ouvertement.
- Nous n'avons pas invité la presse aujourd'hui pour permettre à un vulgaire coquebert de démontrer sa condition de boursemolle, reprit Salazar, sous les rires de l'assemblée qui, si elle ne comprenait pas la formule utilisée, ne doutait pas de son caractère insultant. La plupart d'entre vous n'ont d'ailleurs aucune raison d'être présents en ces lieux.
Ces derniers mots firent taire les quolibets, un courant de gêne parcourant les sorciers et sorcières.
- Nous savons que vos enfants vous ont rapporté les événements survenus juste avant Yule, reprit Rowena, et nous comprenons que cela a dû entraîner un certain nombre de questions. Nous souhaitons simplement vous apporter quelques éclaircissements.
- Nous avons effectué un déplacement temporel, sous l'égide de Merlin lui-même. Si vous avez l'habitude de le présenter comme un sorcier puissant, vous devez vous rappeler qu'il avait été désigné par la Magie elle-même comme sa Sentinelle, continua Helga.
- Malheureusement, ces connaissances ont quasiment disparu de vos mémoires collectives. En quelques mots, il s'agit d'un sorcier ou d'une sorcière que la Magie sollicite afin d'accomplir une mission précise. Il s'avère parfois que la Sentinelle obtient un cadeau après avoir réalisé sa tâche. Dans le cas de Merlin, il s'agit de la possibilité de voyager dans le Temps, expliqua Godric.
- Et justement, en surveillant l'évolution de notre monde, de votre société, il a pris la décision de s'impliquer dans votre époque. Et nous avons décidé de le suivre, termina Salazar d'un ton froid.
Tellement froid qu'il coupa efficacement les questions qui commençaient à fleurir sur de nombreuses lèvres.
- Mais soyons très clairs ! cingla Rowena. Nous ne sommes pas là pour prendre le pouvoir, pour régler vos problèmes ou pour vous débarrasser des dangers qui vous guettent. Cette tâche n'incombe qu'à vous.
- Si nous sommes venus en ce temps, ce n'est QUE pour les enfants. Ce n'est que pour pallier la faiblesse de l'enseignement que vous dispensez aujourd'hui. Poudlard est une école ! Pas un réservoir de recrues pour un pathétique ministère corrompu ! Ni un lieu d'endoctrinement pour un prétendu pourfendeur de mage noir !
- En accord avec les quatre directeurs de Maison et l'ensemble du corps professoral, nous avons décidé de reprendre la direction de NOTRE école et de tout faire pour aider NOS élèves dans l'apprentissage de toute forme de magie, et ce quelle qu'en soit la nature, asséna Salazar. Les temps sont troubles et nous estimons qu'il est plus que nécessaire que les enfants soient aptes à se défendre !
- JE REFUSE ! s'écria Fudge, le teint rubicond derrière la boue qui maculait son visage. Vous êtes un mage noir et ...
Le silence se fit subitement tandis que le ministre continuait à ouvrir la bouche pour vociférer. Helga rangea tranquillement sa baguette avant de déclarer.
- Personne ne se permet d'insulter mon époux en ma présence. Les racontars que vous colportez sur lui ne sont que pures diffamations. Il n'a jamais dénigré les né-de-moldus. L'un de nos gendres était un sorcier de première génération, tout comme deux de nos brus.
- Ouais, c'est ça, murmura fortement un homme dans la foule. Et le Monstre de la Chambre alors ?
- Le soi-disant monstre était en fait un basilic, un serpent dangereux certes, mais qui est parfaitement capable de contrôler sa capacité à tuer d'un regard, répondit Salazar. De plus, il me semble que la seule fois où il a prétendument représenté un danger, c'est à l'époque où votre Voldemort étudiait ici.
- D'ailleurs, au cas où cela vous intéresserait, reprit Godric, Voldemort est lui-même un sang-mêlé, né d'un père moldu et d'une mère sorcière. Pour ceux qui suivent les prétendus préceptes de la pureté du sang, avouez qu'une telle origine pourrait se révéler équivoque.
- C'est ... c'est impossible ! balbutia Cornelius, alors que Helga avait levé le sort de silence.
- C'est pourtant la stricte vérité ! Voldemort, de son vrai nom Tom Elvis Jedusor, est le fils d'un aristocrate nommé Tom Jedusor Sr et de Mérope Gaunt, fille de Elvis Gaunt, lointains descendants de Salazar et de Cadmus Peverell. Faites vos recherches, asséna Rowena tandis que les journalistes continuaient à prendre note sur note.
- Pourquoi n'avez-vous pas empêché Albus Dumbledore de tuer la jeune Sophia Potter ?
- Si nous comptons intervenir dans l'éducation des enfants, nous n'avons aucun droit d'interférer dans leur destin propre. Nous leur laisserons le libre arbitre d'apprendre ou non, de s'investir ou non, répondit Helga. La mort de cette jeune fille est tragique, mais elle était inscrite dans la trame du Temps. Comme l'expliquerait Merlin, la Naissance et la Mort d'un sorcier sont immuables. Seule sa vie peut être influencée.
- Et qu'est-ce qui nous prouve que vous dites la vérité ? Et d'ailleurs, où est Merlin ?
- Nous n'avons rien à vous prouver, cingla Godric. Et Merlin est là où il souhaite être. Son intervention, comme la nôtre, se limitera à partager ses connaissances avec les enfants qui voudront en profiter.
