CHAPITRE 68

OOC : Coucou à tous ! Voici un nouveau chapitre ! Merci à Kuro Sha et Cao dreams in books pour leurs reviews ! Laissez des commentaires si vous en avez envie. Ça fait toujours plaisir de savoir où je peux m'améliorer.

Le silence tomba.

Dans son armure, Père Jean sentit son cœur rater un battement. Quand bien même il était actuellement à l'abri, il ne s'agissait que d'un maigre réconfort. Il ignorait où Tarantulas se situait par rapport à lui, mais selon le volume de son timbre de voix, il devina que le Cybertronien n'était pas très loin d'eux.

« Vous croyiez réellement que vous pourriez vous échapper d'ici ? Vous pensiez que j'étais aussi dupe ? » poursuivit tranquillement Tarantulas, le ton calme.

Père Jean devinait un sourire sur son visage. Etait-il capable de sourire ? Il entendit la respiration saccadée de Ratchet à proximité.

Il était inquiet…apeuré.

Et il n'était pas le seul.

Pourtant, Tarantulas ne s'avançait pas. Père Jean devinait qu'il n'en avait pas besoin. Il se tenait entre eux et le pont-terrestre de toute façon.

« Très ingénieux, de déclencher la Sirène, commenta Tarantulas. Hélas, ça n'a pas duré longtemps.

- Laisse-nous partir, Tarantulas ! lui rétorqua Ratchet, la voix tremblante.

Père Jean se raidit à l'intérieur de l'armure.

Ratchet n'avait pas seulement peur…Il paniquait. Tarantulas parvenait à déclencher ces émotions en lui. Et Père Jean n'osait pas imaginer ce qu'avait traversé Ratchet tout au long où il était demeuré prisonnier.

Undertone ne disait rien. Mais Père Jean y devinait également des émotions similaires.

Brusquement, Père Jean sentit une violente odeur frapper ses narines. Il ignorait d'où cela venait.

Une odeur forte…mais familière. Où l'avait-il déjà sentie ?

- …Qu'est-ce que tu as fait, Tarantulas ? l'interrogea Ratchet, articulant lentement sur chaque mot.

- Ratchet…tu me brises le spark. Moi qui attendais ta réponse à ma proposition de nous lier avec impatience. Et tu oses me faire ça ? Après tout ce que j'ai fait pour toi ? Tu oses t'enfuir ?

Ratchet tiqua. Père Jean ordonna à l'armure de reculer.

Il sentit le regard de Tarantulas braqué sur lui.

Père Jean ne saurait deviner son expression actuelle, s'il en possédait une.

- Et en plus…tu oses prendre non seulement mon Minicon…mais également l'une de mes armures ? Ma création ?

- Je t'ai dit de nous laisser partir ! répéta Ratchet, la voix stridente.

- Et moi, je refuse, rétorqua froidement Tarantulas.

Enfin, Père Jean entendit un pas.

Puis, un second.

- Tu sais, Ratchet. Il suffirait d'un appel, d'une communication…pour que la Reine soit au courant de ta petite fugue. Après tant de temps à son service, elle m'a laissé l'opportunité de garder un animal de compagnie. Parce que je lui suis fidèle. Parce que je ne la déçois pas. Mes compétences de tortionnaire et de scientifique m'ont rendu indispensable, susurra-t-il.

La réponse de Ratchet fut immédiate, quoique son ton fut incertain.

- Tais-toi ! Je ne suis pas ton animal de compagnie ! Ni même ton Conjunx ! Et je ne le serai jamais !

- Mais cette fois-ci, compléta Tarantulas, ignorant la réponse même de Ratchet, elle sera moins encline à me laisser te garder si elle l'apprend.

Puis, d'un ton sombre, teinté d'un sadisme évident, il ajouta ces mots, faisant tressaillir Père Jean.

- Tu rejoindrais les camarades que tu chéris tant, Prowl.

Ses camarades… ?

Père Jean déglutit tandis qu'il sentit Ratchet bondir en avant.

- N'OSE PAS PARLER D'EUX !

- Non ! lui cria Père Jean, devinant ses intentions.

Mais le prêtre ne put rien faire. Il ne put même pas utiliser ses bras mécaniques. Il entendit Ratchet se précipiter en direction de Tarantulas, ne réprimant pas un cri de rage mêlée à de la douleur inconditionnelle.

