Un nouveau chapitre pour me faire pardonner la loooongue attente !

Bonne lecture...


Harry hocha la tête un léger sourire amusé aux lèvres en imaginant parfaitement la matriarche faire la leçon à son fils...

- Je ne sais pas grand-chose de plus, hormis ce que Dumbledore a dit finalement. Maman a dit que c'était à toi de décider si je devais être mis au courant.

Harry lâcha un rire amusé. Telle qu'il la connaissait, Molly avait probablement ronchonné que son fils ne méritait pas d'en savoir plus. L'affection de Molly lui réchauffait le cœur, et il aurait aimé la serrer dans ses bras à cet instant…
Ron sentit ses oreilles chauffer et il devina sans peine qu'il rougissait.

- Je ne sais pas vraiment par où commencer en fait, Ron. Tu sais que Lily est une sorcière. Nous l'avons découvert après l'attaque des Mangemorts à Pré-au-Lard.
- Tu... Tu étais là-bas pendant l'attaque ?
- Nous y étions tous. Nous... Nous sommes partis en passant par la cabane hurlante. Le plus urgent était de mettre Lily à l'abri.

Ron jeta un bref regard vers la jeune fille aux côtés de son ami et fronça les sourcils. Elle était blottie contre Drago et avait les yeux fermés, comme si la conversation de la concernait pas. Mais il eut encore l'impression étrange de la connaître. Pourtant, il était catégorique : il ne l'avait jamais vu auparavant.
Il acquiesça, pour une fois heureux que Harry n'ait pas décidé de jouer les têtes brûlées.

- Lily a... Je ne sais pas trop comment expliquer. Elle a fait apparaître un bouclier. Juste avant ça, nous avons croisé un sorcier qui semblait la connaître. Nous sommes donc revenus à Poudlard et nous avons cherché dans les albums scolaires.
- Les albums scolaires ?
- Nous avons pensé que Lily pouvait ressembler à ses parents, comme moi je ressemble à mon père. C'était juste une hypothèse.

Harry se tut un instant, rassemblant ses idées. Ron, sourcils froncés, réfléchissait.
Avant qu'Harry ne reprenne, Ron se leva brusquement, dévisageant Lily. Harry le regardait un léger sourire aux lèvres, devinant sans peine que le rouquin avait enfin compris.

- Mais... Comment est-ce possible ? Elle ressemble à ta mère !
- Ça c'est parce que Lily est ma sœur jumelle.

Ron se laissa lourdement retomber dans le fauteuil derrière lui en se passant la main dans les cheveux, visiblement choqué.
- Ta sœur... à Serpentard ?
- Je t'annonce que j'ai une sœur jumelle et c'est la première chose qui te vient à l'esprit ?

Ron se mit à rire, plus détendu.
- Désolé mec. L'habitude je pense.
- Si tu veux tout savoir, le Choixpeau lui a dit exactement la même chose qu'à moi. J'ai choisi Gryffondor et elle Serpentard.
- Tu... Tu aurais pu aller à Serpentard ?
- Et oui !

Ron secoua la tête l'air abasourdi.

- Enfin. A Noël, j'ai reçu... l'héritage de mes parents. Un dossier qui me révélait l'existence de Lily. Au passage, Severus Rogue est son parrain.

Le rouquin grimaça. Puis sous le regard narquois de Drago, il se reprit.
- Ton héritage ? Mais pourquoi ne l'as tu pas reçu plus tôt ?
- Parce qu'ils ont demandé à ce qu'il me soit remis au premier Noël suivant la mort de Voldemort.
- La mort... La première fois il n'était pas mort, juste affaibli. C'est ça ?
- Voilà. C'est pour ça que Lily est restée cachée chez les moldus privée de ses pouvoirs.
- Mais... Comment a t'elle récupéré ses capacités ?
- Nous ne savons pas vraiment. Il semblerait que des émotions fortes aient été le déclencheur.

Harry eut un léger sourire tandis que Drago semblait gêné et que Lily rougissait. Maintenant qu'il savait qui elle était, Ron voyait la ressemblance entre le frère et la sœur. Il devina sans peine que la phrase d'Harry comportait un sous entendu qu'il n'était pas en mesure de comprendre, et qui concernait Drago Malefoy.

Pendant tout le temps des explications, Ron avait soigneusement évité de regarder en direction d'Hermione, blottie sur les genoux de Blaise Zabini. Quand elle prit la parole, il rougit légèrement, ne sachant pas où poser son regard.

- Pourquoi Ginny a-t-elle fait ça ?

