Bonjour,

Aujourd'hui un long chapitre en cette veille de Noël. J'espère que cela vous plaira tout le monde prépare son Noël et s'offre ses cadeaux. Je devrais publier ce chapitre en soirée cela serait plus adapté mais ce soir réveillon, donc gros repas en famille. Alors je publie maintenant. Je vous souhaite une bonne lecture, journée et réveillon. Je vous dis à demain dans la journée pour la suite. J'espère que les scènes qu'on a choisies vous plairont et j'ai pensé que c'était le moment idéal pour parler plus de certain personnage surtout Camus.

Prochain rendez-vous : mercredi 25 décembre.


Mardi 24 décembre

En cette veille de Noël, Aphrodite et Ikki ont eu du travail toute la journée, Shun est resté dans le magasin avec le Bleu Clair, pendant que son frère a fait les livraisons. Il est maintenant dix-sept heures et les deux dans le magasin sont exténués.

- Aphrodite c'est comme ça tous les Noëls ? Shun a été impressionné du nombre de bouquets fait dans la journée.

- Oui, et aussi à d'autres fêtes comme celle des défunts ou au nouvel an. La clochette retentit et un visage connut des deux vient vers eux. Cam' je suis si fatigué.

Pour accentuer sa plainte Aphrodite se jette dans les bras de son ami qui se fait un plaisir de le rattraper. Pendant de longues minutes les deux restent comme ça, le fleuriste en profite pour se reposer. Shun quant à lui détourne le regard par pudeur, mais un geste de son professeur lui fait relever les yeux, la main de celui-ci lui chiffonne le haut du crâne.

- Tu es prêt pour ce soir, tu vas voir, ça va être un noël inoubliable.

- Oui, Camus-sensei.

- Oh non, ça c'est pour l'école. Aujourd'hui appelle moi juste Camus.

Shun sourit de contentement, Aphrodite fait de même envers le Vert tout en se dégageant de la prise du Bleu Marine. Ensuite, il va dans l'arrière-boutique et revient quelques minutes plus tard avec un magnifique bouquet de Roses Blanches et à ce moment-là, il découvre que Saga et Shion sont eux aussi arrivés. Tous se saluent et les deux Professeurs demandent aussi des bouquets. Shun l'aide à les confectionner et tous repartent heureux.

- Bonne soirée à toute à l'heure. Camus fait parvenir mes pensées à ta famille.

- Et toi donne le bonjour aux tiens et surtout remercie ta mère pour les gâteaux qu'elle va te donner.

- Oui j'y penserais promis.

Les trois professeurs quittent le magasin et le fleuriste se retrouve seul avec Shun. Peu de temps après, Ikki les rejoint et à dix-huit heures ils ferment le magasin. Les trois montent à l'appartement. Le Bleu Foncé est le premier à prendre une douche avant de se mettre derrière les fourneaux pour préparer le repas pour lui et son cadet. La salle de bain libre Aphrodite s'y engouffre afin de se décrasser et d'enfiler sont beau costume de soirée. Il rejoint les deux frères dans le salon. Shun prend place dans la salle d'eau et le fleuriste met et décore la table. Ikki le remercie d'un doux baiser sur le front et Aphrodite lui en dépose un sur les lèvres. Un bruit attire leur attention Shun est non loin d'eux et a des rougeurs sur les joues.

- Pardon de déranger, murmure le jeune garçon.

- Tu ne déranges personnes, sourit Aphrodite. Vous êtes sûr que vous ne voulez pas venir avec moi chez mes parents ?

- Non on va se faire une soirée entre frères, sourit Ikki.

- Bien bonne soirée à vous deux. Je rentre rapidement.

Aphrodite les embrasse tous les deux sur une joue et disparaît. Les frères passent quelques temps après à table. Au début c'est silencieux. Ikki questionne Shun sur ses activités durant la semaine. Le Vert lui parle surtout de Hyoga. C'est là que la discussion dérape quelque peu.

- Quand tu parles de lui tu es différent de d'habitude, sourit Ikki.

- … Shun hésite il ne sait pas comment le dire à son aîné, pas qu'il pense être jugé. Lui est bien avec Aphrodite cela se voit dans leur façon de se comporter l'un envers l'autre. C'est un peu comme toi et Aphrodite.

- Que veux-tu dire ?

- J'entretiens la même relation avec Hyoga que toi et Aphrodite.

- Je vois…. Ikki s'y attendait un peu mais il voulait l'entendre de la bouche de son cadet. Je l'apprécie, il a toujours été là pour nous et surtout pour toi. Mais s'il te fait pleurer… rappelle lui que je suis ton grand frère.

- Ikki… Merci, mais je peux me débrouiller seul. Et il ne me fera jamais de mal.

Ikki rigole, les joues de son frère se teintent de rouge. Son visage, lui, exprime différentes expressions, passant d'une moue boudeuse à une tête convaincue par ses paroles. Les deux continuent leur repas en discutant tranquillement, Ikki essayant d'en savoir plus sur la relation de son cadet avec le Blond.

Vers vingt-trois heures, le fleuriste revient chez lui. Il trouve les deux frères en train de visionner un film. Il s'assoit à leurs côtés et leur raconte son repas qui n'a pas été des plus agréable comme d'habitude. Mais il ne se plaint pas, comme lui dit toujours Camus « Tu te le veux bien, tu pourrais ne pas y aller. Tu ne serais pas tout seul pour autant. Mais je loue ton courage. » Il sait que le Bleu Marine serait là pour lui et maintenant il y a Ikki. Mais ce sont ses parents et malgré leur mépris pour lui il les aime.

Minuit arrive et chacun se lève pour offrir ses cadeaux. Ikki reçoit une encyclopédie sur les fleurs d'Aphrodite, le jeune homme lui a dit vouloir en lire une. Shun lui donne un agenda.

- Avec Hyoga on a pensé que cela te serait utile, maintenant que tu as un travail et une vie sociale plus ouverte.

- Ouais, vous vous moquez juste de moi, grogne le Bleu Foncé.

- On saura l'utiliser comme il faut, sourit Aphrodite en voyant tous les avantages de ce carnet. On le remplira promis.

- Merci Aphrodite, ça c'est pour toi.