- JE L'INTERDIS ! JE VAIS VOUS ENVOYER A AZKABAN ! VOUS ALLEZ CORROMP...
Une nouvelle fois, Fudge se retrouva privé de sa voix, par un geste désinvolte de Salazar qui n'avait pas l'intention de le lever de si tôt. Il n'était pas aussi clément que son épouse.
Le ministre gesticula comme un beau diable, avant d'agripper la manche de l'auror le plus proche, lui intimant de lancer l'assaut.
L'homme ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, à l'instar de plusieurs de ses collègues, de journalistes et des hommes et femmes présents.
- Il semble que cette conférence soit arrivée à son terme, déclara calmement Rowena tout en observant la scène d'un air dubitatif. Nous allons donc prendre congé et retourner préparer l'arrivée de nos élèves. Bonne journée à tous.
Et sur ces mots, les quatre Fondateurs transplanèrent dans un pop discret, sans tenir compte des questions qui fusèrent subitement de toutes parts.
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Voyant ceux qu'il appelait les usurpateurs s'évaporer devant lui, la rage de Fudge explosa. Il se jeta en avant, bien déterminé à passer le portail. Il allait lui-même se charger de déloger les escrocs qui menaçaient de prendre en otage ses futurs subordonnés.
Il ne dut sa sauvegarde qu'à un auror qui eut la présence d'esprit – ou le mauvais réflexe selon certains témoins – de l'attraper par le col de son manteau.
Tandis que le ministre éructait et promettait mille tourments à son « sauveur », ce dernier donna un vigoureux coup de pied dans une motte de terre. Heurtant la barrière, l'amas de boue disparut dans un grésillement.
- Les barrières de protection sont élevées à leur maximum, asséna-t-il. Mais je vous en prie, allez-y ! Si vous voulez vous retrouver au Service des Accidents Magiques pour un temps indéterminé, ce n'est pas moi qui vous en empêcherai.
Et d'un doigt moqueur, il désigna la grille de fer forgé. Fudge devint soudain livide, puis verdâtre avant que le rouge ne reprenne place. Il ouvrit la bouche pour vitupérer à l'encontre de l'auror puis il fit brusquement demi-tour et s'en alla en marmonnant imprécations et menaces.
Lentement, journalistes, sorciers et sorcières quittèrent la place. La conférence avait été hautement décevante. Bien sûr, ils avaient eu quelques précisions sur les raisons de la présence des Fondateurs, mais cela n'avait fait qu'exacerber les inquiétudes et multiplier les questions. Quelques phrases avaient d'ailleurs été relevées par les personnes les plus attentives.
Les aurors avaient ensuite dû menacer certains badauds pour qu'ils quittent les lieux. Ils avaient dans l'idée d'attendre l'arrivée des élèves. Ils s'imaginaient qu'ils pourraient profiter du passage des calèches pour se faufiler sur le domaine.
Une nouvelle mission attendait la police magique. Ils devraient revenir peu avant l'arrivée du Poudlard Express en gare de Pré-au-Lard. Nul doute que le trajet des élèves en calèche serait soumis à une tension extrême.
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La Grande Salle bruissait de rires et de voix. Les élèves étaient tellement surexcités par ce retour à l'école qu'ils en négligeaient presque le fait de se nourrir. Il fallait cependant reconnaître qu'ils avaient plus d'une raison d'être quelque peu déconcentrés.
La plus grande source d'excitation n'était nulle autre que cinq personnes installées à la table professorale. Tous s'interrogeaient sur la façon dont les cours allaient désormais se dérouler.
Le Ciel Magique remportait également une bonne part de leur attention. Après en avoir été privé des mois, beaucoup avait craint qu'il n'ait à nouveau disparu pendant leurs deux semaines d'absence. Mais le sortilège de Harry était toujours en place et leur permettait d'admirer la nuit étoilée.
La dernière source d'énervement était le trajet qu'ils avaient effectué entre la gare de Pré-au-Lard et le domaine de Poudlard. Ainsi que les aurors l'avaient craint, nombre de parents et autres curieux avaient tenté de s'incruster dans les calèches ramenant les élèves à l'école. Les manœuvres des indésirables avaient donné lieu à quelques scènes cocasses comme l'homme qui avait tenté de se cacher sur le toit d'une des voitures sans jamais réussir à s'y hisser, mais également à des interventions plus musclées de la part des autorités.
Remarquant que la tension augmentait tandis que l'intérêt porté aux nourritures diminuait encore, Minerva se leva tranquillement. Ce seul mouvement suffit à apporter le silence le plus complet dans la salle. Tous les regards se tournèrent vers la professeure de Métamorphoses.
- Bonsoir à tous et bon retour pour ce deuxième semestre ! Comme vous en avez été informés, les cours de Poudlard ont subi quelques changements suite à la venue des Fondateurs et de Merlin.
Une vague de chuchotements interrompit McGonnagal qui laissa quelques secondes aux élèves avant de reprendre.
- Commençons par les cours auxquels vous devez tous assister. L'Histoire de la Magie sera désormais dispensée par Merlin. Le professeur Binns a – enfin – décidé d'effectuer la dernière transition.
