Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, et les OC par contre, sont à moi.

MERCI à Zeugma, Emilie09, Math'L, Lupinette, Telmahut, Crazyfuriousgirl, Cididy, Didi, AlouetteL, Steph Rogue, Lyrellys, Daidaiiro, Jasmineetaladin, SlythenclOw, Fanny, Emma, Lia9749, Telmahut, Alex, Guest, Damoiselle Suzan (bienvenue!), et Wendy Craipeau.

Bonsoir à tou(te)s. Nous voilà arrivés au terme de ce voyage. J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas trop. Je suis désolée pour le temps écoulé depuis le dernier, mais, outre les circonstances, je ne sais pas si c'était le désir inconscient de « faire durer » cette histoire le plus longtemps possible, mais j'ai eu énormément de mal à le finaliser. Je n'en suis d'ailleurs pas totalement satisfaite, et je suis bien consciente de la quantité de non-dits et du fait qu'il manque plein de choses, qui auraient pu être plus approfondies. J'avoue qu'en ce moment, j'ai énormément de mal à trouver le temps d'écrire (ou de lire d'ailleurs. A ce propos, je suis désolée pour celles que je néglige en ce moment... je reviendrai, c'est promis), mais je me suis refusée à laisser cette histoire inachevée. Je n'abandonne pas l'écriture pour autant, mais je pense qu'à l'avenir, je me contenterai soit d'OS soit de fics plus courtes, que je ne publierai qu'une fois les avoir terminées afin d'éviter ce genre de très long hiatus (mais bon, je dis ça maintenant, mais il ne faut jamais jurer de rien xD).

Encore une fois un immense merci à tous ceux et celles qui m'ont soutenue par leurs messages et leurs commentaires sur cette fic. Je ne vous dirai jamais assez combien je vous aime.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.

Enjoy &… (please !) Review !


Le professeur Snape

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Pour le commun des mortels, Albus Dumbledore avait succombé à une crise cardiaque, ainsi que l'attestait le certificat de décès établi par Poppy Pomfresh, et contresigné, personnalité de premier plan oblige, par le Medicomage en chef de Ste Mangouste. Ce qui n'empêchait pas les polémiques d'aller bon train, depuis quelques jours, alimentées par la Gazette du Sorcier.
Se basant sur le ''pas de commentaires'' des deux Guérisseurs, tenus par le secret professionnel, d'aucuns, sans citer une certaine journaliste portée sur les ragots et scandales en tous genres, allaient même jusqu'à évoquer publiquement un empoisonnement, ourdi par des Mangemorts en fuite. Le vieux mage paraissait tellement immuable, malgré son âge avancé, que certains avaient fini par le considérer comme quasi-immortel. La nouvelle de sa mort, une semaine auparavant, avait surpris et choqué un monde sorcier dont la plupart des membres l'avaient connu, que ce soit en tant que professeur ou comme directeur de Poudlard.

Les pas des deux jeunes gens résonnaient sur les dalles du couloir menant au bureau du directeur, ou plutôt, maintenant, de la directrice.

—Je me demande pourquoi McGonagall nous a demandé de venir. Elle semblait perturbée.

—Je ne sais pas, mais j'imagine que la mort de Dumbledore n'est peut-être pas aussi transparente qu'elle paraît l'être… Je ne crois pas tellement à la version officielle. Sans aller jusqu'à adhérer aux théories du complot fantaisistes de Skeeter, je ne pense pas que Dumbledore ait vraiment succombé à une crise cardiaque. Mais nous allons sûrement bientôt en savoir plus. Répondit le jeune homme, en s'arrêtant devant la Gargouille, et en prononçant distinctement le mot de passe.

Dumbledore, le 'sauveur du monde sorcier', avait été, par dérogation ministérielle, inhumé à Poudlard, haut-lieu du monde magique britannique, où son mausolée rappellerait à chacun la victoire du Bien contre le Mal… et ''dissuaderait peut-être les aspirants mages noir de s'engager sur la mauvaise voie'', comme l'avait naïvement exprimé le ministre lors de son discours. Après la cérémonie, à laquelle ils avaient été conviés comme tous les membres de l'Ordre du Phénix, Minerva les avait informés qu'elle les attendrait dans le bureau directorial.

