Bonjour,
Je vous avez dit qu'on se verrez souvent en cette fin de mois. Et ce n'est pas fini. Pour ceux qui le sont ce soir bonne vacance. Pour les autres je pense à vous.
Aujourd'hui un chapitre un peu plus long. Cela va être les vacances de noël pour nos protagonistes et tous ou presque décident de leur programme. J'espère que cela vous plaira. On en apprend plus sur certain et on est surpris par d'autre. Bonne lecture Biz Craft et à bientôt.
Prochain rendez-vous : dimanche 22 décembre.
Vendredi 20 décembre.
Vingt heures trente. Dans l'appartement de Camus une bonne odeur de nourriture embaume les lieux. Le maître de maison est de bonne humeur, il sifflote tout en cuisinant. C'est le premier jour des vacances d'hiver. En sortant du Lycée Camus a fait les courses, il en a profité pour acheter des gâteaux chez Shaka. Il a aussi pris le temps de boire un thé et de discuter avec le Blond. Maintenant, il prépare le repas pour lui et ses compagnons.
Saga et Shion sont arrivés un peu plus tard. Ils ont dû régler les derniers détails dans le Lycée, les derniers papiers administratifs, ainsi que fermer les dortoirs, pendant cette période le Lycée ferme totalement. Ils ont donc attendu que toutes les familles viennent récupérer leurs enfants. Saga a même accompagné les plus jeune à la gare. C'est donc tranquillement qu'ils sont rentrés chez Camus pour y passer le week-end, voire les vacances. Là, ils sont installés dans le salon et se font des confidences.
- Vous parlez de moi ? En entrant dans la pièce Camus entend son nom et cela l'intrigue. Ce n'est pas très gentil, sourit-il en embrassant ses deux hommes. Le repas est prêt.
Ses deux amants se lèvent en souriant et le suivent jusqu'à la table. Tous se mettent à parler de leur projet pour le week-end et aussi pour le reste des vacances, la reprise n'étant que le Lundi six Janvier.
- Vous voulez vraiment passer le vingt-quatre décembre avec moi ? Je veux dire Noël se passe en famille.
- Mais tu es notre famille, murmure doucement Shion.
- Merci et vous êtes la mienne mais il ne faut pas oublier la vôtre pour autant.
- On pourra toujours y aller pour le repas du vingt-cinq, argumente Saga.
- C'est vrai mais on va passer le réveillon de la nouvelle année aussi alors…
- Tu as peut-être d'autres projets ? Shion se dit que n'ayant pas de famille peut-être qu'il a l'habitude de faire quelque chose de spécial et qu'il ne veut pas le partager. En fait il ne sait pas grand-chose de son enfance et de ses habitudes.
- Non, rien de tout ce que tu peux penser, rigole Camus. Pour le réveillon de Noël je vais sur la tombe de mes parents, après je passe voir Dionysos s'il a décidé d'ouvrir son bar et je bois un verre. S'il est fermé je viens ici. Je m'installe avec mon plateau repas devant le film qui m'a le plus plu durant l'année écoulée. Vers minuit je vais chez Aphrodite, c'est à cette heure-ci qu'il rentre de chez ses parents. Cela ne se passe pas forcément bien alors on discute en se rendant à l'orphelinat ou j'ai vécu. J'ai eu de nombreuses familles d'accueil mais ils n'adoptaient que les bébés, pas les adolescents. A ce moment-là on me renvoyait à l'orphelinat. Toujours le même. Alors, comme je m'y sentais bien à la fin j'ai demandé à y rester jusqu'à ma majorité. A l'époque j'avais commencé à aider les sœurs en jouant le Père Noël et à faire les paquet cadeaux pour les plus jeunes. En quittant l'orphelinat j'ai décidé de les aider quand je pouvais alors pour Noël je suis toujours leur Père Noël. Je les accompagne aussi pour faire Halloween et quand elles ont des enfants en difficulté je vais faire du soutien scolaire. Pendant mes études je m'entrainais avec eux en leur apprenant à lire ou écrire pour les plus petits et en les aidants à faire leurs devoirs pour les plus grands.