Un concert de sifflements salua la décision du professeur fantôme, même si certains regrettaient déjà ces heures qui permettaient de prendre un peu de repos durant les journées. Cependant, le regret s'estompa rapidement tandis que tous s'enthousiasmaient à l'idée d'étudier l'Histoire par l'intermédiaire de quelqu'un qui l'avait vécue.
- Les cours de Potions et la Défense contre les Forces du Mal seront désormais assurés par une alternance d'enseignants. La DCFM, nouvellement intitulée Arts de Défense, sera assurée par Godric Gryffondor et le professeur Rogue. Ce dernier reprendra également les classes de Potions, en collaboration avec Salazar Serpentard.
Des geignements s'élevèrent de toutes parts dans la Salle, les adolescents grognant de devoir supporter Severus deux fois plus souvent. Leur mécontentement s'opposait cependant à la curiosité d'avoir les Fondateurs comme professeurs.
- Helga Poufsouffle partagera ses connaissances en botanique en assistant le professeur Chourave. Et pour finir, Rowena Serdaigle partagera son temps entre les Sortilèges, avec le professeur Flitwick et la Métamorphose avec moi-même.
Des applaudissements saluèrent cette première énumération de la sous-directrice, amenant un sourire indulgent sur les lèvres de la plupart des professeurs.
- Pour ce qui est des cours optionnels, le changement le plus important à vous annoncer est le départ du professeur Trelawney ...
Une véritable hola souleva l'ensemble des élèves qui saluèrent la disparition de la prétendue voyante. Les sourires des adultes se firent beaucoup plus francs également. La descendante de Cassandre avait largement irrité la plupart des résidents de l'école avec ses prédictions cataclysmiques.
- ... et donc, le professeur Serdaigle assurera pleinement la Divination. Les nouveaux cours qui vous ont été proposés seront tous donnés par nos visiteurs. Vous en saurez plus dans le courant des prochains jours.
A cet instant, Minerva perdit totalement l'attention des élèves qui se mirent à échanger réactions, pensées diverses et attentes dans un joyeux tohu-bohu. Le professeur se rassit et discuta sereinement avec ses collègues. Même si la réaction des adolescents pouvait sembler irrespectueuse au premier abord, l'ensemble du corps professoral se réjouissait de les voir aussi actifs et enthousiastes. Après quelques instants, ils enjoignirent les préfets à reconduire tout ce petit monde dans leurs dortoirs.
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Les premiers jours ne virent pas l'intérêt des élèves diminuer, bien au contraire. Même ceux qui étaient pourtant considérés comme paresseux ou connus pour ne faire que le strict minimum s'impliquaient totalement dans leurs études.
Le cours le plus folklorique, et le plus fatiguant, se révélait être celui des Arts de Défense. Il n'était pas rare de voir les élèves en sortir échevelés, débraillés et en sueur. Godric et Severus axaient la plupart des séances sur la pratique non seulement de sorts, mais aussi sur le maniement d'armes ou le combat à mains nues. C'est avec effarement que les habitants de Poudlard avaient pris connaissance de l'existence de la Lice, et depuis, tous les cours d'A.D. s'y déroulaient.
Les cours de botanique se tenaient désormais autant dans les serres habituelles que dans l'Eden que Helga avait rouvert. La découverte de toutes ces plantes rares avait ravi le professeur Chourave. Il était depuis très difficile de la voir en dehors de ce domaine. Neville avait lui aussi quasiment élu domicile dans ce paradis végétal.
L'emplacement de la Chambre des Secrets avait été gardé secret et l'existence de l'Aire ne fut quant à elle pas révélée. Les laboratoires de potions installés dans les sous-sols étaient suffisamment bien aménagés et fournis pour assurer des cours de haut niveau.
Si la bibliothèque de Poudlard ne pouvait concurrencer celle de Rowena qui était perpétuellement remise à jour, cette dernière contenait des ouvrages à ne pas mettre entre toutes les mains. Il valait donc mieux en restreindre l'accès plutôt qu'y instaurer une section à l'image de la Réserve.
C'est dans cette pièce de connaissance que Harry et Draco trouvaient régulièrement refuge. Si leurs amis étaient désormais au courant de la nature du blond, aucune des deux Sentinelles n'avait voulu dévoiler que la date du Jugement approchait à grand pas. Ce fardeau ne reposait que sur eux et évidemment Poudlard en tant qu'avatar incarné de la Magie.
Depuis leur retour à l'école, ils s'isolaient souvent pour discuter de la Décision à prendre et de la Sentence à appliquer. Ils se plongeaient dans de vieux grimoires relatant l'histoire, des almanachs énumérant les événements ou des annales familiales.
Malheureusement, au lieu d'apporter l'espoir, ces recherches noircissaient chaque jour un peu plus le tableau qui se dessinait à leurs yeux.
Grâce à Merlin, ils avaient pris connaissance des précédents Jugements. Ils comparaient depuis l'évolution de la société sorcière en se basant sur ces informations.
En 1689, les Sorciers avaient décidé de se cacher du monde moldu et avaient alors entériné le Décret du Secret Magique. Ils s'étaient ensuite retirés dans de petites communautés cachées et avaient établi une série de règles régissant les interactions avec les sans-magie.
Quelques années plus tard, en 1692, des mesures furent également prises pour cacher les créatures magiques aux yeux des moldus, tout cela pour les convaincre que la magie ne pouvait être qu'une fantasmagorie.