Shun lui tend un gros paquet. Le fleuriste le prend et l'ouvre, les deux frères disent que c'est un cadeau commun. Aphrodite est heureux de découvrir le contenu, dedans se trouve un nouveau tablier et des gants de travail neufs, les siens sont tellement troués et usagés qu'ils sont bons pour la poubelle, il y a aussi une mallette avec des outils pour le jardinage.

- Merci c'est génial, justement je devais changer tout ça.

- C'est ce qu'on se disait aussi, rigole Ikki.

Ensuite c'est à Shun d'ouvrir son cadeau, qui est aussi fait en commun entre Ikki et Aphrodite. Il est surpris de ne voir qu'une enveloppe mais le continue lui plaît. Dedans se trouve deux cartes d'abonnements pour le cinéma qui sont à l'année et nominative. Une pour lui et l'autre pour Hyoga.

- Comme ça toi et ton amoureux vous pourrez voir tous les films que vous voulez à moitié prix et vous pourrez donc économiser pour vous faire un restaurant en tête à tête.

- Toi aussi arrête de te moquer de moi, Shun est rouge comme une tomate. Les deux autres ne peuvent qu'exploser de rire en s'excusant.

Quand tous sont remis de leur émotion ils se mettent en route pour l'orphelinat.


En sortant de chez Aphrodite les trois professeurs montent en voiture. Comme prévu ils passent sur la tombe de la famille de Camus. Celui-ci les présente, jusqu'à présent ses deux amants n'ont pas osé l'accompagner dans son recueillement. Camus leur montre une vieille photo d'eux qu'il a réussi à sauver avant d'être mis à l'orphelinat. Il en profite aussi pour parler un peu de lui à ses deux petits amis et donner des nouvelles à ses parents. Mais ce qui les ont le plus émus c'est quant à la fin il chante deux chansons pour sa sœur. C'était le chant de Noël préféré de sa sœur ainsi que sa chanson préférée. Il leur explique qu'il la chante chaque fois qu'il vient la voir. Les deux autres trouvent qu'il a une très belle voix, mais ne disent rien.

En quittant le cimetière ils vont chez Saga et déposent les cadeaux pour le repas du lendemain midi et donnent le bouquet à sa mère. Celle-ci les remercie du bout des lèvres. Son père lui les amène au salon et Saga dépose les cadeaux pour ses parents et son frère.

- Kanon ne vient pas ce soir ? Se renseigne Saga qui pensait voir son cadet.

- Non, il a dit qu'il ne viendrait pas ce soir juste demain comme toi, lui explique son père. Vous avez prévu des choses ?

- Oui, on va aider à préparer le Noël des enfants d'un orphelinat.

- Celui où j'ai été élevé, rajoute Camus. Je serais le père Noël demain matin, mais avant il y a plein de choses à faire.

- J'en suis sûr, c'est un beau projet. Je ne vous retiens pas alors. Bonne soirée et à demain Saga tu nous racontera tout.

- Oui merci. Bonne soirée à vous deux.

Ils repartent rapidement, deux d'entre eux étant fusillés du regard par la mère du Bleu Foncé.

En arrivant chez le Parme ce n'est pas pareil. Ils sont reçus à bras ouverts par les parents de celui-ci, par son cadet et son compagnon Shaka. Celui-ci explique que dans sa famille ils ne fêtent pas spécialement Noël et comme ils vivent ailleurs, il préfère venir ici, ayant été gentiment invités.

- Camus, vous êtes sûr de ne pas vouloir manger avec nous demain midi ? La mère de Shion profite de cette discussion pour inviter à nouveau le Bleu Marine.

- Non merci, je vais manger à l'orphelinat et après on… Disons que je les aide. Je ne suis pas seul ce jour-là ne vous inquiétez pas.

- Je l'entends bien mais… La mère hésite. Vous faite parti de notre famille maintenant alors ne vous sentez pas gêné de venir avec Shion et vous aussi Saga.

- Merci, mais je mange avec mes parent et Kanon, mais je viendrais avec plaisir un autre jour, si cela vous va. Saga lui offre un grand sourire reconnaissant de sa gentillesse et son acceptation.

- Avec grand plaisir et vous aussi… Elle s'arrête quand elle regarde Camus et dans un réflexe de maman elle se jette sur lui et l'attrape dans ses bras. Elle caresse ses cheveux et l'homme la serre aussi tout en pleurant doucement.

- Pardon, je… Il essuie ses larmes et se met à rire… je n'ai plus pleuré depuis mes dix ans. Merci. J'avais oublié combien c'était bon d'avoir une famille et de sentir son cœur battre pour autrui. Je suis heureux d'être de votre famille. Je reviendrais aussi un autre jour mais je ne peux pas laisser tomber les sœurs et les enfants. Ils sont aussi ma famille.

- Oui je comprends. Ils ont de la chance de vous avoir.

- Tout comme moi de les avoir. Son regard s'attarde plus loin. Il voit un piano ouvert. Vous avez un problème avec votre piano ?

- Oui, répond le Père de Shion. Il est désaccordé et je n'arrive pas à le remettre en état. D'habitude j'y arrive mais là il me résiste, je vais devoir faire venir quelqu'un dans la semaine.

- Vous avez les outils pour le réparer ? Laissez-moi y jeter un coup d'œil je m'occupais de celui de l'orphelinat. Le père va chercher le matériel.

- Vous savez tout faire ! S'exclame joyeuse la mère de Shion.

- Non, je… Jusqu'à présent je ne savais pas aimer les autres. Alors j'ai compensé en apprenant tout le reste. La dame dont je vous parlais l'autre fois. J'ai apprécié son message et sa façon de voir le monde et je me suis promis de devenir une personne qui pouvait survivre à tout. Alors j'ai étudié mon environnement et j'ai appris à le réparer.

- J'imagine que tu sais aussi jouer, sourit Shaka. Camus fit « oui » de la tête tout en accordant l'instrument.

- Je jouais pour les messes et la chorale.

- C'est pour cela que tu es si bon en chant ! S'exclame Saga qui apprécie vraiment la voix qu'il a entendu plus tôt.

- Sœur Elisabeth m'a appris, vous l'entendrez ce soir. Vous verrez je chante vraiment mal à côté d'elle.

