Bonjour,
Voilà une semaine est passé et comme promis on se retrouve pour un nouveau tête à tête entre Kanon et Rhad'. J'espère que vous aimerez l'évolution de ce chapitre. Dites-nous ce que vous en avez pensé ? Moi je trouve que Sam les faits vraiment bien.
Biz à bientôt Craft.
Prochain rendez-vous : samedi 14 décembre
Jeudi 12 Décembre.
Même si le premier rendez-vous était pour aujourd'hui, ils s'étaient quand même vus le mardi d'avant dans un bar et s'ils avaient beaucoup bu pour un jour de semaine, ils s'étaient aussi drôlement amusés. Et voilà que là, aujourd'hui comme prévu depuis une semaine, ils remettent ça et Rhadamanthe est vraiment bien là, au côté de ce Bleuté qui le fait rire et toujours penser à autre chose.
Comme l'a déjà relevé le mois dernier ce Blond, il n'y a que les invitations du Gémini qu'il accepte sans rechigner et tout ça pourquoi ? Parce que c'est facile et sans aucune complication pour lui.
Après trois bières et deux verres de vodkas, les deux hommes sont sur le trottoir après avoir été déposé par le métro et rentre chez eux non sans entendre l'une des énièmes histoires de Kanon.
_ On est bientôt arrivé chez moi, tu veux monter ? Interroge ou plutôt clame le Doré en sortant déjà son pass. On va se boire un dernier verre avant de redevenir des hommes droits et sans problèmes.
_ Je veux bien mais j'te promets pas de n'en boire qu'un seul, assure le Bleuté en suivant le plus grand derrière ses lourdes portes et dans l'ascenseur.
L'un à côté de l'autre, la conversation tranquille revient sans soucis jusqu'à ce qu'un flash lumineux frappe l'esprit de Kanon de plein fouet.
Là, il va de nouveau entrer dans cet appartement qu'il aime tant puisqu'il s'agit de celui de son coup de foudre secret et pouvoir en découvrir toujours un peu plus –comme une photo ajoutée ou un cadre bougé de place-, le réjouit d'avance. Il aime passer du temps là-bas même si généralement ça ne dépasse pas l'heure.
Essayant de calmer son cœur au mieux, il marche dans les pas du plus âgé et si les portes de cet appartement s'ouvrent devant lui, il retient sa respiration avant d'obéir aux ordres donnés et de s'avancer dans le salon après s'être déchaussé.
Assis dans le canapé, il récupère le verre que Rhadamanthe lui tend et assis sur le même siège, la discussion continue de plus belle.
_ J'aime vraiment cet appart'… le mien est tellement banal comparé au tien. Souffle Kanon en continuant de regarder autour de lui. …Oh, j'peux donner à manger à tes poissons rouges ? Interroge-t-il en s'approchant déjà des animaux et de leur nourriture.
_ Ce ne sont pas des poissons rouges mais des Néons bleus, je te le dis toujours. Rectifie Rhadamanthe en regardant faire ce Bleuté.
Les poissons appartiennent à ses enfants mais le plus souvent il est le seul à s'en occuper et à regarder après eux, sauf quand le Gémini est là. Il ne sait pas pourquoi mais dès la première fois, Kanon a mis son nez à l'aquarium et s'en est occupé.
En y repensant c'est assez drôle mais ça lui plaît de le voir agir à sa guise dans cet environnement. Continuant de le suivre du regard, Rhadamanthe prend une gorgée de ce whisky entouré de glaçons et le voyant descendre son verre d'une traite, il est étonné mais ne dit rien.
Ensuite, Kanon glisse dans le fauteuil non loin de là et laisse son regard passer des poissons à ce Blond. …En pleine réflexion, il mord de temps à autre sa lèvre puis, revient vers ce Doré comme une rengaine déjà connue.
_ Tu sais Rhadamanthe, je t'aime vraiment beaucoup, avoue ce Bleuté à cause de l'alcool ingurgité et parce que ce frisson que l'autre lui provoque ne disparaît pas. Ce soir, il veut se confier. Se confesser.
_ Moi aussi, c'est la première fois que je m'entends aussi bien avec quelqu'un, répond le concerné dans un rictus.
_ On parle pas de la même chose là. …Moi j'te dis que je t'aime beaucoup…, comme, tu sais, soupire le Gémini en resserrant ses doigts pour former des poings sur ses cuisses. Comme une femme aime un homme, continue néanmoins Kanon pour que l'image de Rhadamanthe ne soit plus faussée.
Les sourcils froncés et sûrement un peu sous le choc au fil des minutes, Elision commence à se crisper et à dessoûler.
Il connaît les préférences de ce Bleuté depuis assez longtemps maintenant et cela ne l'a jamais gêné mais avec ces mots, il ne sait plus quoi penser. Jamais un autre homme ne s'est confessé à lui et peut-être même que l'autre se trompe de cible à cause de l'alcool. …C'est une possibilité à envisager.
Le silence continue de s'installer entre eux puis, une main recoiffe des mèches Blondes pour se donner contenance et reprendre la parole.
_ Est-ce que tu es assez sobre pour te rendre compte de ce que tu dis ou non ? Questionne Rhadamanthe comme un début d'explication.
_ Malheureusement oui, dit le Bleu, les poings toujours serrés et attendant d'être mis à la porte et rejeté comme il se doit. Je t'aime depuis quasiment le début, avoue ou presque ce Bleuté maintenant qu'il est parti. J'aime tout chez toi, ton sourire, ta façon d'être, je me sens bien…, je suis heureux.
_ Ok…, je- je suis sûrement flatté, un homme ne m'avait encore jamais dit ça alors je ne sais pas quoi dire d'autre mais…, merci…, je suppose…, marmonne le Doré plus gêné qu'autre chose à présent.