Si l'idée de base se fondait sur une notion de protection, Harry estimait qu'au fil des années, les Sorciers avaient peu à peu développé l'idée d'une préséance humaine sur ce qu'ils considéraient au final que comme un simple animal, même si doté de magie. Peu à peu, les sorciers perdaient le respect dû à tout enfant de la Magie, ce qu'étaient et sont encore les dragons, centaures, licornes, phénix et autres créatures fantastiques.
Harry argumentait cette dérive en s'appuyant sur les conditions de vie actuelle de nombreuses espèces et surtout sur la disparition de nombre d'entre elles. Les Centaures de Grande-Bretagne vivaient dans la Forêt Interdite et voyaient leur territoire se réduire lentement. Les troupeaux de licornes diminuaient chaque année un peu plus en raison des braconniers d'ingrédients de potions. Les dragons avaient totalement disparu de l'Ile. En fait, chaque espèce magique subissait une oppression grandissante. Et il ne parlait même pas de la manière dont étaient traités bon nombre d'elfes de maison.
A cela s'ajoutait la manière dont la population humaine était elle-même considérée.
La mention qui hérissait le plus Harry était celle des Sangs-Purs. Ayant été élevé en partie par Salazar Serpentard, il savait parfaitement que les croyances qui lui étaient prêtées étaient fausses. Jamais il n'avait souhaité exclure les né-moldus du monde sorcier et Sassha n'avait jamais eu pour mission de débarrasser l'école de ces derniers.
De plus, les idées qui guidaient ces intégristes le faisaient particulièrement ricaner.
- Non mais franchement Draco, tu as déjà prêté attention aux critères qui déterminent un sang-pur. Apparition de capacités magiques avant l'âge de trois ans ? Mais : les enfants né-de-moldus ont eu aussi des sursauts magiques à de jeunes âges. Une profonde aversion ou crainte envers les cochons ou de ceux qui les élevaient ? Mais bien sûr, de la suidéphobie ! Et pourquoi pas la catagelophobie, ce serait bien plus pertinent ! Un don précoce (avant l'âge de sept ans) pour le vol sur balai ? Pas étonnant quand on sait que la plupart des sorciers collent leurs enfants sur des balais avant même qu'ils ne sachent marcher ! Une résistance aux maladies infantiles ? merci le système immunitaire ! Mais ça fonctionne aussi pour les moldus. Une grande beauté physique ? Mais oui c'est cela. Des signes de peur et de dégoût décelable chez les nourrissons en présence de moldus ? Parce que les Sang-purs vont souvent mettre leur précieuse progéniture en contact avec eux ? Et pour entériner tout cela, Teignous Nott, un ancêtre de Théo, n'a pas hésité à le mettre par écrit en créant une liste de soi-disant vingt-huit familles de Sang-Pur, les Vingt-huit Sacrés, mettant ainsi en place une forme de noblesse se croyant supérieure au reste des sorciers.
Draco, qui avait été élevé dans ces croyances en présence de son grand-père, Abraxas, avait parfois un peu de mal à comprendre l'indignation de son amant. Cependant, il devait bien reconnaître que certains crédos ne pouvaient prêter qu'aux rires, surtout quand Harry se plaisait à les ridiculiser.
Un autre point qui mettait à mal les revendications des Sangs-Purs était l'idée qu'eux seuls pouvaient prétendre à une grande puissance magique. Plusieurs exemples récents déniaient totalement cette assertion.
- Et donc, malgré toutes ces certitudes, ils reconnaissent tout de même que les deux sorciers reconnus comme les plus puissants de l'époque sont Voldemort et Dumbledore. Pourtant, ils sont tous deux des Sang-Mêlé : Tom Elvis Jedusor, connu comme Lord Voldemort, est issu d'un père moldu. Et la mère de Dumbledore était une née-moldue. Et si l'on observe de plus près d'autres sorciers, on peut constater que Severus Rogue, en plus de disposer d'une certaine puissance magique, est le plus jeune maître de Potions et il est Sang-mêlé. Et au niveau de notre génération, Hermione Granger est également une jeune sorcière plus que prometteuse, et elle est issue de moldus.
Un lourd silence s'installa tandis que les deux jeunes gens se plongeaient une nouvelle fois dans leur réflexion.
Harry referma brusquement le livre qu'il consultait en poussant un soupir de lassitude intense. Avec Draco, il allait devoir rendre un Jugement. Ils seraient les seuls responsables de ce qu'il adviendrait du Futur. Mais il avait la pénible impression que plus il s'informait, moins il comprenait le monde dans lequel il vivait. Plus il étudiait et plus ses certitudes vacillaient.
- Ça ne va pas ? s'enquit Draco qui avait relevé la tête pour observer son amant.
- Je ... je ne sais pas ... Je ne peux pas ... je
- Harry ?
- Je ne peux pas, Draco. Je ne peux pas prendre une décision, c'est ...
- Je sais ! Moi non plus ... Je ne peux pas ... ou plutôt, je ne veux pas ! Nous sommes encore si jeunes. Nous n'avons rien vécu. Comment pourrait-on décider du sort de notre monde ?
Harry ouvrit la bouche, étonné de la remarque du blond. Que celui-ci admette qu'ils n'avaient pas la maturité nécessaire prouvait largement qu'il était aussi dépassé que lui. Il esquissa un léger sourire en coin, se sentant réconforté par cette preuve de faiblesse.