- Vous devez être assez religieux ? Se renseigne le père de Shion.

- Pas du tout. Pour croire il faut aimer et avoir la foi. J'ai mis trop longtemps pour le comprendre. Dieu ne m'a pas touché mais les sœurs m'ont appris tous les sens des mots amour, compassion, estime et respect.

- Aphrodite te connaît bien, sourit Shion.

- Oui, pourquoi ?

- Il a dit un jour « La première chose qu'il m'ait dit c'était « je vais te faire souffrir ». Et il l'a fait, mais pas volontairement, ni par envie. Son problème c'est qu'il comprend toutes les facettes du mot amour mais il ne sait plus aimer. Il est mort ce jour-là, avec sa famille. Le mien, c'est que j'aime trop facilement et intensément sans rien comprendre. Heureusement qu'il est là pour m'aider parfois. » Explique Saga qui comprend à quoi fait référence Shion.

- Haha ! ça c'est bien une façon de parler de nous. Mais on a bien mûri depuis trois ans. Même si cela ne fait pas si longtemps. Tout à l'heure rappelez-moi de lui dire de changer un peu la définition de notre personnalité.

- Avec plaisir, font ses deux amants.

- Il vous suit ? Demande Mû.

- Oui, avec son nouveau compagnon et le cadet de celui-ci, explique Camus en souriant. Le bouquet qu'on a offert à ta mère tout à l'heure vient de chez lui. Il est fleuriste et c'est comme mon frère.

- C'est cool ! S'exclame le Vert Clair. Attend, donc tu n'as pas besoin de Death' comme frère ? Rigole Mû.

- Vous voulez venir avec nous ? Et vous aussi ? Camus invite toute la famille de Shion. Puis il veut répondre à la question de Mû. Et j'aime avoir beaucoup de frère, de plus j'aime beaucoup Death'. Il voit Mû sourire de cette phrase et cela lui plaît.

- Non mais merci, répond toute la famille.

- J'ai du mal avec… Commence le père.

- Oui je comprends, rigole Camus. Je crois que j'y suis, on l'essaie ?

Tous lui répondent « oui ». Il se met donc à jouer le chant de Noël préféré de sa sœur. Un chant inconnu des autres. Shion leur explique ce qu'il représente pour l'homme dont la voix enchante tout le monde, à la fin il est même applaudi. Mais le temps passe et les trois ont des choses à faire alors après une dernière accolade ils quittent la maison des Ariès. Camus en profite quand même pour rester un instant dans les bras de madame Ariès.

Le périple de leur réveillon continue et il doit être vingt heures quand ils arrivent devant le bar de Dionysos. Celui-ci est fermé, ce qui fait rire Camus et les deux autres le regardent bizarrement ne comprenant pas son attitude. Le Bleu Marine explique qu'il est heureux que cela soit fermé, cela veut dire que Dionysos a un rendez-vous et qu'il espère que c'est une belle jeune femme. Cela fait vraiment plaisir à Camus. Il leur propose d'aller ailleurs et en passant devant une ruelle il rigole à nouveau. Là, il explique comment il a rencontré Ikki à la rentrée scolaire et donc comment il a hérité du surnom de « pervers ». Les deux autres remercient le jeune homme dans leur tête.

Un peu après vingt et une heure ils se retrouvent chez Camus. Là, le Bleu Marine fait réchauffer le repas qu'il a confectionné durant l'après-midi. Les trois hommes s'installent à table et mangent rapidement tout en discutant. Une fois celui-ci fini ils s'assoient confortablement sur le canapé et Saga met le film qu'ils ont élu devoir voir ou revoir en cette soirée.

Le choix a été difficile, car pour une fois ils ont mis en jeu tous les films qu'ils ont aimé et pas que cette année. Chacun a dû en choisir un, Saga voulait montrer « Les Figures de l'Ombre », Shion « Imitation Games » et Camus « Le Discours d'un roi » les trois ont ri d'avoir choisi des films traitants de personne ayant vraiment existé. Pour ce soir Saga a gagné et Shion reconnaît ne pas l'avoir vu. Camus, lui, avait vu les trois comme Saga. Alors le choix s'est porté sur celui-là, maintenant les trois connaîtront les trois films.

Durant le visionnage tous se partagent le canapé Shion a sa tête qui repose sur l'épaule de Camus et Saga s'est couché sur eux deux. Et les mains de ses amants jouent avec sa chevelure. Ils sont tous détendus.

A la fin du film il est presque minuit. Ils vont chercher les cadeaux. Chacun se retrouve avec un seul paquet ayant décidé à l'avance qu'ils feraient des cadeaux communs.

Saga est le premier à ouvrit son paquet il y découvre un tas de livre qu'il désespérait pouvoir aller acheter par manque de temps. Il leur saute dans les bras.

Shion lui trouve un nouveau cartable de cuir pour ses papiers. Le sien étant en train de rendre l'âme il est ravi que ses amants se soit occupé de lui en trouver un. Il les remercie d'un long baiser.

Camus lui trouve un petit paquet dont il défait délicatement les scotchs évitant de couper le papier. Il voit les deux autres être plus pressés que lui, cela l'amuse. Il les fait donc patienter un peu en prenant tout son temps. Il découvre un cadre avec un diplôme du meilleur petit-ami, cela le fait sourire. Une enveloppe est accrochée dessus et les deux autres ont les yeux braqués dessus. Il la prend délicatement et l'ouvre lentement. Dedans, il y découvre une chose stupéfiante qui le fait rire aux éclats. Les deux autres ont créer un bon « pour faire l'amour ». Il les observe, ils sont rouges de honte et en même temps on voit que le désir brûle en eux. Il se lèche les lèvres avant de déclarer haut et fort.

- Je ne suis pas le seul pervers d'entre nous.

- Effectivement, sourit Saga. On est prêt pour passer à l'étape suivante.

- Et on te laisse tout gérer, on est… Shion se tait un instant. On est tes cadeaux.

