POV Sasori

« Radio Poudlard, bonjour. Encore un matin radieux. Aujourd'hui, c'est avec grand honneur que nous accueillons Tobi Uchiha, élève de prépa physique qui va nous parler de l'évolution du programme d'insertion des élèves moldus au sein de Poudlard. Bonjour Tobi.

- Bonjour Saï. Je te remercie pour ce temps de parole ainsi qu'à Suigetsu d'autoriser cette chronique sur Radio Poudlard. La liberté d'expression, c'est primordial. J'en reviens au programme et, je dois préciser cependant qu'il ne concerne pas uniquement les élèves purement moldus comme tu as pu le dire mais également les élèves sorciers issus de familles moldues. Ils sont malheureusement encore et toujours victimes de discrimination.

- C'est malheureux...

- Oui, c'est regrettable. J'espère que mon intervention aidera à une prise de conscience collective du retard que notre école a par rapport à d'autres établissements. Je pense notamment à Durmstang qui, depuis de nombreuses années déjà autorise... »

J'ai mal à la tête... Putain, je suis où là? J'ouvre les yeux avec peine et je reconnais déjà pas le plafond. Ça commence bien. J'entends grommeler à côté, je me retourne et vois une touffe de cheveux blancs/gris qui appartient sûrement à Killua qui me fait dos. Je me souviens pas du tout de la réconciliation avec cet enfoiré qui m'a quand même foutu un putain de pain. C'est une des dernières choses dont je me souvienne. Ces enfoirés de fans du yaoi de Jiraya ont eu la merveilleuse idée de voter pour Killua et Kurapika en roi et reine du bal. Au moment du couronnement, gros fight et comme je suis un bon gars j'ai voulu stopper Killua mais cet enfoiré de fils de pute m'a foutu un coup de yoyo. Ce petit a de la force.

Ca, y a pas moyen que je l'oublie. Aux dernières nouvelles, j'étais à l'infirmerie. J'ai dû me réveiller à un moment et aller à une after de la soirée de Noël, l'alcool et la drogue expliquent ce trou de mémoire. Je demanderai quand même à Dei comment ça a fini et j'espère que Killu-chou m'a supplié à genoux de le pardonner parce que sans ça, il a qu'à aller se faire foutre. Je fais plus d'efforts, c'est fini.

Je me redresse et éteint la radio sur la table de chevet, interrompant ainsi le débit de Saï et Tobi dont le sérieux était carrément irréel. C'est quoi ça, Radio Poudlard ? Et franchement, ils auraient pas pu trouver mieux que ces deux autistes là pour nous encombrer dès le matin ? Y a pas à dire, on est mieux dans la chambre des secrets. Je jette un rapide coup d'oeil autour de moi pour localiser la salle de bain. On est pas chez Killua non plus. Si ça se trouve j'étais dans le coma pendant plusieurs jours et on est déjà chez les hunters ou p'tet même dans le Colorado. Ca me confirme que Radio Poudlard est bel et bien une connerie inventée par mes potes.

Je débarque dans la salle de bain pour me foutre de l'eau sur le visage sans chercher à fermer la porte derrière moi. Tant pis si je réveille le gamin, il mérite bien pire. Je relève la tête vers le miroir et...

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH »

Noooooon ! C'est quoi ça ? C'est pas moi ça ? Ca peut pas être moi. Nan mais j'étais pas dans le coma plusieurs jours, j'y étais pendant bien quinze ans c'est pas possible ! Mes cheveux sont similaires. Je reconnais ma gueule aussi mais sérieux c'est quoi ces cernes ? Et c'est moi ou j'ai grandi? Non, on se calme Saso, ton corps est en bois, tu l'as créé toi-même, rappelle toi, tu peux être dans le coma 60 ans s'il le faut, tu te réveilleras toujours avec la même gueule que t'avais à 15 ans.

Ah, j'ose même plus regarder mon reflet. J'ai des cernes. J'ai l'air d'avoir... j'ai l'air d'avoir... genre bien trente ans ! J'essaie de sourire même si c'est crispé. Putain, j'ai des pattes d'oie quand je souris. J'ai des pattes d'oie et des cernes. Non, non, non, non mais c'est un cauchemar c'est pas possible.

« Mon amour, pourquoi t'as crié, ça va ? »

C'était pas la voix de Killua. Et c'est pas une voix que je peux identifier en deux secondes là donc clairement pas un de mes potes non plus. Je fais quoi, je réponds ? Non, je réponds pas, c'est un cauchemar c'est sûr, le mec c'est un monstre qui va essayer de me bouffer. Obligé.

La radio se rallume.

« Vois-tu mon cher Saï, comme j'en discutais avec le jeune Malefoy hier encore, le terme « moldu » pose déjà un problème fondamental... »

Bon, Tobi me suprend pas plus que ça, il peut être sérieux et grave parfois mais j'attends à tout moment à ce qu'il utilise la défense des moldus pour suggérer l'idée de les foutre dans un camp de concentration.

Moi je me reconcentre surtout sur ma gueule et là... révélation.

« Connard d'enfoiré de fils de pute de DEI ! »

Je peux pas m'empêcher de le dire haut et fort ça aussi. C'est sa putain de crème anti-âge de merde là. Suflureuse de chez Sylfide non mais la blague ! J'aurais dû m'en douter, il a dû garder le pot et mettre une potion de merde qui me donne une gueule de merde parce-que ce connard de merde, ça va bien le faire marrer. Putain, je vais l'assassiner ! Y a plutôt intérêt à ce que ce soit réversible sinon sérieux, je le fais exploser avec ses propres bombes.

J'ouvre le robinet pour m'asperger le visage d'eau. Faut que je vire cette saleté de ma peau. Je sens alors une main qui me touche les fesses. Je lâche un petit cri de tapette en sursautant et je me retourne.

Oh putain.

Les cheveux un peu blancs... euh plutôt gris en vrai... C'est pas Killua, c'est...

Kakashi.

Kakashi vient de me toucher le cul.

Je viens de me lever en calbutte aux côtés de Kakashi.

J'ai sûrement couché avec Kakashi.

J'ai couché avec Kakashi...

J'ai couché avec Kakashi... !

Mais vie de merde, quoi !

Putain de bordel de merde, j'ai déjà baisé avec un vieux une fois comme ça en étant déchiré et je m'étais juré de pas le refaire ! Et là, mais sérieux, je suis dans une école entouré de gamins et je me tape qui ? Leur vieux prof ! Genre le mec est en fin de vingtaine quoi ! Putain, mais j'ai pris quoi hier sérieux ? C'est pas que de l'alcool et de la weed là, c'est sûr ! D'où je finis avec un vieux, là ! Pis en vrai il ressemble pas du tout à Killu, ce serait impossible de les confondre. J'ai pas d'excuse. Non, mais Sasori, la honte !

Petite situation gênante. Il me fait face, l'air interrogateur, alors que j'essuie ma gueule de merde du jour avec une serviette rêche. Ça va abîmer ma peau encore plus, cette merde.

Je vais rien lui dire et je vais me casser. On va pas lui donner d'espoirs. Cette drogue m'a fait faire de la merde, mais au moins j'en ai gardé 0 souvenir, c'est déjà ça. Putain, j'aurais eu des flashbacks de baise de vieux là pendant au moins trois ans sinon, laisse tomber. Je m'excuse d'un signe de la main en passant à côté de lui pour retourner dans la chambre chercher mes fringues. Va falloir que je garde cette fin de soirée pour moi sinon Dei et Pain vont se foutre de ma gueule à vie !

La chambre est mega clean. Y a pas de fringues au sol. Bon bah on dirait que je vais devoir parler au vieux là.

« Euh... elles sont où mes fringues ?

- t'es sûr que ça va ? Je te trouve un peu bizarre.

- Mes fringues... ?

- Bah... dans l'armoire... »

J'ouvre l'armoire, je fouille un peu pour y retrouver mon costard d'hier. Je trouve le pantalon noir et la chemise mais ni veste ou cravate.

Bon, ça suffira. T'as gagné des fringues, Kakashi, félicitations.