- Je comprends mieux pourquoi tu es si pédagogue ! S'exclame Shion qui au début était surpris que pour un aussi jeune âge et si peu d'années d'expérience en tant que professeur, il arrive aussi bien à capter l'attention de Lycéens et être si rigoureux dans ses explications.
- Oui, mais ça ne fait pas tout, Saga m'a bien conseillé aussi en début d'année. A l'orphelinat ça marche mieux car ils me connaissent depuis longtemps et j'ai vécu avec certain. Ils me voient comme un grand frère.
- C'est vrai que cela fait que quatre ans que tu es majeur ! S'exclame à son tour Saga.
- Oui et les sœurs m'ont hébergé pendant un an pour que je puisse économiser et me trouver un aussi bon logement.
- Elles ont été sympas, sourit Shion.
- Oui, elles sont toutes comme des mères pour moi, elles sont vraiment différentes des sœurs dont tout le monde parle. Elles sont très ouvertes d'esprit. Je dois dire que la première fois que j'ai ramené Aphrodite j'avais peur. Ça faisait six mois qu'on était ensemble. Elles ont compris tout de suite ce qu'il représentait pour moi. Elles l'ont très bien accueilli. Elles lui ont même dit de se méfier de moi et que si j'étais trop méchant avec lui qu'il leur dise et qu'elles me donneraient la fessée. Camus explose de rire en se remémorant ce souvenir. J'ai supplié Aphro' de ne pas le faire car la mère supérieure avait la main très sèche. Quand on s'est séparé il a demandé s'il pouvait encore venir les aider à Noël et pour leur jardin. Il leur a fait un magnifique patio. Elles ont dit « oui » de suite. J'ai même cru que c'est moi qui n'aurais pas le droit de revenir.
- Et donc il te suit encore ! C'est plus une exclamation de Saga qu'une question.
- Oui, c'est dérangeant ?
- Non pas du tout, répondent ensemble les deux aînés de Camus. L'homme est important pour leur cadet, un frère qu'il n'a pas. C'est normal qu'il puisse le voir quand il veut. Pour cela les deux sont bien d'accord.
- On peut venir aussi ? Demande du bout des lèvres Shion. Il veut connaître les personnes qui ont si bien élevé Camus et surtout qui l'ont aidé du mieux qu'elles pouvaient.
- Oui bien sûr. Mais d'abord je dois quand même demander la permission aux sœurs mais je suis sûr qu'elles seront ravies. Par contre on dort là-bas, car au réveil je deviens le Père Noël et je distribue les cadeaux sous le sapin. Et puis… Il hésite un instant avant de continuer, Aphrodite ne sera peut-être pas là, il héberge Shun et Ikki cette année. Il va devoir faire le repas de famille et après il va sûrement rentrer chez lui. Camus ne veut pas le montrer car il est entouré d'amour et qu'il les aime aussi mais il est quand même un peu triste. Ça ne sera pas pareil.
- Tu te feras de nouveaux souvenirs et lui aussi. Et vous pourrez en parler quand vous mangerez ensemble, le rassure Saga en chiffonnant ses beaux cheveux Bleu Marine.
- Tu as raison. Mais après on peut faire autrement si vous voulez, propose Camus.
- Et si on faisait tout ça, sourit Shion, si tu es d'accord ? Créons-nous de nouvelles traditions pour Noël.
- Heu… Oui mais… Tu vois la soirée comment ?
- On va poser des fleurs sur la tombe de ta famille. Après on va chez Saga déposer les cadeaux, puis chez moi. Comme ça on les salue. On peut aller boire un verre chez Dionysos-san s'il est ouvert et rentrer manger ensemble ici devant un bon film. A minuit on s'offre nos cadeaux et on va chercher Aphrodite s'il vient avec nous. Quand on est tous ensemble on part aider l'orphelinat. On dort là-bas et après on fait plaisir à tous les enfants.
- Je suis d'accord avec toi Shion, sourit Saga et toi Camus ?
- Merci, ce sera le meilleur Noël de ma vie.
Les deux autres restent sans mots devant les larmes de leur cadet, ils se jettent dans ses bras et se promettent de faire de ce Noël et de tous les autres des jours exceptionnels pour lui.