- C'est le plus beau cadeau qu'il m'ai été donné et que je puisse avoir. Je ne vous décevrais pas. L'homme ouvre ses bras et les deux autres s'y jettent, les trois se câlinent et le désir monte en eux, mais il faut se calmer et Camus les rappelle à l'ordre même s'il serait bien resté la nuit ainsi. On devrait y aller et je vous promets un nouvel an comme aucun autre.

Les deux autres se retirent de ses bras et vont prendre leur manteau. Puis ils partent à la rencontre des trois autres.

Devant l'orphelinat ils retrouvent le trio Aphrodite, Shun et Ikki, ne les ayant pas trouvés sur le chemin. Les six se saluent et entrent par une porte dérobée dans le couvent/orphelinat. Camus les guide dans la cuisine où ils sont accueillis à bras ouvert par les sœurs qui les remercient pour leur aide. Ensuite, elles expliquent tous le travail à faire et ils se partagent les tâches.

Aphrodite, Saga, Shion et Ikki vont aider à installer la salle du déjeuner, nappes, couvert et décorations. Ils en profitent aussi pour mieux arranger le sapin et les décorations dans la salle. Shun aide à confectionner les paquets cadeaux et Camus relève les manches pour se rendre aux fourneaux, afin de préparer les viennoiseries pour le déjeuner. Tous travaillent dans la bonne humeur. Les quatre hommes reviennent rapidement du salon où ils ont été efficace. Ils aident Shun et les quelques sœurs qui restent pour faire les derniers paquets cadeaux. L'orphelinat compte une centaine d'enfants et tous ont entre un et deux cadeaux dont la plupart ont été acheté par Camus et Aphrodite, sur la demande des sœurs. Les invités sont heureux de parler avec celles-ci et surtout d'en apprendre plus sur la vie du Marine et du Bleu Ciel qui passe du temps parmi elles quand il s'occupe du patio. Les sœurs rigolent d'un rien et parfois elles chantent. Une voix magnifique s'élève.

- Je vous avais dit que ma prof de chant avait une voix merveilleuse et qu'à côté je faisais pâle figure, déclare Camus ravi d'entendre sœur Elisabeth chanter pour eux.

- Mais ta voix est aussi un don de dieu, sourit une vieille dame dans l'entrée de la cuisine soutenue par un adolescent de dix-sept ans.

- Sœur Angèle, vous devriez vous reposer je vous avais dit de ne pas vous lever en pleine nuit, et toi…

- Moi je me suis levé pour pisser et elle m'a ordonnée de l'aider à descendre. Une tape raisonne sur l'arrière du crâne de l'adolescent. Aie ! Quoi ?

- Parle mieux jeune homme, fait la sœur.

- Sans rire, râle le gamin en se poussant après avoir aidé la femme à s'asseoir sur une chaise, il n'y a que ce pervers qui peut mal parler. Il montre Camus derrière lui et va vers lui pour taper dans l'une de ses jambes. Tu as pensé à moi. Si tu t'es trompé de cadeau je te fais la peau.

- Que de violence, mais je n'ai pas pu te ramener ce que tu voulais Sœur Angèle m'a interdit les magasines porno.

- Quoi ? Mais… Tu n'es qu'un foutu pervers jamais je ne t'ai demandé ça, explose de rage le gamin en essayant de frapper Camus. Mais celui-ci l'en empêche d'une main.

- Camus cesse de l'ennuyer et montre-lui.

- Bien Sœur Angèle. Toi, regarde ! Il désigne du doigt un carton non empaqueté à côté d'Ikki.

Le gamin s'y rend et soulève l'objet.

- Tu l'as bien choisi, murmure-t-il.

- Oui on a fait cinq magasins pour trouver le mieux, se rappelle à voix haute Aphrodite. Camus l'avait traîné toute une après-midi dans différents magasins pour trouver cet objet et un autre.

- Je rembourserais le surplus, déclare le jeune homme en souriant au fleuriste de l'effort fait pour eux.

- Pas la peine, déclare Camus. Je l'ai payé de ma poche. C'est mon cadeau pour vous tous. Tu as bien dit que tu le voulais pour apprendre l'astronomie à tout le monde, car ils voulaient que tu leur montre les étoiles et leur raconte leur histoire.

- Oui, tu leur à farcie la tête de plein de mythes et maintenant ils veulent voir ce que ça donne de plus près. Alors, je ne te rembourserais pas ! Au fond, si je dois leur apprendre c'est à cause de tes histoires. Toi et tes livres ! Crache le gamin faussement irrité.

Camus sourit de l'attitude de son vis-à-vis, il sait que l'enfant n'est pas méchant et qu'au fond lui aussi, s'il a appris l'astronomie dans son ancienne famille d'accueil, c'est par ce qu'il a déjà fait un séjour dans l'orphelinat avec eux, et qu'il était le premier à le suivre partout pour qu'il lui parle des mythes grecs et autres, et surtout des étoiles qui portent le nom de héros ou de dieux.

Le gamin repose le paquet délicatement et part se coucher des étoiles pleins les yeux malgré ses dires. Mais avant, il s'arrête devant Camus et lui tape à nouveau dans la jambe en l'insultant de « pervers » avant de repartir se coucher en courant.

- J'avais donc raison, murmure Ikki.

- Oui, sourit Sœur Angèle. Camus est pervers de bien des façons.

- Eh ! ça suffit avec ça. Mais vous devriez aller vous coucher !

- Je n'ai plus sommeil. Viens me voir ! Camus s'exécute et s'accroupi devant la vieille dame. Il croise son regard, puis celui des autres sœurs qui lui font comprendre qu'il ne se trompe pas dans ce qu'il ressent. Alors son propre regard se voile de larmes. Ne soit pas si triste, j'ai eu une belle vie et je vais rejoindre dieu. Non ! Ne parle pas pour rien. Le docteur m'a donné quelques semaines pas plus. Je ne mange plus et je dors beaucoup mais pas au bon horaire, pour le plus grand malheur de mes sœurs de cœur. Camus se jette dans ses bras et la serre contre lui. La dame sourit en caressant sa chevelure Marine. Je suis heureuse de te revoir, mais j'aimerais que tu ne reviennes pas. Je veux que tu ais de bons souvenirs de moi. Demain soir je me retirerais dans ma chambre jusqu'à ma mort. Je ne veux pas qu'ils me voient plus mal. Et surtout toi… Elle hésité un instant où leurs regards se fixent. J'avoue n'avoir qu'un regret dans ma vie.