- Quoi ? grogna le blond en remarquant l'air soulagé de son vis-à-vis.
- Tu me rassures, répondit Harry de manière sibylline.
- Pardon ?
- Tu me donnes l'impression de tout gérer, de tout assumer et pourtant tu es en fait aussi perdu que moi.
- Je ne suis pas perdu ! Un Malefoy n'est jam...
Draco laissa les mots mourir sur ses lèvres en croisant le regard brillant. Il y lisait les mêmes émotions qui l'agitaient. Comprendre que Harry faisait face au même dilemme que lui, aux mêmes difficultés le rasséréna.
- Comment peut-Elle nous faire confiance pour prendre la bonne décision ? murmura-t-il. Nous avons encore tellement à apprendre.
Harry fit le tour de la table pour s'approcher de son amant. Il repoussa doucement le fauteuil et se glissa, à cheval, sur les genoux du blond. Il se blottit contre lui, enfouissant son visage dans son cou pour s'immerger dans sa chaleur. Ils restèrent un long moment enlacés avant que les mains de Draco ne se mettent en mouvement, traçant des arabesques sur le dos de Harry. Le brun se redressa un peu, ses lèvres dessinant le contour de la mâchoire en remontant vers une bouche tentatrice qu'elles happèrent doucement.
Forçant le passage, sa langue s'engouffra dans l'antre humide et alla taquiner sans merci sa consœur. Dans le même temps, ses mains glissèrent sous la cape de sorcier et allèrent s'attaquer aux boutons de la chemise pour libérer l'accès vers le torse pâle.
Alors que Harry traçait lentement mais sûrement un chemin menant vers un trésor caché, Draco se tendit d'anticipation et saisit les coudes de son amant pour l'écarter de sa tâche. Forçant un peu, il ramena ses bras vers l'arrière et encercla ses poignets pour l'immobiliser.
Fier de sa manœuvre, il plongea son regard de métal en fusion dans les orbes iridescents avant de se saisir des lèvres tentatrices. Harry gigota un peu pour se libérer, mais la poigne du blond se raffermit. En représailles de cette tentative de libération, Draco mordit légèrement la lèvre inférieure du brun puis reprit un baiser sulfureux.
La première Sentinelle redressa son dos et s'écarta de son tourmenteur. Légèrement haletant, il observa longuement Malefoy puis plissa les yeux face à l'air déterminé qu'il arborait.
- On peut savoir ce que tu essaies de faire ? demanda-t-il tout en essayant une fois encore de se libérer de la poigne qui l'immobilisait.
- Mmmmm ... je ne sais pas ... Profiter de ton corps peut-être ?
- Et tu crois que je vais me laisser faire sans discuter ?
- Et pourquoi pas ? Je l'ai déjà fait. Tu ne te rappelles pas le soir de No...
La voix de Draco s'éteignit lorsqu'il aperçut l'étincelle égrillarde brillant dans les orbes émeraude.
- Quoi ... Qu'est-ce que ...
- Tu crois vraiment que je n'avais pas les moyens de me libérer ? rétorqua Harry, taquin.
Une pulsion fit lâcher sa prise à Draco. Une seconde plus tard, ses bras étaient fixés aux accoudoirs du fauteuil, de même que ses chevilles se retrouvaient liées aux pieds de ce dernier.
Harry plaça ses mains en coupe autour du visage du blond et se pencha lentement, jusqu'à ce que ses lèvres frôlent ses oreilles.
- As-tu oublié la magie sans baguette, mon ange ?
- Je ... J...
Draco hoqueta tandis que Harry lui grignotait le lobe de l'oreille. Ravi de le sentir frissonner sous la caresse, ses lèvres migrèrent lentement le long de sa gorge pour aller mordiller la pomme d'Adam qui s'agitait sous les déglutitions maladroites.
- Pour ... pourquoi ... pas ... mmmmm ... libérer ?
- Mais parce que j'aime te voir aussi dominateur, aussi sauvage ! Mais maintenant, c'est mon tour !
Il coupa court aux faibles protestations de son amant en ravissant sa bouche alors que ses mains glissaient sur le torse, griffant la peau tendre autour des mamelons, glissant sur les côtes. Après une longue circonvolution autour du nombril, il suivit la ligne de poils jusqu'à la ceinture du pantalon. Il le déboutonna et écarta le tissu protégeant l'objet de sa quête. En parallèle, il effectua les mêmes gestes sur lui-même. Ils poussèrent le même soupir de contentement lorsque leurs membres tendus émergèrent de leur prison de tissu.
Harry rapprocha son bassin de celui de Draco et reprit son pillage de la bouche aimée, détournant pendant quelques secondes son attention et se perdant lui-même dans les sensations partagées. Atténuant légèrement les pressions, il glissa la main entre leurs corps et se saisit de leurs verges dressées.
Harry caressa doucement leurs glands déjà enduits de liquide pré-éjaculatoire pour l'étaler sur leurs pénis et débuter un mouvement de va-et-vient. Sous l'affluence de sensations, il rejeta un bref instant la tête en arrière.
Il entama alors un mouvement ascendant et descendant, tant de la main que de son corps se pressant sur celui de Draco. Il assura son équilibre en agrippant l'épaule de son amant et se focalisa sur une allure lente, torturante.
