Chapitre 64
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- Tant pis, soupirez-vous en vous levant, j'aurais essayé. Merci, danna.
Alors que chacun s'attend à vous voir prendre la direction de la sortie, vous vous tournez vers la chinoise aux cheveux lâchés qui se met aussitôt sur la défensive.
Et ouvre des yeux de merlan frit quand elle vous voit vous incliner légèrement devant elle.
- Kagura, excuse-moi pour l'esclandre de tout à l'heure. J'étais nerveux, moi aussi. Il faut dire... Que te voir ainsi m'a perturbé. Je suis désolé pour ta perte, vraiment.
- Quoi ? s'exclama-t-elle.
- Quoi ? reprennent en chœur ses deux collègues.
- Je suis sincère. Tu n'en avais que deux, en plus, et j'imagine qu'ils sont difficilement remplaçables... Tu n'as plus l'air d'être la même sans eux.
Le patron et le binoclard étaient figés sur place, incapables de parler. La chinoise également, avec en prime une large rougeur qui s'étalait sur les joues.
- Mais du coup, je me demandais...
Vous vous penchez en avant en vous pinçant le menton, pensif, et regardez dans ses yeux comme si vous espériez apercevoir son cerveau à travers.
- Comment vas-tu faire pour marcher et respirer en même temps, maintenant qu'on t'a volé tes neurones ?
Une seconde.
Deux secondes.
Oups, vous auriez misé sur trois, vous n'avez pas pu l'arrêtez alors qu'elle vous balance dehors avec un rugissement de T-Rex. Après un atterrissage forcé dans la rue, vous secouez légèrement les épaules pour vous débarrasser des derniers débris de la porte que vous avez traversée sans l'ouvrir et dégainez juste à temps pour parer de votre sabre une ombrelle fermée visant votre tête.
- JE VAIS T'EN DONNER, MOI, DES NEURONES ! hurle-t-elle en reprenant ses distance et en vous visant de son arme-accessoire. VIENS ICI QUE JE TE METTES DU PLOMB DANS LA TÊTE !
Une, deux, trois détonations suivies de balles que vous évitez sans trop de mal. Vous faites mine de fuir, juste assez pour l'inciter à vous poursuivre et reprendre votre bagarre un peu plus loin ; un petit jeu du chat et de la souris qui vous amuse follement et finit par vous emmener au bord de la rivière, où vous décidez de mettre fin à la poursuite.
- Autant pour moi, la raillez vous en maintenant à nouveau l'ombrelle qu'elle essaye de vous abattre sur le crâne avec votre sabre, tes deux neurones n'était pas dans tes deux trucs bizarres. À quoi servaient-ils alors, à capter ces émissions de beauté qu'écoutent les filles à la radio ? À voir ta tête, il y a des problèmes dans la transmission...
- Tu peux parler de neurones, abruti ! Vous vous partagez tous les mêmes, dans la police, non ? Vous ne vous êtes même pas aperçus que la moitié de ces vols ne datent pas de cette nuit !
- Quoi ? vous exclamez-vous.
- Exactement ! Ils ont tous porté plainte aujourd'hui parce qu'ils pensaient avoir juste perdu leurs affaires tout seuls... C'est en discutant avec leurs voisins et après les autres vols de cette nuit qu'ils ont compris que ce n'est pas le cas !
La chinoise semble apprécier l'expression éberluée sur votre visage, car elle poursuit avec un grand sourire :
- Vous ne vous en étiez pas rendu compte, hein ? Pourtant c'était simple : la première nuit, il a fait toutes les maisons d'un endroit. La deuxième nuit, toutes celles d'un autre. Il suit une sorte de spirale si on regarde sur une carte... Ce qui laisse deviner très facilement quel ensemble de maison il va attaquer cette nuit !
Sans que vous sachiez exactement quand ni comment, vous avez tous les deux baissé vos armes. Interdit, vous fixez le visage de la yorozuya :
- De quelle zone tu parle exactement, la chinoise ?
- C'est simple, elle part de la pâtisserie, la dernière maison à avoir été volée dans la zone de cette nuit, et elle décrit un arc de cercle autour du centre, qui fait à peu près une dizaine de maisons d'épaisseur... C'est facile à délimiter sur une carte, ça fait une centaine de maisons en tout !
Elle semble très fière d'elle tandis que vous la fixez toujours en silence.
- La chinoise... déclarez vous après un moment, est-ce que au moins tu te rends compte que tu viens de tout me déballer d'un coup ?
Elle semble interloquée, puis réfléchit quelques secondes... L'instant d'après, son visage se décomposa.
- J'avais raison pour les neurones, finalement...
- ENFOIRÉÉÉÉ ! hurle-t-elle en se ruant de nouveau sur vous, hors d'elle.
- Hé, je n'y suis pour rien, moi, déclarez-vous en évitant les coups de pied, de poing et d'ombrelle, tu as décidé de te mettre à table toute seule. Pour une goinfre comme toi, ce n'est pas si étonnant. Sur ce, tu m'excusera, mais j'ai mes chefs qui m'attendent. Bonne chance pour expliquer ça au tien.
Vous avez enfin ce qu'il vous faut... Et on peut dire que ça a été ludique. Toutefois, la zone qu'elle vous a décrite est assez vaste... Il se peut que vous ayez besoin de main-d'œuvre pour mettre toutes les chances de votre côté.
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Pour proposer une alliance à l'agence à tout faire, allez au chapitre 23.
Sinon, quittez vite les lieux avant de prendre un mauvais coup et filez directement au chapitre 22.