- Et sinon vous aviez pensé à quoi au début ? S'intéresse Camus.
- A ça… Saga hésite et regarde Shion qui lui dit de continuer d'un signe de tête. On voulait t'offrir un cadeau particulier mais on ne savait pas si on devait te le donner le jour de Noël ou avant.
- Pourquoi ?
- En fait… Continue Shion en hésitant aussi. On ne veut pas te dire ce que c'est, mais il va te faire réfléchir à une chose ou deux sur une certaine organisation. Et on ne savait pas si tu voudrais le faire le jour de Noël, donc il aurait été bien que tu l'ai en avance. Mais maintenant pas la peine vu qu'on a notre programme, on te l'offrira le jour même.
- Je vois, je n'ai pas tout compris, mais on pourra le faire pour la nouvelle année ?
- Parfait, font les deux autres.
Les trois reprennent leur repas, Shion et Saga un sourire aux lèvres. Ils en ont appris un peu plus sur leur jeune amant et en plus ils ont des projets pour Noël et le nouvel an qui vont être parfaits. Ils en sont sûr.
Camus lui est ému et a hâte d'être au lendemain afin d'appeler l'orphelinat et Aphrodite pour tout lui raconter et l'inviter ainsi qu'Ikki et Shun. Cette année il ne passera pas les fêtes tout seul. Il est aux anges.
Shun trottine vers sa chambre, il est heureux. Shion-sensei vient de lui dire un magnifique sourire aux lèvres qu'il a laissé Hyoga monter dans sa chambre. D'aller le retrouver et de redescendre plus tard avec sa valise. Ikki a appelé en disant qu'il viendra le chercher pour dix-huit heures. Il regarde sa montre, il a une heure devant lui.
En arrivant dans sa chambre, il trouve le Blond allongé sur son lit et les yeux clos. Il ferme la porte à clé et tout doucement et en silence il va le rejoindre. Il s'allonge à ses côtés, l'autre ne bouge pas, il dépose ses lèvres sur celles de son petit-ami. La main du Blond vient jouer avec ses mèches Vert Clair, accentuant doucement le baiser. Quand celui-ci prend fin les deux adolescents se regardent un long moment, leurs yeux parlant pour eux. On peut y voir tous les sentiments d'amour, de respect qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. Leurs bouches étirées dans un magnifique sourire, montrent leur bonheur d'être ensemble.
Shun l'embrasse une nouvelle fois et se couche mieux contre lui mettant sa tête sur son épaule. Hyoga vient encore caresser ses cheveux.
- Tu es heureux ?
- Oui, je vais passer du temps avec mon frère et on va se voir presque tous les jours.
- On va patiner lundi ?
- Oui et tous les autres jours si tu veux, je sais combien tu aimes cela. En plus je ne peux pas rester trop chez Aphrodite-san.
- Pourquoi ?
- Il travaille avec Ikki. Ils vont fermer le vingt-quatre Décembre à dix-huit heures et le vingt-cinq ils ouvrent de dix heures à douze heures. Pareil pour le trente et un Décembre et le premier Janvier. Les fleurs sont très prisées comme cadeau pour les fêtes.
- Ils prennent des jours entre ? Se renseigne le Blond.
- Cela dépendra des commandes alors il peut y avoir des jours entiers de libres ou juste une matinée ou une après-midi.
- Je vois, mais pourquoi tu ne peux pas rester ?
- Je ne veux pas les déranger et ça nous laissera du temps pour tous les deux et voir les autres.
- Bien, déclare le Blond qui sait qu'à la fin Shun va se sentir gêné de ne pas aider et donc aller travailler au magasin avec les deux hommes.
L'heure passe rapidement, avant de sortir de la chambre les deux jeunes hommes s'embrassent une dernière fois. Ensuite, ils retrouvent leurs professeurs Shion et Saga devant le portail, Ikki parle avec eux. En voyant son cadet celui-ci s'avance et prend en main sa valise. Il salue et remercie Hyoga d'être resté avec lui. Le Blond sourit et part rapidement, en passant devant ses professeurs il s'arrête un instant.