Peu à peu, le blond perdit le contrôle, laissant échapper gémissements fiévreux et halètements d'anticipation. Malgré son assurance de façade, lui-même se sentit lentement submergé par les frémissements de l'orgasme. Essayant de ralentir la montée du plaisir, il ralentit encore ses mouvements, mais un soubresaut violent de Draco amena leurs bassins plus en contact, entraînant une pression inattendue.
Les deux jeunes adultes se tendirent l'espace d'une seconde d'éternité avant de se libérer en longs jets brûlants. Draco laissa retomber sa tête sur le dossier du fauteuil, dans un soupir tremblant alors que Harry s'affaissait pour se nicher dans le cou de son amant.
Il leur fallut de longues minutes avant de reprendre conscience du lieu dans lequel ils se trouvaient. Le brun se redressa doucement et d'un geste de la main, les nettoya. Un second mouvement libéra Draco de ses entraves magiques. Après avoir échangé un long regard suivi d'un baiser d'une tendresse transcendante, Harry se releva et prit place sur le fauteuil à côté.
- Ta tentative de distraction était très agréable, commença Draco, mais je n'ai pas oublié l'objet de notre discussion.
- Je le sais bien. Et puis, ce n'était pas vraiment une diversion.
- Ah non ?
- Non ! Je dirai plutôt une recherche de ... réconfort, tenta Harry avec une grimace mi penaude, mi satisfaite.
- Dans ce cas, je reconnais que c'est une réussite. Malheureusement ...
- ... cela ne suffit pas ! Comme tu le dis, c'est tellement injuste de faire reposer ce fardeau sur nos épaules. Comment pouvons-nous décider du Destin de tout un monde ?
- Si tu devais décider maintenant !
- Je ...
- Tout de suite, sans réfléchir ! insista le blond.
- Je ... Je ne sais pas ! balbutia Harry.
- Quel serait ta première impression ? persista Draco en élevant la voix.
- Je ... je ne veux pas ! Je ne veux pas leur donner une autre chance !
Un grand silence tomba sur la bibliothèque. Harry et Draco se fixaient, les yeux écarquillés, les traits figés dans un masque de compréhension horrifiée.
- Je ... Je ...
Harry hoqueta avant de cacher son visage dans ses mains. Draco resta un long moment immobile avant de déclarer.
- Je crois que ... Je ... Moi non plus, chuchota-t-il.
Le brun releva la tête tellement vite que son cou craqua. Il plongea son regard dans celui de son amant, y retrouvant la même culpabilité qui l'habitait, mais aussi une étrange flamme de soulagement.
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Mercredi 15 Janvier 1997 – Prison du Ministère
Sturgeon Butcher pénétra en catastrophe dans la chambre-cellule de son patient, Albus Dumbledore. Ou du moins de celui qui était son patient. Très tôt le matin-même, il avait été alerté d'un problème par le garde en faction.
Celui-ci avait lui-même été informé par l'elfe de maison chargé de nourrir le prisonnier. Mais en ce tout début de journée, la petite créature s'était retrouvée en présence d'un cadavre.
Le médicomage s'approcha de la couchette et y constata effectivement la présence d'un corps immobile. Il se pencha et écarta la couverture qui le recouvrait. Sous le choc de ce qu'il découvrit, il ne put s'empêcher de reculer en laissant échapper un cri aigu.
Le garde resté à la porte entra à son tour pour prêter main-forte au praticien, mais également par pure curiosité.
Depuis que les journaux avaient rapporté l'arrestation du vieux directeur et sa présence dans la partie médicale des geôles ministérielles, il était régulièrement approché pour obtenir des informations exclusives. Il n'avait cependant jamais rien dit, le souvenir du licenciement de la recrue Dawson encore trop frais dans sa mémoire.
Il se déplaça jusqu'aux côtés de Butcher et ne put lui-même retenir un halètement d'horreur en découvrant le spectacle macabre.
Le corps de Dumbledore ressemblait à un cadavre desséché et fragile. Un peu moins d'un mois plus tôt, il arborait encore l'apparence d'un vieil homme certes, mais tout à fait alerte. Aujourd'hui, il semblait accuser plusieurs années de vie supplémentaires et donnait l'impression d'être mort depuis bien longtemps.
Le médicomage sortit sa baguette et lança un sortilège de diagnostic. Un parchemin apparut dans les airs et les indications attendues se dévoilèrent lentement. Il les énuméra en marmonnant.
- Dégradation tissulaire accélérée, déficience accélérée du foie, déficience rénale accélérée, dégradation pulmonaire, dégradation cardiaque, arrêt de la circulation sanguine au niveau cérébral.
Il marqua un temps d'arrêt avant de lire la dernière ligne.
- Heure de la mort : vingt-trois heures dix-huit.
Le regard incrédule de Sturgeon allait du rapport au corps de Dumbledore. Que s'était-il donc passé ?
Il était venu trois jours plus tôt pour une énième série de tests destinés à remplacer le membre détruit par le Feudeymon et même si les résultats obtenus présentaient toujours ces mêmes anomalies étranges, rien n'avait laissé supposer une issue aussi rapide. Il se tourna vers le garde.
- Pourquoi ne m'avez-vous pas averti de son état ?
- Je n'étais pas au courant. L'elfe m'a seulement dit qu'il avait un peu de fièvre. Vous avez simplement donné l'ordre de lui administrer une potion antipyrétique quand on vous a relayé l'information.
