Chapitre 68
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Ce que c'est chiant, les planques. Comment il fait, Yamazaki, pour supporter ça sans virer fou ? … Ah, c'est vrai, il a viré fou depuis longtemps. Vous soupirez pour au moins la trentième fois en un quart d'heure. En plus, vous avez froid. Et encore, heureusement, vous n'êtes pas tout seul, Kondo patrouille autour du toit pour surveiller plusieurs endroits à la fois et vérifier que tout le monde est en place : les hommes du Shinsengumi sont postés aux quatre coins de la zone pour ne laisser aucun espoir de fuite à votre cible. Quand aux yorozuyas, vos alliés momentanés, ils se sont postés à l'intérieur de la maison d'une de leur connaissance, cette forgeronne timide qui réalise des sabres de qualité tout à fait appréciable. Cela leur permettra de tomber directement sur ce bâtard quand il visitera cette maison, s'il s'obstine à échapper à vos yeux. En attendant, vous vous ennuyez ferme entre les passages de Kondo où vous pouvez au moins discuter cinq minutes avec lui. Les gens ne s'en rendent pas toujours compte, mais vous avez horreur d'être seul. Au bout d'un moment, vous décidez de tuer le temps en pratiquant l'un de vos passe-temps favoris : emmerder Hijikata-san.
- Qu'est-ce qu'il y a, Sougo ? fait la voix de votre cher vice-commandant dans le combiné après deux sonneries.
- J'aurais une question pour la mission, Hijikata-san, lui dites-vous.
- Je t'écoute.
- … Est-ce que c'est parce que tu sais que tu ne pourras pas t'en sortir seul que tu as engagé les yorozuya ?
- Que... Abruti ! crache-t-il dans le téléphone en se retenant visiblement de hurler, vous arrachant un grand sourire. Tu crois que c'est le moment de faire des blagues téléphoniques ?
- Ce n'est pas une blague, je me pose vraiment la question. Et pas mal de gars aussi, depuis que je leur en ai parlé.
- Tu ne peux pas te concentrer sur la mission, non ? Tu m'emmerderas après !
- J'ai du mal à m'en empêcher quand je suis contrarié.
- Tss, regardez l'état dans lequel il se met pour une stupide gâchette de bazooka, je vous jure...
- Tu peux parler, répliquez-vous. Tu es dans tous tes états pour quelques bouteilles de mayonnaise.
- C'est une édition spéciale de Noël !
- Elle est parfumée aux marrons ?
- Ça a toujours plus de valeur que ta gâchette ! Ça t'aurait pris trente seconde pour aller chercher un autre bazooka à l'armurerie !
- Sûrement pas. Je te fume la gueule avec ce bazooka depuis que j'ai l'âge d'en porter un...
- Quatorze ans, ce n'est normalement pas un âge pour porter une arme de guerre !
- … Il a une valeur sentimentale, et je le répare toujours. J'ai dû en changer toutes les pièces au moins une fois.
- N'importe quoi, tu te prends la tête pour... Attends voir, tu dis que tu as changé toutes les pièces au moins une fois ?
- C'est ce que j'ai dit.
- Dans le but que ce soit toujours ton bazooka d'origine ?
- Ben oui.
- Qu'il est con, mais qu'il est con...
Mais de quoi il parle enc... Ah, oui, il vous semble que vous comprenez ce qu'il veut dire.
- Vice-commandant ! fit soudain la voix étouffée par la distance de Yamazaki, on l'a repéré ! Il vient de sortir par la fenêtre d'une habitation !
- Quoi ? s'exclama celle d'Hijikata. Laquelle ?
- Euh... Celle que gardaient les yorozuya, vice-commandant...
- Les abrutis ! Ils se sont endormis, à tout les coups !
- Hijikata-san, intervenez-vous en espérant qu'il vous entende encore, ce n'est pas grave. Vu que je ne suis pas loin, je peux le prendre à revers.
- Sougo, que se passe-t-il ?
- Ah, et Kondo-san est avec moi. On devrait le coincer sans problème. C'est bon pour vous, Kondo-san ?