Le deuil, reconnut-il.

L'instant d'après, Père Jean sursauta quand il entendit le corps lourd de Ratchet percuter le sol. Tout de suite, le prêtre voulut se précipiter. Il était sur le point de commander à l'armure de lui prêter assistance quand Ratchet, entre deux quintes profondes de toux, lui hurla.

- Ne t'approche pas !

- J'ignore qui est venu t'assister, déclara Tarantulas, mais crois-moi, il ne te sauvera pas. C'est moi qui connais toutes les faiblesses de cette armure. C'est le premier prototype, après tout.

Père Jean sentit son propre corps trembler.

Il voulait bouger, bien sûr…la commander de bouger. Mais c'était comme si la peur le paralysait, l'empêchant de prononcer la moindre commande. Comment pouvait-il même assister Ratchet avec l'armure ? Quelle commande utiliser ? Il souhaitait demander des explications à Undertone, mais ce dernier ne disait toujours rien.

A nouveau, la sueur revint, lui mouillant le front. Et l'odeur forte ne devint que plus forte.

L'odeur d'energon…la même qu'il avait senti au château de Garboil, lorsque lui et Wing avaient découvert ensemble le corps de ce dernier.

Mais…

Non. D'où cela venait-il ?

Le ton de Tarantulas redevint soudainement mielleux.

- Mais tu sais, Prowl…

- Ne m'appelle pas Prowl !

- …Je peux fermer les optiques sur ce qui s'est passé. Si tu acceptais de revenir avec moi. Si tu acceptais de devenir mon Conjunx. La Reine n'en saurait jamais rien.

Père Jean devina que Ratchet lui avait craché dessus. Brusquement, Tarantulas effectua un mouvement. Ratchet poussa plusieurs bruits étranglés. Père Jean l'entendit se débattre. Il comprit immédiatement que Tarantulas l'avait empoigné.

- Que serais-tu sans moi ? Après tout ce que j'ai fait pour toi…Je t'ai épargné, je t'ai nourri, je t'ai gardé en vie…Je t'ai donné quelqu'un qui pouvait prendre soin de toi après la mort pathétique de tes camarades.

- Ne…Ne me parle pas d'eux ! parvint-il à articuler.

- …Je t'ai donné quelqu'un qui pouvait t'aimer. Qui pouvait t'aimer mieux que tes anciens camarades. Et toi, tu me poignardes dans le dos. Regarde ce que tu me fais faire, Prowl.

- La ferme !

- Arrêtez ! cria Père Jean en même temps qu'Undertone.

Pourtant, Tarantulas ne sembla entendre qu'Undertone. L'instant d'après, Père Jean entendit le bruit d'un objet lancé. Undertone lui avait lancé quelque chose pour venir en aide à Ratchet.

Tarantulas poussa un grognement et Ratchet réprima un nouveau cri de douleur.

- Undertone ! Je suis ton Déployeur ! Ton Maître ! lui grinça Tarantulas.

Il sentit Undertone se figer.

- …Non…

- On a passé un contrat qui ne prendra fin qu'avec ma mort ou la tienne ! Tu dois me servir ! Maintenant, je t'ordonne de reprendre ta forme !

- …Non…répéta Undertone.

- Tu es là pour me servir ! N'oublie pas ta place d'outil ! gronda Tarantulas. Si je peux tuer le bot que j'aime, je peux très bien tuer un vulgaire outil comme toi sans aucun d'état d'âme !

Undertone ne répondit pas.

Pendant un instant, Père Jean sentit son hésitation. Elle était faible mais présente.

- Reprends ta forme de disque si tu ne veux pas que je le tue devant toi ! acheva Tarantulas.

Il n'allait pas l'écouter, hein ?

- Undertone…tu n'es pas obligé de le suivre, parvint à souffler difficilement Père Jean.

Bien sûr…bien sûr qu'il ne le suivrait pas…

- …Vous avez raison, Maître. Veuillez me pardonner.

- N'oublie pas ta place !

Non !

Pourtant, Père Jean douta. Il avait du mal à croire les mots du Cybertronien.

- Reprends ta forme de disque maintenant !

Le doute lui était permis.

Le ton…semblait quasi-robotique. Comme s'il jouait une pièce de théâtre.