—Mr Snape, pardon, Prince, Harmony ! Merci de vous être déplacés. Thé ?

—Merci professeur. Vous vouliez nous parler ?

Minerva McGonagall prit le temps d'effectuer plusieurs mouvements de baguette en direction d'une table sur laquelle reposait un plateau déjà chargé de pots, de tasses, et d'assiettes de petits gâteaux, qui s'envola pour venir délicatement se poser sur un guéridon placé devant la cheminée. Après être allée récupérer un rouleau de parchemin posé sur son bureau, elle rejoignit les jeunes gens, leur désignant deux confortables fauteuils.

—En effet, mais asseyez-vous, je vous en prie ! Alb-le professeur Dumbledore… Elle s'interrompit un instant, le regard empli de larmes contenues. « Je dois… Monsieur Prince, le professeur Dumbledore m'a chargée de vous remettre ceci, après… après… Elle prit une profonde inspiration, ravalant ses larmes, elle lui tendit le parchemin, et ajouta, d'un ton qui mêlait la colère à la peine. « Ce n'était pas une crise cardiaque. Il… Je ne comprends pas pourquoi il a toujours refusé de faire appel à vous ! Après ce que vous aviez fait pour James Potter, je suis certaine que vous auriez pu...

—Je ne savais pas qu'il était malade. Aucune information…

—Il n'était pas malade. Il avait exigé le secret afin de ne pas entacher l'impact de la victoire, mais la dernière malédiction de Voldemort avait réussi à l'atteindre, à Godric's Hollow. Même moi, je ne l'ai découvert que plusieurs semaines plus tard, lorsque les signes sont devenus tellement évidents qu'il ne pouvait plus le cacher, même sous un sort de camouflage.

—Une malédiction ? S'étonna Hermione, jetant coup d'œil à Severus, qui ne paraissait pas plus étonné que ça par cette information. « Quelle malédiction ?

—Un antique sortilège égyptien, m'a-t-il expliqué. Très noir. Une horreur qui transforme peu à peu un être humain vivant en momie, jusqu'à ce qu'elle atteigne le cœur. Il avait été touché à la main gauche. Quelques jours après la bataille, il a commencé à limiter ses apparitions publiques, et lorsque je lui rendais visite, dans son bureau, il devait dissimuler sa main sous un Glamour. Lorsque je m'en suis rendue compte, après les vacances de Noël, sa main et son avant-bras étaient noircis, racornis, comme calcinés, et il ne pouvait déjà plus plier son coude.

Hermione avait porté une main à sa bouche. Elle regardait maintenant Severus, avec une expression horrifiée.

Le jeune homme affichait un masque impénétrable. Il se saisit du rouleau que lui tendait la directrice. Brisant le sceau personnel de l'ancien directeur, il le déroula et commença à le lire. Lorsqu'il eut terminé, il le roula de nouveau sans un mot, avant de se retourner vers Minerva McGonagall.

—Je suis désolé, professeur, mais nous n'aurions de toute façon rien pu faire. C'est une malédiction très ancienne, contre laquelle il n'existe aucun contre sort, aucun remède… beaucoup plus pernicieuse que celle qui avait touché James Potter. Tout ce que nous aurions peut-être pu tenter, et je dis bien peut-être, c'est de prolonger sa vie, et par là même son agonie et ses souffrances, au plus de quelques semaines. Sans doute a-t-il jugé que le jeu n'en valait pas la chandelle.