« Et... t'as pas genre... un masque là... genre un masque chirurgical qui cache un peu ma gueule ?

- Dans l'armoire à pharmacie. »

Je balance les fringues sur le lit et je retourne dans la salle de bain en évitant le miroir des yeux, j'en sors un du paquet, je camoufle le nez et la bouche c'est déjà ça, bon on voit mes ptites ridules si je plisse les yeux mais tant pis. Je retourne dans la chambre.

« Ouh là là ! Il est déjà quarante minutes avant le début de mon cours, je dois y aller, faudrait pas que j'arrive en retard. »

Il s'approche de moi. J'ai beau faire un mouvement de recul plus qu'évident, il m'embrasse sur le front et me balance un « Ne sois pas en retard non plus, chéri » qui me donne envie de me foutre en PLS.

J'arrive pas à croire que j'ai fini la soirée comme ça. Je vais pas m'en remettre pour les dix prochaines années je crois.

Il se casse en premier. Il est confiant de laisser sa chambre à un des squatteurs du bahut. J'enfile vite fait le pantalon et la chemise et je me casse à mon tour. Objectif : défoncer Dei jusqu'à ce qu'il me dise comment retrouver ma gueule !

Je traverse les couloirs à grands pas pour essayer de retrouver la chambre des secrets. Là je suis dans une partie du château que j'ai jamais vu donc c'est chaud. Y a pas de panneaux, non ?

Je choppe un petit sorcier sur le chemin :

- Mec, c'est par où les chiottes des filles un peu glauques là avec le fantôme qui chouine ?

- M-...Monsieur Akasuna ! Je... je viens voir M. Garisson, donc... donc... je suis ici mais... mais je vais vite partir... je dois juste... lui donner un papier et...

Il est chelou lui. Je vais pas insister. D'où il m'appelle Monsieur en plus ? Ça, c'est parce que j'ai une gueule de mec de plus de trente ans, c'est sûr ! Dei va me le payer ! Et il a dit quoi aussi ? Akasuna ? Genre il croit que c'est mon nom de famille ou quoi ?

Je continue le long du couloir et j'arrive aux escaliers qui bougent. Ah, c'est bien, là je repère.

Je trace aussi vite que je peux mais putain j'entends au moins trois gamins me dire « Monsieur », ils me cherchent, sérieux !

Plus j'entends ça, plus j'accélère. J'arrive enfin aux toilettes. Y a deux minettes qui gloussent et sortent toutes rouges quand j'entre. Depuis quand y a d'autres gens que nous qui utilisons ces chiottes ?

Je me penche vers le lavabo qui donne accès à notre squat.

« HasshhssSSSassshSSSSassh »

Ça s'ouvre pas. Je réessaie.

« HasshhssSSSassshSSSSassh »

Putain, mais qui a changé le mot de passe ? Je boue. Ce connard de Dei a bien élaboré son plan dis-donc, il me force à traverser l'école avec ma gueule de trentenaire. Je vais le buter. Je sors des chiottes en trombe, je croise une meuf que je connais.

« Temari !

- B-Bonjour Sasori !Comment vas-tu ?

- Tu sais pas où est Dei ?

- Deidara ?

- Ouais.

- Il est sûrement dehors...

- Merci, tu gères ! »

Je dévale les escaliers, tête baissée, traverse le hall et me retrouve enfin dehors. Bon... dehors, c'est grand. Heureusement pour moi, à cette heure-ci, y a pas grand monde. Je vois deux silhouettes au loin sur une sorte de terrain de foot, je m'approche.

No way.

Toute ma colère accumulée depuis le réveil disparaît en une demi seconde, mon cerveau se fige. Ma bouche prend le relais :

« MWAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA »

J'étais resté sans voix une seconde quand même avant d'exploser ouvertement de rire. Je suis plié en deux et je me tiens les côtes. Le spectacle qui s'offre à moi est incroyable. J'en peux plus. Les deux mecs se rapprochent de moi mais j'arrive pas à me reprendre tellement c'est hilarant. Ça dure bien deux minutes, montre en main. Entre deux éclats de rire, j'essaie de reprendre mon souffle. Impossible, c'est trop énorme ! Je dois être tellement bruyant que ça interrompt le « match ».

« Euh... Sasori ? »

Je souffle.

« Ha... Haha... Les mecs, putain... MWAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA »

Je repars de plus belle.

« Bon... On continue la partie, Itachi ?

- Attends, Dei... Ha... Ha... Att-... »

J'inspire doucement une fois, deux fois. J'expire...

« Pfiou... Les mecs, vous faites un foot ? Genre... entre potes et tout.. ? »

Je réexplose en sortant ces mots. Non mais c'est TELLEMENT drôle !

Deidara me regarde avec un air d'incompréhension totale. Non mais il faut tellement que je prenne une photo. Il porte un short trop large et couvert de boue, un maillot de foot ridicule et ses cheveux sont attachés en une queue de cheval mal faite. Et je vois clairement qu'il a pas utilisé d'après-shampoing ce matin vu les fourches. Il tient un ballon de foot, sûrement pour la première fois de sa vie. À ses côtés, y a Itach' qui a l'air tout reposé et qui est méga bronzé, genre le dude sort enfin la gueule de devant son PC, une demi-matinée et BAM bronzage de fin d'été. Il tient un ballon de foot et y a seulement une distance de 10cm qui le sépare de Dei. IM-PRO-BABLE cette situation. Je fouille dans mes poches, je trouve pas mon portable, fais chier.

« Non mais les mecs... C'est tellement drôle de vous voir comme ça !

- C'est à dire ? (me demande Dei)

- Nan mais du coup vous êtes plus attachés au moins, c'est une amélioration (dis-je en pouffant)

- Attachés ?

- Bah hier, par le bras, vous vous souvenez plus...? Visiblement le sort de Kisa est évolutif, sérieux c'est énorme !

- Je comprends rien, on continue de jouer frérot ? (dit Itachi)

- Attendez, attendez... Vous pensez que vous êtes frères ?

- Ah, si seulement ! Ce serait le rêve d'être un Uchiha... Mais bon, on est BFF, c'est déjà bien. »

Sur ces mots, Deidara passe le bras autour d'un Itachi tout sourire. Inspire. Expire. Saso, retiens-toi de pouffer. Faut pas seulement que je les prenne en photo là, faut que je les filme. Leurs paroles sont des pépites. Et ça me permettra de me venger de Dei pour sa crème de MERDE ! Putain, j'avais presque oublié pourquoi je le cherchais, cet enfoiré !

« DEI GROS FILS DE PUTE !

- Oh, Sasori, insulte pas mon frère !

- Dude, regarde ce que ta crème de merde a fait à ma gueule ! »

J'ôte le masque chirurgical dans un geste dramatique.

Pas de réaction.

« Je vois pas de différence perso, non pas que je m'y connaisse en crème...

- Dude, tu te souviens que tu m'as filé une crème anti-rides, hier ?

- Hahaha genre Deidara qui offre des trucs de filles.

- Je... J'ai pas le souvenir de ça, non... »

On se calme Saso, il est pris dans le sort de connexion des âmes de Kisame, il a sûrement eu la mémoire effacée, p'tet même remplacée par d'autres souvenirs vu sa relation avec Itach'. Pareil pour celui-ci, d'ailleurs. Je dois trouver un moyen d'accéder à la chambre des secrets, retrouver Kisame pour qu'il annule les effets du sort, que Dei retrouve la mémoire et me dise comment contrer les effets de cette crème de merde !

J'ai besoin d'un joint là, y a trop de trucs à faire et il est même pas 10h.

Je corrige. Je dois trouver un moyen d'accéder à la chambre des secrets, dire bonjour à ma weed, me rouler un bon gros joint, le fumer, demander à Kisa de défaire le sort, faire une sieste pendant qu'il trouve un moyen, me refumer un joint et confronter Dei à sa crème. Voilà, c'est mieux.