- Undertone ! Reprends ta forme !

- …Bien, Maître.

Puis, le doute s'évapora complètement dès l'instant où Père Jean sentit Undertone se tourner lentement vers lui, lui adressant ces quelques mots à voix basse.

- …Enfuyez-vous le plus vite possible vers le pont-terrestre. Protégez l'artefact.

Un bruit de transformation s'ensuivit.

Père Jean comprit que cela avait été son intention depuis le début. Et quand Undertone chargea, probablement dans la forme disque ordonnée par Tarantulas, et malgré la violence pour lui de le laisser derrière, le prêtre commanda à l'armure de foncer droit vers le pont-terrestre. Père Jean tomba de son siège dès qu'elle se mit en marche.

Derrière lui, la lutte commença. Père Jean ignora qui avait pris le dessus sur l'autre. Tarantulas poussa des sifflements, des grondements enragés tandis qu'il effectuait des mouvements vifs pour soit attaquer, soit se défendre.

Le prêtre s'agrippa au siège, le sol tremblant sous ses pieds.

L'armure continuait d'avancer. Le noir devenait un peu plus gris autour de lui. Il se rapprochait de la lumière du pont-terrestre.

Mais avant même qu'il ne puisse y entrer complètement, l'odeur d'energon lui sauta à la gorge.

La terreur le prit. Il comprit. Il comprit d'où elle venait l'instant où il entendit les quelques mots prononcés par Glacius, des mots baignant dans l'energon qu'il inhalait.

- Marie…est en sécurité…

Père Jean commanda immédiatement à l'armure de s'arrêter.

- Glacius ! hurla-t-il.

- Non…partez…

- Va le rejoindre ! cria Père Jean en direction de l'armure.

- Non ! rétorqua faiblement Glacius tandis que derrière lui, les hurlements de douleur de Ratchet reprirent, couvrant ceux qui pouvaient émaner de Tarantulas.

Quel idiot…Quel idiot avait-il été de s'enfuir…

Personne ne laissait ses camarades derrière…Même à l'armée, il s'agissait d'un principe, pensa Père Jean. Même s'il y avait l'artefact en jeu, il ne pouvait pas se résoudre de les laisser en arrière.

Père Jean commanda à l'armure d'activer son bras, de le tendre vers le Cybertronien blessé.

- Dis-moi ! Dis-moi si c'est grave !

- Non…ça va…je vous assure !

- Je vais te porter !

- Non ! L'artefact…vous devez veiller sur l'artefact ! Rappelez-vous ! Et Marie…Marie a déjà traversé le pont…elle va bien ! vous n'avez qu'à la rejoindre !

- Mais moi, je ne t'abandonne pas ! Grimpe ! Grimpe ! Essaie de grimper !

Il avait une promesse à tenir ! Il lui avait promis un asile. Pour lui, pour Swelter…

Glacius poussa un grognement de douleur. Pourtant, Père Jean l'entendit bouger, se rapprocher de son bras.

Mais alors que Glacius était sur le point d'atteindre le bras mécanique de l'armure, Père Jean vacilla soudainement en avant.

Son crâne cogna le sol tandis qu'il sentit son environnement basculer. Il ignorait où se trouvait la terre, le plafond…

- Père Jean ! entendit-il Glacius s'exclamer.

L'armure…l'armure tombait. Père Jean souhaita lui commander de ne pas tomber mais son ordre se noya dans le gigantesque fracas qui s'ensuivit, plaquant Père Jean contre le sol même qui tremblait avec forte intensité.

Père Jean se retrouva sonné. Un filet de bave coulait de sa lèvre fendue, tandis que du sang émanait depuis son nez. L'humain, qui avait sûrement perdu connaissance pendant quelques secondes, le toucha d'une main faible. Il devait être cassé.

Il comprit qu'on l'avait atteint, probablement à la zone de la tête. Derrière lui, il sentit Tarantulas se rapprocher.

- Vous ne savez même pas manier mon armure correctement, commenta Tarantulas de façon nonchalante. Peu importe qui vous êtes.

Père Jean n'eut pas le force de répondre.

Ratchet…Undertone…

- Cela me fait mal…mais bon. Ce n'est que le premier modèle. J'aurai le temps de l'améliorer.