En réalité, mais personne, pas même Minerva, n'en saurait jamais rien, Dumbledore, dans sa lettre, après avoir de nouveau demandé pardon à Severus pour ce qu'il l'avait condamné à vivre dans son 'ancienne' vie, avouait qu'il avait décidé que le moment était venu pour lui de s'en aller. Le vieil homme savait qu'il ne lui restait que quelques jours, et il avait choisi de tirer sa révérence avant que ses souffrances ne deviennent intolérables. Il ne donnait aucun détail, mais Severus se doutait bien de la manière dont il s'y était pris. La potion qu'il avait utilisée était indétectable, et donnait tous les symptômes de l'affection qui était censée l'avoir emporté. Elle relevait peu ou prou de la magie noire, mais pour qui s'y connaissait un peu n'était pas très difficile à préparer, si l'on possédait les bons ingrédients. Il avait profité des quelques jours de vacances de février (tout le monde savait que Slughorn ne mettait jamais les pieds dans les cachots pendant les vacances, même s'il restait au château) pour mettre son projet à exécution. Il informait en outre le jeune couple qu'il lui léguait une partie des livres de sa bibliothèque personnelle, et confiait Fumseck à la garde de la famille Prince, pour peu que le phénix accepte ses nouveaux compagnons. Si tel était le cas, l'oiseau les retrouverait tout seul. Minerva les avait convoqués, en tant qu'exécutrice testamentaire, afin de leur remettre le legs de l'ancien directeur. Elle ne savait rien pour le phénix, qui avait disparu à la mort de son ancien 'propriétaire'.

Tiberius, qui était rentré un peu plus tôt, les attendait dans le salon du manoir. Du jardin d'hiver, leur parvinrent des claquements de bec caractéristiques, juste avant que le grand oiseau écarlate ne vienne se poser sur l'épaule de Severus, scellant par là sa nouvelle allégeance.

—Tu te doutais de quelque chose, n'est-ce pas ? Demanda-il à son petit-fils, après qu'ils lui eurent relaté leur entrevue avec Minerva, et fait lire la lettre de Dumbledore.

—Oui. Confirma celui-ci, s'attirant un regard surpris de sa compagne. « Quelque chose, dans son comportement, avait attiré mon attention, lorsqu'il est venu me voir, après la bataille, expliqua-t-il. « Lorsqu'il a parlé de choses qui ne changeraient pas. Je ne saurais pas vraiment expliquer quoi. Un regard, un mouvement incontrôlé de sa main… c'était très ténu, presque de l'ordre de l'intuition. Et puis le temps passant, je n'y ai plus pensé. Mais lorsque McGonagall m'a parlé de la malédiction…

Hermione s'était tournée vers Severus :

—C'est la même que…

—Il y a de grandes chances, oui. Je ne suis pas omniscient, mais je ne connais pas plusieurs malédictions qui provoquent ce genre de symptômes.

—Le corps qui se momifie petit à petit… brrr, c'est horrible ! Je me souviens à quel point il semblait plus affaibli à chaque fois qu'il apparaissait en public, lorsque j'étais en sixième année. Il avait été atteint pendant l'été précédent, et tu avais réussi à lui donner un an de plus. Comment a-t-il pu te demander de le tuer publiquement, avec toutes les conséquences que cela a entraînées, après tout ce que tu avais fait pour lui ? N'aurait-il pas pu agir comme il l'a fait cette fois ?

—Pour lui, seule comptait l'issue finale de l'affrontement contre Voldemort, répondit-il en caressant machinalement le plumage écarlate de l'oiseau. « Et j'étais un élément clé de son plan. Il aurait fait n'importe quoi pour atteindre son but. Il était prêt à y sacrifier n'importe quoi, n'importe qui —après tout, il ne pouvait pas être sûr à cent pour cent que le fils de Potter s'en sortirait—, et jusqu'à sa propre vie. Et finalement, c'est ce qu'il a fait, les deux fois.

—Sa vie lui appartenait, mais je ne peux pas lui pardonner d'avoir disposé ainsi de celle des autres. Oh, je sais, tu vas me répondre que c'est une chose que tu avais acceptée depuis longtemps, que c'était ton choix et qu'il était normal que tu expies tes fautes, et j'en passe. Mais même si j'acceptais tes arguments, ils ne seraient pas valables dans le cas, pour ne citer que l'exemple le plus flagrant, de Harry, lui, son seul tort avait été de naître ! 'La mort est toujours un drame', je le cite, et il aurait préféré épargner Voldemort. Il regrettait même celle de Bellatrix… mais toi et Harry… je suis désolée Severus, mais c'est plus fort que moi, je n'arrive pas à lui trouver d'excuses.