_ ça doit te faire un choc c'est normal, mais j'aimerais que tu me rejettes proprement maintenant parce que sinon, je continuerais de croire des choses. Explique Kanon les lèvres serrées, le regard peiné mais le corps encore bien droit et solide.
_ Qu'est-ce qui se passera si je le fais ? Veut savoir le Blond qui se lève dans l'unique but de pouvoir s'occuper un peu et faire quelque chose, tout simplement.
_ Je pense qu'on arrêtera de se voir tout simplement. Ça serait vraiment trop dur à supporter après tous ces mois à me taire, assure le Gémini en continuant de laisser son regard voguer sur son aîné de quelques mois. En sentant son cœur craqueler petit à petit.
_ Alors désolé mais j'vais pas pouvoir faire ça. Annonce vivement le Publicitaire qui comprend la situation mais ne l'accepte pas. Il aime passer du temps avec ce Bleu, l'entendre raconter des histoires ou parler de son boulot. A l'instant, il ne peut pas le laisser partir aussi facilement, il adore son amitié avec lui. Pourquoi ne pourrait-on pas rester amis ?
_ Je te l'ai dit, être ami avec une personne que t'aime c'est…, compliqué et je crois que j'ai passé l'âge des histoires compliquées, non ? Répond franchement Kanon qui supporte de moins en moins cette situation qu'il a instaurée sans le vouloir. Je ne veux pas devoir marcher sur des œufs avec toi.
_ Alors t'aurais pas dû courir après un mec divorcé et papa de deux enfants, suppose Rhadamanthe qui est dans le vrai.
_ Tu as raison…, je n'aurais pas dû. Je suis désolé de t'avoir mis dans cette position Rhadamanthe. S'excuse maintenant l'Éditeur qui se lève pour rejoindre la sortie et prendre l'air. Il a besoin de respirer et d'enlever ce poids qui pèse sur sa poitrine. Pourrais-tu me rejeter maintenant ? Clame-t-il à la sortie du salon.
_ Non… . Et tu ne me laisses même pas une chance d'y réfléchir. Grogne maintenant le propriétaire des lieux qui aimerait avoir le choix.
_ Tu n'es même pas homo, tu n'as rien à réfléchir. Constate de fait le Bleuté qui a raison sur tous les points.
_ Laisse-moi au moins envisager la possibilité. Ordonne le Doré en accrochant le bras de l'autre avec fermeté. Si je ne peux plus être ton ami, laisse-moi réfléchir à l'idée d'être ce que tu veux.
_ S'il n'y a pas d'amour au départ, il n'y en aura pas à l'arrivée, tu sais ? Toutes les amitiés ne se transforment pas en amour pour tout le monde. Proteste Kanon qui essaie de se libérer de la prise de l'autre.
_ On peut bien vérifier si tu m'embrasses, non ? C'est ce que tu veux non ? M'embrasser, alors fait-le et je te dirais si tu me dégoûtes ou non. Peste maintenant l'Elision comme un dernier recours pour ne pas perdre ce Bleuté auquel il tient beaucoup.
_ Tu l'auras voulu abruti, alors ne m'en veut pas d'accord !
La chose demandé, Kanon ne se dégonfle pas et attrape la tête de son interlocuteur pour plaquer sa bouche à la sienne et pour débuter un baiser des plus vivaces.
La barrière des lèvres est rapidement franchie et si leurs langues s'entremêlent déjà, Rhadamanthe a dû mal à suivre au début. Non pas du mal, il ne fait rien jusqu'à ce que prit par l'alcool ou autre chose, il pose ses mains sur les hanches du Bleu et le ramène un peu plus à lui pour mettre plus d'entrain au baiser.
Pas préparé à cela, l'Editeur se débat puis recule pour inspecter ce père de famille qu'il essaie de dépraver.
_ Désolé mais je n'ai pas détesté. Analyse Rhadamanthe, ce baiser au goût d'alcool. Laisse-moi y réfléchir.
Les lèvres mordues autant que ses sourcils froncés, Kanon ne comprend pas ce que l'autre lui veut de plus. Il lui brise déjà le cœur, n'est-ce pas suffisant ? Que peut-il y avoir de pire ? …Rien, il en est certain.
Exaspéré par ça et la situation, il fait un nouveau pas en arrière et ses chaussures remises, il se tourne une dernière fois pour cracher sa phrase.
_ … …Fait comme tu veux mais je n'attendrais pas éternellement.
Après ça, Kanon part le plus vite possible et descend l'immeuble dans la seconde. Une fois sur le trottoir gris et désert, il tente de prendre plusieurs respirations mais rien à faire, ses larmes finissent finalement par couler et s'il se sent minable, il a hâte de rentrer chez lui et de dormir. Hâte d'oublier sa connerie et cette soirée qui avait pourtant bien commencée.
…Il le sait pourtant, il aurait dû se taire.
Dans l'appartement, Rhadamanthe a laissé partir son ami et s'est laissé tomber dans son canapé. Il essaie de remettre la situation en ordre mais c'est compliqué. Il n'a pas ressenti de dégoût particulier face aux sentiments de ce Bleuté et n'a même pas détesté ce baiser qu'il testait pour la première fois. Le truc, c'est qu'il a toujours considéré Kanon comme un ami alors que lui le trompe depuis longtemps, s'il croit ce que l'autre lui a dit. C'est sûrement ça la colère qu'il ressent. Avoir été trompé pendant plusieurs mois, pas la déclaration en elle-même. …Ce Blond aurait aimé que l'autre soit un peu plus honnête envers lui et en même temps, il ne peut pas lui jeter la pierre. Se confesser et de surcroît à un autre homme ne doit pas être facile. …Ha bon sang, il est perdu !