Ron haussa les épaules.

- Je ne sais pas trop en fait. Elle avait l'air de s'être un peu calmée même si elle était furieuse que tu l'aies quitté.
- Je l'ai quitté pour une très bonne raison, Ron. Sa jalousie maladive et ses crises de colères...
- Je sais, je sais...

Le silence retomba sur le petit groupe, Ron digérant les informations qu'il venait de recevoir. Harry semblait attendre quelque chose alors que Lily - sa sœur donc - semblait indifférente à la discussion.
Le rouquin fronça les sourcils soudainement.

- Pourquoi ?

Harry esquissa un demi-sourire.
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi les Mangemorts sont après elle ? Tu as tué Voldemort non ?

Le sourire d'Harry s'agrandit comme s'il avait attendu précisément cette question.
- Apparemment ils veulent utiliser Lily pour faire revenir Voldemort.

Lily observait Ron Weasley entre ses cils depuis qu'ils s'étaient installée dans la salle commune des préfets. Confortablement blottie dans la chaleur de Drago, elle essayait de se faire une opinion sur cet étrange garçon qui venait de lui sauver la vie.

Elle décida qu'elle ne l'aimait pas vraiment. Probablement par le dédain qu'il avait montré envers sa maison. Mais comme Drago le lui avait dit, il était le meilleur ami de son frère.

Aussi elle ne disait rien, s'obligeant à garder une neutralité totale face au réaction du Gryffondor.
Elle devait reconnaître qu'il n'était pas complètement stupide puisqu'il avait réussi à poser les bonnes questions.
Elle devait cependant le remercier de lui avoir sauvé la vie sans hésiter. Il s'était interposé sans hésitation pour l'aider alors que l'agresseur était sa propre sœur. Lily n'était pas certaine de pouvoir s'opposer à Harry même si elle le devait. Et pourtant, ils ne se connaissaient que depuis quelques mois...

Lorsqu'Harry annonça qu'elle devait être l'instrument du retour de Voldemort, elle sentit son regard sur elle et ne put résister à l'envie de déposer un léger baiser sur les lèvres de Drago.
Ron émit un léger son étranglé et Lily sentit les lèvres de Drago s'incurver en un sourire moqueur sur les siennes. Il avait parfaitement compris.
Harry se gratta la gorge à leurs côtés, et Lily sourit en s'écartant de Drago. Harry aussi avait compris qu'elle avait voulu choquer le rouquin.

Elle lui devait certes la vie, probablement en tous cas, mais elle ne lui devait rien de plus qu'un remerciement après tout.

Ils n'eurent pas le temps d'entamer à nouveau la conversation, que ce soit pour des remerciements ou des explications. La porte de la salle commune s'ouvrit sur Dumbledore qui semblait légèrement inquiet. Il était suivi de Severus Rogue et Ron se renfrogna aussitôt.

- Personne n'est blessé à ce que je vois ?

Si la question était purement rhétorique, personne ne loupa l'air inquiet de Dumbledore ainsi que l'air furieux de Rogue. Ce dernier ne se détendit légèrement que lorsque Lily lui adressa un sourire rassurant.
Il prit la parole, ne montrant rien de sa colère.
- Il va sans dire que Miss Weasley est d'ores et déjà renvoyée de Poudlard.

Il fixa Harry un instant, attendant probablement des protestations. Harry aurait protesté à une époque. Après tout, Ginny était une Gryffondor, la petite sœur de son ami, son amie, son ex-copine. Il avait eu beaucoup de liens avec elle, mais... il ne pouvait pas la défendre, pas après qu'elle ait jeté un sort aussi dangereux - mortel même, lui susurra une petite voix dans sa tête - sur Lily. Que Lily soit sa jumelle ne changeait rien : elle avait tenté de tuer quelqu'un, un autre élève.

Ron soupira, mais ne protesta pas. Sans doute prenait il conscience que sa sœur n'était pas défendable.

Dumbledore prit la parole à son tour inhabituellement grave.
- Il faut également que vous sachiez que Miss Weasley a avoué avoir jeté le sort de magie noire qui a blessé Monsieur Malefoy.

Ron hoqueta et Hermione émit un léger reniflement qui pouvait aussi bien marquer la surprise que la confirmation d'un soupçon qu'elle aurait eu.
Ils échangèrent des regards surpris et ce fut Hermione qui posa la question que tout le monde se posait.
- Mais pourquoi a-t-elle fait ça ?