- Il ne faut pas, s'empresse de déclarer Camus. Ce jour-là, ce que j'ai dit été stupide et vous l'êtes devenue. Sœur Angèle on n'a pas besoin de papier pour être une famille, je l'ai compris aujourd'hui grâce à la mère de Shion. Sœur Angèle, j'aimerais vous présentez ma famille. Il fait signe aux cinq hommes de venir vers eux et les présente. Je vous présente mes deux petits-amis Shion et Saga. Il lui parle de leurs familles, de ce qu'a dit la mère de Shion et qu'il a pleuré pour la première fois en quinze ans. Puis, il présente les trois autres. Vous connaissez déjà mon petit frère Aphrodite et voici son compagnon Ikki accompagné de son cadet Shun. Il lui explique qu'eux aussi sont orphelins. Il embraye sur sa rencontre avec Ikki, ce qui a amené celui-ci chez le fleuriste. Aphrodite le remercie en pensée de cette initiative. Pendant que Saga et Shion en profite, eux, pour remercier Ikki d'une tape sur l'épaule d'avoir dérangé Camus ce jour-là. Geste comprit par le cadet. Effectivement, les deux professeurs, n'auraient pas aimé apprendre que leur compagnon l'avait fait en pleine rue avec un inconnu. Camus quant à lui continue en rajoutant que le Vert Clair est l'un de ses meilleurs élèves. Saga opine du chef en disant que dans sa matière aussi c'est l'un des meilleurs. Ce qui fait rougir Shun de gêne et rend Ikki fier de son frère. Et j'ai un nouveau petit frère, rigole le Marine, il a mon âge et c'est le meilleur ami des cadets de mes « anges ». La Sœur sourit à cette appellation et Camus finit ses présentations en la rassurant. Vous n'avez pas à vous en faire pour moi, je ne suis plus seul. Les garçons, je vous présente Sœur Angèle, ma mère, puis regardant la vieille dame, droit dans les yeux, il termine sa phrase, vous l'êtes plus que vous ne le pensez.

- Camus, merci. Je suis si heureuse pour toi. Tu sais, jusqu'à maintenant, il n'y a qu'Aphrodite que tu avais appelé « ange » et c'était un jour ou vous vous chamailliez pour savoir qui était « l'ange gardien » de l'autre.

- Je me souviens, murmure Aphrodite en rougissant et le regard perdu dans le vague.

- Je suis heureuse pour toi aussi, que tu es trouvé une nouvelle famille qui te rend si heureux, avoue Sœur Angèle un sourire radieux sur le visage malgré la fatigue et le poids des années. Camus, Aphrodite cela faisait longtemps que je ne vous ai pas vus si rayonnants. Elle se retourne vers le Marine. Tu as raison je n'ai plus aucun regret.

- Ok ! Alors vous pouvez faire une chose pour moi ? Un « oui » de la tête lui répond. Si vous ne voulez pas dormir, vous pouvez répondre à toutes les questions qu'ils se posent sur moi. Vous êtes celle qui me connaît le mieux.

- Avec plaisir.

L'acceptation faite, la Dame est assaillie de tout un tas de question plus ou moins dérangeantes pour le Marine. Sœur Angèle se fait un plaisir de répond à toute et y rajoute même quelques remarques, et certaines vérités sur l'homme sont révélées. Tous rient, l'homme est loin d'être parfait mais il est d'une grande aide et surtout il a la main sur le cœur.

Quand tous les paquets cadeaux sont faits, ils vont les déposer sous le sapin qui se trouve au salon. Là, auprès du feu, Aphrodite et Camus se font face, les nouveaux invités en sont surpris, alors Sœur Angèle raconte leur tradition. Depuis leur rencontre, chaque année, Camus offre un ruban pour les cheveux de son ami.

La première année, Aphrodite en avait un très usée et il était à deux doigts de se déchirer alors Camus lui en avait acheté un neuf. Le fleuriste avait défait ses cheveux et avait brûlé le vieux et mit le nouveau à la place. En rigolant il avait dit « j'en veux bien un nouveau chaque année pour pouvoir commencer l'année sur de bonnes bases. ». Depuis, Camus l'avait pris au mot.

Dans le silence de la pièce et sous la lumière tamisée de la cheminée tous observent Aphrodite ouvrir le cadeau et sourire. Dans un geste doux et élégant il retire son ruban et le jette au feu, sa chevelure claire lui tombe dans le dos. D'un nouveau mouvement gracieux il la récupère et la rattache avec son nouveau ruban. Maintenant, c'est Camus qui ouvre son cadeau et il y découvre un bracelet tressé. Tout comme Aphrodite, il jette celui qu'il porte actuellement pour parer son poignet du nouveau.

Sœur Angèle explique qu'Aphrodite avait offert un bracelet à Camus et que celui-ci, lui avait dit que lui aussi aimerait en avoir un nouveau chaque année. Puis ils entendent Sœur Angèle dire les mêmes mots que les deux hommes et les Sœurs autours qui ne sont pas encore allé se coucher.

- Que cette nouvelle année soit comme ce présent qu'elle t'apporte amour, force et renouveau. Qu'elle te rappelle que tu n'es pas seul. Que quelqu'un pense à toi où que tu sois et rende tes mauvais moments en bons souvenirs à raconter. Soit plus heureux que l'année passée mais pas moins que celle à venir. La sorte de prière finie, Sœur Angèle rajoute pour les invités. La maman de Camus disait toujours ça quand elle offrait un cadeau. Ne lui en voulez pas s'il ne vous l'a pas dit, on l'a forcé à le dire à Aphrodite. A ce moment-là, il avait besoin que Camus lui dise.

- Pourquoi ? Demande machinalement Ikki qui en apprend un peu plus sur son amant grâce à ces femmes. Elles lui ont parlé du patio ainsi que les fêtes qu'il a passé avec elles et les enfants. Qu'il est toujours parfait avec eux.