- Ne le touche pas !

Ratchet…Ratchet s'était relevé.

Tarantulas ne l'avait pas tué…

Au-dessus de lui, Père Jean entendit un bruit de collision. Probablement Ratchet avait-il percuté Tarantulas de toutes ses forces pour l'éloigner de lui.

- Père Jean… ? l'interrogea Glacius, le ton exténué.

- …Je vais bien, parvint-il à répondre.

Relève-toi, lui commanda-t-il.

Pitié, relève-toi !

Au bout de quelques tentatives qui parurent vaines, l'armure parvint à s'exécuter. Père Jean serra la mâchoire, son siège se retrouvant collé au mur tandis qu'elle se relevait.

Des sons de grésillement firent comprendre à Père Jean que l'armure avait été endommagée.

Ils devaient sortir d'ici…peu importait le coût…

- Glacius !

- Non ! Enfuyez-vous !

- Non ! Agrippe-toi si tu peux !

Encore une fois, Père Jean commanda à l'armure de tendre son bras. Il entendit le son que produisait l'articulation siffler quand l'armure s'exécutait.

Alors qu'il tentait à nouveau d'atteindre Glacius pour le porter jusqu'à la sortie, un nouveau choc atteignit l'armure, le propulsant cette fois-ci en arrière. Père Jean parvint à commander à l'armure de s'appuyer sur son pied droit pour amortir la chute, cette dernière glissant jusqu'à cogner une surface ferme.

Encore une fois, Tarantulas chargeait. Les oreilles de Père Jean sifflèrent.

Tarantulas le frappa une troisième fois à la tête. Père Jean cria, n'ayant pas le temps de dicter quoi que ce soit. L'armure heurta le mur et un nouveau coup fit trembler le sol, Père Jean chutant une énième fois.

- Pas très solide, le pilote !

Les coups se mirent à pleuvoir. Tarantulas avait toute l'intention du monde le mettre à terre. Père Jean tenta faiblement de commander de bloquer le coup suivant du Cybertronien, mais ce ne fut pas assez. Les coups de Tarantulas étaient fluides et rapides…

Père Jean se demanda brièvement s'il avait bel et bien deux bras…ou plus…

Au coup suivant, Père Jean fut éjecté de son siège et atterrit contre le mur tandis que l'armure s'effondrait en arrière dans un vacarme assourdissant qui cloua Père Jean sur la surface qui l'empêchait de traverser l'armure dans sa chute.

Son souffle se coupa. Père Jean essaya de reprendre sa respiration, ignorant la douleur physique qui le tétanisait.

L'armure…se redressait. Elle se relevait.

Comment était-ce possible ? pensa Père Jean, réagissant à peine lorsqu'elle fut à nouveau droite.

Il comprit que c'était Tarantulas qui l'avait relevée de lui-même…pour lui porter un énième et puissant coup au visage de l'armure.

Un bruit de craquement alerta Père Jean.

Tarantulas…il avait perforé la zone du casque ?

- …Qu'est-ce que je vois là ? susurra-t-il.

Père Jean n'osa rien répliquer. Il devina que Tarantulas s'était rapproché de lui.

Le prêtre demeura immobile, la douleur l'empêchant d'effectuer ne serait-ce qu'un geste en retour.

Sans avertissement, Tarantulas se mit à glousser.

- …Je rêve. Le premier à utiliser mon armure…est un humain ?

Père Jean ne rétorqua rien. Il garda la bouche ouverte, les pensées tournant en boucle dans sa tête.

- …Pas très futé, l'humain. Tu m'étonnes que mon armure soit aussi vulnérable. Surtout si tu l'as activé en mode défensif.

Au loin, quelqu'un rampait. Au son de la voix, qui suppliait désespérément Tarantulas de les laisser partir, Père Jean devina brièvement qu'il s'agissait de Ratchet.

Mais Tarantulas le gardait maintenu. Un bruit sourd émana du sol. Un cri de douleur s'ensuivit tandis que Ratchet s'effondrait au sol.

- Dommage pour toi…L'armure n'est vraiment utile que par le biais d'un spark, poursuivit Tarantulas comme si rien ne s'était passé.

- …Quoi ? parvint-il à prononcer.

A nouveau, Tarantulas étouffa un rire.