Pour une fois, Severus s'était trompé. Cette fois encore, un professeur Snape allait enseigner à Poudlard pendant la scolarité de Harry Potter. Après le départ à la retraite d'Horace Slughorn, qui avait fini par la mettre devant le fait accompli, Minerva McGonagall, faute de candidats valables, avait, un peu avant la rentrée de 1981, fini par demander au jeune couple de la dépanner, le temps de trouver un remplaçant au vieux professeur. Hermione avait accepté le poste, à la condition que ses attributions se restreignent à ses horaires d'enseignement, et sans obligation de résidence à Poudlard. Severus lui avait proposé son aide pour la correction des copies, ce qui permettrait à la jeune femme de continuer son activité au sein du laboratoire de recherches qu'il avait créé avec Vitellius Stoke et Damoclès Belby.

Après avoir un moment hésité à entreprendre une formation de Guérisseuse, elle avait finalement choisi de travailler auprès de Severus et de ses deux associés. À leur contact, elle avait acquis, en peu de temps, une excellente formation de Potioniste, mais sans pour autant viser à son tour la Maîtrise. Malgré son goût pour les études, elle reconnaissait qu'elle n'avait pas ce ''quelque chose en plus'' qui tenait plus de l'instinct que d'une parfaite connaissance théorique ou technique, qui caractérisait son compagnon. Leur laissant la recherche de pointe sur les potions de guérison, elle avait choisi de suivre une voie quelque peu différente. Lorsqu'elle s'en était ouverte à Severus, il avait été plus amusé qu'autre chose, mais au final, il avait dû reconnaitre que son idée n'était pas si mauvaise.

Vitellius Stoke avait fini par abandonner sa collaboration avec des scientifiques moldus, bien trop rationnels pour accepter un jour la notion de 'potion magique', et qui, malgré leur efficacité, s'obstinaient à regarder ses 'tisanes' d'un œil condescendant. D'autant que lorsqu'ils essayaient de les reproduire, elles ne produisaient aucun effet. Par contre, il y avait un domaine, non médical, où la conquête de cette clientèle pouvait se faire, avec l'avantage supplémentaire que même si les formules en étaient éventuellement copiées, seuls les produits issus de leur laboratoire seraient véritablement efficaces, sans qu'aucun contrôle sanitaire ne puisse y déceler la moindre substance controversée.

Se souvenant du 'fond de teint' naguère créé par Severus pour camoufler la cicatrice de la marque infligée par Bellatrix sur son bras, elle avait développé, sous l'œil indulgent et, il fallait bien le reconnaître, légèrement moqueur, du moins au début, de ses collègues, un département 'phytothérapie et cosmétiques naturels' qui, ils avaient bien dû le reconnaitre, fonctionnait si bien qu'il en était venu à être l'une des principales sources de revenus de leur entreprise. Surtout depuis qu'elle l'avait étendu à un monde moldu de plus en plus féru d'authenticité. La gamme de produits 'sensation magique', qui comprenait infusions, soins de la peau et maquillage, après des débuts timides, s'arrachait maintenant comme des petits pains, aussi bien dans les boutiques moldues dans lesquels ils étaient proposés que dans leur officine du Chemin de Traverse.

Assise au milieu de ses collègues, à la table des professeurs, elle avait assisté à la répartition de son jeune 'double', qui cette fois, s'était retrouvée à Serdaigle. « Normal », avait ironisé Severus, Harry Potter n'aurait pas besoin de son aide, cette fois, pour déjouer les pièges du destin que lui avaient imposé Voldemort, une prophétie idiote, et Dumbledore, dans une autre vie.

Dans les années qui avaient suivi, Hermione avait assisté, avec un peu de nostalgie, à la création d'un nouveau 'trio d'or', notablement moins aventureux que celui dont elle avait jadis fait partie.
Harry avait été élevé conjointement par son parrain, Sirius Black, et sa marraine, Alice Londubat. Lui et Neville étaient déjà aussi proches que deux frères, et ils avaient noué une solide amitié avec Ron Weasley dès leur arrivée à Poudlard. Si les talents de Neville en Botanique et de Harry pour le Quidditch étaient restés les mêmes, la scolarité des trois compères s'était avérée somme toute assez ordinaire.

