Pour fêter dignement la nouvelle année, et vous remercier de me suivre, voici un nouveau chapitre de Retour à Poudlard !

Bon réveillon à tous et bonnes fêtes de fin d'année.

Lili.


Dumbledore regarda à nouveau ses élèves d'un air pensif. Il n'était pas certain de vouloir les détails qui avaient poussé Ginny Weasley à en arriver à de telles extrémités, mais il se demandait quand même comment il avait pu laisser échapper de son contrôle les événements qui avaient conduits à ce drame.

Une élève brillante ne pouvait pas d'un coup se métamorphoser en folle furieuse. Les actes de la jeune fille avaient été dénués de raison, effectués sous le coup de la rage apparemment. Pas juste une bouffée de colère soudaine, plutôt une colère froide qui s'était accumulée au fil des jours jusqu'à ce qu'elle planifie une agression en plein couloir. L'attaque avait été préméditée, sans le moindre doute.
Ginny Weasley avait combattu aux côtés de l'ordre du Phénix et malgré un tempérament emporté, elle avait prouvé qu'elle était capable de se maîtriser. Et malgré toutes les raisons qui auraient pu la mener à bout pendant la guerre, elle n'avait jamais été aussi loin face à des Mangemorts qui avaient tué et torturé…

Dumbledore savait que la jeune fille avait hérité du tempérament parfois fougueux de sa mère, du côté colérique des Prewett mais elle avait également appris à réfléchir avant d'agir.
La jeune fille qu'il connaissait ne se serait jamais attaqué à une élève dans un couloir et elle n'était également pas du style à utiliser de la magie noire. Elle ne venait pas d'une famille habituée à apprendre ce type de magie en premier lieu. Le règne de Voldemort lui avait appris le dégoût de ces sorts cruels et dangereux, et elle n'aurait jamais dû avoir accès à l'apprentissage d'une telle Magie.

Le vieux sorcier n'avait pas besoin des dons de voyance de sa chère collègue Sibylle pour deviner qu'il se cachait quelque chose d'étrange sous cette histoire. D'étrange et d'anormal.

Severus Rogue n'avait pas d'affection particulière pour les Weasley. Il n'avait rien eu à redire des deux plus âgés, même si Charlie Weasley avait un sens de l'humour légèrement douteux. Il n'avait jamais aimé Percy, beaucoup trop obséquieux pour être honnête.

Les jumeaux Weasley avaient été son cauchemar personnel pendant des années. Il avait du subir leurs plaisanteries idiotes et ils avaient été à l'origine de la disparition de nombreux ingrédients dans sa réserve personnelle. Il n'avait jamais pu les coincer, tout en sachant pertinemment qu'il s'agissait d'eux.
Ronald Weasley était dépourvu du caractère d'initiative de ses aînés, et se contentait de suivre ses amis. Il n'était pas doué, ni vraiment mauvais. Il se contentait d'être paresseux... et encore, il supposait que l'influence de la Miss-je-sais-tout lui permettait d'avoir des résultats moyens. Il n'avait même pas l'excuse de Potter d'être la cible du Seigneur des ténèbres. Ron était un suiveur. Rien de plus.
Ginny Weasley était plus caractérielle que ses frères. Il devinait sans peine que d'ici quelques années elle deviendrait aussi effrayante que la matriarche Weasley. Les colères de Molly Weasley étaient célèbres et même lui s'en méfiait. Il ne l'avouerait pas mais il était plus exact de dire qu'il craignait Molly Weasley quand elle se mettait réellement en colère.
Arthur était un brave homme, peut être un peu trop confiant et nonchalant, voire naïf. Mais l'homme était honnête et il appréciait travailler avec lui.

Aussi, il ne dirait pas un mot pour empêcher le renvoi de la benjamine Weasley, mais il se posait la question de savoir si elle était bien la seule coupable. Cette fille était plus du style à frapper comme une moldue ou à lancer des sortilèges de chauve-furie plutôt que de se mettre à la magie noire. L'attaque qui avait eu lieu avait nécessité une longue et patiente préparation, bien loin d'un coup de sang colérique.

Il jeta un bref regard à Drago, se promettant de lui parler au plus vite pour qu'il ne relâche pas sa vigilance... En pensant ça, il se souvint du vieux Fol'Oeil et ses "vigilance constante". Il renifla, agacé de voir qu'il était suffisamment inquiet pour sa filleule pour qu'il ait beaucoup de mal à se concentrer.