- Vous, les humains, vous êtes tellement pathétiques à utiliser des technologies qui ne vous appartiennent pas…vous en ignorez les conséquences mêmes.

Il marqua un temps.

- Mais tout ira bien. Je vais t'extraire de là avant que tu ne te fasses davantage mal.

Une bourrasque frappa Père Jean au visage.

Quelque chose de fort tapait contre la surface qui le gardait enfermé. Au fur et à mesure, cela s'intensifiait. Tarantulas frappait le casque pour pouvoir le briser et le laisser entrer.

Ou…s'il était aussi grand, laisser sa main géante entrer.

Père Jean demeura contre le mur, les jambes se dérobant sous lui. Sans un mot, il s'effondra par terre tandis que les coups continuaient.

L'artefact…il ne devait pas ouvrir le châssis et voir l'artefact…ou tout était perdu.

Un son de verre brisé…

Tarantulas avait réussi son but. Père Jean serra la mâchoire, se rapprochant du mur pour être hors d'atteinte.

Mais ce n'était qu'une question avant qu'il…

- Père Jean ! lui hurla Glacius. Le bouclier ! Activez le bouclier !

Le bouclier…

- Comme c'est mignon, souffla Tarantulas. On dirait qu'un outil s'est pris d'affection pour un humain.

Un son s'activa.

Ce même son…

Celui d'un canon…un canon qui se chargeait.

Père Jean pâlit.

- …Bouclier…active le bouclier…balbutia-t-il.

- Vas-y ? ricana Tarantulas. Répète-le plus fort.

- Active le bouclier !

Tarantulas se mit à rire. Père Jean comprit que rien ne se passait.

- Dommage pour toi…On dirait que mon armure ne fonctionne pas aussi bien avec un humain. Ce sera utile de le mentionner dans mon rapport.

Je t'en prie…Je t'en prie…On est si près du but.

Sans réfléchir, Père Jean hurla.

Il hurla de toutes ses forces à l'armure d'activer le bouclier.

Il entendit Tarantulas arracher un cri de surprise tandis qu'un son dur et mécanique se mit à envahir les oreilles de l'humain.

Un bruit de chute se fit entendre près du mur lui faisant face. Père Jean comprit que Tarantulas avait été éjecté en arrière et qu'il avait rebondit contre le mur, amortissant le choc.

Le sifflement de l'articulation des bras atteignit l'humain.

Le bouclier.

- Glacius ! l'appela immédiatement Père Jean.

Maintenant qu'il l'avait activé, il devait le garder. Au moins pour se défendre. Il ne risquerait plus rien…il pourrait protéger et Glacius, et l'artefact…

Père Jean commanda à l'armure de se rapprocher de Glacius. Peut-être qu'en le plaçant à l'intérieur du cockpit, il serait plus à même de le garder en sécurité.

Mais alors qu'il était sur le point de l'atteindre, le Cybertronien se tenait à quelques centimètres de l'armure, Glacius émana un cri strident, hurlant aussi fort que Père Jean n'avait jamais entendu quelqu'un hurler auparavant.

Père Jean sentit l'armure être violemment poussée en arrière.

Le bruit…le canon qui se chargeait…

L'odeur d'energon qui ne s'intensifia que davantage.

- Non ! hurla Père Jean. Glacius ! Glacius !

Mais Glacius ne répondait pas.

Le cœur de Père Jean manqua de s'arrêter. A nouveau, l'armure fut frappée en pleine poitrine.

Cette fois-ci, Tarantulas utilisait son arme. Père Jean commanda rapidement à l'armure de se redresser, mais cela ne stoppa pas la chute. Bientôt, Père Jean roula au sol, utilisant ses ongles pour ralentir la descente en piqué, le sol s'inclinant de plus en plus.

Une nausée le prit à la gorge…et Père Jean se mit soudainement à vomir.

Il avait mal au ventre, mal à la tête, son cœur battait comme s'il allait sortir de sa poitrine…et il n'arrivait plus à bouger son bras. Son bras humain.

Glacius…

A nouveau, la vibration coupa Père Jean et l'empêcha d'agir. Qu'il s'agisse de commander l'armure ou même de se redresser…L'humain ne put rien faire.

Il n'était pas un combattant…

Il ne pourrait pas sortir…ils ne pourraient pas sortir…

- Belle démonstration, ricana Tarantulas.