« Bon les mecs, faut qu'on aille voir Kisa pour qu'il défasse le sort. On gardera un petit souvenir sur le téléphone de Kisa, j'ai pas le mien. Prenez le ballon, je veux qu'on vous filme vraiment tels quels. Allez, on se bouge !

- Ah non, moi je rentre pas dans le château.

- Mais Sasori, tu sais bien qu'Itachi aime pas rester enfermé.

- Pfgh... Pffrrr... hahaha... Oui, oui, oui, Itachi le mec de l'extérieur, je sais bien pfrrrr... haha... Bon, ok, juste Dei au moins pour le mot de passe de la chambre. J'enverrai Kisa chercher Itach'. »

Ce dernier s'entraîne à faire des dribbles pendant que je tire par le bras un Deidara qui se plaint. Il me fait une longue tirade sur le fait qu'il s'amusait SI bien avec son MEILLEUR pote à jouer au foot et qu'il comprend pas ce que je lui veux. Sérieux dude, t'as intérêt à me branler au moins cinq fois pour me remercier de te sortir de cet envoûtement.

Le chemin jusqu'aux toilettes est bien long mais on y arrive enfin. Deidara se bloque net devant la porte.

« C'est les toilettes pour meufs ça ! Je suis pas une meuf ! Je rentre pas là-dedans, wesh !

- Connard, y a jamais personne dedans. On est obligé d'y passer pour aller dans notre piaule.

- C'est pas du tout là que j'habite ! »

Oh putain, je sens qu'il va me soûler à se souvenir de rien. Et comme par hasard, aujourd'hui y a des meufs qui décident d'utiliser ces putains de chiottes, juste pour me contredire. Y en a une justement qui en sort en nous regardant bizarrement. Rien à foutre, j'ouvre la porte et je tire Dei à l'intérieur. C'est libre.

« J'ai pas réussi à ouvrir le passage tout à l'heure, c'est trop chelou, regarde. »

Je me penche sur le robinet.

« HasshhssSSSassshSSSSassh »

Rien ne se passe.

Je me retourne vers Dei et je hausse les épaules.

« Kisa doit être à l'intérieur, ça fait chier, je savais qu'on aurait dû installer une sonnette ou un truc du genre.

- Sasori... T'es sûr que ça va ?

- Euh, t'as vu la gueule que j'ai à cause de toi. Et en plus t'as perdu la mémoire et tu fais ton innocent là, ça va pas trop non.

- On peut sortir des toilettes des filles s'il te plaît ?

- Hors de question ! Je veux retourner dans notre piaule. Et crois-moi,c'est pour toi aussi que je fais ça.

- Si c'est Kisame que tu cherches... Il est sûrement dans sa chambre.

- Sans blague, genius ! C'est bien pour ça que je parle en fourchelangue à ce putain de robinet.

- Je pense que tu devrais te reposer et...

- Bon, ta gueule Dei, t'es pas dans ton état normal c'est chiant.

- J'aime pas du tout la façon dont tu me parles Sasori, je m'en vais. »

Il fait demi-tour. Merde. Je le retiens par le bras.

« Dei, dei, dei, d'accord, je suis désolé, je suis désolé, reste s'il te plaît. Je suis sûr qu'au fond de toi tu dois te souvenir de quelque chose d'hier. S'il te plaît, essaie de te souvenir d'un éventuel changement de mot de passe. Je te jure si t'y arrives, je te suce tous les soirs pendant une semaine. »

SILENCE

...

Je reprends :

« Alors tu vois, Dei, la gueule que tu fais est très appropriée. Mais maintenant tu devrais sortir un truc du genre Beurk, avec ta gueule de vieux là, autant me faire sucer par Maximus de cinquième année qui a la progéria. Ce à quoi je te répondrais : Dei, t'es con, c'est l'alien avec une perruque ! Et là tu dirais bah je préférerais me taper l'alien avec une perruque qui fait semblant d'être Maximus de cinquième année qui a la progéria plutôt que toi avec ta gueule du jour. »

Il continue de me regarder avec un mélange d'ahurissement et de dégoût. Mon pote me manque. Il reprend :

« Je peux pas croire que tu dises des choses aussi répugnantes.

- Dei, j'essaie de t'aider alors essaie de te souvenir.

- … C'est toi qui est bizarre Sasori, tu devrais ptet plutôt essayer TOI de te souvenir de ce qui s'est passé depuis hier.

- Mais genre c'est pas moi le connard qui ait changé le mot de passe !

- Si ça se trouve si...

- Bon... Hier, c'était le bal de Noël, tu te souviens ?

- Oui...

- Kisame vous a lancé un sort à toi et Itachi parce que vous arrêtiez pas de vous friter comme d'hab. Le sort a lié vos mains ensemble. D'accord ?

- Non, ça, ça s'est pas passé.

- Dude, tu le traitais de puceau, il parlait de ta MST...

- Je traiterais jamais Itachi de puceau ! Déjà, ça n'a aucun sens parce qu'il est pas puceau. Et ensuite, je vois pas ce qu'y a de mal à être encore vierge. Et c'est quoi une MST ?

- Ouh la... Alors déjà, Itachi est plus puceau tu vas me dire ?

- Bah nan.

- Genre il a couché avec Pain ?

- Avec qui ? Mais nan ! Il a pas couché avec Pain !

- Il a couché avec qui alors ?

- Bah déjà Killua quand ils sortaient ensemble en début d'année...

- Là t'es le vrai Dei qui se fout de ma gueule, avoue ? »

Il me regarde tellement sérieusement. Ça lui ressemble pas, il aurait pas réussi à dire ça sans se marrer ce bâtard, il est encore sous le sort. Il aurait pas non plus niqué ses cheveux juste pour cette vanne. Alors p'tete que ses souvenirs ont été complètement trafiqués mais sérieusement, il a choisi volontairement Killua pour me faire chier là c'est sûr ! Il fait ça parce qu'il sait que Killua a eu un mini crush sur lui en début d'année, ce connard !

« Tu dis que... Itachi serait sorti avec Killua ?

- Bah ouais, pendant un peu plus de deux mois.

- Waouw, deux mois... très réaliste, deux mois à Poudlard, ça équivaut à 5 ans ailleurs... Et ils ont rompu pourquoi au juste ?

- Bah c'est Itachi, il consacre beaucoup de temps au foot tu sais, il avait du mal à caser Killua dans tout ça. Et puis Killua aussi était toujours occupé avec ses potes. Ils se voyaient de moins en moins alors ils ont décidé d'aller chacun de leur côté mais ils restent super potes hein !

- Ouais ok, triste séparation à cause de la passion du foot d'Itach' et les innombrables responsabilités sociales de Killu-chou.

- Ben ouais.

- Nan mais c'est bon, change de sujet, même si je sais que c'est ton esprit tordu qui invente ça, ça me soûle.

- Tu peux me dire ce dont tu te souviens ensuite de la soirée ?

- Ouais, merde, c'est vrai. Donc vous étiez attachés et ensuite... Killua et Kurapika ont été élus roi et reine de la soirée.

- Oh ?

- Ouais, ça t'a méga vénère d'ailleurs, mais bon, passons. L'histoire du King's game est ressortie parce qu'on a tous appris que Killua aurait pu l'arrêter depuis longtemps en demandant à sa sœur transgenre là. Tu rajoutes à ça le passé entre Killua et Kurapika et bam méga fight. Toi à ce moment-là, t'essayais encore et toujours de jeter des oiseaux sur Itach' avec ta main libre.

- Euh... d'accord...

- Un moment j'essaie de retenir Killua. Là, je sais pas ce que tu faisais toi. Et bref le gamin me fout un coup de yoyo qui m'assomme. Je me réveille ce matin dans... dans une autre chambre. Voilà.

- Okaaaay... et tu te souviens de rien entre le coup de yoyo et ce matin ?

- Nan... Ah, attends...Si ! Si, si ! J'ai un vague souvenir de m'être réveillé à l'infirmerie. Je croyais qu'y avait l'alien qui me soignait alors je lui ai dit de dégager ses pattes d'alien dégeu et là en fait c'était Sakura et elle m'a frappé aussi... Mmmh... et je crois que je me suis réveillé une autre fois encore... Mais là c'est vraiment flou... Je crois qu'y avait vraiment l'alien... Mais c'était p'tet encore Sakura... Ah...et y avait un autre dude sur le lit à côté, mais je sais pas qui c'était... Et réveil ce matin !