Hermione avait très vite compris, et, à sa grande confusion, partagé le point de vue de son ancien professeur de potions sur sa jeune version… Merlin ! Avait-elle vraiment été comme ça ? D'un autre côté, elle plaignait la jeune fille, qui ne paraissait s'animer qu'en classe. Solitaire, elle n'avait aucun ami, ses seuls 'camarades' se résumant à ceux qui avaient besoin d'elle pour les aider. Et en fait, réalisa-t-elle, mise à part l'adrénaline générée par leurs aventures, ce n'avait pas été très différent la première fois. Elle ne pouvait se permettre de devenir trop proche de son jeune 'double' et la seule chose qu'elle pouvait faire pour elle, était de la traiter mieux que ne l'avait fait Severus autrefois à son égard. Elle savait d'expérience qu'à cette époque de sa vie, obtenir l'approbation de ses professeurs était de toute façon la meilleure façon de la rendre heureuse.

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Epilogue

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La jeune préfète en chef étouffa un bâillement. Elle avait enfin achevé sa ronde et se dirigeait d'un pas fatigué vers la chambre individuelle qui lui avait été attribuée lorsqu'elle avait endossé sa nouvelle fonction. Les ASPICs approchaient à grands pas, et elle appréciait de plus en plus de ne pas avoir à supporter la promiscuité d'un dortoir d'adolescentes plus préoccupées par leurs hormones en ébullition que par leurs études. Un autre bâillement… mais pourquoi était-elle aussi fatiguée depuis quelques jours ? Certes, elle passait beaucoup de temps dans ses livres et l'anxiété suscitée par les examens tout proches l'empêchaient de se reposer autant qu'il l'aurait fallu pour être vraiment en pleine forme. Plusieurs fois, au cours des jours précédents, elle avait manqué s'endormir sur ses bouquins, dans la bibliothèque, s'attirant des regards narquois et des commentaires à mi-voix de ses voisins immédiats. Commentaires sûrement désobligeants mais elle s'en fichait. Dans un peu plus d'un mois, elle n'aurait plus à supporter tous ces crétins. Merlin qu'il lui tardait de quitter l'école et de commencer son apprentissage de Médicomagie ! Elle s'appuya soudain contre le mur. Un vertige l'avait faite trébucher.

—Miss Granger ? Quelque chose ne va pas ?

Elle leva les yeux vers la silhouette sombre qui s'était comme matérialisée à ses côtés. Comment faisait le professeur Snape pour être aussi silencieuse ? On ne l'entendait jamais arriver.

—Professeur ! Je… non, je vais bien. Juste un peu de fatigue. Les révisions…

—Regardez-moi ! La femme avait approché sa baguette, au bout de laquelle brillait un léger Lumos, de son visage. « Vous êtes blanche comme un linge, vous grelottez... Elle posa une main sur son front. « Et pourtant vous avez de la fièvre. Je vais vous accompagner à l'infirmerie !

—Comment ? Non ! Ça va aller, professeur, c'est juste un peu de fatigue.

—Ce n'était pas une suggestion miss Granger ! Suivez-moi. Vos livres pourront se passer de vous pour cette nuit !

—Épuisement nerveux ! Après avoir jeté un sort de diagnostic pour la forme (elle savait pertinemment de quoi elle 'souffrait'), Mrs Pomfresch avait indiqué un lit à la jeune fille. « Vous allez passer la nuit ici, poursuivit-elle en comptant les gouttes de la potion de Sommeil sans rêves qu'elle versait dans un verre d'eau. « Avalez ceci, jeune fille. Si tout va bien, demain, vous pourrez reprendre le chemin de votre chère bibliothèque !

Lorsque l'élève fut endormie, Minerva et Severus sortirent du bureau qui jouxtait le dispensaire.