Rogue eut un rictus sarcastique.
- Jalousie. Il semblerait que Miss Weasley se soit persuadée que Miss... Dupont ait été la cause du soudain désintérêt de Monsieur Potter envers sa petite personne. De plus, il semblerait qu'elle ait été informée que Monsieur Potter et Monsieur Malefoy profitaient tous les deux des... faveurs de Miss Dupont.

Lily retint machinalement Drago en le sentant se tendre, pesant un peu plus sur ses genoux. Harry semblait lui aussi furieux, mais la jeune fille décida qu'il ne semblait pas prêt à faire quelque chose de stupide, pas sur le moment en tous cas.

- Et qu'est ce qui lui a fait penser ça ?

Finalement, elle ne connaissait pas encore suffisamment son frère visiblement. Son ton calme et tranchant contrastait avec son regard dur. Il était enragé. Elle tendit la main et la posa sur son bras, en une invite muette à se calmer, espérant qu'il ne viendrait pas à l'idée des deux garçons qui l'entouraient de se décider en même temps à faire quelque chose de stupide. Comme agresser quelqu'un.
Parce qu'à voir l'air vaguement nauséeux de Ron Weasley face à elle, elle devinait sans peine d'où sa sœur avait tiré ses conclusions.
Elle remarqua que Blaise tenait fermement Hermione, qui avait l'air furieuse et prête à bondir. Et à voir les regards assassins qu'elle lançait à son ex-copain, elle avait elle aussi deviné.

Ron se gratta la gorge d'un air gêné et dit d'une petite voix.
- Il est possible que ce soit à cause de moi.

Lily n'arriva pas à déterminer si Ronald Weasley était incroyablement idiot ou incroyablement courageux. Bien qu'elle pencha pour la première hypothèse.
Trois regards absolument furieux se braquèrent sur lui. Severus Rogue, Drago et Harry semblaient prêts à se jeter sur lui et à le torturer - probablement lentement et douloureusement. Hermione semblait plus raisonnable mais son regard promettait des explications houleuses.

Harry reprit la parole, toujours de son ton glacial.
- Quoi ?

Ron reprit, la voix légèrement tremblante mais l'air décidé. Et Lily trouva finalement qu'il y avait une sorte de courage stupide en lui.
- J'ai entendu votre dispute et... j'en ai parlé à Ginny. Je ne comprenais pas ce qui se passait, et... J'en ai parlé avec ma petite sœur pour qu'elle me donne son avis. Mais elle m'a juste dit qu'il y avait une explication. Elle était calme.

Harry grogna d'un air agacé. Lily raffermit sa prise sur Drago, en lui jetant un bref coup d'œil. Elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en voyant que son presque petit-ami et son frère s'étaient érigés en protecteurs de sa vertu et étaient furieux.

Elle soupira et prit la parole.
- Oh voyons ! Elle cherchait juste une excuse pour s'attaquer à... nous. La première attaque a eu lieu bien avant cette stupide dispute !

Trois paires d'yeux incrédules se posèrent sur elle. Elle sentit les muscles de Harry se relâcher sous ses doigts. Drago restait furieux, mais il ne semblait plus prêt à égorger Weasley à coup de dents. Parfait.

Un coup d'œil sur son parrain la fit grimacer. Il regardait Ron comme s'il était une catégorie particulièrement répugnante d'insecte, et affichait une grimace écœurée. Dumbledore semblait observer les réactions de tout le monde, restant totalement passif.

L'aide lui vint d'Hermione.
- Lily a raison. Ginny aurait de toutes façons trouvé une excuse. Même si... rapporter une conversation entendue n'est généralement pas une bonne idée. Surtout quand on ignore ce qui se passe.

Ron s'empourpra, ouvrit la bouche et la referma violemment.
Lily sourit discrètement, se disant que finalement il n'était peut-être pas totalement stupide.

Dumbledore se gratta la gorge attirant l'attention sur lui.
- Compte tenu des circonstances, nous avons suspendu les cours pour la journée. Je vous conseille vivement de rester ici pour l'instant. Monsieur Weasley, vos parents viendront chercher votre sœur d'ici une heure. Si vous voulez leur parler, passez à mon bureau.

Ron hocha vaguement la tête.
- Ça ira Monsieur.

Dumbledore regarda à nouveau ses élèves d'un air pensif. Il n'était pas certain de vouloir les détails qui avaient poussé Ginny Weasley à en arriver à de telles extrémités, mais il se demandait quand même comment il avait pu laisser échapper de son contrôle les événements qui avaient conduit à ce drame.