- Vous l'avez repéré ? Alors oui, allons-y, assure votre mentor. Toushi, ajoute-t-il en se penchant vers le téléphone, tiens-toi prêt avec Zaki à nous prêter main-forte au cas où.
- Très bien. Faites vite, le gars est en train de forcer une fenêtre, celle à gauche de l'atelier de la forgeronne. À gauche par rapport à vous, avec les rideaux verts.
- Compris.
Ravi d'avoir enfin un peu d'action, vous raccrochez le téléphone et, accompagné de Kondo, vous vous élancez aussi silencieusement que possible d'un toit à l'autre, les maisons assez proches et les toits offrant de nombreuses cachettes vous rendant la tâche assez aisée. Bientôt, vous apercevez le gars... Avec des outils et un procédé qu'il vous est impossible de distinguer d'ici, il est en effet en train de crocheter une fenêtre de la maison aux rideaux verts. Concentré sur sa tâche, il ne vous a pas vu. Sur un signe de tête échangé avec vous, Kondo part devant pour se positionner de façon à la prendre à revers s'il venait à essayer de s'enfuir, ce qu'il fera sûrement.
Vous lui laissez une minute d'avance, puis jugez que votre commandant a dû avoir le temps de se mettre en position. Il ne faudrait pas que ce malfrat vienne à bout de cette fenêtre, il pourrait entrer et prendre les résidents en otage. Vous ne savez pas encore de quoi il est capable. Vous vous approchez vous même au maximum, de façon à n'être qu'à un saut de distance, puis...
- Police ! lancez-vous en direction du malfrat, allumant votre lampe doit dans sa direction. Reste là et pas un geste, ou on te fait descendre par la voie rapide !
Le voleur fait un bond de surprise, mais parvient à garder son équilibre sur le rebord de la fenêtre. Mieux, après une seconde d'éblouissement à cause de la lumière vive de votre lampe, il se reprend et bondit dans la direction opposée.
Vous jurez dans votre barbe. Vous vous en doutiez déjà mais c'est confirmé, vous n'avez pas affaire à un novice. Heureusement, il a foncé droit vers le spot de Kondo sans se douter de rien. Vous franchissez d'un bond la distance qui vous sépare du toit tandis que partout autour de vous, les spots des lampes s'allument et les sifflets d'alerte se font entendre.
- Halte ! fit soudain la voix forte du commandant de l'autre côté du toit, à quelques mètres à peine. Ne bougez plus !
Vous le rejoignez vite : Kondo n'a que son sabre pour le tenir en respect, mais sa stature et la fermeté dans sa voix et dans son regard suffisent à dissuader votre cible de faire un pas de plus. Même dans la pénombre, la panique est lisible dans ses yeux, ce qui ne s'arrange pas quand il se rend compte de votre présence. Il sait qu'il est fait comme un rat...
Mais c'est souvent lorsque les rats sont acculés qu'ils se montrent imprévisibles et mordent : sans qu'aucun de vous deux ne le voie venir, il se saisit soudain de ce qui doit être son sac de butin et le lance droit vers votre commandant qui, surpris par l'attaque, n'a pas le réflexe d'esquiver. Le sac le heurte en plein ventre, lui faisant perdre l'équilibre : il n'a le temps que de lâcher son arme, et se rattrape in extremis au bord de la gouttière avant la chute.
- Kondo-san !
L'ordure, profitant de la diversion, file déjà dans la direction opposé.
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Il faut agir vite ! Que faites-vous ?
Kondo ne va pas tenir éternellement dans cette position. Vous allez lui prêter main-forte, et vous n'avez plus qu'à compter pour la capture de cette ordure sur votre allié le plus proche de vous, à savoir Hijikata. Si c'est votre choix, allez au chapitre 11.
Kondo vous a toujours fait jurer de faire passer le devoir avant tout. Vous êtes sûr qu'il s'en sortira tout seul... Au pire, dans le cas contraire, il est déjà tombé de plus haut. Dans ce cas, c'est au chapitre 36.