—Nous devrions être fixés très vite. Je ne sais bien évidemment pas qu'elle heure il était au juste, j'avais d'autres préoccupations, mais il ne devait pas être loin de minuit. Il me semble avoir entendu l'horloge sonner onze heures, lorsque nous… Hermione déglutit. L'évocation de ce moment provoquait toujours, chez elle, même après toutes ces années, une réaction proche de la crise de panique. « Lorsque nous vous épiions, Voldemort et… toi, dans la Cabane hurlante.

Elle était là, et l'instant d'après, elle avait disparu. Seule l'empreinte légère de son corps témoignait du fait qu'elle avait été allongée là. S'ils n'avaient pas eu les yeux fixés sur le lit dans lequel était couchée la jeune fille, ils auraient eu du mal à croire qu'une telle chose ait été possible. Personne ne savait ce qui allait arriver en cette nuit du 2 mai 1998. Ils avaient fait des suppositions, bien sûr, mais aucun d'eux ne pouvait être vraiment sûr de rien. Cette disparition confirmait le fait que le passé, leur passé, avait bien été modifié, et que les actions d'Hermione ne les avaient pas fait basculer dans une dimension parallèle. Les yeux perdus dans ceux de Severus, elle manqua défaillir de soulagement. Sans jamais oser l'avouer à personne, depuis tout ce temps, elle était terrorisée à l'idée que l'homme qu'elle aimait puisse connaître, cette nuit-là, le sort qui avait été le sien vingt ans auparavant.

Le scénario s'était déroulé sans anicroche. Plusieurs élèves pouvaient témoigner qu'Hermione Granger n'était pas dans son état normal, depuis quelques jours, et la nouvelle de sa maladie, et de son retour provisoire chez ses parents, ne surprit personne. Elle était réapparue, pâle et amaigrie, la veille du début des ASPICs. Elle avait limité autant que possible les contacts avec ses condisciples, ne sortant de sa chambre que pour se présenter aux épreuves, et si certains l'aperçurent sur le quai la gare de Pré-au-Lard, le jour du départ pour les vacances d'été, personne n'aurait été capable de se souvenir de l'avoir croisée dans le train qui ramenait les élèves à Londres. Elle n'avait jamais été particulièrement sociable ou populaire, et si certains remarquèrent son comportement encore plus distant qu'à l'ordinaire, il fut mis sur le compte de sa maladie. Par la suite, personne n'entendrait plus jamais parler d'Hermione Granger.

Restée seule sur le quai, après avoir annulé le Glamour qui lui avait redonné pour quelques jours l'apparence de sa propre adolescence, et repris l'apparence du professeur Snape, Hermione se dirigeait vers la sortie de la gare lorsqu'une longue silhouette sombre se détacha du poteau contre lequel elle était appuyée. Le cœur de la jeune femme se mit à battre aussi fort qu'il l'avait fait vingt ans plus tôt, presque jour pour jour, lorsqu'elle posa les yeux sur l'homme qui venait maintenant à sa rencontre. Elle l'avait pourtant vu seulement deux semaines auparavant, mais ces deux semaines lui avaient parues interminables. Elle était heureuse qu'il soit venu la chercher, et c'est un grand sourire aux lèvres qu'elle se dirigea vers lui. La scène devait avoir ranimé en lui les mêmes souvenirs, et le temps sembla s'être de nouveau inversé, lorsqu'il murmura les mêmes mots.

—Tu m'as manqué !

Elle leva malicieusement les yeux vers lui.

—Manqué comment ?

L'homme en noir posa une main sur sa taille et l'attira à lui. Sa bouche se posa sur les lèvres offertes, et Hermione ferma les yeux, nouant ses deux bras autour de son cou, alors qu'il approfondissait son baiser. Quand ils s'éloignèrent enfin, à bout de souffle, Severus reposa son front contre le sien.

—Plus que jamais ! Souffla-t-il. « Il y a des choses, dont nous devons parler. Se rembrunit-il après l'avoir retenue un instant contre lui.