- Ses parents l'ont mis à la porte quand ils ont appris pour lui et Camus. Il a vécu ici quelques mois avant de rentrer chez lui. Il voulait juste le présenter à sa famille pour l'inviter à passer Noël avec eux et ils n'ont pas apprécié d'avoir un fils gay. Alors c'est Camus et nous qui l'avons invité ici. Il nous est très précieux. Je suis ravie de les voir si heureux avant de partir. Je vous les confie, ils n'ont pas eu une vie facile. Vous non plus n'est-ce pas ? Demande-t-elle en regardant Ikki, même si elle connaît déjà la réponse en l'observant. Mais je vois que vous êtes un homme bon et je ne suis pas la seule. Camus ne vous aurez jamais envoyé auprès d'Aphrodite sinon et celui-ci ne serait pas tombé si éperdument amoureux de vous.

- Cela ne vous dérange pas… Je veux dire… Ikki ne sait pas comment dire la chose.

- J'ai soixante-quinze ans…. Elle s'arrête un instant afin de se replonger dans ses souvenirs. Ma famille était pauvre, j'ai voulu les aider en devenant sœur, cela leur a enlevé un poids. Je suis rentrée dans les ordres à l'âge de dix-huit ans et le fait d'être vierge a beaucoup plu à mes aînées. D'après elles, j'étais faite pour l'église. Donc celle-ci et ma foi sont devenues ma vie. Mais un jour ma foi a été ébranlée. J'avais un jeune frère qui était gay. Il était si fier, il… Elle prend un instant pour reprendre son souffle. Quand les autres l'ont appris il a été brimé mais il n'a jamais baissé les yeux. Ils l'ont tué et ont étouffé l'histoire, un « pervers » en moins ce n'était pas grave. A cette époque le mot ne se disait pas à la légère.

- Pardon, demande Ikki.

Il ne faut pas, Camus le reconnaît, il est comme mon frère. Il n'a jamais eu honte d'aimer un homme. Il y a quinze ans c'est ici qu'il a atterrit. Il était renfermé et si intouchable. Une famille l'a quand même pris pendant deux ans. Mais un jour ils sont revenus et l'homme m'a balancé le corps de Camus à moitié inconscient. Il avait été roué de coups. L'homme vociférait qu'on lui avait confié un « pervers », un « démon », un « monstre ». Camus s'est relevé alors qu'il était plus mort que vif et il l'a regardé droit dans les yeux et il lui a dit, « Nous ne croyons pas dans le même dieu. S'il existe, il aime tous ces enfants comme ils sont et jamais je ne m'excuserais d'aimer un homme. Jamais je ne changerais, je suis né comme ça et si dieu ne me voulait pas il m'aurait tué à la place de ma famille. Dieu est cruel et d'amour, je lui en veut de m'avoir pris ma famille mais je le remercie pour tout ce qu'il m'a offert, ma famille et mon homosexualité. Je suis qui je suis et j'en suis fier. J'ai pitié d'un être comme vous qui ne comprend pas ce qu'est l'amour et sa grandeur. Et puis moi je ne crois pas en dieu. Je crois en moi et c'est déjà ça. ». A ce moment-là j'ai compris ce qu'avait dû ressentir mon frère. Il ne haïssait pas dieu, ni les hommes. Il avait juste dû avoir pitié d'eux pour leur étroitesse d'esprit. Mais pour en revenir à Camus et l'homme, celui-ci était furieux des mots entendus et il allait se jeter sur Camus, mais avec l'aide d'autres Sœurs on l'a fait partir. Après cela Camus s'est évanoui. Mais juste avant il m'a dit, « Je suis homosexuel et si vous ou votre dieu ne pouvez m'aimer comme il m'a soi-disant créé, mettez-moi dehors maintenant car moi je ne vais pas changer, j'aime les hommes. »

- Vous l'avez gardé ? Shun n'a pas pu se taire.

- Oui bien sûr jeune homme, il avait raison.

- J'ai toujours raison, coupe Camus en soulevant la vieille dame et la calant dans ses bras. Si vous le permettez je vais vous reconduire dans vos appartements. Il se fait tard.

- Oula ! Je vais me prendre pour une princesse, rigole Sœur Angèle confortablement installé dans les bras forts de Camus.

- Vous l'êtes, sourit Aphrodite. Vous avez pu revoir votre frère avant son décès ? Le Fleuriste est curieux et espère qu'elle a quand même pu lui dire adieu.

- Non.

- Vous avez dit que votre foi avez été ébranlée, vous l'avez retrouvée comment ? Demande Shion tout aussi curieux que le Bleu Clair.

- A la mort de mon frère j'ai maudit dieu, j'étais si en colère, mais j'ai continué à le servir tout en lui en en voulant encore. Mais il y a treize ans les mots de Camus m'ont fait recouvrir la foi. Il m'a sauvée. La Dame se blottit dans les bras de l'homme. Je ne regrette rien car j'ai pu aider des centaines d'enfants et avoir l'esprit assez ouvert pour n'en juger aucun et les avoir tous aimé et soutenus du mieux que j'ai pu. Ça je le dois à dieu, à mon frère et à mon fils Camus.

- Oui vous avez fait du bon travail, déclare Camus en souriant fier de la dernière réplique.

Le Bleu Marine profite de cette dernière réplique pour aller coucher sa mère, avant de montrer aux autres le dortoir des invités.


Elle est ravissante avec ses longs cheveux d'or tombant sur ses épaules et grignoté par le vent, emmitouflée dans son manteau cintré et de son écharpe blanche. Au début même, Dionysos a un doute puis il s'avance vers elle d'un sourire simple et sans égratignure. Lui qui a l'habitude de la voir dans des teintes de vêtements sombres, là, elle paraît vraiment angélique.

Lui aussi a recherché dans sa garde-robe des vêtements pour l'occasion et s'il a opté pour un costume trois pièce dans les tons gris, son long manteau lui donne un air distingué. A eux deux et sans le vouloir, ils forment la paire parfaite.

_ Dieu merci, je ne suis pas en retard, soupire Sheera qui pose une main sur sa poitrine comme pour reprendre son souffle qu'elle n'a pas perdu.

_ Ne vous inquiétez pas, c'est moi qui suis un peu en avance. Assure à présent l'homme qui ne peut faire autrement que de dévisager cette femme qui l'a invité. Vous êtes ravissante Ito-san.