- Shion-sensei merci, le Blond sourit de toute ses dents. Bonnes vacances à vous deux. Bonnes vacances aussi à Camus-sensei, je ne l'ai pas vu aujourd'hui.
- On lui dira merci, bonnes vacances à toi aussi, sourit à son tour Shion.
Le Blond disparaît rapidement pour rejoindre son foyer.
Shun et Ikki viennent aussi saluer les professeurs et se dirigent chez Ikki et Aphrodite. Il leur faut une demi-heure pour y arriver. Le Bleu Clair les accueille chaleureusement. Il est ravi d'invité le Vert Clair.
- Shun soit le bienvenu.
- Merci, Aphrodite-san.
- Ah non ! Aphrodite tout court et tu me tutoies. On va passer quinze jours ensemble, on ne va pas se vouvoyer.
Le Vert Clair sourit, il est heureux d'être là avec son frère et cet homme qu'il apprécie de plus en plus. Aphrodite l'aide à s'installer dans la chambre d'Ikki et ils passent à table.
- Pour Noël vous avez des projets ? Aphrodite veut lancer une discussion et celle-là lui paraît bien.
- Pas vraiment, annonce Ikki, justement je voulais en parler avec Shun.
- Je n'ai pas d'idée je… Il hésite en regardant autour de lui.
- Oui, dit Aphrodite afin de l'inciter à continuer.
- Peut-être que c'est tôt mais tu ne mets pas de sapin ? Ou en tant que fleuriste tu penses que ce n'est pas bien ? Shun parle d'une petite voix et se force à tutoyer se Bleu Ciel qui lui sourit de cet effort.
- Haha ! Non. Sinon je ne vendrais pas de fleurs coupées. Mais merci d'y avoir pensé. Je reconnais que d'habitude je ne suis pas là à Noël, alors je ne mets plus de sapin chez moi. Si tu veux demain on peut aller en acheter un. En fin d'après-midi je dois aller en acheter un avec Camus.
- Camus ! S'étonne Ikki surpris. Ensuite, il regarde son cadet. Ton professeur Camus Aquarius.
- Tu le connaîs ?
- Oui, il est comme un frère pour moi. Chaque année le week-end avant Noël nous allons acheter un sapin pour l'orphelinat où il a vécu. Après, les enfants le décorent et le jour J on y retourne. Moi je fais Noël dans ma famille et lui tout seul et vers minuit on va là-bas et on empaquette les derniers cadeaux et on les dépose sous le sapin. On dort sur place et à huit heures on donne les cadeaux sous le sapin. Il se déguise en Père Noël et moi je suis son assistant. Quand c'est fini, je déjeune vite avec eux et je viens ouvrir mon magasin. Mais cette année je ne suis pas obligé d'y aller.
- Pourquoi ? Il ne veut plus de toi ? Demande Ikki étonné.
- Non, mais j'ai pensé qu'il irait sûrement avec Saga et Shion. Je serais de trop.
- Tu ne le seras jamais, alors ne soit pas triste et pose lui la question, sourit Ikki qui sait que ce Marine ne rejettera pas ce Bleu Clair même pour ces deux-là. Ikki n'aime pas Camus mais il sait que l'homme ne laissera jamais tomber Aphrodite.
- Tu as raison. Aphrodite à l'air soulagé de cette affirmation.
- Ça a l'air bien, sourit Shun.
- Vous voulez venir avec moi ? Vous verrez c'est génial, s'enthousiasme maintenant le Fleuriste qui reprend des couleurs.
- Avec plaisir, se réjouit Shun de l'invitation. Ça pourrait être bien, sifflote le jeune homme en regardant son frère.
- D'accord, abdique Ikki devant les sourires des deux autres. Demain demande à Camus si on peut venir l'aider.
Aphrodite sourit encore plus, il est heureux de ça. Il aime vraiment ses Noël et en partager un avec les deux frères lui fait plaisir.
Shun quant à lui est aussi heureux, il va passer un bon Noël entouré de gens gentils et émouvants.