- Peut-être que cet autre mec sait pourquoi tu te conduis bizarrement ? On t'a ptet donné un truc bizarre ?

- Dei, moi je suis normal. C'est toi qui t'es mangé un sort dans la gueule hier, on était tous témoins. Je résume ta situation okay ? Tu es mon meilleur pote, on était partenaire à l'Akatsuki. Tu détestes Itachi parce que c'est un Uchiha et qu'il est puceau-

- C'est ridicule.

- Laisse-moi finir.

- Non, Sasori, c'est moi qui te raconte. J'étais partenaire avec Itachi, on est devenus potes à ce moment-là. Toi, tu étais avec Pain qui avait besoin de toi parce que, soyons honnête, t'es bien meilleur démarcheur, c'est pas lui qui va aller vers les gens dans la rue pour leur demander un RIB et p-

- Genre à l'Akatsuki on demandait des RIB aux gens ? Dude, on leur demandait pas leur avis avant de les dépouiller !

- Euh, heureusement que c'est pas comme ça que tu leur expliquais le but d' « Akatsuki Opération Ebola »...

- Akatsuki quoi ?

- T'es agaçant, je me casse. Essaie de retrouver l'autre mec qui était à l'infirmerie avec toi.

- Putain, attends j'ai toute ma weed et mon téléphone dans la chambre des secrets...

- T'as ton portable dans ta chambre à mon avis. La chambre que tu partages avec , ton collègue et fiancé ! Ciao ! »

Il sort des chiottes. Putain, il est sérieux lui.

J'ai pas le temps de réfléchir que je me retrouve devant la porte de Killu-chou. Pourquoi je suis là au juste ? Pour lui demander des excuses ? Par reflex surtout, mes jambes m'ont guidé ici. Ensuite je cherche Kisa, promis. J'ai remis mon masque, ça passe. Je m'apprête à toquer quand la porte s'ouvre. C'est Kiba.

« Qu'est-ce que tu fous là ?

- Euh... c'est chez moi...

- C'est pas chez Killua ?

- Non, Killua c'est en face M'sieur.

- Le Monsieur t'emmerde connard, je vais la retaper ma gueule, c'est bon là ! »

Je me retourne. Putain quelle journée de merde. Tout le monde me fait chier. Ça me déboussole à fond, j'arrive pas à croire que je me sois planté de chambre. Je me tourne vers la chambre de Killua. Quelqu'un a placardé des affiches arc-en-ciel pro-LGBT sur la porte. Je toque. J'entends glousser à l'intérieur, y a plusieurs voix. WTF ? Qui est dans la chambre de Killua ? Depuis quand il invite des gens ? Le matin en plus ? Il a fait quoi encore ce gros instable ?

La porte s'ouvre. C'est Gon. C'est GON !? Bon, on se calme Saso, pas de jalousie. Soit content pour Killu-chou, c'est son meilleur pote après tout. Pi risque que Gon te le pique, soyons honnête. Enfin, techniquement non mais Killua est capable de couper tout lien avec moi juste parce-qu'ils ont recommencé à se parler. Ca, je m'y attends bien. En vrai là, quand je vois la tenue de pute de Gon, je devrais p'tet m'inquiéter quand même. Le dude porte un mini-short et un crop top. On dirait qu'il s'est découvert une passion pour Queer Eye. Bref, je m'apprête à lui demander si je peux voir Killua mais il prend la parole en premier :

- Oui, Monsieur Akasuna ?

Putain j'avais oublié que Gon était con. Déjà il m'appelle Monsieur, j'ai envie de lui cracher dessus. Pis ce débile aussi, comme les autres gamins de ce matin me balance Akasuna genre c'est mon nom de famille. Euh, mec je suis Akasuna no Sasori, ça veut dire sable rouge parce que j'ai buté tellement de gens dans le désert que le sable était teinté de sang et donc... rouge... Mec, c'est pas mon nom de famille. Pffff... je vais pas commencer à argumenter.

- Killua est là ?

- Euh... Oui... Pourquoi ?

Je l'écarte et je rentre de moi-même. Il sort.

Je reste ké-blo devant la scène. Déjà ça sent la weed à fond, je soupçonne le gamin de m'en avoir pris ou d'en avoir gratté à Kenny.

Oh, m'sieur, y a un incendie dans la forêt interdite ! Alors on a ouvert la fenêtre pour voir et puis bah toute la fumée est rentrée ! C'est des cyprès en combustion cette odeur, je reconnais bien !

... Kurapika ? Le mec vient de me dire ça après avoir jeté son bédot par la fenêtre. Il est assis derrière un chevalet, un pinceau à la main. Il porte une tenue super sexy lui aussi, y a un thème pute aujourd'hui ou quoi ? Je me tourne vers les les modèles de son « œuvre » en face de lui... Non mais j'hallucine, en plus le mec il est pas surpris que je débarque, il bouge pas. Sérieux, y a Killua au sol avec Gaara au-dessus de lui dans une position semi sexuelle. Genre ils sont ké-blo dans une pose qui suggère qu'ils sont sur le point de s'embrasser, la main droite de Killu sous le t-shirt de Gaara dont le genou lui caresse l'entre-jambe. Gaara au-dessus en plus, la blague.

J'ai pas les mots.

- Bonjour Monsieur Akasuna !

Killua qui ne bouge toujours pas vient de me balancer ça avec un gros smile.

- C'est quoi ce bordel ?

- Bah quoi ? On a besoin de thunes nous, vendre des toiles aux filles de Serdaigle ça claque, c'est la bohème et tout (Kurapika se fout de ma gueule aussi?)

Gaara n'ose pas regarder vers moi. Et là... Killua le rappelle à la réalité en... l'embrassant puis en lui glissant « chéri, t'es tout rouge ».

Mais what ? !

- Saso, s'il te plaît, le dis pas à ma mère !

- Ta mère est morte Gaara et d'où tu m'appelles Saso ?

- Bah je vais pas t'appeler Monsieur, on est de la même famille...

- MAIS GENRE !

Voilà que Gaara se lève. C'est déjà mieux que de l'avoir au-dessus de mon Killu-chou... Il s'approche de moi en causant :

- Sérieux cousin, même si t'en parles à ta mère, tu sais comment elle est, elle va tout balancer à la mienne. J'ai pas encore fait mon coming out mais je le ferai, promis ! Et Killua et moi c'est du sérieux, je veux vraiment faire les choses correctement là alors...

- Il raconte quoi l'autiste là ?

- Saso, toi aussi t'es en couple avec un homme, sois tolérant !

- Kurapika... File moi la weed.

- Monsieur c'est les cyprès...

- Donne moi cette putain de weed !

- C'est cher monsieur, la confisquez pas !

- DONNE MOI CETTE WEED !

Gros silence dans la pièce. Kurapika toujours assis me jette un petit sac qui était au pied du chevalet.

- Papier ?

- Putain, fais chier, déjà hier à Pré-au-Lard y a un con qui m'en a gratté.

Il me jette la boîte d'OCB. Ils me fixent tous pendant que je roule.

- Briquet ?

Il me balance le briquet. Gaara me regarde d'un air ahuri. Mon Killu-chou se place derrière lui, glisse ses mains autour de sa taille et se met sur la pointe des pieds pour pouvoir appuyer sa tête sur son épaule. Il me regarde en souriant. D'où il fait ça ? Et puis, d'où il sourit ?

Je tire une grosse latte. Putain ça fait du bien. Mais vlà que Gaara rouvre sa gueule. Depuis quand il cause autant ? Pis pour dire des conneries là...

- Saso, tu risques le renvoi en faisant ça.

- Comment tu veux que je sois renvoyé si je suis pas scolarisé, ducon ?

- Euh... Les profs aussi peuvent se faire renvoyer !