_ Ah merci. Merci beaucoup, vous l'êtes également Dionysos-san. Soupire la jeune femme avant de se reprendre et de sourire gênée par ce compliment.

_ C'est gentil, sourit en retour le Barman qui se sent étrangement nerveux. En même temps pour lui, tout est toujours plus simple derrière son comptoir. Là-bas, il est protégé et invulnérable, ici…, c'est tout autre chose. Comme nous avons un peu de temps j'avais pensé à nous promener sur la grande place, là où le marché de Noël a lieu. Est-ce que cela vous convient Ito-san ? Demande-t-il alors qu'il prévoit une chose de lui-même.

_ J'en serais ravie ! Acquiesce immédiatement la Blonde dans un large sourire que personne ne peut démentir ou critiquer. Je vous suis volontiers.

_ Dans ce cas, si vous le voulez bien, nous pouvons y aller. Il termine sa phrase en lui tendant le bras.

Dionysos se comporte comme un vrai gentleman. Parce qu'il en est un, mais aussi parce que tout le monde dans son entourage traite les femmes ainsi. Avec respect, bienveillance et politesse.

Légèrement embarrassée par ce geste, Sheera ne refuse pas pour autant et si elle agrippe à présent le bras de son partenaire de la journée, elle se sent étrangement fière à ses côtés et apaisée. Après un dernier sourire échangé, ils entament leur marche dans l'intérieur de la ville et trouvant rapidement une discussion, ils ne voient en aucun cas le temps passer. L'un à côté de l'autre et parfaitement cramponnée à ce bras qu'elle ne lâche plus, la Dorée a l'impression de passer enfin une journée normale. Elle ne force pas, ne puise pas dans ses réserves, profite même et parle par envie et non pas par obligation. Ça fait longtemps qu'elle n'a pas ressenti ce sentiment d'allégresse et pour ça aussi, elle se doit de remercier son compagnon du jour et confident. Parce que Dionysos est bien devenu son confident personnel, son psy de comptoir, son ami.

Sa prise se resserre sur le bras de l'homme, celui-ci s'inquiète immédiatement mais tout aussi vite rassure par un baiser et par des paroles qui gênent. La découverte de ce marché de Noël reprend et si certains marchands pense qu'ils sont ensemble ce qu'ils démentent pour les cinq premiers, ils jugent tous les deux bons de laisser tomber au sixième et de faire comme si c'est vrai. …Ce n'est pas un mensonge bien méchant et puis, pour ce qui est des boissons, ils profitent d'un tarif préférentiel, ce qui les fait rire.

Pendant deux bonnes heures, ils parcourent la grande place qui n'en finit plus de s'étendre et de montrer de plus en plus de stands et d'activités. Dionysos achète même une collation pour eux deux, qui n'est autres qu'une gaufre à la chantilly et au chocolat pour elle et une crêpe salée pour lui.

Ils s'amusent réellement et profitent de chaque instant. Tout est simple et personne n'est là pour les juger ou les pointer du doigt. Elle retrouve le goût à la vie depuis qu'elle côtoie son aîné et lui, s'intéresse enfin à autre chose qu'à son boulot et ses amis. A l'instant, il s'est même dit que la voir heureuse est le plus important.

Dans les alentours de dix-huit heures, ils enfilent des patins à glaces sur cette patinoire montée chaque année pour les fêtes et s'ils ne sont pas des professionnels de la glisse, ils se débrouillent et patinent main dans la main. La jeune femme rayonne un peu plus tandis que lui ressent de nouveau une étrange pique au niveau de son cœur.

_ Ça fait longtemps que je ne m'étais pas autant amusée, lui dit la Blonde en remettant ses escarpins après une heure de glisse.

_ Même avec votre amie avec laquelle vous sortez de temps à autre ? Demande Dionysos un peu surpris mais aussi appréciateur du compliment.

_ Disons que c'est différent mais, je me sens vraiment bien avec vous Dionysos-san, se confesse sans le vouloir cette Dorée qui à présent regarde l'heure et l'endroit où ils se trouvent tous deux. Si on ne veut pas être en retard, on devrait rejoindre le restaurant maintenant. Clame-t-elle de nouveau sur ses jambes et face à son ami.

_ On appelle un taxi ou voulez-vous y aller en marchant ? Demande par politesse le Barman qui ne veut pas épuiser la jeune femme à parcourir des distances pharamineuses en talons.

_ Marchons ! Assure-t-elle en reprenant de droit le bras de cet homme qui la choie sans le savoir. Ce n'est pas si loin et puis, j'aimerais encore un peu profiter de l'ambiance et du décor.

_ Faisons ça donc, mais si vous avez trop froid, j'appellerais une voiture. Dit-il avec conviction avant de rouvrir la marche et de guider la jeune femme à son bras dans la bonne direction après avoir demandé le nom du restaurant.

Sous les flocons, ils marchent et au craquement de la neige leurs pas se font pendant plus de trois quart d'heure. Pas une seule fois, la jeune veut écouter les conseils de son aîné et pas une seule fois elle ne le regrette.

Maintenant près du restaurant à la spécialité française, ils entrent et frissonnent de la chaleur qui les frappe. La personne à l'accueil les débarrasse de leurs manteaux et c'est à cette occasion que Dionysos voit la sublime robe que porte Sheera. Elle est blanche et jusqu'à son genou, avec une ceinture noire qui lui marque la taille et ce décolleté léger est parfait. …Pour la première fois de la soirée et depuis qu'il la connaît, il la voit non pas comme une veuve qui essaie de s'en sortir mais comme une femme magnifique et faite pour lui. Selon ses critères, elle est sublime.

Et de l'autre côté de la barrière, un effet assez similaire se montre. La Dorée aperçoit pour la première fois cet homme dans ce costume gris, sans cravate ou nœud-papillon, avec ces cheveux peignés vers l'arrière et elle est séduite. Inévitablement séduite et pour une fois, elle ne se sent pas coupable de regarder un autre homme de cette façon. Elle n'a pas honte et de ce simple fait elle est heureuse. Heureuse de ses sentiments naissants et du fait que ce soit un homme aussi bien que ce Barman.