Lily avait prit une bien trop grande importance dans sa vie, elle ressemblait beaucoup trop à sa mère pour sa santé mentale. Elle avait hérité de traits de caractères de James - et de ses yeux - mais il lui semblait qu'il avait tellement haï son frère qu'il ne parvenait plus à trouver de raisons de s'éloigner d'elle.
Une bouffée de honte le submergea en se rappelant la façon dont il s'était comporté. Il avait tellement insisté sur la ressemblance de Harry avec James, qu'il s'était convaincu qu'il martyrisait le fils pour les péchés du père. Il lui avait fallu se trouver aux portes de la mort pour se rendre compte de ce qu'il avait fait.
Il n'avait jamais été un professeur pédagogue, compatissant ou... gentil. Mais il n'avait jamais haï et insulté un élève comme il l'avait fait avec Potter. Même Londubas, alors qu'il n'était qu'un fichu incapable, n'obtenait pas autant de mépris bien qu'il se transforme en gelée tremblotante au premier haussement de voix.

Juste avant que Fumseck ne vienne le ramener à la vie, il avait compris. Ce n'était pas Potter qu'il détestait. Il y avait bien longtemps que penser à James Potter ne le rendait plus autant brûlant de rage. Par contre, une chose n'avait pas changé. Sa culpabilité.

Durant toutes ces années, il était devenu aigri. Il avait cultivé avec soin sa culpabilité, le faisant devenir amer et mauvais. Il s'était forcé à ne jamais oublier que ses actes avaient conduit à la mort de Lily. Il avait perdu la seule femme qu'il avait aimé uniquement par ses erreurs.
Toutes ces années, il avait ressassé sans arrêt qu'elle était morte sans lui avoir accordé son pardon, sans savoir qu'il avait regretté et qu'il avait tenté de la - de les - sauver.

Bien sûr, il n'allait pas soudainement devenir un fan de Potter. Le gamin était bien trop irresponsable, du style à foncer sans se préoccuper des conséquences. Mais il avait appris à lui trouver des qualités même s'il ne s'en vantait pas.

Il soupira en se demandant pourquoi, dès que la progéniture Potter était impliquée, tout tournait fatalement à la catastrophe...

Dire qu'Harry était furieux était un euphémisme. Il était même enragé.
Il avait pu passer au dessus de beaucoup de choses, mais il lui semblait qu'il avait atteint ses limites. Il songea avec une pointe de tristesse qu'il aurait du mal à faire de nouveau confiance à Ron. Ils avaient traversé tellement de choses ensemble qu'il pensait que leur amitié serait éternelle. Que Ron ne le trahirait jamais.
Mais il s'était trompé. Et maintenant les choses avaient l'air endommagées pour de bon.

L'objet de sa rage n'était pas vraiment Ron pour autant. Ron... Et bien il était égal à lui même. Il était peu sûr de lui, maladroit, emporté. Parfois un peu idiot, mais pas vraiment méchant.

Non. Le problème était encore une fois Ginny.
Il l'avait vue grandir, avait subi son admiration avec beaucoup de gêne. Mais elle était la sœur de Ron. A un moment, il s'était dit qu'il pourrait appartenir à cette formidable famille. Devenir un Weasley grâce à Ginny.
Ginny avait pris en main l'armée de Dumbledore quand il était parti à la chasse aux horcruxes. Et elle s'était montrée brillante. Courageuse et volontaire.
C'est à ce moment qu'il avait commencé à ressentir cette sensation, comme s'il avait le ventre plein de papillons en sa présence.

Il avait pensé qu'il allait mourir, alors, il l'avait embrassé pour se donner chance.

Contre toute attente, il avait survécu. Il s'en était sorti, alors qu'il pensait ne pas survivre. Et encore dopé à l'adrénaline, il avait attrapé Ginny et il l'avait embrassé à nouveau. Son geste avait scellé leur relation.

Il se demandait à quel moment les choses avaient changé. Quelques semaines après la victoire déjà, il avait dû batailler avec elle. Elle avait tenté de lui ordonner de ne pas témoigner pour Malefoy. Mais Harry en avait assez que tout le monde lui dise quoi faire. Lui il savait que c'était injuste de laisser Drago Malefoy être accusé pour quelque chose qu'il n'avait pas voulu.
Ça avait été leur première vraie dispute. La plus violente également.

Contrairement à son habitude, Harry n'avait pas cédé. Il n'avait pas crié. Il était resté calme. Détaché.

Quand les choses avaient menacé de devenir incontrôlables, il avait commencé à faire sa valise. Et Ginny s'était calmée, miraculeusement.

