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93 - Bella

Tampa, samedi 19 juin, 8 : 55.

Nous prîmes notre temps sous la douche et comme j'étais très endolorie nous ne nous touchâmes pas si innocemment que ça pendant que nous nous lavions l'un l'autre tendrement, nous n'allâmes pas plus loin. Quand il me prit contre lui, mon dos appuyé contre son torse, sa queue était déjà prête, comme une promesse que nous aurions quantités d'opportunités plus tard, cela me demanda tout mon contrôle pour ne pas lui sauter dessus.

"Que veux-tu pour le petit-déjeuner?" demandai-je, en enfilant mon short par-dessus ma culotte violette.

Un grand rire d'Edward arriva de derrière moi et je me tournai pour regarder par-dessus mon épaule et je compris pourquoi il était aussi amusé. Il était assis au bout du lit ses yeux posés sur mon cul.

Pour le taquiner je me penchai encore un peu plus, pour attraper un t-shirt dans ma valise, m'assurant de me tortiller rien que pour lui.

"Bella, tu vas me tuer," grogna-t-il tandis que je riais. "Habille-toi chérie avant que j'oublie combien tu es meurtrie." Pendant que j'enfilai le t-shirt il continua. "Et pour le petit-déjeuner, honnêtement je n'ai aucune idée de ce que nous avons dans le frigo. S'il n'y a rien nous irons faire des courses."

Je tendis ma main et hochai la tête en disant. "Alors, viens. Pour une raison quelconque j'ai très faim."

Son sourire taquin me dit qu'il savait exactement pourquoi j'avais si faim et il était sacrément fier de lui.

Nous marchâmes tranquillement dans le couloir, nous pouvions entendre les ronflements provenant des autres chambres. Je n'avais pas entendu les autres rentrer hier soir… je supposais que c'était parce que j'avais été trop occupée par autre chose.

"Tu les as entendu rentrer?" chuchotai-je, faisant signe avec mon pouce tandis que nous allions au salon.

Il secoua la tête. "Non pas hier soir. Mais je sais qu'ils sont là parce que quand je me suis réveillé j'ai pu entendre quelqu'un aller dans l'autre salle de bain."

C'était suffisant.

Quand nous arrivâmes dans la cuisine, Edward prit un tabouret au comptoir et me regarda aller au frigo. "Qu'est-ce que tu vas faire?"

Je rigolai à son ton impatient. "S'il y a tout ce qu'il faut je ferai du pain perdu."

Il fronça les sourcils et haussa les épaules. "Honnêtement je n'en sais rien. Il faut du pain et des œufs pour ça?"

J'acquiesçai et sortis la boite à œufs avec le lait et le beurre. "D'habitude je fais moitié-moitié mais bon plus de lait ira bien aussi."

"Je peux aller en chercher," dit-il et je pouvais dire qu'il n'avait pas vraiment envie de sortir s'il pouvait éviter.

Je lui fis un signe de la main et secouai la tête. "Ne t'inquiète pas. Ça va aller." Après avoir posé tout ça sur le comptoir à côté de lui, je lui demandai, "Où est le pain?"

Il me désigna une petite porte à côté du frigo et quand je l'ouvris j'y trouvai non seulement de la brioche, que Jasper avait dû acheter, sachant que je voudrai faire cette recette quand je serais ici – mais aussi du miel et du sel.

J'étais en train de battre le mélange avant de tremper le pain quand quatre personnes, pas vraiment réveillées, arrivèrent. Emmett et Rose étaient habillés tandis que Jasper et Alice étaient en short et t-shirt.

"Nous allons chercher du café," expliqua Rose. "Ici il y en a du noir mais personne ne veut boire ça."

Emmett grogna d'avoir à sortir si tôt mais Rose se pencha simplement et lui murmura quelque chose à l'oreille et tout à coup il se redressa en paraissant beaucoup plus heureux.

"Oh! Tu ne veux pas savoir…" dis-je, en hochant la tête et en rigolant au sourcil levé d'Edward. Il avait été tout près de lui demander ce qu'elle lui avait dit et d'expérience je savais que ce n'était pas quelque chose que nous voulions entendre.

Je leur fis un clin d'œil. "Allez-y. Le pain perdu sera prêt quand vous reviendrez."

"Mercy, Bellsy," dit Emmett joyeusement, en se frottant l'estomac.

"Ouais, ouais." Je souris et me tournai vers Alice et Jasper alors que Rose et Emmett partaient. "A quelle heure êtes-vous rentrés?"

Alice rit et se blottit dans les bras de Jasper. "Trente minutes après vous."

Oh … pas étonnant que nous n'ayons rien entendu.

Plutôt que de poursuivre cette conversation potentiellement embarrassante, je changeai de sujet en coupant d'épaisses tranches. "Alors quel est l'ordre du jour?"

ooo

Peu de temps après le petit-déjeuner, les autres disparurent dans leur chambre tandis qu'Edward me conduisait au salon, me pressant de m'asseoir dans le petit canapé à côté du piano.

"Tu sais que c'est un cadeau totalement égoïste, pas vrai ?" demandai-je, tandis qu'il s'installait sur le petit banc.

Il sourit en fronçant les sourcils. "Oh vraiment ? Et pourquoi ça Isabella ?"

Même si je savais qu'il me taquinait, je haussai simplement les épaules et dis sans honte : "Les quelques morceaux que tu m'as envoyés n'étaient pas suffisants. Je veux t'entendre jouer et c'est la meilleure façon."

En souriant il commençant par Clair de lune que je l'avais déjà entendu jouer. "J'aime ce morceau," murmura-t-il doucement en me regardant. "Ma mère le jouait pour moi avant de tomber malade."

Je croisai mes jambes afin de pouvoir poser mon menton sur mes genoux pour l'écouter jouer.

Ensuite il passa à un autre morceau que je reconnus être du Mozart. Pendant une demi-heure je l'écoutais passer d'un genre à un autre, du classique au contemporain et même quelques airs country çà et là. A un moment il joua le morceau qu'il avait composé pour sa mère et à la fin je me retrouvais à essuyer des larmes silencieuses. Il avait l'air si heureux et en paix, c'était tellement beau à voir.

Il leva les yeux vers moi et attaqua un nouveau morceau, je sentis mon cœur battre plus vite dans ma poitrine. Je ne le reconnaissais pas mais il y avait toujours cette même sensation que j'avais ressentie en écoutant le morceau précédent et j'en conclus que c'était lui qui l'avait écrit.

Au début il était presque mélancolique puis rapidement il devint heureux et léger comme si les notes dansaient dans l'air. Ensuite il atteignit un crescendo avant de réaliser que de nouveau je m'étais mise à pleurer et cette fois je ne pris pas la peine d'essuyer mes larmes. J'étais trop fascinée par l'amour que je pouvais entendre passer dans ces notes pour me soucier de quoi que ce soit d'autre.

Au moment où la dernière note s'éteignit j'étais hors du canapé et passai mes doigts dans ses cheveux, pressant mes lèvres contre les siennes. Je m'installai sur ses genoux bien que je sache que le banc ne pouvait n'en porter qu'un. Il devait le savoir aussi car il jura contre mes lèvres et se leva, me portant dans ses bras. Je m'accrochai à lui, enfouissant mon visage dans son cou, tandis qu'il me transportait rapidement à la chambre.