Hermione se raidit. Elle savait que cela devait être fait, et ils avaient tout prévu pour que les choses se passent le moins douloureusement possible. Mais refaire ces gestes, prononcer de nouveau ces mots lui paraissait une chose insurmontable. Elle ne lui en avait pourtant jamais parlé, se préparant à affronter une deuxième fois l'une des plus grandes épreuves de sa vie.

Lorsque Severus et elle s'étaient installés à Londres, ils n'avaient rien planifié. Au début, elle avait été heureuse d'apercevoir parfois ses parents, s'étonnant de leur jeunesse. Ils n'avaient après tout qu'à peine quelques années de plus qu'elle. Leur rencontre n'avait pas été préméditée, mais le hasard avait fait que petit à petit, de simple relation de voisinage, ils soient devenus bons amis, surtout après le départ de la jeune Hermione pour Poudlard. Elle les avait plus fréquentés au cours de ces années, que pendant toute sa scolarité, tout en prenant la précaution de ne pas se lier trop intimement à eux, ce qui aurait rendu les choses trop difficiles. Elle reconnaissait que c'était beaucoup plus que ce qu'elle avait pu espérer lorsqu'elle était retournée dans son passé, mais devoir répéter sur eux le sacrilège qu'elle avait commis tant d'années auparavant, et qu'elle ne s'était jamais pardonnée, lui brisait le cœur. Pourtant, cette fois, c'était pour leur éviter d'avoir à souffrir de la disparition de leur fille.

Severus les avait faits Transplaner directement dans le salon du manoir. Après un instant d'hésitation, il se lança.

—Tes parents ont déménagé. Commença-t-il abruptement. « Ils sont partis s'installer dans le sud de la France.

Hermione eut un brusque mouvement de recul.

—Tu… mais… mais je n'ai même pas pu leur dire au-rev… La tristesse se mêlait à la colère, mais c'est la première qui prit finalement le dessus, les larmes envahissant ses yeux. Et lorsqu'il la reprit contre lui, lui caressant les cheveux dans un geste apaisant devenu familier, elle s'abandonna.

—Shttt ! Ils ne t'ont pas oubliée, toi ! Murmura-t-il tout contre son oreille. Quelque chose l'alerta dans son ton, et elle releva brusquement la tête, soudain plus attentive. « Et cela ne m'étonnerait pas que tu aies bientôt l'occasion de les revoir. Poursuivit-il. « C'est mon grand-père qui s'est chargé de… enfin… Il ne voulait pas que tu puisses m'en vouloir de l'avoir fait sans te le dire. Tu avais beau insister sur le fait que c'était à toi de t'en charger, nous avions bien compris à quel point cela serait difficile. Il n'était pas nécessaire de t'imposer de le faire encore une fois. Tes parents ont soudainement trouvé l'opportunité qu'ils cherchaient depuis des années de réaliser leur rêve de pouvoir s'installer en France pour y terminer leur carrière et ensuite y passer leur retraite, dans une petite ville agréable de la côte ouest.

—De la côte… Ohhh !… Son visage s'illuminait à mesure qu'elle comprenait les implications de ce qu'il venait de lui dire.

—Oui ! Je t'ai dit que tu pourrais les revoir bientôt. Ils t'ont d'ailleurs déjà donné leur adresse, et espèrent notre visite lors de notre prochain séjour là-bas.

—Oh Severus, si tu savais combien je vous aime, toi et Tiberius ! J'avais peur de ne jamais pouvoir les revoir. C'est tellement simple et évident, pourquoi n'y ai-je pas pensé moi-même ?

—Peut-être parce que l'idée de devoir les Oublietter une seconde fois te perturbait tellement que ton esprit se refusait à réfléchir rationnellement lorsque tu y pensais ? Et à propos, je te remercie de m'avoir cité en premier. Pour un peu j'aurais presque pu être jaloux de mon grand-père.

—Idiot ! … … … « Mon adorable idiot ! Répéta-t-elle après qu'il ait libéré ses lèvres.

—A jamais !

Dans l'embrasure de la porte, Tiberius les regardait en souriant. Un doigt sur les lèvres, il repoussa Missy, qui venait annoncer le repas, et referma doucement le vantail.

FIN


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