- Je suis pas prof, connard, ça se voit que tu me connais pas ! Alors, parle pas de ma famille déjà, et ensuite, tu fous quoi avec Killua, t'as pas compris qu'il voulait pas de toi ?

Je fume à fond sur mon joint. Détends-toi Saso, détends-toi...Ce petit con de Killua fait juste ça pour te faire chier c'est sûr... Gaara était amoureux de lui donc c'est facile hein. Killua est p'tete de nouveau en mode il accepte tout ce qui passe pour se dépuceler. Et d'où Kurapika reste dans la même pièce sans lui faire de sermon ? Et depuis quand cette grosse prude fume et peint des mecs dans des positions bandantes ?

Killua se lève. Son sourire a disparu, je reconnais mieux sa gueule.

- Alors, là monsieur, avec tout le respect que je vous dois, il faut que j'intervienne. Gaara et moi on s'aime. On est officiellement en couple, heureux ensemble. Je l'aime et il m'aime et on fait l'amour trois fois par jour pour se le prouver et...

POUAH POUAH POUAH ! Je viens de m'étouffer avec la fumée. Je tousse comme un cancéreux. C'est quoi ce délire ?

- Je confirme, ils s'en battent les couilles des coloc'.

- Genre toi, Kuruta t'invites jamais personne ?

- Je varie les endroits moi au moins Gaara, t'as ta piaule aussi.

- On est encore plus nombreux dans la mienne alors...

Je me sens franchement mal. Putain cette weed fait un effet de ouf.

Saso, je sais pas ce qui t'arrive mais tu ferais mieux de te rafraîchir dans la salle-de-bain avant les cours. Si les autres élèves apprennent que tu viens de fumer un joint, tu peux oublier leur respect. Je dirais rien non plus.

Gaara me fait chier mais ouais... là j'ai envie de vomir et tout tourne, je ferais mieux de me foutre de l'eau sur la gueule. Putain je vais revoir ma gueule de merde. Je comprends rien de ce qu'il me dit ni de ce qu'il se passe mais de l'eau...

J'ouvre la porte de la salle de bain et en-même temps, y a un mec super grand qui en sort.

- Oh, monsieur ! J'ai des tracts que j'aimerais que vous distribuiez dans votre classe, c'est sur le cons-

- Putain, arrêtez de m'appeler monsieur, sérieux, je...

BLAAAAAAH. Je lâche une galette sur le sol devant la salle de bain. J'hallucine, la weed m'a fait vomir. C'est quoi ce délire ?

- Bah monsieur, faut pas fumer autant quand on a pas l'habitude.

- J'avais déjà un bédot en bouche que t'étais pas encore né, Kurapika...

Gaara se précipite vers moi.

- Alors toi connard ! Me touche pas et touches pas non plus à Killua !

- T'approuves pas notre relation ?

- Non ! Non, non, non, j'approuve pas !

Le mec super grand me tend un verre d'eau que je descends d'une traite. Il m'en sort un deuxième.

Je commence à aller mieux, je m'assieds à côté de lui sur le lit (y a d'ailleurs plusieurs lits dans cette chambre, c'est chelou), il me demande si je l'autorise à me tapoter l'épaule pour me réconforter et ce sans autre intention. J'hoche la tête mais il le fait pas quand même, il parle d'un truc genre consentement verbalisé je sais pas quoi. J'entends aussi Gaara qui cause encore, tout en nettoyant le vomi.

- C'est pas possible. Il approuve pas notre relation. Il va le dire à ma mère, c'est sûr.

- Calme toi, minou... Tes parents seront peut-être ouverts, qui sait !

- Tu connais pas ma famille. Déjà rien que ma sœur serait super choquée.

- Hisoka, tu me passes quelques formulaires de consentement ?

- T'en as besoin de combien aujourd'hui ?

- Oh, une petite dizaine pour être bien.

- Eh, dites M'sieur, votre cours est annulé du coup ?

Putain, je crois que Kurapika s'adresse à moi.

- De quoi tu parles ?

- De votre cours à 11h.

- Hein ?

- Votre cours.

- Mon cours de quoi... ?

- Bah, de défense contre les forces du mal ?

Je sais pas si mon cerveau est trop défoncé par les quelques lattes que j'ai tiré mais LOL genre MOI j'enseigne la défense contre les forces du mal ? C'est pour qu'ils se protègent de qui ? Potentiellement de moi ?

Je bois un troisième verre d'eau. Merci le grand. Je commence à me demander si Dei avait pas raison. C'est p'tet moi qui ait pris un truc. C'est pas possible tout ça. Analysons... Bon, Dei et Itach', logiquement ce serait le sort... Kiba m'a appelé Monsieur... Mais c'est p'tet juste un enfoiré... Sûrement, d'ailleurs. Gon était habillé en grosse tarlouze. Mais après il a p'tet juste trouvé des fringues qui traînaient et c'est Gon, il se rend pas compte de ces trucs-là... Kurapika aussi est habillé comme une pute... Il a carrément des piercings et des... faux ? tatouages... Et il a de la weed. Mega forte sa weed ou alors c'est moi qui tient plus, autre truc hyper chelou. Et Gaara qui cause à fond, qui me dit que c'est mon cousin et qui se tape mon « presque »mec. Ce dernier aussi est chelou... Genre il avait l'air content. Okay... C'est p'tet pas seulement le sort de Kisa le problème. Il a dû se passer un truc hier pendant que j'étais en coma à l'infirmerie. Si il faut, l'alien ou le King ou j'sais pas a balancé un gaz chelou dans la salle de bal qui fait cet effet aux gens. Genre un sort gazifié. Ouais ça doit être ça ! Faut que je retrouve l'autre mec de l'infirmerie. Si c'est ça, lui aussi est comme moi, paumé et qui hallucine du changement de personnalité des autres.

- Ouais, ouais, les cours euh... c'est quelle année ce matin ?

C'est bien Saso. Tu dois faire semblant pour mieux enquêter. Faut pas que le mec qui a fait ça sache qu'y en a encore qui sont dans leur état normal sinon je vais finir comme eux. Et aussi, si j'agis bizarrement, ils agiront bizarrement et je saurais pas qui est normal ou pas. Putain je sens que ça va être chaud de retrouver l'autre mec.

- Bah, 7ème année, M'sieur, c'est pour ça que je vous demande.

- Ah, parfait, c'est ceux que j'connais le mieux. Il est quelle heure là ?

- 10h20.

- Cool, j'ai le temps de pioncer un peu. Elle est où ma piaule à moi, du coup ?

- Avec M'sieur Kakashi dans la tour des profs mais si vous voulez, vous pouvez vous reposer dans mon lit, je lui dirais pas.

Kurapika me dit ça en me faisant un petit clin d'oeil et en abaissant le drap d'un des lits. Bon clairement, lui, il a été affecté par le sort. Je me tourne vers Killua mais il est en train de réconforter Gaara qui panique. Je soupire et je sors sans même répondre à cette version étrange de Kurapika. Putain d'école de magie de merde avec ses sorts et ses potions qui font chier là.

Putain, faut que j'aille dans la chambre de Kakashi, heureusement qu'il s'est cassé.

[…]

La porte est pas fermée à clé, en même temps je suis le dernier à en être sorti. Je m'affale sur le lit quand la porte de la salle-de-bain s'ouvre. Putain...

« Ah mon amour, tu es rentré ? »

Sasori, rappelle-toi que tu dois faire semblant.

« Ouais... je dors juste un peu... »

Il s'approche, putain.

« C'est... c'est quoi cette odeur ?

- Ah, euh... ouais j'ai choppé Kenny en train de fumer de la weed, je l'ai puni, hein ! Y a l'odeur sur moi sûrement.

- Kenny ? De quelle année ? Kenny comment ?

- Euh... septième année, McCormick.

- Oh ? Je l'ai pas en cours mais c'est pas l'image que j'avais de lui...

- Et ben pourtant... »

Il monte à quatre pattes sur le lit et se positionne au-dessus de moi. J'essaie de m'enfoncer dans le matelas autant que possible. Pitié qu'il essaie pas de m'embrasser ! Pitiééééé ! Il me regarde en souriant :

« T'es moins gronchon qu'au réveil en tout cas.