- Comment a-t-il pu mourir aussi vite ? Rien n'indiquait une mort prochaine … murmura l'homme en s'approchant du lit.
Il brandit sa baguette avec l'intention de procéder à plusieurs prélèvements de tissus et de fluides. Lorsque l'artefact effleura le front du directeur, le corps se délita totalement pour ne plus laisser subsister qu'un tas de poussière.
Les deux hommes sursautèrent devant le phénomène et reculèrent avec précipitation tout en glapissant de surprise.
Dumbledore était mort et il ne restait plus rien de lui. De nombreuses questions médicales resteraient désormais sans réponse et le médicomage n'avait plus de cobaye pour mener ses expériences controversées.
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Mercredi 16 Janvier 1997 – Salle de rédaction de la Gazette du Sorcier
Un soupir généralisé résonna tandis que l'ensemble des journalistes et assistants se laissaient retomber dans leur siège. Sur le fronton de la cheminée, une horloge sonna joyeusement onze heures.
Quelques heures plus tôt, vers les six heures du matin, diverses sources avaient commencé à rapporter la nouvelle de la mort d'Albus Dumbledore. Le branle-bas de combat avait alors été déclaré. Si la nouvelle éthique professionnelle avait influencé la manière de travailler des journalistes, elle n'avait en rien modifié l'obtention des informations. Les reporters avaient alors alerté l'ensemble de leurs indics et tous avaient ramené la certitude que l'homme qui avait été un phare dans le monde sorcier ces dernières décennies était bien décédé.
Dès lors, les plumes à papote avaient noirci les parchemins, relatant la vie d'Albus Dumbledore, n'omettant aucun événement, que ce soit ses succès ou ses échecs.
Il fallut attendre dix heures précises pour que la nouvelle soit enfin confirmée de manière officielle par une déclaration du Ministère.
Une heure plus tard, l'édition spéciale était bouclée et les hiboux s'envolaient à tire d'aile pour livrer un journal qui allait une fois de plus provoquer l'effervescence dans la société sorcière.
La mort de l'homme signifiait que de nombreuses questions qui se posaient depuis la veille de Yule resteraient à jamais sans réponse. Le dernier témoin de la mort de Sophia Potter ne parlerait plus.
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Mercredi 16 Janvier 1997 – Vieux château inconnu
Le vieux château s'élevait sur un abrupt pic rocheux, à la lisière d'une vieille forêt ténébreuse.
Le bâtiment présentait un aspect délabré avec ses couloirs sinistres, envahis de toiles d'araignée et de poussières. Les souris, rats et autres nuisibles avaient élus domicile dans la plupart des pièces.
Quelques hommes arpentaient les passages étroits et humides, rasant les murs en se hâtant d'un lieu à l'autre. Soudain, un cri de rage ébranla la vieille bâtisse, faisant frissonner d'effroi tous ses occupants, qu'ils aient deux ou quatre pattes.
Installé dans la bibliothèque du château, Tom hurlait sa colère et son ressentiment en contemplant le journal étalé sur la table devant lui. Plus il fixait la Une de la Gazette, plus sa magie enflait, envoyant des vagues destructrices autour de lui. Les objets les plus fragiles avaient déjà volé en éclats et maintenant, les fenêtres vibraient intensément, à la limite de l'implosion.
Lorsque les éclats de verre volèrent en tous sens, abîmant les ouvrages rangés sur les rayons des étagères, Tom se força à inspirer fortement pour se calmer. Il s'adossa à son dossier et ferma les yeux, contrôlant sa respiration.
Retrouvant son calme, il repensa à ces longues années passées avec Albus, leur but commun, la quête du pouvoir, leurs voyages, leurs recherches et bien sûr leur passion charnelle. Il ne pouvait pas dire que ce qui les avait unis était de l'amour. Pour lui, c'était de la luxure, du sexe pour du sexe. Mais ils avaient eu l'avantage de partager une vision commune du monde sorcier et s'étaient servi l'un de l'autre pour atteindre leur objectif. Perdre Albus, c'était perdre un allié de poids, mais cela lui éviterait de devoir l'éliminer plus tard. C'était un contretemps désagréable mais finalement utile.
Malheureusement, il n'avait pas anticipé la possible disparition des horcruxes qu'il lui avait confiés.
Après quelques minutes de silence, il releva les paupières et les yeux fixés sur le portrait d'Albus, se lança dans une profonde réflexion. Il passa en revue les événements depuis cette soirée fatale du vingt-et-un décembre.
Il lui avait fallu de longues recherches avant de comprendre pourquoi il avait perdu connaissance et s'était retrouvé plongé dans un coma magique. Il avait ressenti comme un déchirement interne suivi d'une douleur térébrante qui l'avait plongé dans un océan de souffrance et de ténèbres. Cette sensation d'arrachement de son être profond l'avait presque tué.
Il ne savait pas comment et pourquoi il avait repris conscience, mais depuis son réveil, il avait noté un affaiblissement conséquent de sa magie.
C'est en compulsant les journaux qu'il avait appris l'arrestation de son amant, et surtout les circonstances qui avaient mené à son emprisonnement. Il en avait déduit que le Feudeymon lancé par Sophia Potter avait dû provoquer la destruction de la bague et de la Coupe de Poufsouffle qui étaient en possession d'Albus.
