Bonjour,

Aujourd'hui un petit chapitre qui je l'espère vous plaira. Je me suis servie de la wiki pour alimenter mon sujet et j'espère que je ne me suis pas tromper (j'espère aussi qu'il ne vous ennuiera pas). Ce chapitre traite d'un couple qu'on a peu vu ces temps-ci, Shin et Apollon.

Bonne lecture biz à bientôt Craft.

Prochain rendez-vous : Jeudi 19 décembre.


Mercredi 18 décembre.

Depuis trois semaines que Shin s'est installé dans son atelier il s'est remis au travail et surtout il a entrepris d'honorer la commande de Dionysos. Ce qu'Apollon prend plaisir à voir. En effet l'architecte passe une à deux fois par semaine dans la demeure de l'artiste soi-disant pour suivre l'avancée des travaux. Mais la vérité est qu'il vient surtout pour passer du temps avec Shin. En règle générale l'homme ne lui parle pas forcément, non il fait comme aujourd'hui. Il travaille en silence en acceptant juste sa présence.

Aujourd'hui encore Apollon est arrivé une heure avant que tous les réparateurs ne partent. Il a fait le tour de la maison avec le maître d'œuvre et est venu saluer Shin. Ou plutôt il s'est assis sur un fauteuil non loin de l'entrée et observe de loin l'homme en pleine création.

En cet instant le Blanc souffle du verre pour créer des bouteilles originales comme l'a demandé Dionysos. Apollon le regarde avec émerveillement, ce spectacle est magnifique à voir. Surtout avec une lumière si tamisée qui donne l'impression que la seule vraie lumière dans cette véranda engloutie par la nuit est le verre incandescent à qui Shin donne forme.

Il se souvient qu'à sa dernière visite, l'homme lui a expliqué la mise en œuvre pour réaliser un tel objet.

- Apollon-san, savez-vous ce que je fais ?

- Non.

- Avec ma canne qu'autrefois on appelait une fêle, je commence par « cueiller » ou cueillir, dans le four à pot ou creuset, une masse de verre en fusion. J'en régularise la masse au marbre (surface plate souvent en marbre). Le résultat s'appelle la paraison. D'un souffle bref, pour éviter le reflux d'air chaud, et en bouchant aussitôt l'orifice de mon doigt, je fais naître une bulle due à la dilatation de l'air au contact du verre chaud. Ensuite j'ai recours à la technique du souffle continu pour atteindre le volume souhaité. D'autres opérations sont éventuellement effectuées : le centrifugeage horizontal au banc pour élargir la pièce ce nom vient du banc où je m'assois et comme vous pouvez le voir il est flanqué de part et d'autre d'une barre métallique horizontale. J'y pose ma canne et la fait rouler devant moi. Ainsi, la force centrifuge empêche le verre de s'affaisser pendant le travail. Sinon il y a aussi la régularisation de la surface à l'aide d'une mailloche, cuiller en bois mouillée, voire d'une mouillette, simple papier journal plié et trempé dans l'eau. Je peux aussi faire le centrifugeage vertical pour l'allonger en effectuant des moulinets avec la canne et pour améliorer la malléabilité j'utilise le réchauffage à la gueule du four. La pièce est alors soudée à l'autre extrémité à un pontil et séparée de la canne par le refroidissement du contour du col à l'aide d'un instrument mouillé suivi d'un léger choc. Après réchauffement, le col peut ensuite être allongé ou évasé tandis que d'autres éléments, tels qu'une anse, peuvent être soudés. Après séparation du pontil, la pièce est déposée dans l'arche à temporiser où on procède à la recuite, c'est-à-dire au refroidissement très lent - souvent plusieurs heures- de la pièce afin d'éviter tout choc thermique qui la fragiliserait. S'il s'agit d'un verre à boire, il faudra que je taille la partie supérieure de l'objet qui, en sortant de la halle, n'est qu'une grosse boule. Voilà en gros ce que je fais.

- Et pour décorer ? Demanda Apollon qui avait tout écouté en observant chaque geste de l'homme pendant la démonstration. De plus, il avait enfin appris à quoi servait les fours installés depuis peu.

- Vous êtes vraiment intéressé ? Shin était surpris de la question, il pensait l'avoir perdu dans son long monologue, mais pas du tout.

- Oui, c'est très intéressant de connaitre les techniques des artisans.

- Haha ! Seul un architecte peut dire ça ou un autre artisan. Alors pour décorer. Quand j'ai « cueiller » ma boule de verre en fusion je lui applique la couleur en la roulant dans des poudres, grains et plaques de verre coloré avec des oxydes métalliques. Comme le bleu avec du cobalt ou du cuivre le vert avec du fer et le rouge avec de l'or. Je créé ensuite le décor et les motifs en mélangeant les teintes et en tirant des fils avec une petite pince, appelée pincette. La paraison est ensuite arrondie à l'aide d'une mouillette ou d'une mailloche avant d'être soufflée. À ce stade, j'introduis de l'air dans la canne, j'en bouche l'extrémité pour emprisonner cet air qui avec la chaleur se dilate et gonfle le verre. En gros cueiller le verre, le colorer, le maillocher et le souffler égale réaliser une poste. Ensuite, je vais recouvrir celle-ci d'une seconde couche de verre qui va permettre d'enfermer la couleur entre deux couches transparentes. C'est à partir de cette deuxième que je commence réellement la pièce, avec sa forme propre. Pour cela j'utilise différents outils. La mouillette : papier journal plié et humidifié qui permet grâce à sa souplesse et à une isolation relative d'utiliser la main pour façonner le verre ou les fers, ils permettent d'affiner la matière à différents endroits, d'étirer les cols… Voilà après je vous ai déjà expliqué la suite.

- Merci.

La discussion s'était arrêtée là et aujourd'hui encore plus un mot n'est prononcé mais ce n'est pas grave. Le Blanc accepte d'avoir un intru dans son atelier et c'est déjà pas mal. Pour le Roux c'est un grand honneur.

- Apollon-san, vendredi vingt-sept vous êtes occupé ?

- Non, pourquoi ? Le Roux est surpris que le Blanc lui pose ce genre de question et il est intrigué par la suite de la conversation.

- Je vais chez Dionysos-san. Il ferme pour la journée. On va nettoyer la pierre du bar et s'occuper de traiter les boiseries. Je lui amènerais aussi ces bouteilles de verres. Et on doit parler plus en détails de son projet de vente d'alcool à emporter. Si vous désirez nous tenir compagnie et le soir j'aimerais qu'on mange ensemble ici.

- Avec grand plaisir. Pour une fois que le Blanc l'invite, il ne peut pas refuser.

Ensuite, le silence revient et vers vingt heures Apollon rentre chez lui laissant l'homme finir son travail. Sur le chemin du retour, il chantonne heureux, à force d'imposer sa présence et de respecter le travail et l'environnement de l'autre il s'est fait accepter et a même eu une invitation. Il est au paradis, peut-être va-t-il appeler Dionysos pour le tenir au courant ? Il verra bien en rentrant. Pour l'instant il est euphorique et ne veut pas redescendre de son petit nuage.