- Haha... ouais...

- Je sais comment te donner du courage pour ta journée.

- En me laissant dormir ? »

Ah bah visiblement non. Il déboutonne mon pantalon qui se retrouve au sol en une seconde. Et... ah, une autre seconde et ma bite est dans la bouche de Kakashi. J'ai pas pris assez d'alcool et de drogue pour pouvoir supporter ça. Je fais quoi, je le repousse? Je lui vomis dessus ? Je fais semblant d'aimer ça ? Je vais pas y arriver ! Non mais il va pas me dénoncer, il l'aurait déjà fait, non ? Bon, Saso, ferme les yeux. Imagine que c'est quelqu'un d'autre. Imagine que... Oh... Il s'y prend bien en fait, on sent l'expérience. Putain mais si il a de l'expérience c'est parce qu'il est vieux. N'y pense pas, Saso, n'y pense pas. Ma bite réagit vachement à sa langue habile mine de rien, j'aurais pas cru. Je dois me détendre, c'est qu'un moment à passer. Je vais m'imaginer que c'est Killu-chou et je peux p'tet même y prendre du plaisir. Les yeux toujours fermés, je glisse ma main dans ses cheveux pour accompagner son mouvement. Nan, j'peux pas me dire que c'est quelqu'un d'autre, ça marche pas.

« Kakashi... ?

- Mmrphoi ?

- T'as quel âge déjà exactement ? »

Il s'arrête net et se redresse. Bah merde, il a l'air grave en colère. Son regard est inquisiteur.

« J'arrive pas à croire que tu remettes ça sur le tapis.

- Euh...

- On en a déjà assez parlé, tu crois pas ? Tu me disais que t'avais accepté la différence d'âge. Oui, j'ai 8 ans de moins que toi ! Oui, t'as l'habitude des mecs de plus de quarante ans au moins et t'as peur que je sois pas assez mature et blablabla, cette conversation, on l'a eu mille fois. Ça fait un an qu'on est ensemble, Sasori. Et ça se passe bien. L'âge, c'est qu'un chiffre et si tu restes bloqué dessus, c'est peut-être que c'est toi qui a pas la maturité nécessaire à notre couple. »

Il se lève et sort un sac de l'armoire.

« T'avais l'air déboussolé ce matin alors j'ai fait ton sac, y a tes livres pour la journée et les carnets de classe. J'ai plus cours avant cet aprem, je vais prendre l'air. Essaie pas de m'appeler. »

Il sort. Bon... Alors ça m'arrangerait bien qu'il me plaque, ça me ferait un problème en moins. Faire semblant d'être le mec de Kakashi, c'est vraiment un rôle de composition pour moi, je pense pas en être capable.

Je dois aller faire cours maintenant c'est ça ? Il me reste vingt minutes, je peux bien faire une sieste avant ça. Je vais mettre un réveil. Je choppe le portable qui est sur la table de chevet en espérant qu'il soit pas verrouillé.

BEURK ! Le fond d'écran, c'est une photo ultra niaise de Kakashi et moi sur la plage en train de s'enlacer. On sourit bêtement. Mais d'où sort cette photo, c'est un montage c'est sûr ! Putain si Dei avait pas passé la fin de soirée attaché à Itach' et s'il s'était pas retrouvé pote avec lui au réveil, je l'aurais accusé direct. Nan, le mec qui a fait ça l'a bien puni aussi. Il faut un mot de passe, merde.

HEIN ? Reconnaissance d'empreinte digitale? J'ai pas d'empreinte, moi ! Ah bah... Faut croire que ça marche et que mes « empreintes » ont été enregistrées sur ce tel. Bon, je peux mettre un réveil.

Et je vais effacer cette photo immonde qui sert de fond d'écran.

Bon alors, photo...

Y a plusieurs albums. Oh putain...

« Mon amour 3 » (Tuez-moi, y a déjà Kakashi sur la vignette !)

« Photos mon amour et moi » (On va pas l'ouvrir non plus)

« Photos de classe Poudlard » (Mouais... Du matériel pour se branler en d'autres circonstances)

« Photos enseignants Poudlard » (Non merci, si c'est pour voir la gueule de McGo et autres)

« Screenshots »

« Vacances en famille à Suna »

« Akatsuki Opération Ebola »

« Le téléthon de l'Akatsuki »

Putain, dites moi que je rêve. Forcément, je vais dans les albums Akatsuki. Alors y a des centaines de photos. Certaines prises en Afrique. D'autres des photos de groupes ou de paires. On a l'air contents. On tient des pancartes avec des chiffres. Ça parle de donations. Plus je mate les photos, plus ça donne l'impression que l'Akatsuki fait dans le caritatif. Sur toutes les photos avec Dei et Itach, ils sont bras dessus bras dessous. Je suis souvent seul et sérieux sur les photos. De temps en temps avec Pain qui ose pas regarder l'objectif. Kisame aussi est... un peu différent. Il reste incroyablement beau mais il a pas ses gros muscles habituels. Son visage a l'air plus doux aussi. Niveau fringues, on a tous notre tenue Akatsuki habituelle et Tobi a toujours son masque.

C'est méga flippant de voir ça.

Là, je crois qu'on a plus à faire à une simple potion. Y a toute une mémoire collective qui a été modifiée. Y a même des photos qui prouvent ces souvenirs. C'est pas du level d'un simple sorcier ça, si ? Et l'alien aurait les compétences pour faire un truc de si grande envergure ? Ou si ça se trouve, je suis dans une espèce de matrice et en vrai je suis encore à l'infirmerie en coma ? C'est pas possible que tout ait changé à ce point ! J'ai pris du LSD hier ?

Nan, Saso, c'est trop réel. Et t'as jamais pris de drogue qui te faisait un truc comme ça, c'est trop abusé. À moins que ce soit une drogue de sorcier ? Genre on m'en aurait donné à l'infirmerie ? Nan... connaissant cette école, les profs et l'alien, si y avait une drogue comme ça ils la vendraient, ils la donneraient pas aux gens en piou pendant qu'ils sont à moitié assommés. Nan, je reviens à ma théorie du sort/gaz, c'est la plus plausible et c'est un bon truc de fourbe ça, du bon Poudlard. Faut vraiment que je retrouve l'autre dude, il doit baliser de son côté aussi.

Je revient au téléphone.

Mon doigt tremble un peu en appuyant sur l'albums vacances à Suna. Je peux pas retenir un petit cri en voyant les dizaines de photos de mes parents avec moi, adulte.

Je jette le téléphone au loin.

Non non non Sasori, tes parents sont morts quand tu étais enfant.

C'est pas réel, c'est pas réel, c'est pas réel !

Mais dans cette réalité, ils sont encore en vie...

Non mais c'est pas vrai ! Ce sont pas tes souvenirs, Saso, reprends-toi, faut que tu te sortes de là ! Tu l'aimes ta vie d'ancien criminel et actuellement squatteur d'une école de sorcier. Elle est fun ta vie ! Tu l'échangerais pas pour une vie de mec qui a fait des bonnes actions et qui maintenant, aux yeux des autres, est prof fiancé à un mec de seulement 8 ans de moins que toi...

...mais tes parents sont en vie...

Non mais c'est impossible. C'est juste un sort qui change des trucs. Il ramène pas les gens à la vie.

Et en plus Gaara serait ton cousin ! Tu veux pas que Gaara soit ton cousin, hein, Saso ?! Il dirait quoi Dei ? Il se foutrait de ta gueule et te traiterait d'incestueux de merde parce que tu l'as potentiellement baisé dans son sommeil une fois. Je l'entends déjà... Enfin, sauf que Dei ici est occupé à jouer au foot avec Itachi et que vous êtes pas vraiment potes. Je suis censé être pote avec qui au final avec ce sort ? J'avais pas l'air méga proche de Pain sur les photos et y en avait pas une où j'étais avec Kisa dessus.

Faut que je trouve un moyen de faire revenir tout à la normale.