Nagini ayant été tuée l'année précédente et le journal détruit quelques temps plus tôt, il avait donc perdu quatre horcruxes. Il se lança alors à la recherche des autres, à savoir le Diadème de Rowena et le Médaillon de Serpentard. Si le bijou de Rowena était à l'abri, celui de Serpentard avait disparu de la grotte dans laquelle il l'avait caché.
Des années plus tôt, il avait sacrifié l'un de ses plus jeunes mangemorts en testant les protections qu'il avait mises en place. Il avait utilisé le jeune Regulus Black, dernier rejeton d'une famille loyale à son camp. C'était une forme de vengeance à l'encontre des parents qui avaient échoué à lui présenter toute la fratrie. Alors que les Black avaient toujours été affiliés à la Maison Serpentard, le fils aîné avait commis l'impensable. Non seulement, il avait été réparti dans la Maison rivale, mais en plus, il s'était ouvertement tourné vers le camp de la Lumière. Comble de l'horreur, il avait même été désigné parrain de celle qui serait à tort désignée comme l'élue.
Persuadé de pouvoir retrouver un peu de pouvoir en récupérant le Diadème de Serdaigle, en même temps que le sang gardé dans sa malle au fond des cachots, il avait à nouveau essayé de pénétrer dans Poudlard, sans succès. La barrière érigée par les Fondateurs et Merlin, ainsi qu'il l'avait appris par la presse, l'avait impitoyablement rejeté.
Un nouveau regard à la Une du journal lui attira un nouveau grognement tandis que ses mains agrippaient les accoudoirs avec tellement de force que ses jointures blanchirent.
Il s'était bien amusé aux dépends de son amant durant ces derniers mois. Il s'était délecté de la frustration d'Albus qui n'avait jamais compris que son nouveau professeur de potions et lui n'étaient qu'une seule et même personne. Il se congratulait encore de ce sortilège qu'il s'était appliqué et qui provoquait un malaise profond, très proche du dégoût, chez son amant. Cela avait empêché avec efficacité ce dernier de venir fouiller dans ses affaires.
Chacune de leur rencontre, peu fréquentes il fallait l'avouer, avait été le théâtre d'ébats des plus vigoureux qui l'avaient personnellement plus que contenté. A l'inverse, Albus en était toujours ressorti fulminant et plein de rancœur, exigeant que Tom lui donne des informations sur les occupations qui le tenaient si loin de lui.
Il n'avait rien voulu lui révéler, ni sa présence à Poudlard sous une autre identité, ni les recherches qu'il y menait.
Peu après sa renaissance, il avait appris la disparition de son journal intime. Puis, suite à la mort de Nagini, il avait effectué de nombreuses études afin de trouver une nouvelle procédure pour ancrer son immortalité. L'un des rituels proposait d'intégrer l'essence d'un être magique, humain ou créature, à la sienne propre.
L'idée de mêler la magie d'un être inférieur à la sienne – selon ses propres croyances - l'avait totalement dégoûté. Il ne lui restait donc que la magie sorcière et quel meilleur endroit que Poudlard pour lancer des expérimentations. Celles-ci se révélèrent un véritable succès. Les tests avaient ensuite démontré que plus le sujet était jeune, plus le transfert était bénéfique à son récipiendaire. Tom pensait que c'était dû au fait que la magie juvénile, encore sujette aux éclats, n'était pas encore totalement maîtrisée par son porteur.
Il avait mené des expériences sur des sujets adultes, mais les résultats avaient été décevants. Après sa fuite de Saint-Mangouste, il avait sacrifié quelques-uns de ses mangemorts pour récupérer leurs essences vitales, cependant l'apport avait été dérisoire en regard des efforts à fournir.
Un nouveau soupir rageur passa ses lèvres lorsque son regard tomba sur la photo de Sophia Potter. Si la petite garce n'avait pas été détruite par le sortilège de feu, il se serait volontiers occupé de son cas. Lentement. Cruellement.
Tournant la page, il rencontra une nouvelle photo de la gamine qui lui avait enlevé son complice. Il la fusilla du regard, comme s'il pouvait la faire souffrir par-delà le papier avant de remarquer un éclat. Avec fébrilité, il attrapa le journal et l'approcha de ses yeux pour identifier l'éclair doré qui l'avait interpellé.
Sa réaction fut si brutale que le papier s'embrasa et disparut en cendres et fumée.
Au cou de la prétendue Survivante, Tom venait de reconnaître les mailles de la chaîne supportant le Médaillon de Serpentard. Un cinquième horcruxe avait été détruit.
Désormais, il ne restait que le Diadème de Serdaigle. Il n'y avait plus qu'un seul rempart entre lui et la mortalité. Et en plus, l'artefact était caché dans la Salle Sur Demande, totalement hors de portée. Heureusement, il y avait très peu de chance que quelqu'un ait pu mettre la main sur cette dernière assurance.
Son regard fit le tour de la bibliothèque, s'attardant sur un ouvrage ou l'autre. Il se releva brusquement et se dirigea vers une couverture d'un rouge brunâtre, tel le sang séché. Avec un sourire malveillant, il ouvrit l'ouvrage et le feuilleta rapidement.
En quelques secondes, il retrouva la page désirée. Sur le fin vélin jauni, un étrange diagramme était entouré d'une série de runes et de symboles.
En légende, on pouvait lire « Ostara, renouveau de la Vie ».
TBC