Amené à leur table, ils se complimentent de nouveau l'un, l'autre, mais les mots sont différents et le ressenti également. Ça fait sourire et si des apéritifs se montrent pour les faire patienter et pour leur donner le temps de commander et de parler, ils prennent tout le temps à leur disposition pour prolonger l'instant.

Parce qu'ensuite, tout s'accélère contre leur gré. L'entrée arrive, le plat et le dessert. Tout s'enchaine à une vitesse folle pour eux alors qu'il est déjà près de vingt-deux heures trente pour les autres. Ils ont passé plus de deux heures trente à discuter de tout et de rien. Apprenant à se connaitre sans tabou et sans faux-semblants. Et souvent, très souvent, les rires et les sourires sont de la partie. Au même titre qu'une main qui en attrape une autre par inadvertance alors que Dionysos essaie seulement de rattraper un verre sur le point de tomber. Et depuis, leurs mains ne se lâche pas et cela ne gêne personne.

Devant leur dessert terminé depuis près de dix minutes, ils continuent de s'amuser d'une anecdote ou d'un défaut. De rire et de ne pas voir le restaurant se vider petit à petit.

_ Jamais je n'aurais pensé que votre ami aurait répondu ce genre de chose, S'esclaffe Sheera en couvrant sa bouche pour ne pas montrer son trop grand sourire. …Vous ne devez jamais vous ennuyer avec eux, je me trompe.

_ Jamais effectivement. Ils sont doués pour se trouver des problèmes et venir se plaindre, avoue sans langue de bois Dionysos qui apprécie grandement le large sourire qu'il aperçoit. Mais je serais bien solitaire sans eux parce que je ne suis pas doué pour parler de moi.

_ Vous vous trompez, je vous assure. Vous y arrivez étonnamment bien, croyez-moi, dit-elle d'un regard tendre. Et tout ce que j'ai entendu me plaît jusqu'à présent Dionysos-san, vous êtes assurément quelqu'un de bien.

_ Merci mais je peux en dire autant de vous, assure le Barman qui essaie de trouver des défauts à cette jeune femme devant lui sans y arriver. Puis un truc le détourne de sa compagne et il sursaute légèrement. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'aimerais vous inviter à boire un dernier verre autre part. Je pense qu'on dérange un peu les employés, murmure-t-il en montrant du doigt les alentours et le fait qu'ils sont les derniers clients à prolonger leur soirée et à enquiquiner les restaurateurs qui aimeraient peut-être, eux aussi, fêter le réveillon avec les personnes qu'ils aiment.

_ Oh mon Dieu, on gêne tout le monde. Je n'avais pas remarqué du tout, je suis désolée ! Dit-elle en s'agitant sur sa chaise alors qu'elle fait rire sous cape son aîné. Ne riez pas, c'est extrêmement embarrassant. Ça ne m'était jamais arrivé ce genre de chose !

_ A moi non plus, je vous assure. Vous n'avez qu'à récupérer votre manteau pendant que j'irais payer, je vous rejoins tout de suite. Propose Dionysos en se levant déjà de son siège.

_ Non, j'insiste pour payer, c'est moi qui vous ai invité ! Se lève à son tour la jeune femme qui prend son sac pour en sortir son portefeuille.

_ Dans ce cas, vous me paierez le prochain verre, Sourit une nouvelle fois l'homme alors que dans leur dos, les serveurs et serveuses les traitent de « couple idiot » à voix basse et dans un sourire invisible. Allez-y, je vous rejoins.

La chose décidée et le paiement effectué, ils finissent par quitter le restaurant et par retourner sur le trottoir blanc et froid de l'extérieur. Là, Sheera ne rechigne pas à l'appel d'un taxi et si les deux hésitent sur l'adresse à donner, la Blonde donne le nom de rue de son appartement.

A cette heure-ci et ce jour-ci, les bars se font rares et ferment tôt alors elle décide d'amener cet homme chez elle et de boire un dernier verre là-bas. Normalement, elle n'est pas du genre à inviter elle-même, à inciter un homme à la suivre chez elle mais là, la jeune femme est confiante et ne ressent aucune peur ou doute. Après tout, il est son confident et un ami sur qui elle peut compter en cas d'idée noire. Plus récemment encore, il est devenu un homme séduisant qui l'a faite rire et qui lui donne un nouveau souffle. Alors même dans le taxi, ils continuent de parler encore et encore. De plaisanter et sûrement de narguer le conducteur et de l'insupporter. Puis arrivé devant l'immeuble de la Blonde, ils descendent et grimpent jusqu'au cinquième étage de celui-ci.

_ Mettez-vous à votre aise, le salon est de ce côté. Indique-t-elle en ouvrant la porte d'entrée et en reprenant la parole. Je n'ai pas énormément d'alcool mais je peux vous offrir un scotch, du saké ou bien de la vodka. J'ai aussi du coca, de l'orange ou-

_ Ne vous embêtez pas Ito-san, un scotch est bien suffisant. Rassure-t-il en retirant son épais manteau et en prenant place sur le canapé blanc de la jeune femme.

_ Très bien je vous apporte ça immédiatement.

Elle revient après un petit cinq minutes, pour ne pas faire tomber les verres et ramener les bouteilles intactes. Dans le salon, la discussion revient sans interruption, ainsi que les rires et les rapprochements. Pas très significatifs mais assez pour être soulignés et dit.

Puis dans l'impulsion du moment, Dionysos demande à être tutoyé et cette chose est acceptée dans l'instant et d'un large sourire.

Et là, une fois de plus, ils ne voient pas l'heure passer et pendant toute une partie de la nuit, ils discutent. Ils ne se lassent de rien, s'amusent de tout et en prime, vers les deux heures du matin, Dionysos récupère un baiser sur la joue. Appuyé et doux. Affreusement doux et frissonnant avant de rentrer et de laisser la jeune femme chez elle. Pour lui, il est temps de partir et de rejoindre son appartement sur une bonne note. Et dans un coin de sa tête, il est sûr de vouloir ré-inviter celle-ci mais pas pour des remerciements ou autre, seulement pour passer du temps avec elle et la voir sourire. Pour lui, elle est réellement radieuse et a le droit au bonheur. …Un bonheur, qu'il veut peut-être lui offrir.