Suite à cet incident, tout avait changé entre eux. Harry se rendait compte que son amour n'était peut être qu'une illusion. Mais il l'appréciait vraiment. Les disputes suivantes l'agacèrent plus qu'autre chose. Il avait appris à choisir ses batailles, aussi la plupart du temps, il laissait Ginny faire ce qu'elle voulait.

Quand elle avait commencé à lui hurler dessus pour qu'il récupère "la moldue de ce fichu Mangemort", il avait senti la colère gronder en lui. Il avait ignoré les remarques acerbes de Ginny, avant de craquer et de lui dire qu'il ne ferait rien.
Quand Ginny l'avait mis au pied du mur, il n'avait pas hésité. Et il s'était vite rendu compte que Ginny ne lui manquait pas vraiment. Elle n'avait été qu'un rêve, celui de fonder enfin la famille qui lui avait tant manqué, et la réalité s'était montrée cruellement différente.

Bien entendu, il s'attendait à une riposte. Ginny Weasley n'était pas le genre de fille à accepter être ignorée ou mise à l'écart. Quand il la sentait dans son dos, il s'attendait à recevoir un sortilège de Chauve-Furie. Mais pas à ce genre de réaction.
Pas à une attaque de Magie Noire. D'ailleurs depuis quand Ginny avait-elle des connaissances en Magie Noire ?
Pas à une attaque potentiellement mortelle si le sort avait touché Lily ou Drago. Ou même lui.
Elle qui pendant la guerre répugnait à lancer un sort plus violent que le Stupéfix ou que l'Experlliamus...

C'est pourquoi, malgré toute sa colère, Harry sentait qu'il y avait quelque chose qui n'était pas clair dans cette histoire.

Le professeur Dumbledore regarda les élèves moroses devant lui. Puis il soupira tristement.
- Bien, jeunes gens. Reposez-vous et restez ici s'il vous plaît.

Rogue grogna légèrement, probablement sa version du "Reposez-vous".

Une fois seuls, ils se regardèrent tous. Puis, Hermione se désintéressa des autres en se blottissant contre Blaise et en fermant les yeux. Mais Harry ne fut pas dupe. Il la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle était malgré tout attentive à ce qui se passait autour d'elle.

Ron, rouge et gêné, essayait d'éviter les regards de tout le monde.

Lily sourit en se collant un peu plus contre Drago, ignorant le coup d'œil de Harry.
- Merci Ronald.

Le rouquin se raidit mais hocha la tête. Harry lui offrit un sourire lumineux que la jeune fille lui rendit.
Drago enlaça plus étroitement la jeune fille, plongeant son nez dans son cou un instant. Puis il leva ses yeux gris sur Ron.
- Crois-tu que ta sœur était sous Imperium ?

Ron ouvrit de grands yeux surpris.
- Sous Imperium ? Pourquoi sous Imperium ?
- Depuis quand on apprend la Magie Noire chez les Belettes ?

Harry croisa les bras en se laissant aller en arrière, attentif. Ron s'empourpra prêt à se mettre à hurler, il ouvrit la bouche puis la referma violemment en comprenant les implications de ce que Drago venait de lui dire.
- Tu... Tu crois qu'elle était sous Imperium ?

Hermione intervint.
- C'est impossible que ce soit l'Imperium. Ginny a changé mais elle n'avait pas cet air absent qu'ont les victimes de ce maléfice.

Ron tourna un regard furieux vers elle, oubliant qu'elle était sur les genoux de Blaise.
- Donc ma sœur selon toi est une adepte de magie noire ?

Hermione leva les mains en l'air en signe d'apaisement.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit. Simplement il y a sûrement une autre explication. Ginny n'était clairement pas dans son état normal.
- Elle avait l'air calme quand je lui ai parlé. Rationnelle. Elle... Elle n'a pas piqué de crise quand je lui ai rapporté la conversation.

Drago leva la tête sourcils froncés.
- Il existe des sorts de Magie Noire qui pourraient permettre... ça.
Lili posa la main sur sa cuisse, en le regardant. Ron détourna les yeux face à l'intensité de leur échange silencieux.
- Nous irons voir Severus. Il en saura peut être davantage que nous sur ce type de sorts.

Harry se leva soudain.
- Nous sommes vraiment coincé ici à votre avis ? J'aurais bien besoin d'air frais.

Hermione souffla d'un air agacé.
- Harry... Dumbledore nous a expressément demandé de rester ici. Vois ça comme une magnifique opportunité d'avancer sur les devoirs que nous avons à faire !