Putain il est moins cinq déjà et je suis censé donner cours. Je sais pas de quoi. Je sais pas comment et je sais même pas où.

Je choppe le sac que Kakashi m'a préparé et je pars à la recherche de ma salle de classe. Allez, Saso, t'as une heure pour repérer si le dude de l'infirmerie est un mec de 7ème année.

[...]

Celle-ci était pas bien dure à trouver. J'ai demandé à un dude dans les couloirs et il savait. Faut croire que c'est une matière bien connue dans le monde des sorciers. J'ai dû sortir mes bouquins pour montrer l'intitulé exact par contre parce que « la matière pour faire des trucs contre les trucs pas cools » sur le coup ça lui parlait pas.

Je respire un bon coup, je bombe le torse en mode imitation d'un cliché de prof et j'entre dans la salle.

C'est tout calme.

Je me fous au bureau, je sors mes bouquins que je pose sur la table et j'observe la classe. J'en reconnais mais pas tous. Je dois maintenant essayer de voir si y en a un qui a l'air HS comme moi.

Y a Kenny au premier rang tout seul, j'ai trop envie d'aller lui gratter de la weed mais ce serait hors personnage pour le coup. Je dois garder mon rôle pour que les étudiants agissent « normalement » aussi. Y a ce connard de Kiba derrière lui à côté d'un mec qui a une croix gammée sur le front. Y a pas mal de sorciers aussi je pense. Je reconnais Sasuke qui est tout seul aussi, il porte des couleurs par contre ça c'est bizarre. Je vois Ichigo à côté de Saï et Kyle à côté d'un mec random.

Je connais moins de monde en septième année que ce que j'aurais cru.

Je tend l'oreille pour essayer de voir si quelqu'un est à la ramasse. J'entends Ichigo et Saï :

« Non mais je te jure, Naruto m'a encore écrit.

- C'est triste que ça soit pas le grand amour avec Sasuke, ils vont si bien ensemble.

- Ça m'arrangerait, il me lâcherait le cul un peu.

- Je comprends pas comment tu fais pour résister à ses avances ? C'est Naruto quoi, il est trop cool !

- Putain l'autre juif me soûle, et gnagnagni et gnagnagna, échange de place avec moi Saï !

- Non, Kyle, deux roux côte à côte, ça va donner des idées de viol aux trois quarts des élèves, c'est Hisoka qui saura plus où donner de la tête ».

Bon, alors déjà on va éliminer Ichigo qui d'ordinaire serait à fond sur la seule idée d'un message de Naruto. Clairement là il est sous l'influence du gaz. On élimine Kyle qui utilise la religion juive de son pote pour parler de lui. J'aurais bien envie d'éliminer Saï parce que sérieusement, comment peut-on dire que Naruto est cool ? Mais en même temps, c'est Saï et il est plutôt imprévisible, il pourrait dire un truc comme ça si Naruto lui faisait une démonstration de grande roue...

Je peux pas m'empêcher de regarder Kenny. Je crois pas qu'il pourra me fourger de weed aujourd'hui, il a clairement l'air affecté par le gaz. Il a plus ni piercings, ni tatouages. Il a le visage frais et reposé genre il se drogue pas, fume pas, boit pas. J'ai repéré une bague qui a l'air chère à son doigt (il l'aurait déjà vendue sinon) et il a la tête dans un bouquin. Ça me fait chier, j'ai l'impression d'avoir perdu un allié encore.

Je crois qu'il est 11h, je vais devoir commencer, putain je suis trop stressé, ils me regardent tous, c'est irréel.

« Alooors...

- Pardon M'sieur, je suis en retard ! J'ai dû me ravitailler en... tilleul. On m'en a gratté ce matin.

C'est Kurapika qui vient d'entrer dans la classe, l'air de rien et qui me tape un clin d'oeil avant d'aller s'asseoir à côté de Kenny. Il le fixe d'un air prédateur en se léchant les doigts. Kenny lève immédiatement la main.

« Ouais, Kenny ?

- Est-ce que je peux changer de place ? »

Je sais. Je sais qu'il est pas dans son état normal mais je peux pas laisser faire ça. Kenny c'est mon pote et si la situation était inversée et que c'était Killu-chou à la place de Kurapika, il ferait ça pour moi. Je fais quelques pas vers sa table, je me baisse pour m'approcher de lui et je chuchotte histoire que les autres entendent pas trop.

« Dude, c'est trop ta chance là, change pas de place, c'est Kurapika, putain ! Il a l'air à fond sur toi là, choppe-le, prends une photo et remercie moi demain. »

Il me regarde horrifié. Kurapika a l'air tout aussi surpris mais ravi, il lui caresse la jambe et me soutient :

«T'as entendu le prof, McCormick ? C'est ta chance ! »

Je fais des mimes à Kenny, successivement suçage de bite, branlette puis enculade pour qu'il comprenne que là, Kurapika est OP, avec ses fringues et tout, faut y aller. Visiblement ça l'encourage pas, il met son visage dans ses mains et dit un truc du genre « école de pervers, même les profs s'y mettent ». Mais putain, dude !

Kenny tu rêves pour que je te laisse t'asseoir ailleurs.

Je retourne vers mon bureau, je prends un livre que je garde contre moi pour me donner de la contenance et je m'adresse à tout le monde.

« Alors... On va commencer... Euh...

- M'sieur, il manque des gens ! (dit... euh sûrement un sorcier random)

- Il manque qui ?

- Naruto, Gaara...

- Gaara est dans le couloir avec Killua comme d'hab, ils arrivent pas à se lâcher. (dit un autre dude que je connais pas)

- Je vais les chercher. »

Je sors la tête de la porte et je les vois. Gaara a plaqué mon Killu-chou contre le mur et ils mélangent baisers dans le cou et roulages de pelles. Entre deux démonstrations de combien ils sont chauds, ils se disent des horreurs tout en se tripotant ouvertement et en s'embrassant à chaque fin de phrase. Je les entends jusqu'ici :

« Je t'aime tellement, Killua.

- Je t'aime encore plus !

- Je pourrais pas vivre sans toi !

- J'ai tellement envie de toi, là, tout de suite...

- Si tu savais tout ce que je te ferais si j'avais pas cours maintenant...

- Grrr, je vais encore moins réussir à te lâcher si tu dis ça.

- Je peux toujours sécher et on profite que Kuruta soit pas dans ta chambre pour y aller.

- Ça va pas ? Faut pas sécher les cours ! Je t'attends dès que t'as fini et on se planque dans un placard.

- Je penserai à toi chaque seconde de ce cours.

- Je penserai à toi plus fort encore.

- Impossible, Je penserai à toi si fort que l-... AÏE ! »

Oups ! Il se pourrait bien que j'ai balancé mon bouquin à la gueule de Gaara.

« Mais ça va pas, Saso !

- Le cours a commencé ! »

Il s'apprête à embrasser une dernière fois mon Killu-chou mais s'arrête sur mon « Et ramène-moi le bouquin aussi ! ». Il s'exécute et me suit dans la salle. Je lui dis de s'asseoir à côté de Sasuke, la pire place selon moi. Putain ma deuxième mission aujourd'hui c'est d'empêcher cet enfoiré de Gaara de dépuceler mon Killu-chou ! P'tet qu'ils s'en souviendront plus, p'tet que ça compte pas parce qu'ils sont pas eux-mêmes mais ça reste le corps de mon Killu hein ! Et je doute qu'en retrouvant ses esprits, il apprécie de savoir qu'il a baisé avec le mec qu'il a tèj en début d'année.

« Bon... Vous en étiez où dans le bouquin ?

- C'est pas ce livre monsieur (me répond Kiba qui est étonnamment impliqué).

- Ah merde, c'est lequel ?

- Là vous tenez « Maléfices et contre-sorts » qui est un manuel de quatrième année. En septième année, on travaille avec « Art de la magie noire et Sortilèges avancés pour s'en protéger » et on s'est arrêtés page 168. Vous nous aviez donné pour devoir de rédiger une composition sur l'attrait de la magie noire. Selon vos mots, il faut comprendre la psychologie des personnes qui se sentent attirées par les forces du mal pour mieux s'en défendre.