Père Jean était trop faible pour répondre.

- Mais comme je l'ai expliqué à mon bien-aimé Prowl…tu ne le sauveras pas. Tu ne sauveras personne. C'est fini pour toi.

Le prêtre essaya de relever la tête.

Mais Père Jean se laissa tomber au sol, attendant la prochaine attaque. La dernière attaque qu'il pourrait endurer.

Mais le tir ne vint jamais.

Ce fut comme si le temps s'arrêta. Quelqu'un interrompit Tarantulas avant même qu'il ne puisse l'achever.

- …Il paraît que tu t'en es pris à Marie.

Père Jean se figea.

Cette voix…il la reconnaissait.

Il l'avait déjà entendue…cette voix…

Celui qui l'avait sauvé…qui avait sauvé Wing de l'incendie du Château de Garboil.

Lui…il était là. Il était revenu.

- Gasket, ricana Tarantulas dans un crachat méprisant. Toi ici.

Père Jean n'entendit plus rien.

Il n'entendit plus aucun mot de son bienfaiteur, ni de son agresseur.


Ne pas écouter sa peur…

Ne pas écouter sa peur…

Même si Gasket n'avait plus osé y retourner, n'avait plus osé revenir pour affronter les Decepticons, les humains, les Autobots au risque d'être torturé une nouvelle fois et de succomber à ses blessures…tout changea dès l'instant où Marie revint du pont-terrestre, le corps et le visage ensanglantés.

Quelque chose s'était passé…et Gasket avait réalisé qu'il n'eut pas besoin d'entendre ses explications.

Il n'eut pas besoin d'entendre ses explications pour agir.

Quelqu'un s'en était pris à Marie, à la personne qui l'avait sauvée…et à d'autres…

C'était à son tour de lui venir en aide. Ces années au Cercle de la Lumière, aux Cités de Cristal, son entraînement…tous ces évènements refirent surface.

Gasket était entré dans le pont-terrestre et s'était élancé dans la bataille.

Tarantulas envoya un coup de tête en plein visage de Gasket. Le bot vert cracha de l'energon et bloqua le deuxième. Toutefois, il ne put esquiver à temps la troisième et quatrième attaque, Tarantulas usant plusieurs de ses pattes à la fois.

« Tu n'aideras jamais personne, Gasket ! Tu es mort ! »

Le venin dans sa voix était clairement audible.

Gasket bloqua un énième coup. Il se fit griffer à la joue droite en essayant d'attaquer.

Le bot vert reprit son souffle durant quelques secondes, le temps de voir l'une des pattes de Tarantulas se lever et plonger droit sur lui.

D'un geste sec, le bot vert la saisit.

Puis, il tira. Il tira de toutes ses forces.

« Lâche-moi…Lâche-moi ! »

Gasket tira…

Et d'un geste fluide, il lui arracha la moitié de sa patte, le bout atterrissant au sol tandis que l'autre partie saignait abondamment.

Profitant de cette ouverture, Gasket saisit Tarantulas par le poignet avant même qu'il ne puisse viser une autre victime avec son canon au bras…et le retourna brusquement sur lui-même pour le lui tordre, dans un craquement sec.

Tarantulas hurla de façon stridente. Tout de suite, il essaya d'utiliser son autre bras pour tirer sur Gasket, de façon aléatoire sur différentes parties du corps, tandis que ses sept autres pattes giflait, griffait ses joues, son front.

Gasket n'écouta pas sa peur. Il n'écouta aucune émotion. Il les reporterait à plus tard.

Gasket le retourna, et tout en gardant une prise autour du cou de l'Insecticon, il planta ses doigts dans le poignet qui maintenait le canon pour le lui faire lâcher.

« Monstre ! Lâche ! Tu oses revenir ! » cracha vivement Tarantulas.

Gasket gronda.

L'energon jaillit des câbles provenant de son poignet. Tarantulas hurla de douleur et commença à se débattre, tordant son corps pour le repousser et le faire reculer, et ainsi, atténuer son emprise sur lui.

Cela ne marcherait pas. Gasket ne fit que la renforcer davantage. Il donna un coup de pied dans le canon qui avait atterri au sol près d'eux, avant de retourner Tarantulas tandis qu'il usait son autre bras pour maintenir son corps contre le sien, le serrant au maximum contre lui.

