Chapitre 60

OoOoOoOoOoO

- Silence, s'il vous plaît ! répète Kondo pour au moins la sixième fois depuis le début de la réunion. Nous sommes tous nerveux, mais je vous en prie, essayons de nous entendre !

- Si ça se trouve, il nous entend aussi ! lance un des hommes. S'il a pu entrer ici, qui vous dit qu'il ne nous espionne pas en ce moment-même ?

- Impossible, affirmez-vous en tirant sur votre cigarette pour vous donner une impression de calme, cet endroit est conçu pour n'offrir aucune cachette aux espions.

- Il me semble qu'il est aussi conçu pour éviter les intrusions, fit remarquer un autre.

- Non, ça, ça relève de ceux qui sont affectés à sa surveillance, répliquez-vous en fusillant tout le monde du regard.

Mal à l'aise, les hommes baissent la tête et plus personne n'ajoute quoi que ce soit.

- On est tout de même bien d'accord, poursuit Sougo, que le plus inquiétant dans tout ça, c'est que le voleur soit entré dans le quartier général sans que personne ne le voit ?

Un murmure d'approbation parcourt le groupe. Les vols n'étaient sans doute que des prises de trophées, la plupart des objets volés étaient sans valeur et pouvaient être facilement remplacés : la gâchette du bazooka de Sougo, la raquette de Yamazaki, le carnet de Shimaru qui se retrouvait momentanément dans l'incapacité de communiquer et la photo d'Otae que Kondo avait réussi à prendre un jour à son insu. Bref, que des vols assez triviaux... Sauf le vôtre, il vous a pris votre mayonnaise, l'édition spéciale de Noël que vous vous étiez mise de côté !

- C'est en effet le plus inquiétant, reprit Kondo, à plus forte raison que le Shinsengumi n'est pas le seul à être touché. De nombreux vols similaires ont été signalés dans les habitations alentours pendant cette nuit.

- Pourquoi n'apprenons-nous ça que maintenant ? vous interrogez-vous. Il est presque midi, et si c'est arrivé cette nuit...

- Sans doute parce que la plupart des gens hésiteraient à aller voir la police pour de tels vols, répond Sougo avec une certaines perspicacité. Si des gens étaient venus nous voir pour nous dire que leur livre de chevet ou la couverture de leur kotatsu avait disparu, on les aurait sûrement renvoyés à coup de pied au cul en leur disant d'apprendre à ranger leurs affaires.

- Mais quand les gens ont commencé à parler entre eux, poursuit Kondo, et qu'ils se sont rendus compte que tout le voisinage était touché, ils en ont déduit qu'ils n'avaient pas seulement égaré leurs affaires et que quelqu'un s'est introduit chez eux... Les appels ont commencé à affluer juste après que je me sois aperçu de la disparition de la photo de mon Otae ! clame-t-il d'un ton dramatique, les yeux pleins de larmes.

- Calmez-vous, Kondo-san, le morigénez-vous.

Quelle idée d'en faire une telle histoire... Il la voit tous les jours, son Otae, que celle-ci en soit consciente ou pas.

- Nous devons donc tout faire pour attraper ce voleur, complète pour lui Sougo. Qui sait si ces vols n'étaient pas juste une provocation avant son véritable coup.

- Tout à fait, approuvez-vous, il est donc prévu de renforcer fortement la surveillance nocturne à partir de cette nuit.

- Mais on ne sait pas s'il compte recommencer, fait remarquer Yamazaki. Et même si nous en étions sûrs, nous ne pouvons pas couvrir toute la ville... Nous serions trop dispersés et trop peu efficaces.

- C'est pour cette raison que vous allez passer la journée à enquêter, achevez-vous. Tout ce que vous pourrez apprendre à ce sujet pourra être utile pour savoir où concentrer nos efforts.

- Tu as une idée de par où commencer ? vous demande Sougo.

Depuis le vol de la gâchette de son bazooka bien-aimé, son envie de vous houspiller semble avoir été mise de côté pour laisser la priorité à la chasse au bandit. Si ce type ne vous avait pas piqué votre mayonnaise, vous auriez presque pu le remercier.

- Toutes les victimes de vol, répondez-vous en écrasant votre cigarette terminée dans le cendrier. Je veux en savoir un maximum sur son mode opératoire, par où il a pu rentrer, à quelle heure ils se sont aperçus de la disparition, des traces d'effraction... Il nous en faut un maximum pour définir un profil. Essayez aussi d'interroger les sans-abri, ils ont pu voir passer quelque chose. On se retrouve à dix-sept heures pour rassembler ce que vous aurez trouvé et établir une stratégie. Kondo-san, je peux vous laisser le soin de partager les tâches et les zones entre les différentes équipes ?

- Bien sûr, Toushi, répondit Kondo en essuyant ses larmes, mais où est-ce que tu vas ? vous demande-t-il en vous voyant sur le point de partir.

- J'ai ma propre petite idée de par où commencer... quand des événements bizarres arrivent, j'ai appris vers qui me tourner.

- Oh, comprit Kondo. Tiens-nous au courant de ce que tu apprendras, d'accord ?

Vous hochez la tête et quittez la pièce. Il est temps de faire une petite visite de courtoisie à une certaine agence à tout faire.

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En prévision d'une inévitable crise de nerfs, vous passez au distributeur pour acheter un nouveau paquet de cigarettes. Une fois que c'est fait, ce cher Gintoki vous attend au chapitre 55.