Ça fait maintenant un peu plus d'un mois qu'il n'a plus aucun contact avec Rin. Il l'évite du regard, dans les couloirs, dans l'ascenseur, dans les bureaux –partout-, ne se penche plus sur ses dessins, ne le réprimande plus, ne lui adresse plus la parole. …En vrai, il ne le voit plus depuis ce qu'il a osé faire dans son bureau mais surtout depuis qu'il a vu le visage de ce Noiraud lui interdisant de l'approcher.
Et même s'il s'est lui-même surpris à l'épier à son insu et à entendre parler de lui à travers son frère, il reconnaît lui-même qu'il est le problème à tout. C'est sa seule faute si les bureaux respirent mal quand il fait acte de présence et que le plus jeune est là aussi et de ce fait, il veut y remédier. …Enfin.
Il a surtout eu mal au ventre le jour où cet Ebène est reparti à Osaka pour le travail avec Rhadamanthe. Il n'a pas cherché à comprendre ce sentiment mais il sait pertinemment que ce n'est pas anodin.
Pendant tout ce mois, il a essayé de le voir comme un « enfant » ordinaire, comme son « neveu » mais peu importe les tentatives, il a lamentablement échoué. Alors là, le visage toujours aussi fermé et les poings serrés, il arrive en salle de pause et cherche du regard son cadet en pleine discussion avec Sara et il a même l'air de s'y plaire.
_ Toi, dans mon bureau, exige Hadès de sa voix la plus autoritaire possible en gardant les yeux fixés sur sa cible.
Ce qui lui répond ? Un claquement de langue désagréable au possible pour l'oreille de l'Elision. Le sourire du plus jeune qui disparaît instantanément et son regard pétillant qui tourne à l'orangé.
Néanmoins, il consent à le suivre puisqu'il ne peut pas désobéir à un ordre direct de son patron, encore moins devant les autres employés qui ont arrêté leurs occupations.
Rin s'avance jusqu'à son aîné et dans un silence de mort il le suit jusqu'au lieu indiqué et hésite pendant une longue minute à obéir au second ordre donné –c'est-à-dire, fermer la porte-. Normalement, il n'a rien à reprocher à son cadet puisque celui-ci ne vient même plus le harceler pour un rien alors…, le silence est pesant et les espions nombreux à l'autre bout de la pièce cachés par le mur de la salle de repos.
_ Que me voulez-vous Elision-san ? Demande lui-même le Noiraud pour éviter de rester trop longtemps dans la même pièce que son aîné.
Les sourcils froncés de cette question et la bouche fermée après avoir rattrapé de justesse ses mots pour ne pas envenimer la situation, il regarde longuement son vis-à-vis et cherche la meilleure façon de dire les choses, de les tourner.
Il n'a pas l'habitude de s'excuser, de reconnaître ses erreurs ou d'avouer ses fautes. Il le reconnaît sans mal, pas qu'il est de mauvaise foi seulement, c'est toujours trop compliqué pour lui de parler et de dire ce qu'il peut ressentir.
_ Je n'aurais pas dû…, débute Hadès un peu trop bas et beaucoup trop grogné. Dire ce que je t'ai dit et faire ce que j'ai fait. Souffle-t-il de nouveau avec du mal et sans entrainement. Honnêtement, il ne peut pas faire mieux, c'est au-dessus de ses capacités physiques et mentales.
_ Quoi ? Marmonne à son tour Rin qui est habité par plusieurs sentiments contraires. Vous…, vous n'avez pas le droit, commente-t-il plus pour lui-même qu'autre chose cependant.
Pendant un mois il a eu mal au cœur et à la tête. Il s'est senti immonde, malade et honteux. Il a pris sur lui pour ne plus embêter son aîné et ne plus le croiser. Il a accepté la proposition de Rhadamanthe pour ne plus devoir l'approcher ou lui parler. Et il n'a pas démissionné parce que malgré ses différents avec son aîné, il aime son boulot et tout ce qu'il apprend dans cette agence. Il a même réussi à terminer son premier contrat et à n'être pas trop mauvais.
Il a omis tout ce qu'il ressent pour se concentrer sur son travail et maintenant, cet autre qu'il essaie d'oublier de toutes ces forces s'excuse plus ou moins ? Ce n'est pas juste et il se fait passer pour le gentil de l'histoire alors que…-
Reprenant une respiration –une de plus-, son regard miel suit par instinct les gestes de son aîné et le voyant baisser les stores, un pas de recul se fait.