Tarantulas le frappa, hurla. Il le frappa sur le côté du casque, un coup après l'autre, utilisant ses sept pattes dans son dos, que Gasket avait réussi à emprisonner avec leur propriétaire.

Gasket était de corpulence imposante…plus imposante que lui.

Cela avait été son avantage au Cercle de la Lumière…Axe n'était jamais arrivé à le battre. Pas une fois.

Tarantulas poussa un sifflement de douleur tandis que les côtes commençaient à se briser, l'une après l'autre.

Gasket se prit un coup de poing dans l'optique. Il resserra son emprise.

« Lâche ! Lâche ! Lâche ! »

Oui…lâche…

« Tu n'oseras pas me tuer ! Le Cercle de la Lumière l'interdit ! » prononça Tarantulas, d'une voix étranglée.

Gasket hocha la tête.

- …Je ne suis plus au Cercle de la Lumière.

Il n'avait plus de raison de ne pas tuer celui qui s'en prenait à ses amis.

Le cri de Tarantulas se mit à résonner de façon stridente, atteignant les audios de Gasket.

Le tuer…le tuer…Il avait tué Vertebreak. Il le tuerait aussi.

Gasket remonta ses bras qui se nouèrent autour du cou de Tarantulas.

A nouveau, il serra. Il serra au maximum pour lui dévisser la tête…

« Pitié ! »

Gasket se raidit.

« Pitié ! »

Tarantulas…implorait la pitié ?

Lui ? cela devait être une blague !

Gasket ne cessa pas son attaque. Il luttait, forçait pour que Tarantulas meure le plus vite possible.

- Pitié !

- Non ! J'ai trop souffert à cause de vous ! Vous m'avez torturé ! Vous m'avez tout prit ! Tout !

Des souvenirs qui resteraient jusqu'au jour où il rejoindrait le Allspark…

Il n'était plus Gasket. Il n'était plus un ancien membre du Cercle de la Lumière qui avait appris du combat et qui n'avait plus peur de son issue.

Il avait redécouvert la peur…à cause d'eux.

Tarantulas lui envoya un énième coup de pied dans la jambe. Gasket tressaillit légèrement mais cela ne fut pas suffisant pour qu'il le lâche.

- Pitié ! Pitié ! Arg…

- Non…c'est terminé…c'est terminé…

Gasket entendit une visse sauter du cou de Tarantulas.

Il y était presque…Gasket oublia les sept pattes qui gigotaient, se débattaient pour qu'on les laisse libres…

Tarantulas allait mourir…Il allait mourir…

L'Insecticon poussa un cri étranglé.

Gasket ferma les optiques avant de soupirer.

Puis, sans un mot, il repoussa Tarantulas violemment à bout de bras, l'Insecticon s'effondrant au sol dans un gémissement plaintif.

Gasket le toisa froidement.

- …Tu ne mérites pas qu'on te tue.

Il était déplorable…Mais Gasket ne souhaitait pas devenir comme lui.

Tarantulas se tourna douloureusement vers lui, la peur apparente en dépit de sa visière qui lui cachait son visage et ses émotions. Il aurait trop mal pour attaquer encore.

Après un dernier regard, Gasket fonça en direction des blessés. Il trouva un bot orange et blanc qui avait été poignardé à la cheville. Un Minicon blanc et masqué le soutenait comme il pouvait pour qu'il reste debout.

Un Minicon de sa connaissance…

« …Undertone ?

- …Gasket.

S'il avait pu, le Minicon lui aurait souri.

- Je savais que vous reviendriez nous aider.

- Glacius ! cria celui qui était dans l'armure Cybertronienne blanche et noire.

En dépit des dommages causés à l'armure, Gasket réalisa que celui qui avait le plus besoin d'être traité en urgence était un Minicon bleu et blanc, étendu au sol, baignant dans son energon suite à une hémorragie intense provenant d'une blessure au châssis, à l'endroit même où était situé le spark.

Tout de suite, le spark battant, Gasket se précipita vers lui et le secoua, lui criant de se réveiller.

Glacius ne se réveillait pas.

Gasket serra les dents. Il l'attrapa dans ses bras, posant sa main sur la blessure pour la compresser et empêcher davantage les saignements.