- Ouais c'est bon je sais ! Je suis le prof hein... Cinq points en moins pour Kiba qui fait son malin.

- Monsieur, vous voulez dire cinq points en moins pour TêteDeKaribou ?

- Et cinq points en moins pour le sorcier roux là aussi. Bon... Euh vous savez quoi ? Vous avez qu'à paufiner un peu vos compositions. Genre vingt minutes. »

Certains élèves râlent, d'autres sont contents. Moi je trouve que je m'en sors hyper bien. Je retourne m'asseoir à mon bureau et je me dis que je peux comater/observer les élèves pendant vingt minutes tranquille. Ce que je fais. Le plus intéressant, c'est la dynamique Kenny/Kurapika, ça aussi j'aimerais bien le filmer. Ça fait au moins déjà vingt fois qu'il a repoussé la main de Kurapika qui glisse sur sa cuisse.

« Allez, McCormick, j'te jure que t'oublieras vite cette histoire d'anneau de pureté quand je t'aurais fait hurler de plaisir. »

« McCormick, je te promets que t'aimeras ça, je suis bon, tu sais. »

« McCormick, je suis sûr qu'au fond t'as tellement envie de moi que ton cul a déjà pris la forme de ma bite »

« Sasori, tu peux arrêter s'il te plaît ? »

Je sors de ma contemplation Kenny/Kurapika pour me tourner vers ce connard de Gaara qui me regarde mécontent, des boulettes de papier recouvrant son bureau.

« Vingt points en moins pour Gaara. »

Il soupire alors que j'arrache une nouvelle page du manuel pour la rouler en boule. Ça toque à la porte. Je dis un truc du genre « entrez » qui fait bien. Y a un petit sorcier qui débarque avec un porte-document.

« Tu veux quoi ?

- Je... Je viens pour le relevé des absents.

- Genre McGo en a un truc à foutre des absents maintenant ?

- Euh... C'est pour le directeur, M. Léorio.

- Léorio le concierge ? »

Un gros « oooh » s'élève de la classe. Je crois que j'ai commis un outrage. Je dois rattraper ça.

« Ouais, ouais, je vois. Léorio le... directeur de Poudlard... »

Pas de réaction étrange maintenant, ça semble être le bon titre. Léorio directeur... De mieux en mieux...

« Bah j'sais pas qui est absent.

- Il me faut la liste des absents Monsieur Akasuna.

- Oui, oui, ça va, j'ai compris, je suis pas con ! Y a des absents ?

- Il manque Naruto (dit le mec avec la croix gammée sur le front)

- En même temps, Naruto connaît tous les sortilèges déjà.

- Il est tellement cool.

- Et il est si beau !

- Sasuke, t'as tellement de chance d'être promis à un mec si cool ! »

Je calme les ardeurs de la moitié des élèves mecs ou meufs confondus sur... Naruto ? (Plus rien ne me surprend) et sur sa relation avec Sasuke (encore une anecdote à balancer quand je les aurais sorti de cet envoûtement).

« Ouais, bon on a compris, Naruto est absent. Quelqu'un autre ?

- Shikamaru a été convoqué, il a harcelé Stan apparemment. »

Ah tiens, ça c'est une situation qui semble pas si cheloue.

« Il l'a harcelé ? Et vous savez pourquoi ?

- Il voulait l'embrasser mais Stan était pas d'accord. (Ah c'est pas très Shika ça)

- Stan a aussi dit qu'il l'aurait potentiellement drogué pour abuser de lui (info du sorcier roux)

- Faut dire que Stan était un peu bizarre aujourd'hui (info de Kyle).

- ON FOUT PAS LA FAUTE SUR LA VICTIME, PUTAIN ! (intervention du mec grand qui m'a donné de l'eau ce matin et qui vient de passer sa tête par l'entrebâillement de la porte... ?). »

- J'aurais dû m'intéresser aux absents bien avant. En vrai, si j'étais un mec de septième année qui se réveillait entouré de ses potes dont les personnalités correspondaient plus, j'irais sûrement pas en cours. Bon, en vrai, si j'étais un mec de septième année, j'irais sûrement pas en cours, point barre.

Je reprends :

« Okay, okay donc Naruto et Shikamaru sont absents.

- Et Stan aussi du coup (merci Kyle)

- Je peux comprendre, après ce qu'il a vécu!(merci Saï)

- Alors... Je ne remets pas en cause ce qu'a vécu Stan. Je le crois. C'est pas facile de témoigner de ces choses-là, encore moins lorsque ça se passe au sein de son couple. Stan est extrêmement courageux. Je dis juste que...

- Fais attention, Kyle (putain ce mec reste dans la porte)

- Je dis juste que ce matin... il a agit un peu bizarrement. »

S'en suit un tumulte d'argumentation sur le potentiel changement de comportement des victimes d'agression sexuelle. Au bout de bien cinq minutes de tension, Kyle beugle :

« IL A PAS RECONNU ERIC, TU VAS PAS ME DIRE QUE C'EST A CAUSE DE SHIKAMARU !? »

Je peux pas m'empêcher d'intervenir :

« C'est qui Eric ?

- Euh... C'est moi, monsieur. (Me dit le mec à côté de Kyle, un brun plutôt mignon qui porte une kippa et qui a l'air carrément bien foutu à en juger par les muscles qui se voient malgré son tee-shirt).

- Ah oui... Eric euh...

- Eric Cartman.

- PARDON ?! »

- Non, non, non, ce mec là, c'est Cartman ? Je dois m'en assurer.

« Cartman, genre Cartman spray-ours qui a encore fait chier tout le monde à l'entrée du bal, hier ? »

Regards d'incompréhension dans la salle. Je comprends plus là. Genre le sort affecte pas seulement la personnalité mais le physique de certains aussi. Mais putain de sort de bâtard. Mais je suis sur une grosse piste là !

« Stan t'a pas reconnu ? Il a fait quoi d'autre d'étrange ?

- MONSIEUR ! Stan a été victime d'une agression, vous feriez mieux d'enquêter sur Shikamaru et de le laisser un peu tranquille. Ne lui faites pas revivre ce traumatisme et ne le stigmatisez pas face aux autres étudiants !

- Putain, t'étais plus cool ce matin quand tu m'apportais de l'eau ! Sors de ma classe, t'es même pas mon élève.

- Il était en panique un peu (enchaîne Sasuke). Naruto m'a raconté par message mais j'ai pas trop compris. Une histoire de monde inversé. »

Bingo. Stan est mon homme.

« Sasuke, tu viens avec moi. On va chercher Stan.

- Mais monsieur, on est en cours là.

- Bah... le cours est fini !

- Mais ça fait dix minutes qu'il a commencé.

- Ta gueule toi avec ta croix gammée, c'est toi ou moi le prof ?

- Waaaah vous êtes officiellement mon prof préféré maintenant, m'sieur ! »

Kurapika au moins est content. Il saute au-dessus du bureau.

« Attends, Kurapika, toi aussi tu viens avec moi.

- Mais putain pourquoi moi ?

- J'ai besoin de weed, c'est trop stressant tout ça, et je sais que t'en as.

- NO WAY, vous savez combien de dudes j'ai dû sucer ce mois-ci pour me faire mon stock ?

- Kenny aussi tu viens.

- Hors de question.

- C'est ou ça ou... euh... je te mets un zéro. »

Son regard passe de la colère à la peur. J'ai visé juste putain, sa personnalité est quasi l'inverse. Bon, je lui trouverai bien une utilisé dans la quête. C'est surtout que me coltiner Sasuke et... Kurapika, même si il est plus cool aujourd'hui, ça m'enchante pas des masses. J'ai besoin d'un visage familier et réconfortant. Et puis ce serait fun si Kenny choppait Kurapika. Bon là, à en juger ce serait plutôt Kurapika qui chopperait Kenny...

Faut vraiment que je prenne des photos de tout le monde avant qu'on arrange ça.