_ Que faites-vous Elision-san ? Demande rapidement le Noiraud en sentant ses épaules se contracter pour une raison qu'il ignore lui-même. Parce qu'il ne veut plus être insulté très certainement.
_ Je n'aime pas les curieux, grogne le Publicitaire qui aperçoit ses autres employés pas vraiment discrets. Je… reconnais que j'ai eu tort, dit-il ensuite et en s'insultant mentalement de se voir se rabaisser à des excuses envers son cadet et en fixant ce store baissé.
_ Vous…, vous excusez ?! Comprend alors ce Noiraud qui lui-même est un peu déboussolé par ça. Cette chose le déroute complètement et il essaie de comprendre ce qu'il a fait pour mériter un tel traitement. Elision-san regardez-moi. Vous regrettez vraiment ?
_ Evidemment, peste Hadès en posant son regard orageux sur le plus jeune et en le dévisageant réellement pour la première fois depuis des semaines et honnêtement, sa première pensée est « il essaie encore une fois de m'aguicher ». Pas à cause de bretelle mais à cause d'un gilet cette fois. C'est à ce même instant qu'il se demande si ce gamin est bien réel ou non. S'il est réellement un gamin. Je n'aurais pas dû poser la main sur toi.
_ C'est parce que je vous ai dit que j'avais des sentiments pour vous, non ? Répond sans même y penser le Noiraud en scrutant le sol. Si j'avais su garder ma langue, l'idée même de m'approcher vous aurait rebutée, constate de fait celui-ci qui repense à toutes les mésaventures et approches eus et tentées. Je suis aussi désolé de vous avoir ennuyé avec ça. Vous êtes mon patron Elision-san et jamais je n'aurais dû dire de telles choses et c'est pour ça que vous en avez profité…, tout a commencé à cause de moi, réfléchit pensivement Rin en triturant ses cheveux pour avoir un peu plus contenance. Ne vous en faites plus pour ça, à partir d'aujourd'hui je redeviens votre employé et rien d'autre. Je ne vous forcerais plus à quoique ce soit, je vous le promets.
Hadès ne sait pas comment il en est venu à recevoir des excuses mais plusieurs choses le dérangent dans tout ça. Certes, il y a trop de phrases mais aussi beaucoup trop de mots qu'il n'approuve pas comme « rebutée », « ennuyé », « redevenir », « forcé », tout ça là, ça ne lui plaît pas parce qu'il est sûrement le connard dans l'histoire et qu'il a profité pour s'amuser et abuser. …Il a aussi apprécié…. Mais pourquoi lui avoir dit de « ne plus s'en faire » ? Ses sentiments ont disparus ? Il n'était, comme l'a suggéré Hatsuharu qu'un « bonbon » aux yeux de cet Ebène ?
Faisant un pas dans la direction de son cadet puis un autre, il est pourtant d'accord avec le fait qu'il redevienne un employé –le sien en quelque sorte- et l'idée même de le revoir se mêler de ses dessins et de l'entendre geindre de commande impossible lui plaît. Ça lui plaît autant que ce gilet sur le dos de l'autre et qu'il touche à l'aide de sa main sur l'épaule du plus jeune.
_ Gamin…, gronde la voix sombre d'Hadès en épiant celui-ci. …Rin, soupire-t-il en surprenant l'interpelé qui maintenant le fixe sans ciller et attend la suite, faisons du bon travail ensemble. Affirme le Publicitaire alors qu'il aperçoit sans aucune fausse note un sourire qui se propage sur le visage de son cadet.
_ Oui ! Avec plaisir Elision-san ! Trépigne le Noiraud en contenant sa joie et en scrutant encore et encore son aîné qui l'a surpris mais aussi redonné un peu de joie. J'resterais à ma place à partir de maintenant.
_ Vraiment ? Tu saurais faire ça toi ? Provoque le plus vieux d'un air supérieur et en connaissant un peu le caractère de l'autre. Souvent impulsif et trop social.