- Undertone…Va…va aider Père Jean, lui ordonna le bot orange et blanc, la voix tremblante.

Père Jean ?

Les souvenirs de Gasket refirent surface. Il se rappelait d'un humain…un humain qu'il avait rencontré en sauvant Wing des flammes, après un guet-apens tendu par les Decepticons.

Père Jean…mais…ça ne pouvait pas être le même.

Même amoché, Undertone courut vers l'armure pour l'aider à se redresser.

- …Glacius…

- Il va bien…tenta de le rassurer Undertone.

Mais le dénommé Père Jean n'était pas dupe. Le visage ensanglanté de l'humain apparut à travers un trou formé dans l'armure, probablement causé par Tarantulas dans la lutte.

Gasket le regarda.

Il le reconnaissait. C'était bien lui.

Cela signifierait que Wing…

- …Non. Il ne va pas bien, prononça Père Jean, le timbre de sa voix lent provoqué par le choc. Je le sens.

Il l'aiderait…

Il ferait tout ce qu'il pourrait pour l'aider…Gasket se tourna vers le pont-terrestre, prêt à quitter le Sanctuaire.

La voix de Tarantulas résonna à nouveau.

- …Ratchet.

Le bot blanc et orange se retourna dans sa direction.

Tarantulas crachait de l'energon. Il lui adressa, d'un ton presque tendre et affectueux.

- …Tout ira bien…doc.

Les optiques de Ratchet s'écarquillèrent.

Son expression, lasse et terrifiée, changea brusquement.

Lentement, Ratchet se pencha pour ramasser quelque chose.

Gasket ne réalisa que trop tard de quoi il s'agissait.

- Non ! Ratchet !

Gasket bondit vers lui, le bras tendu pour l'empêcher de commettre quelque chose qu'il regretterait toute sa vie.

Ne tire pas ! Ne tire pas !

Ne détruis pas ton âme !

Dans un hurlement déchirant de rage et de douleur, Ratchet pointa le canon de Tarantulas sur son propre propriétaire et tira.

Il tira à multiples reprises, poussant un nouveau cri à chaque détonation.

Tarantulas expira une dernière fois avant de tomber au sol, ne réagissant plus.


Une fois que la Sirène cessa de sonner et que la Reine fut escortée à sa suite, Glowstrike retourna seule dans sa chambre.

Lorsqu'elle posa ses optiques sur la cage vide qui avait autrefois emprisonné l'humain, la luciole ne se rappela pas qu'elle ne devait plus rien ressentir. Que toute réelle émotion lui était désormais impossible.

Elle ne ressentit pas la fausse rage, la fausse colère.

Elle ne ressentit pas le faux mépris envers les humains, les Autobots ou même ses propres camarades qui auraient dû apercevoir cet humain s'échapper bien plus tôt.

Elle ne ressentit même pas le simple agacement d'avoir perdu le contrôle de la situation et d'avoir été trompée par un être organique plus petit qu'elle.

A la place, elle ne ressentit qu'un vide…avec le fantôme d'une brève douleur qui lui tordit le spark.

Quelque chose s'était échappé…quelque chose qu'elle avait cru retrouver et qui lui avait à nouveau échappé…pour cette fois-ci, disparaître pour de bon.

Glowstrike ferma les optiques, reprenant doucement son souffle.

Elle avait laissé la porte ouverte derrière elle. Quelqu'un l'interpella.

« …Où est Glacius ? »

Swelter.

Glowstrike n'eut aucune réponse à lui donner.

Elle se contenta de fermer la porte, mettant fin à toute tentative de communication.


« Glacius… »

Dans le pont-terrestre menant jusqu'à la base des Autobots, Père Jean demeura dans son armure, utilisant les bras pour porter Glacius tandis que Gasket soutenait Ratchet derrière lui.

« Accroche-toi », l'encouragea-t-il, quand bien même Glacius était inconscient. « On va te soigner…on va te soigner… »

Il essaya de réprimer les sanglots qui étouffaient sa voix.

Il fallait qu'il continue de lui parler…

« On va t'aider…on ne te laissera pas tomber…on arrive…on arrive… »

Ils approchaient de la fin du pont.

Ce fut à ce moment-là que Père Jean s'effondra, sombrant à son tour dans l'inconscience.