_ Evidemment, à condition d'arrêter les insultes, assure Rin d'un ton ferme et qui préfère passer à autre chose que de rester sur un épisode malheureux.
_ …On vérifiera, soupire Hadès en s'éloignant pour ne pas toucher davantage et pour ne plus fixer les prunelles miels de l'autre. Tu as du travail en ce moment ?
_ Eh bien seulement ce que Rhadamanthe-san m'a demandé de faire. C'est en rapport avec une société de modèle, explique Rin qui semblant de rien et par automatisme retrouvé, suit son aîné jusqu'à son bureau puisque tout du long de l'explication ils sont restés debout. Pourquoi ?
_ Après les vacances, j'aurais un travail pour toi. Suggère-t-il à présent et ne s'étonnant même pas d'être suivi par cet Ebène bien trop souriant maintenant.
_ Super, j'ai hâte de commencer, commente-t-il avec cet entrain retrouvé. Elision-san, je peux rouvrir les stores ? Les autres vont se poser des questions à force.
Pendant un instant, Hadès pense répondre un truc du genre « qu'est-ce que j'en ai foutre » puis se reprend et hoche de la tête.
La lumière artificielle revient baigner un peu plus cette pièce au fur et à mesure que les volets se lèvent puis une fois fait, ce Noiraud repart et accroche son propre bureau pour reprendre le travail. Du regard, le Publicitaire le suit des yeux et s'il est déjà entouré de cette Blonde et de ce Brun, lui reçoit une autre visite, celle de son frère qui est réapparu entretemps et qui a eu vent de ce petit tête-à-tête non prémédité.
_ Je sais que je devrais te demander si je dois m'attendre à une autre mauvaise nouvelle mais à en juger par le sourire de Rin, je dirais que non. Que s'est-il passé Hadès ? Surprend Rhadamanthe qui attend une réponse de la part de son aîné qui arrête de fixer l'extérieur de son bureau.
_ Je me suis excusé comme tu l'avais demandé. Confie ce Noiraud qui estomaque son frère.
_ Vraiment ? Ça alors, j'en reviens pas, s'exclame le Blond qui n'en revient vraiment pas. Tu m'étonneras toujours. Et il a accepté tes excuses ?
_ Je suppose…, dit Hadès qui n'a pas vraiment de réponse à donner puisque la conversation a pris une drôle de tournure.
_ C'est ta bonne action de Noël c'est ça ? Ne peut s'empêcher de rire le Doré. Je plaisante, me regarde pas comme ça. Enfin le bureau va de nouveau respirer parce que tu ne t'en étais peut-être pas rendu compte mais la tension était à son comble par ta faute. Pendant que t'y es, tu devrais aussi t'excuser auprès des autres. Eux aussi le méritent. Dit-il d'un ton ferme et pas vraiment à discuter mais il est aussi heureux d'avoir vu son frère faire le premier pas vers quelqu'un pour présenter ses excuses. Parce que la seule fois où cet événement s'est produit, c'était il y a plus de cinq ans et envers Rhadamanthe lui-même.
_ Tsk…, j'y penserais.
_ Peut-être que je devrais demander à Rin qu'il te l'ordonne, ça pourrait fonctionner, rit le Doré de sa propre bêtise. Au fait, ton dernier dessin a été apprécié, ils ont même dit qu'il avait beaucoup aimé la note de couleur que tu avais ajouté. Lance tranquillement ce Blond avant de disparaitre.
Parce que semblant de rien et depuis quelques semaines, une couleur s'est ajoutée au noir et au blanc qu'il fait habituellement. Sur certains dessins, en petites touches fines et à peine visible, de l'Or se dévoile par endroit et rend le tout encore plus sublime qu'à l'accoutumée.
Et pour son dernier jour de travail de l'année, Hadès s'est lui-même surpris à se féliciter pour tous ses efforts accomplis et épuisants. De nouveau seul dans son bureau, il se penche sur son esquisse nouvellement commandée et l'épiant un instant, un fin rictus se trace sur ses lèvres. Là, …il ne sent plus aucuns poids sur ses épaules ou ailleurs. Il a… l'impression de respirer de nouveau et il aime la sensation.
